Soutien aux libraires : “Nous, éditeurs indépendants, arrêtons la vente directe”

Auteur invité - 03.11.2020

Tribune - editeurs independants - soutien librairies - librairies covid


Depuis l'entrée dans le deuxième confinement, l'inquiétude est grande pour les librairies, en particulier les librairies indépendantes. Se contenter du système clique et collecte, accueillir le public dans les locaux ou reporter ses commandes à plus tard, les solutions ne sont pas vraiment satisfaisantes. Martin de Halleux, fondateur des éditions Martin de Halleux, appelle les éditeurs indépendants à manifester leur soutien aux libraires en s'engageant concrètement, dans un texte que nous publions ci-dessous.

Librairie L'impromptu - Paris
 

Et si nous, éditeurs indépendants, faisions aujourd’hui un geste simple pour les libraires… arrêter la vente directe.



L’une des difficultés des libraires confrontés aujourd’hui à la fermeture de leurs magasins, c’est d’attirer sur leurs sites internet respectifs des acheteurs qui n’en connaissent pas l’adresse…

Pourtant, il existe un portail, développé par le Syndicat de la librairie française (SLF), qui regroupe plus de 1 000 librairies indépendantes en France : www.librairiesindependantes.com

Ce portail agrège des informations de sites de regroupement de libraires nationaux, régionaux et spécialisés et offre une solution de qualité pour tous ceux qui souhaitent acheter un livre en ligne ou en click and collect.

Les éditeurs indépendants, qui sont agiles et peuvent prendre des décisions rapidement, ont certainement leur rôle à jouer pour promouvoir cette solution qui ne demande qu’à tourner à plein régime. Nous devons aujourd’hui prendre nos responsabilités et cesser (au moins pour un temps) de faire de la vente directe sur nos sites et rediriger les acheteurs de nos livres vers www.librairiesindependantes.com (sans parler de ceux d’entre nous qui renvoient leurs lecteurs vers Amazon…).

J’ai discuté avec quelques confrères qui admettent que les ventes directes ne constituent pas un chiffre d’affaires déterminant pour l’équilibre de leur maison d’édition. L’effort serait donc faible et sa mise en œuvre simple et rapide (un bouton et un lien à changer). Pourquoi attendre ?

Sans compter que pour ceux qui ne proposent pas de vente directe, un bouton vers le site de la plateforme de libraires est une opération encore plus facile à mettre en place.
 


Bien sûr, www.librairiesindependantes.com ne rassemble pas tous les libraires de France et des éditeurs préfèreront rediriger leurs lecteurs vers une librairie ou un regroupement de libraires selon leurs affinités ou stratégies. Qu’importe, ce qui compte aujourd’hui c’est d’orienter par tous les moyens possibles nos acheteurs vers les sites internet des libraires. Cela peut être fait en quelques heures…
 
Martin de Halleux
Les Éditions Martin de Halleux
www.martindehalleux.com

Photographie : illustration, Librairie L'impromptu, Paris (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)
Capture d'écran du site des éditions Martin de Halleux



Commentaires
Vendre directement ses produits sur internet tout en capitalisant sur le réseau des librairies indépendantes,voilà une bien drôle d'éthique.C'est un peu vouloir le beurre et l'argent du beurre.Concurrencer ses propres clients sur internet en ne prenant qu'un centime de frais de port ( comme Elsevier Masson ou bien d'autres éditeurs ) ne relève pas de la plus grande subtilité. Le nec plus ultra ce sont les éditeurs qui vendent directement sur de gros sites de vente en ligne et qui se retrouvent prisonniers de commissions qui finiront par les étrangler.Certains maintenant ne peuvent plus se passer de ces sites qui pourraient se passer facilement d'eux.Après avoir négligé et méprisé leurs meilleurs alliés , les libraires indépendants , ils finiront par mourir.
Chère redaction d'Actualitté,

Vous auriez pu vous renseigner et valoriser les éditeurs indépendants qui n'ont attendu personne pour pratiquer le commerce éthique du livre en ne faisant pas de vente directe et en ne fournissant pas Amazon, vous auriez fait la liste de tous ces petits editeurs qui le faisaient déjà en silence, qui continuent de garder le silence plutôt que rajouter du bruit au bruit, qui ne retournent pas leurs vestes par circonstance ou prise de conscience subite pour surfer sur «la vague».
Que de prises de paroles inutiles ! Un éditeur fait son métier pour vendre ses livres. Nous avons un distributeur qui vend à Amazon et ces ventes représentent le tiers du chiffre qu'il réalise pour nous. Par ailleurs, les ventes du diffuseur ne représentent même pas la moitié de notre chiffre : le reste est fait par nous mêmes, soit par notre site internet, soit en vente auprès des musées (fermés, eux-aussi, en ce moment).

Si nous cessons de vendre en direct, nous n'aurons donc plus aucune rentrée. Comment peut-on prôner ce genre de politique ? C'est sans doute possible pour les éditeurs qui ont un autre métier. Chez Ysec Éditions, nous sommes quatre salariés et une directrice non salariée. Comment payer les salaires si on ne vend plus rien ? Comment payer les charges et les factures ?
Bon alors là, tout ça commence à m'échauffer! Entre les libraires qui veulent rester ouverts, ceux qui ont peur pour leur santé mais qui veulent bien vendre en ligne, ceux qui voudraient qu'eux seuls puissent vendre, bref, autant de préconisations-solutions que de situations personnelles sont avancées.

Il me semble que nous avons tous une entreprise à faire tourner, des salariés à payer, des charges à régler, des emprunts à rembourser. Nous devons donc agir selon nos possibilités, nos moyens. Et comme par ailleurs, les libraires ne peuvent pas, pour des questions de trésorerie, ne veulent pas, en raison de convictions personnelles ou d'autres "mauvaises raisons" accepter de mettre en vente tous les livres qui paraissent, l'éditeur doit bien trouver le moyen de faire accéder le public à ses livres. Et en gardant pour lui la remise du libraire (et celle du diffuseur-distributeur, soit un total de 55 à 58% du prix de vente), pourquoi s'en priverait-il, puisque le libraire la refuse?

Je souhaite cependant vivement que les librairies rouvrent le plus rapidement possible. Elles représentent la moitié de mon CA.

P.S. Amazon, que je ne porte pas particulièrement dans mon cœur, ne me fait aucune difficulté pour prendre tous mes livres. Il représente 15Þ mon CA avec un taux de retour de moins de 10%.

Bon courage à tous!
Tout ceci est le gag ultime... Quelle prétention de s'arroger le droit de parler au nom des éditeurs indépendants... Le 11 mai dernier, les librairies ont décommandé les livres des indépendants et n'ontde cesse depuis de renvoyer leuurs ouvrages... Pire, ils n'acceptent même plus les rdv avec les commerciaux de nos diffuseurs-distributeurs... Par qui passe la biblio-doversite? Par nous! Faire des salons, avoir un site marchand (et dans le même temps Exiger des frais d'Envoi spécifiques) voilà notre quotidien... Alors oui, je suis solidaire des librairies comme des petits commerces mais ne me demandez pas de ne plus vivre et arrêter les débats honteux...
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