Sous le soleil d’Arles, du 23 au 27 août 2025, se déploie la 6ᵉ édition du festival « Agir pour le vivant », un événement pluridisciplinaire où se croisent débats, performances, ateliers, projections et résidences de travail – pensé comme autant de ponts entre pensée et action, réflexion et expérimentation. Une invitation joyeuse, ambitieuse, à repenser notre temps, notre écologie, nos manières de co‑habiter le monde.
Chaque journée est articulée autour d’une thématique forte : « Un réel raconté », qui célèbre la puissance libératrice de la fiction ; « Écologie queer », pour tisser le lien fertile entre luttes LGBTQIA+ et écologie ; « Mobilisations terrestres », un appel à forger de nouvelles solidarités face aux dérives autoritaires ; et « Infrastructures du numérique : impérialisme global, ravage local », qui interroge nos dépendances techno‑énergétiques.
Au cœur du festival, la place Nina Berberova devient forum vivant : discussions collectives, lectures, stands d’associations, moments festifs animés par la Discothèque Nationale de Belgique – un concentré d’écologie joyeuse et mobilisatrice.
Les intervenant·es constituent un aréopage riche : Achille Mbembe, Alain Damasio, Eliane Brum, Kaoutar Harchi, David Abram, pour ne citer qu’iels. Une constellation de penseur·euses, artistes, activistes, scientifiques, réuni·es ici autour d’un même désir : imaginer et incarner un avenir écologique inclusif.
2025 marque aussi un focus particulier sur le Brésil, à la faveur d’un commissariat collectif (Autres Brésils, Véronique Mortaigne, Bintou Semporé, Isadora Dartial, Jeanne Lacaille). Projections, concerts, réflexions collectives et ateliers offriront une fenêtre plurielle sur les imaginaires brésiliens.
Autre point fort, l’Université du vivant, un parcours immersif entièrement gratuit (hors repas et hébergement), dédié à une trentaine de jeunes de 18–25 ans. Ateliers pratiques autour de la souveraineté alimentaire, du soin de la terre, des savoirs partagés : autant de pistes pour transformer l’engagement en action durable.
Le festival ne se limite pas à Arles : il est désormais anisotrope, porté aussi au Cameroun, en Colombie, au Japon, au Brésil, de sorte à décentrer le discours occidental de l’écologie politique et enrichir les convergences.
Dans un contexte de défiance grandissante envers l’action politique, « Agir pour le vivant » se présente, plus que jamais, comme un espace‑laboratoire : ces cinq jours offrent à la fois refuge, outil, étincelle – pour reprendre souffle et forger ensemble des alternatives concrètes.
Crédits photo : ActuaLitté, CC BY SA 2.0