Elle construit une bibliothèque dans son garage pour les enfants sans livres

Clément Solym - 09.09.2020

Patrimoine et éducation - A l'international - enseignante enfants livres - garage bibliothèque livres - prêter livres enfants


Il suffit parfois d’un peu de bon sens : pour cette professeure des écoles, il devenait intolérable que des enfants soient privés de bibliothèque publique. Moralité, elle a monté des étagères dans son garage, qui compte aujourd’hui 1500 livres de sa collection, prêtés à qui le veut.


 

Jennifer Martin enseigne dans une école élémentaire du Texas : elle a posé le constat que la bibliothèque la plus proche se trouvait à près de 25 km. Le bout du monde pour les enfants, et un trajet qui implique une voiture pour des parents. Sans se démonter, elle s’est retroussé les manches et dans son garage, a ouvert une bibliothèque. « C’était une évidence », indique-t-elle.  
 

Une conjonction bien coordonnée


Avec vingt années d’expérience dans l’éducation, elle professe dans un district proche de la ville d’Austin. Et bien que l’école dispose d’ouvrages, Martin a considéré que l’offre ne souffrirait pas si elle proposait ses propres livres. Plus de 1500 que sa bibliothèque personnelle comptait et des centaines d’autres qui, avec le temps, on nourrit cet espace aménagé pour les enfants. 

« Les étoiles se sont alignées : je n’ai pas d’enfant et je n’ai donc pas un garage plein de jouets : je dispose donc d’espace. De plus, je vis dans un quartier où vivent entre 40 et 50 % des enfants de notre école primaire », indique-t-elle. 

Au fil du temps, elle a constitué sa propre collection, en récupérant des livres que les écoles, pour lesquelles elle travaillait, ne voulaient plus. Et une boutique d’occasion à Austin a servi à compléter l’ensemble : pour 50 cents, elle a pu acheter des titres supplémentaires. « Je n’ai pas besoin de sortir pour manger de la nourriture raffinée. En revanche, je peux aller dépenser 20 $ et acheter des dizaines des livres », se réjouit-elle.
 


Son modèle de prêt fera dresser les cheveux sur la tête : la confiance, uniquement. Les enfants qui s’y rendent prennent alors deux ouvrages à la fois, pour une durée illimitée. Ce n’est qu’une fois rendus qu’ils sont autorisés à en emprunter deux autres. 
 

Recréer du lien


À l’ère du coronavirus, chacun doit désormais porter un masque et respecter les mesures de distanciation sociale. En la matière Jennifer Martin s’est inspirée des directives locales pour le nettoyage et la désinfection des documents. Or, malgré les mesures sanitaires, sa bibliothèque est devenue un lieu de rencontre. D’autant que le district a rouvert l’école début septembre… à travers un système d’apprentissage virtuel. 

« Quand les enfants viennent, ils se voient, se parlent et nous échangeons autour des livres. J’ai vu un enfant, lundi dernier, qui m’a dit avoir terminé un livre. Ce qui signifie qu’il l’avait lu le samedi et le dimanche. Il y tenait vraiment », s’étonne, amusée, l’enseignante.

Ces interactions, avec elles ou entre les enfants, remettent un peu de vie dans le quartier — tout en assurant une présence de livres dans la vie de chacun. « La lecture est au cœur de tout. Peu importe ce que vous faites ou que vous enseigniez : ce qu’il faut, c’est aider à combler le fossé entre un élève et le monde de la littérature : l’accès aux livres représente un moyen pour y parvenir. »


via Good Morning America


Commentaires
Très bonne idée! super initiative
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