Contre les bactéries résistantes, un remède millénaire au poireau

Victor De Sepausy - 10.08.2020

Patrimoine et éducation - A l'international - remède médiéval bactéries - résistance antibiotiques humains - recette onguent poireau


Outre le réchauffement climatique, la faim dans le monde, le coronavirus qui reviendrait bien pour une danse et la disparition d’espèces, l’un des drames de l’humanité réside dans la pharmacorésistance. D’ici à 2050, elle provoquerait près de 10 millions de décès par an. Alors, les scientifiques lorgnent du côté des remèdes de bonne fame, et ancestraux.


 

Imaginons : en lieu et place du nom de composants imbitables sur la notice d’un médicament se retrouveraient poireau, ail, vin et sels biliaires de vache. Limpide et transparent. Cette décoction, qui a déjà 1000 ans, s’avérerait un puissant antibactérien en mesure de traiter les infections diabétiques, suggère une récente recherche.
 

À la flamme bien moyenâgeuse...


Le collyre de Bald, de son petit nom, aura la faculté de lutter contre les biofilms bactériens — ce qui protège les bactéries des conditions extérieures et permet leur survie. Il s’agit d’ailleurs des bactéries qui résistent le mieux aux antibiotiques : donc les plus complexes à traiter.
 
La potion médiévale, redécouverte en 2015, a été longuement étudiée depuis. Pour Freya Harrison, microbiologiste de la School of Life Sciences at the University of Warwick, toute la question tient en une possible exploitation clinique de ses vertus. La lutte contre les superbactéries, au cœur de ses recherches, prendrait une nouvelle tournure. 

L’ouvrage qui a servi de recette, le Leechbook de Bald, date de la fin du IXe siècle — seul un exemplaire demeure, à la British Library. Il recense différents soins — les engelures, les maux de pieds ou de tête, la virilité, etc. 
 

Des premiers tests concluants


En mars 2015, l’idée d’une pommade contenant les ingrédients cités avait été testée au Texas : l’onguent permettait de détruire 999 bactéries sur 1000. Appliquée sur une peau de souris présentant une lésion infectée par le SARM, la potion en question a tué 90 % des bactéries contenues dans la plaie. Et les différents ingrédients, individuellement, n'ont évidemment aucune incidence sur le SARM.  

Ses applications contre le SARM, les staphylocoques dorés, qui résistent à la méticiline, faisaient alors rêver. Chose amusante, les composants interagissent au fond d’une cuve en cuivre, provoquant des réactions spécifiques — les vertus bactéricides du cuivre n’y sont pas étrangères, rapporte CNN.
 

 
 

L'antiquité bienveillante


Il fallait toutefois la passion d’Harrison pour l’univers et l’histoire médiévale, ainsi que le concours de plusieurs autres scientifiques, pour produire ce remède. « Pour être honnête, nous n’avons pas imaginé que, dans cinq ans, ce serait quelque chose pour lequel nous obtiendrions un financement. Nous imaginions que ce serait tout bonnement un élément intéressant de microbiologie. »

Les amateurs savoureront l’ironie du sort : le Leechbook de Bald contient un traitement contre le paludisme, qui contient de l’absinthe. Une maladie endémique durant certaines périodes médiévales. « Tout ce temps durant, le remède même se trouvait dans un texte en anglais médiéval, mais personne ne l’avait pris au sérieux », note-t-elle…

La compilation de ces soins vient d’auteurs grecs et romains de l’Antiquité tardive — comme Alexandre de Tralles (mort en 605) — ou encore de médecins anglo-saxons. On y retrouve même les remèdes qu’Elias de Jérusalem avait fait envoyer au roi Alfred de Wessex, qui souffrait de maux chroniques. 

Évidemment, certains remèdes aident également à se protéger de phénomènes surnaturels — comme ce baume contre les elfes, les gobelins nocturnes ou les démons. 

photo : British Library


Commentaires
Les grands groupes pharmaceutiques n'ont pas intérêt à ce que l'on vende des « remèdes de grand-mère ». Le business plan se base sur le développement de molécules nouvelles que l'on peut breveter et donc vendre pour des milliards d'euros.

D'où le frein pendant la crise du coronavirus sur la chloroquine ; pas assez cher, molécule dans le domaine public.
"remede de bonne FEMME "

fame, c'est la comedie musicale -
Bonjour

"Bonne fame" est attesté, origine latine : fama, réputation grin
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