En soutien à Hong Kong, la résistance s'organise dans une librairie de Taipei

Gariépy Raphaël - 10.08.2020

Edition - Librairies - Chine Hong Kong Taiwan - Librairie démocratie - politique société


En avril dernier, un libraire hongkongais, trouvant refuge à Taïwan, y faisait revivre sa librairie. Située dans la ville de Taipei, la capitale de l’île, la boutique est devenue ces dernières semaines propice aux discussions politiques – symbole démocratique opposé au régime chinois.  
 
Taipei
 
 
Début juillet, les bibliothèques de Hong Kong découvraient une nouvelle législation chinoise, la « Loi sur la sécurité nationale ». Elle a conduit à l’interdiction de prêter certains livres, jugés trop favorables à la démocratie. Ce nouvel appareil législatif, officiellement anti-terrorisme, fait craindre pour la liberté d’expression.

Lam Wing-kee, en ouvrant la librairie Causeway Bay Books en avril, l'avait enduré. Il est l’un des cinq libraires enlevés par les autorités chinoises en 2015 pour avoir vendu des livres critiquant le parti au pouvoir. Au 10e étage d’un banal immeuble de bureaux, sa boutique s’est désormais transformée en un lieu de rassemblement pour des citoyens que l’avenir de la démocratie taiwanaise, que la Chine n’a jamais reconnue, préoccupe.

 

Un véritable quartier général 


En recréant son commerce à Taipei, Lam Wing-kee avait dans l’idée de proposer un refuge à tous les exilés de Hong Kong. Aujourd'hui, des centaines de personnes viennent au magasin chaque semaine pour consulter les livres interdits sur le continent : du récit historique du massacre de la place Tiananmen à 1984  de George Orwell. 

Chaque soir, des dizaines de voix de fonctionnaires et d’étudiants résonnent entre les murs étriqués du local. Même la présidente de l’île, Tsai Ing-wen, s’est récemment fendue d’une visite. « Taiwan est devenue instable. Et une chose est claire : c’est la Chine qui provoque cette instabilité », assure le libraire.
Les visiteurs débattent des sujets politiques : le territoire doit-il accueillir des réfugiés politiques, comme M. Lam ? Au risque de provoquer des représailles de Pékin ? Sera-t-on pris en étau entre la Chine et les États-Unis ? « Certains pensent que ce qui se passe à Hong Kong fournit un aperçu du devenir de Taiwan », assure l’employé d’un institut de sondage politique.

Mais on accuse également Lam de délivrer une vision biaisée, trop négative de la Chine moderne. Chen Tsai-neng, 55 ans, animateur d’une émission de radio et habitué, le réfute : « Il veut que les Taiwanais sachent quel genre de régime est réellement le Parti communiste chinois ». 

Entre librairie de quartier et QG révolutionnaire, on choisit ses lectures, devant un papier peint floral parfois couvert de notes collées. La présidente, en passant, a laissé la sienne : « Taiwan libre soutient la liberté de Hong Kong. » Un programme, chargé d’espoir, qui rejoint d’autres mots apparus au cours des semaines : « La tyrannie doit mourir. » 



Via the New York Times 

Crédit photo : Steffen Flor CC BY-SA 2.0 


Commentaires
Pourvu qu'on ne leur fasse pas de mal!
Un grand soutien à Hong Kong pour tous ces jeunes qui défendent la démocratie et que l'on fait souffrir.
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