#Droit / Justice

Une prison, une école : Vendre le domaine public, tuer Victor Hugo

Victor Hugo a joué un rôle important dans l'évolution du droit d'auteur à la fin du XIXème siècle, en participant à la fondation de la Société des Gens de Lettres et en initiant le mouvement qui conduisit en 1886, un an après sa mort, à la signature de la Convention de Berne. En 1878 lors d'un Congrès International Littéraire, Hugo prononça deux discours (1,2) dans lesquels il défendit l'idée d'instaurer un domaine public payant. Cette idée, qui revient périodiquement dans le débat sur l'évolution du droit d'auteur, consiste à mettre en place une redevance sur l'exploitation commerciale des oeuvres du domaine public, alors même que la durée de protection des droits patrimoniaux est échue.

Le 05/05/2014 à 17:43 par S.I. Lex Calimaq

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Publié le :

05/05/2014 à 17:43

S.I. Lex Calimaq

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Avec S.I.Lex

Plusieurs conceptions différentes de ce système existent, divergeant notamment quant à l'affectation des sommes ainsi récoltées, mais toutes aboutissent à la suppression d'une des libertés fondamentales rendues possibles par le domaine public : celles de puiser dans le fonds commun des oeuvres anciennes pour les rééditer, les adapter et les exploiter à nouveau en alimentant ainsi le cycle continu de la création.

La question du domaine public payant est revenue sur le devant de la scène en France lors des auditions conduites par la mission Lescure. La SACD notamment, par le biais de son directeur général Pascal Rogard, avait alors réclamé la mise en place de redevances sur l'exploitation des oeuvres du domaine public audiovisuel. Mais la mission Lescure n'a pas retenu cette idée et au contraire, son rapport final a même recommandé d'introduire une définition positive du domaine public dans le Code de propriété intellectuelle pour en renforcer la protection. Il semble bien d'ailleurs que le Ministère de la Culturetravaille toujours sur cette piste en vue de la future loi sur la Création.

Mais cela n'est visiblement pas suffisant pour désarmer les revendications des sociétés de gestion collective qui agissent toujours pour remettre le domaine public payant sur le devant de la scène. Le 17 avril dernier, l'ADAMI (société représentant les artistes-interprètes) a ainsi organisé une table ronde lors de ces rencontres européennes, intitulée "Domaine public : la règle ou l'exception ?". Les échanges ont largement porté sur cette question du domaine public payant, défendue par plusieurs orateurs à la tribune. Et en introduction de ce débat, une lecture du fameux discours de Victor Hugo a été donnée par l'acteur Pierre Santini, pour convoquer l'esprit du grand homme au soutien de cette idée.

L'intégralité du débat est accessible en vidéo sur le site de Romaine Lubrique, et vous pouvez lire un compte-rendu sur Next INpact, ainsi qu'une belle réaction chez l'auteur Neil Jomunsi. Je voudrais moi aussi contribuer à ce débat en essayant de retourner au plus près des propos de Victor Hugo, pour essayer de discerner quelle était vraiment sa position sur ce sujet. Car comme c'est hélas souvent le cas, on ne cite ces discours que par morceaux et par bribes, qui finissent par en mutiler le sens. Victor Hugo se retrouve alors "embrigadé" du côté du domaine public payant tel que l'entendent les sociétés de gestion collective actuelles, alors que sa pensée sur la question était beaucoup plus nuancée que l'on veut bien nous le faire croire. La réalité ne correspond pas aux images d'Épinal que l'on cherche à nous faire avaler, à l'image des propos à l'emporte pièce et des simplifications historiques grossières dont un personnage comme Pascal Rogard s'est fait une spécialité :

Avant Hugo, certains ont aussi cherché à faire de Jean Zay un champion du domaine public payant, mais j'ai déjà eu l'occasion de montrer que c'était faux et qu'au contraire, Jean Zay souhaitait étendre le domaine public en l'anticipant. Pour Victor Hugo, les choses sont différentes : il défend bien l'idée d'un domaine public payant, mais il partage pourtant certains points communs avec  Jean Zay  dans la mesure où il réclamait l'instauration d'un "domaine public immédiat". Nos très chères sociétés de gestion collective se gardent bien de rappeler cela et je serais très étonné qu'elles soutiennent une telle proposition, pourtant fort judicieuse ! Par ailleurs, Victor Hugo assignait un but précis au domaine public payant : non pas constituer une rente perpétuelle au profit des ayants droit des auteurs, mais servir au financement des jeunes créateurs pour les aider à prendre leur essor.

Et il faut bien reconnaître qu'Hugo, par une de ces fulgurances dont il est coutumier, touchait là à une question absolument essentielle, peut-être même la question la plus importante que nous devons nous poser à propos de l'avenir de la création. Quels moyens une société doit-elle consacrer pour favoriser en son sein l'émergence de nouveaux créateurs ? Or si l'idée d'un domaine public payant pouvait peut-être avoir du sens à la fin du XIXème siècle, vous allez voir qu'il n'en est plus de même aujourd'hui, notamment parce que la proportion de créateurs effectifs et potentiels dans la société s'est grandement accrue. Internet a mis dans les mains de la population des moyens de création à une échelle sans précédent dans l'histoire, ce qui bouleverse complètement la donne. Dans ces conditions, le domaine public payant serait inefficace et même l'une des pires choses à faire. A moins que l'on ne cherche à conserver l'émergence de nouveaux auteurs sous contrôle étroit, ce qui est derrière leurs discours "généreux" constitue le but réel des sociétés de gestion collective.

Une grande idée : le "domaine public immédiat" de Victor Hugo

Quand on lit les discours de Victor Hugo sur le domaine public payant (et notamment celui-ci), on se rend compte que Victor Hugo est sans doute en réalité l'auteur des plus belles pages qui soient sur le domaine public et le défenseur remarquable d'une conception équilibrée entre les droits d'auteur et les droits du public, directement héritée de l'esprit de la Révolution française. Il prône certes un domaine public payant, mais il demande aussi l'instauration d'un "domaine public immédiat", en faisant une nette distinction entre les droits de l'auteur de son vivant et ceux qui appartiendront ensuite à ses descendants après sa disparition.

Son idée est que les droits des héritiers doivent être réduits à un droit à toucher une redevance pour l'exploitation de l'oeuvre, mais qu'ils ne devraient pas pouvoir exercer un contrôle sur l'oeuvre, que n'importe quel éditeur devrait pouvoir exploiter sans autorisation. Hugo demande donc pour les héritiers la transformation du droit exclusif en un simple droit à une rémunération. C'est particulièrement lumineux dans ce passage magnifique :

L'héritier du sang est l'héritier du sang. L'écrivain, en tant qu'écrivain, n'a qu'un héritier, c'est l'héritier de l'esprit, c'est l'esprit humain, c'est le domaine public. Voilà la vérité absolue.

Les législateurs ont attribué à l'héritier du sang une faculté qui est pleine d'inconvénients, celle d'administrer une propriété qu'il ne connaît pas, ou du moins qu'il peut ne pas connaître. L'héritier du sang est le plus souvent à la discrétion de son éditeur. Que l'on conserve à l'héritier du sang son droit, et que l'on donne à l'héritier de l'esprit ce qui lui appartient, en établissant le domaine public payant, immédiat.

Comme j'avais eu l'occasion de le dire au sujet des propositions que Jean Zay avait voulu introduire en 1936 dans son projet de réforme du droit d'auteur, on est en présence ici d'un "domaine public anticipé", puisque certains des effets du passage des oeuvres dans le domaine public sont déclenchés alors même que les droits patrimoniaux n'ont pas encore couru sur toute leur durée.

Mais sur cette voie, Hugo va plus loin encore. Il estime en effet que le droit moral ne doit pas perdurer au-delà de la mort de l'auteur, car ses descendants n'ont pas de titre à agir en son nom après sa disparition.

L'auteur donne le livre, la société l'accepte ou ne l'accepte pas. Le livre est fait par l'auteur, le sort du livre est fait par la société. L'héritier ne fait pas le livre ; il ne peut avoir les droits de l'auteur. L'héritier ne fait pas le succès ; il ne peut avoir le droit de la société [...] Avant la publication, l'auteur a un droit incontestable et illimité [...] Mais dès que l'œuvre est publiée l'auteur n'en est plus le maître. C'est alors l'autre personnage qui s'en empare, appelez-le du nom que vous voudrez : esprit humain, domaine public, société. C'est ce personnage-là qui dit : Je suis là, je prends cette œuvre, j'en fais ce que je crois devoir en faire, moi esprit humain ; je la possède, elle est à moi désormais.

Voilà une conception ô combien audacieuse et qui serait parfaitement salutaire, quand on voit par exemple comment des ayants droit comme ceux d'Hergé sont capables d'abuser du droit "moral" pour exercer une censure systématique sur les usages d'une oeuvre qu'ils n'ont pas créée !

Domaine public immédiat, liberté d'exploitation de l'oeuvre aussitôt l'auteur disparu et limitation de la portée dans le temps du droit moral : voilà qui change singulièrement la figure de Victor Hugo par rapport à la caricature qui nous en est généralement servi. On comprend mieux dès lors que Victor Hugo ait pu prononcer des citations comme celle qui suit, figurant dans cet autre discours sur le domaine public payant :

Le principe est double, ne l'oublions pas. Le livre, comme livre, appartient à l'auteur, mais comme pensée, il appartient — le mot n'est pas trop vaste — au genre humain. Toutes les intelligences y ont droit. Si l'un des deux droits, le droit de l'écrivain et le droit de l'esprit humain, devait être sacrifié, ce serait, certes, le droit de l'écrivain, car l'intérêt public est notre préoccupation unique, et tous, je le déclare, doivent passer avant nous.

Mais un domaine public payant et une redevance d'usage perpétuelle

Là où Hugo et Jean Zay diffèrent cependant, c'est que ce dernier envisageait une période de 10 ans après la mort pendant laquelle les descendants de l'auteur pourraient continuer à contrôler l'exploitation de l'oeuvre, puis une période de "domaine public anticipé" pendant laquelle l'exploitation deviendrait libre à condition de verser une redevance, jusqu'à l'expiration des droits patrimoniaux (50 ans après la mort de l'auteur), moment auquel l'oeuvre serait entrée dans le domaine public "complet", tel que nous le connaissons aujourd'hui.

Victor Hugo in Vianden

Marc Ben Fatma, CC BY NC ND 2.0; sur Flickr

Hugo de son coté envisage les choses autrement : son domaine public anticipé est "immédiat", dès la disparition de l'auteur les descendants perdent le droit d'autoriser et d'interdire (et même l'exercice du droit moral), mais ils conservent un droit à la rémunération en cas d'exploitation commerciale. Et ce droit serait "perpétuel", sans limite dans le temps, ce qui fait que l'oeuvre n'entrerait jamais plus dans un "domaine public complet" :

Supposons le domaine public payant, immédiat, établi.

Il paie une redevance. J'ai dit que cette redevance devrait être légère. J'ajoute qu'elle devrait être perpétuelle.

Hugo introduit encore par la suite une distinction. Pour lui, seuls les héritiers directs doivent pouvoir bénéficier de cette redevance, c'est-à-dire le conjoint et la première génération d'enfants, mais pas les suivantes :

S'il y a un héritier direct, le domaine public paie à cet héritier direct la redevance ; car remarquez que nous ne stipulons que pour l'héritier direct, et que tous les arguments qu'on fait valoir au sujet des héritiers collatéraux et de la difficulté qu'on aurait à les découvrir, s'évanouissent.

L'idée ici encore paraît judicieuse, car elle évite que le droit d'auteur ne se transforme en une rente perpétuelle au profit des descendants successifs, qui finissent par avoir un lien de plus en plus ténu avec le créateur original. Par ailleurs, cela montre qu'aux yeux d'Hugo, le droit d'auteur est certes une propriété, mais d'une nature différente de celle de la propriété des biens physiques qui, elle, se transmet sans fin dans le temps aux descendants.

Chez Hugo, la redevance sur l'exploitation est perpétuelle, mais après la disparition des descendants directs, elle est réaffectée vers un but social, celui de l'aide aux jeunes créateurs :

Rien ne serait plus utile, en effet, qu'une sorte de fonds commun, un capital considérable, des revenus solides, appliqués aux besoins de la littérature en continuelle voie de formation. Il y a beaucoup de jeunes écrivains, de jeunes esprits, de jeunes auteurs, qui sont pleins de talent et d'avenir, et qui rencontrent, au début, d'immenses difficultés. Quelques-uns ne percent pas, l'appui leur a manqué, le pain leur a manqué [...] Mais supposez que la littérature française, par sa propre force, par ce décime prélevé sur l'immense produit du domaine public, possède un vaste fonds littéraire, administré par un syndicat d'écrivains, par cette société des gens de lettres qui représente le grand mouvement intellectuel de l'époque ; supposez que votre comité ait cette très grande fonction d'administrer ce que j'appellerai la liste civile de la littérature. Connaissez-vous rien de plus beau que ceci : toutes les œuvres qui n'ont plus d'héritiers directs tombent dans le domaine public payant, et le produit sert à encourager, à vivifier, à féconder les jeunes esprits !

Y aurait-il rien de plus grand que ce secours admirable, que cet auguste héritage, légué par les illustres écrivains morts aux jeunes écrivains vivants ?

Les mots qui expriment cette idée sont beaux et l'intention l'est aussi. J'ai déjà dit plus haut qu'elle me paraît parfaitement légitime.  Mais la mise en oeuvre d'un tel système aboutirait au démantèlement du concept même de domaine public et à celui de la liberté dont il est le support. Il n'est pas moins légitime que les générations futures puissent aller puiser dans les oeuvres anciennes en toute liberté pour produire de nouvelles créations dérivées  y compris en faisant un usage commercial. Cette circulation des oeuvres est un des moteurs essentiels de la création et de la transmission des oeuvres dans le temps. Il a d'ailleurs été prouvé que l'exploitation commerciale du domaine public jouait un rôle de premier plan dans la diffusion des oeuvres anciennes. Elle génère aussi de l'activité économique qui profite de manière indirecte à la société toute entière et favorise l'innovation créatrice.

Victor Hugo a raison de vouloir soutenir les jeunes créateurs, mais il se trompe dans le moyen pour y parvenir. C'était sans doute déjà le cas à la fin du XIXème siècle, mais cela le serait plus encore aujourd'hui.

D'autres financements mutualisés sont possibles pour soutenir la création

L'intention de Victor Hugo n'était pas d'aligner le fonctionnement du droit d'auteur sur le droit de propriété privée personnelle, mais au contraire d'instaurer avec cette redevance un nouveau droit social, affecté aux jeunes créateurs. On est en réalité devant une forme de financement mutualisé pour la création, alimentant un "fonds curatorial" dont Victor Hugo souhaite confier la gestion à une société d'auteurs (La SGDL par exemple).

A l'époque de Victor Hugo, rien de tel n'existait et les auteurs ne pouvaient compter pour vivre que sur les revenus du produit de l'exploitation de leurs oeuvres. Mais les choses ont changé depuis et le temps a montré que l'on pouvait mettre en place des financements mutualisés sans passer par une redevance sur le domaine public. C'est le cas par exemple aujourd'hui pour la redevance pour copie privée, perçue sur les supports vierges et certains matériels, dont les sommes perçues sont reversées aux sociétés de gestion collective avec 25% consacré au financement d'actions culturelles. Pour ce qui concerne le livre, une partie de la redevance pour copie privée est redirigée vers le Centre National du Livre qui s'en sert notamment pour soutenir la création d'oeuvres par des auteurs.

Toujours au chapitre de la mise en place de "droits sociaux" pour les auteurs par le biais de financements mutualisés, on peut citer les rémunérations versées par les bibliothèques au titre du droit de prêt public, qui alimentent en partie une caisse de retraite pour les auteurs. Il y a certainement beaucoup de choses à redire sur la manière dont ces fonds sont gérés actuellement par les sociétés de gestion collective, mais ces dispositifs montrent que l'on peut mettre en place des soutiens à la création sans passer par un domaine public payant. Victor Hugo n'a pas vu cela.

Victor Hugo parle en outre d'un "immense produit du domaine public" et d'un "vaste fonds littéraire", mais il y a tout lieu de penser que le produit de cette redevance sur le domaine public serait sans doute modeste et assurément complexe et coûteux à prélever, avec une faible rentabilité à la clé. Victor Hugo dit aussi qu'"il y a beaucoup de jeunes écrivains, de jeunes esprits, de jeunes auteurs, qui sont pleins de talent et d'avenir, et qui rencontrent, au début, d'immenses difficultés", mais qu'aurait-il dit alors s'il avait vu l'époque actuelle ! Comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire dans un autre billet, nous sommes aujourd'hui confrontés à une situation de profusion des auteurs, les moyens de création ayant été mis entre les mains d'une part de plus en plus large de la population.

L'aspiration à la création est immense, comme le révèlent les chiffres. Un sondage récent indiquait par exemple que 64% des français sont prêts à publier un ouvrage sur Internet. Ce mouvement de fond se donne à voir dans la profusion des pratiques créatives amateurs sur Internet, au développement du phénomène de l'auto-édition ou à la multiplication des YouTubeurs. Nous sommes ainsi graduellement en train de passer d'une société ouvrière à une société "oeuvrière", selon la belle expression créée parJérémie Nestel. Voilà la vraie révolution induite par le numérique dans le champ de la Culture et ce nouvel état des choses nous oblige à penser une économie de l'abondance des contenus, mais surtout de l'abondance des auteurs, et c'est face à cette explosion que le domaine public payant se révèlerait complètement inadapté.

Inventer de nouveaux financements pour la création dans une société oeuvrière

Comme je l'ai dit plus haut, le produit d'une redevance levée sur l'exploitation du domaine public serait sans doute peu élevé et complexe à récolter. Sans doute les sociétés de gestion collective y voient-elles un moyen commode de prolonger la croisade contre la gratuité qu'elles mènent par ailleurs pour des raisons idéologiques, mais en terme de financement concret pour les jeunes créateurs, il ne s'agirait nullement d'une solution crédible.

Le vrai défi est de savoir comment donner les moyens à une part croissante de la population de développer des compétences créatives, en y consacrant le temps nécessaire et en lui donnant accès à des canaux de diffusion appropriés pour toucher un public. Les transformations qui affectent nos sociétés sont si profondes que certains réfléchissent à des solutions beaucoup plus globales de financement, comme Bernard Stiegler qui envisage une extension du statut d' intermittent du spectacle à tous les "contributeurs" :

Dans cette perspective, il ne faut surtout pas détruire le statut d'intermittent du spectacle mais au contraire… le généraliser, en proposant à tout le monde un revenu contributif de base. Je puis alors alterner et passer d'un statut où je suis en train de développer mes capacités à un statut de mise en production de ces capacités acquises (comme pour l'intermittence).

Et pour lui, un tel système pourrait constituer une alternative au droit d'auteur :

Le statut d'intermittent apparaît donc comme une solution à la question du droit d'auteur si on le généralise. En accordant un revenu contributif à l'auteur, on n'a plus besoin de cette rente patrimoniale bourgeoise que représente le droit d'auteur aujourd'hui.

Dès lors, il faut être non pas défensif, mais offensif : non pas défendre le statut d'intermittent auprès de la société du spectacle, mais partir à l'attaque de la société avec ce statut d'intermittent.

Les propositions de contribution créative que porte La Quadrature du Net constitue une autre piste de financement qui est pensée pour être applicable aux créateurs amateurs comme professionnels, et qui permettrait aux auteurs postant des contenus en ligne de dégager progressivement un revenu. La question de l'adaptation des politiques culturelles à la situation de prolifération des auteurs est au cœur des préoccupations de Philippe Aigrain dans sa réflexion sur le finacement de la création :

Contribuer demande du temps, des compétences dont l'acquisition demande également du temps et souvent de l'argent, et parfois des moyens de production. Si nous rejetons l'hypothèse du maintien de la rareté des copies [...] ou de l'institution d'une pure logique de l'accès [...], quels sont les nouveaux mécanismes qui peuvent accompagner la mise en place d'une société culturelle de beaucoup vers tous ? [...]

Quels nouveaux mécanismes peuvent compléter les financements publics alimentés par l'impôt, l'investissement privé et la distribution des revenus marchands ? Les réponses se situent dans différentes formes de mutualisation [...]  : la mutualisation volontaire du financement et de la rémunération participative [crowdfunding], la mutualisation organisée par la puissance publique à l'échelle d'une société et gérée par les contributeurs [contribution créative] et enfin le revenu minimal d'existence.

On le voit, la question des droits sociaux devant être institués pour aider les nouveaux créateurs dans une société comme la notre est cruciale. Hugo la posait déjà au XIXème siècle avec raison, mais les termes de l'équation ont complètement changé aujourd'hui. Le domaine public payant qui aurait peut-être apporté une pierre à l'édifice en 1880 ne constitue plus du tout un moyen crédible de répondre aux besoins de notre époque. Pire, il pourrait être instrumentalisé par les titulaires de droits pour servir des fins complètement opposées à celles que visait Hugo.

Un instrument de violence symbolique au service de la reproduction d'une caste

Si le domaine public payant était institué aujourd'hui sous la forme qu'envisageait Victor Hugo, nous aurions donc un fonds, sans doute limité, qui passerait entre les mains d'une société d'auteurs professionnels – mettons la SGDL – et dont l'attribution à des "jeunes créateurs" serait laissée à la discrétion de cette structure. Que se passerait-il alors ? Comment une telle société pourrait-elle choisir dans la profusion des nouveaux auteurs potentiels ceux qui mériteraient de recevoir des moyens supplémentaires pour émerger ? Une société comme la SGDL comporte essentiellement des auteurs insérés dans les rouages traditionnels de l'édition, c'est-à-dire une catégorie d'auteurs bien particulière et nullement représentative de la multitude des créateurs empruntant de nouvelles voies sur Internet.

Comment penser qu'une telle société pourrait agir autrement qu'en privilégiant des auteurs proches de ses membres ? On aboutirait mécaniquement à une "reproduction" par co-optation, permettant à une certaine élite appuyée par l'État d'assurer dans le temps sa propre perpétuation. Un véritable système de violence symbolique organisée verrait le jour, adoubant quelques nouveaux entrants d'une qualité "d'auteur" dont ils seraient les maîtres. Voilà à quoi servirait essentiellement le sacrifice de la liberté offerte par le domaine public ! Le domaine public payant servirait au final à alimenter et à aggraver un système de caste culturelle ! Et ne doutons pas un seul instant que les sociétés de gestion collective qui défendent actuellement cette idée en sont tout à fait conscientes !

Rien ne serait en fait plus redoutable pour la diversité de la création qu'un tel système qui servirait non pas à financer "les jeunes créateurs", mais "certains jeunes créateurs" seulement. Ces messieurs de la SGDL iraient-ils financer par exemple des Neil Jomunsiou des Pouhiou dont ils ignorent sans doute jusqu'à l'existence ? Tous ces auteurs qui choisissent en ligne la voie de l'indépendance, soyons assurés qu'ils seraient exclus des fruits de ce domaine public payant…

Cette semaine, j'ai été frappé par la lecture de ce billet publié par Thomas Meunier, un auteur indépendant, dans lequel il explique pourquoi "cela vaut la peine" de créer librement en ligne en publiant ses écrits directement sur la Toile :

Si nous diffusons notre art en indépendant, parfois nous nous disons : « A quoi bon gaspiller mon énergie à diffuser, et promouvoir mon œuvre moi-même alors qu'un producteur ou un éditeur peut le faire mieux que moi ? ». Parce que l'indépendance redonne le pouvoir aux créatifs. Parce que l'indépendance transmet l'idée que chacun peut produire sa propre culture.Que nous n'avons pas besoin d'être cooptés, que nous pouvons nous adresser au public directement plutôt que d'attendre qu'un tiers donne son aval parce qu'il possède le culot, l'argent, le diplôme ou le média de masse.

Si nous fabriquons notre art nous-même, parfois nous nous disons : « A quoi bon gaspiller mon argent à fabriquer moi-même quelque chose qu'une chaîne de production ferait pour moi mieux, plus vite et moins cher ? ». Parce qu'en fabriquant notre art nous-même, nous réinventons l'art, un art déconnecté de la notion d'économie d'échelle, de standards, de règles. Nous participons à l'idée que chacun peut produire une œuvre d'art, quelque soit ses compétences, son milieu, son matériel, son argent.

Voilà exactement ce que veulent étouffer ceux qui poussent cette idée de domaine public payant. Ils cherchent à faire coup double : faire disparaître la gratuité du domaine public au nom de la conception maximaliste de la propriété intellectuelle qu'ils défendent et instaurer une source rare de financement pour les jeunes créateurs, afin que ceux-ci demeurent tout aussi rares et triés sur le volet !

***

Voilà pourquoi il faut s'opposer avec la dernière énergie à cette idée fétide de domaine public payant. Que penserait Victor Hugo de ceux qui instrumentalisent ainsi sans vergogne aujourd'hui sa pensée ? Quand je me replonge dans les discours de Victor Hugo, je suis certain qu'il se réjouirait profondément de voir la capacité d'écrire plus largement répandue aujourd'hui que jamais grâce à Internet :

Ah ! la lumière ! la lumière toujours ! la lumière partout ! Le besoin de tout c'est la lumière. La lumière est dans le livre. Ouvrez le livre tout grand. Laissez-le rayonner, laissez-le faire. Qui que vous soyez qui voulez cultiver, vivifier, édifier, attendrir, apaiser, mettez des livres partout ; enseignez, montrez, démontrez ; multipliez les écoles ; les écoles sont les points lumineux de la civilisation.

Victor Hugo était un chantre de l'abondance. Dans "Ceci tuera cela", ce chapitre extraordinaire de "Notre Dame de Paris", il a écrit les plus beaux mots qui soient pour décrire la rupture introduite par l'imprimerie dans l'histoire :

Quand on cherche à recueillir dans sa pensée une image totale de l'ensemble des produits de l'imprimerie jusqu'à nos jours, cet ensemble ne nous apparaît-il pas comme une immense construction, appuyée sur le monde entier, à laquelle l'humanité travaille sans relâche, et dont la tête monstrueuse se perd dans les brumes profondes de l'avenir ? C'est la fourmilière des intelligences. C'est la ruche où toutes les imaginations, ces abeilles dorées, arrivent avec leur miel. L'édifice a mille étages, Çà et là, on voit déboucher sur ses rampes les cavernes ténébreuses de la science qui s'entrecoupent dans ses entrailles. Partout sur sa surface l'art fait luxurier à l'oeil ses arabesques, ses rosaces et ses dentelles.

Fourmilière des intelligences, ruche des imaginations… Qu'aurait dit Victor Hugo s'il avait vu l'avènement d'Internet, qui permet pour la première fois à toutes ces intelligences de se connecter et qui est la réalisation même du plein potentiel du domaine public pour la diffusion de la connaissance ? Quand Benjamin Bayart dit si justement "L'imprimerie a permis au peuple de lire ; Internet va lui permettre d'écrire", il marche dans les pas de Hugo.

Ne laissons surtout pas Victor Hugo à des Pascal Rogard et à tous ceux qui se rêvent en fossoyeurs du domaine public ! Son héritage ne leur appartient pas. Le domaine public payant d'Hugo n'était pas la bonne solution, mais il restait noble ; le leur n'en est plus qu'une caricature grossière et cynique.

 

Victor Hugo, par Auguste Rodin. Photo par B.S. Wise. CC-BY-NC. Source : Flickr.

 
 

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Par S.I. Lex Calimaq
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« Les éditions Mercure de France ont la profonde tristesse de vous annoncer la disparition, mercredi 28 janvier 2026, de Vénus Khoury-Ghata, grande figure des lettres francophones », lit-on dans un communiqué de la maison d'édition sur les réseaux. 

29/01/2026, 20:36

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Une pionnière du roman féminin tunisien s'en est allée

L’écrivaine tunisienne d’expression française Souâd Guellouz est morte le 27 janvier 2026, à l’âge de 88 ans. Née le 30 décembre 1937 à l’Ariana, elle a longtemps exercé comme enseignante avant de construire une œuvre romanesque et poétique marquée par la mémoire, l’intime et la condition des femmes. 

28/01/2026, 13:14

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Trois inspections générales se penchent sur la situation des artistes-auteurs

Le ministère de la Culture annonce confier une mission autour de la rémunération et des conditions d’exercice des artistes-auteurs à l’Inspection générale des affaires culturelles (IGAC), à l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) et à l’Inspection générale des finances (IGF). Les conclusions, attendues à la fin du mois de mai 2026, fourniront « des préconisations concrètes visant à améliorer et à protéger l’activité des artistes-auteurs professionnels ».

28/01/2026, 11:48

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Michael Parenti, figure clivante de la gauche intellectuelle, est décédé

Le politologue, historien et essayiste américain Michael Parenti est décédé le 24 janvier 2026 à son domicile de Berkeley en Californie, à l’âge de 92 ans. Figure majeure de la gauche intellectuelle américaine, il laisse une œuvre abondante et controversée, consacrée à l’analyse du capitalisme, de l’impérialisme, des médias et des rapports de pouvoir dans les sociétés contemporaines.

26/01/2026, 18:16

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Disparition de Régis Delpeuch, figure engagée de la littérature jeunesse

Les éditions Scrineo annoncent, avec tristesse, le décès de Régis Delpeuch, survenu le 22 janvier. Auteur de plus de quarante romans, instituteur pendant plus de vingt ans, directeur éditorial et organisateur de prix littéraires, Régis Delpeuch était aussi, « et peut-être surtout, une figure profondément humaine du monde de la littérature jeunesse ».

26/01/2026, 18:09

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Mort de Coluche : un roman anniversaire sur l’accident, 40 ans déjà

Le 19 juin 1986, Coluche trouvait la mort sur la route après une collision avec un camion. Quarante ans plus tard, l’humoriste n’a pas disparu des mémoires : ses mots, son insolence et son rire continuent d’imprégner les esprits. Un accident qui a marqué toute une génération. Ce jour-là, Coluche, accompagné de deux amis, rejoignait Opio depuis Cannes.

20/01/2026, 11:28

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Livre et culture : une pétition contre les coupes budgétaires prévues en 2026

Face aux baisses budgétaires prévues dans le projet de loi de finances (PLF) pour 2026, des professionnels du livre lancent une pétition pour alerter l’opinion publique et les parlementaires sur les risques encourus par le secteur. 

19/01/2026, 16:10

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Dino Attanasio, doyen de la BD et figure du journal Tintin, est mort à 100 ans

Les éditions Le Lombard annoncent le décès de Dino Attanasio, figure majeure de la bande dessinée européenne. Dessinateur historique du journal Tintin, créateur de Spaghetti et premier illustrateur de Bob Morane en bande dessinée, il s’est éteint à l’âge de 100 ans. Auteur prolifique, il a traversé plus d’un demi-siècle d’histoire de la BD franco-belge, laissant une œuvre marquée par la diversité des styles et des collaborations.

19/01/2026, 12:22

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Guillaume Marie, Louise Rose, et Samuel Deshayes, nouveaux membres de l'Oulipo

Dans un communiqué de son président, Hervé Le Tellier, l'Ouvroir de littérature potentielle, lors de sa réunion n˚783 du 14 janvier 2026, a coopté à l’unanimité trois nouveaux membres. Il s’agit donc de Guillaume Marie, Louise Rose, et Samuel Deshayes.

17/01/2026, 08:50

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Un guide pour orienter les auteurs sur les mers des négociations contractuelles

Pour les auteurices, s'engager sur les mers des négociations n'est pas sans risque, entre tempêtes de clauses contractuelles et remous liés à la mauvaise volonté de la partie adverse. Afin de prendre le large plus sereinement, la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse met à disposition un guide ludique et synthétique sur les contrats d'édition et leurs subtilités...

15/01/2026, 09:33

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Scott Adams, la chute d’un satiriste du monde du travail

Créateur du comic strip Dilbert, Scott Adams est mort le 13 janvier 2026 à Pleasanton en Californie, à l’âge de 68 ans. Auteur d’une des satires les plus diffusées du monde de l’entreprise, il laisse derrière lui une œuvre qui a profondément marqué la culture du travail… mais aussi une fin de parcours éclipsée par des prises de position jugées racistes qui ont entraîné la disparition de Dilbert des grands journaux.

14/01/2026, 17:58

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Un outil pour estimer la compatibilité d'un manuscrit avec une maison d'édition

Une fois le manuscrit terminé, une autre étape s'ouvre pour l'auteur qui souhaite faire publier son texte par un éditeur : trouver la bonne maison d'édition. Afin de viser juste et de ne pas multiplier les envois sans réponse, l'auteur Xavier Mayot s'est fait codeur, pour concevoir un outil de diagnostic en ligne de compatibilité entre création et maison d’édition. Accessible gratuitement, il encourage l'utilisateur à « s'investir dans l'envoi de son manuscrit ».

14/01/2026, 15:22

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Un Conseil national de protection sociale des artistes-auteurs en juin 2026

La loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2026, promulguée le 30 décembre 2025, a introduit plusieurs dispositions relatives à la protection sociale des artistes auteurs. Parmi celles-ci, la création d'un Conseil national de la protection sociale des artistes auteurs, qui revoit considérablement la gouvernance du régime.

13/01/2026, 09:16

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Zéno Bianu, poète des seuils et des traversées, est mort

Le poète, dramaturge et essayiste Zéno Bianu est mort le 9 janvier 2026 à Paris, à l’âge de 75 ans. Figure singulière de la poésie contemporaine française, il laisse une œuvre abondante et multiforme, située à la croisée de la poésie, du théâtre, du jazz et des spiritualités orientales.

12/01/2026, 17:33

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“Dévastée”, l'autrice Chimamanda Ngozi Adichie annonce le décès de son jeune fils

L'autrice nigériane Chimamanda Ngozi Adichie et son époux, le docteur Ivara Esege, ont fait part du décès de l'un de leurs jumeaux, Nkanu Nnamdi, à l'âge de 1 an, des suites d'une maladie. « La famille est dévastée par cette perte incommensurable et nous demandons au respect de leur vie privée tout au long de cet épisode douloureux », précise le message.

09/01/2026, 11:17

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Anticipant son décès, Robert Munsch prévoit la publication posthume de 50 livres

L'auteur américano-canadien Robert Munsch, âgé de 80 ans, a pris ses dispositions : diagnostiqué d'une affection chronique neurodégénérative en 2021, il a depuis largement planifié ce que deviendrait son œuvre après sa disparition. Dans un entretien accordé à CBC, il explique qu'une cinquantaine d'ouvrages paraitront de manière posthume, à un rythme régulier.

08/01/2026, 11:42

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Une nouvelle charte des rémunérations des autrices et auteurs dramatiques

La Charte des rémunérations des autrices et auteurs dramatiques, qui porte sur les émoluments liés aux différentes activités qu'ils peuvent exercer, bénéficie d'une nouvelle version, pour 2026. Conçue et réalisée dans le cadre des États Généraux des Écrivaines et des Écrivains de Théâtre, elle est diffusée par les Écrivaines et Écrivains Associés du Théâtre.

08/01/2026, 10:08

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Mort de Jacques Serrano, concepteur de la Semaine de la Pop Philosophie

Auteur, concepteur et directeur de la Semaine de la Pop Philosophie, Jacques Serrano est décédé le 28 décembre 2025 à Marseille, à l'âge de 71 ans. Cofondateur de l'association Les Rencontres Place Publique en 1994, il avait imaginé La Semaine de la Pop Philosophie en 2009, pour associer réflexion philosophique et culture populaire.

06/01/2026, 08:59

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Décès de Francis Hallé, figure littéraire et scientifique de la botanique

Le botaniste et écrivain français Francis Hallé est mort le 31 décembre 2025 à 23h à l’âge de 87 ans, à son domicile de Montpellier, a annoncé l’association qui porte son nom. Scientifique de terrain reconnu pour ses travaux sur les forêts tropicales primaires, il a aussi marqué le paysage intellectuel français par une œuvre abondante mêlant science, réflexion philosophique et écriture accessible, dans laquelle il a défendu une approche sensible et rigoureuse du monde végétal.

05/01/2026, 14:08

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Benoît Boutefeu rejoint le catalogue des éditions ABAK

Les éditions ABAK annoncent l’arrivée de l’écrivain Benoît Boutefeu dans leur catalogue. Cadre supérieur de la fonction publique ayant exercé dans plusieurs ministères, il est installé en région bordelaise. Son troisième roman paraîtra au deuxième trimestre 2026.

05/01/2026, 11:06

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Truman Capote, manuscrit perdu : Frédéric Doré imagine L’Ami secret

Frédéric Doré s’empare d’une énigme capotienne : les chapitres fantômes de Prières exaucées, jamais retrouvés. Dans L’Ami secret, à paraître début janvier chez Buchet-Chastel, il lance un narrateur rockeur sur la piste du manuscrit perdu, de New York à Cuba. Entre enquête littéraire et voyage intime, le roman dialogue avec les fractures et la légende de Truman Capote.

02/01/2026, 14:26

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Mohammed Harbi, acteur et grand historien de la révolution algérienne, est mort

Les éditions Syllepse nous apprennent le décès de Mohammed Harbi, survenu le 1er janvier 2026, à l’âge de 92 ans. Historien majeur de l’Algérie contemporaine, acteur direct de la lutte de libération nationale, intellectuel engagé en faveur de la démocratie et de l’autogestion, il aura traversé le XXᵉ siècle algérien sans jamais se départir d’une exigence critique et politique.

02/01/2026, 11:47

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Une héroïne de 10 ans face au monde des adultes : plongée dans Chasse gardée

D'abord, il y a eu une image. Cette petite fille, flanquée d'un gros chien d'attaque noir sur un chemin de poussière levée, qui semblait m'attendre dans une posture de défi.

31/12/2025, 13:22

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Croiser ses élèves adultes : ce que le temps fait aux destins

Dans ce texte, Dominique Fabre revient sur ses années d’enseignement et sur les visages de ses anciens élèves, croisés au fil du temps. Entre souvenirs de classe, trajectoires de vie et dialogues ordinaires, se dessine une méditation douce-amère sur l’âge, le travail et les illusions. Ces rencontres anodines deviennent matière littéraire, lente et précise. Elles forment le cœur de La jeunesse est un cœur qui bat.

31/12/2025, 11:13

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Après Charlie Hebdo, trouver sa langue pour écrire le deuil

À partir du procès de Peter Cherif, commanditaire de l’attentat de Charlie Hebdo, Natacha Wolinski interroge ce que peut la langue face à la violence et au deuil. Comment écrire quand tout a déjà été dit, comment trouver une voix qui soit la sienne ? En dialogue avec Anna Akhmatova et Hélène Cixous, elle raconte la naissance d’Endormir l’orage. Un texte où la poésie devient réponse, cadence et résistance.

31/12/2025, 10:49

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Neuf coups de couteau : écrire là où le journal s’arrête

Une femme qui « a tué sa maîtresse de neuf coups de couteau de cuisine » et « a probablement agi dans une crise de démence », comme l’indique un quotidien suisse en janvier 1968, appartient à un monde plus grand que celui où l’enferment, comme une deuxième prison, les mots de l’information pure.

30/12/2025, 15:51

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Mort de Pierre Bordage : l’imaginaire français perd “un inventeur d’histoires et de mondes”

Les éditions L’Atalante et Au diable vauvert ont la tristesse de faire part du décès brutal de Pierre Bordage, survenu à la suite d’un arrêt cardiaque, le 26 décembre 2025, à l'âge de 70 ans.

29/12/2025, 16:09

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Affaire Epstein : Gallimard reporte la parution du livre de Jack Lang ?

Selon une information publiée par Marianne, Gallimard a décidé de suspendre la parution de Ma vie avec François Mitterrand, le prochain ouvrage de Jack Lang, initialement annoncé pour mai 2026. 

12/02/2026, 18:33

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Collecte globale de livres en Russie : l’offensive culturelle à l'ère des librairies menacées

Du 9 au 15 février 2026, la Russie donne des livres sous les projecteurs. Le ministère de la Culture soutient une collecte nationale qui mobilise bibliothèques, librairies, maisons d’édition et institutions culturelles. Objectif affiché : faire entrer des titres récents et des rééditions de classiques dans des établissements dont les fonds réclament de l'aide...

12/02/2026, 17:46

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Japon : les bibliothèques déclenchent la vague “tadoku” pour apprendre le japonais en lisant

À Tokyo, la bibliothèque publique cesse d’être un simple lieu de prêt. Elle devient un moteur d’apprentissage, au plus près du quotidien, pour des habitants qui apprennent le japonais et cherchent autre chose qu’un manuel. Dans plusieurs établissements, la lecture extensive — le “tadoku” — prend corps à travers des animations, des fonds adaptés, et des bibliothécaires qui tirent les services multiculturels vers le concret.

12/02/2026, 16:42

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Chez Jeanne, librairie-café, papeterie et “lieu de créativité”, bientôt à Ernée

Ernée, commune du département de la Mayenne, gagnera bientôt une librairie-café, doublée d'une papeterie et d'un « lieu de créativité » proposant aussi des espaces de coworking. Amandine Andouard Hubert réhabilite un vaste espace de 150 m2, pour en faire un commerce générateur « de lien social ». L'ouverture de Chez Jeanne est prévue dans quelques mois.

12/02/2026, 16:16

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L'éditrice BD Élise Rouyer rejoint Fluide Glacial

Depuis le 2 février 2025, Élise Rouyer a rejoint l’équipe de Fluide Glacial en tant qu’éditrice bande dessinée. Une arrivée qui ressemble à l’aboutissement d’un long clin d’œil professionnel : « Depuis 2012, Élise Rouyer et Clément Argouarc’h [rédacteur en chef de Fluide Glacial, NdR] plaisantaient à chaque rencontre : “Et si on bossait ensemble chez Fluide Glacial ? », partage Bamboo Édition, qui détient aujourd’hui Fluide Glacial.

12/02/2026, 15:42

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La société éditrice de Charlotte mensuel en liquidation judiciaire

Créée en mars 2024 par Vincent Bernière pour assumer le lancement de la revue Charlotte mensuel, la société Les Bons Pères de famille a été placée en liquidation judiciaire le 27 janvier dernier, apprend ActuaLitté. L'avenir de la publication semble compromis.

12/02/2026, 12:58

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Brésil : 6000 bibliothèques… et pourtant la lecture reste hors de portée

Au Brésil, le chiffre rassure et le terrain résiste. Le pays recense 6057 bibliothèques publiques en fonctionnement, mais l’accès au livre demeure inégal, parfois laborieux, souvent décourageant. Le sujet a surgi à Brasilia lors d’une audition de la Commission de la culture de la Chambre des députés, le 17 octobre 2019. Et depuis, fait amplement parler.

12/02/2026, 12:14

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Les parutions du mois au Tripode : fiction, manga et biographie

La maison d’édition Le Tripode annonce l’arrivée d’une nouvelle autrice à son catalogue : Charlotte Monsarrat. Son roman, Le Livre de Sève, qui paraîtra le 5 mars, entraîne le lecteur dans un univers végétal et oppressant, où deux sœurs tentent d’échapper à un monde clos. Le mois sera également marqué par la parution d’un nouveau volume de Gen aux pieds nus de Keiji Nakazawa, ainsi qu’une biographie consacrée à Edgar Hilsenrath, dont on célèbre le centenaire de la naissance.

12/02/2026, 12:09

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Vocabulaire de la finance : ne négociez plus avec la langue française

Dans une économie mondialisée, encore dominée par le dollar, difficile d'échapper aux termes tirés de l'anglais lorsque l'on évoque la finance et le secteur bancaire. La Commission d'enrichissement de la langue française propose une liste d'équivalents dans la langue de Molière, pour ne pas uniquement parler taux de change et devises...

12/02/2026, 10:30

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Fondée en 1837, la librairie Labbé fermera en juin

C’est une page de près de deux siècles qui s’apprête à se tourner à Blois. Olivier Labbé, à la tête de la librairie éponyme située rue Porte-Chartraine, a annoncé la fermeture définitive de l’établissement en juin prochain. Fondée en 1837, devenue librairie-imprimerie Vannier, elle est reprise par la famille Labbé en 1973. L'enseigne est l’une des plus anciennes de France encore en activité.

11/02/2026, 18:24

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CNL : trois nouveaux présidents de commission nommés

Sur proposition de Régine Hatchondo, présidente du Centre national du livre (CNL), la ministre de la Culture Rachida Dati a nommé trois nouveaux présidents de commission. Ils prendront leurs fonctions lors des sessions de janvier et mars 2026. Ces nominations concernent les commissions Vie littéraire, Partir en Livre et Printemps des Poètes.

11/02/2026, 18:14

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En dessous du volcan de Malcolm Lowry : une nouvelle traduction signée Claro en 2028

Les éditions du Cherche Midi publieront en janvier 2028 En dessous du volcan, chef-d’œuvre de Malcolm Lowry, dans une nouvelle traduction confiée à Claro. Le roman paraîtra dans la collection « Lot 49 », relancée pour l’occasion.

11/02/2026, 17:33

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Les éditions Mazarine (Fayard) recrutent une nouvelle directrice littéraire

Après treize années passées chez Prisma Media, Ambre Rouvière annonce son départ pour rejoindre Hachette Livre. Elle devient directrice littéraire des éditions Mazarine.

11/02/2026, 17:30

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Mémoire du Feu, le nouveau bouquiniste “politique“ des quais de Seine

À Paris, face au 86 quai de l’Hôtel de Ville, Mémoire du Feu rouvre le jeu du bouquinisme à hauteur d’idées : livres politiques épuisés, essais de critique sociale, histoire sociale, catalogues de maisons indépendantes, mais aussi un peu de littérature et d’illustré. Né d’un parcours de libraire confronté aux loyers, aux refus d’aides et à la surproduction éditoriale, le projet revendique un tempo plus lent, une sélection resserrée et une ambition simple : faire des quatre boîtes vertes un lieu de rencontres, de discussions… et de trouvailles.

11/02/2026, 17:03

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Affaire Guillaume Meurice : la blague ne fait toujours pas l’unanimité

Réuni le 9 février 2026, le conseil de prud’hommes de Paris n’a pas réussi à statuer sur la contestation du licenciement de Guillaume Meurice par Radio France. Le dossier sera rejugé par un magistrat professionnel, dans un délai compris entre six mois et deux ans.

11/02/2026, 14:32

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Pressions, dégradations... Dati soutient finalement les librairies, du bout des livres

À l'occasion de la conférence de présentation du Festival du Livre de Paris, la ministre de la Culture Rachida Dati s'est finalement exprimée au sujet de la vague d'agressions et de dégradations vécues par les librairies indépendantes ces derniers mois. « Je le redis : la violence n'a sa place nulle part et certainement pas dans des lieux de culture », a-t-elle ainsi déclaré. Sans évoquer la perquisition subie par la librairie parisienne Violette & Co, ni le comportement de son camp politique au Conseil de Paris.

11/02/2026, 12:03

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Aux États-Unis, une plainte contre Amanda Palmer et Neil Gaiman classée sans suite

Une plainte déposée contre l'autrice-compositrice Amanda Palmer et son ex-mari, l'auteur britannique Neil Gaiman, dans l'État du Massachusetts, a été classée sans suite par la justice américaine le vendredi 6 février dernier. Le tribunal a estimé que la procédure devait se dérouler en Nouvelle-Zélande, où les faits allégués d'agressions sexuelles se seraient produits. 

11/02/2026, 10:46

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Comment l’algorithme d'Amazon influence désormais ce que vous lisez

Amazon a changé les règles, sans conférence de presse. Dans les coulisses de la boutique en ligne, les spécialistes du référencement décrivent depuis 2024-2025 une évolution du moteur de recherche interne : moins de réactions au quart d’heure, plus de poids accordé aux signaux cumulatifs. Plusieurs analyses parlent ainsi d’un modèle “A10”, étiquette officieuse, utile pour nommer un faisceau de comportements observés.

11/02/2026, 10:39

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Léger recul de l'ebook, audiolivre stable : ce que révèlent les ventes 2025 aux USA

En décembre 2025, l’édition américaine boucle l’année sur une accélération nette. Les revenus déclarés par les éditeurs américains dans l’outil StatShot de l’Association of American Publishers (AAP) progressent de 9,4 % par rapport à décembre 2024, pour atteindre 1 milliard de dollars. Sur l’ensemble de l’exercice 2025, le total cumulé grimpe de 1,1 %, à 14,6 milliards de dollars.

10/02/2026, 20:05

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Strasbourg : la librairie Le Camphrier ferme définitivement

C’est la fin d’une adresse bien identifiée des amateurs de culture japonaise à Strasbourg. La librairie Le Camphrier, installée place Kléber, a annoncé sa fermeture définitive après une liquidation judiciaire.

10/02/2026, 17:54

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Allemagne : la bataille du dimanche arrive dans les bibliothèques, et promet des étincelles

En Allemagne, le dimanche reste un terrain miné dès qu’il s’agit d’employer du personnel. Et c’est précisément ce verrou que le ministre d’État à la Culture et commissaire du gouvernement fédéral à la Culture et aux Médias, Wolfram Weimer, veut desserrer — au moins pour les bibliothèques publiques. À l’occasion du « Tag der Bibliotheken » (journée nationale des bibliothèques), il réclame une adaptation du droit du travail afin de permettre leur ouverture les dimanches et jours fériés.

10/02/2026, 16:35

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Prix Nobel de la Paix, Narges Mohammadi condamnée à une nouvelle peine de prison

La justice iranienne a prononcé une nouvelle condamnation contre Narges Mohammadi, lauréate du prix Nobel de la paix 2023. Selon son avocat, Mostafa Nili, la militante iranienne des droits humains a été condamnée, dimanche 8 février, à six ans de prison pour « rassemblement et collusion en vue de commettre des crimes ». Elle a également écopé d’une interdiction de quitter le territoire iranien pendant deux ans.

10/02/2026, 15:51

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Cashmere lève 5 M$ : Ingram, Pearson et Naver parient sur la licence IA du livre

Cashmere surgit dans le champ de mines de l’IA générative et de l’édition avec une annonce nette : un tour d’amorçage de 5 millions de dollars, mené par Reach Capital, avec Ingram Content Group, Pearson et Naver parmi les investisseurs. L’opération place au centre une promesse très « industrie » : bâtir une infrastructure de licence et de livraison de données pour relier des contenus premium à des modèles, sans dilution des droits. D’autres fonds figurent autour, dont Founders Future et Fortitude Ventures, selon plusieurs annonces du dossier.

10/02/2026, 14:40

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Essey-lès-Nancy accueillera bientôt sa première librairie, Essey Littéraire

L'est de la métropole nancéienne gagnera prochainement une librairie généraliste. Sandrine Platti inaugurera en effet dans quelques semaines Essey Littéraire, une enseigne installée dans un grand local de 135 m2. Passionnée, à égalité, par les littératures blanche et noire, elle prépare un lieu « proche des gens, pour faire vivre le livre », place de la République, à Essey-lès-Nancy.

10/02/2026, 11:47

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Inde : la police démantèle une imprimerie clandestine et saisit 32 000 manuels

À Delhi–NCR, la bataille contre le piratage scolaire a pris la forme d’un raid industriel, à l’aube. Le 16 janvier 2026, une équipe conjointe du National Council of Educational Research and Training (NCERT) et de la Crime Branch de la police de Delhi a perquisitionné une imprimerie clandestine à Ghaziabad, dans l’Uttar Pradesh, et saisi environ 32.000 manuels NCERT contrefaits, couvrant plusieurs classes et matières. Sur le terrain, tout s’accélère.

10/02/2026, 11:24

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Claudia Frese nommée directrice générale de momox

Momox annonce la nomination de Claudia Frese au poste de directrice générale. Elle succède à Heiner Kroke, qui dirigeait l’entreprise depuis douze ans. Cette transition intervient à l’issue d’une période de développement du groupe à l’échelle européenne. La nouvelle dirigeante prend ses fonctions immédiatement.

10/02/2026, 11:15

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Ne dites plus “piface” (ni PFAS, d'ailleurs) : un mot français existe

Depuis quelques mois, les PFAS se sont ajoutés à la longue liste des éléments nocifs pour l'environnement et la santé humaine, dérivés des activités industrielles. Ces composés per- et polyfluoroalkylés, extrêmement résistants, se retrouvent dans l'eau, l'air, le sol et les sédiments, avec des effets délétères sur les organismes vivants. À défaut d'une méthode pour s'en débarrasser, la Commission d'enrichissement de la langue française a proposé une abréviation française, en équivalent à la version anglophone.

10/02/2026, 10:10

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Les éditions Paulsen recrutent une nouvelle directrice

Églantine Gabarre prendra la tête des éditions Paulsen à compter du 2 mars, nous confirme la maison. Elle succédera à Isabelle Parent, et supervisera une équipe de 12 salariés répartis entre les bureaux de Paris et de Chamonix.

09/02/2026, 16:33

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À Bordeaux, l'historique librairie Bradley's Bookshop a fermé ses portes

La fermeture de la librairie Bradley's Bookshop, installée depuis 1983 à Bordeaux, s'est faite en toute discrétion le mercredi 14 janvier dernier. Avec elle disparait pourtant une enseigne bien connue des lecteurs anglophones de la ville de Montesquieu.

09/02/2026, 16:14

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Cambriolages à Chypre : deux librairies au coeur d'une série de vols

À Larnaca, deux librairies se sont retrouvées dans la même liste noire que des cafés et un salon de coiffure. Entre le 16 et le 25 janvier 2026, cinq commerces ont été cambriolés en neuf jours, selon Knews (Kathimerini Cyprus). Les voleurs n’ont pas cherché le spectaculaire : ils ont cherché le rapide, le transportable, le revendable.

09/02/2026, 15:35

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Un procès en vue pour Isabelle Saporta, face à Patrick Poivre d'Arvor

Dans l'émission Touche pas à mon poste ! du 8 février 2023, Isabelle Saporta, alors PDG des éditions Fayard — et éditrice du présentateur Cyril Hanouna lui-même — présentait le livre PPDA le Prince Noir, de Romain Verley. Elle évoquait à cette occasion une « enquête incroyable » et revenait sur les accusations d'agressions sexuelles et de viols à l'encontre de l'homme de télévision. Celui-ci l'a assignée en justice, avec Fayard, C8 et le groupe Canal +, pour « atteinte portée à son droit au respect de la présomption d'innocence ».

09/02/2026, 15:17

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JO d'hiver 2026 : avec la langue française, évitez les sorties de piste

Avec une attention particulière portée au chrono, la Commission d'enrichissement de la langue française a publié une liste de vocabulaire relative aux sports d'hiver. Pendant les Jeux olympiques, il devient ainsi possible de commenter les exploits des concurrents sans pour autant déraper vers les anglicismes...

09/02/2026, 10:22

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Maine : quand l’ICE frappe à la porte, les bibliothèques réclament un mandat

Dans le Maine, un projet de loi place les bibliothèques parmi les « lieux sensibles » face aux opérations de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE). Le texte, LD 2106, soutenu par la gouverneure Janet Mills et porté par la représentante Ellie Sato (Démocrate, Gorham), encadre l’action d’agents engagés dans l’« immigration enforcement » ou son soutien. 

07/02/2026, 17:09

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Scandale Agessa : quand l’État préfère les finances du régime aux droits des artistes

Un courrier ministériel du 15 janvier 2026 révèle ce que beaucoup redoutaient : alors que l'intersyndicale artistes-auteurs avaient enfin obtenu un vote du conseil d'administration de la SSAA mettant un terme aux appels systématiques contre les victimes du scandale AGESSA, les ministères de tutelle ont décidé de bloquer cette décision. Une victoire morale annulée, et une violence institutionnelle qui se poursuit. 

07/02/2026, 08:50

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Mickaël Palvin devient l'agent littéraire de Patricia Darré, la médium numéro 1 des ventes en France

Figure incontournable de l’ésotérisme éditorial grand public, Patricia Darré poursuit la structuration de son parcours professionnel avec Mickaël Palvin fondateur de l’agence Héraklès, apprend ActuaLitté. Après plus d’une décennie de succès commerciaux et éditoriaux, la médium numéro 1 des ventes en France confie désormais la gestion de l’ensemble de ses droits à l'agent littéraire, professionnel aguerri du marketing culturel et de l’édition.

06/02/2026, 17:05

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En Pays de la Loire, face à l'austérité : “Le Mobilis d’avant n’est plus là”

En avril 2025, le Pôle régional de coopération des acteurs du livre et de la lecture en Pays de la Loire, l'association Mobilis, actait le licenciement de ses cinq salariées, conséquence de la suppression du soutien auparavant apporté par la région. Près d'un an plus tard, la structure, toujours bien considérée par les professionnels du livre, est contrainte d'augmenter le montant de ses cotisations et peine à obtenir de nouveaux soutiens.

06/02/2026, 12:17