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Québec : ebook et audiolivre, spectaculaire envolée du prêt numérique

Nicolas Gary - 16.06.2020

Edition - Bibliothèques - prêt numérique bibliothèque - ebook prêt bibliothèque - audiolivres prêts Québec


Entre la mi-mars et fin mai, les bibliothèques du Québec ont prêté un million d’ebooks. La progression entre 2019 et 2020 affiche des résultats à donner le tournis : 56 % sur mars, 140 % sur avril et 126 % sur mai. Un total de 1,017 million d’ouvrages sur la période, incluant des audiolivres qui ont connu une véritable explosion. 

Bibliothèque Marc-Favreau, Montréal

 
Le véritable décrochage s’est opéré dès le 13 mars, selon les données communiquées par Bibliopresto à ActuaLitté. À cette date furent prêtés 5352 ouvrages en 2019, contre 6357 sur 2020. Cette date est celle des fermetures déclarées par le Québec pour les services de garde, les écoles, collèges et universités. Et dans le même temps, Ottawa annonçait de multiples restrictions sur les voyages. 

Tous les événements de plus de 250 personnes ont été annulés : le report vers les bibliothèques du Québec à travers le prêt numérique a été immédiat. Le 14 mars, pour la première fois dans l’histoire du Québec, un état d’urgence sanitaire était instauré…

Le pic des prêts fut atteint le 21 avril, avec 15.229 ouvrages contre 4725 en 2019. Ce même jour, François Legault, le Premier ministre évoquait la possible et « graduelle » réouverture des entreprises et des écoles, sans que le plan de déconfinement ne soit alors exposé. 

Au global, les prêts de livres numériques entre mars et mai sont passés de 488.741 à 997.235 en 2020. Le 21 avril restera la journée la plus plébiscitée avec 15.005 prêts, contre 4700 l’année passée.


 

Malgré des volumes moins impressionnants, c’est véritablement du côté de l’audiolivre que la progression est la plus sidérante. En mars, + 312 %, puis 496 % en avril et contrairement au livre numérique qui avait légèrement reculé sur mai, le livre audio a maintenu son envolée. Sur mai 2020, c’est une croissance de 672 % qui est enregistrée.
 
Sur ces trois mois, on passe ainsi de 3460 audiolivres empruntés en 2019 contre 20.686 cette année, soit une hausse de 498 %. 

Les 10 titres les plus sollicités sont les suivants : 
 
Un homme meilleur
Du côté des Laurentides, tome 2
Du côté des Laurentides, tome 1
Anna et l’enfant-vieillard
Odile et Xavier — Tome 2
La Servante écarlate
Odile et Xavier — Tome 1
Les Testaments
L’institut
Juste derrière moi

Côté livre audio, les 10 plus sollicités furent les suivants : 
 
La peste
Mafia Inc.
Ghetto X
Chère voisine
La bête à sa mère
Louise est de retour
Un village en trois dés
L’art de se réinventer
Harry Potter à L’école des Sorciers
Leslie et Coco

Pourtant, dans les catégories, la demande a assez logiquement concerné le secteur jeunesse. La bande dessinée affiche 522 % de progression, 519 % pour les documentaires et 431 % pour les albums et romans. Ces trois segments éditoriaux représentent près de 16,7 % des prêts numériques. Sur la même période l’an passé, ils représentaient à peine 6,3 %.

Malgré tout, les romans et nouvelles ont pesé pour 23,92 % — contre 25,99 % cependant l’année passée.

Autre point intéressant : en Italie, l’édition avait clairement constaté une demande plus forte pour la littérature sentimentale. Des textes aux happy ends, offrant une respiration de bien-être et de bonheur, en période de confinement. Pour le Québec, la romance est passée de 15,35 % des prêts à 13,18 % : moins fleur bleue, les cousins du Québec ? 

Dans un même ordre d’idée, les romans policiers et suspens ont perdu un peu d’attrait : de 12,35 % des prêts, ils basculent à 11 %. 
 

Le numérique, relai de lecture


Au cours de la période, nous indique Jean-François Cusson, directeur général de Bibliopresto, les bibliothèques ont dû consolider les collections côté jeunesse. Présentes depuis 2012, elles n’étaient que peu sollicitées : « On imagine que le confinement, et la fermeture des écoles ont amené de nombreux parents à découvrir cette offre numérique, facilement accessible à distance. »

Dans les premiers temps du confinement, un mini-site rassemblait les informations pour accompagner les usagers. Une utilité évidente, ne serait-ce qu’en regard du support technique prodigué. « Dans bien des cas, il s’agissait de personnes n’ayant jamais utilisé le livre numérique, et qui découvraient l’offre de leur bibliothèque durant la crise », relève-t-il.

Et pour rester dans les chiffres, les bibliothèques auront augmenté leurs achats de 150 % sur cette année. Soit près d’un million de dollars de plus pour les ebooks et audiobooks durant le printemps. Loin de compenser le manque à gagner sur les livres papier, évidemment, mais tout de même.

« À ce jour, en 2020, les bibliothèques québécoises ont déjà dépensé en achats de livres numériques et audionumériques l’équivalent de 79 % de leurs dépenses totales en 2019. On voit bien une certaine corrélation avec les emprunts : nous en sommes déjà, à la mi-juin 2020, à 77 % des emprunts réalisés en 2020, et 75 % des connexions sur la plateforme. »
 

Formats et préconisations


Quant à l’engouement pour le livre audio, plusieurs explications peuvent être avancées : la popularité du format, l’augmentation de l’offre et des achats plus importants. Pour le seul printemps 2020, les bibliothèques ont réalisé 26 % d’achats en plus.

Par ailleurs, la ville de Montréal — qui dispose du plus important réseau d’établissements de prêt — n’avait pas encore d’offre. Le pas a été franchi durant le confinement : deux mois et demi plus tard, « ils sont responsables de près de 20 % des prêts de livres audionumériques au Québec ». 

Enfin, sur le tournant avril-mai, une application de lecture supportant les audiolivres a été proposée. De quoi permettre à plus d’usagers encore de savourer le format.

Mais c’est peut-être sur la prescription que nombre de points se sont joués : l’initiative Quoi lire, montée par l’Association des bibliothèques publiques du Québec (en partenariat avec Bibliopresto, BAnQ et le réseau Biblio du Québec), a eu son influence. 

« Nous avons été très surpris de la popularité presque immédiate du service : des centaines et des centaines de demandes ont rapidement été enregistrées », reconnaît Jean-François Cusson. Avec des établissements fermés, les bibliothécaires ont pris le relais par des conseils majoritairement tournés vers l’offre numérique. 


photo : Bibliothèque Marc-Favreau, Montréal - Charlotte Henard, CC BY SA 2.0
 


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