10 millions d'euros pour finaliser la transformation du groupe Actissia

Antoine Oury - 05.10.2020

Edition - Economie - groupe actissia - actissia livres - actissia france loisirs


Le groupe Actissia, qui comprend notamment la chaîne de librairies France Loisirs et des clubs du livre comme le Grand Livre du Mois, a obtenu la garantie de l'État français pour un prêt de 10 millions €, accordé par la banque Natixis. Adrian Diaconu, président et actionnaire du groupe, indique que cette somme viendra financer la transformation du groupe, qui approche, d'après lui, de sa conclusion.

France Loisirs - Salon du Livre de Paris 2015


10 millions € : c'est la somme que la banque Natixis prête au groupe Actissia, avec la bienveillance de l'État français. Un prêt remboursable sur 5 ans, aux conditions du marché, dont les premières échéances tomberont en septembre 2021. Une somme accordée par le fonds de développement économique et social, dans le cadre d'un programme de prêt aux entreprises en restructuration et rencontrant des difficultés à accéder au marché du crédit.

Exactement le cas d'Actissia, selon son président, Adrian Diaconu, qui assure que le groupe n'est pas en difficulté, mais plutôt que « la difficulté relève de la période Covid ». « L'entreprise est sortie d'une restructuration il y a 2 ans : nous sommes regardés avec méfiance, et il est toujours difficile de se financer. Pourtant, nous sommes cash suffisants, nous payons même en avance et nous avons été capables de satisfaire nos échéances », souligne le président d'Actissia.

Avant le « shutdown », comme l'appelle Diaconu, à savoir la période de fermeture des magasins France Loisirs en raison du confinement, « Actissia était en train de lever un emprunt obligatoire de 20 millions, qui devait être clôturé fin mars, mais le processus a été arrêté net du jour au lendemain. » Les 150 boutiques du réseau France Loisirs, qui représentent avec le club 60 % du chiffre d'affaires du groupe, ferment leurs portes.

Le maintien de l'activité sur internet et par les catalogues, ainsi que des mesures comme le chômage partiel ou le financement des banques n'ont pas suffi « à compenser la perte de chiffre d'affaires, ce qui nous a amputé d'une partie importante des moyens nécessaires à notre plan de transformation », explique Adrian Diaconu.
 

2020, année emblématique


Marquant les 50 ans du club France Loisirs, l'année 2020 « était emblématique » pour le groupe : en avril, France Loisirs devait présenter sa nouvelle offre, qui rompt avec l'obligation d'achat pour embrasser un modèle d'abonnement payant, axé sur des propositions de lecture. « Un paiement annuel permettra d'être membre du club pour profiter de certains avantages, notamment l'accès à des titres, même les introuvables, par Chapitre.com, et la possibilité de recevoir les commandes dans un même colis », détaille Adrian Diaconu.
 

 

Parallèlement à cette offre repensée, le groupe Actissia mène en 2020 une transformation interne, qui doit aboutir sur une nouvelle organisation, comprenant :
 
  • Actissia Club, pour les clubs français, suisse, belge et québécois
  • Actissia Publishing, pour les activités d'édition et de coédition, et Nouvelles Plumes
  • Actissia Multimédias, réunissant Chapitre.com et Collibris, des activités retail et numérique
  • Actissia Services, pour la logistique, le centre d’appel et l'impression à la demande
  • Actissia IT, pour les activités liées à l'informatique, aussi bien internes qu'externes
  • Actissia Finance Services, pour abriter une société d'assurance affinitaire

« Le but est que les activités comme les services, l'informatique, et les autres activités annexes deviennent indépendantes financièrement, qu'elles ne soient plus liées à l'activité des clubs et du livre », indique Adrian Diaconu. « La réorganisation permettra de mettre ce qui a du sens ensemble, et de rendre l'entreprise agile. »
 

14,5 millions € de l'actionnaire


Actionnaire unique du groupe Actissia, Adrian Diaconu affirme avoir apporté 14,5 millions €, « intérêts compris », sur les deux dernières années, pour financer le projet de transformation et augmenter le capital. « Avec les 20 millions € que nous devions lever en 2020, nous voulions doubler le chiffre d'affaires sur les cinq prochaines années », explique le président d'Actissia.
 

« Qu'une entreprise de notre taille ne puisse compter que sur son actionnaire privé est une anomalie », assure Diaconu. « Je suis reconnaissant envers l'État de nous avoir aidé à financer notre besoin, pour finaliser notre transformation et revenir sous la forme d'une entreprise restructurée, qui prend en compte les besoins de ses membres et peut s'aligner sur les attentes de ses clients. »
 
Adrian Diaconu rappelle à ce titre le fonctionnement d'Actissia, qui a constitué une chaine compète du livre, de l'achat de droits jusqu'à la vente aux lecteurs, en passant par la fabrication du livre. « Cela nous amène à 6 mois d'achats d'avance en permanence : nous payons maintenant une production que nous allons vendre dans 6 mois », résume-t-il, indiquant que le groupe a ainsi réglé 7,5 millions € de marchandises qui seront livrées à la fin de l'année.

Photographie : ActuaLitté, CC BY SA 2.0


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