Alexandre Farto (1987) dit Vhilsartistes urbains
Le 03/10/2014 à 08:10 par Cécile Pellerin
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03/10/2014 à 08:10
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est sans doute actuellement l'un des les plus innovateurs de sa génération. Inclassable, son travail explore et expérimente de nombreuses techniques et supports mais s'efforce, à chaque nouvelle tentative, de rendre compte des influences réciproques entre une ville et ses habitants. Compréhensibles, accessibles à tous, immédiates et brutes, ses œuvres, véritables incarnations de l'art de la rue, reflètent notre époque, insufflent de la vie dans un environnement urbain dégradé, déshumanisé et froid, apportent de l'émotion, de la beauté là où on ne les attendait pas.
Cet ouvrage, Entropie, rend compte de manière exhaustive du travail de l'artiste, décrit ses techniques de réalisation avec une précision passionnante et laisse le lecteur, ébahi, au final, impressionné par la démarche et l'originalité des réalisations, fasciné par la mise en œuvre et les contraintes subtiles auxquelles l'artiste doit faire face. Le voilà curieux et captivé de découvrir comment l'art peut naître du délabrement et de quelle manière la poésie, issue de la destruction et du chaos éclate et s'offre à lui, immédiatement émouvante. "Une esthétique du vandalisme".
Vhils est surtout célèbre pour ses portraits d'anonymes gravés sur les murs délaissés des villes du monde entier. La technique de gravure toute personnelle qu'il utilise, le sgraffito consiste à enlever des couches au lieu d'en ajouter. Aidé d'un burin, voire d'un marteau piqueur, il gratte la surface des murs, creuse, coupe, fouille en eux, se débarrasse du superflu pour laisser émerger la création, la vie au cœur de ces milieux urbains.
Ces portraits sont à l'origine issus de photos simplifiées par photoshop qu'il peint ensuite sur les murs à l'aide de pochoirs ou par projection. Ensuite, tel un maçon, muni d'un marteau, d'un perforateur, aidé le plus souvent par une grue nacelle, il sculpte et donne vie à l'image. Véritable sculpture évolutive, au fil du temps, du mur qui s'effrite.
Artiste de la récupération, Vhils travaille également avec des affiches publicitaires collées sur les murs qu'il utilise comme toiles. Retirées de leur contexte, ces affiches servent de support à de nouvelles sculptures, exposées plus tard dans de nombreux musées. Des plaques métalliques gravées à l'acide mais aussi des supports en bois (portes, volets ou panneaux de récupération) ou de papier (abîmé, cela va de soi), voire même du polystyrène ou du liège servent sa création et le résultat est étonnant.
C'est certain, Vhils emprunte une nouvelle voie créative multiple et presque illimitée, singulière et dans l'air du temps, proche et intrigante.
Pour aller plus loin dans la découverte, une exposition des œuvres de Vhils, sera visible à la galerie Magda Danysz, 78 rue Amelot, Paris 11ème, du 11 octobre au 15 novembre 2014 et dans le cadre de la Nuit Blanche à Paris, le 04 octobre, l'artiste portugais réalisera trois murs à l'hôpital Necker.
Par Cécile Pellerin
Contact : cp@actualitte.com
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