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Les Ensablés - Notes de voyage de Laurent Jouannaud: Charles Baudelaire et Caroline Aupick, sa mère.

Mon cher Hervé, j’ai feuilleté la correspondance de Baudelaire, éditée par le savant baudelairien Claude Pichois, deux volumes de la Pléiade. Je ne sais plus à quelle occasion j’ai acheté ces beaux livres. J’ai ouvert le premier tome au hasard (Correspondance I 1832-1860). J’ai commencé à lire devant les étagères et je me suis laissé prendre par cette vie prise sur le vif, par Charles Baudelaire en chair et en os.

Le 04/06/2015 à 06:32 par Les ensablés

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04/06/2015 à 06:32

Les ensablés

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Par Laurent Jouannaud

Je ne m’imaginais pas l’auteur des Fleurs du mal à cheval, et pourtant, à 16 ans, il écrit à son demi-frère Alphonse : « J’ai fait une chute de cheval en me promenant avec papa du côté du chemin de fer, et j’ai une forte contusion au genou. Quelques minutes après ma chute, je suis remonté à cheval, et nous nous sommes encore promenés pendant trois heures, sans que j’éprouvasse aucune douleur. (…) Du reste, ce maudit accident n’a pas ralenti mon amour de monter à cheval ; je brûle de recommencer et je dis à ceux qui me recommandent de ne plus tomber, que je tâcherai de tomber au moins sur une autre partie du corps. » (2 novembre 1837) Ce demi-frère, c’est le fils que son père François Baudelaire a eu avec sa première femme. Quant au « papa » de la lettre, il s’agit de son beau-père, le second mari de sa mère Caroline, veuve de François Baudelaire. Ce beau-père, James Aupick, officier et fils d’officier, a servi sous Napoléon : il est colonel, et sans doute cavalier émérite. J’imagine le jeune Charles essayant de séduire ce militaire qui fera une brillante carrière, l’appelant souvent « mon ami » dans d’autres lettres, pour finir par refuser de le voir dès qu’il aura vingt ans. Il écrit à sa mère : « Il m’est impossible de me faire tel que ton mari voudrait que je fusse. » (1845) Les familles recomposées, ce n’est pas si facile !

A dix-huit ans, il envoie un mot à Victor Hugo qu’il ne connaît pas : « Il me semble (peut-être est-ce bien de l’orgueil) que je comprends tous vos ouvrages. Je vous aime comme j’aime vos livres ; je vous crois bon et généreux, parce que vous avez entrepris plusieurs réhabilitations, parce que loin de céder à l’opinion, vous l’avez souvent réformée, fièrement et dignement. » Charles, juge de Victor ! Et il conclut : « [J’espère] que vous daignerez m’honorer d’une réponse : je vous avoue que je l’attends avec une impatience extrême. » (25 février 1840) A vingt-quatre ans, il annonce sa mort à son notaire, Me Ancelle : « Quand Mlle Jeanne Lemer vous remettra cette lettre, je serai mort. —Elle l’ignore. Vous connaissez mon testament.(…)Je me tue — sans chagrin. — Je n’éprouve aucune de ces perturbations que les hommes appellent chagrin. Je me tue parce que je ne puis plus vivre, que la fatigue de m’endormir et la fatigue de me réveiller me sont insupportables. Je me tue parce que je suis inutile aux autres — et dangereux à moi-même. Je me tue parce que je me crois immortel, et que j’espère. » Et il demande au notaire de donner « immédiatement » 500 francs à Jeanne.

Mille quatre cent vingt lettres entre 1832 et 1866 ! Les plus touchantes sont celles adressées à sa mère, ce sont elles que je parcours. La première lettre à Mme Aupick qui soit conservée date du 6 février 1834. Charles, douze ans, est alors interne au collège, à Lyon, où Aupick a été muté : « Je ne t’écris pas pour te demander pardon, car je sais que tu ne me croirais plus ; je t’écris pour te dire que c’est la dernière fois que je me fais priver de sortie, que désormais je veux travailler et éviter toutes les punitions qui pourraient seulement retarder ma sortie. C’est bien la dernière fois, je te le jure, je t’en donne ma parole d’honneur. » Il signe : « Ton fils Charles, bien fâché de te causer tant de mécontentement. » Charles ne changera jamais : il sera encore privé de sortie, il aura encore de mauvaises notes, il promettra sincèrement de changer, il regrettera le chagrin qu’il cause à sa mère. Il sera toujours un mauvais fils qui aurait pourtant voulu lui faire plaisir. Plus tard, ce seront les incessantes demandes d’argent. Le 8 juillet 1837, il écrit déjà, en fin de lettre : « Si tu viens, n’oublie pas un peu d’argent ; j’en ai besoin. » Toute sa vie, il réclamera de l’argent à maman. Baudelaire, héritier de son père (100 000 francs-or), dépense plus que ses revenus et croque en deux ans la moitié de son héritage, en « folles prodigalités » dit la justice. C’est un artiste : il n’a pas la vertu paysanne ou bourgeoise de l’épargne. Baudelaire n’exercera jamais un métier ni une profession. Au moment où un conseil judiciaire l’empêche de disposer librement de ce qui lui reste, il écrit à sa mère : « Mais persuade-toi donc bien une chose, que tu sembles toujours ignorer ; c’est que vraiment pour mon malheur, je ne suis pas fait comme les autres hommes. » (Eté 1844)

Ce que le notaire Ancelle lui donne ne lui suffira jamais. Il emprunte, doit rembourser (la prison pour dettes existe) et réclame sans cesse de l’argent à Mme Aupick, et à d’autres. Elle paye toujours en recevant ses lettres déchirantes (« Je suis sorti sans argent de chez moi par la raison bien simple qu’il n’y en avait pas. », avril 1853 ), ingénieuses (« Ma chère mère, j’ai eu avant-hier quelqu’un à enterrer. J’ai donné tout ce que j’avais, mais les frais sont montés à 140 francs. », 18 novembre 1853), dramatiques (« Si cela ne t’est pas impossible, donne à cet homme n’importe quoi pour m’acheter un peu de bois et payer un petit traiteur à côté de chez moi. », 10 décembre 1853 ), impératives ( « Ma chère mère, sans discussion aucune, il me faut à tout prix — à tout prix — aujourd’hui même, la somme de deux cents francs. », 6 février 1854 ).

Baudelaire a trente-trois ans en 1854, et sa mère en a soixante et un. La vieille dame désire la paix, et surtout la paix dans son ménage : chaque argent qu’elle envoie est l’argent de son mari et elle voit son fils en cachette. Charles fait son désespoir, et il le sait bien. Les Fleurs du mal s’ouvrent sur « Bénédiction », dont les cinq premières strophes sont les plaintes d’une malheureuse qui a enfanté un poète : — Ah ! que n’ai-je mis bas tout un nœud de vipères, Plutôt que de nourrir cette dérision ! Maudite soit la nuit aux plaisirs éphémères Où mon ventre a conçu mon expiation !

Proust, Cohen, Gary, Pagnol, Duras ou Lydie Salvayre (Prix Goncourt 2014 pour Pas pleurer) ont rendu hommage à leur mère. Baudelaire l’a fait à sa manière, sans s’en douter, dans ces lettres que je parcours avec une curiosité de voyeur. Il a un besoin physique de la voir : « Je vous dis que j’ai besoin de vous, qu’il faut que je vous voie, que je vous parle. Mais venez donc, venez donc tout de suite — pas de pruderie. Je suis chez une femme, mais je suis malade, et je ne peux pas bouger.(…)Je vous en supplie, venez donc me trouver, mais de suite, de suite — pas de cris. » (début juillet 1845) Et le 6 juin 1856 : « Voici la quatrième fois que je vous supplie de me permettre de vous embrasser. Je ne comprends pas quelle raison vous fait obstiner à me refuser. Je vous demande cela sans vous donner d’explications ; — je vous le demande comme un homme fatigué, blessé demande un plaisir, un réconfort, un cordial. »

Charles ne donne pas à sa mère les preuves d’amour qu’elle attend. En juillet 1839, à 18 ans, il lui écrivait : « Mais sois tranquille, à mesure que je grandirai en raison, je grandirai en passion. Je saurai t’aimer davantage. Je m’accuse souvent intérieurement de ne pas te donner tout ce que je te dois. — A force de m’exercer, je parviendrai à être digne de ton affection. Je parviendrai à te contenter. » C’est le contraire qui est arrivé. Entre elle et son fils, le fossé restera infranchissable : « La morale de la Bourgeoisie me fait horreur. » (26 mars 1853) Plus tôt, il se décrivait déjà comme « séparé à tout jamais du monde honorable par mes goûts et par mes principes ». (8 décembre 1848) Que lui répond-elle ? On ne le sait pas puisque Charles n’a pas gardé les lettres de sa mère. Mais en 1855, il les avait encore : « J’ai retrouvé une foule de lettres de vous, de différentes époques, écrites dans différentes circonstances. J’ai essayé d’en relire plusieurs ; toutes étaient pénétrées d’un profond intérêt purement matériel, il est vrai, comme si les dettes étaient tout, comme si les jouissances et les contentements spirituels n’étaient rien.(…). Toutes ces lettres représentaient des années écoulées, et mal écoulées. Cette lecture m’est bientôt devenue insupportable. » (20 décembre 1855) On imagine le ton des lettres maternelles, quand Charles répond : « Je t’en supplie, ne m’écris pas une lettre pleine de dures choses. » (25 juin 1854) Ou : « Ma chère mère, je ne vous ai pas répondu au commencement du mois, parce que votre lettre était dure, vraiment trop dure. » (26 novembre 1856) Ou : « Chère mère, tu m’as écrit une lettre bien charmante (la seule de ce ton depuis bien des années) il y a déjà vingt jours, et je ne t’ai pas encore répondu. Tu as dû être bien douloureusement étonnée. Pour moi, quand j’ai lu cette lettre, j’ai compris que j’étais encore aimé, plus que je ne l’avais cru, et que bien des choses pouvaient être réparées, et que bien du bonheur était encore permis. » (19 février 1858) Ou encore : « Ne m’envoie pas un de ces torrents de reproches qui me font tant de mal, à moi que tu crois insensible. » (26 mars 1860) Et presque chaque lettre demande de l’argent. Madame Aupick a tout simplement peur que son fils ne la ruine, et on peut la comprendre.

Le beau-père Aupick meurt le 27 avril 1857. Dès lors, veuve de général, après avoir vendu ses biens parisiens, Madame Aupick vivra dans une confortable aisance, à Honfleur, dans la « Maison-joujou ». C’est le moment où Charles devient père en mettant au monde les Fleurs du mal, le 22 juin 1857. La lettre du 3 juin 1857 expose la nouvelle situation entre la mère et le fils : « J’ai été quelquefois bien dur et bien malhonnête envers vous, ma pauvre mère ; mais enfin, je pouvais considérer que quelqu’un s’était chargé de votre bonheur, —et la première idée qui me frappa lors de cette mort fut que, désormais, c’était moi qui en étais naturellement chargé.(…)Tout ce que je me suis permis, nonchalance, égoïsme, grossièretés violentes, comme il y en a toujours dans le dérèglement et l’isolement, tout cela m’est interdit. — Tout ce qui sera humainement possible, pour vous créer une félicité particulière et nouvelle pour la dernière partie de votre vie, sera fait. »

On admire l’aveu des erreurs passées et les bonnes intentions, mais rien ne changera. D’ailleurs, le scandale des Fleurs du mal, condamnées pour immoralité, n’a pas arrangé les choses. Dès le 9 juillet 1857, Charles se justifie et affirme, bravement et inutilement : « Le livre met les gens en fureur. — On me refuse tout, l’esprit d’invention et même la connaissance de la langue française. Je me moque de tous ces imbéciles, et je sais que ce volume, avec ses qualités et ses défauts, fera son chemin dans la mémoire du public lettré, à côté des meilleures poésies de V. Hugo, de Th. Gautier et même de Byron. »

Il écrit le 11 juillet 1857 à son éditeur : « Vite, cachez, mais cachez bien toute l’édition. » Son œuvre va être saisie ! Adieu gloire et fortune ! En décembre, il écrit à sa mère qui lui a reproché ce livre (« après m’avoir reproché ce maudit livre, qui n’est après tout qu’une œuvre d’art fort défendable », 30 décembre 1857) : « Mais ce que je sens, c’est un immense découragement, une sensation d’isolement insupportable, une peur perpétuelle d’un malheur vague, une défiance complète de mes forces, une absence totale de désirs, une impossibilité de trouver un amusement quelconque. » Et viendront encore des demandes d’argent, des plans compliqués pour en trouver, des plaintes, le projet de quitter Paris pour s’installer près d’elle à Honfleur, projet plusieurs fois reporté. Après quelques mois à Honfleur — dans une chambre d’où l’on voit la mer, il écrit Le Voyage, ultime chef d’œuvre des Fleurs du mal de 1861—, il retourne à Paris et dès sa première lettre, le 29 juin 1859, il est question d’un billet de 160 francs qu’on viendra réclamer. Peu après, il lui écrit : « En effet, je dépense beaucoup, et tout ce tripotage de banque, d’escompte, me fatigue beaucoup. » (15 octobre 1859) Et il lui envoie du thé, des revues, les épreuves de ses articles critiques, des livres. Et de nouveau des demandes d’argent, des réponses aigres.

Le 15 janvier 1860, il lui raconte un malaise, ce qu’on appelle aujourd’hui un AVC : « J’ai subi avant-hier une crise singulière J’étais hors de chez moi ; j’étais presque à jeun. Je crois que j’ai eu quelque chose comme une congestion cérébrale.(…)Au bout de quelques heures tout était fini. » La crise reviendra en 1862 (« le vent de l’aile de l’imbécillité »), puis en 1866, définitive. Quelle vie de chien ! Baudelaire est un martyr, c’est un mot qu’il emploie souvent (« le plus curieux martyr de tout Paris peut-être »), mais un martyr n’est pas forcément un innocent. Une volonté rageuse de réussir le soutient : « Pour me résumer brièvement, j’ai une soif diabolique de jouissance, de gloire et de puissance. » (4 novembre 1856). Ou encore, 19 février 1858 : « Je ne veux pas d’une réputation honnête et vulgaire ; je veux écraser les esprits, les étonner, comme Byron, Balzac ou Chateaubriand. Est-il encore temps, mon Dieu ? »

J’ai sorti le second volume de son rayon (Correspondance II 1860-1866) et je suis allé m’installer dans mon fauteuil, à la lumière du balcon. Ce volume s’ouvre tout seul. Les deux cordons marque-page verts, dont la couleur est passée et dont les bouts sont effrangés, sont situés à la page que je cherchais, la fameuse lettre du 6 mai 1861. Je la relis avec émotion. Charles vient d’avoir quarante ans, Caroline en a soixante-huit. De cette lettre de sept pages, mon cher Hervé, je ne vous dirai rien. Je me contente de transcrire ce qu’en dit Claude Pichois, l’éditeur de cette correspondance savamment annotée : « 6 mai 1861 : Le poète adresse à Mme Aupick la plus belle, la plus douloureuse et tout de même la plus tendre des lettres où une grande âme se soit décrite et confessée. » Si, tout de même, je vous livre la dernière ligne : «  Et je t’aime. » Cioran écrivait : « Baudelaire : le poète commence à dater, s’il ne date pas déjà ; le personnage, au contraire, grandit. Son chef d’œuvre, quelle ironie ! sont ses lettres. » (Cahiers 1957-1972, 27 avril 1971) Cioran exagérait, comme toujours : le chef d’œuvre de Baudelaire, ce sont les Fleurs du mal. Mais ces lettres montrent l’humus humain sur lequel elles ont poussé. Un jour, je lirai intégralement la correspondance de Baudelaire.

Par Les ensablés
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Sa prose noire et acérée rappelle Raymond Guérin. Son ironie pessimiste penche du côté d’Emmanuel Bove. Le phrasé rageur est célinien. Nous sommes en 1953 lorsque Georges Hyvernaud publie son deuxième récit le Wagon à vaches. On y retrouve la veine existentialiste, sans le torse bombé de l’intellectuel engagé. Par Nicolas Acker.

27/07/2025, 09:00

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Les Ensablés - La fin de la IIIe République, de Emmanuel Berl

Paru en 1968 dans la célèbre collection de Gallimard, « Les trente journées qui ont fait la France », La fin de la IIIerépublique est republiée quelques années plus tard dans une autre collection intitulée «Témoins». Ce passage révèle bien à la fois la nature de cet ouvrage mais aussi celle de son auteur, Emmanuel Berl (1892-1976). S’il est aujourd’hui tombé dans l’oubli (tout juste certains se souviennent qu’il fut le mari de la chanteuse Mireille), il a pourtant marqué la vie intellectuelle des années 1930 par ses positions que ses biographes qualifient volontiers d’inclassables. Par Carl Aderhold

06/07/2025, 10:45

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Les Ensablés - Le roi dort, de Charles Braibant

« Nos pays ne sont pas beaux...mais il y a en eux une espèce de grandeur calme et comme un peu dédaigneuse qui est beaucoup plus captivante que la beauté ». Ainsi Charles Braibant (1889-1976), Champenois de lignée et de coeur, décrit-il sa région d’élection dans son roman Le roi dort qui, s’il rata de peu le prix Goncourt, fut couronné du Renaudot en 1933. Par Marie Coat

 

22/06/2025, 09:00

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Les Ensablés - La peau et les os de Georges Hyvernaud

Dans la fosse commune de l’oubli, Georges Hyvernaud n’a non seulement rien fait pour l’éviter - en ne publiant que deux livres de son vivant - mais y a sauté à pieds joints. La Peau et les os (1949), court mais édifiant récit de sa captivité pendant la seconde guerre mondiale, puis Le Wagon à Vaches (1953), roman implacable de l’impossible réadaptation à une vie dite normale, prouvent que l’écrivain avait pris le parti non négociable d’une vérité humaine très difficile à vendre. Par Nicolas ACKER.

08/06/2025, 19:15

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Les Ensablés - Planète sans visa, de Jean Malaquais

Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais  (1908-1998) - quitta la Pologne à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Mobilisé en 1939, il fut fait prisonnier, puis parvint à s'évader. Juif et apatride, il partagea alors l'existence précaire de nombre de personnes réfugiées à Marseille dans l'espoir d'obtenir un visa. Grâce à l'aide de son ami Gide, il obtint ce précieux sésame et gagna les Etats-Unis où il vécut plusieurs années, enseignant la littérature. Malaquais n'a publié que trois romans : « Les Javanais » (prix Renaudot 1939),  « Le Gaffeur » (publié en 1953), tous deux objets de précédents articles et  « Planète sans visa », grand roman de la France sous l'occupation, publié en 1947 et qu'il remania jusqu'à ses derniers jours. Ce roman de plus de 500 pages a été réédité en 1999 après sa mort.

25/05/2025, 09:41

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Les Ensablés - La Saint-Michel et le Pont Euxin d'Anne Lacroix, par François Ouellet

Anne Lacroix (1897-1982) n’aurait publié qu’un seul roman, La Saint-Michel et le Pont-Euxin chez Grasset en janvier 1933. À cette date, elle a déjà commencé un deuxième roman, Rézle (et même annoncé un troisième titre, Les Bergers d’Arcadie), soumis en décembre de la fin de cette même année pour le Prix du roman du Temps ; les quelques voix qu’elle récolte seront insuffisantes pour qu’elle obtienne ce prix qui consiste dans la publication du roman dans les pages du quotidien. Mais, cinq ans plus tard, en mars 1938, Rézle paraîtra en feuilleton dans Le Temps. Il ne semble pas que la carrière d’Anne Lacroix ait connu d’autres développements. Par François Ouellet.

11/05/2025, 09:00

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Les Ensablés - L'Impassible de Frédéric Berthet (1954-2003)

Lorsque la critique d’un livre est aussi intéressante, voire plus, que le livre dont elle parle, lorsqu’on se régale de son style, de son ironie, de sa drôlerie, et si transparaît à travers ses mots l’originalité de l’homme lui-même, alors on peut se dire qu’elle est elle-même œuvre littéraire, et que son auteur est un sacré bonhomme. Voilà la réflexion que je me suis faite après la lecture de ce recueil d’articles de Frédéric Berthet, récemment paru chez La Table Ronde sous le titre L’Impassible. Par Hervé BEL

27/04/2025, 09:00

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Les Ensablés - Happe-Chair de Camille Lemonnier (1844-1913)

Happe-Chair, un titre qui a tout de suite attiré mon attention. Je me trouvais alors dans une des dernières librairies anciennes de la rue Saint-Sulpice (pour combien de temps encore sera-t-elle là ?), dans la bonne odeur des vieux livres, lorsque je suis tombé sur la réédition de 1908 de ce roman de Camille Lemonnier publié une première fois en 1886 chez Kiestmaeckers…  par Hervé Bel. 

13/04/2025, 12:28

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Les Ensablés - Jacques Rivière, Sentiments et critique

À l’occasion du centenaire de sa mort, la collection Bouquins consacre un volume à Jacques Rivière, critique et essayiste, véritable cheville ouvrière de la Nouvelle revue française dont il assura la direction durant plus de 10 ans. Mort prématurément en 1925 à l’âge de 39 ans, celui qui fut à la fois le grand ami et le beau-frère d’Alain Fournier, l’auteur du Grand Meaulnes, révèle par la quantité d’articles qu’il donna à la revue une perspicacité critique étonnante. Sensuelle et inspirée. Par Denis Gombert

30/03/2025, 09:00

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Les Ensablés - Lire sous l'occupation de Jacques Cantier

Le monde des livres sous l’Occupation a déjà été étudié par l’historien Jacques Cantier qui s’était intéressé à la trajectoire de l’une des figures maudites des lettres françaises avec sa biographie de Pierre Drieu La Rochelle (Perrin, 2011). Cette fois, avec Lire sous l’Occupation, publié en 2019 et en poche en 2024 aux Éditions CNRS, il nous présente un panorama global de la lecture entre 1939 et 1945. , par Nicolas Acker.

16/03/2025, 16:50

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Les Ensablés - La femme qui boit de Colette Andris, par Marie Coat

En mars 2023, Gallimard publiait dans sa collection L’imaginaire un grand succès de son catalogue paru en 1929, réédité à huit reprises puis repris en 1934 dans sa collection de poche : La femme qui boit », première oeuvre d’une jeune femme de 29 ans, Pauline Toutey. Par Marie  Coat

02/03/2025, 19:56

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Les Ensablés - Le gaffeur de Jean Malaquais

Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais - quitta la Pologne  à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Cette période de sa vie fut marquée par une grande précarité et  par la volonté farouche de vivre de sa plume. Mobilisé en 1939 puis fait prisonnier, il s'évada et émigra vers le continent américain. Par Isabelle Luciat

16/02/2025, 10:09

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Les Ensablés - Le Boucher des Hurlus de Jean Meckert

Jean Meckert (alias Jean Amila, 1910-1995) est mort il y a trente ans… Pas tout à fait mort, car ses romans ont continué d’être réédités et nous n’avons pas manqué d'en parler dans nos colonnes (1). Cette fois, c’est la courageuse Ronces éditions (2) qui republie Le boucher des hurlus paru chez Gallimard en 1982 et signé du nom Jean Amila qu’il avait adopté pour ses romans publiés dans la Série Noire. Par Hervé BEL

02/02/2025, 19:38

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Les Ensablés - L'inconstante de Marie de Régnier

Fille de José Marie de Heredia, épouse du poète Henri de Régnier, Marie de Régnier n’eût peut-être d’autre choix que de devenir une femme de lettres. Mais en adoptant un nom d’homme tout de même, société corsetée oblige ! C’est ainsi que Marie de Régnier entama très tôt une carrière littéraire au confluent de deux siècles, à la période de la Belle Epoque, sous le nom de de Gérard d’Houville, puis de Gérardine (la renommée de Caroline Rémy, dite Séverine, étant peut-être passée par là). Par Denis Gombert.

19/01/2025, 09:00

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Les Ensablés - Autour des trônes que j’ai vus tomber (1921), de la princesse Louise de Belgique

L’Avenue Louise est l’une des plus importantes artères de Bruxelles. On oublie souvent qu’elle fut dédiée à la princesse Louise (1858-1924), fille aînée de Léopold II, le roi bâtisseur qui rénova la ville. Et l’on a tout autant perdu le souvenir de l’histoire rocambolesque et tragique de sa déchéance au sein des cours européennes de son temps... Ces mémoires romancés offrent au lecteur les confessions rares d’une princesse égarée par le destin. Par Louis Morès.

05/01/2025, 09:00

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Les Ensablés - Mes amis d'Emmanuel Bove, centenaire d'un chef-d'oeuvre

On ne pouvait pas laisser s’achever cette année 2024 sans célébrer les cent ans d’un des chefs-d’œuvre romanesques du XXe siècle. Des chefs-d’œuvre, la littérature française en a produit son lot, et les centenaires à venir ne manqueront pas : en 2026, ce sera Les Faux-monnayeurs, en 2032, Voyage au bout de la nuit, en 2038, La Nausée, etc. Mais les auteurs ensablés aussi ont leurs grands et petits chefs-d’œuvre, dont certains ont été chroniqués ici même : L’Enfant à la balustrade, Les Javanais, par exemple. Et maintenant Mes Amis d’Emmanuel Bove : avis à ceux qui ne l’auraient pas encore lu. Par François Ouellet.

15/12/2024, 16:14

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Claudio Magris, Poutine, génétique : les lectures de Books pour décrypter le monde

Cette semaine, la Booksletter traverse cinq territoires du savoir et de la mémoire : Claudio Magris relu depuis Trieste, les agences matrimoniales du Paris postrévolutionnaire, la génétique du sexe, un roman historique autour des réseaux trotskistes, et l’étude de la propagande poutinienne par Marc Bennetts. Sélection qui relie littérature, histoire sociale, biologie et politique contemporaine avec précision, sans mode facile, ni bruit éditorial.

09/05/2026, 09:38

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Une découverte dans une grotte relie trois époques dans Aven

Avec Aven, publié aux éditions La Manufacture de livres le 4 juin, Lilian Bathelot construit un roman mêlant préhistoire, exploration souterraine au XIXe siècle et enquête contemporaine autour de l’aven Armand. À travers trois récits reliés par un même lieu et un mystère traversant les siècles, l’auteur explore la mémoire enfouie des hommes dans les paysages du causse Méjan.

08/05/2026, 07:00

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Avec La fille du Sud, Barbara Monrose explore les traces du désir

Barbara Monrose signe avec La fille du Sud un premier roman publié chez Robert Laffont et attendu le 13 mai. Ce texte suit la relation passionnée entre deux étudiantes qui se rencontrent à Paris avant que la séparation ne transforme leur histoire en quête intime et obsessionnelle du désir, du manque et de l’absolu.

07/05/2026, 08:42

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James Lee Burke revient avec Étranger à la dérive, une fresque entre guerre et pétrole

Étranger à la dérive, de James Lee Burke, paraît aux Éditions Rivages le 3 juin : le roman suit Weldon Avery Holland, des années de Grande Dépression aux champs pétrolifères du Texas, dans une fresque marquée par la guerre, l’amour, la culpabilité et la violence de l’antisémitisme. Traduit de l’anglais (États-Unis) par Christophe Mercier. 

07/05/2026, 07:19

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Les Invisibles, de R. J. Ellory : la traque obsessionnelle d’un serial killer

Dans Les Invisibles, Roger Jon Ellory entraîne le lecteur dans une enquête au long cours, marquée par des meurtres ritualisés, des références à Dante et l’obsession grandissante d’une enquêtrice du FBI.

06/05/2026, 08:00

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Les Filatures d’Irène Bouton : une nouvelle série policière aux éditions L’Archipel

Les Filatures d’Irène Bouton, roman de Thomas Martinetti publié aux éditions L’Archipel, lance une série de cosy mystery située dans la région d’Annecy. Le livre suit Irène Bouton, costumière appelée sur le tournage d’une série, qui se retrouve soupçonnée après la mort d’un fournisseur local et décide de mener sa propre enquête pour comprendre ce qui s’est passé.

06/05/2026, 07:00

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Dominique Sylvain revient avec un roman noir dans le Brooklyn des années 1990

À paraître le 13 mai 2026 aux Éditions Rivages, L’Inconnue de Brooklyn, de Dominique Sylvain, suit trois amis d’enfance dans le Brooklyn des années 1990, entre cinéma, immobilier, ambitions sociales et secrets conservés pendant des années, jusqu’à ce qu’un passé compromettant ressurgisse.

06/05/2026, 06:00

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Eva Björg Ægisdóttir et Jérôme Loubry : un cadavre exquis policier entre Lyon et Reykjavík

Un petit polar à quatre mains entre Lyon et Reykjavík, porté par Eva Björg Ægisdóttir et Jérôme Loubry, avec une intrigue suffisamment solide pour faire de ce “coup éditorial” un agréable patchwork tricoté entre deux pays et deux cultures.

05/05/2026, 15:41

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La supérette du bord de mer de Sonoko Machida : profession, marchand de bonheur !

Nous sommes le lien que nous entretenons avec les autres. Voici ce que l’on pourrait dire de cette petite pépite venue tout droit du Japon. Au centre de ce roman, et donc de la supérette Tenderness Kogane Mura, située sur l’île de Kysushu, un gérant un peu fantasque et très séducteur, Monsieur Shiba, surnommé « Phéro Boss » par une de ses employées. 

05/05/2026, 10:27

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Doucement de Matthieu Frou : immersion en territoire fragile

On dit souvent que les voyages nous révèlent, qu’en dehors de notre quotidien et de nos habitudes, nous sommes obligés d’être nous-même. Mais être soi s’accompagne de notre passé, de notre enfance et de ses ombres qui s’allongent au zénith de notre vie d’adulte.

05/05/2026, 10:27

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Meilleures ventes : Fred Vargas reste en tête devant Valérie Perrin et Spy x Family

Avec 25.475 exemplaires vendus cette semaine, Une unique lueur de Fred Vargas conserve la première place du classement (semaine 17, du 20 au 26 avril). Le roman publié par Flammarion totalise désormais 101.508 ventes en trois semaines de présence. Derrière lui, Tata de Valérie Perrin remonte au 2e rang (15.087 exemplaires), tandis que le tome 16 de Spy x Family entre directement sur la troisième marche du podium avec 14.721 ventes.

 

05/05/2026, 10:15

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SUV, militants et doutes dans les rues de Lyon

En octobre 2022 à Lyon, des activistes d’Extinction Rebellion (XR pour les intimes) arpentent nuitamment des quartiers huppés pour y dégonfler des pneus de SUV, Sport Utility Vehicle. Dans les médias, dans les couloirs du conseil régional, sur les réseaux sociaux, l’on s’inquiète de savoir comment les désigner au mieux : écoterroristes ? Petits cons ? Ou bobos woke ?

05/05/2026, 09:00

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Yukito Ayatsuji : le polar culte enfin traduit

Tsunojima, au large des côtes japonaises. Un an après le quadruple meurtre qui a ensanglanté l’île, c’est l’endroit parfait pour la retraite annuelle des membres du Club des amateurs de roman policier. Ils vont pouvoir se concentrer sur la rédaction du prochain numéro de leur revue et, qui sait, résoudre le mystère de ce crime à huis clos, dont l’auteur reste encore inconnu. C’est néanmoins le programme qu’ils se sont fixés… Traduit du japonais par Patrick Honnoré.

05/05/2026, 08:00

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Addicted tome 8 : défendre les siens à tout prix

Retrouvez les sœurs Calloway avec le tome 8 de la saga new adult « Addicted » ! 

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Pigalle, 1945 : un meurtre et des silences trop bien gardés

Un polar instructif (et plus malin qu'il n'y parait) dans le Paris de l'immédiat après-guerre où, après l'épuration expéditive des collabos, l'ambiance se veut désormais à la réconciliation nationale.

04/05/2026, 16:50

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Anne Sexton : ses derniers poèmes surgissent d’un immeuble en feu

Publié à titre posthume, Lettre d’amour écrite dans un immeuble en feu (trad. Sabine Huynh) rassemble les derniers poèmes d’Anne Sexton et déploie toute la maturité de son art. Traversé par les thématiques de la maternité, de la maladie, du désir et de la foi, ce recueil entremêle images domestiques et métaphores violentes dans une confrontation directe avec la mort. La parole poétique devient alors un acte de résistance, voire de survie.

04/05/2026, 11:03

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Anne Jacobs explore l’Allemagne de 1968 dans Café Engel

Avec Café Engel – Une fête mémorable, Anne Jacobs signe un sixième tome publié chez HarperCollins, disponible le 6 mai en librairie, qui plonge le lecteur dans l’année 1968 à Wiesbaden et suit une famille confrontée à des bouleversements personnels et historiques, sur fond d’anniversaire symbolique pour leur établissement. Traduit de l’allemand par Corinna Gepner.

04/05/2026, 08:10

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Le roman feel-good qui sent la mer

La librairie des rêves les plus fous, premier roman de Gracie Page, traduit de l’anglais (Royaume-Uni) par Maud Desurvire et publié chez Robert Laffont le 4 juin, suit le parcours d’Anna, une jeune femme qui, après une série de déceptions, trouve un nouveau souffle dans une librairie en bord de mer où réalité et imagination finissent par se rejoindre.

04/05/2026, 07:39

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De la Russie à Byzance, une explorations des pouvoirs

Forêts russes, spectre d’une guerre mondiale, violence byzantine, intrigues politiques et économie du sexe : la Booksletter de la semaine rassemble cinq lectures qui auscultent les rapports de force, les récits nationaux et les zones d’ombre de l’histoire. 

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Eric Halphen : Un sort enviable, un roman noir sur la chute d’un homme

Un sort enviable, d’Eric Halphen, paraît aux Éditions Rivages dans la collection Rivages/Noir le 6 mai 2026 et explore, à travers la trajectoire d’un homme en apparence comblé, les mécanismes intimes qui font basculer une existence vers la rupture et la violence.

02/05/2026, 06:58

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Un faussaire, une filature, un rêve d’Amérique : plongée dans six destins croisés

Avec Une table pour deux, Amor Towles, publié aux éditions Flammarion et traduit de l’anglais (États-Unis) par Nathalie Cunnington, propose un recueil de six nouvelles où New York devient le décor de rencontres furtives et décisives, révélant à travers des dialogues ciselés les failles, les ambitions et les illusions de personnages saisis à l’heure d’un face-à-face.

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Comme au premier jour : le portrait d’une mère face au départ des enfants

Claire Lombardo publie Comme au premier jour, traduit de l’anglais (États-Unis) par Laetitia Devaux et paraissant aux Éditions Rivages le 3 juin 2026, un roman qui suit une femme confrontée au départ de ses enfants et à la remise en question de son existence, entre souvenirs, regrets et tentatives de redéfinition de soi.

01/05/2026, 06:21

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Une histoire littéraire de la Révolution française

La glorieuse Révolution française : ses dates cardinales, ses journées de feu, ses tribunes, ses vainqueurs provisoires, ses martyrs, ses statues, ses fantômes. 1789, la Bastille, la fuite à Varennes, la chute du roi, la Terreur, Thermidor, Bonaparte. Ses textes même : la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, La Marseillaise, les discours de Robespierre surtout, les quelques pages de Rousseau devenues prophétiques. Olivier Ritz, de son côté, ne demande pas seulement ce que la Révolution a fait à la politique, mais ce qu’elle a fait à la littérature - et, plus encore, ce que la littérature a fait à la Révolution.

30/04/2026, 18:22

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Injonctions à la beauté et dérives dans Le Complexe

Tout le monde a des complexes. Au moins un qui traîne, là, et qu’on aimerait ignorer. Un nez trop large, un ventre un peu rond, des grands pieds, une peau sèche, des boutons d’acné à foison… Et tout le monde rêverait de les faire disparaître en un claquement de doigts, non ? Alors, si on vous donnait l’occasion de vous rendre dans une clinique miraculeuse pour effacer les complexes qui vous dérangent, diriez-vous oui sans hésiter ? 

30/04/2026, 17:47

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Squeezie, le portrait du youtubeur français

Squeezie - À l'école d'Internet, signé par Françoise Ancey et publié chez Hugo Publishing, paraîtra le 6 mai 2026 : ce livre retrace le parcours de Lucas, adolescent passionné de jeux vidéo devenu l’une des figures majeures de la création de contenus en ligne.

30/04/2026, 08:44

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Pourquoi Dirty dancing est devenu un film culte ?

Avec On ne laisse pas Bébé dans un coin, traduit de l’anglais par Marie Hermann et publié aux éditions Hors d’atteinte le 7 mai 2026, Andrea Warner revient sur Dirty Dancing pour en proposer une lecture qui dépasse la simple histoire d’amour et met en lumière ses dimensions sociales et politiques, notamment autour de l’avortement et de la liberté de choix.

30/04/2026, 07:19

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Qui ont été les premiers millionnaires du Loto ?

Les Amants du Loto, roman de Catherine Siguret publié aux Presses de la Cité et attendu en librairie le 7 mai 2026, revient sur le destin des premiers gagnants du Loto en France, dont la vie bascule après un gain inattendu, en explorant ce que l’argent change — ou non — aux rêves, à l’amour et à l’identité.

30/04/2026, 06:14

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Une dérive lucide entre Bruxelles et Paris

Eric Neirynck a fait paraître ce nouveau livre à la rentrée 2025. On peut le lire comme un court récit ou une longue nouvelle : le lecteur y retrouvera les uppercuts légendaires des précédents ouvrages, arborant cette même langue âpre et crue.

29/04/2026, 12:53

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Adeline Dieudonné dissèque la violence domestique

Sous le scalpel de l'auteure belge, la dissection d'un féminicide très ordinaire où l'on comprend que les monstres ne sont pas toujours des psychopathes qui se cachent à la cave. Chronique d'un féminicide annoncé.

29/04/2026, 10:24

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J’en ai pas : Camille Hazoumé transforme le refus d’enfant en vertige

Comment une femme décide-t-elle de ne pas avoir d’enfant ? Alors qu'elle est travaillée par des rêves de bébé, une thérapie hésitante et les soins donnés à sa grand-mère en EHPAD. Camille Hazoumé déplace la question maternelle vers la vieillesse, le couple et la peur du regret, avec une voix drôle, crue, parfois féroce, qui refuse les réponses toutes faites. Ni manifeste ni confession, elle sonde un manque choisi et ses vertiges.

29/04/2026, 10:19

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Mémoire coloniale et polar sous tension : Requiem pour un cri, de Marie Capron

Marie Capron transforme un cri en machine à suspense et change l’enquête de Priya Dharmesh en plongée dans les usages politiques de la colère. Entre RageTime, mémoire des pensionnats autochtones, manipulation sonore et tensions familiales, le roman fait du cri une matière criminelle, intime et historique. Un polar sous pression, où l’humour de la série se heurte à la violence des voix confisquées, jusqu’à interroger ce qu’une époque accepte d’entendre.

29/04/2026, 10:15

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Le Muséum ouvre ses réserves : un voyage vertigineux vous attend

Avec Voyages extraordinaires au Muséum national d’histoire naturelle, Nicolas Gilsoul et Jacques Cuisin ouvrent les portes des réserves du Jardin des Plantes. Entre récit d’exploration, cabinet de curiosités et méditation sur l’extinction, le livre transforme les coulisses du Muséum en aventure sensible, drôle et inquiète, où chaque spécimen raconte aussi notre rapport au vivant, à la science et aux traces que nous choisissons de préserver.

29/04/2026, 10:11

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Plus jamais seule(s)

Elle le connaissait. Pire, elle l’aimait. Et elle pensait – naïvement, pourra-t-on dire – qu’il l’aimait en retour, pour de vrai, pleinement. Qu’il la respectait. Que 2 ans de relation, c’était un gage de confiance. Pourtant, il l’a violée. Pendant 5 mois. Oscillant entre douceur et violence, il a profité d’elle, de son corps comme « un putain de buffet », de son incapacité à dire non. Et aujourd’hui, des années après les faits ? Le temps est venu : « je nettoie mon linge sale en public ».

29/04/2026, 08:30

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Colin Barrett : Le mal du pays, plongée dans une Irlande rurale et violente

Le mal du pays, de Colin Barrett, publié aux éditions Rivages et disponible en librairie le 6 mai 2026, réunit une série de nouvelles situées dans l’ouest de l’Irlande, où des existences fragiles et heurtées se déploient entre violence ordinaire et élans d’humanité. Traduit de l’anglais (Irlande) par Zacharie Boissau et révisé par Charles Bonnot. 

29/04/2026, 07:30

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Une légende du tennis reprend la compétition pour contrer une nouvelle star montante

Taylor Jenkins Reid signe avec Le retour de Carrie Soto, parution le 5 mai 2026 aux éditions Charleston, un roman centré sur une ancienne championne de tennis prête à revenir sur le circuit pour défendre son héritage, face à une nouvelle génération qui menace ses records. Traduit de l'anglais par Typhaine Ducellier.

29/04/2026, 07:00

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Lena Situations : son parcours, des débuts au succès

Lena Situations. Grandir, créer, tenir bon, de Carole Coatsaliou, paraît aux éditions Hugo Publishing le 6 mai 2026 et retrace, en une phrase, le parcours d’une créatrice de contenus devenue figure majeure des réseaux sociaux, entre débuts intimes, expérimentations et construction progressive d’une audience fidèle.

29/04/2026, 06:21