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La rémunération des auteurs dans les salons et festivals en question

Lionel Destremau, directeur de la manifestation girdonine Lire en Poche, salon des livres de poches qui se déroule dans la ville de Gradignan en périphérie de Bordeaux, a fait parvenir à ActuaLitté une longue lettre ouverte, qui évoque la question de la rémunération des auteurs dans les manifestations littéraires. Le sujet est particulièrement d'actualité – plus largement sur la question de la rémunération des auteurs, tout court – et la lettre, selon nos informations, circule déjà auprès de différents responsables de manifestations littéraires. Ainsi, le courrier résulterait non seulement d'une réflexion collective, mais également d'une nécessité quasi urgente.

Le 31/10/2014 à 17:09 par La rédaction

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Publié le :

31/10/2014 à 17:09

La rédaction

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ActuaLitté

Nous publions ce courrier in extenso.

LETTRE OUVERTE A Monsieur VINCENT MONADE - CNL

La rémunération des auteurs dans les salons et festivals en question.

Depuis un certain temps maintenant (en particulier dans le milieu des auteurs BD) la question de la rémunération des dédicaces des auteurs invités à un salon se pose et fait débat. Certains sont pour, d'autres s'y intéressent mais ne se décident pas pour ou contre, d'autres souhaitent rester dans le fonctionnement actuel. En littérature jeunesse, la plupart des auteurs ou illustrateurs touchent, de la part des organisateurs de manifestations, une rémunération pour les rencontres et ateliers qu'ils pratiquent, en particulier au sein du système scolaire. Une rémunération est aussi largement acquise (il peut évidemment y avoir des exceptions) quand il s'agit pour un auteur de donner au public une variation sur ses œuvres sous la forme d'un « spectacle », soit lecture musicale, théâtrale, animation à partir des ouvrages, lecture dessinée, mise en scène littéraire, etc. Certains salons rémunèrent les auteurs BD pour leurs dédicaces, pas tous loin s'en faut. A ce jour cependant la question de la rémunération lors de signatures ou de rencontres/débats, pour les auteurs de littérature (littérature générale, polar, sf, fantasy, etc.) n'était pas le sujet le plus prégnant lors des festivals. Il faut souligner, notamment, que le problème de la « marchandisation » des dédicaces touche moins les écrivains que les dessinateurs de BD (pour lesquels on trouve vite, sur ebay ou ailleurs, des exemplaires de bandes dessinées dédicacés mis aux enchères à peine la séance de dédicaces finie).


Vincent Monadé, 

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

Le magazine Livres Hebdo a annoncé récemment certains points de réforme proposés par le CNL, et s'agissant en particulier de la partie « Vie littéraire », les aides aux manifestations (salons et festivals) : « Plusieurs dispositions concernent la vie littéraire, dont la plus significative est sans doute l'obligation de rémunérer les auteurs pour leur participation à des rencontres littéraires et des festivals. » Comprendre donc que les manifestations demandant un soutien du CNL ne pourrait plus prétendre à l'attribution d'une aide qu'à la condition de remplir l'obligation de rémunérer les auteurs invités.

Il y a en France chaque année près de 500 manifestations autour du livre (dans une étude du MOTIF de 2009, on en comptabilisait 480), depuis les plus petites aux plus importantes. Parmi celles qui accueillent un public relativement important, disons à partir de 10 000 visiteurs sur un week-end, la plupart rémunèrent les auteurs invités qui pratiquent des ateliers ou des rencontres scolaires, en se basant sur la charte des auteurs jeunesse. De même s'agissant des auteurs qui produisent une animation de quelque type que ce soit. Dans ces deux cas, un travail de préparation ou de création est indéniablement nécessaire, et il est de fait rémunéré. Cependant, là-aussi dans la plupart des cas (et même s'il existe sans doute des exceptions), les rencontres littéraires (de un ou plusieurs auteurs, interrogés par un médiateur) et les séances de signatures des ouvrages sur les stands (tenus le plus souvent par un ou des libraire(s)) ne sont pas rémunérées (y compris pour les auteurs jeunesse qui, après leurs rencontres en milieu scolaire, acceptent de rester sur les salons sans réclamer un paiement de leur présence à hauteur de la charte des auteurs jeunesse).

"Il est un fait que les auteurs subissent aujourd'hui plusieurs baisses de leurs revenus, d'une part par la baisse des ventes de livres, d'autre part suite aux modifications en cours de certains régimes, notamment de retraite et de sécurité sociale."

Cette dernière situation est sans nul doute problématique, tant il est vrai que les auteurs invités à des salons et festivals prennent sur leur temps personnel, familial voire professionnel pour y assister, et on peut aussi le présumer, sur leur temps de création propre. Que par ailleurs, quand bien même vendraient-ils de très nombreux ouvrages en signature pendant la durée de leur présence, les droits moyens qu'ils peuvent en espérer, de manière indirecte, ne seront jamais financièrement à la hauteur des heures passées sur place. Et que si leurs éditeurs les incitent parfois à participer à des salons dans le cadre de la promotion de leurs ouvrages, ces derniers ne les rémunèrent pas pour cela, exactement de la même manière que lorsqu'ils se déplacent en librairie pour y faire, là aussi, des rencontres et/ou des signatures publiques. Il apparaît tout à fait normal que ce questionnement soit posé, en particulier dans une période où d'autres questions quant à la rémunération des auteurs (taux de droits, répartition, nouveaux accords liés au numérique, etc.) sont en chantier, une période qui, de surcroît, est loin d'être évidente financièrement pour nombre d'auteurs, en particulier ceux et celles qui essayent de vivre de leur création (et quand bien même nombreux sont ceux qui ont une activité professionnelle en dehors de leur travail d'écrivain).

Il est un fait que les auteurs subissent aujourd'hui plusieurs baisses de leurs revenus, d'une part par la baisse des ventes de livres, d'autre part suite aux modifications en cours de certains régimes, notamment de retraite et de sécurité sociale. Dans son souhait de défendre les auteurs, et dans la poursuite du travail de la SGDL en vue de rechercher des modes de revenus alternatifs pour les auteurs, il semble que les salons et festivals soient désignés par le CNL comme un des moyens nouveaux de rémunération des auteurs.

Cependant, plusieurs points sont à prendre en compte et, au moins, à discuter. Car visiblement le CNL n'a pas daigné poser la question aux premiers concernés, à savoir les organisateurs des salons et festivals… (lesquels sont parfois eux-mêmes auteurs !) et si ce n'est tous, a minima ceux qui aujourd'hui bénéficient déjà du soutien dudit CNL (une centaine). Une décision qui doit être annoncée le 3 novembre, sans concertation préalable avec la plupart des acteurs concernés et qui paraît méconnaître et le fonctionnement interne et les impératifs externes desdits festivals et salons... Une précédente réforme du CNL, en 2012, avait pourtant été arrêtée en plein vol, justement faute de concertation préalable. Celle en cours a sans doute été pilotée par des groupes de travail (?), mais sans que l'on puisse savoir quels professionnels en font partie et qui, parmi les responsables de manifestations et salons, a souhaité orienter la réforme des aides de la commission « vie littéraire » de la sorte. Sinon peut-être le seul réseau RELIEF. Or ce réseau, tout à fait respectable et aux intentions louables, réunit cependant peu de salons traditionnels, mais beaucoup de festivals, qui fonctionnent pour l'essentiel sur les créations/spectacles (Correspondances de Manosque, Ritournelles, Textes & voix, Paris en toutes lettres...) et des lieux d'accueil et de résidence (Maison de la poésie, Maison Julien Gracq, Villa Yourcenar...). Est-ce à dire que tous les salons devraient à terme suivre ce « modèle unique » (création théâtrale et musicale, résidence d'écrivains, etc.), ou bien les salons plus "classiques" ont-ils encore voix au chapitre ?

Quelques points qu'il serait bon d'observer et de discuter :

Une première question serait de savoir pourquoi seuls les festivals et salons devraient supporter cette obligation de rémunération pour les rencontres et signatures ? Visiblement, les libraires, qui reçoivent eux-aussi les auteurs en rencontres/signatures, exactement dans le même cadre que les manifestations, à savoir au service de la promotion des auteurs et de leurs oeuvres, n'auraient aucune obligation à rémunérer la présence de leurs invités dans leurs locaux. Bien sûr, ils n'en ont pas les moyens, la librairie se porte mal, chacun le sait, et le CNL est là pour les soutenir (aides financières, label LIRE, etc.) et donc certainement pas pour leur imposer de nouvelles charges. En revanche, le CNL semble penser que les festivals et salons ont, eux, des budgets éclatants de santé, à tel point qu'ils pourraient largement se permettre seuls de rémunérer tous les auteurs qu'ils invitent... Reste que, sans nul doute, si les salons et festivals en avaient les moyens, ils seraient les premiers à, déjà, rémunérer les auteurs. Si 90% d'entre eux ne le font pas à ce jour, ce n'est pas par mesquinerie, mépris de leurs invités, ignorance de la situation des auteurs, ni pingrerie..., c'est simplement parce que, financièrement, ils ne le peuvent pas !

Sans doute (peut-être ?, en tous cas pourquoi ne pas poser au moins la question), les éditeurs, qui eux souhaitent faire la promotion de leurs auteurs, que ce soit dans les librairies ou dans les salons et festivals, pourraient (éventuellement, qui sait ?) envisager la rémunération de leurs auteurs pour leur participation. Mais il est vrai que l'édition va mal, les petites structures n'ont pas la possibilité, même si elles le souhaitaient, d'ajouter le moindre centime à leur budget de promotion, et les plus importantes, elles, ne le souhaitent pas, n'envisageant pas de faire entrer dans leurs plans marketing une quelconque rémunération d'auteur de ce type. Déjà (heureusement pas tous) nombre d'entre eux ne participent plus à aucun frais liés à la venue des auteurs invités dans les salons, laissant aux organisateurs toutes les charges. Mais le CNL, qui soutient les éditeurs (projets d'édition, de traduction, etc.), à nouveau doit estimer que les festivals et salons, eux, ont des facilités budgétaires telles qu'ils peuvent se permettre ce que même les grands groupes d'édition ayant des moyens certains n'envisagent pas d'ajouter à leur budget... Et puis, probablement ne faut-il pas fâcher le SNE, tandis que les festivals et salons sont dispersés sur le territoire, qu'ils n'ont pas de poids collectif, et ont chacun des organisations différentes (à l'initiative d'associations, de municipalités, de médiathèques, de librairies) ce qui ne leur a pas permis un regroupement leur donnant un tant soit peu d'importance...

Conférence Les auteurs bientôt à poil (SGDL)

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

En résumé : quelle méconnaissance profonde des festivals/salons et de leur fonctionnement budgétaire plus que précaire pour l'essentiel d'entre eux... (et soulignons-le pas à cause d'un problème de gestion, l'essentiel des salons comptant au centime près la moindre dépense pour organiser la manifestation). Ces salons se déroulent dans un lieu, le plus souvent au sein d'une ville (quelle que soit sa taille). Des municipalités donc qui soutiennent, parfois profondément, parfois de manière plus légère, ces manifestations qui viennent s'inscrire dans le paysage culturel de leur commune. Des municipalités qui ont de plus en plus de mal à accompagner leur propre festival local, amputées de ressources (réforme des dotations d'Etat) et dans le même temps subissant une augmentation de leurs dépenses (réforme des rythmes scolaires)... Des municipalités qui, pour certaines, ont soit déjà fait le choix d'arrêter tel ou tel salon (après tout la culture ne fait officiellement pas partie des compétences prioritaires des municipalités...), soit s'interrogent sur leur pertinence, sur leur poursuite annuelle, sur la diminution de telle ou telle partie de la manifestation, sur le vote de la prochaine subvention, etc... Des municipalités qui, dans d'autres cas, ont changé de couleur politique tout récemment, et qui ne soutiennent encore le salon ou le festival qui a lieu dans leur commune que parce que ce dernier ayant atteint une certaine reconnaissance, étant soutenu par le CNL (et donc le Ministère de la Culture), il est plus délicat d'envisager de le supprimer. En revanche, si le festival perdait son « label CNL »..., si son budget venait à être trop déficitaire... qui sait ?

Evidemment, la lourdeur administrative qu'impliquera la nouvelle règle n'est pas non plus estimée, multipliant pourtant par deux, trois ou quatre (selon le nombre d'invités), les démarches liées au paiement des auteurs, et encore, quand il s‘agit d'auteurs français (d'autant qu'il faudra sans nul doute donner tous les justificatifs de paiement au CNL dans les plus brefs délais), alors que les équipes qui montent les festivals (parfois bénévoles !) sont de plus en plus réduites, notamment dans les associations (et le cas de la rémunération des auteurs étrangers invités se posera aussi tant sur les modes de paiement, que sur les devises (tous les auteurs n'utilisent pas l'euro !)). Mais certes cela est sans doute surmontable, à terme, pour l'organisation administrative des salons et chacun ferait cet effort avec plaisir s'il en avait les moyens.

Reste tout de même les effets pervers de cette réforme qui pourront être, seront sans doute, les suivants :

1/ Pour être clair, prenons un exemple sur une base simple : disons un salon ou festival généraliste, qui programme une centaine d'auteurs (dans tous les genres). Ce salon rémunère les auteurs, en particulier jeunesse, pour l'ensemble de leurs prestations auprès des scolaires et du public jeunesse, et les activités de « spectacle » des auteurs (au sens large disons) en se basant sur la charte des auteurs jeunesse, soit environ 400 euros brut la journée et 240 la demi-journée ou au forfait selon les spectacles produits. Mais il ne rémunère pas les séances de signature et les rencontres/débats où 90% des auteurs n'ont pas de « travail » en amont à préparer et viennent aujourd'hui dans le cadre de la promotion de leurs ouvrages. En revanche, ledit salon prend tout le reste à sa charge, les voyages (depuis la France ou de l'étranger), l'hébergement, la restauration, les frais éventuels, mais aussi le travail des médiateurs sur chaque rencontre (et ensuite, tout le reste : logistique, matériel, personnel, déplacements, etc.). Si demain ce salon type devait rémunérer ses 100 invités du week-end, à raison par exemple du tarif des signatures de la charte des auteurs jeunesse (soit 205 euros brut la journée, 124 la demi-journée), le budget alloué, ne serait-ce que pour les signatures, serait environ de 41000 euros supplémentaires (100 auteurs x 2 jours, soit 200 x 205 euros/jour)… Disons que le salon organise par ailleurs une quarantaine de rencontres/débats pendant la durée de la manifestation, d'une heure chacune en moyenne. Sans appliquer un tarif à la demi-journée (pour une heure seulement), mais en étant « correct » a minima avec un forfait de 150 euros par rencontre/auteur, on obtient environ 15000 euros (100 auteurs x 150 euros). Au total, pour un week-end de salon, l'organisation débourserait au moins 56000 euros supplémentaires. Evidemment, cette somme se multiplie pour les salons accueillant 200, 250, 300 auteurs ou plus (à Nancy, « Le Livre sur la place » en accueille de 450 à 500 par exemple). Le CNL estime-t-il sérieusement qu'un « petit » salon de ce type (invitant 100 auteurs), mais tout comme un salon qui en invite 30 ou 50, et encore un salon qui en accueille des centaines, sont à même d'ajouter une ligne budgétaire aussi importante ? Estime-t-il que ces salons trouveront ces sommes auprès d'aides publiques (les municipalités, conseils généraux, régionaux, CRL, DRAC, Communautés urbaines, etc... ont vraiment ses moyens nouveaux à attribuer pour la culture ? Cela existe en France aujourd'hui ?), ou auprès d'aides privées (le CNL a-t-il jamais démarché des entreprises et autres commerces dans ce sens... ? Estime-t-il sérieusement que les entreprises françaises se portent si bien qu'elles ont développé un budget « mécénat culturel » en direction du livre et de la lecture ?). Cette explosion budgétaire n'aura-t-elle aucune impact sur les programmations ? Leur réduction, voire la suppression de certaines actions, y compris dans les différentes animations à l'année ? L'obligation de faire des choix... Pourquoi pas, après tout, peut-être est-ce le but recherché : supprimer certains salons jugés « en trop », réduire ou rendre inexistantes certaines programmations et gérer à la baisse l'enveloppe « Vie littéraire » du CNL ?. Ce serait une façon comme une autre d'imposer un tri dans les nombreuses manifestations : celles qui feront le choix de continuer différemment et en réduisant leurs actions, et celles qui jetteront l'éponge ?

"Le CNL estime-t-il sérieusement qu'un « petit » salon de ce type (invitant 100 auteurs), mais tout comme un salon qui en invite 30 ou 50, et encore un salon qui en accueille des centaines, sont à même d'ajouter une ligne budgétaire aussi importante ?"

2/ Comment ne pas penser que cette augmentation automatique du coût de la manifestation, avec un poste budgétaire supplémentaire important, aura des impacts nombreux sur les auteurs invités. Leur nombre risque de diminuer fortement dans bien des programmations (ce qui ne va pas dans le sens d'une meilleure représentation et variété des auteurs, bien au contraire - une mission que, pourtant, le CNL dit soutenir). Comment ne pas penser non plus à de possibles impacts sur ces choix de programmation qui deviendront plus contraints. A ce jour, bien des festivals fonctionnent sur une péréquation simple. Pour attirer un public nombreux, quelques auteurs reconnus qui permettent d'en inviter d'autres, plus méconnus, ou débutants, que le festival permettra d'aider à rencontrer du public. Si cette péréquation (proche du système éditorial classique) ne tient plus parce que l'investissement dans la venue d'un auteur est devenu trop important, nombre de salons risquent fort de chercher à programmer un peu toujours les mêmes, ceux qui sont susceptibles de maintenir le niveau de public de l'événement (sans quoi les financeurs, publics comme privés, ne les suivront plus), de même que le niveau de reconnaissance et d'attractivité (sans quoi les médias s'attachant si facilement et simplement aux têtes d'affiches ne les suivront plus non plus), cela au détriment de tous les autres. Non seulement cela risque d'accroître une concurrence malsaine entre les salons et festivals (et ce à un moment où bien des salons cherchent à développer des passerelles entre eux), mais cela limitera aussi les possibilités de faire découvrir des auteurs plus confidentiels. Comme dans l'édition entre les maisons petites et moyennes et les grands groupes, l'écart risque de s'accroître dangereusement entre les manifestations. Pour contrer cet effet pervers, nul doute que le CNL assortira sa réforme d'une contrainte supplémentaire, écrite ou simplement dite, voire implicite, avec un pourcentage obligatoire d'auteurs régionaux, de jeunes auteurs, ou d'écrivains dits plus confidentiels, dans les critères « Vie littéraire ». Mais, même s'il n'a pas communiqué clairement sur ce sujet, il semble peu probable que cette règle imposée amènerait ledit CNL, dont le budget est contraint, à accorder une aide supplémentaire à la manifestation lui permettant, justement, de rémunérer systématiquement tous ses invités, petits ou grands... Tout au plus concédera-t-il un soutien supplémentaire symbolique sur des « rémunérations minimales » créant à nouveau des disparités et des effets de concurrence accrue entre les salons ne pouvant payer qu'à rémunération minimale et les autres...

3/ Les seules structures qui pourront se permettre de rémunérer l'ensemble de leurs invités seront peut-être celles aidées et soutenues par de très grandes villes où elles se déroulent (et encore, cela n'est pas certain). De fait, les festivals se situant dans des villes de moindre importance, au budget déjà plus que contraint, n'auront pas la possibilité de suivre, et se retrouveront vite sans programmation envisageable. Pourquoi ? Parce que rapidement, en quelques années à peine, la plupart des auteurs feront probablement le choix (et comment leur en vouloir, c'est bien normal) de ne plus aller que dans les festivals où ils seront rémunérés systématiquement et le mieux possible… La diversité culturelle en régions, le soutien aux plus petits, risque alors d'être balayée au profit des salons les plus gros, ceux qui d'un côté auront les reins assez solides financièrement pour absorber le surcoût de cette nouvelle règle, mais qui, de surcroît !, toucheront l'aide du CNL parce que remplissant justement les nouveaux critères quand les autres ne toucheront plus rien faute de pouvoir suivre… Le CNL va donc généreusement créer un système où il ne soutiendra pas ceux qui en ont le plus besoin, mais ceux qui en ont les moyens...

4/ Rappelons-le, si la mesure peut tout à fait se comprendre pour une grande partie des auteurs/illustrateurs qui ne vivent pas de leur travail créatif, mais ont pour l'essentiel une activité professionnelle alimentaire en dehors de ce travail de création, ou ceux qui essaient d'en vivre et ont un besoin évident de ressources supplémentaires, - ce que l'ensemble des organisateurs de salons admet, comprend, mais à quoi ils n'ont pas les moyens, seuls, de répondre -, elle est foncièrement absurde pour les auteurs dits de « best-seller ». Ces auteurs « phares » seront parmi les premiers invités dans nombre de salons, afin d'y attirer du public, mais eux n'ont justement pas besoin de ces rémunérations supplémentaires… ! Ceux qui gagnent le plus vont donc en gagner encore plus, et les auteurs qui risquent de n'être tout simplement plus invités ne gagneront rien… et ne pourront plus défendre et présenter leurs ouvrages. Reprenons un exemple au hasard, celui du « Livre sur la place » à Nancy, manifestation aujourd'hui soutenue par le CNL. D'un côté, il leur faudra rémunérer tous les essayistes, dramaturges, primo-romanciers et jeunes auteurs invités. Très bien, ils seront sans doute ravis de recevoir leur chèque, et il est quasi certain que tous les responsables de manifestations aujourd'hui seraient heureux de pouvoir ainsi rémunérer ces invités. Mais dans le même temps, il sera donné le même chèque à des invités tels que Frédéric Beigbeder, Amélie Nothomb, Bernard Pivot ou Kathrine Pancol… ? Pense-t-on sérieusement que ces auteurs ont besoin de cette rémunération (pour une rencontre/débat ou une séance de signatures) afin de vivre de leur création ou de les soutenir dans leur travail d'auteur ? A moins que le CNL ne souhaite ajuster les rémunérations selon des critères objectifs : par exemple faudra-t-il demander, dans un grand élan administratif, une feuille d'Impôts sur le revenu aux auteurs invités, afin de savoir lesquels seront susceptibles d'être rémunérés selon la hauteur de leurs revenus ?! Ou bien faudra-t-il décréter que, effectivement, c'est plutôt absurde et que certains auteurs peuvent ne pas être rémunérés, mais à partir de quel niveau exactement, sur quels critères ?

5/ En imposant cette règle, comment ne pas se poser non plus la question de l'impact sur les autres aides, celles qui permettent à l'essentiel des festivals de survivre ? Le label d'un soutien du CNL est, bien souvent, pris en compte par les autres subventionneurs publics (villes, communautés urbaines, régions, conseils généraux, etc…), voire par les soutiens privés, comme un gage de « bonne manifestation ». N'étant plus en mesure d'obtenir ce « label », ce sont aussi les autres aides, particulièrement en régions, qui risquent fort de disparaître, ou d'être diminuées, pour les manifestations littéraires ne passant pas sous les fourches caudines de l'obligation décrétée par le CNL.

Le Budget Culture 2015 : une priorité du gouvernement, rognée, par Louis Loche

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

6/ Quels leviers envisageables pour régler cette contrainte budgétaire sont à la disposition des salons ? Augmenter considérablement la location des stands (auprès des éditeurs ou des libraires de la région). Reste que, en cette période où la librairie va si mal, il apparaît quelque peu étonnant que le CNL pousse à contraindre les salons à faire dépenser plus les libraires... ? Mais encore : faire payer l'entrée de la manifestation ! Pourquoi pas, effectivement, se dire que, comme le Salon du livre de Paris, les salons en régions qui sont, pour la plupart, gratuits, n'auraient plus qu'à instaurer des entrées payantes ? Cela permettrait sans doute d'amortir, en tout ou partie, la rémunération des auteurs invités. Cependant, les manifestations (pour la plupart) considéreront sans doute comme un peu suicidaire de pénaliser le lecteur-visiteur. D'une part parce que, dans bien des cas, cela irait à contre-sens de la volonté politique de la municipalité accueillante qui, en général, souhaite conserver à sa manifestation culturelle une part sociale en permettant à tous d'y participer, y compris à ceux et celles qui ne peuvent se permettre de débourser de l'argent pour y assister. Ce point cependant pourrait être contrecarré par les services sociaux de ces municipalités, décidant de prendre en charge les entrées pour les populations défavorisées, mais en allouant donc un budget supplémentaire pour cela et du personnel dans les centres sociaux pour trier les visiteurs sur conditions de ressources ! D'autre part, rendre payant ce qui était gratuit auparavant aura une incidence immédiate sur la participation du public (baisse du nombre de visiteurs) et par ricochets sur la participation aux rencontres/animations organisées, voire sur les ventes de livres sur le site (et donc sur le chiffre d'affaires des libraires), mais aussi sur les subventionneurs (publics ou privés) qui prennent les chiffres de fréquentation comme un des critères de soutien. Faire payer le consommateur, appauvrir son pouvoir d'achat de livres sur les salons, est-ce à cela que le CNL souhaite pousser les organisateurs de manifestations ? Sans doute pas. Ou bien encore faudra-t-il que tous les salons de France prennent exemple sur les festivals de création comme Manosque afin de faire payer certains spectacles littéraires ? Au-delà de la triste uniformité du paysage des salons qui finiraient par tous se ressembler, les spectacles ont eux-mêmes un coût et les rendre payants permettrait sans doute tout juste de les amortir, sans régler pour autant la question de la rémunération des auteurs en signature sur les stands... Enfin, si cette règle obligatoire est instaurée, le CNL a-t-il envisagé, par exemple, de la conditionner à un soutien des éditeurs (voire les libraires) à partager, pour moitié, la rémunération des auteurs sur les salons, lesquels font de fait la promotion des livres desdits éditeurs ? Ce serait peut-être là une solution intermédiaire permettant ne pas faire supporter cette charge budgétaire seulement sur les épaules des organisateurs ? Pour autant, comment conserver un tant soit peu d'indépendance dans la programmation des salons si les éditeurs refusent de partager cette rémunération pour tel ou tel invité et à l'inverse imposent leurs choix pour tel ou tel autre ?

On le voit, le problème n'est pas simple, dans tous les cas pas aussi simple qu'une règle, exprimée sous forme de sentence qui paraît frappée au coin du bon sens pour la faire passer, mais soulève bien d'autres éléments en arrière-plan. Cette réforme, annoncée, esquissée pendant la journée de la SGDL consacrée aux auteurs, sera pourtant présentée le 3 novembre… est déjà pensée, écrite en termes de projet, sans que nombre des responsables de manifestations ne soient consultés... Parmi la centaine de manifestations soutenues par le CNL aujourd'hui, des salons comme L'Escale du Livre de Bordeaux, La Comédie du Livre de Montpellier, Le Festival du roman noir de Frontignan, Quais du polar à Lyon, Le Livre sur la place à Nancy, Le Marathon des mots à Toulouse, Le Salon du livre jeunesse de Montreuil, La 25° heure du livre au Mans, Les Utopiales à Nantes, La Foire du livre de Brive, Quai des bulles à St Malo, Festival du livre de Mouans-Sartoux, Toulouse, polars du sud, Etonnants voyageurs de St Malo, L'été du livre à Metz et tant d'autres, combien ont reçu une information préalable au sujet de cette réforme ? Combien ont été contacté pour recueillir leur avis, leurs doutes, leurs questions sur le sujet ?

Lionel Destremau

Directeur de Lire en Poche

Salon des livres de poche de Gradignan.

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L’Union des écrivaines et écrivains québécois fait état de la publication de deux sondages convergents. Le premier, auprès de la population du Québec, le second auprès des écrivains, mais tous deux font état d’une prise de conscience et d’un réel soutien aux artistes. Nous reproduisons ici leur tribune, dans son intégralité. 

16/04/2021, 13:29

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Les bibliothèques universitaires demandent “une offre riche et diversifiée” d'ebooks

Les bibliothèques françaises des établissements de l’Enseignement Supérieur et des écoles de management, soutenues par le consortium Couperin, qui négocie les accès aux œuvres au format numérique, demandent dans une tribune un accès plus large et économiquement viable aux catalogues numériques des éditeurs. Nous reproduisons ci-dessous, en intégralité, leur texte.

15/04/2021, 16:58

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Roselyne Bachelot et l'Observatoire des métiers : “Un problème de méthode”

ActuaLitté reproduit ici une lettre ouverte de l’intersyndicale signée par 20 organisations professionnelles d’artistes-auteurs. Datée du 8 avril, elle concerne l’une des rares promesses de la ministre Roselyne Bachelot sur un Observatoire des métiers. Une annonce qui semble déjà fortement compromise compte tenu de la méthodologie du ministère, analysent-elles.

08/04/2021, 10:19

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“Le poids parfaitement illégitime de la commandite” d'Arnaud Lagardère

En tant qu’actionnaires minoritaires des Éditions Calmann-Lévy aux côtés de Hachette Livre, Éliane et Christopher Calmann-Lévy ont pris acte du départ d’Arnaud Nourry qui présidait aux destinées de Hachette Livre depuis 18 années. Dans un message communiqué à ActuaLitté, ils évoquent cette rupture, pour l’ex-PDG passé de « l’homme fort » au « maillon faible ».

03/04/2021, 17:24

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Ouverture des bibliothèques : “Aucune solution unique ne saurait être imposée”

Après les annonces présidentielles de ce mercredi 31 mars, les mêmes questions reviennent, du côté des professionnels des bibliothèques. Encore une fois, les associations interprofessionnelles apporteront des réponses, mais l'Association des Bibliothécaires de France (ABF) tient à avertir les autorités de la situation et des difficultés actuelles. Nous reproduisons ci-dessous le message de l'organisation.

02/04/2021, 14:47

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“Opacité, manipulation et atteinte aux droits syndicaux des artistes-auteurs”

L'intersyndicale des artistes-auteurs apprend aujourd'hui, le 29 mars, que la Direction générale de la création artistique du ministère de la Culture (DGCA) a convié les organismes de gestion collective et diffuseurs à des « groupes de travail utilisateurs, en visioconférence, sur la nomenclature de revenus d’artistes auteurs à laquelle travaille le ministère de la Culture et qui servira de base à la nouvelle interface informatique de déclaration des revenus d’artistes auteurs ». Nous reproduisons ici l'intégralité de leur texte.  

29/03/2021, 16:58

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Mahomet supprimé de La Divine Comédie : Dante victime du “politiquement correct”

Une traduction de La Divine Comédie de Dante expurgée de Mahomet « pour ne pas blesser » : le choix d'un éditeur néerlandais fait couler beaucoup d'encre, avec des accusations de censure qui se multiplient. Le PEN Club français s'inquiète lui aussi de précautions qui finissent par porter atteinte à l'œuvre et à la « dimension transculturelle » de Dante. Nous reproduisons ci-dessous, en intégralité, le texte de l'organisation.

29/03/2021, 16:44

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Auteurs professionnels : un statut non essentiel ?

Je ne suis pas le premier, je ne serai sûrement pas le dernier, mais je souhaitais m’exprimer sur la situation alarmante des artistes-auteurs dont je fais partie. Parce que pour parler net, il semblerait qu’on ait décidé en hauts lieux de nous laisser crever la bouche ouverte. Par Guilhem Meric.

25/03/2021, 10:01

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"La Maison des écrivains est menacée parce que la littérature est menacée"

La Maison des écrivains est en proie à des difficultés persistantes, clame l’association, qui diffuse un manifeste. Ce dernier, que signe l’ensemble de son conseil d’administration et de direction, dévoile la réalité de cette situation. Une structure qui n’est pas « entendue à la hauteur de ses ambitions », et a recours actuellement à un appel aux dons pour se sortir de l’embarras. Leur plaidoyer est ici diffusé en intégralité.

23/03/2021, 16:18

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L’appropriation culturelle et les Sensitivity readers

Ou la question du T’es-qui-toi-à-la-base-pour-causer-de-ça ? Suite à notre entretien avec l'éditeur Stephen Carrière, autour de la censure d'ouvrages, nous avons souhaité prolonger la réflexion posée sur l'avenir de l'édition. Et ce, à travers deux thématiques très contemporaines : le rôle du trigger warning, détaillé la semaine passée. Il évoque cette fois-ci les sensitivity readers et la notion d'appropriation culturelle autre enjeu pour l'industrie du livre.

22/03/2021, 08:11

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Le ministère de la Culture donne “le coup de grâce au rapport Racine”

La semaine dernière, le ministère de la Culture a dévoilé, d'une manière assez discrète, 15 premières mesures qui doivent « améliorer les conditions de création des auteurs ». Les principaux intéressés ne cachent pas leur déception : la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse y voit ainsi « le coup de grâce au rapport Racine ». Nous reproduisons ci-dessous le message diffusé par l'organisation.

15/03/2021, 16:09

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Hongrie : l'autrice Krisztina Tóth accusée de cancel culture par le gouvernement Orbán

De quoi l'expression cancel culture est-elle le nom ? Selon les contextes, elle est adaptée : quand le gouvernement de Viktor Orbán l'utilise, en Hongrie, c'est pour remettre en question la parole d'une autrice, Krisztina Tóth, vis-à-vis de l'histoire littéraire telle qu'elle a été écrite par la postérité. Le PEN Club français, dans une tribune, défend Tóth, accusée de « censure féministe » et menacée sur les réseaux sociaux. Nous reproduisons ce texte ci-dessous, en intégralité.

15/03/2021, 09:35

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Maroc : Maâti Monjib et les détenus politiques en besoin “urgent” de solidarité

Condamné le jeudi 28 janvier dernier à un an d'emprisonnement, jugé coupable de « fraude » et d'« atteinte à la sécurité de l'État », l'historien Maâti Monjib a entamé il y a quelques jours une grève de la faim pour protester contre une peine qu'il juge arbitraire. Le PEN Club français appelle à la solidarité envers l'écrivain et les autres détenus politiques au Maroc dans un texte que nous reproduisons en intégralité ci-dessous.

11/03/2021, 12:51

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Objet : atteinte aux droits sociaux des artistes-auteurs et autrices

Il n’y aura pas de confinement du week-end, ainsi l’a voulu Emmanuel Macron. Voilà qui laissera plus de temps encore aux ministres interpellés par une vingtaine d’organisations professionnelles, sur la question des cotisations sociales. Un courrier enlevé et senti, qui remet l’église au centre du village. Leur texte est ici relayé dans son intégralité.

04/03/2021, 14:31

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La Commission européenne en conflit avec les éditeurs et auteurs belges 

Depuis 2019, La Commission européenne refuse de verser une rémunération aux éditeurs belges pour la photocopie de leurs œuvres par des entreprises et des institutions publiques. L'organisme de gestion collective des ayants droit belges Reprobel publie aujourd'hui un communiqué pour protester contre cette décision. Selon eux, la Commission prétendrait à tort que cette rémunération constituerait une "taxe" dont elle-même et les institutions européennes qu'elle représente en sont exonérées. Nous publions ici leur texte dans son intégralité. 

 

 

03/03/2021, 11:09

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Rapport Racine : “Un an plus tard, nous n’oublions pas”

« Un an après la remise du rapport Bruno Racine, rien ne bouge plus. Notre situation économique et sociale n’a jamais même été aussi catastrophique ! Vous êtes donc nombreux et nombreuses à vouloir agir. Des actions sont nées spontanément de toutes parts (BD, audiovisuel, etc.), et ont été plus ou moins bien médiatisées. Mais, malgré des problèmes communs, rien n’avait encore été rédigé pour l’ensemble des créateurs et créatrices, qui sont pourtant unis par un même statut social et fiscal », indique la Ligue des Auteurs Professionnels.

02/03/2021, 15:43

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Les bibliothèques, “des biens communs au service de tous” (ABF)

L'Association des Bibliothécaires de France (ABF) et d'autres organisations rappellent, dans un communiqué, la politique documentaire qui constitue le cadre du travail des bibliothécaires, garants des « équilibres de toutes sortes, à l’indispensable pluralisme des goûts, genres et orientations, sans jamais faire prévaloir leurs propres opinions ». Cette piqûre fait suite à deux événements récents qui illustrent une possible ingérence d'une hiérarchie administrative dans ce cadre et ces missions... Nous reproduisons ci-dessous l'intégralité du texte communiqué.

02/03/2021, 14:45

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Édition : M. le ministre, “les procédures bâillons menacent l’information”

La liberté d'information, mais aussi la liberté de publier, sont toutes deux menacées par un processus judiciaire vieux de cent quarante ans, dénonce l'éditeur Florent Massot dans un courrier envoyé au Garde des Sceaux, ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti. D'après Florent Massot, le coût pour l'accusé de la citation directe, dans le cadre d'une plainte en diffamation, est dangereux pour la liberté d'informer. Nous reproduisons ci-dessous le courrier envoyé par l'éditeur au ministre de la Justice, en intégralité.

26/02/2021, 15:11

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La “censure politique et idéologique” menace en Pologne

Le PEN Club polonais vient de communiquer à ActuaLitté une déclaration officielle sur la situation juridique du pays. Au cœur de cette intervention, un exercice de censure « politique et idéologique ». Une situation d’autant plus délicate qu’elle découle d’une destruction méthodique du travail universitaire, autant que d’une réécriture de l’Histoire. Le texte est ici présenté dans son intégralité.

26/02/2021, 14:16

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“La responsabilité sociale et environnementale est au cœur de notre projet”, Éditions Leduc

Les éditions Leduc viennent de communiquer un détail, non exhaustif, de leurs engagements écoresponsables, « mis en pratique depuis des années maintenant ». Et d’ajouter : « Comme toujours, ce sont tous nos services et chacun de nos salariés qui portent individuellement et collectivement ces engagements. » Le texte est proposé dans son intégralité.

25/02/2021, 09:54

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Recherche universitaire : une “police de la pensée” bientôt à l'oeuvre ?

Quand les situations économiques et sociales des étudiants et des universités frisent la catastrophe, les responsables politiques évoquent l'« islamo-gauchisme » qui orienterait de nos jours la recherche universitaire. Un concept aux contours flous, adopté par Jean-Michel Blanquer, Gérald Darmanin et désormais Frédérique Vidal, dont la Ligue des Droits de l'Homme pointe la dangerosité. Nous reproduisons ci-dessous le texte que nous a fait parvenir l'organisation.

23/02/2021, 15:01

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Étudier la Shoah en Pologne et risquer un procès en diffamation...

Pour défendre la liberté d’expression et exprimer sa solidarité avec les professeurs et historiens Barbara Engelking et Jan Grabowski, le Centre PEN suisse romand interpelle le président de la République de Pologne. L’organisation fait part d’une grave inquiétude au sujet du procès en diffamation contre ces deux chercheurs de renommée internationale et co-auteurs d’une publication intitulée Night without End (Plus loin, c’est encore la Nuit) et publiée en 2018.

23/02/2021, 10:04

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Le PEN Club français condamne les violations évidentes des droits humains par le Maroc

Le jeudi 28 janvier dernier, l'historien et intellectuel Maâti Monjib a été condamné à un an d'emprisonnement, jugé coupable de « fraude » et d'« atteinte à la sécurité de l'État ». Un verdict qui survient plusieurs années après le début du procès en question, ouvert en 2015, et qui évoque une « mesure arbitraire » au PEN Club français. Nous reproduisons ci-dessous, en intégralité, le texte diffusé par l'organisation.

22/02/2021, 16:44

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Biélorussie : créateurs, artistes, auteurs “particulièrement visés par la répression“

Depuis plusieurs mois, la Biélorussie traverse une forte période d'instabilité politique : si le président Alexandre Loukachenko a été réélu en août 2020, une partie de la population conteste les résultats de cette élection. Et, plus largement, dénonce le climat liberticide dans le pays. Le PEN Club français témoigne de sa solidarité avec les manifestants, et en particulier les créateurs et artistes, dans un texte que nous reproduisons ci-dessous.

19/02/2021, 11:19

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Tribune : lettre ouverte à “Mon Amie L'Urssaf“

« Tu dois fredonner Dalida chaque matin au petit déj, mon Amie (cf : Paroles paroles) À l'autre bout du téléphone, l'AA (cf : Artiste Auteur) songe à se reconvertir. Moine Bouddiste ou Sado Maso ? Macramé ou bilboquet ? On hésite. » Virginie Jouannet est écrivaine et dépend du statut Artiste Auteur. Dans son texte que nous reproduisons ici en intégralité, elle évoque un quotidien fait d'infinies mésaventures administratives. 

17/02/2021, 12:06

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Territoires, collectivités et culture : “On ne peut plus attendre”

L’urgence se dessine. La Fédération nationale des collectivités pour la culture (FNCC) alerte le gouvernement, alors que l'été se profile.... et que, déjà, des festivals annoncent l’annulation de leur édition 2021. Le désarroi s’ancre dans le monde des arts et de la culture. Une colère légitime grandit. Dans un tribune, la FNCC demande instamment à Roselyne Bachelot d'être reçue, et entendue. Leur texte est ici diffusé dans son intégralité.

16/02/2021, 11:37

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HoomBand : lectures et ambiances pour les angoissés du sommeil

TEST – Le soleil revient, repart, les terrasses restent vides, les pro et anti-vaccins s’empoignent… tout cela donne envie de faire une belle sieste. Mais difficile de s’endormir avec un tel vacarme en bruit de fond ? Taratata, ActuaLitté vous a dégoté un petit gadget presque sexy, qui aide à l’endormissement. Une sorte d’assistant-conteur, capable de vous plonger dans une ambiance sonore, ou une œuvre, afin de favoriser le sommeil. En avant.

10/05/2021, 16:40

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Karl Zéro : l'absence de pub “donne une indépendance éditoriale”

À 59 ans, le journaliste Karl Zéro se lance dans une nouvelle aventure : il vient de lancer avec les éditions Télémaque L’Envers des affaires, un trimestriel décidé à prendre son temps. Une revue consacrée aux grandes enquêtes de notre époque, entre décryptages, analyses et théories. Et qu’il nous présente, avec élégance et sourires.

10/05/2021, 09:10

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Rembourser l'avance perçue : quand l'éditeur devient banquier des auteurs

Il plane dans l’atmosphère comme une odeur de faillites rances, dans certaines maisons d’édition. Au point que leurs dirigeants imaginent toutes les manœuvres à leur portée pour récupérer un peu d’argent — une fois la liquidation prononcée. Plusieurs témoignages concordants font état de demandes, parfois adressées par l’intermédiaire d’avocats, réclamant la restitution d’avances sur droits. Au moins deux structures y ont récemment eu recours, provoquant l’inquiétude des auteurs concernés. 

07/05/2021, 11:23

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En ce 1er mai, “Hommage à tous mes collègues précaires”

Marie Lebert est traductrice et auteure. Depuis des années, elle propose dans nos colonnes des réflexions sur les métiers du livre, l'évolution numérique de l'objet et bien d'autres. Son dernier dossier, Portraits de traductrices et traducteurs du passé portait l'accent sur l'un des rôles invisibles et cruciaux de l'édition. Aujourd'hui, elle souhaite rendre un hommage « à tous mes collègues précaires ». 

01/05/2021, 11:12

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Écouter des bandes dessinées, l'audacieux pari de Blynd

La jeune société de production audiovisuelle Blynd, installée à Lyon, s'est lancée dans un projet relevé : adapter des bandes dessinées au format audio, en s'affranchissant du support graphique. Tim Borne, cofondateur, revient avec nous sur les enjeux et les défis de ces adaptations sonores.

27/04/2021, 14:58

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La Grange Batelière : éditer “de la littérature populaire dans des livres précieux”

Antoine Cardinale collabore aux Ensablés depuis plusieurs année : cette interview qu'il nous propose a été réalisée suite à la publication d'un livre "oublié" d'Alexandre Dumas, Black, par une maison d'édition courageuse, qui soigne en outre la présentation de ses livres.. Par ailleurs, les Ensablés cherchent également à promouvoir les maisons d'édition pas forcément très connues, mais qui ont le courage de publier des livres... perdus dans les sables.

25/04/2021, 10:23

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“Le livre résiste partout, en France et en Italie” (Vincent Raynaud)

ENTRETIEN – « Je suis devenu traducteur d’italien parce que c’est l’une des langues que je lisais et quand j’ai commencé, il y a 20 ans, fin 2001, bizarrement il n’y avait pas beaucoup de traducteurs de l’italien. Il y avait d’excellents traducteurs, mais ils n’étaient pas très nombreux », nous explique Vincent Raynaud, qui officie également en espagnol et en anglais. Un entretien croisé entre France et Italie, autour de la littérature et de ses auteurs.

23/04/2021, 14:10

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Voyage dans la Rome de Gianfranco Calligarich, avec sa traductrice

Voici l’un des textes « intemporels » de la littérature italienne : Le dernier été en ville de Gianfranco Calligarich. Depuis 1973, date de sa parution, l’ouvrage du cinéaste et dramaturge, L'ultima estate in città, était resté inédit en France. Ancré à Rome, dans les années 60, il suit les déboires du jeune milanais Leo Gazzarra, perdu dans une vie privée de sens. Entretien avec la traductrice Laura Brignon.

13/04/2021, 09:51

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Covid : fatigue et inquiétude gagnent des bibliothèques

Depuis le 28 novembre, les bibliothèques, aux côtés des services d'archives et centres de documentation, font partie des seuls lieux culturels de proximité à être ouverts au public, malgré le contexte sanitaire. Ce sort réservé aux établissements de lecture publique, qui reconnaît leur caractère essentiel, en vient toutefois à peser sur certains professionnels des bibliothèques, qui craignent pour leur santé et soulignent une fatigue générale. À ce contexte viennent souvent s'ajouter des revendications plus larges, sur les conditions de travail.

09/04/2021, 16:32

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“L'émotion suscitée par les événements les plus minuscules” : hommage à Gil Jouanard

Gil Jouanard est mort le 25 mars dernier à l'âge de 83 ans. Directeur de la Maison du Livre et des Écrivains pendant deux décennies, à l'origine de nombreux événements littéraires, le poète s'investissait considérablement dans la vie de l'écrit. L'écrivain Antoine Spire, président du PEN Club français, lui rend hommage dans un texte que nous reproduisons ci-dessous.

07/04/2021, 14:37

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Avec ou sans pandémie, le difficile accès aux livres des détenus français

La pandémie de Covid-19 aura fait vivre à l'ensemble de la population l'expérience du confinement, de la privation de liberté et des difficultés qui les accompagnent. Parmi ces dernières, l'accès aux livres et à la lecture. Pour les détenus des prisons françaises, ce droit reste très difficile à faire appliquer, les progrès sont timides et le statu quo souvent de mise. La crise sanitaire, évidemment, n'améliore pas les conditions.

02/04/2021, 11:53

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Bientôt morts, vivants en sursis : Pré-Mortem, à découvrir en 6 séries et films

Patrick McSpare vient de faire paraître aux éditions Leha son dernier roman, Pré-Mortem. Ce passionné de mythologie celtique fait toujours naviguer ses univers entre un monde réel et des créatures fantastiques, pas toujours commodes. Dans ce livre, l’humanité tout entière apprend le jour précis de sa mort, lors de l’apparition de Banshees, le 31 octobre. Joyeux Hallloween…

02/04/2021, 09:43

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Antonio Tabucchi, “le plus italien des écrivains portugais”

Écrivain, certes, mais aussi traducteur de Fernando Pessoa en italien, Antonio Tabucchi a lié avec le Portugal une relation particulière. Enseignant tout à la fois la langue et la littérature lusophone, à Sienne, il est décédé à Lisbonne en mars 2012. Comme si quelque chose devait s’écrire ainsi. Clelia Bettini, de l’université de Coimbra, faculté de Lettres, nous en offre un portrait inédit.

01/04/2021, 16:33

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Juan Branco : “Il y a encore la possibilité d’une guerre civile dans ce pays”

ENTRETIEN — En 2018, Juan Branco publiait Crépuscule, un ouvrage qui mettait en lumière les puissances à l’œuvre derrière l’ascension d’Emmanuel Macron. Devenu un best-seller, le pamphlet avait accompagné l’élan révolutionnaire des Gilets jaunes. Aujourd’hui, l’avocat dissident publie un nouveau manifeste aux éditions Michel Lafon : Abattre l’Ennemi. Au sein de cette œuvre dont le titre annonce déjà la couleur, c’est une refonte totale de la politique française qui est proposée au lecteur « Ce livre est là pour aider ceux qui le souhaitent à rompre avec le système existant dans les mois et années à venir. »

 

31/03/2021, 15:27

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La lutte pour l’organisation d’élections professionnelles n’est pas un détail

L'écrivain Frédéric Maupomé vient de signer une tribune évoquant la question des élections professionnelles pour les artistes auteurs. Il nous propose ici un texte mettant à plat toutes les problématiques de ce sujet. Son plaidoyer est proposé en intégralité.

22/03/2021, 07:57

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Trigger warning en littérature : du danger d'avertir du danger

La censure de six ouvrages du Dr Seuss nous avait donné l’opportunité d’interviewer le traducteur français de certains titres. Stephen Carrière est avant tout éditeur, et posait les bases de réflexions plus profondes sur ce qu’il identifiait comme des menaces pour l’industrie du livre. Devant l'enthousiasme suscité par ce premier entretien, nous lui avons demandé de développer plus largement ses intuitions et de revenir sur la question du trigger warning. Un principe d’avertissement pas forcément charitable.

15/03/2021, 07:05

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“Chaque traduction est une nouvelle traduction“, Nathalie Bauer

Assise à un ancien bureau en bois, une série de gravures raffinées derrière elle, une femme élégante répond avec affabilité et calme à nos questions. Il s'agit de Nathalie Bauer, l'une des plus célèbres traductrices de l'italien vers le français, avec plus de cent cinquante ouvrages à son actif. Sa passion pour la langue italienne est née à l'âge de quinze ans et s’est développée en autodidacte à l’aide d’un livre, L’italien en 90 leçons. Son travail a commencé par hasard, à une époque plus facile, où l’on pouvait encore faire de la traduction littéraire son seul métier.  

09/03/2021, 08:57

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Développement rural et de sécurité alimentaire : La dernière mission

Auteur de l’essai La Faim du monde (Balland 2019), Nasser Brahimi travaille auprès d’agences internationales et pour des programmes liés aux Nations Unies. Le consultant, fils de parents algériens, a vécu à Paris, avant de retourner à Alger et de s’installer finalement à Rome. Expert en communication, il travaille au développement de deux agences, l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture et le Fonds international de développement agricole. Son texte raconte un moment de ces expériences.

07/03/2021, 17:31

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Seuss, le vivre-ensemble et la cancel culture

Cesser la commercialisation de livres du Dr Seuss, accusés de véhiculer un « racisme infect » par certains commentateurs, voilà qui donne à réfléchir. Les ouvrages jeunesse de l’Américain n’ont pas connu en France le succès d’outre-Atlantique. Pourtant, leur traducteur français s’inquiète, à plus d’un titre, de ces comportements. D’autant que Stephen Carrière, qui a traduit une dizaine d’oeuvres de Seuss, est également éditeur, directeur des éditions Anne Carrière. Il nous répond.

05/03/2021, 14:37

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#AdopteUnLibraire : “Il n’y a pas d’écrivain sans librairie”

Les librairies ont été hissées au rang de commerces essentiels dans le décret n° 2021-217. Ou plus précisément « les commerces de détail de livres ». Contraint et forcé, comme tant d'autres, non plus d'imaginer, mais de vivre dans un pays aux librairies fermées, le romancier Gilles Marchand, auteur entre autres d’un Funambule sur le sable, adresse à ActuaLitté un texte passionné. 

03/03/2021, 11:10

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France : Amazon assigné en justice pour concurrence déloyale

EXCLUSIF – Le confinement a révélé, à son insu, quelques secrets de fabrication et autres télescopages douteux chez Amazon France. Un différend juridique entre une éditrice et son prestataire a mis en lumière de manière flagrante les arrangements de la firme, aboutissant à une distorsion de concurrence. Tout à la fois revendeur et fournisseur de services, elle aura rendez-vous avec la justice française pour en répondre.

02/03/2021, 15:10

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Québec : dix ans après, revient l'idée d'un prix unique du livre

La sortie de la députée Ruba Ghazal (Québec solidaire) a pris de court bien des observateurs et acteurs de l’industrie québécoise du livre. Pour autant, sa demande, « est pleinement pertinente », assure Katherine Fafard, directrice générale de l’Association des Libraires du Québec. Et pour cause, un prix réglementé sur la vente de livres intéresse. Et le Québec, de par sa position au sein du Canada, aurait toutes les armes pour se lancer dans la procédure législative.

02/03/2021, 09:12

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Lise Caillat, traductrice : “Aujourd’hui, quand je ne traduis pas, je lis”

Après une Maîtrise de Langue, Littérature et Civilisation italiennes (Université Stendhal-Grenoble III) et un DESS Édition (Université Paris XIII), Lise Caillat a travaillé pendant dix ans dans l’édition puis en librairie, tout en développant son activité de traduction littéraire. Depuis 2017, elle se consacre totalement à cette dernière ainsi qu’à la recherche d’auteurs et d’ouvrages italiens à faire découvrir au public français. Elle anime également des ateliers de traduction qui visent à sensibiliser les lecteurs et les amoureux des mots aux joies et aux défis du métier.

01/03/2021, 09:10

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Vivants à l'unisson : à la défense du spectacle et des artistes

Ne pas laisser mourir les artistes et le spectacle : voici en quelques mots le sens du texte écrit et diffusé par le chanteur Cali, la thérapeute Anne-Laure Buffet et le poète Éric Poindron. Plus qu’un mouvement d’humeur, un appel à l’aide, parti à la défense (et illustration ?) du spectacle vivant. Un manifeste que ActuaLitté diffuse dans son intégralité.

28/02/2021, 10:35

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Le Pass Culture et la lecture : et si ça fonctionnait ?

Toujours en phase d'expérimentation, le Pass Culture doit prochainement révéler les conditions de sa généralisation à tous les jeunes Français et Françaises de 18 ans, doté de 300 € et non 500 € comme prévu. Dans les librairies, les niveaux des réservations sont généralement très bons, malgré certaines réserves sur les effets concrets du Pass dans la promotion de la lecture.

26/02/2021, 13:00

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Traduire Dante : “En poésie, le rythme impose un sens supérieur au sens.”

Coutumier des grands noms de la littérature italienne, Michel Orcel a fréquenté Giacomo Leopardi, aussi bien que Lorenzo Da Ponte. En 2019, La Dogana publiait sa traduction de La Divine Comédie (Enfer, Purgatoire, celle du Paradis arrivera au printemps), en édition bilingue. Alors que 2021 rime avec les célébrations du 700e anniversaire de la mort de Dante, le traducteur revient avec nous sur ce travail du texte d’Aligheri, les choix opérés et la relation au poète italien. Propos recueillis par Federica Malinverno.

22/02/2021, 12:28

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Portrait des bibliothèques en ”sociétés d'émulation“, ou laboratoires d'idées

Les bibliothèques auraient l'environnement nécessaire pour devenir des think tank modernes – quoique le terme soit désormais connoté. L'auteur Jean Behue le suggère : il présente une invitation à réinventer les bibliothèques en sociétés d'émulation, ces cercles d'amateurs et de passionnés qui ont fleuri dès le XVIIIe siècle, et se sont prolongés par la suite dans un bel élan de libération individuelle et collective. Un billet à savourer.

22/02/2021, 09:36

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Aramebook : précurseur du livre numérique pour les lecteurs d'Algérie

Créée en 2018, la plateforme Aramebook propose des livres numériques au format PDF. Première du genre en Algérie, cette plateforme dont le nom vient de Aram – ces grosses pierres qui servaient de repères aux voyageurs –, et ebook, a pour vocation de promouvoir la lecture et la littérature algérienne à travers le monde. Rencontre avec sa fondatrice, Nacéra Khiat, également éditrice chez Sedia.

Propos recueillis par Chloé Martin pour ActuaLitté

19/02/2021, 13:09

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Éditeur indépendant : passion ou profession ?

« En avril 2021, cela fera 10 ans que je fais officiellement des livres, au sein de ma petite maison d’édition indépendante de livres d’art : les Éditions Hartpon. Si cette date anniversaire est une bonne occasion de constater que la “passion“ reste intacte, je me dis qu’elle pourrait l’être également pour faire un premier bilan de ma manière de considérer cette “profession“, aujourd’hui. » Par Caroline Perreau, fondatrice des Éditions Hartpon.

18/02/2021, 12:56

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L'infernale circulaire 2016, ou la retraite à prix d'or pour les auteurs

Ah, la retraite : paisible repos après une dure vie de labeur, accompagnée d’un pécule qui permettra d’offrir les étrennes de fin d’année ou la petite enveloppe d’anniversaire. Ou dans certains cas, plus rares, de faire creuser la piscine rêvée. Pour les artistes-auteurs, l’Agessa se vit confier le soin de collecter les sommes, avec l’incurie que l’on a fini par découvrir… Et qui n’en finit pas. 

17/02/2021, 15:58

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Poésie et livre numérique : la délicate transition du mot à l'écran

Si vous avez déjà acheté de la poésie au format numérique, et à plus forte raison de la poésie en vers, vous vous êtes sans doute rendu compte que les contraintes formelles propres à ce genre littéraire se heurtent aux contraintes techniques de l’ebook. Face à ce constat, les éditeurs de poésie adoptent différentes stratégies, allant de la non-publication de leurs titres en numérique à une réflexion sur la manière dont le numérique peut servir la poésie.

16/02/2021, 14:46

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Les avanies des auteurs face à l'URSSAF : “C'est de mal en pis”

« L'impéritie informatique et téléphonique de l'Urssaf vis-à-vis des auteurs se perpétue. Matinées perdues à tenter de parler à un humain, site informatique nase, lettre comminatoire vous enjoignant de faire une déclaration en ligne sous peine de lourdes amendes, journées en vain perdues à tenter de le faire... » Dominique Sels est autrice, et comme d’autres, en proie aux affres de l’URSSAF. Dans un billet, elle évoque les difficultés rencontrées « avec ces bandits de grand chemin ».

16/02/2021, 09:22

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Ankama, c’est aussi de la bande dessinée

RENCONTRE – Ankama Éditions fête ses quinze ans cette année. Occasion de revenir sur une initiative éditoriale née un peu par hasard. Ankama, c’est avant tout des jeux vidéo en ligne, mais aussi des livres. Si la société roubaisienne est toujours associée à Dofus, elle s’est aussi fait une place dans le monde de l’édition, et plus particulièrement de la bande dessinée, en une quinzaine d’années. 

09/02/2021, 13:06

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Pour avoir préféré la croyance à la pensée, et pour le reste : “Ni oubli ni pardon”

Depuis des mois maintenant, le monde de la culture et de la création ne cesse de hurler  à la mort. La sienne. Mille fois, du plus humble au plus célèbre, les créateurs, auteurs ou interprètes, dans une unanimité inédite, ont répété partout que fermer durablement les lieux de spectacles, de monstration, de vente, était un désastre. Désastre culturel, désastre économique, désastre personnel, désastre social, désastre psychologique, désastre à tous les étages. Par Yves Frémion, écrivain animateur de PEPS-Culture.

09/02/2021, 11:10

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Les Sept Péchés capitaux, entre “parfum d’éternité et aperçu d’anthropologie”

7... chiffre sacré, mystique, évocateur s’il en est ! Il se trouve tout aussi bien associé aux merveilles du monde antique, qu’aux péchés capitaux. À ce titre, sept écrivains ont été mis au défi : produire un texte, libre, s’emparant de l’un de ces péchés sur un mode contemporain, dans le cadre d’une aventure collective et totalement incarnée. La collection regroupant leurs œuvres vient de sortir aux éditions du Cerf, sous l'appellation, Les Sept Péchés capitaux. 

06/02/2021, 12:55

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Moniteurs étudiants : entre la “procédure” et la “bienveillance", Paris 3 balance

Ce mardi 2 février, les moniteurs étudiants de la bibliothèque Sainte-Barbe, rattachée à l'université Sorbonne Nouvelle — Paris 3, débrayaient une nouvelle fois, accompagnés par des bibliothécaires permanents et des professeurs de l'université. Alors que la crise sanitaire frappe de plein fouet les étudiants, ils réclament le maintien de leur rémunération en cas de confinement et de fermeture de l'établissement. Une partie du personnel de la bibliothèque les soutient et réclame plus de moyens.

05/02/2021, 17:41