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Les Petites Fugues 2025, une politique du livre en mouvement

Du 17 au 29 novembre 2025, la Bourgogne-Franche-Comté a accueilli la 24e édition des Petites Fugues. Quinze écrivaines et écrivains francophones ont sillonné la région, de bibliothèques en lycées, de librairies en lieux de soin ou de détention. Derrière le festival, un choix persiste : porter la littérature contemporaine là où elle ne s’installe pas toujours d’elle-même.

Le 22/05/2026

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Les Petites Fugues portent un nom léger, mais défendent une idée lourde de conséquences pour la vie littéraire : le livre ne circule vraiment que lorsque les auteurs se déplacent aussi. Organisé par l’Agence Livre & Lecture Bourgogne-Franche-Comté, avec le soutien de la DRAC et de la Région, le festival s’inscrit depuis 2001 dans une logique d’itinérance culturelle. Son principe tient en peu de mots : faire bénéficier l’ensemble du territoire de rencontres avec des auteurs, loin d’un modèle concentré dans les métropoles.

L’édition 2025 a réuni quinze invités : Olivier Bleys, Estelle-Sarah Bulle, Célestin de Meeûs, Maryline Desbiolles, Caroline Deyns, Sébastien Gendron, Simon Grangeat, Caroline Hinault, Sébastien Joanniez, Eva Kavian, Catherine Lovey, Gilles Marchand, Raphaël Meltz, Hélène Vignal et Marie Vingtras. Leurs œuvres dessinent une cartographie large de la création francophone : roman, théâtre, jeunesse, récits de mémoire, fictions politiques, exils, paysages intimes ou collectifs.

Le dossier 2025 a pris ainsi la forme d’un observatoire de la médiation littéraire. Les rencontres ont investi bibliothèques, collèges, lycées, librairies, lieux culturels, hôpitaux, établissements pénitentiaires, structures médico-sociales et associations. Cette dispersion n’a rien d’un simple effet de programme : elle affirme une conviction ancienne, celle d’une lecture conçue comme bien commun, portée par des professionnels du livre, des enseignants, des bibliothécaires, des structures sociales et des partenaires locaux.

Le festival a ajouté à la rencontre classique des formats plus hybrides : « petites formes », « fuguettes », entretiens croisés, projections, lectures musicales, déambulations. La programmation signalait notamment une projection suivie d’un bal littéraire avec Gilles Marchand à Ouroux-en-Morvan, ou une clôture au musée du Temps de Besançon avec Caroline Deyns, Catherine Lovey, Sébastien Joanniez et Raphaël Meltz. Ces propositions ont déplacé la littérature vers la scène, l’image, la danse, la voix.

À l’heure où les politiques de lecture cherchent des relais concrets dans les territoires, Les Petites Fugues rappellent qu’un festival ne se résume pas à une affiche d’auteurs. Il fabrique des liens, prépare des publics, traverse des institutions, réactive des lieux. En 2025, l’enjeu dépassait donc la célébration d’un rendez-vous littéraire : il touchait à la présence même du livre dans les espaces de vie.

 

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