Le Syndicat national de l’édition envisage-t-il sérieusement de s’immiscer dans les élections prévues pour les artistes auteurs ? Au cours de l’assemblée générale du SNE, rediffusée sur Zoom, le président réélu, Vincent Montagne évoque le sujet en des termes préoccupants, estime la Ligue des auteurs professionnels. Et pour cause, elle est directement visée.
Le 01/07/2020 à 10:48 par Nicolas Gary
12 Réactions | 0 Partages
Publié le :
01/07/2020 à 10:48
12
Commentaires
0
Partages
L’AG devait se tenir via internet, pour des raisons de sécurité sanitaire, mais le manque total de sécurisation a provoqué l’inévitable : un lien a fuité sur Twitter, en moins d’une semaine, pointant directement vers la conférence filmée.
Vidéo supprimée rapidement, mais pas assez : elle a rapidement été hébergée sur d’autres plateformes et de nouveaux liens circulent sur les réseaux sociaux. Car voilà : outre les affaires courantes qui préoccupent le SNE, le président reconduit dans ses fonctions évoquait devant les membres les relations avec les associations représentatives d’auteurs.
Ainsi, Vincent Montagne relate un entretien avec Bessora, la présidente du Conseil Permanent des Écrivains. « J’ai peur de perdre la base qui va continuer à critiquer », lui indiquait-elle, et le président du SNE de rebondir : « On est très conscients des dissensions qui existent entre les organisations des auteurs…. Mais nous considérons aujourd’hui que dans leur ensemble, les 14 associations qui sont au CPE sous forme de… sont plus raisonnables que d’autres disons, et je pense qu’il faut les soutenir et dialoguer avec eux. »
Et de poursuivre : « C’est un des axes de ce que souhaitons faire dans les mois à venir. Et peut-être qu’il y a une prise de conscience au Ministère que les positions excessives de certains auteurs… et de la Ligue en particulier… rend toute discussion impossible. »
Qu’une opposition entre le SNE et la Ligue existe n’a rien de véritablement surprenant. En revanche, que le président du SNE choisisse son interlocuteur pour les négociations paraît plus complexe. C’est pourtant là son propos : « [J]e crois que nous devons prendre acte aussi que même s’il y a devant nous la problématique de l’élection des auteurs et un peu la distorsion dans les ministères des professions et des acteurs de ces professions, il faut vraiment essayer à mon sens de continuer à dialoguer avec le CPE, ne serait-ce que pour que les votes dans les nouveaux… dans la nouvelle organisation des auteurs, soient en faveur de la SGDL et du CPE… montrer qu’il y a un dialogue avec les éditeurs et qu’il y a de véritables avancées. »
#snegate@franckriester@caap@LigueAuteursPropic.twitter.com/icBzqbis4Q
— Henri Fellner (@henrifellner) June 30, 2020
Il ajoute un peu plus tard, revenant sur les propositions du rapport Racine, que « cette… fédération de la profession qui nous semblait il y a quelques années évidente, et qui a été mise à mal ». Et celle qui s’en vient, s’il semble se résigner son existence, nécessite d’être encadrée. Ainsi, « nous considérons qu’il faudra accueillir cette représentation quand elle aura lieu, mais à condition qu’elle ne soit pas une caricature… j’ai envie de dire fortement syndiquée ou colorée, de ce que les auteurs veulent en réalité ».
On finirait par croire à une publicité pour Benetton…
Une deuxième vidéo dans laquelle on entend le président du @SNEedition dire : « Il faudra accueillir cette représentation (les auteurs) quand elle aura lieu, mais à condition qu’elle ne soit pas une caricature, j’ai envie de dire fortement syndiquée et colorée ». pic.twitter.com/s7FG62Q6ct
— Saerendipity (@Saefiel) June 30, 2020
Antoine Gallimard, récemment élu président du BIEF, insistait : « [J]e crois que c’est important, vraiment, d’avoir ce dialogue permanent, il ne faut pas hésiter à remonter les difficultés que nous rencontrons. » Et de pointer celles rencontrées avec le ministère, le ministre – dont le problème « n’est pas que de la transparence c’est plutôt le problème de son impuissance » ou encore entre le Premier ministre et le président de la République, « qui a retardé beaucoup les choses ».
« Je crois qu’aujourd’hui on avance vers quelque chose de plus sain, et sortir aussi de batailles je dirais locales pour être gentils, mais autant rappeler les choses comme elles sont », ajoute-t-il.
« C’est-à-dire que vraiment les auteurs ne confondent plus le Code du travail et le code de la propriété intellectuelle, que quand on va appréhender les choses, on les appréhende globalement dans l’ensemble des rémunérations y compris de leurs interventions dans les salons, pour être un peu sérieux. »
Or, le Droit du travail compte parmi les nouveaux outils dont les artistes-auteurs entendent se servir pour obtenir un véritable statut.
Tout n’est toutefois pas si noir : le bureau des éditeurs a accepté, par solidarité, de mettre en place « un fonds de solidarité envers les éditeurs défaillants, c’est-à-dire des éditeurs qui déposeraient le bilan sans avoir pu assumer le paiement des droits d’auteur ». Un financement tripartite sera donc mis en place, avec « éditeurs, ministère ou CNL, ce qui revient au même, et des OGC ».
Sa mise en place ne représentera pas « des sommes énormes ». D’autant que « ce sont des systèmes que nous pouvons aussi plafonner, on n’est pas obligé de payer l’intégralité, mais une forme de solidarité, forte à faire valoir, c’est encore là à notre avis notre coresponsabilité ».
ActuaLitté avait sollicité le directeur général, Pierre Dutilleul, et le président du SNE pour obtenir quelques éclaircissements sur ces propos, mais il nous avait été simplement reproché d'avoir pu accéder à une « information communiquée en comité restreint ». La fuite devrait cette fois pousser à plus de réactions.
Ce qui est d’ores et déjà devenu le #SNEgate (ou #SNELeak pour les plus fervents) sur les réseaux sociaux n’a évidemment pas manqué de faire réagir la Ligue des auteurs professionnels. Car les paroles et l’analyse du président en disent long sur « le refus catégorique de voir apparaître une forme de démocratie sociale pour les auteurs et autrices ».
« Ces propos tenus interpellent vivement le conseil d’administration de la Ligue des auteurs professionnels. Ils ne sont pourtant pas une surprise », réagit l’association dans un long communiqué, qui reprend différents extraits de cette séance.
Et d’ajouter que « si des auteurs et autrices investis depuis longtemps dans les instances de dialogue ont décidé de créer la Ligue des auteurs professionnels, puis de quitter le Conseil Permanent des Écrivains, c’est qu’ils sont parfaitement conscients que le système actuel est profitable au Syndicat national de l’édition. Ce dernier a tout intérêt à choisir des interlocuteurs non syndicaux et à refuser l’intervention de l’État ou toute régulation sous le prisme du code du travail ».
Pour la Ligue, ces propos « attestent à la fois d’un déni complet de la réalité sociale des auteurs et autrices, d’une tentative d’usurpation de leurs voix et d’un paternalisme qui n’a plus sa place au XXIe siècle ».
Le SNE s'est fendu d'un tweet calomnieux, pour condamner la diffusion de ces informations. ActuaLitté et la Ligue des auteurs professionnels sont ainsi mis en cause. La question est donc de savoir si le SNE se préoccupe véritablement de la liberté de la presse, de sa mission d'information ce que ses éditeurs membres penseront de ce procédé d'intimidation. Notre réponse est ici.
Par Nicolas Gary
Contact : ng@actualitte.com
Plus d'articles sur le même thème
Quatre mois après le début de la refonte de son application mobile, Babelio revendique une hausse de 50 % de l’activité. Selon ses données internes d’août 2026, 2,5 millions de livres ont été ajoutés aux bibliothèques des utilisateurs.
20/09/2026, 14:46
Exclusif - Après plusieurs semaines de test, LivreConnect ouvre officiellement ce 16 septembre 2026. Réseau professionnel, communautés d'échanges, ressources, formations et intelligence artificielle : la plateforme entend réunir dans un même environnement les différents métiers de la chaîne du livre. Elle revendique 500 inscrits avant son lancement.
16/09/2026, 00:09
LivreConnect, une plateforme qui ambitionne de relier auteurs, éditeurs, libraires, bibliothécaires et prestataires. L’outil recrute désormais des « Membres Fondateurs » avant un lancement officiel annoncé dans les prochains mois.
25/06/2026, 16:58
Le message est tombé dans les boîtes mail des administrateurs et membres l'avant-veille de l'échéance : les Amazon Book Clubs fermeront au 1er mars 2026. Le service disparaît, avec ses utilisateurs et leurs contenus. La firme concentrera ses efforts sur d’autres fonctions de découverte de livres, précise-t-elle, et reroute les usagers vers Goodreads, le réseau social de lecture, propriété du groupe depuis 2013.
02/03/2026, 11:03
Peut-on offrir Les Cahiers d’Esther à un enfant de 8 ans ? À partir de quel âge lire Captive, la célèbre dark romance de Sarah Rivens ? Et l'histoire de Boucle d’or et les trois ours, est-ce vraiment judicieux dès 3 ans — ou alors avant, pour les amateurs de contes du soir ? Babelio Jeunesse a la réponse... celles des lectrices et lecteurs.
07/11/2025, 17:04
Depuis quelques mois, les réseaux sociaux ne sont plus seulement des vitrines pour les éditeurs : ils deviennent des points de vente à part entière. TikTok, fort de son influence sur les tendances littéraires, a ouvert la voie avec sa fonctionnalité TikTok Shop. Dans ce sillage, IziBook, la solution e-commerce développée par Nuxos Publishing Technologies, se positionne comme un acteur clé de cette mutation.
29/10/2025, 12:30
À compter du mois de novembre, Alexandre Gefen proposera un cycle de séminaires tournant autour des réseaux sociaux. Tous les jeudis, entre 18h et 20h, le Directeur de Recherche CNRS au sein de l’unité Théorie et histoire des arts et des littératures de la modernité nourrira la réflexion… sur le long terme.
30/09/2025, 16:34
Depuis quelques mois, un anglicisme farceur s’est imposé dans les milieux du livre : spredge — contraction de sprayed edge — désignant la décoration des tranches de pages (spray, motifs, dorures, pochoirs). Apparue modestement dans les éditions de luxe, cette tendance gagne désormais les catalogues grand public.
27/09/2025, 19:52
À partir du 3 novembre 2025, LinkedIn utilisera les données de ses membres pour entraîner ses modèles d’intelligence artificielle générative. Une annonce en apparence technique, mais qui rouvre un débat brûlant : jusqu’où les plateformes peuvent-elles puiser dans nos contenus pour nourrir leurs algorithmes ? Une nouvelle polémique sur ces contenus crowdsourcés qui deviennent le carburant silencieux de l’IA.
22/09/2025, 11:06
Pris dans la toile d’araignée du Web, les fondateurs de Babelio endossent leur costume de super-héros de la lecture. Car, « à grands pouvoirs, grandes responsabilités ». Pour garantir aux utilisateurs la fiabilité des notes et appréciations de lecture, le réseau de lecteurs muscle ses outils de surveillance.
11/09/2025, 11:58
À partir du 25 juillet 2025, la journaliste et autrice Victoire Tuaillon inaugure un nouveau podcast intitulé Renverser la table. Disponible gratuitement sur toutes les plateformes, il proposera des épisodes toutes les deux à trois semaines.
25/07/2025, 07:30
C’est une nouvelle voix de la culture qui s’installe sur la chaîne YouTube de Loopsider. Avec Booksider, l’émission littéraire lancée cet été, la créatrice de contenu et journaliste Jeanne Seignol propose une série de rencontres hebdomadaires avec des auteurs et autrices, pensées comme des portraits vivants autant que des vitrines de nouveautés. Le tout dans un format court, accessible, et incarné.
16/06/2025, 12:34
L'administration Trump a lancé un ultimatum au conglomérat chinois ByteDance, en lui laissant jusqu'à ce samedi 5 avril pour vendre la partie américaine de ses activités, à moins de voir l'application bannie des États-Unis. Amazon aurait émis une proposition il y a quelques jours, suscitant l'effroi chez les libraires américains. TikTok, par son activité BookTok, peut en effet influencer fortement les ventes de livres.
04/04/2025, 16:23
Comme promis, le réseau social qu'avait lancé Orange en 2010 (devenu propriété de France Telecom entre temps) fermera ses portes. L'opérateur coupe court à toutes ses implications dans le livre et les prix littéraires qu'il accompagnait. Fin de partie donc, et brève chronique d'une mort annoncée, en dépit de ses différentes résurrections.
04/03/2025, 08:58
Elon Musk a ouvertement, et activement, participé à la campagne présidentielle de Donald Trump, par l'entremise de son réseau social, racheté à grand frais. Clairement devenu une arme politique pour ses idées conservatrices et libertariennes, entre absence de modérations et accusations de manipulations des algorithmes, de nombreux utilisateurs et acteurs publics ont décidé de quitter la plateforme. Parmi eux, le groupe Madrigall a sauté le pas le 20 janvier. Depuis, d'autres maisons ont fait de même.
03/02/2025, 16:13
Une équipe du CNRS a développé une plateforme qui permet la migration rapide et gratuite de toutes les données d’un compte aujourd’hui hébergé sur X, vers un compte Buesky et/ou Mastodon. Sous le hashtag « HelloQuitteX », ce collectif incite ainsi les utilisateurs à abandonner le réseau social d’Elon Musk. Parmi ceux qui ont franchi le pas, figure le groupe Madrigall, qui a annoncé qu'« en ce 20 janvier, toute activité sur X des comptes de l’ensemble de ses maisons et librairies » serait suspendue.
21/01/2025, 16:44
Une photo du tableau L'Origine du monde, de Gustave Courbet, fut diffusée par une artiste danoise en février 2011 sur Facebook. Le post provoqua une vive polémique : le compte de l’utilisatrice fut désactivé illico, en représailles. Or, à l’image du test mis en place par le mathématicien et logicien britannique Alan Turing, l'écrivain David Camus pose la question : les réseaux sociaux réfléchissent-ils ?
08/01/2025, 14:53
À trop côtoyer le 47e président des États-Unis, le milliardaire finit par adopter ses manières : sur X, son réseau social, le propriétaire de Tesla relaye de fausses informations et rit du combat contre le complotisme. Attaque contre Wikipédia, contre les journalistes... L’homme le plus riche de la planète ne se refuse rien.
27/12/2024, 16:49
Collectif de journalistes culturels, Les Inactuels revendiquent exigence et liberté de ton — une indépendance éditoriale, pour des émissions ancrées dans une histoire. Parce que celles qui les ont marquées ont disparu, voilà une trentaine d’années, ils reprennent le flambeau, à leur manière. Et sollicitent l'aide des internautes pour ce faire.
24/03/2024, 17:39
84 après J.-C. Melonius Brigantus, connu sous le nom du “Picte”, est reconnu pour sa monstruosité et ses prouesses martiales impressionnantes. Sa légion a été envoyée en Écosse, pour conquérir le pays... Brigantus - Banni est le premier volume d'un diptyque édité par Le Lombard, signé par Hermann et Yves H. Bienvenue en territoire picte...
07/02/2024, 14:31
Dans la centurie, Melonius Brigantus, surnommé « Le Picte », est une figure célèbre. Considéré comme un monstre et une force de combat redoutable, il incarne la sauvagerie que les légions romaines sont venues affronter en Écosse. Premier tome d'un diptyque publié par Le Lombard, Brigantus est signé Hermann et Yves H... Plongée dans la légion romaine.
02/02/2024, 11:32
LeChevalierAuDragon – Emanuele Arioli aura passé dix années de recherches pour mettre à jour l’histoire de Ségurant, le chevalier au dragon, oublié de la Table ronde. Avec le dessinateur Emiliano Tanzillo, ils publient un album reprenant cette histoire chez Seuil Jeunesse. Le scénariste commente, avec nous, des séquences choisies.
21/11/2023, 16:33
L’histoire du roi qui ne voulait pas mourir a été publié le jour anniversaire du décès de Jean Teulé. Initialement intitulée Panique à bord de Louis XI, l'oeuvre a été rebaptisée peu avant la disparition de l'auteur, un changement de titre que son éditrice, Betty Mialet, considère comme un signe prémonitoire...
18/11/2023, 10:00
La crudelitas, enveloppée dans les voiles sombres de la trop humanité, se déploie comme une ombre implacable sur l'âme, insufflant terreur et désespoir. Tel un spectre antique, elle murmure à travers les âges, un écho persistant des heures de furie...
11/11/2023, 10:00
Fidèles à leur habitude, les Amis de la bande dessinée ont désigné leur coup de cœur pour le mois de novembre. Fondé par Adrien Laurent, ce groupe monté sur Facebook compte près de 122.000 abonnés. Gloire donc à Manon Henaux et Greg Blondin, pour le tome 1 de leur album (Dé)rangée.
08/11/2023, 10:20
LeChevalierAuDragon – Emanuele Arioli aura passé dix années de recherches pour mettre à jour l’histoire de Ségurant, le chevalier au dragon, oublié de la Table ronde. Avec le dessinateur Emiliano Tanzillo, ils publient un album reprenant cette histoire chez Seuil Jeunesse. Le scénariste commente sur Instagram, des séquences choisies, que nous republions ici.
08/11/2023, 09:41
Friedrich Nietzsche, Arthur Rimbaud, Robert Desnos, William S. Burroughs... Les visionnaires ont cette capacité rare de voir au-delà de l'horizon du donné, anticipant les nécessités de demain là où d'autres ne voient que la routine du quotidien.
04/11/2023, 10:30
Jack Kerouac, Pierre Goldman, Ettore Sottsass ou Delfeil de Ton, ils n'auraient pas fait tout ça s'ils n'étaient pas un petit peu chtarbés... Cette déraison est souvent le berceau de la création, car c'est dans l'abandon des conventions que l'esprit trouve sa liberté la plus authentique.
28/10/2023, 10:00
Lechevalieraudragon – Le chercheur Emanuele Arioli, associé à l'illustrateur Emiliano Tanzillo, vient de lancer chez Dargaud un ouvrage graphique au scénario envoûtant. Pendant près d'une décennie, cet expert en littérature et langage du Moyen Âge de l'université polytechnique des Hauts-de-France a sillonné les archives internationales pour redécouvrir le récit perdu de Ségurant, le preux face au dragon...
23/10/2023, 12:57
Lechevalieraudragon – L’universitaire Emanuele Arioli et le dessinateur italien Emiliano Tanzillo ont publié chez Dargaud une bande dessinée à l’histoire fantastique. Durant une dizaine d’années, le maître de conférence en langue et littérature médiévale à l’université polytechnique des Hauts-de-France a parcouru les bibliothèques du monde pour reconstituer l’histoire oubliée de Ségurant, le chevalier au dragon…
16/10/2023, 15:54
Fondé par Adrien Laurent, les Amis de la BD rassemblent une équipe de passionnés. Ensemble, ils partagent et informent, via Facebook et le site internet, une communauté de plus de 117.000 personnes à ce jour. Ce mois-ci, ils mettent les projecteurs sur la BD Les vies de Charlie, le coup de coeur d’Octobre.
12/10/2023, 10:53
Autres articles de la rubrique Médias
En octobre, France Culture consacre une partie de sa programmation aux polars et aux récits fantastiques. Plusieurs œuvres littéraires sont proposées en feuilletons radiophoniques, dont Double assassinat dans la rue Morgue, d’Edgar Allan Poe, Le Château de Pictordu, de George Sand, et Debout les morts, de Fred Vargas. Quatre textes d’autrices françaises de romans policiers complètent cette sélection, diffusée à l’antenne et sur l’application Radio France.
09/10/2026, 17:11
Figure parmi les plus célèbres de la littérature horrifique, aux côtés de la créature de Frankenstein et de Mr. Hyde, Dracula nourrit encore les imaginaires, plus d'un siècle après la parution du roman de Bram Stoker, en 1897. Sur Arte, un documentaire promet de raconter « la véritable histoire » du vampire...
07/10/2026, 09:42
Cette semaine, La Grande Librairie réunit des écrivains autour d'une même interrogation : que peuvent les mots face au chaos ? Giuliano da Empoli, Olivier Rolin, Claude Guibal, Delphine Horvilleur et Olivier Grondeau seront notamment présents pour évoquer la guerre, la violence, la surveillance ou encore la captivité. Patrick Modiano participera également à un « Droit dans les yeux » inédit, tandis que l'émission fera étape à Lyon et retrouvera Maria Pourchet autour de Romain Gary.
05/10/2026, 17:51
Le prochain numéro du Banquet, présenté par Anna Cabana avec Christophe Ono-dit-Biot, sera diffusé dimanche 11 octobre à 19h35 sur LCP. Intitulée « Président : un métier impossible ? », l’émission réunira Bernard-Henri Lévy, Catherine Nay, Benjamin Morel et Astrid Roucher pour interroger l’exercice du pouvoir présidentiel, entre attentes placées dans la fonction, contraintes institutionnelles et sentiment d’impuissance.
05/10/2026, 16:32
La série À l'est d'Eden est disponible sur Netflix depuis le 1er octobre. Avant sa diffusion, Florence Pugh et Zoe Kazan se sont rendues à la Bibliothèque du Congrès, où les attendaient plusieurs pièces liées à John Steinbeck : premières éditions signées du roman, pages manuscrites des Raisins de la colère et ouvrages anciens sur la vallée de Salinas. Une rencontre avec les collections qui prend un relief particulier pour la scénariste, petite-fille d’Elia Kazan, réalisateur du film de 1955.
05/10/2026, 13:23
Il y a vingt ans, Philippe Muray disparaissait. Vingt ans, c’est trop pour un polémiste. Les querelles vieillissent et les contemporains auxquels on taillait un costume disparaissent eux aussi. Muray aurait donc pu ressembler à ces vieux vases de grands mères dont on ne sait trop que faire… Mais non, force est de constater qu’il est toujours d’une actualité de pleine forme.
05/10/2026, 10:33
Du lundi 5 au dimanche 11 octobre, la station France Culture convie une pléthore d'auteurs et d'autrices pour évoquer leurs œuvres ou celle des autres. Il sera ainsi question de Tolkien, d'un certain Prix Nobel de Littérature ou encore de la guerre de Yougoslavie. Poésie, lecture et adaptation théâtrale sont aussi de la partie...
05/10/2026, 09:13
Marvel remet Vision face à Ultron, à moins de deux semaines de l’arrivée de VisionQuest sur Disney+. Une nouvelle bande-annonce précise l’intrigue de cette série, dernier volet du triptyque ouvert par WandaVision. Pour les lecteurs de comics, son titre renvoie aussi à un récit majeur signé John Byrne à la fin des années 1980.
03/10/2026, 15:49
Après le film d’animation de Mark Osborne en 2015, Le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry s’apprête à retrouver le grand écran dans une version mêlant prises de vues réelles et effets visuels. Le projet réunira le réalisateur de The Imitation Game, Morten Tyldum, et le scénariste de Slumdog Millionaire, Simon Beaufoy.
01/10/2026, 16:03
Disney+ a officialisé, le 28 septembre dernier, le casting d’Un automne pour te pardonner, adaptation du premier tome de la saga Seasons de Morgane Moncomble. Alors que le tournage a débuté cet été, le projet vient s’ajouter à une autre adaptation annoncée quelques mois plus tôt par France Télévisions. En 2026, deux romans de Morgane Moncomble prennent le chemin des écrans, tandis que l’autrice continue d’élargir sa présence en librairie.
30/09/2026, 16:22
Après avoir conquis les librairies et les réseaux sociaux, Icebreaker va passer à l’écran. Netflix prépare une série tirée de la romance sportive de Hannah Grace, premier volume de la saga Maple Hills. Publié en France chez BMR en 2023, dans une traduction de Madeleine Petit, le roman met en scène une patineuse artistique et le capitaine d’une équipe universitaire de hockey contraints de partager la même glace. Daisy Jelley et Connor Simos incarneront Anastasia « Stassie » Allen et Nate Hawkins.
29/09/2026, 17:33
Les Braqueuses sont journalistes, écrivaines, metteuses en scène, comédiennes, artistes, psychologues, chercheuses, enseignantes, ingénieures, entrepreneuses… Elles viennent d’horizons différents, avec des parcours, des sensibilités et des regards singuliers.
28/09/2026, 15:51
De ce lundi 28 septembre au dimanche 4 octobre prochain, les ondes de France Culture réservent de belles découvertes et redécouvertes littéraires. Romans, bandes dessinées, essais, théâtre, il y en aura pour tous les goûts. Avec, notamment, Lilia Hassaine, Riad Sattouf, Amélie Nothomb ou Phoebe Hadjmarkos Clarke.
28/09/2026, 10:18
Le New York Times vient de dévoiler son classement des 100 meilleures séries télévisées du XXIe siècle. Breaking Bad prend la première place, devant The Wire et Mad Men, mais pour les lecteurs, un autre classement se dessine derrière celui-ci : au moins treize des séries retenues sont directement issues d’un roman, d’un cycle littéraire ou d’un ouvrage de non-fiction. La mieux placée est...
25/09/2026, 18:18
Le premier rendez-vous d'une nouvelle émission de LCP, Conversation française [auparavant nommée La République des Lettres, NdR], sera disponible dès ce vendredi 25 septembre sur YouTube. Le candidat à la présidentielle Édouard Philippe (Horizons) y dialoguera avec l'écrivain Olivier Norek. Des diffusions sur la TNT sont prévues la semaine prochaine.
25/09/2026, 15:01
Entre le 18 et le 24 septembre 2026, la revue du web littéraire s’appuie sur 243 contributions recensées par Bibliosurf : 201 avis, 14 podcasts et 28 vidéos. Romans de rentrée, controverses, exils, mémoire, violences et récits noirs composent une semaine où Thélyson Orélien domine très largement les discussions, devant Chuck Wendig, Philippe Jaenada, Franck Thilliez et Abdellah Taïa, au fil d’une réception critique particulièrement dense.
25/09/2026, 11:07
TV5MONDE renforce ses programmes d'incitation à la lecture avec Un pays, un livre : un tour du monde des littératures francophones contemporaines diffusé chaque jour en novembre, à l'occasion du XXe Sommet de la Francophonie.
23/09/2026, 17:39
Dès le jeudi 1er octobre, sur la plateforme france.tv, et le mardi 13 octobre, à 21h10, sur France 3, sera diffusée l'adaptation du roman Petite sale, de Louise Mey. Jean-Pierre Darroussin et Jeremy Lewin mènent la distribution de cette production LM les Films.
23/09/2026, 09:51
Deux adaptations d'enquêtes sont en développement pour le groupe France Télévisions. Deux initiatives qui ont tenté de briser le silence autour de tabous : celui de l'emprise de l'industrie agro-alimentaire, pour Nicolas Legendre, celui qui entoure le traitement judiciaire des enfants et des mères qui dénoncent l'inceste, pour Romane Brisard.
22/09/2026, 12:26
La journaliste et romancière Vanessa Schneider croisera sa plume avec celle de la scénariste Juliette Barry pour Françoise Giroud, la revanche d’une femme libre. Ce téléfilm sera centré sur la période 1951-1961, à la fois exaltante et éprouvante pour la journaliste, cocréatrice de l'hebdomadaire L'Express.
22/09/2026, 11:51
Qu’est-ce qui fait encore notre humanité ? À l’heure de l’intelligence artificielle et d’un monde toujours plus fracturé, d’une société toujours plus polarisée, on s’interrogera sur ce qui nous rassemble, ce qui produit encore du lien.
21/09/2026, 20:06
L'année présidentielle met les médias, y compris la télévision, en ordre de bataille pour animer et rendre compte des débats à venir. LCP créé même pour l'occasion une nouvelle émission, La République des Lettres, qui verra dialogue un candidat ou une candidate à l'Élysée face à un auteur ou une autrice. Sous l'œil de la journaliste et essayiste Anna Cabana.
21/09/2026, 15:47
Le groupe France Télévisions diffusera, au cours de sa saison 2026-2027, 14 juillet, une mini-série adaptée d'un texte de Nicolas Mathieu. Une enquête tragique et poignante s'annonce, basée sur la nouvelle La retraite du juge Wagner (Actes Sud, 2021).
21/09/2026, 14:51
Cette semaine, France Culture réserve de beaux moments mêlant radio et littérature, à ses auditeurs et auditrices. La station convie, au fil de sa grille, celles et ceux qui font la création, qu'il s'agisse de littérature, de bande dessinée ou de théâtre. Entretiens, sélections ou fictions sonores, il y en aura pour tous les goûts, avec, notamment, Cyril Pedrosa, Laura Kasischke ou encore Séphora Pondi.
21/09/2026, 11:12
À Clermont-l’Hérault, des jeunes accompagnés au titre de la protection de l’enfance ont consacré neuf mois à Mémoire de l’Esclavage. Leur journal numérique aurait pu rester la restitution d’un projet éducatif. Gratuit, accessible à tous et conçu pour être partagé, il connaît une autre destinée : institutions, bibliothèques et acteurs éducatifs commencent à se le transmettre. Une histoire de mémoire, mais aussi d’intelligence collective.
20/09/2026, 08:00
HBO ne compte pas transformer Harry Potter en rendez-vous annuel. Interrogé après les Emmy Awards sur le calendrier de la nouvelle adaptation des romans de J.K. Rowling, Casey Bloys, dirigeant de HBO et HBO Max Content, a écarté une saison tous les douze mois. La chaîne entend toutefois maintenir des intervalles inférieurs à deux ans entre les différents volets.
19/09/2026, 10:45
Du 4 au 10 septembre 2026, la revue du web littéraire scrute les livres qui ont le plus circulé parmi les chroniqueurs, journalistes, podcasteurs et vidéastes recensés par Bibliosurf. Laura Kasischke domine les échanges devant Caryl Férey, Julia Kerninon, Clémentine Mélois et Amélie Nothomb, dans une semaine traversée par la disparition, les secrets de famille, la mémoire des objets et les violences enfouies. La réception critique reste partagée.
18/09/2026, 17:30
Gaumont a acquis les droits d’adaptation audiovisuelle de Panthères, premier roman policier de Valentine Vendôme, paru en avril dernier aux éditions Michel Lafon. Le groupe audiovisuel, à l’origine notamment des séries Lupin et Pax Massilia, a fait appel à Sophie Kovess-Brun pour développer le projet.
18/09/2026, 16:39
Une semaine après le retrait du replay de La Grande Librairie contenant la carte blanche d’Adèle Haenel sur la Palestine, Augustin Trapenard a ouvert son émission par une mise au point. Sans citer l’autrice ni la décision de France Télévisions, le présentateur a défendu le principe même de ses « cartes blanches » : une parole d’artiste, libre, qui peut être contestée et qui comporte, selon lui, une part de risque.
17/09/2026, 18:08
Pour son nouveau numéro d’Au bonheur des livres, Claire Chazal délaisse exceptionnellement le traditionnel face-à-face entre plusieurs écrivains : Olivier Rolin sera son unique invité, vendredi 18 septembre à 23h sur Public Sénat. Au centre de l’entretien, La guerre éternelle, paru chez Gallimard, voyage de Troie jusqu’aux champs de bataille contemporains.
17/09/2026, 17:18
Pendant la guerre froide, les services secrets américains ont fait du livre un instrument d’influence politique. Près de 10 millions de livres et revues ont ainsi été acheminés vers les pays du bloc communiste, selon le documentaire Book club : la guerre secrète de la CIA. Cette série en quatre épisodes sera disponible dès le vendredi 25 septembre sur France.tv, puis diffusée dimanche 4 octobre à 14h05 sur France 2.
17/09/2026, 11:52
Ce mercredi 16 septembre, Augustin Trapenard reçoit, dans La Grande Librairie, plusieurs auteurs et autrices au cœur de la rentrée littéraire et de son actualité. Sur le plateau, François-Henri Désérable, Catherine Meurisse ou encore Mathias Énard.
16/09/2026, 15:46
Le 10 octobre prochain marquera la Journée mondiale de la santé mentale et le groupe France Télévisions, dès le 8 de ce même mois, diffusera sur sa plateforme On aboie en silence, adaptation du livre Ensemble, on aboie en silence de Gringe (avec Thibault Tranchant, HarperCollins et Wagram Livres, 2020). Le rappeur et acteur y évoquait la relation avec son frère cadet, atteint de schizophrénie.
16/09/2026, 10:51
L'autrice de bandes dessinées Catel Muller affiche une actualité chargée en cette rentrée littéraire, avec les parutions du tome 2 du Roman des Goscinny (Grasset) et du tome 11 du Monde de Lucrèce (Gallimard Jeunesse). L'émission culturelle d'ICI Normandie, Courants d’art, évoquera ces nouveaux ouvrages et l'œuvre de l'artiste, dans l'épisode du mercredi 23 septembre prochain.
15/09/2026, 09:27
Pour la station France Culture, la rentrée s'accorde bien avec la littérature, et pas seulement lorsqu'il s'agit de récompenses. La grille de la radio publique reprend son rythme bien soutenu, en réservant une place particulière aux textes et à celles et ceux qui les écrivent. Cette semaine, notamment, une Prix Nobel de littérature et l'adaptation d'une saga à succès...
14/09/2026, 10:25
12 Commentaires
koinsky
02/07/2020 à 06:06
Dernier baroud d'honneur d'un monde de poudrés qui se craquèle à vue... On attend le final avec impatience !
Il est grand temps que toute cette comédie dispendieuse cesse et qu'on remette enfin l'auteur à la place qui est la sienne et que des squatteurs lui ont usurpé depuis bien trop longtemps en toute impunité, c'est-à-dire au centre du jeu. Que chacun regagne sa place naturelle et tout rentrera dans l'ordre : toute la chaîne du livre au service de l'auteur. Point barre.
Mathias Lair
02/07/2020 à 12:47
Il paraitrait que la Ligue des auteurs serait prête à abandonner le droit d'auteur pour se convertir au copyright à l'anglo-saxonne. Est-ce vrai ? Ce serait tragique !
Par ailleurs :
Selon les critères de l’ancienne Agessa, peuvent être qualifiés de « pro » les 5000 auteurs qui engrangent 9000 € annuels, soit 750 € par mois (en 2019), quand le smic est de 1185 € net ! Voilà les pros sur lesquels la Ligue peut s’appuyer… 12Þs auteurs, sachant que chaque année 41 000 auteurs vivants publient un livre. On comprend dès lors l’importance du Conseil Permanent des Écrivains, qui regroupe 14 organisations d’écrivains.
Philippe
07/07/2020 à 23:02
Je suis bien d'accord. On aimerait d'ailleurs connaître quelles avancées concrètes pour les auteurs a obtenu cette Ligue... Beaucoup de bruit pour rien...
A tout hasard
08/07/2020 à 07:50
Hmmm, le rapport Racine, qui a fini par puiser dans la plupart des propositions ? Un nouveau contrat plus axé sur la défense des auteurs ? pour une organisation aussi récente, les faits sont plutôt probants...
Samantha Bailly
02/07/2020 à 13:05
Bonjour Mathias,
Avez-vous lu une ligne des travaux de la Ligue ? Ce positionnement n'est pas du tout le nôtre, nous avons tout de même fourni de très nombreux documents sur nos intentions et analyses juridiques, que vous pouvez retrouver ici :
https://ligue.auteurs.pro/wp-content/uploads/2020/02/ligue_auteurs_pro_2020_02_statuts_amerique_du_nord.pdf
Rien de vos propos ne reflètent nos positions.
Si vous vous êtes déjà intéressés à la différence entre « copyright » et « droit d’auteur à la française », vous avez sûrement entendu le point de vue suivant : le copyright, c’est mal, le droit d’auteur à la française, c’est
mieux. Dès que l’on ose questionner le périmètre du droit d’auteur aujourd’hui, une rhétorique se met en place : attention au danger du copyright ! Comme si s’autoriser à décrypter les angles morts d’un système signifiait basculer automatiquement dans un autre. Plutôt que de nous engager sur des jugements de valeur, essayons de comprendre ce qui distingue et/ou rapproche ces deux conceptions.
Le droit d’auteur est un droit de la personnalité centré sur la personne de l’auteur. La production de l’esprit lui appartient puisqu’elle est le résultat de la manifestation personnelle et spontanée de ses facultés internes. Ceci explique le fait que l’œuvre soit naturellement la propriété de celui ou celle qui l’a créé. Dans ces conditions, le lien qui unit l’auteur à l’œuvre fait l’objet d’une protection toute particulière : l’œuvre de l’esprit est envisagée comme le prolongement de la personnalité de l’auteur. Si les droits patrimoniaux sont limités dans le temps, le droit moral est perpétuel et se transmet aux héritiers.
Le copyright est un monopole d’exploitation accordé pour une période limitée. C’est un droit moins centré sur l’auteur, qui, dans une logique plus économique, vise à protéger également l’investissement réalisé par
l’exploitant. Le copyright remplit une fonction plus utilitariste et régule une relation triangulaire réunissant l’auteur, l’exploitant et le public. C’est un droit conçu comme un droit marchand créé pour réguler l’offre et la demande. Contrairement aux idées reçues, le copyright prévoit aussi un droit moral, mais ce dernier est plus limité que celui qui est prévu en droit français, car il est limité dans le temps. L'auteur ne dispose que d’un droit de paternité et d’un droit de respect de l’intégrité de l’œuvre. Si les deux philosophies divergent, ces droits ont le même objet : sanctionner la reproduction et la
représentation non autorisées d’une œuvre.
Maintenant, prenons un cas pratique. Retour dans le quotidien. Vous êtes un auteur français, vous signez un contrat d’édition en France. Dans la loi, vous avez le droit moral pour vous. Autrement dit, le droit de faire
opposition à toute altération ou distorsion qui porterait préjudice à l’intégrité ou la paternité de l’œuvre. Cela signifie pouvoir prouver ce préjudice. Dans les faits, à moins d’avoir une grande marge de manœuvre de
négociation, vous signerez un contrat d’édition confisquant la totalité de vos droits patrimoniaux, pour 70 ans après votre mort. Votre contrat d’édition stipulera la liste très longue des prérogatives de l’éditeur : choix de
la couverture, de la mise en forme, de solder des ouvrages, etc. Dans la frénésie de l’industrie du livre, vous vivrez très probablement des infractions à votre droit moral – choix d’une couverture qui ne correspond pas
à l’esprit de votre livre, erreurs dans le BAT, plan de communication qui diverge avec vos valeurs… - mais n’oserez probablement pas faire valoir votre droit, pour des raisons financières tout d’abord, et par crainte
d’être blacklisté par le secteur. Cela ne signifie pas que le droit moral est inutile, loin de là. Il est essentiel. Mais il faut admettre qu’il est très difficile pour les auteurs et autrices de faire valoir ce droit, faute d’outils et de moyens. Dans la pratique, il est extrêmement rare de parvenir à avoir gain de cause, du fait de l’asymétrie des relations entre auteurs et groupes éditoriaux.
Dans le copyright, pour schématiser, l’employeur qui a commandé le travail créatif est le propriétaire automatique des droits d'auteur. Le copyright américain apparait moins protecteur que le droit d’auteur français qui défend le principe de la titularité initiale de l'auteur. Mais ce transfert de droits de propriété intellectuelle est compensé par des accords collectifs beaucoup plus favorables qu’en France, signés par les créateurs et les exploitants. Certaines conventions collectives assurent aux auteurs des seuils minimaux de
rémunération, des rémunérations complémentaires pour toute exploitation secondaire des œuvres, un encadrement des conditions de travail, un paiement des heures supplémentaires, une attribution de jours de repos, un fonds de pension de retraite et un régime de sécurité sociale… Aussi paradoxal que cela puisse paraître, par son aspect plus pragmatique que romantique, le copyright
reconnaît la notion de corps de l’auteur, et donc la garantie d’un encadrement du travail. Si le droit d'auteur est protecteur en théorie, il peine à protéger efficacement les conditions de création des auteurs et autrices.
Alors droit d’auteur ou copyright, faut-il choisir ? La réconciliation entre le propriétaire et le travailleur est-elle en France impossible ? Non ! La question n’est pas l’opposition entre droit d’auteur et copyright, mais
bien de comment faire ressurgir la notion de travail créatif en France. Car cette notion de travail est déjà bien existante dans notre Code de la propriété intellectuelle, mais elle a été contournée et oubliée. C’est notamment l’une des propositions portées conjointement par la Ligue des auteurs professionnels et la Guilde des scénaristes : séparer la contractualisation de l’acte de création de la cession de la propriété d’une œuvre.
Notre Code de la propriété intellectuelle contient déjà des éléments visant à protéger la propriété de l’auteur et son droit moral, même dans le cadre d’une relation contractualisée sur le champ du travail. Aujourd’hui, les contrats d’édition ne sont que des contrats de cession de droits, donc de transfert de propriété, qui mélangent de façon étrange des impératifs de travail.
Article L111-1 du Code de la propriété intellectuelle :
« L'auteur d'une œuvre de l'esprit jouit sur cette œuvre, du seul fait de sa création, d'un droit de propriété incorporelle exclusif et opposable à tous.
Ce droit comporte des attributs d'ordre intellectuel et moral ainsi que des attributs d'ordre patrimonial, qui sont déterminés par les livres Ier et III du présent code. L'existence ou la conclusion d'un contrat de louage d'ouvrage ou de service par l'auteur d'une œuvre de l'esprit n'emporte aucune dérogation à la jouissance du droit reconnu par l'alinéa 1er. »
Le « contrat de louage d’ouvrage » mentionné dans l’article L111-1 du Code de la propriété intellectuelle se réfère à l’article 1710 du code civil, qui dispose que « le louage d’ouvrage est un contrat par lequel l’une des
parties s’engage à faire quelque chose pour l’autre, moyennant un prix convenu entre elles ». Nous voilà donc sur le champ non plus uniquement de la propriété, mais du faire et de la rémunération.
Réconcilier le propriétaire et le travailleur, c’est donc possible en France. Nous avons d’ailleurs en germes tous les outils pour, sans dénaturer le droit d’auteur.
Sur la profession maintenant.
https://ligue.auteurs.pro/documents/statut/statut-pistes-et-hypotheses/
Qu’est qu’un professionnel ? Fiscalement, la jurisprudence administrative a défini deux critères : l'activité doit être exercée à titre habituel et constant, et elle doit l’être dans un but lucratif.24 C’est évidemment le cas de beaucoup de créateurs et créatrices, et on ne peut à la fois les traiter comme tels fiscalement et ne pas leur reconnaître socialement un véritable statut professionnel et les droits particuliers qui vont avec. Pourtant, aujourd’hui, avec la disparition de la notion d’assujetti/affilié, c’est
toute possibilité d’offrir un accompagnement particulier aux artistes-auteurs qui n’ont que leurs activités créatives pour vivre qui a disparu, ce qui est extrêmement problématique. L’entrée dans le régime au 1er euro a anéanti toute identité professionnelle du régime. Ce principe de recouvrement généralisé des cotisations rend très floue aujourd’hui les démarches à accomplir pour entrer dans le régime artistes-auteurs, accentuant encore davantage la confusion. Dans les faits, le principe « d’affiliation » existe toujours mais de façon voilée, puisque les seuils de revenus demeurent pour l’accès aux prestations sociales autres que les soins. Il y a, aussi, en parallèle, une urgence à ce que le régime social des artistes-auteurs soit adapté à la grande précarité de leurs métiers, qu’il leur permette de s’y maintenir les années difficiles. La situation des artistes-auteurs ne cesse d’évoluer aujourd’hui, souvent pour le pire en termes de revenus. Aujourd’hui, les créateurs et créatrices se retrouvent à être de plus en plus multi-métiers, multi-profils et multi-revenus, ce qui émiette leur capacité à accéder au plein statut social d’artiste-auteur. Le développement de la diffusion directe, de l’auto-édition aux médias sociaux, complique encore cet accès au statut qui était très orienté à l’origine sur l’existence d’un diffuseur tiers, et ce malgré le fait
que le diffuseur ne cotise quasiment pas à ce régime (1,1%).
Comment, dans cette situation complexe, apprécier finement le caractère professionnel d’une activité d’artiste-auteur ? Avec l’idée que cette appréciation soit valable socialement mais aussi fiscalement ?
C’est à cette fin que nous avons réfléchi à créer un statut artistes-auteurs professionnel qui prendrait d'autres critères que le revenu en compte. Un tel mécanisme permet de donner des critères objectivables, ce qui répond aux appréhensions légitimes de la Direction de la sécurité sociale qui craint des effets d’aubaine sur le régime de la part des diffuseurs cherchant à contourner les cotisations sociales. Ce système pourrait rendre accessible un régime social adapté aux artistes-auteurs de manière transparente et claire. Son accès se baserait en partie sur les revenus en droit d’auteur comme aujourd’hui. Cela ne changera rien pour ceux qui atteignent déjà un revenu suffisant. Mais pour les autres, aujourd’hui exclus, ce critère du revenu sera enfin complété par de nombreux autres. En effet le revenu d’artiste-auteur, s’il reste suffisant pour prouver qu’on est professionnel, ne peut pas rester la seule manière de le démontrer. Le droit d’auteur étant une rémunération dissociée d’un revenu immédiat et n’étant pas proportionnel au temps de travail, cela nécessite de trouver d’autres critères en phase avec cette rémunération particulière. Poser des critères multiples, souples, évolutifs et en phase avec la réalité des métiers, c’est également pouvoir enfin donner une définition de l’auteur
professionnel. Un tel mécanisme a l’atout d’être évolutif et de pouvoir s’adapter aux changements rapides des métiers créatifs.
Cette une grande amélioration qui est proposée : cela ne change rien pour les artistes-auteurs qui ont déjà accès au régime, mais cela permet à ceux qui, aujourd’hui, ne rentrent pas dans les cases alors qu’ils dédient pourtant leur vie à la création d’avoir enfin accès à la protection sociale.
Philippe
07/07/2020 à 22:57
Chere Madame,
Comment votre association, la Ligue des auteurs, pourait-elle prétendre à nous representer, nous auteurs professionnels, et à défendre nos intérêts, si même le SNE et les pouvoirs publics ne veulent plus vous parler...
Je ne vois pas bien comment elle pourra dans ces conditions obtenir de quelconques avancées pour nos droits...
Puisque je dois avoir deux fois vôtre âge et un peu d'expérience, je me permets un conseil :
Le dialogue et le respect de son contradicteur, sachez-le, est la base de toute négociation.
La surenchère verbale et l'insulte qui semblent être les deux modes de communication de votre association vous mèneront inevitablement à l'isolement et vous conduiront à disparaître comme nombre d'associations de la sorte avant vous.
Ne pas l'avoir compris est une erreur.
Les auteurs professionnels, surtout en cette période, ont besoin d'être efficacement représentées par des organisations professionnelles et sérieuses, et non par des amuseurs très présents sur les reseaux sociaux mais absents de la table des négociations...
A bon entendeur...
Bernard
13/07/2020 à 18:32
Les arguments d'autorité concernant votre âge et votre expérience font clairement écho aux propos de même teneur tenus pendant l'assemblée du SNE. Le reste de vos interventions est d'ailleurs à l'avenant. Aucun vrai auteur professionnel ne tiendrait des propos comme les vôtres. De plus la très longue réponse documentée, posée et factuelle de Mme Bailly ne comporte absolument aucune surenchère verbale ou insulte. Votre intervention est minable.
Boris
08/02/2022 à 12:28
Effectivement, moi non plus, je n'avais pas vu où S Bailly pratiquait la surenchère verbale. Et je la remercie de cette longue réponse détaillée. Donc merci à tous les deux!
AmusedCat
08/07/2020 à 17:32
Lol
Bonjour l'"auteur" auto-déclaré qui fait clairement membre infiltré du SNE.
#paternalisme #agisme et #condescendance dans un même message on est bien là.
Surtout de la part de quelqu'un qui dit qu'il faut "du dialogue et respecter son contradicteur". Il y a la forme (encore que, traiter quelqu'un qui explique tout avec sérieux "d'amuseur" c'est plus que moyen et très mauvaise fois) mais pas le fond.
Heureusement que la Ligue existe pour tout ceux qui ne sont pas des hommes blancs de 60 ans avec 3 résidences secondaires...
jpducasse
03/07/2020 à 20:27
Les écrivains anglo-saxons sont être pour beaucoup (tous ?) "titulaires" du copyright ? Pour les écrivains français, c'est l'éditeur qui est titulaire ? Qu'induit cette différence ?
Ksie
04/07/2020 à 09:59
Le SNE va-t'il se désolidariser des propos de son président ? Parce que là, ils passent collectivement pour des manipulateurs méprisants désireux de pouvoir continuer à précariser les auteurs (en s'assurant que leurs revendications ne soient pas portées, donc jamais atteintes) juste à cause d'une personne...
gabzz
07/07/2020 à 08:50
Qui osera encore défendre le système de l'édition classique (un concept dépassé, incapable de comprendre entres autres que le numérique fonctionne différemment du papier sans le concurrencer) ? C'est ce qui arrive quand un conglomérat se retrouve en position dominante, voire de monopole... C'est le même problème qu'avec la SACEM qui refuse de reconnaitre Creative Commons ou l'archaïque chronologie des media.
Et on peut en penser ce qu'on veut, mais l'auto-publication via Amazon a fourni une solution alternative à nombres d'auteurs refusés par toute la filière traditionnelle - d'où son succès (justement controversé par ailleurs) qui commence à faire peur au cartel. Comme les taxis qui ont dû rattraper 30 ans d'évolution des moeurs (après avoir tenté de rester en force dans le passé) quand ils ont eu Uber en face ...