#Polar

L'affaire tequila

F. G. Haghenbeck

Sunny Pascal, privé nonchalant, surfeur et grand amateur de mélanges alcoolisés et de jolies filles, est chargé de veiller sur l’acteur Johnny Weissmuller, la star déchue de Tarzan, pendant un festival de cinéma à Acapulco. Mais dans ce petit coin de paradis, stars et truands, espions et mafieux se pressent autour des tables de jeu et le long du bar. Un cocktail explosif!

Par F. G. Haghenbeck
Chez Gallimard

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Editeur

Gallimard

trad. Juliette Ponce
20/05/2014 286 pages 8,60 €
Scannez le code barre 9782070451906
9782070451906
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1

 

Tequila sunrise

 

 

2 mesures de tequila blanche

4 mesures de jus d’orange

1 mesure de grenadine

1 tranche d’orange

1 cerise confite

glaçons

 

 

Mettre les glaçons dans un verre type « tumbler » et verser la tequila. Ajouter le jus d’orange puis la grenadine, incliner le verre pour que le sirop plonge vers le fond et qu’on croie assister au lever du soleil. Remuer légèrement et décorer de la cerise et de la tranche d’orange.

 

Derrière chaque cocktail un peu connu se cachent un secret de préparation, une intrigante appellation et une légende qui en dévoile l’origine. Il en est ainsi depuis plus de deux cents ans, et cela a même donné naissance à la mixologie. Le mot cocktail, c’est certain, a pour le moins une origine incertaine. Selon les versions, on affirme que le mot est un assemblage des termes anglais peacock et tail ou bien qu’il s’agit de la transformation du mot coquetier, sorte de petit verre où l’on pouvait servir des breuvages. Pour les Anglais le terme cocktail dérive du nom donné à un cheval croisé, en opposition à un pur-sang. On ne connaîtra sans doute jamais la véritable étymologie du mot. Ce dont on est sûr en revanche, c’est qu’en France on ornait d’une plume les boissons alcoolisées afin de les distinguer.

Quant à l’invention de la tequila sunrise, la légende veut qu’elle soit le fruit de l’imagination d’un barman resté boire toute une nuit en compagnie d’un ami derrière son comptoir. Le lendemain matin, quand le patron les découvrit ivres morts et leur demanda ce qu’ils faisaient là, le coupable se trouva une excuse pour éviter d’avoir à payer les consommations et déclara : « pour créer une boisson inspirée du lever du soleil sur le bar ». Il mélangea alors à la hâte de la tequila, du jus d’orange et de la grenadine, imitant ainsi les couleurs de l’aurore. Cette scène remonterait aux années trente, certains disent qu’elle s’est déroulée en Floride à cause du jus d’orange, si emblématique de la région. D’autres, bien sûr, qu’elle a eu lieu à Acapulco, ce qui est peu probable, vu que là-bas le soleil se lève derrière les montagnes. Quoi qu’il en soit la tequila sunrise est devenue le symbole du touriste qui adore les palmiers, le doux ronron des vagues et Frank Sinatra chantant Come Fly with Me.

 

*

 

Le ciel de fin d’après-midi déployait un tel éventail de couleurs qu’on aurait pu croire que le peintre céleste avait éclusé trois tequilas de plus que moi. J’étais convaincu qu’il paierait cher ses excès de rouge et de jaune. Un voilier se profila à l’horizon, entre les pincées orange pêche et jaune mangue du crépuscule. Le tableau était magnifique.

Le vent frais, chargé des effluves marins si chers aux touristes et aux mouettes, emportait la fumée de mon Cohiba. Je le fumais avec une telle lenteur que je pouvais entendre le tabac se consumer. C’était une de ces journées où d’aucuns pensent que la vie vaut vraiment le coup d’être vécue. Même si pour ma part je savais qu’il ne me restait plus que vingt-quatre heures à en profiter.

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