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Le secret découvert de l'encre bleue de moines copistes

Gariépy Raphaël - 22.04.2020

Patrimoine et éducation - A l'international - moines copistes encre - secret encre bleue - manuscrits copie moines


Une nouvelle étude parue dans la revue Science Advances a permis de percer le mystère d’une encre médiévale à la singulière couleur bleue. L’ingrédient clé est le folium, un dérivé du fruit d’une petite plante, la Chrozophora tinctoria, ou maurelle, qui pousse sur les bords des routes du sud du Portugal.


20081128 cloister illuminated manuscript
schizoform (photo d'illustration), CC BY 2.0

 

Pendant des siècles, le folium a servi à colorer des scènes de la bible. Avec l’indigo il était l’une des principales sources d’encre bleue pour les manuscrits médiévaux. Ces encres étaient utilisées sur tout le continent, trempées dans de petits rectangles de lin, puis expédiées dans des ateliers à travers l’Europe. Elles étaient alors utilisées à des fins diverses, des livres aux vêtements.


Cependant avec l’apparition de l’imprimerie et le déclin inévitable des manuscrits la méthode d’extraction originale du folium est tombée dans l’oubli. Alors que l’on savait depuis longtemps que la Chrozophora tinctoria était à la source de l’encre, la façon dont le folium était synthétisé à l’époque échappait à la science moderne.

 

Le tartre de ses dents révèle
la première femme moine copiste


S’appuyant principalement sur un guide de fabrication des peintures du XVe siècle, une équipe de chercheurs portugais a réussi à ressusciter le procédé. L’équipe s’est aventurée dans la ville méridionale de Monsaraz pour récolter les fruits conformément aux instructions du manuscrit. Et s'est attelée à une récolte à main des baies en question, pour valider ses théories.



La maurelle, aussi appelée croton des teinturiers, utilisée pour teindre des tissus...

 

La baie de la plante velue — de la taille d’une noix — a finalement donné un mélange bleu. « Avec de la chance la recette derrière le folium peut maintenant être reproduite par les conservateurs et aider à al préservation des manuscrits anciens. Nous rattrapons enfin les moines médiévaux » a déclaré Maria João Melo, coauteure de l’étude.


Notons que la Chrozophora tinctoria a fait l’objet d’une attention toute particulière de Diderot, dans son Encyclopédie méthodique, où il évoque L'art de la culture et de l’apprêt du Tournesol. Il y détaille en effet la culture de la maurelle, dans un village nommé Gallargues le Montueux (Gard), en 1760. 


via Atlas obscura




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