#Droit / Justice

Julia Reda : "Mon rapport veut renforcer les droits des auteurs"

Son rapport, présenté il y a un peu plus de deux mois, visait à évaluer la directive européenne sur le droit d'auteur de 2001, à l'aune des remarques reçues lors d'une grande consultation publique européenne, l'année dernière. Et il a fait trembler toute l'industrie culturelle, en France, à l'exception des bibliothèques. Alors que la presse française s'est intéressée au personnage ces derniers jours, nous avons rencontré Julia Reda à Bruxelles. 

Le 03/04/2015 à 11:28 par Antoine Oury

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Publié le :

03/04/2015 à 11:28

Antoine Oury

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Les premiers reproches adressés à votre rapport attaquent sur l'utilisation du terme « copyright » plutôt qu'un « droit d'auteur », est-ce un choix délibéré ?

J'utilise le terme « copyright » parce que la version anglaise de la directive que j'évalue fait référence au « copyright ». Dans la version française, elle fait référence au « droit d'auteur ». Au-delà des termes, la substance de cette directive inclut les deux, parce qu'elle définit clairement quels sont les droits des auteurs, et les droits qui sont transférés à un ayant droit. Le système de droit d'auteur français aussi : des droits d'auteur sont transférés, pas tous, mais beaucoup. Il n'y a aucun système de droit d'auteur « pur » dans les pays européens.

On a également reproché à votre rapport sa brièveté. Comment l'avez-vous constitué ?

On m'a parfois fait le reproche que je n'avais pas fait d'étude d'impact, mais ce rapport s'appuie sur l'une des plus importantes études autour de la directive copyright. Je rappelle que la Commission a publié un résumé d'une centaine de pages des résultats de la consultation publique, en 2014. Il y a eu beaucoup de réponses de chercheurs, qui ont participé à l'élaboration des propositions de mon rapport : mais toutes les sources sont citées, dans le rapport ou dans son exposé explicatif. Je décris spécifiquement comment je suis arrivé à telle conclusion, et à quel problème de l'application de la directive InfoSoc elle s'adresse. J'ai rarement vu de rapport avec plus de sources, et je suis très surprise par cette critique selon laquelle je n'ai pas fait une évaluation de la situation actuelle.

Julia Reda, au Parlement européen, à Bruxelles (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

La rémunération des auteurs

Les auteurs et ayants droit ont porté leurs critiques sur la liste d'exceptions au droit d'auteur que vous proposez d'harmoniser à toute l'Union européenne. Aviez-vous en tête un fair use américain en formulant vos propositions ?

Je crois qu'il s'agit d'un malentendu, parce que je propose est assez éloigné d'un fair use à l'américaine. Ce dernier n'a aucune exception ou limitation inscrite dans la loi. C'est donc à un juge de déterminer si tel usage remplit un certain nombre de critères qui le rendent légal. Supprimer les exceptions et limitations créerait encore plus d'incertitude légale : nous n'avons pas un siècle de jurisprudences derrière nous, les législations et les juges des pays européens sont différents... Il serait finalement plus difficile pour les citoyens de savoir ce qu'ils ont le droit de faire. 

Je veux conserver les exceptions et les limitations, les harmoniser dans tous les États membres, mais avec un mécanisme qui prend en compte qu'une réforme de la législation européenne prend du temps. La directive sur le copyright a été adoptée en 2001, mais, entre-temps, nous avons eu YouTube, Wikipédia, de nouveaux moyens de partager l'information sur Internet, l'exploration de textes et de données... Il faut adapter la législation à ces nouveaux usages. Une norme ouverte permettrait de considérer les exceptions et limitations actuelles pour les interpréter à la lueur d'une nouvelle technologie, sans qu'elles aient besoin d'une formulation exacte. Par exemple, si une exception évoque un livre, mais que la définition du livre a changé, avec des livres numériques qui peuvent inclure des fonctions interactives par exemple, le juge pourra dire « D'accord, c'est suffisamment proche d'un livre pour que les exceptions s'appliquent ». Cela accorderait plus de flexibilité pour le futur, tout en empêchant que chaque pays membre ait une interprétation totalement différente de ce qui est permis et de ce qui n'est pas permis.

Mais une telle harmonisation ne va-t-elle pas multiplier les actions en justice pour contester tel ou tel point, par les ayants droit ou les usagers ?

C'est déjà le cas, en fait. Vous n'imaginez pas le nombre de dossiers reçus à la Cour de Justice de l'Union européenne sur les interprétations des exceptions et des limitations... Il y en a beaucoup. L'harmonisation d'une définition commune des exceptions a déjà commencé, en fait, mais je veux qu'elle soit faite par le législateur plutôt que par la Cour. Il y a déjà un profond débat, dans la société, sur le genre d'exceptions que nous voulons. Par exemple, la CJUE a trouvé une définition commune de la parodie [en 2014, NdR], avec laquelle je suis plutôt d'accord. Mais je pense que ce n'est pas à la Cour de nous le dire, c'est au législateur de décider si quelque chose de fondamental pour la liberté d'expression doit être préservé, défendu, par un système commun de protection dans toute l'UE.

Je comprends les interrogations des auteurs, mais il est aussi important que l'auteur ne puisse pas tout contrôler. Il aura toujours la possibilité de contester une exception ou une limitation, mais il doit y avoir un équilibre entre l'accès à l'éducation, la liberté d'expression et la protection des auteurs. Dans le domaine de l'éducation, par exemple, il est important qu'un auteur n'ait pas le droit de refuser l'usage d'une œuvre, sans que cela signifie qu'ils ne seront pas payés. Les écoles achètent toujours les livres qu'elles utilisent dans les classes, mais il faudrait aussi qu'elles puissent projeter une page sur le mur, distribuer une version numérique aux élèves d'une certaine classe. Avec une exception éducation, j'essaie de rendre le travail quotidien des professeurs plus simples, sans que cela signifie que les auteurs ne seront pas payés.

Êtes-vous favorable à une compensation financière de toutes ces exceptions et limitations au droit d'auteur ?

Pour certaines exceptions, mettre en place une rémunération est difficile, et c'est tout simplement inapproprié pour des usages comme la citation ou la parodie, par exemple. Pour la copie privée, je maintien qu'une compensation est nécessaire. Mais le système actuel de collecte des droits d'auteurs est très inefficace, et peu transparent. Il est nécessaire de savoir ce qui est prélevé au titre de la copie privée sur le prix d'un CD vierge, et comment est répartie cette somme, pour les usagers comme pour les auteurs.

L'idée même derrière la copie privée est que l'on commet un préjudice à l'auteur ou aux ayants droit, et que ce préjudice doit être compensé. Mais chaque État membre a des conclusions complètement différentes à propos de ce préjudice, comme si réaliser une copie en France créait un dommage bien plus grand que copier une œuvre en Allemagne. À partir de données factuelles, il faut parvenir à une définition commune du préjudice commercial de la copie privée, et créer une compensation à la mesure de ce préjudice. Elle peut prendre la forme d'une taxe, mais ce système pose problème. Certains États ont décidé de passer à un prélèvement fiscal, qui génère moins de coûts de transaction. Les auteurs devraient percevoir la totalité de la somme, il n'est pas nécessaire de subventionner les ayants droit avec la copie privée. Le nombre d'œuvres produites augmente sans cesse, mais le problème réside dans le revenu moyen des auteurs : le levier de la copie privée devrait leur revenir.

À propos de rémunération des auteurs, que proposez-vous pour l'améliorer ?

Ce qu'il faut absolument préserver, ce sont les sociétés d'auteurs, parce qu'il est important qu'elles puissent négocier plus facilement au nom de leurs adhérents. Quand un auteur négocie seul avec un éditeur, sa marge de négociation est minime, car il n'est pas un expert légal. Mais quand beaucoup d'auteurs se réunissent dans une société d'auteurs, qui fonctionne comme un syndicat, ils peuvent négocier ensemble.
Conférence Les auteurs bientôt à poil (SGDL)
Les auteurs bientôt tous à poils, campagne d'alerte du Conseil Permanent des Écrivains
(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

La création d'un contrat d'auteur européen est-elle au programme ?

Un contrat d'auteur harmonisé au niveau européen génère beaucoup d'opposition politique, des conservateurs, notamment, qui défendent la liberté contractuelle et assurent que toute clause contractuelle européenne porterait préjudice à la liberté des entreprises. Elle le ferait, bien sûr. Mais je pense que nous avons besoin d'équilibrer les droits sociaux et la libre entreprise. L'Union européenne doit aussi s'assurer que les droits sociaux des auteurs, en tant que producteurs d'œuvres culturelles, sont protégés.

Je ne propose donc pas des lois européennes contractuelles complètement harmonisées, mais nous pouvons instaurer un minimum de critères. Par exemple, pour d'anciennes clauses comme les contrats de cession totale, par exemple : je propose que si un auteur cède les droits exclusifs de son œuvre à un éditeur, qui ne la publie pas par la suite, l'auteur puisse retrouver ses droits après un certain temps, pour le vendre à quelqu'un d'autre ou l'autopublier. Sinon, ils n'ont pas de droits pour mettre leur propre œuvre sur le marché. L'Union européenne peut faire quelque chose sur ce point, et je demande à tous les États membres qui disent vouloir améliorer la condition de l'auteur de le faire.

Mon rapport va dans le sens d'un renforcement des droits des auteurs, en proposant certaines clauses frappées de nullité dans les contrats, malgré leur inscription. Cela donnera la possibilité aux auteurs de ne pas se soumettre à un contrat qui les place dans une position défavorable. 

Quand il s'agit de savoir quels droits doivent être abandonnés par l'auteur, nous devons atteindre un équilibre. Je pense qu'il est juste que certains droits inaliénables ne puissent pas être transférés à un tiers, par exemple le droit de ne pas voir son œuvre détruite. Il est parfaitement légitime que des droits d'auteur qui font référence à la relation entre l'auteur et son œuvre ne puissent pas être cédés. Ce qui devrait être possible, c'est qu'un auteur puisse dire « Je veux que mon travail soit dans le domaine public » face à une société qui recherche avant tout des droits exclusifs. 

Une action sur le système de la gestion collective est-elle pertinente, pour la rémunération des auteurs ?

Sur les sociétés de gestion, je pense qu'il y a parfois des problèmes d'organisation interne, et que certaines pratiques peuvent être interrogées. Par exemple, la société de collecte allemande des compositeurs de musique fait encore une distinction entre « musique sérieuse » et « musique divertissante ». C'est un peu difficile, pour un musicien, de recevoir une rémunération moindre parce que sa musique est considérée comme « divertissante » par une société de gestion. Je pense que les sociétés de gestion en général remplissent une fonction, mais cela ne veut pas dire que tout ce qu'elles font est justifié.

Par ailleurs, quand la Commission européenne demandait dans sa consultation publique si les gens voulaient un copyright européen ou non, la moitié des auteurs a dit qu'elle le souhaiterait, mais toutes les sociétés de gestion collective ont dit non. Les sociétés de gestion représentent peut-être des ayants droit et dans certains cas des auteurs, cela ne signifie pas qu'ils ont toujours le même avis sur un sujet, ou qu'elles les représentent tous.

Pourquoi insister sur une réduction du temps de protection des œuvres, avec une harmonisation potentielle fixée à 50 ans ?

Cette réduction du temps de protection des œuvres pourrait vraiment aider à la redécouverte des œuvres, mais aussi à leur préservation. Si l'on considère le livre, par exemple, en moyenne, un an après sa sortie, un livre n'est plus disponible en librairie. Et si, dans ce temps court après publication, une œuvre n'a pas généré de profits, il est communément reconnu qu'elle a peu de chances d'en produire plus tard. 50 ans après la mort de l'auteur, 90 % des œuvres ne sont plus disponibles, ou les gens ne les achètent plus. En fait, il est rare que les ayants droit perdent de l'argent après 50 ans de protection. Sauf rares exceptions, et dans ces cas-là, les ayants droit ont déjà fait un énorme retour sur investissement.

Pour les œuvres sur supports numériques ou les films, c'est encore pire, car ils sont souvent stockés sur des supports qui se dégradent avec le temps. De vieux films sont en train de pourrir, actuellement, parce que les archivistes ne peuvent pas les conserver, en les numérisant ou en les rendant disponibles dans un autre format, sans entrer en infraction avec le copyright. Réduire la durée de protection du copyright est nécessaire pour préserver notre héritage culturel, sinon de nombreuses œuvres auront disparu avant d'atteindre le domaine public.

Le droit d'auteur dans l'espace européen

Que pensez-vous de la situation actuelle du Petit Prince, dans le domaine public partout dans le monde, mais pas en France en raison d'une extension de la durée du droit d'auteur pour le motif « mort pour la patrie » ?

Dans l'Union européenne, il y a énormément d'échanges culturels : nous avons ainsi des langues communes, et, si Le Petit Prince est disponible en Belgique, les Français pourront facilement en obtenir un exemplaire numérique. Il est pratiquement impossible d'essayer de renforcer les barrières territoriales sur Internet, dans l'Union européenne.

Des règles communes dans toute l'UE, cela permettrait de les faire respecter. Je pense qu'il est extrêmement dangereux, pour la légitimité de la législation sur le droit d'auteur, d'avoir des règles du copyright où tout le monde sait qu'elles ne seront pas respectées, parce qu'il est impossible de les respecter. J'ai remarqué cet état de fait quand j'ai rencontré des sociétés de gestion collective. Je leur ai expliqué le problème de la liberté de panorama, du fait qu'en prenant une photographie de la Tour Eiffel de nuit et en la publiant sur votre site, vous commettiez une infraction au copyright. Leur réponse, c'était « Ne vous inquiétez pas, les sanctions ne seront pas appliquées ». Donc même des représentants des ayants droit expliquent qu'il est possible d'enfreindre certaines règles du droit d'auteur sans être inquiété, alors que d'autres font de vous un criminel. C'est impossible à expliquer aux citoyens.

Eiffel Tower in the rain
(McPig, CC BY 2.0)

Pensez-vous que la territorialité du copyright est devenue obsolète ?

La territorialité du copyright, avec Internet, n'a plus vraiment de sens. Une œuvre n'a plus de lieu, elle se déplace librement avec Internet. Il est devenu très difficile d'avoir différents statuts juridiques d'un territoire à l'autre quand, dans le même temps, des sociétés peuvent offrir des services dans tous les pays de l'Union au sein d'un marché unique. Je ne pense pas qu'un marché unique numérique soit possible avec la territorialité du copyright.

Mais je pense aussi qu'il est pas possible de créer un marché unique numérique avec la territorialité, je pense par exemple qu'il faut complètement abolir le géoblocking sans abolir la territorialité du copyright. Le blocage géographique, par exemple, est une question de mise en application du droit. Je pense qu'il n'est pas nécessaire d'interdire artificiellement l'accès à une offre spécifique à des individus d'un pays différent. Si je suis à la tête d'une chaîne de télévision, bien sûr que les gens au-delà des frontières, depuis un pays lointain, peuvent recevoir le signal avec un satellite, et personne ne demande aux sociétés d'obtenir une licence pour ce pays différent, juste parce que l'on peut accéder à cette chaîne.

Le rôle central des bibliothèques

Vous proposez l'instauration d'un droit de prêt numérique, semblable au droit de prêt pour les livres papier, pourquoi ?

Pour le moment, la directive de 2001 autorise le prêt de livres physiques, à condition d'un paiement aux sociétés de gestion collective, et ce système instaure une sorte de revenu minimal pour compenser les ayants droit.

Je veux proposer la même chose pour les livres numériques, parce que les contrats de licence actuels ne permettent pas à une bibliothèque d'acquérir un exemplaire et de l'archiver, quand bien même elles paient un accès au fichier. Si l'éditeur fait faillite, si le contrat de licence arrive à son terme — et l'éditeur peut le faire cesser n'importe quand — alors la bibliothèque doit supprimer le livre numérique. Elle n'a pas la possibilité de créer une archive de l'héritage culturel, ce qui est pourtant une de leurs missions les plus fondamentales. Elles n'ont pas non plus la possibilité de convertir les œuvres dans un format différent, en gros caractères pour les publics empêchés, par exemple. Et elles dépendent de l'offre que l'éditeur leur fait, souvent dans une approche similaire de l'édition académique : ils ne proposent pas une œuvre en particulier à prêter, mais plutôt un pack avec plusieurs œuvres. Même si la bibliothèque n'en veut qu'une, elle est obligée d'acheter l'ensemble.

Encore une fois, cela ne signifie pas qu'il n'y aurait pas de restrictions. Un tatouage numérique pourrait être introduit dans les exemplaires prêtés, avec la possibilité de voir auprès de quelle bibliothèque l'emprunt a été fait, ou une chronologie des médias pourrait être mise en place...

La rémunération des auteurs n'est pas le problème : bien sûr, les bibliothèques paieraient encore les sociétés de gestion collective, dans cette configuration. Cette exception ne signifierait pas non plus la fin des accords volontaires entre bibliothèques et éditeurs, parce toutes les bibliothèques ne peuvent pas gérer leur site web, leur service de prêt numérique, ou sont spécialisées... Mais cela permettrait de renforcer la position de négociation des bibliothèques.

Une ouverture massive des prêts de livres numériques par les bibliothèques ne risque-t-elle pas d'affaiblir le marché du livre ?

Au contraire, je pense que c'est absolument nécessaire pour la survie de la chaîne du livre. Les éditeurs assurent qu'un titre emprunté signifie un achat de moins, mais il se produit en fait le contraire. Si j'ai accès à une bibliothèque et que je suis habitué à la lecture dès le plus jeune âge, si je lis facilement et rapidement, j'achèterai plus de livres tout au long de ma vie. Le plus grand danger, pour l'industrie du livre, c'est que les gens arrêtent de lire des livres.

Dans de nombreux cas, le prêt numérique est la seule possibilité de donner accès à une bibliothèque : les politiques d'austérité ont réduit le pouvoir d'achat de certaines communautés, les collectivités ont moins d'argent et réduisent les horaires d'ouverture, ou ferment les bibliothèques. Pour des zones désertées, des jeunes peu habitués à se rendre seuls à la bibliothèque, le prêt numérique est important.

L'international (mais surtout les États-Unis)

Outre votre rapport, d'autres textes discutés au sein de l'Union inquiètent les créateurs : le traité transatlantique (TTIP) et le traité transpacifique (TiSA). Qu'en pensez-vous ?

Ces deux traités représentent des menaces importantes pour la capacité des États à participer au financement de la culture. Je pense que les financements publics pour la culture sont très importants, et ils représentent un apport non négligeable dans le système culturel européen. Si nous avons des traités internationaux qui réclament une compétition parfaite entre les sociétés américaines et européennes, cela signifie aussi que toute subvention peut être remise en question. Les subventions doivent être évaluées, bien sûr, pour déterminer si elles fonctionnent et remplissent une fonction, mais elles sont parfois justifiées. Et je pense qu'il doit être possible d'utiliser des fonds publics pour financer un film ou une diffusion à la télévision publique.

Aktion gegen TTIP und CETA vor dem Bundestag
Manifestation contre le TTIP et l'accord économique et commercial global devant le Bundestag, en Allemagne, le 16 septembre 2014 (Mehr Demokratie, CC BY-SA 2.0)

Le risque, avec le TTIP, c'est qu'une société puisse attaquer une subvention en affirmant qu'il s'agit d'une compétition déloyale. Pour TiSA, un chapitre « ecommerce » a récemment fuité, dans lequel on découvre que le négociateur américain affirme que les États membres ne devraient pas avoir de quotas pour les langues nationales sur les radios nationales, ou qu'une société n'a pas besoin d'avoir son siège dans l'UE pour offrir des services en ligne. C'est particulièrement dangereux, parce qu'une telle société, installée à l'étranger, ne serait pas soumise au droit européen du copyright, à la protection des données européenne, ou au système fiscal européen.

Le plus grand danger de ces traités, c'est qu'ils vont saper toutes les décisions que nous prenons à présent sur le droit d'auteur. Il faut que les lobbys culturels examinent vraiment ces traités, parce que si ma réforme est si consensuelle avec les sociétés américaines, alors pourquoi les USA proposent-ils l'exact inverse, au même moment ? 

Justement, sur ces sociétés américaines, multinationales et à tendance monopolistique, pensez-vous qu'elles doivent contribuer au financement de la culture, au vu des chiffres d'affaires qu'elles génèrent ?

Je pense que ces sociétés doivent d'abord payer leurs impôts. Le problème n'est pas l'absence de loi pour les faire payer ces impôts, mais l'absence de mise en application des règles fiscales. Le scandale LuxLeaks a révélé cela : pour une société transfrontalière qui peut avoir son siège où elle veut, il est très facile d'échapper aux impôts dans l'UE.

Monsieur Pierre Moscovici est en train d'arranger cela, non ?

J'espère que M. Moscovici s'en occupe ! Je suis absolument favorable à la création d'un système fiscal harmonisé dans l'UE. Sans cela, il y aura une compétition incessante entre les États membres pour baisser leurs impôts sur les sociétés, et présenter des conditions plus favorables pour les accueillir. Nous ne devons pas introduire de nouvelles taxes qui ciblent une société en particulier si elle ne paie même pas les impôts qui existent. Il est plus simple de respecter ces règles fiscales si une société n'a pas le loisir de choisir le plus faible niveau de protection pour s'installer dans un pays.

Pensez-vous que ces impôts, une fois respectés, suffiront à assurer un financement de la culture ?

Bien sûr, parce que le financement de la culture par des leviers publics est très important : les bibliothèques sont financées par l'État, il y a des subventions pour le financement de la création culturelle... Si nous considérons la culture avec tant de sérieux, au sein de nos États, alors nous devons y consacrer une partie de nos impôts. Mais le problème est que nous manquons d'impôts parce que les plus grandes sociétés, qui dégagent le plus de profit, peuvent facilement échapper au système fiscal.

Liberté d'entreprendre, liberté d'expression
Sur le web, pourquoi ne pas responsabiliser les hébergeurs et lutter ainsi contre le piratage ?

Je comprends le raisonnement derrière cette proposition, mais je pense que c'est plutôt dangereux. Ce principe de privatisation de l'application du copyright a déjà conduit à de mauvaises expériences. Rendre les sociétés privées responsables de la régulation des comportements des usagers qui utilisent leurs plateformes, cela signifie aussi qu'il devient extrêmement cher de créer une plateforme. Une start-up qui souhaite offrir l'hébergement de vidéo, par exemple, en compétition directe avec YouTube. Il lui reste deux possibilités : ou bien surveiller toutes les œuvres que les utilisateurs téléchargent, ce qui signifie une équipe et des experts légaux pour évaluer les cas, ou bien payer une quelconque contribution fixe. 

Dans les deux cas, cela constitue une importante barrière à l'entrée de jeunes sociétés. Et mettre en place une responsabilité des hébergeurs revient finalement à renforcer la position des grands acteurs, car eux seuls, peuvent payer, surveiller leurs utilisateurs ou suivre une action en justice. La personne responsable d'une infraction au copyright est la personne qui a commis l'infraction au copyright. Pas la société qui produit la plateforme où elle a lieu. Ils pensent viser les grandes sociétés, mais ils contribuent plutôt à leur monopole. 

Attention, pirates
(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)
Vous souhaitez également sécuriser le domaine public, mais pourquoi y ajouter tous les travaux produits par les gouvernement ?
Il faut que les travaux officiels, ceux qui sont produits par les gouvernements, leurs employés, l'administration, soient dans le domaine public. C'est une question de liberté d'expression et d'information. En Allemagne, nous avons eu un cas où le gouvernement allemand devait fournir un document administratif interne sur une loi récente, parce qu'un recours au titre de la liberté d'information avait été déposée par un citoyen. Le gouvernement a accepté de lui fournir le document, mais interdit de le publier sur Internet, sous prétexte que cela constituerait une infraction au copyright des rédacteurs, ou du gouvernement. La véritable raison, c'était bien sûr que ce document était embarrassant. Les images de la NASA sont dans le domaine public, mais celle de l'ESA, European Space Agency, sont sous copyright. Il n'est pas justifié de protéger les auteurs de ces travaux financièrement ou moralement, puisqu'ils sont employés par le gouvernement pour remplir une mission de service public.
Personnellement, je serais en faveur de productions ou de diffusions publiques publiées sous licences Creative Commons, mais cela ne figure pas dans mon rapport. Je n'y évoque que les travaux d'État, et non les oeuvres subventionnées, et un amendement rend cela encore plus clair.
Pourquoi une réforme du droit d'auteur en Europe ?

L'objectif de cette réforme du droit d'auteur est la création d'un marché unique numérique : pourquoi pensez-vous que ce marché unique puisse aider une Europe de la Culture ?

Parce que la fragmentation actuelle des règles du droit d'auteur handicape vraiment notre diversité culturelle. Il est beaucoup plus simple d'avoir accès aux séries américaines qu'aux séries danoises – je prendrai pour exemple la série danoise Borgen, qui a pourtant été diffusée en France et en Allemagne sur ARTE. Difficile de la trouver en ligne, parce que le marché n'est pas considéré comme suffisamment vaste. Aujourd'hui, si une œuvre n'intéresse qu'une faible quantité de personnes, elle ne sera jamais diffusée en ligne. Nous avons besoin de l'accessibilité, pour que ces contenus puissent développer une audience, obtenir de nouveaux fans, pour que la culture progresse en Europe.

Par ailleurs, il y a des problèmes de minorité linguistique dans l'UE, et quand les organisations d'ayants droit parlent de diversité culturelle, elles prétendent que la diversité culturelle est équivalente aux nations, mais ce n'est pas le cas. Par exemple, la minorité danoise en Allemagne n'a aucun moyen d'accéder légalement à un abonnement danois, ou à une diffusion publique danoise, parce que les deux sont bloqués géographiquement en Allemagne. Et la portabilité ne changerait rien, puisqu'ils sont résidents d'Allemagne, pas des vacanciers. L'Union européenne doit changer cette approche par nation.

La fédération européenne des éditeurs (FEP) a lancé une campagne « Copyright pour la liberté d'expression », qu'en avez-vous pensé ?

Ils expliquent que le copyright protège la liberté d'expression, mais les exceptions au copyright le font aussi. Mais quand je propose d'harmoniser l'exception autorisant les caricatures à tous les pays d'Europe, les mêmes personnes qui défendent cette exception en France n'en veulent pas pour toute l'Union.

Vous avez rédigé un article « Spécial député français » sur votre blog, où vous estimez qu'ils sont « hors de la marche de ce siècle ». La réception de votre rapport en France vous choque ?

Le débat français est totalement différent de celui des autres États membres, et la réponse reçue à mon rapport est sans commune mesure avec celles des autres pays. Je pense que le système politique français pourrait peut-être bénéficier d'un Parti Pirate au Parlement, parce que les discussions françaises me rappellent celles en Allemagne il y a dix ans. Mais le Parti Pirate a des sièges dans de nombreux parlements européens, nous avons un maire en République tchèque, et je pense que, dans tous les pays européens, une génération de jeunes responsable va montrer que ces revendications sont légitimes. Nous sommes tenus à l'écart d'une part importante de notre héritage culturel à cause des lois actuelles du copyright et des leurs relations avec le droit d'auteur. Le monde culturel n'a pas à être effrayé par ces changements, parce que si nous n'adaptons pas les règles du copyright pour les faire fonctionner dans le monde numérique, alors plus personne ne respectera ces règles. Ignorer le problème ne ramènera pas le passé, mais nous empêchera d'innover et de parvenir à de nouveaux moyens pour diffuser la culture sur Internet.

Parlement européen - Bruxelles
Le Parlement européen, à Bruxelles (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)
Qu'attendez-vous de votre passage devant le Sénat, le 2 avril [l'entretien s'est déroulé la veille de l'audition, NdR] ?
Je suis très heureuse qu'on m'ait invitée, même si j'aurais préféré que cela soit diffusé en livestream. Mais ça reste encourageant, parce que j'ai peu d'interlocuteurs en France. Mme Morin-Desailly, en particulier, a proposé de nombreuses règles communes pour des sujets ayant trait à Internet, comme la gouvernance d'Internet, la neutralité du Net, et je voudrais comprendre pourquoi sur ce sujet particulier, elle pense qu'avoir 28 règles européennes différentes renforce notre position. 
Le Parti Pirate

Qu'est-ce qui vous a convaincu d'adhérer au Parti Pirate ?

Le fait qu'il ait été, et soit toujours un jeune parti. Ce qui signifie que les individus ont beaucoup d'influence sur son développement. J'ai été membre du SPD [le Parti socialiste allemand, NdR] pendant six ans avant de rejoindre les Pirates, et j'ai tout de suite remarqué qu'ils faisaient attention aux opinions de leurs nouveaux membres, sans simplement leur demander d'accrocher des affiches. Le fonctionnement du Parti Pirate est très différent, parce que chacun peut développer cette plateforme politique en participant sur Internet.

Amelia Andersdotter, qui a représenté le parti pirate en Suède entre décembre 2011 et juillet 2014, a expliqué que votre rapport était décevant, que lui répondez-vous ?

Souvenons-nous que ce rapport n'est pas ma vision idéale de ce que le copyright devrait être, mais ce que je pense possible dans le cadre international actuel. Nous n'avons pas encore signé le TTIP ou TiSA, mais nous avons signé de nombreux accords internationaux qui limitent nos possibilités. Je pense par exemple que 50 ans est toujours une durée protection bien plus longue que nécessaire, mais c'est le minimum permis d'après les traités que nous avons signé, les traités de l'OMPI, par exemple. Certains ont des problèmes fondamentaux, je trouve, comme cette idée que toute copie technologique nécessite une permission des ayants droit. Cela ne fonctionne pas vraiment, parce que toutes les reproductions techniques n'ont pas pour objectif de créer un exemplaire double, distribué ou utilisé à d'autres fins. C'est juste un sous-produit de la façon dont la technologie fonctionne. Je comprends ses critiques, mais je crois que c'est un désaccord sur la stratégie : j'essaie d'être pragmatique et de trouver une majorité pour soutenir cette réforme.

Bonus : l'infraction involontaire au copyright de Fleur Pellerin en visite au Musée d'Orsay, où les photos sont interdites. Depuis sa publication sur Instagram, le Musée d'Orsay a autorisé les photographies dans ses murs.

Que pensez-vous de cette photo Instagram ?

Il n'est pas nécessaire de discuter de pourquoi c'est légal ou illégal, mais plutôt se poser la question : « Si un tel débat peut se poser pour les activités d'une ministre de la Culture, est-ce que les règles sont si simples que cela à comprendre ? » Copyright et droit d'auteur régulaient surtout, au départ, les relations entre professionnels. Le débat s'ouvre parce que l'usage de ces technologies s'intensifie. Le copyright doit être compréhensible par les gens qui sont censés le respecter. Même les institutions publiques enfreignent le copyright : le Parlement européen donne ainsi des licences d'usages de photographies du bâtiment du Parlement européen à Strasbourg, alors qu'il n'en a pas le droit. 

#bonnard au Musée d'Orsay

Une photo publiée par Fleur Pellerin (@fleurpellerin) le

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Amélie Nothomb rencontrera pour la première fois depuis très longtemps son public ce samedi 12 juin, dans le cadre du Festival Les mots libres à Courbevoie. On sait combien elle entretient un rapport très particulier, dans tous les sens du terme, avec ses lecteurs, et son impatience à l’idée de les revoir n’était pas feinte. En attendant la rentrée littéraire et son prochain titre, Premier Sang, discussion autour de son dernier roman paru, Les aérostats, des monstres et de l’écriture, et de ses lecteurs.

04/06/2021, 11:47

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Voutch : “Un dessin d’humour, c’est un rébus, entre le texte et le visuel”

Avec une exposition en trois parties, Voutch régalera le public des Mots libres, festival qui s’ouvre ce 1er juin à Courbevoie. Une composition réunissant ses dessins réalisés pour un livre sur les Fables de La Fontaine en 2018, ainsi que des dessins de son dernier album De surprise en surprise. Et puis, des strips, ces petites BD commencées en 2016 sur un blog du Monde, avant de devenir deux livres au Cherche midi.

31/05/2021, 09:13

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Karl Zéro : l'absence de pub “donne une indépendance éditoriale”

À 59 ans, le journaliste Karl Zéro se lance dans une nouvelle aventure : il vient de lancer avec les éditions Télémaque L’Envers des affaires, un trimestriel décidé à prendre son temps. Une revue consacrée aux grandes enquêtes de notre époque, entre décryptages, analyses et théories. Et qu’il nous présente, avec élégance et sourires.

10/05/2021, 09:10

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Écouter des bandes dessinées, l'audacieux pari de Blynd

La jeune société de production audiovisuelle Blynd, installée à Lyon, s'est lancée dans un projet relevé : adapter des bandes dessinées au format audio, en s'affranchissant du support graphique. Tim Borne, cofondateur, revient avec nous sur les enjeux et les défis de ces adaptations sonores.

27/04/2021, 14:58

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La Grange Batelière : éditer “de la littérature populaire dans des livres précieux”

Antoine Cardinale collabore aux Ensablés depuis plusieurs année : cette interview qu'il nous propose a été réalisée suite à la publication d'un livre "oublié" d'Alexandre Dumas, Black, par une maison d'édition courageuse, qui soigne en outre la présentation de ses livres.. Par ailleurs, les Ensablés cherchent également à promouvoir les maisons d'édition pas forcément très connues, mais qui ont le courage de publier des livres... perdus dans les sables.

25/04/2021, 10:23

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“Le livre résiste partout, en France et en Italie” (Vincent Raynaud)

ENTRETIEN – « Je suis devenu traducteur d’italien parce que c’est l’une des langues que je lisais et quand j’ai commencé, il y a 20 ans, fin 2001, bizarrement il n’y avait pas beaucoup de traducteurs de l’italien. Il y avait d’excellents traducteurs, mais ils n’étaient pas très nombreux », nous explique Vincent Raynaud, qui officie également en espagnol et en anglais. Un entretien croisé entre France et Italie, autour de la littérature et de ses auteurs.

23/04/2021, 14:10

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Voyage dans la Rome de Gianfranco Calligarich, avec sa traductrice

Voici l’un des textes « intemporels » de la littérature italienne : Le dernier été en ville de Gianfranco Calligarich. Depuis 1973, date de sa parution, l’ouvrage du cinéaste et dramaturge, L'ultima estate in città, était resté inédit en France. Ancré à Rome, dans les années 60, il suit les déboires du jeune milanais Leo Gazzarra, perdu dans une vie privée de sens. Entretien avec la traductrice Laura Brignon.

13/04/2021, 09:51

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Bientôt morts, vivants en sursis : Pré-Mortem, à découvrir en 6 séries et films

Patrick McSpare vient de faire paraître aux éditions Leha son dernier roman, Pré-Mortem. Ce passionné de mythologie celtique fait toujours naviguer ses univers entre un monde réel et des créatures fantastiques, pas toujours commodes. Dans ce livre, l’humanité tout entière apprend le jour précis de sa mort, lors de l’apparition de Banshees, le 31 octobre. Joyeux Hallloween…

02/04/2021, 09:43

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Juan Branco : “Il y a encore la possibilité d’une guerre civile dans ce pays”

ENTRETIEN — En 2018, Juan Branco publiait Crépuscule, un ouvrage qui mettait en lumière les puissances à l’œuvre derrière l’ascension d’Emmanuel Macron. Devenu un best-seller, le pamphlet avait accompagné l’élan révolutionnaire des Gilets jaunes. Aujourd’hui, l’avocat dissident publie un nouveau manifeste aux éditions Michel Lafon : Abattre l’Ennemi. Au sein de cette œuvre dont le titre annonce déjà la couleur, c’est une refonte totale de la politique française qui est proposée au lecteur « Ce livre est là pour aider ceux qui le souhaitent à rompre avec le système existant dans les mois et années à venir. »

 

31/03/2021, 15:27

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“Chaque traduction est une nouvelle traduction“, Nathalie Bauer

Assise à un ancien bureau en bois, une série de gravures raffinées derrière elle, une femme élégante répond avec affabilité et calme à nos questions. Il s'agit de Nathalie Bauer, l'une des plus célèbres traductrices de l'italien vers le français, avec plus de cent cinquante ouvrages à son actif. Sa passion pour la langue italienne est née à l'âge de quinze ans et s’est développée en autodidacte à l’aide d’un livre, L’italien en 90 leçons. Son travail a commencé par hasard, à une époque plus facile, où l’on pouvait encore faire de la traduction littéraire son seul métier.  Par Thea Rimini.

09/03/2021, 08:57

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Seuss, le vivre-ensemble et la cancel culture

Cesser la commercialisation de livres du Dr Seuss, accusés de véhiculer un « racisme infect » par certains commentateurs, voilà qui donne à réfléchir. Les ouvrages jeunesse de l’Américain n’ont pas connu en France le succès d’outre-Atlantique. Pourtant, leur traducteur français s’inquiète, à plus d’un titre, de ces comportements. D’autant que Stephen Carrière, qui a traduit une dizaine d’oeuvres de Seuss, est également éditeur, directeur des éditions Anne Carrière. Il nous répond.

05/03/2021, 14:37

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Lise Caillat, traductrice : “Aujourd’hui, quand je ne traduis pas, je lis”

Après une Maîtrise de Langue, Littérature et Civilisation italiennes (Université Stendhal-Grenoble III) et un DESS Édition (Université Paris XIII), Lise Caillat a travaillé pendant dix ans dans l’édition puis en librairie, tout en développant son activité de traduction littéraire. Depuis 2017, elle se consacre totalement à cette dernière ainsi qu’à la recherche d’auteurs et d’ouvrages italiens à faire découvrir au public français. Elle anime également des ateliers de traduction qui visent à sensibiliser les lecteurs et les amoureux des mots aux joies et aux défis du métier. Par Paolo Grossi.

01/03/2021, 09:10

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Traduire Dante : “En poésie, le rythme impose un sens supérieur au sens.”

Coutumier des grands noms de la littérature italienne, Michel Orcel a fréquenté Giacomo Leopardi, aussi bien que Lorenzo Da Ponte. En 2019, La Dogana publiait sa traduction de La Divine Comédie (Enfer, Purgatoire, celle du Paradis arrivera au printemps), en édition bilingue. Alors que 2021 rime avec les célébrations du 700e anniversaire de la mort de Dante, le traducteur revient avec nous sur ce travail du texte d’Aligheri, les choix opérés et la relation au poète italien. Propos recueillis par Federica Malinverno.

22/02/2021, 12:28

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Aramebook : précurseur du livre numérique pour les lecteurs d'Algérie

Créée en 2018, la plateforme Aramebook propose des livres numériques au format PDF. Première du genre en Algérie, cette plateforme dont le nom vient de Aram – ces grosses pierres qui servaient de repères aux voyageurs –, et ebook, a pour vocation de promouvoir la lecture et la littérature algérienne à travers le monde. Rencontre avec sa fondatrice, Nacéra Khiat, également éditrice chez Sedia.

Propos recueillis par Chloé Martin pour ActuaLitté

19/02/2021, 13:09

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Les Sept Péchés capitaux, entre “parfum d’éternité et aperçu d’anthropologie”

7... chiffre sacré, mystique, évocateur s’il en est ! Il se trouve tout aussi bien associé aux merveilles du monde antique, qu’aux péchés capitaux. À ce titre, sept écrivains ont été mis au défi : produire un texte, libre, s’emparant de l’un de ces péchés sur un mode contemporain, dans le cadre d’une aventure collective et totalement incarnée. La collection regroupant leurs œuvres vient de sortir aux éditions du Cerf, sous l'appellation, Les Sept Péchés capitaux. 

06/02/2021, 12:55

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“Les romans épuisés, oubliés que je souhaite publier furent des histoires d’amour pour moi”

À la tête de la rubrique Les Ensablés, Hervé Bel s'efforce chaque semaine de redécouvrir un ouvrage injustement oublié et perdu dans le flot des années et des nouvelles parutions. Parfois, un éditeur se décide à rendre justice à ces livres, en leur offrant une nouvelle vie. Cette semaine, rencontre avec Philippe Guyot-Jeannin, libraire et éditeur dans le Jura. Il a créé les Éditions de la Belle étoile, qui ont récemment attiré l'oeil de notre chroniqueur.

21/01/2021, 11:45

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Résonances de femmes : trilogie en poche du postféminisme

PORTRAIT – Pourquoi le post-féminisme en poche sous la forme d’une trilogie embrassant plusieurs décennies de combats ? Parce qu’une édition ramassée révèle la densité d’un déploiement, l’intensité d’un engagement indéfectible au fil des années, la concision d’un message doté de la force d’un mouvement : le MLF, mouvement de libération des femmes, dont Antoinette Fouque a été la cofondatrice en 1968.

11/01/2021, 09:58

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“S'emparer des jouets laissés par Lovecraft était très plaisant” (Alex Nikolavitch)

Arkham, 1941. Le corps déchiqueté du détective Mike Danjer est retrouvé au milieu d'un monceau de papiers. Il pourrait s'agir à première vue d'un banal meurtre en chambre close. L'examen des feuillets souillés, un dossier qu'il avait constitué au fil d'une très longue enquête, démontre qu'il avait mis au jour un indicible complot. Dans le Dossier Arkham, Alex Nikolavitch nous embarque dans une aventure lovecraftienne passionnante. Et nous en dévoile ici les arcanes.

28/12/2020, 09:41

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L'Iconopop, pour plus de poésie : “Nous sommes l’allumette”

L’Iconopop est la nouvelle collection de L’Iconoclaste. Plus que de poésie, il y est question d’une parole qui vibre, qu’on lit et qui se vit à la scène, dans la rue, dans un pré, sur la toile... qu’importe ! Juste des mots sans tabou à déguster, à crier, à partager. Partout et surtout pas dans les sages cercles d’initiés. Un duo éditorial de choc se charge de coucher sur papier l’électricité contenue dans ces rumeurs éclatantes : Cécile Coulon, romancière, poète, et Alexandre Bord, ancien camarade libraire.

22/12/2020, 08:00

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Michèle Benbunan : avec Vivendi, Editis “est présent dans tous les univers médias”

« Voilà un an, Editis était place d’Italie, avec une fin d’année marquée en France par de nombreux évènements, très perturbants pour l’activité... » Michèle Benbunan, directrice générale du groupe aux 49 maisons d’édition, boucle une première année dense. Elle revient avec nous sur ces 12 mois passés.

07/12/2020, 11:27

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Les libraires des Pays de la Loire prennent le virage de la vente en ligne

ENTRETIEN – Les librairies des Pays de la Loire opèrent une transition numérique majeure, avec ce second confinement. L’association au service des librairies indépendantes des Pays de la Loire, ALIP, a observé un envol des chiffres de vente liés au click and collect.

17/11/2020, 16:32

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“L'univers de Pagnol représente la vie normale, celle qu'on ne peut avoir en ce moment”

Après avoir adapté en bandes dessinées les quatre ouvrages du cycle des Souvenirs d’enfance, les éditions Grand Angle poursuivent leur entreprise : en tout, 15 bandes dessinées sont déjà sorties dans la collection. C'est à présent avec la pièce Marius que la maison poursuit son travail autour de l'oeuvre de l’écrivain provençal. À l’occasion de la sortie du second volume de la série, nous nous sommes entretenus avec Nicolas Pagnol, petit-fils de Marcel, et garant des ayants droit de l’œuvre familiale. 

05/11/2020, 16:02

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“Les prix littéraires sont des éléments-clés de la vie du livre” (Olivier Bessard-Banquy)

Des prix, pour tous, et presque tout. Les jurys des grandes récompenses d’automne ont décidé de reporter leurs annonces, pour soutenir la librairie. Derrière cette décision, une stratégie économique est à l’oeuvre. L’universitaire français, Olivier Bessard-Banquy, spécialiste des lettres et de l'édition contemporaine décrypte avec nous cette position.

31/10/2020, 09:11

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L'agence littéraire britannique Curtis Brown se tourne vers les auteurs français

EXCLUSIF – Curtis Brown est l’une des plus anciennes agences littéraires britanniques, fondée en 1899 par Albert Curtis Brown. Depuis, la structure a amplement dépassé le cadre de la représentation d’auteurs, pour déborder sur d’autres secteurs culturels. Francophones toutes deux, Roxane Edouard et Claire Nozieres, vont lancer un pont entre la perfide Albion et l’Hexagone. 

07/10/2020, 10:06

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Marc Levy : “Avec Facebook, Mark Zuckerberg est un Goebbels moderne”

ENTRETIEN – C’est arrivé la nuit, le dernier roman de Marc Levy, traite tout à la fois de manipulation des masses par l’extrême droite, de montée des populismes, de l’infox dispersée abondamment sur les réseaux sociaux… et du scandale de l’insuline. Un nouveau genre, qu’explore le romancier ? Pas tant que cela.

30/09/2020, 17:37

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Liban : regards croisés d'éditeurs, “l'édition est le secteur le plus affecté”

Sept éditeurs indépendants au Liban témoignent, dans une série d’interviews réalisées en partenariat avec l’Alliance internationale des éditeurs indépendants, qui en assure également la traduction. Ces regards croisés permettent de mieux mesurer la situation où chacun se trouve. ActuaLitté propose ce document inédit en exclusivité.

29/09/2020, 14:42

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Stéphane Bern : “Je me ferai toujours le défenseur des bibliothèques ”

Il n’est pas homme à polémiques, pas plus que politicien. Mais attaqué sur « une regrettable maladresse », Stéphane Bern sort de sa réserve. « Je me ferai toujours le défenseur des bibliothèques », indique-t-il à ActuaLitté. Qu’on se le tienne pour dit.

21/09/2020, 07:15

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Et si la librairie de demain était coopérative, mutualiste, écocitoyenne ?

Deux années pour que le projet voie finalement le jour en 2021. La librairie Gibert Joseph du IIe arrondissement de Paris changera bientôt de mains, autant que de perspective. Un projet de Scop se met en place avec pour nom la coopérative des idées, porté par Renny Aupetit.

16/09/2020, 18:30

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Prévenir les catastrophes patrimoniales : “Le temps et l'argent se font rares”

Plusieurs catastrophes patrimoniales de grande envergure, notamment l'incendie de la Cathédrale Notre-Dame de Paris, ont dernièrement attiré l'attention médiatique et suscité l'émotion populaire. Mais ces événements sont malheureusement assez fréquents : le Groupe d'Aide en cas de Sinistre Patrimonial (GASP), en Normandie, apporte ressources et aides pour prévenir ou limiter ces catastrophes. Anthony Zurawski, chargé de mission au sein de La Fabrique de patrimoines, revient sur les activités du GASP.

03/09/2020, 11:57

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De la plantation à la fabrication de papier : ouverture d’une ferme papetière

Papetiers d’art depuis plus de cinq ans, Laurence et Bruno Pasdeloup se sont lancés dans une nouvelle aventure : ouvrir leur papeterie paysanne. Située dans le hameau de Puyberaud (Creuse), la propriété de près d’un hectare leur permettra de cultiver leurs propres matières premières et d’accueillir collaborateurs et curieux, souhaitant mettre « la main à la pâte ». 

26/08/2020, 14:18

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Île Maurice : la crise Covid a multiplié les “entraves à la liberté d’expression”

Éditrice et fondatrice de la maison Atelier des nomades, à l’ile Maurice, Corinne Fleury raconte l’incidence de la crise sanitaire sur son métier. Après 10 années de parutions, avec son conjoint Anthony Vallet, la réalité devient complexe. Et comme on le constate, l’un des enjeux actuels est celui des atteintes aux libertés d’éditer... qui sont malmenées. 

19/08/2020, 11:19

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La Gazette du Sorcier, deux décennies avec Harry Potter

Animer un site web consacré à une seule œuvre témoigne d'une certaine constance, et le faire pendant vingt ans, d'une passion dévorante. La Gazette du Sorcier, un des principaux sites francophones consacrés à Harry Potter, célèbre en 2020 deux décennies d'informations et de créations autour de l'univers créé par J.K. Rowling. 

17/08/2020, 10:33

Autres articles de la rubrique À la loupe

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Bob Morane, ou l'ombre jaune de Roselyne Bachelot

Une nouvelle fois, le cabinet de la ministre fait grincer des dents. Ou bien faut-il considérer que l’année de la BD étant close, tout ce qui touche au 9e art se relaie à l’arrière-plan ? Henri Vernes ne méritait pas même un tweet, service de communication ministérielle a minima ? Non, manifestement non. Parce qu’en effet, Bob Morane n’a pas vraiment l’ampleur ni la présence justifiant que l’on se fende d’un hommage, même concis. Et puis, ce sont les vacances, pas question de faire du zèle ?

28/07/2021, 12:27

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Le Pass sanitaire : “Bombe à fragmentation pour la lecture publique”

Déjà préoccupés depuis la publication du décret d’application, les établissements de lecture publique s’inquiètent plus encore de voir la législation poindre. L’accord trouvé par la Commission mixte paritaire sur le projet de loi sanitaire laisse planer plus d’inquiétudes encore. L’interassociation des bibliothèques et bibliothécaires diffuse un message d’alerte, ici reproduit dans son intégralité.

26/07/2021, 18:44

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“Je voudrais que l’oral fasse suer l’écrit”, Gilles Defacque

Voilà maintenant un mois que le ministère de la Culture a annoncé le départ de Gilles Defacque de la direction du Prato, pôle national du cirque de Lille. Remplacé par Célia Deliau, directrice du Cirque Jules Verne, pôle national du cirque d’Amiens, depuis 2016, c’est une page qui se tourne. Départ dans cette bibliothèque peu commune, celle du metteur en scène, clown, poète, Gilles Defacque.

26/07/2021, 12:18

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La loi Climat et résilience briderait inutilement “l’activité de l’industrie papetière”

La « Convention citoyenne pour le climat » est, depuis sa création, présentée comme un moyen pour accélérer la lutte contre le changement climatique. LObjectif premier : réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40 % d’ici 2030, partout en France. Bien qu’engagée dans cet effort vers une industrie plus « verte », l’Union Française des Industries des Cartons, Papiers et Celluloses a exprimé ses inquiétudes. Nous publions ici leur réaction dans son intégralité.

22/07/2021, 13:17

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Un procès insensé : “L’Internet Archive a un cœur, et sait s’en servir”

Lorsque j'ai entendu parler des poursuites judiciaires pour non-respect du droit d’auteur intentées le 1er juin 2020 aux États-Unis par quatre grands éditeurs (Hachette, Penguin Random House, Wiley, HarperCollins) à l’Internet Archive pour son Open Library, et ce en pleine pandémie, je n’arrivais pas à y croire. Et ce mauvais rêve se transforme en cauchemar puisqu'un procès retentissant doit débuter le 12 novembre 2021.

22/07/2021, 10:42

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Maroc : le procès Radi et Stitou dévoile “une gouvernance par la terreur”

Reporters Sans Frontières parlent d’un « procès de la honte » après que le verdict ait été rendu : la justice marocaine condamne Omar Radi et Imad Stitou au terme d’une « procédure entachée d’irrégularité ». Accusés de viol, d’espionnage ou encore de non-dénonciation d’un crime, la cour de Casablanca n’a pas fait dans la demi-mesure. Jean-Philippe Domecq, Président au PEN Club français du Comité des écrivains persécutés livre ici un texte pétri d’indignation.

21/07/2021, 14:53

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Aux auteurs biélorusses, “nous redisons notre admiration” (Pen Club français)

Les citoyens, militants de la démocratie et auteurs biélorusses viennent de subir une nouvelle vague répressive, en Biélorussie. Sur ordre du président Alexandre Loukachenko, plusieurs centaines d'organisations non gouvernementales ont été visées par des perquisitions, le 14 juillet dernier. Parmi celles-ci, l'Union des écrivains biélorusses et le Pen Club local. Le Pen Club français exprime sa solidarité, dans nos colonnes.

19/07/2021, 09:47

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Les auteurs existent-ils vraiment ?

Avons-nous réellement progressé depuis le bureau de législation dramatique par Beaumarchais, précurseur de la Sacd ou de la Sacem ? Nous en sommes toujours à « Compose Le Boléro ou Born to be alive… scénarise un block-buster… Sois téléchargé un million de fois ou tais-toi ! » ! par Olivier Cohen, membre du conseil syndical de la Ligue des auteurs professionnels.

15/07/2021, 12:23

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Brewster Kahle, archiviste ultra

PORTRAIT – Bientôt au cœur d'un tonitruant procès intenté par quatre grands groupes d'édition américains, la plateforme Internet Archive célèbre, en 2021, ses 25 ans. Depuis 1996, elle abrite des sauvegardes du web mondial, mais aussi des exemplaires numériques de films, enregistrements audio, jeux vidéo, journaux ou encore livres. Portrait du bâtisseur de cette bibliothèque d'Alexandrie, Brewster Kahle.

14/07/2021, 14:53

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“Nous sommes des centaines, chaque année, à rencontrer élèves et étudiants”

La Maison des écrivains est soutenue par les auteurs et les autrices qui la font vivre, qui travaillent avec son équipe au quotidien, et qui rencontrent, avec elle, leurs lecteurs, notamment grâce aux actions importantes, uniques au plan national, que conduit la Maison pour l'éducation artistique et culturelle. Une lettre ouverte au Président de la République le rappelle au moment où celui-ci vient, ce 17 juin, de déclarer vouloir faire de la lecture une grande cause nationale.

14/07/2021, 09:23

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“40 ans après la loi Lang, c’est toute la chaîne du livre qu’il faut securiser”

Parce qu'un peu d'histoire ne fait jamais de mal, surtout à une époque de contre-vérités rapidement disséminées, Gilles Kujawski, ancien commercial d’Editis, militant à La France Insoumise nous propose un retour dans le temps. Et de ramener de ce voyage quelques éléments pour éclairer le présent. Voire, qui sait : trouver des perspectives pour consolider la chaîne du livre dans son ensemble.  

10/07/2021, 10:14

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“En réalité, Milan Kundera écrivait déjà en français dans ses romans tchèques”

Paru en italien en 2013, puis aux éditions Gallimard en avril 2014, La fête de l’insignifiance fait désormais l’objet d’une édition en tchèque. Anna Kareninová — traductrice éminente et reconnue — a la responsabilité de rendre les textes de Milan Kundera en tchèque. Elle signe également la postface de cette édition (dans une traduction opérée par Anna Kubišta). Les éditions Atlantis, qui ont publié ce livre en 2020, nous offrent ainsi un regard inédit, personnel et complexe sur le travail même de traduction.

06/07/2021, 13:50

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La littérature, cet outil de connaissance

Le PEN Club, au carrefour international des cultures, est de ce fait bien placé pour constater que la littérature est au croisement de la création et de la connaissance. Ayant pour mission fondatrice la défense de la liberté d’expression et celle-ci n’étant pas divisible, le réseau solidaire des PEN Clubs nationaux a à connaître et faire connaître toute forme d’expression qui est opprimée parce qu’elle porte l’émancipation, la pensée mobile, donc critique, et les mutations de la sensibilité — autant dire : la littérature. Par Jean-Philippe Domecq.

06/07/2021, 10:07

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Le livre numérique, 50 ans d'existence et de lectures

Il fut le compagnon des lecteurs, au cours de cette année pandémique 2020, certains en ont découvert les vertus, par l’offre gratuite et libre de droit, d’autres le coût avec des titres plus récents. Mais le livre numérique, ou ebook, n’est pas ce jeune premier que la presse présente depuis quelques années. Voilà désormais 50 ans que ce format se construit, évolue, à travers les progrès technologiques et les investissements d’entreprises. Bon anniversaire, petit cinquantenaire.

03/07/2021, 11:35

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Des éditions collector de mangas victimes de la spéculation

Depuis le début de l'année 2021, le manga bat tous les records de vente dans les librairies françaises. Pour entretenir l'engouement et s'assurer la fidélité d'un public qui pourrait se contenter de versions numériques, voire de scans illégaux, les éditeurs n'hésitent pas à publier des versions collector, en quantité limitée. Maisons d'édition et libraires ne peuvent toutefois que constater le développement d'un marché parallèle, où la revente se fait au prix d'une intense spéculation.

02/07/2021, 13:23

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Histoire de l’ebook #17 - Les grandes dates du Projet Gutenberg

« Nous considérons le texte électronique comme un nouveau médium, sans véritable relation avec le papier. Le seul point commun est que nous diffusons les mêmes œuvres, mais je ne vois pas comment le papier peut concurrencer le texte électronique une fois que les gens y sont habitués, particulièrement dans les établissements d’enseignement. » (Michael Hart, fondateur du Projet Gutenberg et père de l’ebook)

02/07/2021, 09:21

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Feel good books ? “Est-ce que Sagan, Duras, écrivaient pour faire du bien ?”

Écrire ne m'a jamais fait manger.J'ai fait ce que l'on appelle délicatement des "succès d'estime", ce qui veut dire que je n'ai eu aucune critique négative - quelle chance !-  mais que mes livres se sont vendus au mieux à 2000 ex. Tout cela en étant publiée par de belles maisons. Par Cathy Galliegue.

01/07/2021, 09:09

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Histoire de l’ebook #15 - Un hommage aux bibliothécaires

Le/la bibliothécaire a toujours eu un rôle charnière dans le monde du livre, y compris numérique. Les bibliothèques sont largement couvertes par les médias, mais qu’en est-il de ceux et celles qui les font fonctionner ? Une première version de ce texte fut publiée dans ActuaLitté en 2016. Voici aujourd'hui une version revue et actualisée pour inclure les ultimes développements de la profession. L’auteure fut elle-même bibliothécaire avant d’être traductrice.

30/06/2021, 10:29

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Histoire de l’ebook #14 - L’ebook vu par quelques pionniers

Voici le sentiment de plusieurs pionniers du livre numérique interviewés par courriel au fil des ans pour mes articles et livres sur le sujet: Michael Hart (Projet Gutenberg), John Mark Ockerbloom (The Online Book Page), Robert Beard (A Web of Online Dictionaries), Jean-Paul (Cotres.net), Nicolas Pewny (Le Choucas), Marc Autret (Indiscripts), Pierre Schweitzer (@folio), Denis Zwirn (Numilog) et Henri “Henk” Slettenhaar (Silicon Valley Association).

29/06/2021, 09:23

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Amis auteurs, “ne nous trompons pas de combat”

Avant même le rapport Racine, remis en janvier 2020 au ministre de la Culture, qui reconnaissait la paupérisation des artistes-auteurs, ces derniers alertaient sur une baisse de leurs revenus et une dégradation de leurs conditions de travail et de vie. Selon Paola Appelius, traductrice littéraire et présidente de l'Association des traducteurs littéraires de France, les préoccupations ont été entendues, et le travail d'amélioration a bel et bien commencé. Nous reproduisons ci-dessous sa lettre ouverte aux auteurs.

29/06/2021, 09:04

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Histoire de l’ebook #13 - L'Internet Archive, une bibliothèque planétaire

L’Internet Archive est fondée en avril 1996 par Brewster Kahle à San Francisco (Californie) pour préserver un historique de l’internet. D'abord « bibliothèque de l’internet » avec la Wayback Machine, qui permet de voir l’évolution d’un site web depuis 1996, elle devient ensuite « une bibliothèque numérique à but non lucratif destinée à procurer un accès universel au savoir humain ». Elle propose deux millions de livres numérisés en mars 2010. Dix ans plus tard, elle est la plus grande bibliothèque numérique publique mondiale.

28/06/2021, 09:32

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Rentrée littéraire : la critique, le lecteur, le libraire et le quatre-quart

Encore deux mois de patience avant de trouver sur les tables de librairies, dans les dossiers ventrus de la presse, les titres de la prochaine rentrée littéraire. Alors parleront auteurs, éditeurs, journalistes, parfois quelques lecteurs dont la notoriété médiatique fera croire à une influence réelle sur les envies mouvantes des lecteurs. Qui mieux qu'un libraire, artisan besogneux de cette grand'messe dont il ne retirera lui-même ni lauriers ni couronne, pour poser un regard distancié, frondeur, amusé, bienveillant sur ce rituel que d'aucuns conspuent à loisir, avant que de s'y sacrifier ?

27/06/2021, 11:04

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Histoire de l’ebook #12 - De Google Print à Google Books

Google lance Google Print en mai 2005 en partenariat avec des éditeurs et des bibliothèques, puis le suspend trois mois plus tard suite à un conflit avec les associations américaines d'auteurs et d'éditeurs. Le programme reprend en août 2006 sous le nom de Google Books (Google Livres) et numérise les milliers de livres de bibliothèques partenaires. Mais Google continue de numériser des livres sous droits sans l'autorisation préalable des ayants droit, et le conflit se poursuit. Après une longue saga judiciaire de près de dix ans, la justice américaine tranche en octobre 2015 en faveur de Google.

27/06/2021, 10:34

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Histoire de l’ebook #11 - La licence Creative Commons

Créée en 2001 à l'initiative de Lawrence “Larry” Lessig, la licence Creative Commons a pour but de favoriser la diffusion et la réutilisation d'œuvres numériques tout en protégeant le droit d'auteur. De nombreux auteurs et autres créateurs souhaitent en effet utiliser le réseau de diffusion qu’offre l’internet tout en contrôlant les droits sur leurs œuvres, mais le copyright traditionnel leur semble trop restrictif. Creative Commons fête ses 20 ans en juin 2021 avec 2 milliards d’œuvres sous licence Creative Commons.

25/06/2021, 09:58

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Histoire de l'ebook #10 - Wikipédia, une encyclopédie planétaire

Lancée en janvier 2001 par Jimmy Wales et Larry Sanger, Wikipédia est une encyclopédie gratuite en ligne écrite collectivement et dont le contenu est librement réutilisable. Rédigés par des milliers de volontaires dans des dizaines de langues, les articles et les illustrations restent la propriété de leurs auteurs. Leur libre utilisation est régie par la licence GFDL puis par la licence Creative Commons. Wikipédia comprend 17 millions d’articles dans 270 langues en 2011, avec 400 millions de visiteurs par mois. D'autres encyclopédies collaboratives suivent, par exemple l’Encyclopedia of Life.

24/06/2021, 09:42

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Chris Ware : “Aux États-Unis, la BD n'est même pas considérée comme un art”

Grand Prix de la ville d'Angoulême 2021, l'auteur américain Chris Ware rejoint un panthéon qui réunit déjà Emmanuel Guibert, Rumiko Takahashi, Katsuhiro Ōtomo, Art Spiegelman ou encore François Schuiten. Dans une lettre reproduite ci-dessous, il salue l'affection et la déférence que la France consacre au 9e art.

23/06/2021, 10:28

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Histoire de l’ebook #9 - L’EPUB devient le format standard

Le format EPUB succède au format OeB (Open eBook) en avril 2005 en tant que standard du livre numérique et supplante peu à peu le format pionnier PDF. « Totalement différent du PDF, le format EPUB permet d’afficher un texte ajusté au tout dernier moment en fonction de l’écran et des choix du lecteur au moment précis de la lecture. Plusieurs applications permettent de créer un fichier EPUB directement, dont des logiciels libres. La plupart des liseuses sont compatibles avec le format EPUB. » (Nicolas Pewny, consultant en édition électronique)

23/06/2021, 09:27

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Histoire de l’ebook #8 - Premières expériences d’auteurs de best-sellers

Le maître du suspense américain Stephen King est le premier auteur de best-sellers à se lancer dans l’aventure numérique en 2000, malgré les risques commerciaux encourus. Il autopublie un roman épistolaire inédit en plusieurs épisodes sur un site web créé à cet effet, avec un résultat mitigé, avant de nouvelles expériences avec son éditeur. D'autres auteurs de best-sellers tentent eux aussi l’aventure numérique avec leurs éditeurs, par exemple Frederick Forsyth en Grande-Bretagne, Arturo Pérez-Reverte en Espagne et Paulo Coelho au Brésil.

22/06/2021, 10:05

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Queenie, histoire d'une gangster venue de Martinique, pour conquérir Harlem

Stephanie Saint-Clair. Avec un nom pareil, elle aurait pu faire du music-hall. Et d’une certaine manière, elle fut la reine de la nuit. Au cœur de Harlem, elle devint Queenie, cheffe de gang respectée au sein de Harlem : protectrice d’une communauté noire contre les policiers — déjà ! —, elle mena tambour battant une carrière dans la loterie clandestine. Nous sommes en 1933, la prohibition a pris fin, et cette Martiniquaise, ayant migré une vingtaine d’années plus tôt à New York affronte la mafia italienne, regardant les hommes droit dans les yeux. Queenie, plus qu’une gangster généreuse : un symbole.

22/06/2021, 08:05

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Histoire de l’ebook #7 - Premiers dictionnaires et encyclopédies en ligne

Disponibles en ligne au tournant du millénaire, les premiers dictionnaires et encyclopédies de référence émanent de versions imprimées, par exemple le Dictionnaire universel francophone (Hachette), WebEncyclo (Atlas) ou encore le site de l’Encyclopaedia Universalis. Suivent des outils de référence conçus directement pour le web, par exemple le Grand dictionnaire terminologique (GDT) du Québec et WordReference.com. Wikipédia fera l’objet d’un article spécifique.

21/06/2021, 09:28

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Italie et France : le livre en partage

Les liens qui rattachent la France et l’Italie se mesurent autant à la passion dévorante dont témoignait Stendhal qu’aux centaines de lecteurs venus à Turin, en 2017, assister à une rencontre avec Daniel Pennac. Dans les allées du Salon du livre, une file d’attente colossale, impatiente, témoignait d’une authentique ferveur.

21/06/2021, 09:00

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Histoire de l’ebook #6  - E Ink, une technologie d'encre électronique

Les recherches sur l’encre électronique débutent à la fin des années 1990 au sein de la société E Ink pour offrir un meilleur écran aux liseuses en attendant le papier électronique. E Ink présente le prototype de son écran en 2002 et le commercialise en 2004. Un projet un peu différent est la technologie Gyricon développée par Xerox. Radicalement novateur lui aussi dans un domaine connexe, le projet @folio voit le jour en France dès 1996 mais reste malheureusement à l’état de prototype faute de soutien financier.

19/06/2021, 11:19

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La lecture dans les établissements de santé, “espace d’intimité, d’évasion, de liberté”

La Fédération interrégionale du livre et de la lecture (Fill) s'engage dans une vaste opération de rapprochement entre les professionnels de la santé et ceux de la lecture publique, pour multiplier les projets culturels autour du livre et de la lecture dans les établissements de santé. Nous reproduisons ci-dessous le plaidoyer de la fédération, destiné à convaincre de l'importance cruciale de la lecture dans le parcours de soins.

18/06/2021, 15:06

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Histoire de l'ebook #5 - Les premières liseuses    

Sans surprise, les premières liseuses voient le jour dans la Silicon Valley, terre des projets technologiques les plus fous, avec les fonds nécessaires pour les développer. Ces liseuses sont le Rocket eBook (de NuvoMedia) et le SoftBook Reader (de SoftBook Press), qui virent le jour en 1998. D'autres modèles suivent, par exemple le Gemstar eBook (de Gemstar) en 2000, le LIBRIe (de Sony) en 2004, le Cybook Gen2 (de Bookeen) à la même date, le Sony Reader (de Sony) en 2006, le Kindle (d'Amazon) en 2007, le Nook (de Barnes & Noble) en 2009 et l'iPad (d'Apple) en 2010. 

 

18/06/2021, 11:31

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Histoire de l'ebook #4 - Du PDA au smartphone

En 2001, la liseuse n’a pas encore gagné son pari. On compte 17 millions de PDA (Personal Digital Assistants) dans le monde pour seulement 100.000 liseuses, d'après un Seybold Report publié en avril 2001. 13,2 millions de PDA sont vendus en 2001, dont le Palm Pilot (lancé en mars 1996) et le Pocket PC de Microsoft (lancé en mars 2000). En 2005, le PDA laisse progressivement la place au smartphone. L’iPhone d’Apple (lancé en juin 2007) devient le produit phare de toute une génération.

17/06/2021, 09:43

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Histoire de l’ebook #3 - Les débuts de Gallica, bibliothèque numérique de la BnF

Gallica est inauguré en octobre 1997 avec des textes et des images du XIXe siècle francophone, « siècle de l’édition et de la presse moderne, siècle du roman mais aussi des grandes synthèses historiques et philosophiques, siècle scientifique et technique ». Gallica élargit ensuite son champ d’action et devient rapidement l’une des grandes bibliothèques numériques mondiales.

16/06/2021, 13:19