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Les Ensablés - Notes de voyage de Laurent Jouannaud: Charles Baudelaire et Caroline Aupick, sa mère.

Mon cher Hervé, j’ai feuilleté la correspondance de Baudelaire, éditée par le savant baudelairien Claude Pichois, deux volumes de la Pléiade. Je ne sais plus à quelle occasion j’ai acheté ces beaux livres. J’ai ouvert le premier tome au hasard (Correspondance I 1832-1860). J’ai commencé à lire devant les étagères et je me suis laissé prendre par cette vie prise sur le vif, par Charles Baudelaire en chair et en os.

Le 04/06/2015 à 06:32 par Les ensablés

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04/06/2015 à 06:32

Les ensablés

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Par Laurent Jouannaud

Je ne m’imaginais pas l’auteur des Fleurs du mal à cheval, et pourtant, à 16 ans, il écrit à son demi-frère Alphonse : « J’ai fait une chute de cheval en me promenant avec papa du côté du chemin de fer, et j’ai une forte contusion au genou. Quelques minutes après ma chute, je suis remonté à cheval, et nous nous sommes encore promenés pendant trois heures, sans que j’éprouvasse aucune douleur. (…) Du reste, ce maudit accident n’a pas ralenti mon amour de monter à cheval ; je brûle de recommencer et je dis à ceux qui me recommandent de ne plus tomber, que je tâcherai de tomber au moins sur une autre partie du corps. » (2 novembre 1837) Ce demi-frère, c’est le fils que son père François Baudelaire a eu avec sa première femme. Quant au « papa » de la lettre, il s’agit de son beau-père, le second mari de sa mère Caroline, veuve de François Baudelaire. Ce beau-père, James Aupick, officier et fils d’officier, a servi sous Napoléon : il est colonel, et sans doute cavalier émérite. J’imagine le jeune Charles essayant de séduire ce militaire qui fera une brillante carrière, l’appelant souvent « mon ami » dans d’autres lettres, pour finir par refuser de le voir dès qu’il aura vingt ans. Il écrit à sa mère : « Il m’est impossible de me faire tel que ton mari voudrait que je fusse. » (1845) Les familles recomposées, ce n’est pas si facile !

A dix-huit ans, il envoie un mot à Victor Hugo qu’il ne connaît pas : « Il me semble (peut-être est-ce bien de l’orgueil) que je comprends tous vos ouvrages. Je vous aime comme j’aime vos livres ; je vous crois bon et généreux, parce que vous avez entrepris plusieurs réhabilitations, parce que loin de céder à l’opinion, vous l’avez souvent réformée, fièrement et dignement. » Charles, juge de Victor ! Et il conclut : « [J’espère] que vous daignerez m’honorer d’une réponse : je vous avoue que je l’attends avec une impatience extrême. » (25 février 1840) A vingt-quatre ans, il annonce sa mort à son notaire, Me Ancelle : « Quand Mlle Jeanne Lemer vous remettra cette lettre, je serai mort. —Elle l’ignore. Vous connaissez mon testament.(…)Je me tue — sans chagrin. — Je n’éprouve aucune de ces perturbations que les hommes appellent chagrin. Je me tue parce que je ne puis plus vivre, que la fatigue de m’endormir et la fatigue de me réveiller me sont insupportables. Je me tue parce que je suis inutile aux autres — et dangereux à moi-même. Je me tue parce que je me crois immortel, et que j’espère. » Et il demande au notaire de donner « immédiatement » 500 francs à Jeanne.

Mille quatre cent vingt lettres entre 1832 et 1866 ! Les plus touchantes sont celles adressées à sa mère, ce sont elles que je parcours. La première lettre à Mme Aupick qui soit conservée date du 6 février 1834. Charles, douze ans, est alors interne au collège, à Lyon, où Aupick a été muté : « Je ne t’écris pas pour te demander pardon, car je sais que tu ne me croirais plus ; je t’écris pour te dire que c’est la dernière fois que je me fais priver de sortie, que désormais je veux travailler et éviter toutes les punitions qui pourraient seulement retarder ma sortie. C’est bien la dernière fois, je te le jure, je t’en donne ma parole d’honneur. » Il signe : « Ton fils Charles, bien fâché de te causer tant de mécontentement. » Charles ne changera jamais : il sera encore privé de sortie, il aura encore de mauvaises notes, il promettra sincèrement de changer, il regrettera le chagrin qu’il cause à sa mère. Il sera toujours un mauvais fils qui aurait pourtant voulu lui faire plaisir. Plus tard, ce seront les incessantes demandes d’argent. Le 8 juillet 1837, il écrit déjà, en fin de lettre : « Si tu viens, n’oublie pas un peu d’argent ; j’en ai besoin. » Toute sa vie, il réclamera de l’argent à maman. Baudelaire, héritier de son père (100 000 francs-or), dépense plus que ses revenus et croque en deux ans la moitié de son héritage, en « folles prodigalités » dit la justice. C’est un artiste : il n’a pas la vertu paysanne ou bourgeoise de l’épargne. Baudelaire n’exercera jamais un métier ni une profession. Au moment où un conseil judiciaire l’empêche de disposer librement de ce qui lui reste, il écrit à sa mère : « Mais persuade-toi donc bien une chose, que tu sembles toujours ignorer ; c’est que vraiment pour mon malheur, je ne suis pas fait comme les autres hommes. » (Eté 1844)

Ce que le notaire Ancelle lui donne ne lui suffira jamais. Il emprunte, doit rembourser (la prison pour dettes existe) et réclame sans cesse de l’argent à Mme Aupick, et à d’autres. Elle paye toujours en recevant ses lettres déchirantes (« Je suis sorti sans argent de chez moi par la raison bien simple qu’il n’y en avait pas. », avril 1853 ), ingénieuses (« Ma chère mère, j’ai eu avant-hier quelqu’un à enterrer. J’ai donné tout ce que j’avais, mais les frais sont montés à 140 francs. », 18 novembre 1853), dramatiques (« Si cela ne t’est pas impossible, donne à cet homme n’importe quoi pour m’acheter un peu de bois et payer un petit traiteur à côté de chez moi. », 10 décembre 1853 ), impératives ( « Ma chère mère, sans discussion aucune, il me faut à tout prix — à tout prix — aujourd’hui même, la somme de deux cents francs. », 6 février 1854 ).

Baudelaire a trente-trois ans en 1854, et sa mère en a soixante et un. La vieille dame désire la paix, et surtout la paix dans son ménage : chaque argent qu’elle envoie est l’argent de son mari et elle voit son fils en cachette. Charles fait son désespoir, et il le sait bien. Les Fleurs du mal s’ouvrent sur « Bénédiction », dont les cinq premières strophes sont les plaintes d’une malheureuse qui a enfanté un poète : — Ah ! que n’ai-je mis bas tout un nœud de vipères, Plutôt que de nourrir cette dérision ! Maudite soit la nuit aux plaisirs éphémères Où mon ventre a conçu mon expiation !

Proust, Cohen, Gary, Pagnol, Duras ou Lydie Salvayre (Prix Goncourt 2014 pour Pas pleurer) ont rendu hommage à leur mère. Baudelaire l’a fait à sa manière, sans s’en douter, dans ces lettres que je parcours avec une curiosité de voyeur. Il a un besoin physique de la voir : « Je vous dis que j’ai besoin de vous, qu’il faut que je vous voie, que je vous parle. Mais venez donc, venez donc tout de suite — pas de pruderie. Je suis chez une femme, mais je suis malade, et je ne peux pas bouger.(…)Je vous en supplie, venez donc me trouver, mais de suite, de suite — pas de cris. » (début juillet 1845) Et le 6 juin 1856 : « Voici la quatrième fois que je vous supplie de me permettre de vous embrasser. Je ne comprends pas quelle raison vous fait obstiner à me refuser. Je vous demande cela sans vous donner d’explications ; — je vous le demande comme un homme fatigué, blessé demande un plaisir, un réconfort, un cordial. »

Charles ne donne pas à sa mère les preuves d’amour qu’elle attend. En juillet 1839, à 18 ans, il lui écrivait : « Mais sois tranquille, à mesure que je grandirai en raison, je grandirai en passion. Je saurai t’aimer davantage. Je m’accuse souvent intérieurement de ne pas te donner tout ce que je te dois. — A force de m’exercer, je parviendrai à être digne de ton affection. Je parviendrai à te contenter. » C’est le contraire qui est arrivé. Entre elle et son fils, le fossé restera infranchissable : « La morale de la Bourgeoisie me fait horreur. » (26 mars 1853) Plus tôt, il se décrivait déjà comme « séparé à tout jamais du monde honorable par mes goûts et par mes principes ». (8 décembre 1848) Que lui répond-elle ? On ne le sait pas puisque Charles n’a pas gardé les lettres de sa mère. Mais en 1855, il les avait encore : « J’ai retrouvé une foule de lettres de vous, de différentes époques, écrites dans différentes circonstances. J’ai essayé d’en relire plusieurs ; toutes étaient pénétrées d’un profond intérêt purement matériel, il est vrai, comme si les dettes étaient tout, comme si les jouissances et les contentements spirituels n’étaient rien.(…). Toutes ces lettres représentaient des années écoulées, et mal écoulées. Cette lecture m’est bientôt devenue insupportable. » (20 décembre 1855) On imagine le ton des lettres maternelles, quand Charles répond : « Je t’en supplie, ne m’écris pas une lettre pleine de dures choses. » (25 juin 1854) Ou : « Ma chère mère, je ne vous ai pas répondu au commencement du mois, parce que votre lettre était dure, vraiment trop dure. » (26 novembre 1856) Ou : « Chère mère, tu m’as écrit une lettre bien charmante (la seule de ce ton depuis bien des années) il y a déjà vingt jours, et je ne t’ai pas encore répondu. Tu as dû être bien douloureusement étonnée. Pour moi, quand j’ai lu cette lettre, j’ai compris que j’étais encore aimé, plus que je ne l’avais cru, et que bien des choses pouvaient être réparées, et que bien du bonheur était encore permis. » (19 février 1858) Ou encore : « Ne m’envoie pas un de ces torrents de reproches qui me font tant de mal, à moi que tu crois insensible. » (26 mars 1860) Et presque chaque lettre demande de l’argent. Madame Aupick a tout simplement peur que son fils ne la ruine, et on peut la comprendre.

Le beau-père Aupick meurt le 27 avril 1857. Dès lors, veuve de général, après avoir vendu ses biens parisiens, Madame Aupick vivra dans une confortable aisance, à Honfleur, dans la « Maison-joujou ». C’est le moment où Charles devient père en mettant au monde les Fleurs du mal, le 22 juin 1857. La lettre du 3 juin 1857 expose la nouvelle situation entre la mère et le fils : « J’ai été quelquefois bien dur et bien malhonnête envers vous, ma pauvre mère ; mais enfin, je pouvais considérer que quelqu’un s’était chargé de votre bonheur, —et la première idée qui me frappa lors de cette mort fut que, désormais, c’était moi qui en étais naturellement chargé.(…)Tout ce que je me suis permis, nonchalance, égoïsme, grossièretés violentes, comme il y en a toujours dans le dérèglement et l’isolement, tout cela m’est interdit. — Tout ce qui sera humainement possible, pour vous créer une félicité particulière et nouvelle pour la dernière partie de votre vie, sera fait. »

On admire l’aveu des erreurs passées et les bonnes intentions, mais rien ne changera. D’ailleurs, le scandale des Fleurs du mal, condamnées pour immoralité, n’a pas arrangé les choses. Dès le 9 juillet 1857, Charles se justifie et affirme, bravement et inutilement : « Le livre met les gens en fureur. — On me refuse tout, l’esprit d’invention et même la connaissance de la langue française. Je me moque de tous ces imbéciles, et je sais que ce volume, avec ses qualités et ses défauts, fera son chemin dans la mémoire du public lettré, à côté des meilleures poésies de V. Hugo, de Th. Gautier et même de Byron. »

Il écrit le 11 juillet 1857 à son éditeur : « Vite, cachez, mais cachez bien toute l’édition. » Son œuvre va être saisie ! Adieu gloire et fortune ! En décembre, il écrit à sa mère qui lui a reproché ce livre (« après m’avoir reproché ce maudit livre, qui n’est après tout qu’une œuvre d’art fort défendable », 30 décembre 1857) : « Mais ce que je sens, c’est un immense découragement, une sensation d’isolement insupportable, une peur perpétuelle d’un malheur vague, une défiance complète de mes forces, une absence totale de désirs, une impossibilité de trouver un amusement quelconque. » Et viendront encore des demandes d’argent, des plans compliqués pour en trouver, des plaintes, le projet de quitter Paris pour s’installer près d’elle à Honfleur, projet plusieurs fois reporté. Après quelques mois à Honfleur — dans une chambre d’où l’on voit la mer, il écrit Le Voyage, ultime chef d’œuvre des Fleurs du mal de 1861—, il retourne à Paris et dès sa première lettre, le 29 juin 1859, il est question d’un billet de 160 francs qu’on viendra réclamer. Peu après, il lui écrit : « En effet, je dépense beaucoup, et tout ce tripotage de banque, d’escompte, me fatigue beaucoup. » (15 octobre 1859) Et il lui envoie du thé, des revues, les épreuves de ses articles critiques, des livres. Et de nouveau des demandes d’argent, des réponses aigres.

Le 15 janvier 1860, il lui raconte un malaise, ce qu’on appelle aujourd’hui un AVC : « J’ai subi avant-hier une crise singulière J’étais hors de chez moi ; j’étais presque à jeun. Je crois que j’ai eu quelque chose comme une congestion cérébrale.(…)Au bout de quelques heures tout était fini. » La crise reviendra en 1862 (« le vent de l’aile de l’imbécillité »), puis en 1866, définitive. Quelle vie de chien ! Baudelaire est un martyr, c’est un mot qu’il emploie souvent (« le plus curieux martyr de tout Paris peut-être »), mais un martyr n’est pas forcément un innocent. Une volonté rageuse de réussir le soutient : « Pour me résumer brièvement, j’ai une soif diabolique de jouissance, de gloire et de puissance. » (4 novembre 1856). Ou encore, 19 février 1858 : « Je ne veux pas d’une réputation honnête et vulgaire ; je veux écraser les esprits, les étonner, comme Byron, Balzac ou Chateaubriand. Est-il encore temps, mon Dieu ? »

J’ai sorti le second volume de son rayon (Correspondance II 1860-1866) et je suis allé m’installer dans mon fauteuil, à la lumière du balcon. Ce volume s’ouvre tout seul. Les deux cordons marque-page verts, dont la couleur est passée et dont les bouts sont effrangés, sont situés à la page que je cherchais, la fameuse lettre du 6 mai 1861. Je la relis avec émotion. Charles vient d’avoir quarante ans, Caroline en a soixante-huit. De cette lettre de sept pages, mon cher Hervé, je ne vous dirai rien. Je me contente de transcrire ce qu’en dit Claude Pichois, l’éditeur de cette correspondance savamment annotée : « 6 mai 1861 : Le poète adresse à Mme Aupick la plus belle, la plus douloureuse et tout de même la plus tendre des lettres où une grande âme se soit décrite et confessée. » Si, tout de même, je vous livre la dernière ligne : «  Et je t’aime. » Cioran écrivait : « Baudelaire : le poète commence à dater, s’il ne date pas déjà ; le personnage, au contraire, grandit. Son chef d’œuvre, quelle ironie ! sont ses lettres. » (Cahiers 1957-1972, 27 avril 1971) Cioran exagérait, comme toujours : le chef d’œuvre de Baudelaire, ce sont les Fleurs du mal. Mais ces lettres montrent l’humus humain sur lequel elles ont poussé. Un jour, je lirai intégralement la correspondance de Baudelaire.

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Les Ensablés – "Ecrits sur l’art" de Joris Karl Huysmans (1848-1907)

Joris-Karl Huysmans tenait à distance le grand public : même dans la période où la charité chrétienne gagna un petit avantage sur son pessimisme natif, il douta toujours qu’il fût possible de ramener par l’éducation, ou par l’admiration, le public vers l’art[1].

Ce grand solitaire est maintenant entré dans cette constellation très peuplée, la Pléiade ; avec Soumission, M. Houellebecq a remis Durtal à la mode ; cet hiver encore, le musée d’Orsay a consacré à Huysmans critique d’art une curieuse exposition dont il y aurait beaucoup à dire ; les rééditions se multiplient, comme celle que les Cahiers de l’Herne consacrèrent en 1985 à l’auteur.

Les éditions Bartillat se joignent à cette vogue en apportant leur contribution : la riche édition des Ecrits sur l’art, établie par Patrick Lormant, deviendra inévitablement le bréviaire des amateurs de Huysmans. Tout le parcours critique de l’auteur est rassemblé là, des premiers et respectueux essais du début de la carrière littéraire jusqu’à la grande conversion à l’art chrétien des années 1890, en passant par le chamboule-tout des critiques des Salons annuels.

19/04/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Sur le chemin des glaces" (1988) de Werner Herzog

La marche comme expérience mystique... En novembre 1974, le réalisateur Werner Herzog apprend que sa grande amie Lotte Eisner, célèbre critique de cinéma allemande qui vit et travaille à Paris à la cinémathèque française, est très gravement malade. Elle risque de mourir.  « J’ai répondu : cela ne se peut pas ». Saisissant une veste, une boussole et un sac, Herzog part sur le champ pour la retrouver. Mais il fera le voyage à pied, convaincu que c’est par la marche, vécue comme un acte de foi, qu’il sauvera son ami. Tête baissée, il se lance dans un improbable périple au cœur de l’hiver, quittant Munich pour rejoindre Paris. Sur le chemin des glaces est le journal de bord de sa folle aventure.

05/04/2020, 09:00

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Les Ensablés - "le dernier dimanche de Sartre" de Jean-Pierre Enard

Dans son essai "Un bon écrivain est un écrivain mort", Jean-Pierre Enard insistait sur le fait qu'un roman, comme le cinéma, le théâtre, la peinture ou n'importe quel autre mode d'expression, s'apprend. Ce qui ne signifie pas qu'il s'enseigne (...) Le langage, c'est comme le bois ou la pierre: un matériau. Écrire, c'est le travailler. On admet qu'un sculpteur apprenne sa technique. Et qu'un acteur fasse de la gymnastique ou place sa voix avant de monter sur scène. C'est pareil pour l'écrivain. Il doit s'exercer.

La mort est  une condition nécessaire mais non suffisante pour faire un bon écrivain. Enard en est la preuve: il est mort, c'était un bon écrivain, mais il n'est toujours pas considéré comme méritant une redécouverte. Faute de chance, seulement. Parce que ses livres valent d'être lus. Ce ne sont pas des grands crus, plutôt de la catégorie agréable des rosés, des blancs frais, avec de la buée sur le verre, qu'on boit avec plaisir en été à la terrasse des cafés, avec l'impression fugace d'être heureux.

22/03/2020, 09:00

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Les Ensablés - "La Maternelle" de Léon Frapié (1863-1949)

Parue en 1904, "La Maternelle" obtint le prix Goncourt au deuxième tour de scrutin, face, notamment, à Charles-Louis Philippe (que nos lecteurs des Ensablés connaissent bien) et Emile Guillaumin (pourtant favori avec son roman "La vie d'un simple"). Son auteur, Léon Frapié, était employé à l'hôtel de ville de Paris et marié à une institutrice qu'il avait beaucoup interrogée pour écrire ce roman étonnant, à mi-chemin entre la fiction et le documentaire. Il n'a pas perdu de son actualité quant aux questions qu'il pose sur l'école. Il vient de reparaître grâce aux éditions L'Eveilleur.

08/03/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Anna" d'André Thérive

Chers lecteurs des Ensablés, La Thébaïde publie ces jours-ci un des romans que je place parmi les meilleurs. Jusqu'à ce jour, il n'avait pas été réédité. Nous en avions déjà parlé en 2014: il s'agit d'Anna. Précipitez-vous si vous aimez Maupassant, Flaubert et Huysmans (dont d'ailleurs Thérive était un spécialiste). Il vous faut d'autant plus vous procurer ce texte exceptionnel qu'il est préfacé par notre excellent ami, collaborateur des Ensablés, François Ouellet qui, depuis des années, pour notre plaisir, explore la littérature française des années 30.

23/02/2020, 09:00

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Les Ensablés - “Histoire artistique des ordres mendiants”, de Louis Gillet (1876-1943)

« …dans le silence de ce jour naissant, je veux regarder le monde avec des yeux remplis d’amour »
Saint François d’Assise

Ce livre est un cours d’histoire de l’art que l’auteur donna à l’Institut catholique de Paris. Il est composé de dix leçons, qui suivent le développement des formes artistiques qu’inspirèrent les ordres mendiants du XIIIème siècle au milieu du XVIIème siècle ; le titre répond de l’austérité du sujet, mais il paraît utile de redonner vie à cette étude, en particulier lorsque l’occasion se trouve de mesurer l’état d’ignorance qui règne sur cette matière.

09/02/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Le rire de Caïn" de José-André Lacour (1919-2005)

Comment est-il possible que ce livre ait échappé à ma vigilance ? A sa parution, en 1980, je n'avais pas encore 20 ans, mais je lisais déjà beaucoup. Sans doute a-t-il été signalé dans quelque journal et l'ai-je ignoré parce qu'à l'époque je ne lisais que des classiques, et qu'en plus ce Rire de Caïn était un roman d'un Belge obscur, un certain José-André Lacour. De la littérature belge, je ne connaissais que Simenon et Rodenbach, ce qui m'allait assez, et depuis je n'ai gère progressé, ajoutant simplement à ma liste Armel Job... Mais la Petite Vermillon (la Table ronde) m'a envoyé récemment ce "Rire de Caïn" réédité pour le centenaire de son auteur, et je l'ai lu... C'est admirable de bout en bout!

26/01/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Monsieur Ripois et la Némésis" de Louis Hémon

Don Juan: subst. masc. Séducteur, le plus souvent libertin et sans scrupule (définition du Trésor de la langue française). Même s'il n'est pas un libertin, Monsieur Ripois, le héros du roman de Louis Hémon (1880-1913), est assurément un don Juan. Il séduit les femmes qu'il rencontre et les exploite sans scrupule. Mais, contrairement à son auguste ancêtre, Monsieur Ripois n'a aucune classe; il ne s'attaque qu'aux petites ouvrières, puis aux femmes fragiles, celles qu'il est certain de pouvoir conquérir et exploiter.

12/01/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Visage perdu" de Roger Vercel, par Carl Aderhold

Visage perdu est l’un des derniers romans de Roger Vercel, paru en 1953, quatre ans avant sa mort. L’auteur de Remorques (qui a déjà fait l’objet d’une chronique sur les Ensablés) et de Capitaine Conan retrouve ici un thème qui lui est cher. Le courage qu’il faut pour affronter le quotidien.

29/12/2019, 09:00

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Les Ensablés - Chroniques du Lac : "La dernière harde" de Maurice Genevoix

En ce début novembre où la campagne automnale résonne des aboiements des chiens et des coups de fusil, la lecture de la Dernière Harde de Maurice Genevoix se savoure comme une gourmandise de saison. Nul besoin d’être passionné de chasse ou féru de vénerie pour partager la vie mouvementée et captivante de la harde des Orfosses.

15/12/2019, 09:00

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Les Ensablés – "Miroir du temps" d'André Suarès (1868-1948)

Paru aux éditions Bartillat, Miroir du temps est un recueil d’articles d’André Suarès - certains inédits - de préfaces, de fragments de correspondance, voire de documents plus intimes encore, comme le testament de l’écrivain : peu de livres permettront de saisir aussi complètement un auteur qui sort lentement d’un oubli et dont les plus connaisseurs parmi les lecteurs ne pouvaient citer que le Voyage du Condottiere.
Ce recueil de textes parvient à restituer, en marquant la chronologie, les thèmes qui habitent son oeuvre. Des thèmes dont l’actualité permet de rendre cet auteur à son temps tout en le ramenant au nôtre. André Suarès écrivit toute sa vie le manifeste d’un art nouveau, qu’il souhaitait tout à la fois classique et régénérateur ; à l’imitation aussi de ce Speculum majus, ce Miroir dans lequel Vincent de Beauvais mit toutes les certitudes du Moyen-Age et qui voulut, selon Louis Gillet, « lier en système tout l’héritage des connaissances venues de l’Antiquité, le legs intellectuel de la Grèce, avec les vérités de la Révélation ».             
Après avoir lu avec attention l’érudite préface de M.Barsacq, les amateurs feront de Miroir du temps l’avant-propos nécessaire aux œuvres de ce grand écrivain : toute la diversité, toutes les contradictions de l’écrivain, et l’essence de son style, sont là.

01/12/2019, 09:00

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Les Ensablés - "Le joug" de Marion Gilbert, roman de la maternité martyrisée

Originaire de Montivilliers, en Seine Maritime, la romancière Marion Gilbert (pseudonyme d’Odette Maurel) a fait paraître une bonne vingtaine de titres entre Du sang sur la falaise (1913) et Les Scandalisés (1950), des romans psychologiques qui ont souvent la Haute-Normandie pour décor. Journaliste, elle a mené des enquêtes pour Le Matin, Le Petit Journal, Illustrations et d’autres. Traductrice avec Madeleine Duvivier, pseudonyme que s’était choisie sa sœur, elle a donné à lire en français Charles Dickens, P. G. Wodehouse et Charlotte Brontë. Féministe, elle prononça une conférence, en 1925, qu’on peut consulter en ligne.

17/11/2019, 09:00

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Les Ensablés - "Journal de travail (1929-1943)" de Jean Prévost

L'éditeur Emmanuel Bluteau a des auteurs qu'il chérit particulièrement: l'un d'eux est Jean Prévost, écrivain et résistant, mort les armes à la main dans le Vercors en 1944 à l'âge de 43 ans. Après avoir publié "L'affaire Berthet" que nous avons chroniqué, La Thébaïde fait paraître aujourd'hui Le journal de travail (1929-1943) de ce même Jean Prévost avec une préface de Jérôme Garcin (à qui l'on doit un "Pour Jean Prévost", biographie parue en 1994).  "J'ai toujours pensé, écrit ce dernier (...) que Jean Prévost s'apprêtait à donner, après la guerre, son grand roman, son oeuvre majeure." Le destin ne l'a pas voulu. Et on lira donc ce journal de travail, cette "arrière-boutique" de l'écrivain, avec un sentiment mêlé d'admiration et de tristesse pour cette promesse qui s'annonçait déjà et ne fut pas tenue.

03/11/2019, 09:00

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Les Ensablés - "Jours de colère" (1989) de Sylvie Germain

Sylvie Germain est née en 1954 à Châteauroux. Formée à la philosophie, notamment auprès d’Emmanuel Levinas et de Daniel Charles, elle a été documentaliste puis professeur de français et de philosophie au lycée français de Prague, avant de se consacrer à sa seule activité littéraire. Elle obtient le prix Femina en 1989 pour son roman Jours de colère. Elle n'est pas un ensablée, mais on ne parle pas assez d'elle.

20/10/2019, 09:00

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Les Ensablés – "L’Altana ou la vie vénitienne" (1928) de Henri de Régnier (1864-1936)

Si l’on n’avait pas rêvé d’être heureux, la vie serait sans cruauté. (Marcel Proust)
Avec trois chroniques sous la plume de Hervé Bel, l’une sur Histoires incertaines, l’autre sur son entourage, le Club des longues moustaches, la dernière enfin, sur son fils, Pierre de Régnier qui écrivit Chroniques d’un patachon, Henri de Régnier est l’auteur dont l’univers est le plus relancé parmi les Ensablés, et il en est devenu au fil du temps à la fois le champion et l’emblème. Il y a donc quelque chose d’intimidant à rajouter quelques pages et un quatrième opus à cette œuvre de réhabilitation ; on redoute de déplaire ; on soupçonne que clandestinement, quelque part entre Paris et Venise, se réunit encore ce Club des Longues moustaches, que M.Bulteau (1) a admirablement décrit, redoutable cénacle agissant qui peut faire réussir ou échouer une carrière littéraire !

06/10/2019, 09:00

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Les Ensablés - "Sao Kéo ou le bonheur immobile" de Pierre Billotey

Écrivain des années 1920, Pierre Billotey meurt à l’âge de 46 ans, en 1932, d’une crise d’urémie. Il enseignait au lycée Arago (place de la Nation, à Paris) et était secrétaire général de l’Association des écrivains combattants (grièvement blessé lors de la Première Guerre, Billotey avait reçu la Médaille militaire).
Sao Kéo ou le bonheur immobile fut publié chez Albin Michel en 1930, deux ans avant la mort de son auteur. Un an plus tôt, Billotey avait parcouru l’Indochine (voir son récit de voyage L’Indochine en zigzags), où le héros de Sao Kéo découvrit le Bonheur. Roman séduisant, bien de son temps, Sao Kéo a été réédité aux éditions Kailash il y a exactement vingt ans, attirant momentanément l’attention sur un auteur qui est depuis, et assez injustement, retourné dans l’oubli.

22/09/2019, 09:00

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Une imprimante rêve-t-elle d'exorcisme et de mariage longue distance ?

ROMAN FRANCOPHONE – « Prends, lis. » Traditionnellement impénétrables, les voies du Seigneur n’en prêtent pas moins le flanc à quelques farces bien senties. Parce que les soties médiévales occupent plus que leur place dans le Plan Divin, Daniel Fattore en a délivré une du Mal, imprimée non sans peine en noir et blanc. Il s’agit d’un évêché (nous n’écrirons pas éméché) en proie à une récalcitrante machine à reproduction informatique de documents. Une imprimante.

18/01/2021, 09:20

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Ta main sur ma bouche : #MeToo, et l'accusation fait mouche

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Suite au rachat des Éditions Viviane Hamy par Flammarion, Dominique Sylvain, auteur de polars à succès, rejoint Robert Laffont. Elle publiera Mousson froide, le 11 mars. Selon son éditeur, il s’agit là d’un « roman choral, remarquablement écrit, une histoire captivante où les destins se croisent et se heurtent ».

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Les éditions naBan annoncent la parution, pour la fin du premier semestre 2021, de la traduction de Terra e, de la mangaka Keiko Takemiya, sous le titre Destination Terra. Ce shōnen publié entre 1977 et 1980 au Japon est resté inédit en France, malgré un accueil public et critique très enthousiaste.

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La Robe, de Catherine Le Goff : “Elle avança timidement face au miroir en pied”

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Des Assassins : le chef-d'oeuvre du Taïwanais Chen Uen publié en France

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Albert Memmi, Journaux de Guerre : Résister dans les ténèbres de l'Histoire 

RECITS - Albert Memmi nous a quittés aux abords de sa centième année, le 22 mai dernier. J’ai eu quant à moi la chance de rencontrer à plusieurs reprises au cours de l’année 2007, cet intellectuel quelque peu atypique, voire volontairement hors du temps - répondant au souhait de mon ami Émile Malet, directeur du Magazine Passages, afin de réaliser un entretien pour sa revue et avec lequel j’entretins par la suite une correspondance féconde. Personnage hospitalier, mais peu bavard, si ce n’est méfiant, au regard particulièrement sombre et aux propos toujours très mesurés, Albert Memmi ne laissait pas ses hôtes indifférents, tant la force et la précision de sa pensée, portait en elle un constant devenir, mais profondément marqué par les vicissitudes d’une époque non révolue, et demeurant au cœur d’une contemporanéité soumise à l’interrogation et au désir probant de vérité. 

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05/01/2021, 13:16

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L'Empire du non-sens. L'art et la société technicienne, de Jacques Ellul

AVANT-PARUTION Dans notre monde envahi par les technologies et leur recherche frénétique de l’efficacité, l’art pourrait apparaître comme une oasis vouée à la contemplation et à la méditation. Il n’en est pourtant rien. L’art de notre temps emprunte à l’industrie ses objets et ses matériaux, peuple ses expositions d’écrans, et rêve de cyborgs et de réseaux. Ici, le grand penseur Jacques Ellul montre comment les artistes contemporains ont succombé au règne de la technique. 

 

05/01/2021, 13:02

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Apprendre à parler avec les plantes : aux racines de soi 

ROMAN ETRANGER - Il fait partie des 36 titres de la dernière rentrée littéraire sélectionnés par les libraires pour le Prix Libraires en Seine 2021 dont ActuaLitté est partenaire. On y rit, on pleure, on chemine dans cette vie pleine de détours, d'impasses mais aussi de chemins de traverse.

05/01/2021, 12:04

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Nord Est d'Antoine Choplin : de l'évasion au périple, la confrérie des infortunés 

ROMAN FRANCOPHONE  - Lire pour la première fois un roman d’Antoine Choplin, c’est comme tomber en amour. Tomber en amour d’un auteur, tellement tout ce qu’il écrit, la façon de l’écrire, tout ce qu’il évoque résonne en soi.

04/01/2021, 15:57

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L’attaque des titans 32 : dernière ligne droite pour l’humanité

MANGA - Le nouveau tome de L’Attaque des Titans est là, et on sent que la fin arrive. Alors que les héros se retrouvent de plus en plus acculés, les titans des murs se mettent en mouvement pour la première fois. Le grand terrassement commence. Est-il encore possible d’arrêter Eren ? Est-ce que tout le monde va mourir ? La pression est plus intense que jamais. Et il ne reste sans doute plus que deux tomes… (Attention aux spoils si vous ne connaissez pas la série.)

04/01/2021, 15:25

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Niko Tackian : Solitudes, ou petits meurtres dans le Vercors

POLAR – Un homme se fait tirer dans la tête, dans une casse de voitures. En une seconde, nous plongeons dans l’univers de Niko Tackian. Parce qu’au moment de l’autopsie, les légistes s’aperçoivent que le mort… respire encore. Étrange habitude, pour un cadavre.

 

04/01/2021, 14:29

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Mémoire de soie : remonter le fil des loyautés enfouies 

ROMAN FRANCOPHONE - Mémoire de soie, que signe Adrien Borne, fait partie des 36 titres de la dernière rentrée littéraire sélectionnés par les libraires pour le Prix Libraires en Seine 2021 dont ActuaLitté est partenaire.  Un premier roman très fort dont l’écriture sobre et délicate nous plonge dans les secrets et les non-dits d’une famille qui ressemble un peu à la nôtre. 

04/01/2021, 13:51

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Traduire #12 : Un album dans Google Photos pour les traducteurs et traductrices du passé

Les œuvres traduites sont omniprésentes dans nos vies. Mais qu'en est-il de leurs traducteurs? Depuis deux millénaires, ils travaillent patiemment aux côtés des auteurs (et sont souvent auteurs eux-mêmes), ils influent sur les langues et les cultures et ils jouent un rôle majeur dans la société. 

04/01/2021, 10:32