Décapiter un homme sur la base de “messages de haine des réseaux”

Auteur invité - 22.10.2020

Tribune - Education école société - tragédie république société - Samuel Paty Le Pen club


Le PEN Club français a tenu à saluer la mémoire de Samuel Paty, professeur d’Histoire Géographie, assassiné, puis décapité pour avoir enseigné la liberté d’expression. Nous transmettons leur tribune dans son intégralité. 
 


À travers ce professeur, c’est l’école républicaine, son rôle d’éveil des consciences et d’apprentissage de l’esprit critique, de la citoyenneté et de la laïcité ainsi que la liberté d’expression et la liberté de conscience qui sont visés.
Sous le choc de l’émotion, nous n’avons pas de mots assez forts pour exprimer l’horreur que nous inspire cet acte ignoble et nous adressons nos condoléances à ses proches, ses collègues, ses élèves et sa famille.

Il est le second enseignant assassiné par un meurtrier islamiste, après Jonathan Sandler. Samuel Paty a été brutalement et lâchement tué après avoir été désigné à la vindicte par des agitateurs islamistes sur les réseaux sociaux. Le père d’une élève — lui-même très actif dans l’« islamosphère » — avait désigné l’enseignant à la vindicte sur les réseaux sociaux, véritable lapidation numérique. Il fut reçu par la principale avec un islamiste avéré, Abdelhakim Sefrioui. Celui-ci anime le collectif Cheikh Yassine (du nom du fondateur du Hamas). Il s’est vanté dans une interview filmée d’avoir « exigé la suspension immédiate de ce voyou, car ce n’est pas un enseignant », auprès de la principale du collège.

Le président de la République a prononcé la dissolution du collectif propalestinien Cheikh Yassine, qui a plusieurs fois défrayé la chronique par le passé. Les deux hommes à l’origine des déclarations visant Samuel Paty sont en effet liés à des réseaux djihadistes impliqués dans plusieurs attentats commis sur le sol français. On ne sait pas encore la nature de leurs liens avec Abdoullakh Abouyezidovitch Anzorov, l'assassin de Samuel Paty, mais, en tout état de cause, ils ont contribué à armer son bras.

Il a décapité un homme qu’il ne connaissait qu’à travers les messages de haine de réseaux sociaux ; ensuite il a posté sur son compte twitter une revendication explicite accompagnée de la photo de la tête de sa victime : « Au nom d’Allah, le tout miséricordieux, le très miséricordieux, (…) à Macron, le dirigeant des infidèles, j’ai exécuté un de tes chiens de l’enfer qui a osé rabaisser Muhammad, calme ses semblables avant qu’on ne vous inflige un dur châtiment. »

Le message est clair et appelle à la mobilisation de tous. Le Pen club prendra toute sa part dans ce combat. À l'heure où la République organise un hommage national à Samuel Paty, le Pen club français conformément à sa vocation demande au ministère de l'éducation nationale de mobiliser toutes les énergies pour que la transmission du savoir et de l’esprit voltairien propre à notre culture, ce qui inclut le droit au blasphème, se fasse dans la liberté des enseignants et sous la protection de forces de l'ordre en cas de menaces islamistes.

De fait, les réseaux sociaux jouent désormais un rôle fondamental pour déformer la vérité et abuser une partie de la jeunesse manipulée et embrigadée par de sinistres prédicateurs. Pour le PEN Club français, le lâche anonymat de ceux qui font l'apologie du terrorisme sur les réseaux sociaux doit être levé beaucoup plus vite !

Aujourd’hui, la République est en danger  : la seule chose que peut faire un juge français, dans certains cas, c’est délivrer une commission rogatoire internationale, envoyée via le magistrat de liaison à Twitter, qui pourra refuser de coopérer en vertu du premier amendement de la Constitution américaine au prétexte de protéger la liberté d'expression; cela doit cesser et la loi française doit mettre fin à cet état de fait.

Notre association bientôt centenaire s'était réjouie de la préparation de la loi Avia qui permettait de sanctionner vite et bien les discours de haine sur internet. Malheureusement, cette loi a été retoquée par le Conseil Constitutionnel. Sans doute faut-il mieux garantir la liberté d'expression sans pour autant accepter certaines prises de position incitant au lynchage et interdites par la loi. Cela n'est pas simple, mais le premier ministre, Jean Castex, a indiqué à l'Assemblée nationale son souhait de mettre en place un « délit de mise en danger par la publication de données personnelles » sur Internet. Cette proposition permettrait de renforcer l'arsenal législatif afin de contraindre plus facilement les plateformes à communiquer des informations personnelles, sous le contrôle de la CNIL. Ce serait une avancée.

La Procureure générale près la Cour de Paris, Mme Catherine Champrenault, a proposé au Garde des Sceaux de sortir les délits de presse liés à l’incitation à la haine de la loi de 1881 pour les inscrire dans le code pénal. C'est ce que le Pen club français a proposé il y a quelques mois et nous nous réjouissons de cette convergence de pensée. Nous attendons une réforme de la loi en ce sens. Nous pensons aussi que l'Etat devrait contribuer à pénaliser les discours de haine en inscrivant dans la loi une responsabilité pénale des plateformes qui désormais devraient exercer un rôle de quasi éditeur.


Commentaires
« Notre association bientôt centenaire s'était réjouie de la préparation de la loi Avia qui permettait de sanctionner vite et bien les discours de haine sur internet. Malheureusement, cette loi a été retoquée par le Conseil Constitutionnel.»

Heureusement ! On ne doit pas accepter de restreindre nos libertés ! La loi Avia était une loi liberticide de la pire espèce. Ceux qui approuvent ce genre de loi rabaissent l'homme à une vision qu'ont certains totalitarisme. C'est la loi de l'arbitraire pure : l'accusé est coupable sans pouvoir se défendre !

Il est fou que dans le monde d'aujourd'hui, certains soient prêts à enfermer n'importe qui plutôt que de regarder le fond du problème.

Il vaut mieux laisser hurler quelqu'un (et le faire condamner éventuellement plus tard, SUITE À UN PROCÈS) que de condamner un innocent.
Préciser ce qu'est le PEN CLUB n'aurait pas été inutile ...
La loi Avia était mal faite et visait surtout à sanctionner les propos jugés "islamophobes" assimilés à tort à des propos racistes.

Or ne pas aimer une religion, l'islam en l'occurrence, est un droit sacro-saint et ressortit à la liberté de penser. La religion n'est PAS une race, et par conséquent, être "islamophobe" n'est pas être raciste.

Par ailleurs, rappelons que le terme "islamophobie" a été forgé par les islamistes eux-mêmes (http://www.prochoix.org/frameset/26/islamophobie26.html) dans le but de semer la confusion et de frapper d'anathème tous ceux qui critiquaient l'islam en assimilant justement ces critiques à du racisme.
Le PEN Club, organisation mondiale d'écrivains fondée en 1947, en Grande Bretagne, fer de lance de la liberté expression !!



La peur ne triomphera pas



Trésorier honoraire du PEN CLUB
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