“Condamner les livres au silence, une bien mince et équivoque victoire" (Christian Thorel)

Auteur invité - 01.11.2020

Tribune - Ombres Blanches Toulouse - librairies libraires commerce - confinement Toulouse libraire


Le débat agite presse, réseaux sociaux et conversations à distance : après avoir sommé les librairies de fermer à l'annonce du confinement, et autorisé grandes surfaces et Fnac à rester ouverts, le gouvernement est revenu sur ses décisions : Fnac et grandes surfaces ont désormais obligation de fermer, pendant que les librairies sont cantonnées au "clique et collecte" et livraisons. Christian Thorel (Librairie Ombres blanches - Toulouse) lance un vibrant plaidoyer pour ce commerce unique en son genre, que nous publions dans son intégralité. 
 

[NDLR : le texte a été rédigé en deux temps :  après l'annonce du confinement et de la fermeture des commerces non essentiels, puis après l'annonce de la fermeture des rayons livres des Fnac et autres grandes surfaces.]


Le 29 octobre 2020

Nous, libraires, sommes sortis avec un espoir modéré pour la reprise de nos activités, après les deux mois de fermeture de mars et avril. Si nous avions mesuré, par les nombreuses marques d’attention, combien le livre avait conservé sa place dans l’espace des besoins de chaque citoyen de notre pays, nous ne nous doutions pas d’une aussi grande aspiration à pouvoir disposer de lectures en bibliothèques et en librairies. C’est avec un appétit aiguisé par les lectures du confinement que les lecteurs en sont sortis. Ainsi, de par une liberté attendue et retrouvée (provisoirement), jamais la fréquentation des jours du printemps et de l’été n’avait été aussi dense, aussi joyeuse et grave à la fois, mais surtout n’avait été aussi responsable. Le besoin de lire, celui de comprendre, celui d’imaginer, ont su s’unir harmonieusement à tous les usages, à tous les besoins de nos vies ensemble.

Malheureusement, la circulation prévisible du virus qui nous court après contraint à un nouveau confinement. Nous ne pouvons que prendre acte de toutes les mesures de prudence sanitaire afin de rendre à la société les meilleurs équilibres entre santé publique et nécessités économiques. Pour autant, tout le « secteur » de la culture et de l’art, théâtres, cinémas, musées, galeries, commerces culturels, paie injustement la note procédant d’une certaine incurie, aujourd’hui évidente, celle d’un laisser-aller estival où la proximité se dissolvait progressivement dans l’oubli des maladies de l’hiver. Injustement, car cinémas, théâtres, musées, bibliothèques et librairies organisèrent, répétons-le, des espaces régulés où les conditions sanitaires n’ont entravé aucune liberté, afin de préserver l’essentiel, celui de l’accès à toutes les expressions, à tous les savoirs. A-t-on détecté le moindre « cluster » dans une librairie, dans un cinéma, dans un musée, dans un théâtre ? Ici, à Ombres blanches, la reprise coordonnée de rencontres et de débats dès les premiers jours de septembre, se fit dans le compromis des « gestes barrières » et en intelligence avec un public en attente de se réunir sans qu’il se sente en danger. C’est cela que nous avions enregistré des préconisations progressives du gouvernement. Aujourd’hui, les mesures drastiques qu’il a ordonnées nous apparaissent comme illisibles. Le débat, très médiatisé, sur l’exception attendue pour l’ouverture de nos commerces de livres, n’aurait pas dû poser autant de questions, surtout au regard de ces six mois d’expériences qui viennent de s’écouler et des preuves que nous avons su donner.

Gagner le droit d'ouvrir nos librairies eût été une petite victoire, et peut-être une iniquité par rapport à d'autres secteurs du commerce. Mais ne pas pouvoir ouvrir alors que la grande distribution peut vendre des livres, alors que la Fnac a eu le nez de faire voisiner des livres et des ordinateurs, c'est une mauvaise défaite.  Et une injustice. A moins que la destination du message du Président et de son gouvernement ne soit le choix délibéré d’internet et de l’informatique comme seuls supports d’avenir pour la diffusion de la culture, comment comprendre que la liberté de commercialisation soit donnée aux équipements informatiques et à leurs diffuseurs ? Comment comprendre aussi une certaine obstination à vouloir réduire notre commerce à la dimension d’un seul service en voulant lui donner les moyens de renforcer ses capacités à trouver sa place sur internet ? Ce mode de consommation dont les conséquences sociales et environnementales sont désastreuses a-t-il besoin d’un nouveau soutien dans ce temps de crise ? Les géants de l’internet sont-ils mis à contribution pour boucher le trou abyssal du déficit budgétaire ?

Au contraire, la représentation d’un monde immuable, celui de la ville et de son histoire, a su s’imposer dans le retour trop fragile à la vie collective. Le « miracle » des librairies depuis le 11 mai dernier a eu plusieurs enseignements : celui de l’existence d’un commerce spécifique élu par ses lecteurs comme indispensable à la vie sociale, celui d’un commerce emblématique de centre-ville dont la mise en lumière rejaillit sur l’ensemble des commerces des rues de nos cités, trop souvent malades de l’abus des périphéries et de leurs constructions en bardage, futures ruines d’une urbanisation anomique et disgracieuse. Il convient d’ajouter l’essentiel qui est pour la librairie d’être les lieux où la production de la diversité trouve son seul asile, et particulièrement tous ces livres dont les espoirs de vente ne dépassent jamais les 5000 exemplaires. C’est cette vie des lettres et des savoirs qui donne son éclat à notre commerce et qui est plébiscitée par nos visiteurs, à nouveau renvoyés à leur solitude et à l’illusion de leurs écrans. La vie de demain ne peut en aucun cas se résoudre dans la pratique des claviers et des serrures de nos portes, dans les instants où elles seront ouvertes à nos livreurs, nouveaux esclaves de nos échanges. Vivre reste user de son corps, se mouvoir, bouger, circuler, agiter tous ses sens.

Amazon va renforcer encore sa capacité de prédation, pendant que la Fnac va pouvoir redorer son image passablement décolorée dans le commerce des livres, et dont les méthodes de gestion l’avaient progressivement éloignée (1). Les librairies ont besoin d’ouvrir, non seulement pour assurer l’avenir de leurs équilibres économique et financier, mais aussi parce qu’elles ne peuvent pas laisser la concurrence prendre le pas sur leur activité et effacer en quelques jours ce que leur fermeture provisoire a installé comme une impérieuse nécessité, celle d’un lien unique entre une production et sa diffusion. C’est un besoin, et aussi et désormais un droit. J'ai peur qu'il y ait beaucoup plus d'amertume encore dans tous les secteurs de la culture, si celui du livre se sent floué, qui avait un peu et jusqu’alors échappé à ce sentiment.


Mise à jour du 1er  novembre 2020

(1)  A la suite d’un débat dans les médias et de rencontres entre représentants du secteur (SLF, SNE, Ministères de la Culture et de l’Economie), la Fnac et les hypermarchés ont reçu le 30 au soir l’interdiction de vendre des livres…C’est une bien mince et équivoque victoire que celle qui condamne les livres au silence des tables et des étagères, à l’exception des rayonnages d’Amazon, qui continue à étendre sur le monde de l’édition les conditions d’un monopole et sa capacité de nuisance. Bruno Lemaire, Ministre de l’Economie, prétend soutenir la filière librairie en soutenant son adaptation au monde numérique. Le commerce en ligne pour les libraires est désormais un devoir, certes, mais c’est celui d’un simple service aux vertus consistant à donner à tous nos lecteurs des alternatives au géant américain. Car nous ne voulons pas oublier l’essentiel, qui est faire commerce des livres, les diffuser, faire savoir, créer pour les plus silencieux d’entre eux le son nécessaire à les faire connaître. La rue et la ville, le village, la place publique restent les lieux les plus adaptés à l’œil et à l’oreille pour lire, aux mains pour se saisir du papier.
 
Messieurs les ministres, messieurs les docteurs du Comité scientifique à qui nous devons beaucoup, ne laissez pas les lecteurs sans la liberté du choix du lieu de leurs lectures futures. Vous avez, comme eux, besoin de nos librairies, mais c’est vous qui avez la clé des serrures qui en permettent l’ouverture !  

Illustration : Ombres blanches sur Facebook 
 


Commentaires
SUGGESTION : Ne faudrait-il pas que les librairies indépendantes puissent livrer leurs commandes de livres via Internet, avec la coopération gratuite (ou presque) de

la poste ?
Ne sont-ce pas les mêmes libraires qui, en mars dernier, n'ont pas voulu rester ouverts pour la protection de leurs salariés alors que le gouvernement acceptait de les laisser vendre? La santé avant le business. Intellectuellement, j'adhère au discours d'Ombre blanche, pratiquement je le rejette. Il ne faut jamais cracher en l'air. la santé des salariés en novembre est moins importante qu'en mars? Ou bien le chiffre d'affaires à réaliser est supérieur?

Décidemment, la France est un pays bizarre où le seul sport véritablement pratiqué par tous est la critique systématique de toute décision faisant fi de ses propres contradictions. En tant que petit éditeur je suis affligé (comme je l'étais en mars) par ce résultat perdant-perdant. Puisse le clique et collecte amoindrir la chute de toute la chaine du livre, toute!
Oui, nous nageons en pleine contradiction :



Il y a effectivement les contradictions chez certains libraires entre leurs positions du premier et celles du second confinement.



Mais aussi la contradiction difficilement gérable entre la fermeture complète et la possibilité de faire du click and go (au bénéfice quasi exclusif d'Amazon, ... et de la Fnac, ne l'oublions pas).



Contradiction encore sur la notion de commerce "essentiel"...



Contradiction enfin entre la fermeture des commerces et l'ouverture de quasiment toutes les autres entreprises, des écoles...



A mon avis il faut choisir clairement entre l'enjeu sanitaire et l'enjeu économique, au bénéfice du premier. Et ne pas faire du "en même temps" nécessairement porteur de contradictions infinies et ingérables.



Mais c'est un problème complexe qui est quasiment insoluble : pour beaucoup d'acteurs de la chaîne du Livre (petits ou gros), défendre bec et ongles l'"exception culturelle" du livre, c'est aussi un moyen commode de défendre d'abord leurs propres intérêts économiques...
Bonjour,

1/ En mars les librairies ont été fermées un samedi soir sans préparation. Nous n'avions ni masque, ni gel. Nos salariées devaient rester garder leurs enfants. On nous disait que c'était pour 15 jours. Le vendredi on apprend que lors d'une interview Bruno Le Maire disait que l'on pouvait étudier notre réouverture. Mais comment ? Et d'ailleurs ce propos sympathique restait flou... D'ailleurs aujourd'hui il n'a pas obtenu que l'on reste ouvert.

2/ Aujourd'hui nous arrivons à une période lourde. En novembre nous faisons plus de vente que les 8 semaines du 1er confinement. Nous avons des masques, du gel, des fléchages au sol, des protocoles strictes, et nos salariées ont leurs enfants à l'école. Bref ! On peut ouvrir et travailler...

Vous ne pouvez pas de bonne foi comparer mars et novembre ! Ni oublier que novembre et décembre pèsent très lourd. Si on disparaît que ferez-vous "petit éditeur"...

Si toutes les librairies craquent ne restera-t-il qu'Amazon ? Et des villes désertes ?
"Moyen de défendre leurs intérêts économiques"... Oui, d'éviter la fermeture, la liquidation, le chômage pour les salariés, rien pour le patron...

Révez-vous d'un monde sans librairie, sans culture, sans exception culturelle, entre les machoires des multinationales du net ?
Je rêve juste d'un monde où la covid soit d'abord vaincue, et où ensuite tous les libraires défendent vraiment le livre et ne soient plus ni des gestionnaires de stock (qui commandent des livres qu'ils auront tout le loisir de retourner aux éditeurs et qui seront finalement pilonnés), ni de simples responsables de dépôts déportés des diffuseurs / distributeurs tels qu'Hachette ou Editis...



Mais attention, cela ne vaut pas dire pour autant que tous les libraires fonctionnent de cette manière ! Il existe souvent les libraires qui aiment le livre et le font vivre, qui défendent l'exception culturelle, mais ce sont ceux-là même qui ont souvent du mal à joindre les deux bouts...



N'oublions pas non plus que ceux qui tiennent "économiquement" toute la chaîne du Livre en France sont de très grosses sociétés. Ce monde culturel entre les machoires des grosses sociétés est déjà le nôtre...



Mais tout cela appelle une réflexion à long terme : Je suis bien évidemment conscient que pour beaucoup de libraires (comme pour beaucoup de commerces de proximité, de petits entrepreneurs,...) la situation économique à court terme est très compliquée...



Ce débat a au moins le grand mérite de nous interroger toutes et tous sur le "monde d'après" dans le secteur du livre...
J.aime les livres et les libraires. Mais je n.arrive pas à penser que cela justifie un statut d.exception qui voudrait que le lecteur(je crains qu.il ne soit aussi l.intellectuel voire l.elite) ne soit d.une autre nature que le client qui se rend dans d.autres commerces pour lui tout aussi essentiels. Il y a aujourd.hui une panique sanitaire pour les 15 jours à venir.Et un adversaire Amazone etc. parce qu.il ne fait pas payer le commerce en ligne. Peut.etre que les libraires pourraient obtenir comme pour les envois à l'étranger une baisse des coûts postaux, une ouverture Drive. Et voir avec les éditeurs comment travailler ensemble pour partager la promotion et la vente des livres par internet. Mettre en avant l.exception du livre me paraît moins efficace que la réorganisation de la chaine avec les professionnels et les pouvoirs publics.P.M
Depuis le début du confinement j'ai acheté 8 livres, dont deux directement à l'éditeur. Pour les autres je suis passé par ma librairie locale habituelle qui livre en face, chez le marchand de vin et de spiritueux dont l'activité est, elle, qualifiée d'« essentielle ». Évidemment, je suis un lecteur assidu qui sait ce qu'il veut et qui plus est n'achète des livres qu'en librairie ou aux éditeurs en direct. Pour moi la démarche est simple, mais pour celles et ceux qui ont l'habitude de passer devant une librairie et piocher dans les rayons, c'est une autre démarche, mais qui concerne une grande majorité d'acheteurs.



Quant à « d'abord vaincre le virus », monsieur Éric, il convient également de 1) comparer les chiffres de cette année aux années précédentes (moindre mortalité qu'en 2019 selon la députée d'Alsace), 2) réfléchir à partir des chiffres -- dont le public ne dispose pas -- en fonction des catégories d'âge et d'état de santé des victimes, etc., 3) réaliser l'énormité du mensonge des pouvoirs publics et la dérive fasciste en cours où lorsque les stratégies du gouvernement sont repoussées par le parlement, celui-ci rompt la séparation des pouvoirs pour imposer sa vision -- et un « état d'urgence sanitaire renforcé » pour 4 mois supplémentaires ; tout cela au bénéfice des classes dominantes, de la Silicon Valley, et au détriment des libertés fondamentales, de la constitution, de la démocratie, de la République.



Alors oui, faisons en sorte de résoudre cette crise sanitaire, mais pas au prix des valeurs fondamentales de la République, bafouées sans cesse par ces vampires néo-libéraux. J'aimerais terminer par une citation de Pier Paolo Pasolini dans _La Rage_, récemment publiée en version française chez un petit éditeur, Nous :



« La classe propriétaire de la richesse.

Parvenue à une telle familiarité avec la richesse,

qu’elle confond la nature et la richesse.



Si perdue dans le monde de la richesse

qu’elle confond l’histoire et la richesse.



Si touchée par la grâce de la richesse

qu’elle confond les lois et la richesse.



Si adoucie par la richesse

qu’elle attribue à Dieu l’idée de la richesse. »
Pour Hellekin, qu'il envoie son message aux soignants et leur dise qu'ils sont les agents du fascisme. P.M.
shock big surprise oh oh downer Pauvre MANUEL. Si tu allais parler aux soignants, ah, mais non, pardon, tu es confiné. Entre celles et ceux qui abandonnent leur métier parce qu'ils ou elles n'en peuvent plus d'être abusé·e·s, celles et ceux qui sont les premières victimes du fascisme qui les loue le lundi après les avoir gazé le samedi, pour leur jeter des miettes le mercredi et les matraquer le vendredi, entre celles et ceux dont les motifs de décès d'un patient sont reprises pour marquer « COVID-19 » à la place, ou les médecins de ville à qui l'on interdit d'exercer leur métier dans les règles de l'art, etc., etc., la liste s'allonge comme les cadavres empilés dans des fosses communes en Mars dernier. Non, bien sûr, les soignant·e·s ne sont pas des agents du fascisme mais en sont également les victimes. Pauvre MANUEL.



Les libraires -- car c'est là le sujet, n'est-ce pas ? -- ne sont pas les seul·e·s à souffrir de la situation, bien évidemment. Et regarder les choses en face ne signifie pas mettre tout le monde dans le même panier (serait-ce une expression datant de la Terreur ?) ou marquer des croix de Vichy sur les uns et des étoiles jaunes sur les autres. La situation réclame un peu plus de profondeur qu'interpréter le premier commentaire venu comme une accusation aux (riches ?) soignants d'être les agents du fascisme.



Je vous invite, Pauvre MANUEL, à faire quelques lectures qui sont sorties entre les deux confinements, comme par exemple Lucille Leclerc, Carola Rackete, Fabian Scheidler ou encore Thomas Porcher, pour n'en citer qu'une poignée susceptibles de vous montrer que la situation est à la fois plus simple et bien plus complexe que vous semblez le croire.



Bonne lecture et soutenons La Santé en Lutte !
Je soutiens souvent les libraires, mais l'inverse n'est pas vrai, les libraires y compris ceux de ma région refusent les livres de la maison d'éditions que j'anime avec d'autres artistes sans les connaître. Les libraires sont pris dans un système et rares sont ceux qui y échappent et qui prendraient la peine de lire les ouvrages et de les proposer au public. Et comme se sont les libraires qui démarchent les médiathèques du moins dans ma région : la boucle est bouclée. Donc, pour nous le confinement est constant ! exclaim
Je souscris pleinement à votre message et à ses conclusions : moi-même ancien éditeur, j'ai été exactement confronté à ce que vous décrivez: Les libraires sont effectivement pris dans un système "surproductif" dans lequel un livre chasse l'autre et où ils ne peuvent plus lire les livres qu'ils vendent...
Permettez-moi de rappeler qu'une librairie générale reçoit entre 50 000 et 70 000 nouveaux titres par an, soit de l'ordre de 200 à 300 nouveaux par jour... Donc oui, effectivement, il y a un écrasement des offres peu visibles. Et si une équipe de libraires en librairie indépendante s'acharne à défendre ses coups de coeur sur les tables cela ne peut pas faire vivre tout. Sur 800 m² de librairie, on a environ 200 m2 de tables, donc on présente avec la couverture en vue entre 2 000 et 3 000 livres. Donc un livre vit en moyenne sur table une semaine... Les grandes ventes, les coups de coeur, vivent plus longtemps. Mais des centaines de livres sont toujours en rayon, donc moins visible.

La surproduction est une machine de guerre qui noie les petits éditeurs... Le libraire surnage mais subit aussi cela (frais de transport, frais de retour, trésorerie pour ces stocks, etc.)

Le problème se situe entre grands éditeurs et petits. Sur 700 fournisseurs actifs, les 5 premiers groupes pèsent 85 Þs flux, des ventes...
Effectivement la surproduction noie beaucoup de monde... C'est à mon avis l'organisation de la chaîne du livre et la possibilité des retours qui engendrent cette surproduction, les librairies étant finalement (pour la plupart, gardons-nous des généralisations hâtives) plus des bureaux de "dépôt-vente" que de véritables commerçants. Cette approche peut être légitime au sens de l'exception culturelle et de la volonté de "donner sa chance à tous les livres", mais dans les faits on voit bien que ça ne fonctionne plus. A mon sens la notion d'"office" devrait être complètement revue, mais c'est un travail de longue haleine, car ce sont les gros éditeurs-diffuseurs-distributeurs qui l'imposent et tirent les ficelles financières...
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