#Technologie

Pour une définition du livre numérique

C'est comme le problème de l'oeuf de Christophe Colomb : on n'a pas besoin de définir l'oeuf (ni même s'il a précédé la poule ou pas), juste de savoir s'il faut le cuire avant de l'ouvrir

Le 04/01/2012 à 18:36 par Clément Solym

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Publié le :

04/01/2012 à 18:36

Clément Solym

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Un livre, c'est de l'inachevé fermé.
Antoine Emaz, Cuisine.
Merci J-Y.F. !
centre de gravité

Non, pas besoin de définir le livre numérique, on laisse ça aux calculateurs de TVA, de prix unique, de prix par rapport à la version imprimée, de marchands de toute sorte.

Axiome de départ : on n'a pas besoin de définition du livre numérique pour le lire.

La question c'est celle du changement de centre de gravité. Si on utilise l'expression livre numérique on le spécifie par rapport à livre non numérique, donc un objet matériel lié à un contenu précis, qui s'est progressivement constitué (dès avant le codex) en notion de livre, a pris son essor via l'imprimé pour continuer d'évoluer jusqu'à l'époque moderne, mais soudain, en deux ou trois décennies (déjà) s'est laissé dérober que sa nécessité d'objet soit liée à sa nécessité de contenu. Les grandes bases de données scientifiques, médicales ou juridiques, les grands dépôts d'images (anatomie, astronomie, histoire) ont installé les premières ce territoire hors livre, en ce qu'il concerne notre mémoire, notre héritage, notre pratique. On ne met pas assez l'accent sur le fait que le basculement de ce qui reste du livre n'est que la queue de comète du bouleversement de civilisation quant à la forme d'archivage et transmission de ses savoirs.

Ont suivi les savoirs techniques, y compris de la technique du texte, les réserves d'outils, y compris les dictionnaires (et bassins de dictionnaires), l'encyclopédie elle-même (et la révolution d'une encyclopédie mobile, participative, en mouvement permanent qu'est Wikipedia, en dédoublement quasi instantané et de notre navigateur et du livre qu'on est en train de lire), enfin la bibliothèque en voie de généralisation, pour compléter cette migration. Et pourtant, avec l'ultime transfert qui s'opère sous nos yeux, celui de la bibliothèque, on a la part symbolique du basculement.

Autant dire que dans tout cela, la notion réservée au livre numérique est bien congrue. Il reste que la création artistique était tout entière dans ce résidu, et donc nous-mêmes, et nos rêves.

nous sommes déjà sortis du livre

En contrepoint, la création et le travail esthétique du texte – dont le livre n'a jamais été qu'un aspect de la réalisation matérielle –, trouve dans le web une démultiplication et une intensification, tout simplement d'abord parce que réduction de la distance à notre propre usage : le lieu de publication est le lieu d'écriture, et parce que les usages qui fondaient l'écart de la littérature, rapport à la documentation, à l'enquête, à l'image, à la réflexion et l'agora, ont aussi installé leur campement principal sur le web.

Avec pour effet trompeur que ce que nous demandions originellement au livre, et créait cette inquiétude de ce qui pouvait s'en perdre dans la mutation, ne concerne plus alors que sa fraction spécifiquement marchande, dans sa disponibilité commerciale immédiate.

Et pourtant – dans les courriers reçus quotidiennement pour propositions que je décline (un peu égoïstement, parce que je préfère qu'on m'invite avec Pifarély pour ce que je considère comme mon art plutôt que pour la papote technique à l'attention de « notre revue destinée aux professionnels du livre » ou de « notre journée d'étude à l'attention des professionnels de l'édition », presque un tic puisqu'ils ne se sentent plus autorisés à l'expression chaîne du livre), de plus en plus l'impression que la référence même au livre ne nous est plus utile et que c'est cela qui m'éloigne. Que Livre au Centre soit le premier Centre régional du livre, ce matin même, à se dissoudre dans une entité plus large qui s'intitulera livre, image, culture numérique est quasiment un bon signe au regard de leurs équivalents qui dans la plupart des régions en sont restés à l'âge de la charrue à cheval.

Le paradoxe est donc que nous n'avons plus à nous déterminer depuis cette instance, et qu'en même temps les autres ont déjà pris l'habitude de nous tourner le dos. Lire, c'est difficile : m'interloque en permanence cette facilité de sites pourtant pointus pour les questions de mutation numérique à promouvoir les valeurs littéraires les plus consensuelles. Comment se faire lire ? (Cela aussi pourrait être une définition a minima du livre numérique : ce qui contribue à nous faire lire. Récente expérience en lisant récemment, dans une bibliothèque, les textes d'un auteur qui m'importe, et travaille dans cette bibliothèque : – Ah bon, ce que t'as lu, c'est dans son site ?)

le web suffit

Alors, évidemment, le web nous suffit, il est notre chantier, notre ressource, on y interagit et on fait interagir les textes avec qui les lit.

Non seulement le web devient la base de marche principale, mais ce qui est transmis à l'imprimeur sous le nom de livre, et dont l'objet matériel est la forme transportable et commercialisable, c'est aussi un site web complet, fermé, incluant ses ressources (xml), ses grilles graphiques (css), ses métadonnées.

Alors souvent le doute vient : ce que nous nommons livre numérique, n'est-ce pas seulement la projection intérieure que nous faisons – vers ou dans un objet numérique – de notre idée héritée, constituée d'après l'importance, fétiche et réelle, que nous avons constituée du livre imprimé ?

Seulement, le web contient tout, mais ne vient à vous qu'à condition de requérir ce qu'on cherche (travaux Olivier Ertzscheid). La médiation des contenus (question essentielle pour les bibliothèques) peut remplacer les tâches de mise à disposition de ces contenus, va indiquerrecommander, mais ne produira pas le web comme lecture.

Est-ce que notre lecture du livre sous format numérique, dans sa linéarité, sa sagesse typographique, n'est pas que le succédané dans nos usages numériques d'une pratique – qui peut être parfaitement noble, notamment pour ce qui concerne l'écart, la concentration, l'imaginaire, le travail intérieur –, que nous avions appris à constituer dans le livre ? Apprentissage très savant d'une pratique complexe – la lecture – dont rien par ailleurs, ni la socialité, ni la technologie propre (quoi de plus technologiquement complexe qu'un livre de poche) n'aurait besoin d'être alors redéfinie ?

Ce que les bases de données ont bouleversé des autres savoirs n'induit pas forcément une exigence de réactualisation pour nos pratiques de lecture. Mais l'écosystème par lequel ces lectures respiraient et reflétaient et représentaient et subvertissaient le monde, lui, s'est établi dans un autre champ. C'est la fonction littérature qu'il nous appartient d'y reconstruire, dans l'intérieur même de ces usages numériques qui sont désormais le camp principal de notre rapport au monde. Comment imaginer alors que cette fonction, si on la nomme livre numérique, se suffise de la transposition du livre ? Pas besoin pour autant d'entrer dans les absurdes articles de la Loi du prix unique pour le livre numériquepitiébureaucratique désavouée par ses concepteurs même, et qui ravale tout cela sous le mot d'accessoires.

Alors, le web. En quoi le web suffit, et ne suffit pas à la fois. En quoi l'éditorialisation peut se déplacer de la construction textuelle à l'objet en soi éditorialisé qu'est un site web, tout en gardant l'éventuelle spécificité induite par la production collective.

Questions qui pour moi ont lourdement résonné ces dernières semaines avec le travail entrepris (en binôme aveugle avec NumerikLivres) sur un site majeur de la création contemporaine, réflexion en prise autant avec le monde qu'avec le web lui-même, La Grange de Karl Dubost (oui, Karl) devenue livre numérique avec L'ange comme extension de soi.

on ne contourne pas l'argent

Il y a le petit bout de la lorgnette : si le site est notre atelier artistique en lui-même, comment assumons-nous la rémunération de cette création. Ce n'est pas un argument qui tient. La création de crête, littéraire ou picturale ou autre, ne s'est jamais déterminée par ses modes de rémunération. Des Flaubert ou des Proust n'auraient rien fait sans l'argent familial (je pourrais m'appliquer ça à une échelle bien plus humble), et pas besoin d'aller convoquer les figures de Rimbaud ou Baudelaire ou Isidore Ducasse comme antidotes. Des oeuvres essentielles comme celles de Ponge ou Kafka peuvent naître en parallèle d'une vie salariée, et le domaine public est tout engorgé d'auteurs professionnels oubliés.

Si la bascule prend un tour dramatique, ce n'est pas à cause du numérique, mais pour l'effondrement de tout l'écosystème, stages et ateliers, commandes radio ou télé, invitations dans les universités (étrangères, tranquillisez-vous), qui permettaient à ceux comme moi de tenir. Autre versant : en 10 ans, la courbe de répartition des ventes de livres a changé radicalement : en 1984, le Médicis pour l'époustouflant Cherokee d'Echenoz, c'était 35 000 exemplaires, mais mon 1er roman, Sortie d'usine, 2500 exemplaires. Aujourd'hui, la baisse du coût d'impression fait qu'à partir de 350 exemplaires vendus on est content, et qu'après 5 semaines ne restent en librairie que la minime poignée de daubes qu'on retrouvera partout et dont les ventes s'envoleront bien plus qu'un Goncourt d'il y a 10 ans.

Ce métier n'est plus un métier dedésir, à quelque intersection qu'on le prenne. La création littéraire était entièrement dépendante de cet écosystème édition chercheuse / librairie militante : le numérique a été d'abord un exil ou un contre-territoire, il en est maintenant le territoire même, non par compensation ou revanche, mais simplement parce que tous les usages, musique, sciences, image, la presse même, se sont établies sur ce territoire. Et pourtant, l'immobilité figée d'une énorme masse d'auteurs de l'imprimé, alors que tout se craquèle autour d'eux, et qui se souviennent de nous envoyer un mail seulement quand ils sortent un nouveau livre : on les aura pourtant assez prévenus, on leur aura de si longtemps tendu la main.

Mais cette gratuité (faire un site ne coûte rien, s'auto-publier sur Amazon et Apple ne coûte rien, écrire ne coûte rien) qui est valable à l'échelle individuelle ne l'est plus à l'échelle (micro)collective : les grandes plateformes ont beau déployer leurs outils d'auto-publication, et un des axiomes d'Internet étant que la réalisation la plus complexe ou sophistiquée puisse être réalisée à partir de logiciels libres, j'appelle tout simplement livre numérique l'établissement d'un (micro)circuit économique, basé sur la rétribution du service plus que et non sur le transfert de l'objet matériel, fût-ce la commodité du fichier transféré, qui permet l'établissement de ce collectif, incluant évidemment l'auteur (et l'idée d'une rémunération 50/50 auteur/structure c'est une question de fond posée à l'édition fossile), mais – pour publie.net question décisive, et pour l'instant si on y arrive c'est plus grâce à la générosité des bibliothèques qui s'abonnent que sur les ventes elles-mêmes – de pouvoir installer un circuit qui, lui, ne peut être basé sur le bénévolat : les heures de code et préparation éditoriale de 2 personnes (je ne me compte pas, et d'ailleurs c'est de + en + eux qui font le boulot, tant mieux, rapporté à la trentaine de textes qu'on a devant nous en retard), et côté Immatériel-fr l'appui sur une cellule d'action sans laquelle on serait au mieux dans ce circuit d'auto-publication...

Dernier point pour ce qui concerne cette question économique (pour ça que maintenant j'arrête avec les entretiens et trucs du genre, où on n'y coupe pas de ces questions niveau zéro du consensus sur le coût réel d'un eBook ou ritournelle sur le modèle économique – ben non, j'en ai pas – sans parler de cette prolifération d'études ou de rapports et de consultants devenue une profession bis pour d'aucuns qui ne savent pas trop faire autre chose), c'est précisément la constitution d'une validation symbolique.

Les journaux littéraires traditionnels savent évidemment qu'ils sont progressivement court-circuités : la médiation du web se fait par le web, pas mon genre d'aller me plaindre que les médias tradis s'intéressent à nous à propos des liseuses sous les sapins de Noël et non pas sur les formes et contenus des auteurs qu'on publie. Si nous entrons dans cette guerre, c'est parce qu'elle en est une : non, mieux vaut les happy few que la com' pour vendre, à nous de nous organiser pour tenir. L'idée de coopérative pour publie.net c'est parce qu'on ne délègue pas cette instance verticalement à l'éditeur – un écosystème d'écriveurs/liseurs/blogueurs qui devient l'instance principale d'une recommandation éclatée, diversifiée, curieuse, et fait naître en elle-même des initiatives textes-réseau (les vases communicants, leconvoi des glossolalies, les 807 et d'autres) qui est à chaque pas la récompense, et établit désormais le contrat de départ, pour éviter les fausses attentes.

Mais en imposant un catalogue, en montrant notre capacité à le diffuser, on établit ce repérage et cette validation symbolique nécessaire aux textes. Si cela induit la rançon d'une coupure avec les modèles basés sur le gratuit, j'assume.

sur quoi vous lisez ?

Et donc rien dans tout ça qui justifie d'en passer par cette instance, le livre numérique.

La fonction crée l'organe ? Depuis l'arrivée de l'iPad, j'avais délaissé la lecture sur liseuse à encre électronique, mal foutu, trop sommaire, aussi sexy qu'un Minitel. Le Kindle s'était inséré dans mon environnement, mais pour les fonctions parallèles à la lecture : plutôt pour se procurer des textes qui m'étaient nécessaires, sous réserve de leur disponibilité numérique. Aujourd'hui encore, pour mon petit polar américain en cours des heures loisir, une ou deux fois par mois c'est sur Amazon US que je me le procure, même si je le lis de nuit ou en sieste ou train plutôt sur l'iPhone ou l'iPad.

Il reste qu'à l'automne sont venus 2 grands chocs : l'arrivée enfin d'un vrai système concurrentiel de librairies numériques. Merci à iTunes d'avoir été notre poumon depuis 1 an 1/2, mais la surprise c'est qu'on vend encore plus sur iTunes depuis qu'on s'est mis aussi à vendre sur Kindle et Fnac/Kobo, plus les indépendants qui se défendent toujours, FeedBooks qui est reparti de l'avant, et ePagine. Exit par contre les libraires indépendants, de leur propre fait : ils ont eux-mêmes décidé, semble-t-il, de ne pas prendre pied dans cet univers. Pour nous, une situation désormais concurrentielle, qui impose à chaque acteur de disposer de sa propre médiation active, donc de valoriser les contenus qu'ils proposent, en tant qu'éditeur on ne peut qu'en bénéficier.

Deuxième onde de choc récente, enfin des outils à lire dont le prix s'établit à 100 euros ou autour. Et pas des outils au rabais : j'ai sur ma table une Fnac/Kobo, simple et facile, très excitante à lire, et dans ma poche quand je sors une Bookeen Odyssey, objet plus riche au toucher et dans les fonctions, capacités d'affichage et options vraiment un outil qu'on a plaisir à considérer comme sien : j'ai recommencé à lire sur liseuse – les 2 gérées via l'indispensable Calibre bien sûr. Constat qu'une fois que ces bêtes-là sont dans votre environnement, vous avez du mal à revenir en arrière vers le papier. Constat que le combat désormais dans la qualité et la singularité de l'offre, et le service au lecteur qui les accompagne. Tous les curseurs changent, pour nous auteurs, et change aussi, pour nous éditeurs, la complexité : armer un texte pour sa diffusion numérique c'est un travail bien plus complexe (on apprend à le faire, on a moins envie par contre de partager le côté artisanal de ce savoir) que ce que c'était il y a 6 mois ou un an.

La justification du livre numérique, c'est le travail qu'on met dedans.

Se stabilise un modèle où ces principaux supports (l'iPad, les smartphones, le Kindle, la Kobo, l'Odyssey, – manque juste la Sony) proposent chacune un accès one clic(avec fonction repentir pour le Kindle) vers une librairie numérique à peu près globalisée – publie.net par exemple est présent sur chacune. Et c'est bien curieux pour nous de suivre en détail la répartition et l'évolution des panels de nos titres vendus sur chacune de ces plateformes, y compris pour peser sur l'instance d'achat. Et que nous n'aurions pas d'indépendance non plus, en tout cas au regard des textes contemporains qui sont le centre de notre démarche, si nous n'en effectuions pas aussi la vente directe – largement 30% encore, mais qui doit représenter plus de 80% des ventes contemporain. Pour mémoire : année 2010, 10 000 titres vendus, 1er semestre 2011 5 749 titres, 2ème semestre 16 924 (inclut approximativement 1 600 Bartleby distribués gratuitement les 2 dernières semaines, à comparer d'ailleurs aux 250 téléchargements du très bel Afflictionnaire médical de Martin Winckler que nous avions proposé gratuitement aussi les 10 derniers jours de 2010) – cela donne, et nos chiffres sont riquiqui par rapport aux gros de l'édition (qui n'osent pas trop le dire en public, les libraires souffrent assez, mais leur politique a radicalement basculé ces dernières semaines), le contexte de progression actuel.

Et plus je vais dans les facs, plus je constate combien, même de 2 ans en 2 ans, pour les étudiants devant moi le NetBook ou l'ordi est le lieu intime de relation sociale, d'écriture tout spectre, et aussi de lecture dense, justement parce que cette intimité est devenue territoire. Mieux que ça (et ce n'était pas le cas il y a encore 6 mois), la banalisation de la lecture numérique induit qu'ils acceptent désormais le principe du téléchargement payant sur une plateforme comme la nôtre, sans DRM, et à prix respectueux (on a monté un peu, désormais plutôt fourchette 1,99/3,99). Par contre, pas de cadeau envers le bricolage.

Quant à lire sur écran (plaisir de lire longuement sur l'iPad dans la nuit, écran baissé au max dans le noir), qu'il soit de liseuse, téléphone, tablette, laptop, la difficulté n'est pas celle du lecteur : elle nous incombe à nous, qui définissons l'ergonomie des textes proposés.

le degré zéro du livre numérique, la transposition

La question devient alors, côté iPad, comme côté liseuses : c'est quoi, ce qu'on propose ?

Et accepter aussi le côté le plus élémentaire de la réponse : je propose, sur publie.net (plus précisément : chacun de l'équipe propose), ce que j'ai envie de trouver en numérique, et ce que j'ai le droit de proposer en numérique, malheureusement ce n'est pas la même chose.

Je ne vais pas proposer du Paul Bourget ni de l'Anatole France, sous prétexte que c'est facile à numériser et que c'est libre de droits. Mais si j'ai envie de relire les Lettres de Blanqui, et que je me les numérise pour moi (scanner PlusTek OptiBook + OCR ABBYY + Antidote, répétez pas à nos concurrents : mais même pas peur, si on a un beau catalogue, c'est qu'on sait ce qu'on cherche parce qu'on aime les textes, et ça fait bail de mois que je ne vais même plus voir ce qu'il y a ou n'y a pas de dispo, je m'organise avec mon matos, et les quelques milliers de kilos de bouquins entassés dans mon garage sous les vélos et les valises, c'est pas les projets qui manquent, y a qu'à déterrer), alors je vais au bout de la démarche et je les mets en ligne. C'est parfois long et peineux, je ne m'extirpe pas de Jules Huret, Enquête sur l'évolution littéraire ni de Clarté de Barbusse, mais ça finit toujours par arriver. Et d'autres fois c'est des coups de foudre comme le Chez les fous d'hier, découvert par hasard à 10h du mat et plus rien fait d'autre jusqu'à 23h qu'en ligne...

Là, on est dans le premier degré du livre numérique : ce qui s'est élaboré pour la forme livre, nous le transférons sur support numérique.

Et je ne le dis pas à la légère : nous commençons en ce moment la numérisation, avec l'accord des auteurs, de véritables trésors parus dans les années 70/80 ou bien plus récemment, mais chez des éditeurs qui ont mis la clé sous la porte, ou bien ne comptent pas s'établir dans le numérique (nous, auteurs, conservons pleinement les droits de ce portage, et pouvons considérer comme un lèse au sens juridique, ce manque à exploiter des éditeurs initiaux).

Tout l'enjeu, le voici : garder la petite flèche, et faire qu'elle ne limite pas le livre numérique à ce premier territoire.

petits corollaires

Addendum 1 : le transfert n'est pas neutre, les titres que je choisis, c'est souvent parce qu'ils vont se révéler d'autre façon. La journée sur les 350 fragments et aphorismes du Voyageur et son ombre de Nietzsche, c'était sur le même template élaboré pour Cuisine d'Antoine Emaz, et la notion de table des matières se volatilise sur l'epub, devenue index déroulant, multipliant les reflets de lecture et l'appropriation du texte.

Addendum 2 : la constitution pour chacun de sa bibliothèque numérique n'est pas neutre. C'est celle qu'on emporte avec soi, dans son Mac (quelle pitié qu'Apple se refuse à exporter iBooks sur le petit MacAir, alors que j'y passe tant de moments de lecture direct sur web ou sur la Kindle App), et dont on a toujours un vaste pan en poche sur l'iPad ou la Kobo ou l'Odyssey.

Addendum 3 : cette bibliothèque personnelle n'est pas contrainte par l'absurde limite du domaine public héritée de l'ancien monde, qui fait qu'on n'a pas le droit à lire en numérique Gracq ou Michaux ou Simon, et bien d'autres, la zone grise se réduit à 50 ans au Québec, donc on a tous sur nos machines Vian, Camus et d'autres, et bien sûr, tant qu'une offre légale ne viendra pas nous en proposer la ressource, on s'autorise de se passer de la main à la main les oeuvres qui comptent, les 3 cités ci-dessus autant que Perec ou Koltès ou d'autres mais ça on ne le dit pas et ne le fait pas en public.

pour une définition du livre numérique

C'est sur la base de ces préliminaires, touchant le web, la validation symbolique, mais l'appropriation des outils à lire que je définirais le livre numérique d'abord par cette division en trois points. Ce que je nomme livre numérique, c'est :

1, un fragment reconstruit, fermé sans frontière, d'une base de données

Voir Stephen Hawking pour sa définition célèbre : l'univers est un objet fermé sans bord ni frontière – me semble décisif pour remplacer par exemple ces idées de lecture fermée.

Un monde de données, proposé par Hubert Guillaud sur publie.net, inclut presque 1000 liens externes : la lecture sur tablette renverra toujours aux univers convoqués, sur la même surface de lecture, la lecture sur liseuse laissera le texte souligné, mais ne proposera pas d'interactivité, interdite par la surface tactile de l'écran, même si l'appareil dispose d'un accès web simplifié. On ne lit pas moins bien parce que la tablette dispose de cette possibilité de quitter le texte à tout moment, contrairement à la liseuse.

Cette capacité d'ouverture vaut aussi pour l'écosystème associé au livre, celui des notes, partages de notes, exports de notes. Elle vaut comme outil de l'écriture elle-même dans la mesure où dès la conception et dans la rédaction d'un texte nous usons du web, qu'il étend et densifie le geste d'écriture, y compris l'écosystème de l'ordinateur lui-même considéré comme brouillon, et que la clôture du livre numérique nous permet d'y intégrer organiquement ces pistes d'ouverture.

Enfin, base de données : quand je commence un stage, c'est toujours en demandant aux participants de descendre dans leur traitement de texte, de prendre possession du traitement de texte utilisé au quotidien en tant qu'il produit et organise des données, selon le même type d'organisation qui est aussi celle d'un livre imprimé, quand les fichiers partent de l'éditeur pour aller chez l'imprimeur.

2, pour lequel on a proposé un système spécifique de navigation complexe, réservé à son contenu, mais en proposant une (ou un ensemble de) circulations permettant de s'en approprier le contenu

On a appris à modeler nos sites et blogs de façon à contrer en permanence l'effet d'empilement vertical (fosse à bitume, renchéri par l'accès via propagation flux. Chacun ses propres stratégies, et j'ai l'impression que tout l'an dernier, parce que de nombreuses tentatives blogs se constituaient en masse critique suffisante, l'ensemble de ces stratégies a commencé de devenir perceptible. Du coup, même, qu'on a assisté à une reprise de l'importance des blogs en contrepoint ou contrepoids aux réseaux sociaux dont nous participons aussi, qui en deviennent le vecteur d'accès principal, mais ne sont pas capables eux-mêmes de constituer l'archive en architecture.

En parallèle, si sur publie.net nous continuons de nous méfier du livre-application, espèce d'impasse marchande, la prise de conscience que le déblocage essentiel du livre numérique, c'est que nous sachions enfin nous saisir de l'invention de forme dès sa conception. Que le livre numérique ne soit pas une invention graphique depuis un objet pensé comme livre traditionnel, épaisseur et table des matières, structuration des surfaces de texte, mais perception en volume et cinétique de l'objet proposé, avec ses souterrains, ses pièces supplémentaires ou niveaux de lecture, ses entrées-sorties. Non pas une scénarisation, mais une pensée du voyage en amont.

Ainsi, dans mon travail sur La Grange, avoir décidé d'insérer à chaque point les liens qui renvoyaient au site, indépendamment de sa chronologie. Reprendre la lecture de La Grange en tant qu'éditeur était un chemin usant de clics en étoile, sommaire ->texte et retour, et se déplacer ainsi dans le sommaire. L'éditorialisation – dans ce cas (d'homme) extrême sans participation de l'auteur –, c'était bien revenir à la notion de carte, de lecture en tant qu'on la produit. Le livre numérique ici se hisse à une pertinence que n'a pas en lui-même le site web, et peut la manifester sans remplacer ce site. Cela ne s'oppose pas à la tradition éditoriale, qu'il s'agisse du Journal de Léautaud ou de l'euvre de Kafka ou d'Artaud prises dans leur complexité hétérogène. Mais cela justifie, sans autre point d'appui que le web, cette détermination d'objet, en point 2 via la navigabilité en tant qu'objet spécifiquement retiré à l'incrément du temps et l'organisation de la base de donnée, le plaisir qu'on a à proposer, yes, le livre numérique.

3, capable de se séparer du site source, et de se constituer comme relation intime et individuée avec le lecteur qui l'a transporté dans son propre écosystème d'usage

C'est le dernier point, pour moi le plus essentiel et le plus obscur (dédié à Marc Jahjah, puisque lui au moins lira jusque-là !).

Où, le mystère du livre, sinon dans ce rapport corporel, qui n'est pas une fermeture, quand bien même on lit les deux coudes posés sur la table de la bibliothèque, mais un état particulier d'ouverture sensible aux perceptions extérieures du monde, quand bien même le livre est la production et la protection de leur écart.

Ce qui protège le livre, et autorise la singularité si hautement personnelle de la pensée, de l'imaginaire, et tout aussi bien ce bond sauvage qu'est le passage à l'écriture – qui n'existe pas sans ce bain permanent du livre et de l'appropriation du livre, oh ces pauvres débats sur le plagia, je préfère la hauteur Jabès –, c'est bien cette appropriation en ce qu'elle a de sauvage, en tant qu'elle dépossède l'auteur lui le tout premier.

J'appelle livre numérique, qu'il parte d'un site ou d'un ensemble composé sur traitement de texte, ce geste qui dépossède. À ce moment-là, et en cela, le livre numérique devient tel, et se justifie, par sa circulation autonome, une circulation qui en autorise l'appropriation autonome, sans autorisation de l'auteur.

C'est ce qui se passe pour le livre imprimé qu'on trouve chez un bouquiniste, qu'on s'approprie dans une librairie (et merci à celui qui en a constitué et orienté la possibilité), mais ce n'est pas ce qui se passe quand on est dans le site web d'un auteur, même s'il a la politesse de nous y laisser seuls et anonymes avec notre lecture – pareil qu'elle n'est pas tout à faitpossible si on est à l'IMEC ou à la BNF devant (dans) les archives léguées par un auteur. C'est ce point qu'il me semble que nous devrions collectivement affiner.

Il induit des corollaires : je suis anonyme dans une librairie, je ne peux l'être si je paye un texte numérique en ligne, mais je retrouve cet anonymat, au moins vis-à-vis de l'éditeur, si j'achète mon publie.net chez un de ses distributeurs. Et donc, pour nous éditeur/auteurs, d'avoir à construire cette présence sur le lieu de l'anonyme, et la diversité de ses modalités d'accès. Si je remercie les bibliothèques qui s'abonnent à publie.net, c'est justement parce que c'est cela qu'elles autorisent (considèrent de leur mission de service public d'autoriser.

Il induit aussi, en cela, l'exigence sur le format lui-même : nous n'avons cessé, tous ces mois, d'apprendre sur l'ergonomie et le code de l'epub. Je sais ce qu'ils nous reste à faire, et les mises à jour pour nous épuisantes, mais dont on viendra à bout. Reste que lorsque sur l'Odyssey je change la taille d'affichage par simple pincement des doigts, le je lecteur s'approprie le texte y compris dans comment il se figure. Nous autorisons en amont cette appropriation : ce n'est pas une renonciation à la typographie et l'ergonomie de la lecture en tant que processus éminemment social et savant, c'est un défi que nous avons à honorer en tant que tel – en tant que techné.

Voilà ce pourquoi le livre numérique existe, et qu'on y travaille avec du bonheur.

Allez, merci, ça m'a fait du bien de faire le point. Pas la peine de me mettre en commentaire que c'est pas clair ou bien que (trouvé avant-hier dans les commentaires que je n'ai pas validés) : dans un site qui se veut littéraire, on pourrait d'abord essayer de parler français. Ceux qui m'ont supporté en conférence savent que je suis incapable de non-improvisation, brouillon et débordé de trouille : le fait est, au contraire, que j'adore me faire des conférences à moi tout seul, ici sur mon site. C'était un bel après-midi, malgré le temps dehors. Toutes photographies Karl Dubost, La Grange, licence Creative Commons.

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Suite à la publication d'un article, le 14 janvier dernier, consacré aux accusations du PEN Club français portées à l'encontre de Me Emmanuel Pierrat, ancien président de l'organisation de défense de la liberté d'expression des auteurs, ce dernier a fait parvenir à ActuaLitté un droit de réponse. Il est publié ci-dessous en intégralité.

19/01/2021, 09:37

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Prix des livres : avertissement sans frais des libraires belges aux groupes français

Au 1er janvier 2021, le prix unique du livre arrivait enfin en Belgique. Des années de combats, avant d'obtenir un texte de loi, et un échelonnement au terme duquel la tabelle allait disparaître. Finie, donc, cette excroissance économique, qui conduisait un livre vendu à Bruxelles à se retrouver plus cher qu'à Lille. Pourtant, quelques problèmes tarifaires demeurent...

14/01/2021, 16:57

ActuaLitté

Culture : “La logique et la cohérence des décisions nous échappent”

Ouvertes au public depuis le 28 novembre, au même titre que les librairies, les bibliothèques et médiathèques font partie des équipements culturels qui ont échappé à la prolongation de la fermeture sanitaire jusqu'au 7 janvier prochain, au moins. Une exception que questionne l'Association des Bibliothécaires de France (ABF), dans un texte publié ici dans son intégralité.

17/12/2020, 11:39

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Les artistes-auteurs appellent le gouvernement à l'aide

Dans cette crise sans précédent du secteur de la culture, la quasi-totalité des organisations d’auteurs, toutes disciplines confondues, s’unit pour parler d’une même voix sur les questions essentielles qui les rassemblent. « La culture pèse plus lourd dans notre PIB que l’industrie automobile. C’est l’un des moteurs de l’économie française et il repose en premier lieu sur le travail des créateurs », rappellent ainsi 36 organismes, dans un appel global.

15/12/2020, 15:34

ActuaLitté

Auteurs : pour en finir avec les outils de facturation sans existence légale

Les artistes seraient-ils·elles au-dessus des lois ? Formeraient-ils·elles une catégorie de citoyens et citoyennes à part, trop créatifs et créatives pour s’accommoder des règles ou s’acquitter de leurs tâches administratives ? C’est ce que semble vouloir démontrer une tribune signée par le président de la Société des gens de lettres, et publiée ce mercredi dans les colonnes de Livre Hebdo. La Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse réagit vivement à cette publication. 

14/12/2020, 10:13

ActuaLitté

“Le CSPLA a-t-il oublié que le droit d’auteur est avant tout le droit des auteurs ?”

Auteur-illustrateur œuvrant en littérature jeunesse, Henri Fellner se présente volontiers comme n’étant « pas le plus énervé des énervés ». Au contraire même. Pourtant, à la découverte des organismes chargés de représenter les professionnels au sein du CSPLA, un doute l’a envahi. 

Comme un sentiment de fermeture du système, et d’asphyxie, alors que ce Conseil est supposé éclairer les décisions et orientations du ministère de la Culture, et de sa locataire, Roselyne Bachelot. Alors, il a décidé d’écrire une lettre, qu’il a également confiée à ActuaLitté.

 

10/12/2020, 10:46

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“Ouverture immédiate, non négociable et radicale des lieux de culture”

Dans l’urgence et suite à la décision gouvernementale d’ouvrir les lieux de culte avant ceux de culture, dans un contexte de répressions policières et de régression des libertés publiques et sociales, la Cave Poésie, haut lieu du théâtre vivant fondé par René Gouzenne, a décidé de demander l’ouverture immédiate, non négociable et radicale des lieux de culture. 

30/11/2020, 14:30

ActuaLitté

Des festivals de BD menacés, en 2021, par Livre Paris et le FIBD

L'année 2021 sera encore marquée, pour les événements publics, par la crise du coronavirus et les mesures sanitaires. Deux festivals importants, Livre Paris et le Festival international de la bande dessinée d'Angoulême, se sont adaptés en déplaçant leurs événements en juin 2021. Mais ils menacent d'autres festivals, notamment Lyon BD et les Rendez-Vous de la Bande Dessinée d’Amiens. Les directeurs de ces événements, Mathieu Diez et Pascal Mériaux, signent une tribune adressée aux pouvoirs publics.

27/11/2020, 10:39

ActuaLitté

Le fonds de formation continue des auteurs en état de “paralysie financière”

Plusieurs organisations représentant les auteurs s'alarment de l'état préoccupant du fonds destiné à financer la formation continue des auteurs. Depuis la mi-novembre, ce fonds, géré par l'AFDAS, ne serait plus en capacité de financer des formations, à une période où les auteurs sont pourtant amenés à acquérir de nouvelles compétences pour assurer l'avenir de la création. Nous reproduisons ci-dessous l'intégralité du message des organisations.

26/11/2020, 16:18

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Carl Norac : “ L’exception culturelle française est morte”

Une lettre ouverte sur les librairies fermées en France. Et une triste annonce de décès : l’exception culturelle française est morte. 

Pendant vingt ans en France, j’ai vécu souvent grâce aux Salons du livre, deux en moyenne par mois, bonheur non confiné qui me manque du contact avec lecteurs, adolescents, enfants, enseignants, bibliothécaires et libraires. 

16/11/2020, 14:35

ActuaLitté

Bye bye Amazon : “Il en va de la responsabilité de chaque éditeur”

Zones sensibles est une maison d’édition belge de taille modeste, qui publie des ouvrages de sciences humaines. Elle a décidé de ne plus vendre ses ouvrages chez Amazon à partir de novembre 2020, et s’en explique dans cette tribune qui détaille par ailleurs quelques chiffres clefs sur l’économie du livre et sur l’importance des librairies indépendantes qui soutiennent la maison d’édition.

10/11/2020, 14:45

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Le livre et La Poste : 12 années de lutte pour des frais postaux décents

« Tarif postal pour le livre. Les petits éditeurs : premiers concernés, encore oubliés. » Le constat semble évident, alors que les libraires mêmes doutent désormais du bien-fondé de la mesure. Initiée par Roselyne Bachelot pour favoriser la vente à distance, la réduction des frais postaux n’intervient que sous la forme d'un remboursement — dont on ignore combien de temps il prendra. 

09/11/2020, 10:23

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“Eux qui n’avaient que les livres pour scier les barreaux de leurs cellules”

Alexandre Galien est auteur de polars. Comme d’autres, il ne comprend pas la fermeture imposée des librairies à l’occasion de ce nouveau confinement bien étrange. Il a opté pour une forme de non fiction, dans une lettre adressée à Emmanuel Macron. Peut-être parce que l’injonction « Lisez » s’applique à tous…

04/11/2020, 09:21

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“Abracadabra Librairies !”, lettre d'un poète à Emmanuel Macron

Un nouveau round dans la lutte anti-Covid est enclenché, avec le retour de chacun dans ses pénates. Ou une assignation à résidence plus ou moins totale, suivant les corps de métiers — ou la présence d’enfants scolarisés au sein de la cellule familiale. Dans un texte adressé au président de la République, un poète tente d’y voir plus clair. 

03/11/2020, 15:51

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Soutien aux libraires : “Nous, éditeurs indépendants, arrêtons la vente directe”

Depuis l'entrée dans le deuxième confinement, l'inquiétude est grande pour les librairies, en particulier les librairies indépendantes. Se contenter du système clique et collecte, accueillir le public dans les locaux ou reporter ses commandes à plus tard, les solutions ne sont pas vraiment satisfaisantes. Martin de Halleux, fondateur des éditions Martin de Halleux, appelle les éditeurs indépendants à manifester leur soutien aux libraires en s'engageant concrètement, dans un texte que nous publions ci-dessous.

03/11/2020, 14:41

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A l'heure du confinement-2, 7 mesures d'urgence pour les artistes-auteurs

Confinement ou non, les artistes auteurs ne cèdent rien sur le terrain administratif. Les errances sur les questions de sécurité sociale, les obstacles nombreux et le manque de réponses fatiguent… mais ne découragent pas.

02/11/2020, 12:46

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Monsieur le Président, je suis libraire et je m'en vais déserter : Lettre à Emmanuel Macron

Florence Kammermann a ouvert sa librairie à Cannes voilà quelques années. Comme ses consœurs et confrères, elle a pris connaissance des mesures sanitaires de ce Confinement-2. Et de la fermeture contrainte et forcée qui s’annonce. Dans un courrier au président de la République, elle explique comment et pourquoi, elle s’apprête à déserter…

02/11/2020, 09:03

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“Condamner les livres au silence, une bien mince et équivoque victoire" (Christian Thorel)

Le débat agite presse, réseaux sociaux et conversations à distance : après avoir sommé les librairies de fermer à l'annonce du confinement, et autorisé grandes surfaces et Fnac à rester ouverts, le gouvernement est revenu sur ses décisions : Fnac et grandes surfaces ont désormais obligation de fermer, pendant que les librairies sont cantonnées au "clique et collecte" et livraisons. Christian Thorel (Librairie Ombres blanches - Toulouse) lance un vibrant plaidoyer pour ce commerce unique en son genre, que nous publions dans son intégralité. 

01/11/2020, 10:45

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“Laissons les librairies ouvertes, c’est plus qu’essentiel !”

MANIFESTE – Ceci est un cri du cœur, lancé par des libraires de France, soutenu par des auteurs, des éditeurs, des lecteurs, des amoureux des livres. Un cri adressé à notre président, aux membres de notre gouvernement, aux parlementaires, au conseil scientifique, à nos concitoyens, et résumé en quelques mots. Nous espérons que vous l’entendrez : les librairies doivent survivre à cette pandémie.

31/10/2020, 09:29

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Le Chef de l'État et le gouvernement doivent faire le choix de la culture en rouvrant les librairies

Dans un communiqué, le Syndicat de la Librairie Française enjoint le chef de l'Etat et le gouvernement de reconsidérer les décisions prises hier, dont la fermeture des librairies, jugées commerces non essentiels. 

29/10/2020, 13:42

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Annulation du Marché de la Poésie : “une grave injustice, [un] véritable fait du prince”

Pour la première fois de son histoire, et malgré un report, le Marché de la Poésie n'aura finalement pas eu lieu en 2020. Une année exceptionnelle, bien sûr, bouleversée par la crise sanitaire liée au coronavirus. Mais les organisateurs de l'événement dénoncent, dans une lettre ouverte au Préfet de Paris reproduite ci-dessous, « une incohérence décisionnelle patente », qui dénote « un insupportable mépris pour nos activités ».

28/10/2020, 09:43

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Décapiter un homme sur la base de “messages de haine des réseaux”

Le PEN Club français a tenu à saluer la mémoire de Samuel Paty, professeur d’Histoire Géographie, assassiné, puis décapité pour avoir enseigné la liberté d’expression. Nous transmettons leur tribune dans son intégralité. 

22/10/2020, 15:00

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Verlaine et Rimbaud : “Pas de Panthéon aux ordres du Pouvoir”

L’affaire Rimbaud/Verlaine, et l’idée d’un accès au Panthéon des deux hommes, continue de faire couler de l’encre. Gérard Cherbonnier, des éditions du Petit Pavé, membre fondateur et président d’honneur de l’autre Livre, signe ici un texte engagé. Et engageant…

15/10/2020, 12:15

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Madame la ministre, “un Marché culturel présenterait-il des dangers particuliers ?”

La 38e édition du Marché de la Poésie, prévue du 21 au 25 octobre prochain, n'investira finalement pas la Place Saint-Sulpice, à Paris. L'organisation déplore des « décisions prises à la légère » par la préfecture de police de Paris, qui ont poussé à l'annulation. Dans une lettre ouverte à Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la Culture, Yves Boudier, président, et Vincent Gimeno-Pons, délégué général de la manifestation, sollicitent son intervention.

14/10/2020, 12:10

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Paul de Brancion : “La parole des écrivains de poésie a été comme absentée”

Paul de Brancion, président de l’Union des Poètes & Cie, et Directeur de la publication, vient de réagir à l’annulation du 38e Marché de la poésie. Si les événements de sa périphérie sont maintenus, afin de préserver une existence, cette année de Covid devient délétère. « Il faut soutenir la poésie », clame ainsi Paul de Brancion.

14/10/2020, 09:15

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Le syndrome totalitaire vietnamien : pire que le virus Covid-19 de Wu Han

Le Centre Pen Suisse Romand prend position suite à l'arrestation de Pham Doan Trang, dans une tribune que nous reproduisons dans son intégralité.

09/10/2020, 11:06

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URSSAF : l'insupportable légèreté de l'être

La promesse du gouvernement ? Améliorer la condition des artistes-auteurs ! Pourtant, nous vivons un enfer sur tous les fronts. L’un de nos nombreux problèmes actuels est notre régime de sécurité sociale. D’une part en raison des graves dysfonctionnements imputés à l’Agessa ces 40 dernières années, d’autre part dans un souci de simplification administrative, début 2020, le recouvrement des cotisations sociales des artistes-auteurs a basculé vers l’Urssaf Limousin. À cause de cette transition mal gérée, notre situation déjà difficile est devenue cauchemardesque. 

05/10/2020, 11:02

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Deux décennies de problèmes avec la Sécurité sociale des artistes-auteurs

Je suis autrice professionnelle de Bande Dessinée depuis vingt ans. Ce n’est un secret pour personne sauf pour l’Urssaf apparemment. En tout cas, elle m’a oubliée jusqu’ici. Heureusement, je vis bien de mon métier et je suis très informée sur les limites des réformes en cours. J’arrive donc à dormir tranquillement.Mais j’imagine l’inquiétude de tous les autres laissés-pour-compte de la bascule de l’Agessa vers l’Urssaf. C’est pour eux que j’écris cette tribune. Vous allez voir, mon parcours avec la Sécurité sociale des artistes-auteurs a été épique.

30/09/2020, 13:20

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Élections professionnelles : les auteurs jeunesse entrent dans le débat

Lancé par le ministère de la Culture dans la foulée de la publication du Rapport Racine, le cycle de concertations sur la représentativité des organisations d'artistes-auteur·rices a démarré jeudi 24 septembre. La Charte répond présent, dans une tribune publiée ici dans son intégralité, avec la volonté d'accompagner la mise en place d'élections professionnelles à court terme.

29/09/2020, 15:56

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Terry Goodkind : la cruauté au service d'une “efficacité dramatique extraordinaire”

C’est en tant que lecteur que j’ai découvert Terry Goodkind, bien avant de le publier chez Bragelonne. La lecture de Wizard’s First Rule (qui allait devenir La première leçon du sorcier en français) m’a passionné et ébloui. Je me souviens l’avoir refermé en me disant « c’est l’un des trois meilleurs romans de Fantasy que j’ai lus de ma vie ». Une éditrice britannique m’a raconté qu’aussitôt après en avoir fini la dernière page, elle l’avait recommencé et l’avait ainsi lu deux fois d’affilée, et je la comprends.

21/09/2020, 10:38

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“ Culture gratuite à portée de main ” : réponse des bibliothécaires à Stéphane Bern

Il faut imaginer Sisyphe heureux, mais les bibliothécaires contrariés. Leur association professionnelle vient de sortir une lettre ouverte adressée à Stephane Bern, le Monsieur Patrimoine. Cette réponse suit l’intervention de l’animateur et organisateur du Loto du Patrimoine, qui dans ses propos semblait opposer rénovation « d’églises qui tombent en ruine » et ouverture d’une « médiathèque où il n’y a personne ».

20/09/2020, 13:33

ActuaLitté

Des femmes et de la force de vente dans l'industrie du livre

Dans un dossier paru au printemps dernier dans l’Express et signé Jérôme Dupuis et Marianne Payot, il y est question de la légitime place des femmes dans l’édition. Les métiers du livre, de tout temps, sont incarnés en grande majorité par la gent féminine, puisque 75 % des salarié(e)s de l’édition sont des femmes et 2/3 en librairies. Sans compter les forces de ventes, les représentant(e)s, qui opèrent sur le terrain.

10/09/2020, 12:07

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Le jeune poète Mohamed Tadjadit kidnappé dans la banlieue d'Alger

Le Pen Club français vient de diffuser un appel, attirant l’attention internationale sur le sort du poète Mohamed Tadjadit. Contestataire, il avait déjà écopé d’une peine de prison. Mais fin août, il a été enlevé dans la ville de Ain taya. ActuaLitté relaye cet appel, dans son intégralité.

01/09/2020, 18:16

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Martyr et multiple : “Le Liban que je connais”, en mémoire de Georges

Georges (1), je le connaissais peu. De temps en temps, nous nous croisions dans l’ascenseur. Bonjour, bonsoir, il fait chaud, il fait froid aujourd’hui. Il avait trente ans, un visage basané, de grands yeux clairs. Mince. Il me souriait chaque fois. Je savais qu’il vivait encore avec ses parents au 26e étage de la tour où je me suis installé. Au Liban, on reste longtemps dans sa famille, dans l’attente de se marier ou faute de moyens financiers. Il travaillait depuis quatre ans dans la communication, d’après ce que j’ai pu apprendre.

Ce jour-là justement, le 4 août, il devait être heureux : il allait visiter un appartement à Gemmayze où il avait l’intention de s’installer.

17/08/2020, 08:55

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Le contrôle du grand capital sur la liberté de la parole, drame de l'édition

« Alors que nous sommes entrés dans le XXIe siècle, il est difficile de dissocier la fin des moyens : que dire, et où le dire ? » Dans cette lettre ouverte, les membres de l’Alliance internationale des éditeurs indépendants proposent à l’ensemble des acteurs du livre de réfléchir avec elles et eux à leurs pratiques, et aux impacts qui en découlent. 

03/08/2020, 15:04

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Et si se remettre à lire était aussi génial qu'arrêter de fumer ?

Personne n’a raté l’intervention du ministre de la Santé : avec l’arrivée du variant britannique – qui n’a rien d’un patient anglais – se profile un reconfinement. Ces mesures durcies, en regard d’un couvre-feu déjà plombant, résonnent avec les propos de décembre dernier : nous étions avertis. Alors, comment préparer cette prochaine période de disette, quand on a abandonné la lecture ? Aujourd’hui, petit traité d’optimisme.

22/01/2021, 17:26

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“Les romans épuisés, oubliés que je souhaite publier furent des histoires d’amour pour moi”

À la tête de la rubrique Les Ensablés, Hervé Bel s'efforce chaque semaine de redécouvrir un ouvrage injustement oublié et perdu dans le flot des années et des nouvelles parutions. Parfois, un éditeur se décide à rendre justice à ces livres, en leur offrant une nouvelle vie. Cette semaine, rencontre avec Philippe Guyot-Jeannin, libraire et éditeur dans le Jura. Il a créé les Éditions de la Belle étoile, qui ont récemment attiré l'oeil de notre chroniqueur.

21/01/2021, 11:45

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Conspiration des imbéciles ? Amazon, accusé à son tour : Apple s'esclaffe

Amazon paierait-il enfin sa position dominante sur le marché du livre – numérique, papier ou audio ? En tout cas, l’histoire semble vilainement se répéter alors que le vendeur et cinq groupes éditoriaux américains sont accusés d’entente. La même procédure que celle endurée en 2013 par Apple entraînera-t-elle les mêmes effets ? Ou dévoile-t-elle une vaste fumisterie en matière de droit ?

18/01/2021, 12:16

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Lisimachio, le PDG de Hachette Livre qui voulut racheter Amazon

Jean-Louis Lisimachio a laissé une profonde empreinte sur le groupe Hachette Livre, qu’il quitta brutalement en mai 2003. Depuis, il vit quelque part entre les massifs alpins et Nice, « désintéressé de ce qui concerne l’édition et au courant de tout ». Ses anciens collaborateurs décrivent une personnalité fascinante, admirée ou haïe. Incontestablement, l’ex-PDG de Hachette filiale de Lagardère, avant qu’elle ne soit renommée Lagardère Publishing, a marqué plus que son époque. Une figure d’autant plus intrigante qu’elle ne frayait pas avec le gotha littéraire, bien au contraire.

14/01/2021, 14:20

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Auteurs : “Si vous n’êtes pas à la table, c’est que vous êtes au menu.”

Début décembre, l’auteur et illustrateur Henri Fellner faisait parvenir à ActuaLitté et au CSPLA (ou inversement), un courrier passablement désabusé. Le Conseil supérieur de la propriété littéraire et artistique, organisme chargé d’éclairer le ministère de la Culture sur des points de droit, venait de renouveler la liste des membres de sa commission consultative. Et au grand dam de l’écrivain, les représentants directs des auteurs faisaient défaut. Voici donc une seconde missive, plus claire peut-être...

12/01/2021, 12:13

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Hélène Gaudy : une écriture, un abri

PORTRAIT – Chaque année, l’association de libraires Initiales édite un texte inédit d’un écrivain, dont le travail est suivi pas à pas. Avec le projet de mieux le ou la faire connaître à leurs lectrices et lecteurs. Hélène Gaudy a trouvé sa place naturellement et a offert le texte Névés. Née en 1979 à Paris, elle a étudié à l’École supérieure des arts décoratifs de Strasbourg. Autrice de divers articles et nouvelles parus dans des ouvrages et albums collectifs ou des revues, elle a également publié des romans et albums pour la jeunesse et des livres d’art. Elle est membre du collectif Inculte et vit à Paris. 

12/01/2021, 11:07

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La chaîne du livre face à la crise sanitaire, dans neuf régions françaises

Dès le début de la pandémie, les agences régionales du livre ont conseillé les acteurs concernés, mais se sont aussi lancées dans des consultations, pour rester au plus près des besoins. La Fédération interrégionale du livre et de la lecture propose une synthèse des actions et réactions du monde du livre, dans neuf régions françaises, au cours de la tumultueuse année 2020.

11/01/2021, 16:50

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Résonances de femmes : trilogie en poche du postféminisme

PORTRAIT – Pourquoi le post-féminisme en poche sous la forme d’une trilogie embrassant plusieurs décennies de combats ? Parce qu’une édition ramassée révèle la densité d’un déploiement, l’intensité d’un engagement indéfectible au fil des années, la concision d’un message doté de la force d’un mouvement : le MLF, mouvement de libération des femmes, dont Antoinette Fouque a été la cofondatrice en 1968.

11/01/2021, 09:58

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Pour 2021, on peut aussi croiser les doigts

« J’ai accompli de délicieux voyages, embarqué sur un mot… » Peut-être notre époque nécessite-t-elle un peu plus d’un mot unique pour accomplir de fantastiques périples. Parce que les sollicitations ne manquent pas, dès lors qu’internet propose un foisonnement d’œuvres, autant qu’une multitude de raisons de faire autre chose que lire. Pour autant, que cette année 2021 soit placée sous des augures de Balzac ne fera de mal à personne… Sauf qu'il n'est pas seul à prophétiser.

01/01/2021, 18:42

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Utopia, Mauvais Livres et FVE : trois éditeurs nés pendant la pandémie

Ouvrir une maison d’édition pendant la pandémie ? Ce qui pourrait sembler un pari complètement fou est devenu une réalité pour trois maisons d’édition italiennes. Et la surprise… c’est que ça marche. Utopia, Mauvais Livres et FVE : voici les noms de trois maisons d’édition, situées dans deux villes différentes — Milan et Rome — et qui, malgré des identités très spécifiques, ont beaucoup de choses en commun : toutes les trois indépendantes, elles ont débuté leur activité pendant le confinement, et, depuis leurs premières parutions, ont rencontré un bon succès auprès du public.

30/12/2020, 16:15

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Les voeux du Syndicat des éditeurs passent des chocolats à la soupe

L’année 2021 commencera avec la traditionnelle présentation des vœux du Syndicat national de l’édition. Mais, contraintes sanitaires obligent, ils se dérouleront par internet — et en visioconférence avec l’interview réorganisée de son président, Vincent Montagne. Pour nombre de librairies, subitement invitées à cette Grand-Messe, quelque chose cloche. Simple : un télescopage entre le syndicat patronal et le média le moins indépendant de la profession.

28/12/2020, 17:55

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Les Yeux qui pétillent : la jolie promesse d’une librairie valenciennoise

En septembre dernier, Céline Dereims a ouvert une librairie généraliste et indépendante, en plein cœur de Valenciennes. Baptisée Les Yeux qui pétillent, celle-ci a vu le jour dans le cadre d’une reconversion professionnelle, savamment conjuguée avec une passion de longue date pour la lecture.

28/12/2020, 10:04

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“S'emparer des jouets laissés par Lovecraft était très plaisant” (Alex Nikolavitch)

Arkham, 1941. Le corps déchiqueté du détective Mike Danjer est retrouvé au milieu d'un monceau de papiers. Il pourrait s'agir à première vue d'un banal meurtre en chambre close. L'examen des feuillets souillés, un dossier qu'il avait constitué au fil d'une très longue enquête, démontre qu'il avait mis au jour un indicible complot. Dans le Dossier Arkham, Alex Nikolavitch nous embarque dans une aventure lovecraftienne passionnante. Et nous en dévoile ici les arcanes.

28/12/2020, 09:41

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“Une petite page pour l’Homme, une grande page pour l’Humanité” : Joyeux Noël 

Au terme d’une année pas vraiment conciliante, les fêtes vécues sous contrainte, à l’image des mois passés, apportent un petit souffle. L’occasion pour toute la rédaction de vous les souhaiter excellentes – autant que faire se pourra. En tout cas, de partager avec chacune et chacun un moment pour remercier nos lecteurs de leur présence, à nos côtés.

24/12/2020, 23:59

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Book d’Oreille, une nouvelle voie pour le livre

PORTRAIT – Passionné par le son, par la voix et par la littérature, Olivier Carpentier poursuit depuis 2009 une entreprise de développement du livre audio. Le Lillois se considère comme un libraire indépendant. Sa société Book d’Oreille propose aujourd’hui une nouvelle solution pour le prêt numérique de livres audio, à destination des bibliothèques et médiathèques.

24/12/2020, 11:08

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L'Iconopop, pour plus de poésie : “Nous sommes l’allumette”

L’Iconopop est la nouvelle collection de L’Iconoclaste. Plus que de poésie, il y est question d’une parole qui vibre, qu’on lit et qui se vit à la scène, dans la rue, dans un pré, sur la toile... qu’importe ! Juste des mots sans tabou à déguster, à crier, à partager. Partout et surtout pas dans les sages cercles d’initiés. Un duo éditorial de choc se charge de coucher sur papier l’électricité contenue dans ces rumeurs éclatantes : Cécile Coulon, romancière, poète, et Alexandre Bord, ancien camarade libraire.

22/12/2020, 08:00

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Corona Papers : Écriture virale

Je m’appelle Corona Typewriters. Et je m’apprête à subir Noël. Un de plus dans la longue liste des années déjà encaissées sur ma tôle toute cabossée. Pour l’heure, mon maître-écrivain est sorti de sa quarantaine. Rassurons-nous. Il n’est pas question de virologie en l’espèce. Plutôt d’une léthargie éditoriale. D’une quarantaine littéraire. 

21/12/2020, 08:00

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Noël coquin : 4 BD érotiques à mettre sous le sapin

Cette année, beaucoup ne fêteront pas Noël en famille en raison du COVID-19. C’est l’occasion d’offrir une BD sexy à son amoureux ou son amoureuse ! Voici notre sélection des bandes dessinées pour adultes à mettre sous le sapin. Comics, mangas, romans graphiques, la BD érotique conjugue fantasmes et divertissement. A travers un dessin les auteurs et autrices font monter la température. Il y en a pour tous les goûts : BD historiques, de science-fiction, sadomasochistes ou sur l’intimité des couples.

18/12/2020, 09:55

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Marseille : Actes Sud cédera la librairie du MuCEM à Arteum, “une perspective adaptée”

En janvier 2013, le groupe Actes Sud remportait l’appel d’offres concernant le MuCEM — Musée des civilisations de l’Europe et de la méditerranée de Marseille. En juin de cette même année, la boutique-librairie allait être associée à la librairie Maupetit, propriété du groupe depuis 1998. Mais la concession changerait prochainement de mains, dans le cadre d’un AOT qui bénéficierait à la société Arteum, spécialisée dans les boutiques de musées. 

17/12/2020, 15:45

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Étude : les Français et la lecture pendant le premier confinement

Trois organismes du secteur du livre, la Sofia, le SNE et la SGDL, ont commandé à l'institut Médiamétrie une étude consacrée aux pratiques des Français en matière de lecture pendant le premier confinement, celui du printemps 2020. Il en ressort un attachement certain pour l'activité, avec une volonté de tester d'autres manières de lire.

14/12/2020, 16:43

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Les impôts contre les papillons : auteur, contribuable comme un autre

Récemment, Christophe Hardy, président de la Société des Gens de lettres, élu en mai dernier, a fait vrombir. Fin novembre, le ministère de la Culture exposait les conclusions de la mission Fiscalité, touchant aux revenus des artistes-auteurs. Pour les facturations qu’un auteur peut effectuer, une zone grise manifestement confortable existe — arrangeant certains, en dérangeant beaucoup d’autres. Frédéric Maupomé, écrivain et scénariste intervient ici en réponse à la tribune et aux étonnants propos du président de la SGDL dans Livres Hebdo.

12/12/2020, 10:33

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ActuaLitté, un nouveau média pour le livre

Penser/Classer. Inutile d’avoir lu Georges Perec pour imaginer les difficultés qu’implique une tentative pour ordonner le monde autour de soi. Ces derniers mois, du fait de la pandémie et malgré le cocooning à domicile, la rédaction n’a pas chômé. Dans une délicate exaltation, nous avons mené à bien un des projets qui nous tenait à cœur. 

11/12/2020, 07:12

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Elena Ferrante et les 40 coups de bâton pour 20 Minutes, Figaro, RTBF

Les cons d’Audiard avaient cela pour eux qu’on les reconnaissait à leur audace sans borne : il en apparaît une espèce plus sournoise, celle dont le sentiment d’impunité, — doublé d’un « on sait jamais sur un malentendu ça peut passer » — sévit sur la toile. On l’appelle également la race des « vas-y on s’en fout », au prétexte que sur internet, personne ne vous entend crier.

10/12/2020, 09:46

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Michèle Benbunan : avec Vivendi, Editis “est présent dans tous les univers médias”

« Voilà un an, Editis était place d’Italie, avec une fin d’année marquée en France par de nombreux évènements, très perturbants pour l’activité... » Michèle Benbunan, directrice générale du groupe aux 49 maisons d’édition, boucle une première année dense. Elle revient avec nous sur ces 12 mois passés.

07/12/2020, 11:27

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La lecture, loisir le plus pratiqué par les enfants de 9 ans durant le confinement

Dans quelques années, on se souviendra de cette étrange période avec quelques souvenirs flous : avions-nous réellement été enfermés, durant un confinement mondial ? Pour les enfants, dont 98 % restèrent chez eux, cette période eut des répercussions sur le travail et les loisirs. Le ministère de la Culture a procédé à une enquête, portant sur les jeunes de 9 ans.

07/12/2020, 09:38

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Olivier Tallec : c'est MON auteur !

PORTRAIT – Olivier Tallec est breton d’origine et, après l’École supérieure des arts appliqués Duperré, il a beaucoup voyagé, notamment en Asie, au Brésil ou au Chili.Si aujourd’hui, il agrémente de ses dessins la presse nationale (Libération, Elle, Les Inrockuptibles), il est également l’auteur de nombreux livres pour la jeunesse ainsi que de livres d’illustration pour adultes aux éditions Rue de Sèvres comme

04/12/2020, 15:35

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Dans quelle France empêche-t-on des enfants hospitalisés de lire ?

Lors de son allocution du 28 octobre, Emmanuel Macron indiquait que le pays replongeait : d’abord dans la pandémie, ensuite dans les contaminations, enfin dans le confinement. Triple peine. Une nouvelle salve douloureuse pour les citoyens, après l’accalmie estivale. Mais il fallait préserver le milieu hospitalier d’une crise approchant.

18/11/2020, 16:48

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Dropshipping : ces intermédiaires qui vendent les livres à des prix prohibitifs

Présenté par ses promoteurs comme le moyen simple de devenir riche grâce à internet, le dropshipping flirte de très près avec l'arnaque, et pose des questions morales évidentes. Un « dropshipper » s'impose comme un intermédiaire entre un fournisseur et un acheteur, et s'attache à collecter la plus importante commission possible pour assurer le lien entre les deux. Le livre et les libraires ne sont pas épargnés, loin de là.

18/11/2020, 12:35

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Les libraires des Pays de la Loire prennent le virage de la vente en ligne

ENTRETIEN – Les librairies des Pays de la Loire opèrent une transition numérique majeure, avec ce second confinement. L’association au service des librairies indépendantes des Pays de la Loire, ALIP, a observé un envol des chiffres de vente liés au click and collect.

17/11/2020, 16:32

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Pigeon Pigeon : plus drôle qu'un dîner de cons

JEU DE SOCIÉTÉ – Ça roucoule sec dans les chaumières : Pigeon Pigeon, jeu autoédité avec brio, propose d’exercer son imaginaire et de lui lâcher totalement la bride. Entre mises effrénées et bluff façon poker face, voici de quoi contenter votre penchant pour les fake news. Et les gros bobards, plus généralement.

14/11/2020, 14:20

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Librairie : Riad Sattouf, Houellebecq, stars des marchés parisiens

REPORTAGE – « Mettez m’en un kilo, si elles ont de belles feuilles. » Un maraîcher, un poissonnier, quelques fromages alléchants, cet enfant qui pleure dans les bras de son père, sans plus vraiment se souvenir pourquoi… et un libraire. Sur les marchés parisiens, on en attendait des dizaines, pour ce week-end des 7 et 8 novembre. Ils ne seront que cinq à prendre part à l’initiative de la mairie de Paris.

07/11/2020, 14:36

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“L'univers de Pagnol représente la vie normale, celle qu'on ne peut avoir en ce moment”

Après avoir adapté en bandes dessinées les quatre ouvrages du cycle des Souvenirs d’enfance, les éditions Grand Angle poursuivent leur entreprise : en tout, 15 bandes dessinées sont déjà sorties dans la collection. C'est à présent avec la pièce Marius que la maison poursuit son travail autour de l'oeuvre de l’écrivain provençal. À l’occasion de la sortie du second volume de la série, nous nous sommes entretenus avec Nicolas Pagnol, petit-fils de Marcel, et garant des ayants droit de l’œuvre familiale. 

05/11/2020, 16:02

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Livres et librairies : tout et son contraire, pourvu que l'on parle fort

Oui nous sommes confinés. Tentons de ne pas être des cons finis. Le débat a fait rage, le lobbying fut actif. Résultat des courses ? Tout le pays a la nette impression qu’en France on ne peut plus acheter de livres. Il n’y a rien de plus faux. En revanche, ô infortune, il nous faut fournir plus d’efforts pour les obtenir. Las ! n’est-ce donc que cela ?

05/11/2020, 10:04

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“Ce n'est pas eux qui sont mis en danger” : ces libraires inquiets d'une réouverture

ENQUÊTE – Depuis l'annonce du reconfinement et la fermeture des librairies, contraintes au système click and collecte (étrangement francisé en “clique et collecte”), les injonctions au gouvernement pour l'ouverture au public de ces points de vente se multiplient. Pourtant, des libraires se disent inquiets d'une telle réouverture. Ils déplorent même une campagne qui vient brouiller les messages quant au livre, au virus et même au maintien de l'activité des librairies. Et, derrière les discours, la lutte des classes et les inégalités face au coronavirus se révèlent à nouveau... 

03/11/2020, 12:13

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“Les prix littéraires sont des éléments-clés de la vie du livre” (Olivier Bessard-Banquy)

Des prix, pour tous, et presque tout. Les jurys des grandes récompenses d’automne ont décidé de reporter leurs annonces, pour soutenir la librairie. Derrière cette décision, une stratégie économique est à l’oeuvre. L’universitaire français, Olivier Bessard-Banquy, spécialiste des lettres et de l'édition contemporaine décrypte avec nous cette position.

31/10/2020, 09:11

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Portrait de l'écrivain en partenaire publicitaire : à vos marques...

Verra-t-on demain Marc Levy prêter son image à un lunetier ? Guillaume Musso promouvoir, avec modération, des crémants de la région d’Antibes ? Après tout le best-seller Cyril Lignac s’est bien engagé dans la valorisation du foie gras… Ce dernier n’est pas ouvertement écrivain, certes, mais néanmoins. L'auteur en homme sandwich, oui : faut bien gagner sa croute pour la casser !

22/10/2020, 15:35