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Amber Capital, premier actionnaire de Lagardère, veut soutenir Hachette Livre

Nicolas Gary - 26.03.2020

Edition - Economie - Amber Capital actionnaire - Lagardère Hachette livre - Conseil surveillance Lagardère


Coup de tonnerre chez Lagardère : l’actionnaire principal, Amber Capital, a décidé de porter le fer. Il présente des résolutions pour la prochaine assemblée générale, visant au complet renouvellement du Conseil de Surveillance. En cause, des « performances économiques très en dessous de la moyenne », estime Amber Capital.

Immeuble groupe Hachette Livre
ActuaLitté, CC BY SA 2.0
 

Avec 16,42 % de participation du capital et 12,48 % de droits de vote, AC se présente comme l’actionnaire principal du groupe Lagardère. Et de noter : « Entre mars 2003 et décembre 2019, le cours de bourse Lagardère a sous-performé le CAC 40 de 158 %, le SBF 120 de 198 % et l’indice Stoxx Europe Media 600 de 183 %. » 

De quoi conclure à « une défiance certaine du marché vis-à-vis du groupe », poursuit AC, qui met en cause « ses décisions stratégiques et [sa] gouvernance ». Et de détailler par le menu l’ensemble des griefs susceptibles d’expliquer la situation : concentration des pouvoirs, « une décennie d’erreurs stratégiques majeures », « une surveillance inadéquate », ou encore « un conflit d’intérêts ». 

Avec notamment le fait que « la majorité des sommes investies dans la croissance externe ont concerné des branches d’activité structurellement déficitaires ». Autrement dit, les médias et le sport, alors que l’édition et le travel retail auraient mérité plus de soutien. 
 

Hachette Livre, valeur sure


C’est qu’au sein de Lagardère, on retrouve Hachette Livre, groupe international (France, États-Unis, Royaume-Uni, Espagne, etc.) soit près de 150 marques éditoriales. Si le chiffre d’affaires de 2018 se monte à 2,252 milliards €, en retrait par rapport à 2017, 2,289 milliards €, les résultats depuis 2014 affichent une certaine croissance - 2,004 milliards € cette année-là. 

Amber Capital considère toutefois qu’au niveau du groupe Lagardère, la « sous-performance » ne reflète ni « la qualité des actifs […] ni leur plein potentiel » sur les volets édition et travel retail. Et d’appeler donc à une « transformation profonde de la société, de sa structure, de sa gouvernance et de sa stratégie ». De quoi aboutir à « un nouvel éveil du groupe ».

En pleine opération Résilience, c’est donc un Stronger Lagardère que réclame Amber Capital, avec sa recette pour y parvenir – dont la suppression du versement des dividendes pour 2020, « afin de renforcer la liquidité du groupe et protéger la société et ses employés dans un environnement incertain ».

Et surtout, accorder plus de moyens pour développer les deux pôles évoqués. 

Tout cela passera par un Conseil de Surveillance entièrement repensé, qui serait composé de personnalités « indépendant[e] de Lagardère et d’Amber », indique Le Monde, qui nomme quelques-uns de ces aspirants : « Brigitte Taittinger-Jouyet, ex-patronne des parfums Annick Goutal et administratrice de Suez et de Fnac Darty, Enrico Letta, ancien président du Conseil italien, et, surtout, Patrick Sayer ».

Cet ancien responsable de la société d’investissement Eurazeo serait bien vu pour prendre la tête dudit Conseil, pour Amber. 
 

Exeunt, donc exit ?


Récemment avaient été nommés Nicolas Sarkozy et l’ancien patron de la SNCF, Guillaume Pepy, en tant qu’administrateurs. Des soutiens qu’Amber Capital ne réfute pas, bien au contraire, alors qu’ils étaient vus comme des remparts pour Arnaud Lagardère, contre Amber. Le président français et ses relations avec le Qatar, qui détient 13 % des actions du groupe, aurait en effet servi à consolider la place du dirigeant.

En somme, la situation est simple : une bataille d’actionnaire visant à réduire le pouvoir d’Arnaud Lagardère, dont la gestion serait considérée comme peu concluante — et centrée sur ses propres intérêts. En se délestant des activités non rentables, devenues les danseuses de l’actuel patron, Amber affirme une volonté de recentrage.

Laquelle pourrait aboutir à une exclusion d’Arnaud Lagardère, puisque non prépondérant sur le plan financier — de là l’importance de la tentative d’union sacrée avec les Qataris…


Commentaires
Tant qu'une industrie décidera que tout va bien uniquement quand le chiffre d'affaire croit, on ne s'en sortira pas.

L'essentiel est d'être bénéficiaire, ou pour le pire, ne pas perdre d'argent.

Quand on veut en gagner toujours plus, on finit par rogner sur tout et principalement la qualité, ce qui se traduit aujourd'hui parce que l'on voit dans l'industrie du livre : beaucoup de livres médiocres, plein de fautes (!) et seuls les ténors sont soutenus par une campagne publicitaire.

Un système sans doute à revoir de fond en comble.
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