Les Ensablés - À l'ombre de Maurice Genevoix, par Elisabeth Guichard-Roche

Les ensablés - 11.11.2020

Livre - Guichard-Roche - Genevoix - Guerre 14-18


Le 6 novembre 2018, le Président de la République était dans la Meuse, aux Eparges, lieu d’une terrible boucherie durant la première guerre mondiale. Recueilli devant la statue de Genevoix, il annonçait son entrée au Panthéon pour le 11 novembre 2020. Il y aura deux panthéonisations : celle du romancier et celle à titre collectif de ceux de quatorze annonçant la Nation combattante.

Depuis 10 années, les Ensablés explorent la littérature du XXème siècle, et il nous est venu l’idée de répertorier les écrivains qui ont connu la Grande Guerre et dont nous avons abordé les œuvres. Cela constitue en quelque sorte notre Monument aux morts, pour ne jamais oublier…
Par Elisabeth Guichard-Roche



Commençons par le plus connu de nos écrivains en voie d’ensablement et qui, en entrant au Panthéon, sort aujourd’hui d’un injuste oubli : Maurice Genevoix (1890- 1980) distingué par quatre chroniques (un record !) : La dernière harde, Romans de Loire, Je verrai si tu veux les pays de la neige et La Mort de près (réédité en 2016 aux Éditions de la Table Ronde) où l’écrivain revient à 80 ans sur son expérience de la Guerre. Dans ce texte fort bref au regard des presque mille pages de Ceux de Quatorze, Genevoix analyse avec calme ses trois confrontations successives avec la mort. Autant le 24 Septembre, « blessé » indemne, j’avais, pendant d’affreuses secondes, pensé, vécu ma propre mort, autant cette fois j’en étais mentalement éloigné. On m’emmenait. On allait me soigner, me rendre la santé et la force. Cela seul devait m’importer : un long sursis pendant lequel, qui savait ? La guerre s’achèverait peut-être.
 
D’autres Ensablés ont vécu l’horreur des tranchées et mériteraient dans le sillage de Genevoix, de sortir de l’oubli.
Il y a d’abord ceux tombés au champs d’honneur parmi les  1,4 et 1,6 million autres Français . Au long de nos chroniques, nous en en comptons huit qui, morts pour la plupart à la trentaine, n’ont pu vivre assez longtemps pour connaître la notoriété. Ils figurent d’ailleurs parmi les 560 noms de la stèle inaugurée en 1927 par Gaston Doumergue au Pantheon : ici sont enfermés les hommages rendus le 15 octobre 1927 aux écrivains morts pour la France. Un certain nombre d’entre eux sont cités par Ariane Charron dans Petit éloge de l’héroisme, un court ouvrage fort bien écrit, publié en 2017.

- Léon Bonnef (1882-1914), auteur engagé et défenseur de la classe ouvrière, publie avec son frère Maurice, Les métiers qui tuent en 1905 et La Vie tragique des ouvriers en 1908. Il rédige Aubervilliers en 1912 et 1913 dont il ne verra jamais la publication. Il meurt des suites d’une blessure fin décembre 1914, trois mois après son frère.
- Émile Clermont (1880-1916) publie son premier roman Amour Promis en 1909. Étoile montante de l’éditeur Bernard Grasset, il meurt à l’Epine Lambert, touché par un éclat d’obus. Sa citation de Croix de Guerre mentionne : Modèle de l’officier de campagne, insoucieux du danger, dévoué à son devoir jusqu’à la mort qu’il a trouvée au moment où, sous un violent bombardement et malgré les avis qui lui étaient donnés, il se tenait dans la tranchée, veillant personnellement à une attaque possible de l’ennemi.
- Louis Codet (1876-1914), mort à 38 ans, en Décembre 1914, des suites d’une blessure mal soignée, laisse derrière lui poèmes et récits dont La Petite Choquette (1908), César Caspéran ouvrage posthume publié en 1918 et récemment réédité par La Petite Vermillon.
- René Dalize (1879-1917), de son vrai nom René Dupuy des Islettes, suscite l’enthousiasme des lecteurs du journal Paris Midi avec son feuilleton qui sera réuni sous le titre Le club des Neurasthéniques. Mobilisé en 1914, il est tué par un obus en Mai 1917 sur la partie orientale du Chemin des Dames. On ne sait où il fut enterré. Guillaume Apollinaire en est profondément affecté. Je viens de perdre mon meilleur ami, celui qui est mentionné dans Alcools. Un obus est venu confirmer son récent pessimisme. Il a clamé sa mort dans des lettres. Il a su qu’il mourrait si on ne le tirait pas de l’épouvantable où il était depuis 1914… Je perds outre un compagnon délicieux, mon plus ancien ami.
- Danrit (1855- 1916), de son vrai nom Émile Driant, militaire puis député de Nancy s’est volontairement réengagé en 1914 et fut tué à Verdun. Le 20 février 1916, il adresse à sa femme ce dernier courrier. Je t’écris quelques lignes hâtives, car je monte là-haut, encourager tout mon monde, voir les derniers préparatifs ; l’ordre du General Bapt que je t’envoie, la visite de Joffre, hier prouvent que l’heure est proche…A la grâce de Dieu ! Vois tu, je ferai de mon mieux et je me sens très calme. J’ai toujours eu une telle chance, que j’y crois encore pour cette fois. L’œuvre de Danrit compte une trentaine de romans mêlant imagination et prémonition , récits d’assaut et de batailles, anticipation d’un nouveau conflit avec l’Allemagne, aventure coloniale qui connurent un énorme succès populaire.
- Jean de la Ville de Mirmont (1886- 1914) publie en 1914, juste avant sa mort, un court roman Les Dimanches de Jean Dezert. Il écrivait principalement des poèmes qui ont été édités post mortem par sa mère. Son dernier date de 1914. Cette fois, mon cœur, c’est le grand voyage, Nous ne savons pas quand nous reviendrons, Serons nous plus fiers, plus fous ou plus sages ? Qu’importe mon cœur, puisque nous partons.
- André Lafont (1883-1915) publie L’élève Gilles en 1912 récompensé par le Grand prix de littérature de l’Académie Française. De santé délicate, il est reconnu apte au service. Affecté comme ambulancier, il succombe à l’hôpital de Bordeaux des suite d’une scarlatine contractée au front.
- Louis Pergaud (1882-1915) a déjà publié De Goupil à Margot (Goncourt 1910), La Guerre des boutons (1912) et le Roman de Miraut (1913) lorsqu’il dépose le manuscrit des Rustiques chez son éditeur la veille de partir au front. Il disparaît dans la boue de la Meuse en Avril 1915 lors de l’attaque de la côte 233 de Marchéville. Dans sa cantine militaire, son épouse découvre son Carnet de guerre décrivant sa vie quotidienne au front. On a relevé les blessés. Quelques-uns sont encore entre les lignes avec des tas de morts. Le service d’évacuation a fonctionné normalement. Le bombardement cesse. Le soir, nous gagnons P2 sud, nos anciennes tranchées. Nuit calme.

Viennent ensuite, les romanciers tel Genevoix, revenus souvent blessés de l’enfer des tranchées. Nombre d’entre eux, terriblement marqués par ce qu’ils ont vu et vécu, utilisent leur plume pour témoigner. Ces récits sont souvent à l’origine de leur notoriété.
- Binet Valmer (1875-1940) de nationalité suisse, se fait naturaliser français et s’engage à 39 ans comme 2ème classe. Blessé à trois reprises, il finit lieutenant et est décoré de La Croix de la légion d’honneur en 1919. La même année, profondément marqué, il crée la Ligue des chefs de section et des soldats combattants qui propose, notamment, de transférer le soldat inconnu sous l’Arc de Triomphe. Binet Valmer rédige le texte inscrit sur le monument de la clairière de l’Armistice : Ici le 11/11/1918 succomba le criminel orgueil de l’Empire allemand vaincu par les peuples libres qu’il prétendait asservir. Auteur prolifique des années 10 aux années 30, il publie de nombreux romans de mœurs dont Le Désordre (1923).
- Gabriel Chevallier (1895-1969) appartient à la classe 1915. Incorporé, formé et jeté sur les champs de bataille de l’Artois, il témoigne de son atroce calvaire dans La Peur publiée en 1930. Elle avait l’atmosphère plus tiède des lieux qui sont habités ; il y flottait la pénétrante odeur des corps, un mélange de fermentation et de déjections, et celle des nourritures aigries.
- Georges Duhamel (1884-1966), engagé volontaire comme chirurgien sur le front, publie sous le pseudonyme de Denis Thévenin, Civilisation, Goncourt 1918. Sa conclusion illustre à merveille ce mélange de désarroi et d’espérance sur l’état du monde : Le monde me semblait confus, incohérent et malheureux ; et j’estime qu’il est réellement ainsi…la civilisation, la vraie, j’y pense souvent. C’est, dans mon esprit, comme un cœur de voix harmonieuses chantant un hymne, c’est une statue de marbre sur une colline desséchée..
- Luc Durtain (1881-1959), ami fidèle de Duhamel, effectue également la guerre comme médecin. Il publie en 1922, Douze cent mille Francs, long roman consacré au conflit. Dans les années 20, les deux hommes voyagent ensembles notamment aux Etats-unis et en Russie. Les écrivains français à Moscou.
- Roland Dorgelès ( 1885-1973) connaît la notoriété grâce à ses témoignages du front : Les croix de Bois en 1919, Le Réveil des morts en 1922. Bouquet de Bohème, l’un de ses romans montmartrois paru en 1947, insiste trente ans après sur le traumatisme provoqué par la Grande Guerre qui rythme le récit tel un triste refrain. En deux jours, Montmartre se vida : tous les artistes appartenaient aux jeunes classes. Puis, se fut le tour des engagés, pressés de rejoindre les camarades. Aucun ne pensait que c’était un adieu. On se retrouverait dans quelques semaines, au pis dans quelques mois. Ca remplacera les vacances… Or ces vacances-là devaient durer quatre ans.
- Jean Galtier Boissière (1891-1966) appartient à la classe 1911, celle qui, après trois années de service militaire, enchaîne quatre années de guerre. La fleur au fusil paru dès 1917 sous le titre En rase campagne, décrit au plus près ce qu’il a vu et vécu tel un reportage précis, efficace, sans fard ni effet.
- Jean Giraudoux (1882- 1944) mobilisé comme sergent, est blessé en 1914 à la bataille de la Marne et en 1915 aux Dardanelles. Il témoigne avec le Retour d’Alsace en 1916 et Lecture pour une Ombre en 1917. Avant de se diriger vers le théâtre, il écrit d’abord des romans Suzanne et Pacifique (1921) et Siegfried et le Limousin (1922) qui lui apporte le succès. Le récit centré sur la réconciliation franco-allemande, a pour personnage central Siegfried -véritable héros en Allemagne- qui n’est autre que Jacques Forestier, soldat français blessé pendant la guerre de 1914-18 et devenu amnésique.
- Jean Guéhenno (1890-1968), officier d’infanterie, gravement blessé en 1915, Croix de Guerre, évoque largement la 1ère guerre mondiale dans le Journal d’un homme de 40 ans écrit en 1933. Un témoignage dénué de scènes de combat, de descriptions des tranchées, du quotidien des poilus mais qui cherche à comprendre l’état d’esprit, l’exaltation patriotique du début de la guerre et à montrer ce qui la rendit possible et même souhaitée par l’opinion publique. Un récit qui souligne aussi le poids des absents, la disparition des amis, tous ces jeunes de 20 ans dont l’ombre plane sur son existence et celle des années 20 et 30.
- Albert Jean (1892-1975) publie en 1923 Derrière l’Abattoir , l’histoire des « fonds de tiroir », ces hommes qui ne sont pas en état de se battre et qu’une loi du 20 Décembre 1917 permet de « récupérer » et qui sont entassés sans soin dans des casernes.
- Joseph Kessel (1898-1979) est engagé volontaire dans l’aviation. Il tire de cette expérience son premier succès L’Equipage, publié à 25 ans. Le Tour du Malheur, ouvrage de 1600 pages composé sur 20 ans, démarre en 1914 tel un orage qui se lève et balaye tout.
- Régis Messac (1893-1945) est blessé en décembre 1914. Trépané, il rejoint en Février 1916 le service auxiliaire à Caen. Il traduit son écœurement et son dégoût de la guerre dans deux romans autobiographiques Le voyage de Néania et Ordre de Transport. En 1935, paraît Quinzinzinzili (réédité par la Table Ronde en 2017), texte profondément pessimiste qui annonce le crépuscule de l’Europe et la prochaine guerre qui arrivera 5 ans plus tard en 1940.
- André Maurois (1885-1967), détaché comme interprète à la mission militaire française, obtient de rejoindre le front comme interprète auprès de l’Etat Major des Flandres. Les Silences du colonel Bramble (1918), inspiré par les rencontres faites lors de la guerre, connaît un vif succès. Deux chroniques des Ensablés lui rendent hommage : Les Roses de Septembre (1956) et Le Cercle de Famille (1932).
- Jean Paulhan (1884-1968) , affecté au 9ème régiment de zouaves, est blessé durant la nuit de Noel 1914. Les notes prises au front deviendront son premier récit sous le titre Le Guerrier appliqué. Les Causes célèbres (1950) ont fait l’objet d’une chronique.
- Roger Vercel (1894- 1957) est mobilisé comme brancardier à cause de sa mauvaise vue. Blessé et gazé à l’hypérite, il reçoit La Croix de Guerre. Ses souvenirs du combat lui inspirent ses premiers livres : Notre Père Trajan, Capitaine Conan prix Goncourt 1934 et Léna. Les Ensablés ont consacré un article à la Hourie (1942), à Visage perdu et à Remorques.
- Léon Werth (1878-1955) , prix Goncourt 1913 pour la Maison Blanche, s’engage en 1914 et combat pendant 15 mois avant d’être réformé pour maladie. Clavel Soldat et Clavel chez les Majors, parus en 1919, sont deux romans sur la guerre. Le premier raconte les douze mois au front d’André Clavel de la mobilisation à sa première permission. Il avance sa bougie à bout de bras, il voit un corps sans tête, plus loin une bouillie d’os et de cervelles. C’est la tête, mais elle est près des pieds d’un autre cadavre. Une peinture sans concession, dénuée de toute forme de romantisme du combat qui sera mal accueillie par le grand public.

D’autres poilus - moins nombreux- occultent cette terrible période dans leurs écrits, probablement une façon pour eux de tenter d’effacer les horribles souvenirs.

- Charles-Maurice Chenu (1886-1963) : Charles-Maurice a écrit de nombreux romans, d’abord Totoche, journal d'un chien à bord d'un tank couronné par l'Académie Française, puis une dizaine d’autres dont Grimpeloup, son plus célèbre. Du képi rouge aux chars d'assaut est le récit de sa guerre
- Ernest Perochon (1885- 1942), mobilisé en 1914 et victime d’une crise cardiaque près d’un camarade tué par un obus. Il avait publié Les Creux de Maison en 1913. Il profite de sa convalescence pour terminer Nène, Goncourt 1920.
- Philippe Heriat (1898-1971) engagé volontaire dans l’artillerie à 18 ans est gazé à l’hyperite. La Saga des Boussardel, histoire d’une famille bourgeoise de 1815 au milieu du 20ème siècle, forte de 1.500 pages et 4 volumes passe totalement sous silence le premier conflit mondial. Le premier volume Les enfants gâtés est couronné par le Prix Goncourt en 1939.
- André Thérive (1891-1967), de son vrai nom Roger Puthoste, est sous les drapeaux lorsque la Guerre éclate. Blessé en Septembre 1914 et en 1915, il est décoré de La Croix de Guerre. Instigateur du « Mouvement du roman populiste » avec Léon Lemonnier, il est l’un des chouchous de nos chroniques : Anna (1930) ; Le plus Grand Péché (1924) qui reçut le prix Balzac, Les Souffrances Perdues (1926) et L’Envers du Décor, un autre journal de l’Occupation publié en 1948.
- Jean de la Varende (1887-1959) est infirmier brancardier sur le front pendant la Grande Guerre. Romancier, critique littéraire, membre de l’Académie Goncourt de 1942 à 1944, il est l’auteur d’une vingtaine de romans (dont Nez de Cuir en 1936), de 200 nouvelles (dont les Manants du Roi) qui reflète son attachement au Pays de l’Ouche et sa nostalgie de l’Ancien Régime.
- Jean-Louis Vaudoyer (1883-1963). Mobilisé dans l’artillerie comme ambulancier, Croix de guerre, conservateur du musée Carnavalet dans les années 30, administrateur de la Comédie Française sous l’occupation, il acquiert sa notoriété comme romancier et critique d’art, collaborant à l’Echo de Paris et plusieurs revues. Une chronique estivale des Ensablés lui rend hommage avec Nouvelle Beauté de la Provence (1926).

L’entrée au Panthéon de Genevoix symbolise le premier désensablement de l’un de nos auteurs préférés. Elle sonne comme une promesse pour tous les autres de quartorze. Joie, fierté et espérance se conjuguent pour espérer sortir d’un injuste oubli d’autres Ensablés.


Liste des auteurs cités
- Gabriel Chevallier 1895-1969.
- Charles-Maurice Chenu 1886-1963
- Émile Clermont 1880-1916
- Louis Codet 1876-1914
- René Dalize 1879-1917
- Danrit 1855-1916
- Jean de la Ville Mirmont 1886- 1914
- Georges Duhamel 1884-1966.
- Luc Durtain 1881-1959
- Roland Dorgelès 1885-1973
- Jean Galtier Boissière 1891-1966
- Maurice Genevoix 1890-1980.
- Jean Giraudoux 1882-1944
- Jean Guéhenno 1890-1968
- Philippe Hériat 1898-1971
- Albert Jean 1892-1975
- Joseph Kessel 1898-1979
- André Lafont 1883-1915
- Regis Messac 1893-1945
- André Maurois 1885-1967
- Jean Paulhan 1884-1968
- Louis Pergaud 1882-1915
- Ernest Perrochon 1885-1942
- André Thérive 1891-1967
- Jean-Louis Vaudoyer 1883-1963
- Roger Vercel 1894-1957
- Jean de la Varende 1887-1959
- Léon Werth 1878-1955


Commentaires
Bravo Elisabeth !
Et Alain-Fournier ?
Bonjour, Alain-Fournier n'ayant fait l'objet d'aucune chronique (il n'est pas un ensablé!), il ne figure donc pas dans cette rétrospective.
Merci pour Henri Barbusse.
A M. Bénard. Comme Alain-Fournier, Henri Barbusse ne peut être considéré comme un ensablé. En conséquence, il n'a fait l'objet d'aucune chronique sur ce site qui est dédié aux écrivains oubliés. seul ici, figure les auteurs ayant fait l'objet d'une chronique.
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