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Les Ensablés - Catherine Colomb (1892-1965): à la droite de Proust, par François Ouellet

Chers lecteurs, voici ouverte la nouvelle saison littéraire 2015-2016 des ensablés: nous restons, comme toujours, inactuels, volontairement inactuels, à la recherche d'auteurs de qualité enfouis dans le passé. J'ai le plaisir de vous offrir aujourd'hui, pour cette rentrée, un article de François Ouellet, professeur titulaire de littérature française à l'université du Québec, et qui nous fait aujourd'hui le plaisir et l'honneur de nous parler d'un auteur ensablé suisse, Catherine Colomb. J'ai déjà cité plusieurs fois François Ouellet pour ses ouvrages critiques concernant la littérature française des années 30. Vous trouverez à la fin de son article la liste de ses ouvrages. Nous le remercions vivement d'avoir accepter de nous écrire un texte: c'est un peu la reconnaissance du sérieux avec lequel nous travaillons depuis des années sur les ensablés.

Le 23/08/2015 à 13:17 par Les ensablés

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Publié le :

23/08/2015 à 13:17

Les ensablés

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Hervé Bel

Catherine Colomb, à droite de Proust, par François Ouellet.

Catherine Colomb (1892-1965), vous connaissez ? Romancière de génie, sa gloire littéraire devrait être celle de Virginia Woolf ou de Nathalie Sarraute. Mais voilà, elle était avant tout une mère de famille vaudoise, elle écrivait en cachette, elle publiait chez de petits éditeurs (à part un ultime roman chez Gallimard). Et puis ses romans se comptent sur les doigts d’une main. J’aime dire que le plus grand écrivain suisse romand, ce n’est pas Ramuz, mais Catherine Colomb. Elle devrait de facto être dans la Pléiade. Au Paradis des lettres, qui s’appelle sans doute Combray-les-Cieux, elle devrait siéger à la droite de Proust.

Catherine Colomb, c’est d’abord trois romans : Châteaux en enfance (1945), Les Esprits de la terre (1953) et Le Temps des anges (1962). Ils ont été réunis en un volume aux éditions Rencontre en 1968. C’est aussi un quatrième roman, mais chronologiquement le premier de tous : Pile ou face (1934), publié sous le pseudonyme de Catherine Tissot et renié par l’auteur parce que jugé trop conventionnel. Pile ou face a néanmoins été intégré dans la réédition de l’œuvre complète en trois volumes chez L’Âge d’homme en 1993. C’est enfin un roman inédit, dont le titre serait apparemment Comme des noix sur un bâton, découvert récemment dans les archives familiales de l’auteur. Le Centre de recherche sur les lettres romandes de l’Université de Lausanne prépare actuellement une nouvelle édition des œuvres complètes de C. Colomb qui inclura ce nouveau roman et d’autres inédits. Cette édition est prévue pour 2017 aux éditions genevoises Zoé : à marquer d’ores et déjà d’une pierre blanche à votre agenda.

Le premier sujet des romans de Catherine Colomb, c’est l’écriture. Cette affirmation, qui est une lapalissade, n’a toutefois jamais pris autant son sens qu’ici. C’est un hommage grandiose à la littérature, à la royauté de la phrase, du rythme, de l’image, de l’émotion. Mais c’est une œuvre d’accès difficile. Je n’en connais pas d’aussi exigeante. Mais l’effort de lecture est mille fois récompensé par une beauté sans pareille, si ce n’est chez Proust ou Claude Simon. D’ailleurs on pense inévitablement à ces romanciers en lisant Châteaux en enfance ou Les Esprits de la terre, parce que le temps affectif et mémoriel y tient le premier rôle. Résolument en rupture avec les formes conventionnelles, l’écriture de C. Colomb se déploie à l’aide de métaphores et d’associations libres. À l’intérieur d’un même paragraphe, les bouleversements temporels sont fréquents, et il n’est pas toujours facile de savoir de quel personnage il est question ni lequel parle. Aussi faut-il être très attentif aux détails de la description, à la récurrence des images selon les contextes, etc. Mais ce désordre de la narration, des points de vue et des discours rapportés n’est qu’apparent ; seulement, la logique qui l’organise est capricieuse exactement comme l’est la mémoire, qui ne suit pas l’orientation claire de la raison, mais qui est en revanche riche d’une densité poétique extraordinaire. Le lecteur qui accepte de glisser dans cet univers majestueux et incantatoire doit faire confiance à la romancière, se laisser aller tout en gardant l’œil bien ouvert pour ne pas se perdre. Car peu à peu les choses se mettent en place. Les situations et les liens de filiation entre les personnages s’éclairent, l’enjeu qui les mobilise est plus facilement repérable. Voilà que les détails qui nous égaraient nous servent maintenant de balises… Tous les romans de l’auteur se situent dans des familles vigneronnes qui habitent au bord du lac Léman. Dans Les Esprits de la terre et Le Temps des anges, ces familles sont viciées par de sourdes rivalités au sujet de l’héritage familial. Au lecteur je conseillerais de commencer par le premier de ces romans.

L’histoire, au demeurant fort simple, y est plus facile à saisir, et l’écriture plus aisée à circonscrire. Eugène et Madame (appelée aussi Sémiramis) habitent une propriété nommée Fraidaigue, Adolphe et Mélanie la maison d’En Haut. Quant à l’aîné des deux frères, César, figure centrale du récit, il loge six mois chez l’un, six mois chez l’autre. Il bat le petit domestique de la maison d’En Haut, s’attarde à l’écurie et, rêveur, passe ses journées couché sur la grève. Sous le ciel concave, convexe pour les morts, la terre tournait, le lac la suivait docilement et léchait les doigts de César étendu entre la terre et l’eau. César est en fait un personnage profondément mélancolique, dont le regard est tourné vers le passé de l’enfance (elle se confond avec l’horizon du lac) et qu’habite le souvenir de la mère défunte. Cette mémoire éthérée entrave sa volonté d’agir. Comme l’écrit C. Colomb, dans ce style métaphorique qui lui est propre, César aurait eu le temps d’arriver, mais il mit trop de temps à se dégager du lac, ses pas sur le sable se remplissait d’eau, il n’aurait pu entrer au salon avec des souliers trempés pour dire qu’il allait épouser Gwen. César est la « croix » de Madame. Celle-ci craint que César se marie et, réclamant sa part d’héritage, ne prenne possession de Fraidaigue. L’essentiel du roman repose sur l’opposition entre ces personnages, mais où la sensibilité vulnérable de César ne fait pas le poids face à l’omnipotence de Madame, avec ses dents de scaphandrier et ses grandes mains blanches d’emmurée pendant stupidement le long de ses flancs, dont les éternuements et le rire provoquent des catastrophes. Elle riait deux ou trois fois l’an, à l’équinoxe, au solstice, les vitres tremblaient alors dans le village, celles de la messagère tombaient sur la route au pied des maisons inclinées en arrière à cause des vagues anciennes, et Gwen se levait pied nus, une boucle dorée sur l’épaule, et cherchait à tâtons les fleurs du lac que César posait sur sa fenêtre. César, floué et reflué vers le pays brumeux des enfants, s’abandonnera à la fin aux eaux du lac.

Si Le Temps des anges n’a pas la grâce mélancolique des Esprits de la terre, il en reconduit néanmoins les enjeux. Ici, Gontran rappelle Madame dans le rapport qu’il entretient avec son neveu Honoré, lequel finira par recevoir l’héritage de la tante Ursule. Si l’errance d’Honoré, qui vogue sur les mers dans son bateau à plancher de verre, et le jeune orphelin Joseph évoquent la mélancolie maladive de César, Le Temps des anges s’impose aussi par sa moralité : Gontran perdra tout et, à la fin, devenu aveugle, se retrouvera seul avec la domestique, Rose. Le titre du roman est signe de mort ; l’espace, lieu des vivants, le temps, royaume des morts, disait C. Colomb. Un cortège d’enfants mutilés hantent parfois la ville et les mères forment une collectivité muette et endeuillée, reconnaissable à la pèlerine de laine noire qu’elles ramènent sur leurs épaules. Elle aussi elle était pauvre, montée sur le vaisseau des Mères, elles serraient sur leurs épaules leurs pèlerines de laine noire, Joseph courait sur la rive, tendant les bras, la ferme brûlait derrière lui. Car la mère a toujours le dernier mot chez C. Colomb. La romancière a vécu douloureusement une enfance orpheline. Cela peut suffire à mettre en place tout un imaginaire.

J’évoque en dernier Châteaux en enfance (roman dont le titre préalablement retenu par l’auteur était Les Chemins de mémoire), car il est probablement plus difficilement abordable que les autres. Dans sa préface à l’édition des œuvres de C. Colomb en 1968, le poète Gustave Roud rappelle le profond étonnement mêlé d’enthousiasme du jury littéraire des éditions La Guilde du livre (outre G. Roud lui-même, le jury était formé de C. F. Ramuz, Edmond Jaloux, Paul Budry, H.-L. Mermod et Albert Mermoud, qui avait créé la maison d’édition en 1936) en découvrant le manuscrit de Châteaux en enfance : œuvre déconcertante, dont le caractère le plus frappant était une extraordinaire confusion temporelle apparente et un déferlement d’images, mais d’images nullement enchaînées, semblait-il, d’où l’impression de papillotage et de vertige causée par une telle incohérence. C’est que la clé pour ouvrir cet univers, on ne la trouvait que progressivement au fil de la lecture : tout s’ordonnait selon d’autres lois que celles auxquelles obéit le roman habituel, selon les lois déconcertantes de la mémoire. Ici l’émotion remplaçait la raison. Dans un court texte où elle présente son œuvre, un an avant sa mort, C. Colomb expliquait : Catherine Colomb ? Elle est vraiment impossible à comprendre. Il y a un tel fouilli de personnages… À la quinzième page, on ferme le livre, on renonce. […]Mais pourquoi comprendre ? Est-ce qu’il ne suffit pas d’aimer ceux qui vivent à vos côtés ? La vie… est-ce qu’elle agit conformément à un plan ? Est-ce que la mémoire n’intervient pas sans cesse, créant une vie parallèle, qui amène des centaines de souvenirs, de visions fugitives, des rêves, et soudain, on ne sait pourquoi, tout s’efface et seul subsiste pour un instant ce souvenir de pervenches autour d’une tombe, ou, dans un salon, le bruit mat des pétales de roses blanches qui s’effeuillent lentement sur le tapis de velours beige brodé de fils dorés ? Chaque fois qu’une écriture nouvelle se propose, il faut apprendre, ou réapprendre, à lire… Ce mot de G. Roud n’a jamais été aussi justifié que dans Châteaux en enfance, car la mémoire, qui est une thématique, comme chez Proust, est aussi puissamment une esthétique. Les temps se mêlent, de nombreux personnages circulent et reviennent, emportés par un mouvement à travers lequel le lecteur attentif finit par repérer quelques temps forts : le baptême de la fille de Galeswinthe et le mariage de cette jeune fille, dont la fille Élisabeth sera recueillie par sa grand-mère à la suite de la mort de ses parents. Galeswinthe sera ensuite spoliée par son frère Paul. Raconter l’histoire outre mesure, ce serait vain, l’essentiel étant que chaque lecteur fasse l’expérience de cette lecture, trouve par lui-même les signes et repères d’un univers qui au demeurant, dès les premières pages, est d’une beauté immédiate et saisissante. Hélène Gaudreau, auteur d’une thèse de doctorat sur les romans de C. Colomb (à l’U. Laval), a bien montré comment les caractéristiques des personnages et les motifs qui les accompagnent sont autant de points de repère pour situer la temporalité des situations. J’ai dit que C. Colomb écrivait ses romans en cachette. J’essaie de l’imaginer dans sa grande maison de Prilly, près de Lausanne, sortant son cahier une fois son mari parti pour le travail et ses enfants pour l’école. La veille, elle avait sans doute encore été une hôtesse parfaite, recevant cousins et tantes, ou elle avait passé quelque temps au Cercle des Dames de Morges, retroussant de son œil de lynx les parures sous lesquels chacun ne parvient pas toujours à dissimuler les travers de toute une vie. À ce rythme, la romancière sacrifiant à la maîtresse de maison, chaque roman lui demandait de nombreuses années. Du reste, on n’écrit pas de tels romans en quelques mois sur le coin d’une table. Ils sont d’une telle richesse rayonnante, fourmillant d’images extraordinaires, palpitant d’émotion, qu’il suffit d’un seul de ces titres pour atteindre à la gloire littéraire. Et C. Colomb en a fait trois, peut-être un peu plus (on le saura dans deux ans), et au moins deux qui sont des chefs-d’œuvre, Châteaux en enfance et Les Esprits de la terre. La méconnaissance de son œuvre, pourtant d’une modernité novatrice supérieure, est sans doute l’une des injustices les plus flagrantes et révoltantes de l’histoire littéraire.

Liste des ouvrages de François Ouellet Monographies : D'un dieu l'autre. L'altérité subjective d'Emmanuel Bove, Québec, Nota bene, collection « Littérature(s) », 1998, 267 p. 100 romans français qu'il faut lire, écrit en collaboration avec Hélène Gaudreau, Québec, Nota bene, coll. « NB poche », 2002, 315 p. Emmanuel Bove. Contexte, références et écriture, avec une préface de Bruno Curatolo, Québec, Nota bene, 2005, 218 p. La Littérature précaire. De Pierre Bost à Pierre Herbart, Éditions universitaires de Dijon, à paraître. Direction ou co-direction d'ouvrages : En marge.Relire vingt-cinq romanciers méconnus du XXe siècle (dir.), Québec, Nota bene, coll. « NB poche », 2010, 279 p. Romans exhumés 1910-1960. Contribution à l'histoire littéraire du XXe siècle (dir. avec Bruno Curatolo et Paul Renard), Dijon, Éditions universitaires de Dijon, 2014, 194 p. Journalisme et littérature dans la gauche des années 1930 (dir. avec Anne Mathieu), Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2014, 248 p. Contre l'oubli. Vingt romanciers français à redécouvrir (dir.), Montréal, Nota bene, coll. « NB poche », à paraître. Jean Prévost le multiple (dir. avec Emmanuel Bluteau), Presses Universitaires de Rennes, à paraître. Direction de dossiers dans des revues « Populisme pas mort. Autour du Manifeste du roman populiste (1930) de Léon Lemonnier » (dir. avec Véronique Trottier), Études littéraires, vol. 44, no 2, été 2013, p. 7-158. « Dostoïevski et le roman russe dans l'entre-deux-guerres. Bataille, Beucler, Bove, Miomandre, Morand, Némirovsky, Ramuz », (dir.), Tangence, no 86, hiver 2008, p. 5-145. « D'un écrivain l'autre. Quelques méconnus du XXe siècle et leurs références », (dir.), Études littéraires, vol. 36, no 3, printemps 2005, p. 7-136.

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Les Ensablés - "Mal'Concilio" de Jean-Claude Rogliano, par Denis Gombert

C’est un village corse niché au cœur de la montagne. Un village austère avec son église et ses maisons uniformes toutes en pierres de granit. Il peut y souffler par bourrasque un vent mauvais. Ici les femmes respectent le deuil et sont habillées de noir. On croit autant à la puissance de Dieu qu’aux esprits. Ainsi de Mal’ concilio, l’arbre de la nuit qui se dresse à la sortie du village, près des maisons abandonnées. Cet arbre géant domine le village « cramponné à un versant où rien ne pousse ». Majestueux et effrayant, châtaigner sans âge, il est le seul grand arbre de la province de la Tèvola, région sèche et aride. On dit que le Mal’ concilia est hanté.

09/08/2020, 09:00

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Les Ensablés - “L'homme de choc” de Joseph Peyre (1892-1968)

Joseph Peyré était béarnais. Après des études littéraires où il eut Alain comme professeur de classes préparatoires, il s’essaya au barreau puis à l’administration territoriale. Mais c’est dans le journalisme puis dans l’écriture de romans qu’il trouva sa voie. Ses œuvres sont celles de l’action et de l’énergie allant de l’aventure saharienne à la tauromachie (Sang et Lumières lui valut en 1935 le prix Goncourt et fit l’objet d’une adaptation au cinéma en 1954 avec Daniel Gélin et Zsa Zsa Gabor, dialogues de Michel Audiard) et à la haute montagne (Matterhorn- le nom alémanique du Cervin en 1939).

26/07/2020, 09:00

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Les Ensablés - "L'ordre" de Marcel Arland (1899-1986), par François Ouellet

Après plusieurs mois d'absence, nous retrouvons avec une grande joie notre excellent ami et chroniqueur François Ouellet. Qu'il soit remercié pour sa fidélité à notre équipe.

Il y a des écrivains plus profondément ensablés que Marcel Arland. Pourtant, aujourd’hui, Arland n’est pas tellement plus que l’évocation d’un nom. Il survit tant bien que mal par le souvenir de sa collaboration à La Nouvelle Revue française, dont il a pris la direction avec Jean Paulhan au lendemain de la Seconde Guerre. Chez les libraires, on trouvera, avec un peu de chance, un ou deux titres, comme son premier livre, Terres étrangères, un récit de 1923 réédité dans la collection L’Imaginaire en 1996, ce qui commence à dater ; on trouvera plus facilement sa correspondance avec Paulhan, éditée par Jean-Jacques Didier chez Gallimard en 2000.

12/07/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Raphael" (1886) de Eugène Müntz – 2e partie

Cet article fait suite à celui du 14 juin sur Eugène Müntz. Après avoir replacé, selon sa méthode, l’activité artistique comme un facteur central de compréhension de la civilisation de la renaissance, tout en se livrant à un examen documentaire des premières années de Raphaël, Eugène Müntz nous accompagne dans le développement du jeune peintre, fraîchement sorti de son apprentissage dans l’atelier du Pérugin pour partir à la conquête de Florence.

28/06/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Raphael" (1886) de Eugène Müntz (1845-1902) 1ère Partie

Sous son imposante reliure de basane noire, c’est un intimidant in-quarto de plus de sept cent pages ; sur le plat figure un lourd médaillon de cuivre doré légendé Raphael Sanctius, représentant en buste le profil d’un homme jeune, aux cheveux longs, coiffé d’une barrette aux revers élégants.

A l’abri de cette présentation austère, dorment en sûreté, sous les serpentes qui craquent encore sous le doigt, de riches illustrations. Le trésor des notes critiques, le précieux catalogue des œuvres et la substance d’un texte éloquent font à ce livre un fermoir invisible dont seules la curiosité du savant et l’intrépidité de l’érudit possèdent la clef. C’est un livre réservé aux études profondes et au calme des bibliothèques, parlant à voix basse dans le silence des lampes. Le temps venu, on en soulève la lourde couverture comme on pousse la porte d’un ami qu’on ne se savait pas avoir.

14/06/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Un amour platonique" de Paul Alexis (1847-1901)

Découvrir la littérature, c'est dérouler une pelote. En allant d'un auteur lié à un autre, voilà, comment le paysage littéraire se dessine peu à peu... Les Ensablés ont abordé récemment Léon Hennique (à lire ) et son roman étrange Un caractère. Voici maintenant Paul Alexis (1847-1901). Comme Hennique, il fut un fidèle d'Emile Zola et fournit l'une des six nouvelles du recueil des Soirées de Médan (1880).

31/05/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Le soleil des indépendances" de Ahmadou Kourouma

Chers lecteurs, nous sommes heureux d'accueillir à nouveau Henri-Jean Coudy qui, après de longs mois de silence, nous revient avec un nouvel ensablé, Ahmadou Kourouma.

Ahmadou Kourouma, né en 1927, en Afrique Occidentale Française, était Ivoirien même s’il suivit des études secondaires à Bamako, alors grande ville du Soudan français devenue après 1960  la capitale de l’état du Mali. Il aura donc connu les dernières années de la colonisation française puis le début des nouveaux états indépendants.

17/05/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Un caractère" de Léon Hennique (1851-1935)

Je suis tombé par hasard sur un roman de Léon Hennique, paru en 1889, intitulé "Un caractère". Il s'agit d'un livre qui a certes vieilli, mais mérite, comme le soulignait Octave Mirbeau, d'être lu. Surtout, il permet de découvrir son auteur qui joua un grand rôle dans l'histoire littéraire française, tout comme son camarade Lucien Descaves, d'ailleurs, que nos lecteurs connaissent mieux désormais (voir ici). Avec Hennique, on retrouve Goncourt, le naturalisme et... l'occultisme de la fin du dix-neuvième siècle.

01/05/2020, 09:00

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Les Ensablés – "Ecrits sur l’art" de Joris Karl Huysmans (1848-1907)

Joris-Karl Huysmans tenait à distance le grand public : même dans la période où la charité chrétienne gagna un petit avantage sur son pessimisme natif, il douta toujours qu’il fût possible de ramener par l’éducation, ou par l’admiration, le public vers l’art[1].

Ce grand solitaire est maintenant entré dans cette constellation très peuplée, la Pléiade ; avec Soumission, M. Houellebecq a remis Durtal à la mode ; cet hiver encore, le musée d’Orsay a consacré à Huysmans critique d’art une curieuse exposition dont il y aurait beaucoup à dire ; les rééditions se multiplient, comme celle que les Cahiers de l’Herne consacrèrent en 1985 à l’auteur.

Les éditions Bartillat se joignent à cette vogue en apportant leur contribution : la riche édition des Ecrits sur l’art, établie par Patrick Lormant, deviendra inévitablement le bréviaire des amateurs de Huysmans. Tout le parcours critique de l’auteur est rassemblé là, des premiers et respectueux essais du début de la carrière littéraire jusqu’à la grande conversion à l’art chrétien des années 1890, en passant par le chamboule-tout des critiques des Salons annuels.

19/04/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Sur le chemin des glaces" (1988) de Werner Herzog

La marche comme expérience mystique... En novembre 1974, le réalisateur Werner Herzog apprend que sa grande amie Lotte Eisner, célèbre critique de cinéma allemande qui vit et travaille à Paris à la cinémathèque française, est très gravement malade. Elle risque de mourir.  « J’ai répondu : cela ne se peut pas ». Saisissant une veste, une boussole et un sac, Herzog part sur le champ pour la retrouver. Mais il fera le voyage à pied, convaincu que c’est par la marche, vécue comme un acte de foi, qu’il sauvera son ami. Tête baissée, il se lance dans un improbable périple au cœur de l’hiver, quittant Munich pour rejoindre Paris. Sur le chemin des glaces est le journal de bord de sa folle aventure.

05/04/2020, 09:00

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Les Ensablés - "le dernier dimanche de Sartre" de Jean-Pierre Enard

Dans son essai "Un bon écrivain est un écrivain mort", Jean-Pierre Enard insistait sur le fait qu'un roman, comme le cinéma, le théâtre, la peinture ou n'importe quel autre mode d'expression, s'apprend. Ce qui ne signifie pas qu'il s'enseigne (...) Le langage, c'est comme le bois ou la pierre: un matériau. Écrire, c'est le travailler. On admet qu'un sculpteur apprenne sa technique. Et qu'un acteur fasse de la gymnastique ou place sa voix avant de monter sur scène. C'est pareil pour l'écrivain. Il doit s'exercer.

La mort est  une condition nécessaire mais non suffisante pour faire un bon écrivain. Enard en est la preuve: il est mort, c'était un bon écrivain, mais il n'est toujours pas considéré comme méritant une redécouverte. Faute de chance, seulement. Parce que ses livres valent d'être lus. Ce ne sont pas des grands crus, plutôt de la catégorie agréable des rosés, des blancs frais, avec de la buée sur le verre, qu'on boit avec plaisir en été à la terrasse des cafés, avec l'impression fugace d'être heureux.

22/03/2020, 09:00

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Les Ensablés - "La Maternelle" de Léon Frapié (1863-1949)

Parue en 1904, "La Maternelle" obtint le prix Goncourt au deuxième tour de scrutin, face, notamment, à Charles-Louis Philippe (que nos lecteurs des Ensablés connaissent bien) et Emile Guillaumin (pourtant favori avec son roman "La vie d'un simple"). Son auteur, Léon Frapié, était employé à l'hôtel de ville de Paris et marié à une institutrice qu'il avait beaucoup interrogée pour écrire ce roman étonnant, à mi-chemin entre la fiction et le documentaire. Il n'a pas perdu de son actualité quant aux questions qu'il pose sur l'école. Il vient de reparaître grâce aux éditions L'Eveilleur.

08/03/2020, 09:00

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Va au diable, Charles Bukowski ! (ou peut-être y es-tu déjà ?)

La formidable maison d’édition Au Diable Vauvert nous a encore gâtés : « Un uppercut illustré. » Deux grands artistes subversifs à la manœuvre : l’illustrateur Crumb et ce diable de Charles Bukowski...

18/09/2021, 10:56

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Grangé, Nothomb et My Hero Academie : les 200 meilleures ventes de la semaine

La 36e semaine de l’année, s’étale du 6 au 12 septembre 2021, montre bien que la rentrée littéraire s’installe. Quelques noms du moment percent – notamment chez Albin Michel (Amélie Nothomb et Jean-Christophe Grangé) et le 30e tome de My Hero Academia…. 

17/09/2021, 12:56

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Paula Hawkins : Celle qui brûle et celles qui se consument...

Londres. Par un matin banal, est retrouvé mort sur sa péniche, Daniel, un jeune homme. Sa voisine le découvre poignardé. Et autour de lui, plusieurs figures féminines gravitent, inquiétantes. Ce nouveau roman de Paula Hawkins poursuit la veine de La fille du train et Au fond de l’eau. Parce qu’un mort, pour trois femmes, cela fait toujours beaucoup…

15/09/2021, 16:26

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Mohican : Éric Fottorino et la paysannerie du Jura

Éric Fottorino a choisi de se confronter au monde rural français pour son 14e roman. Entrepris dès 2015, celui qui fut un jeune journaliste agricole au Monde, raconte le destin d’une terre agricole du Jura et de la famille qui s’y consacre depuis des générations. Une lignée, les Danthôme : des aïeux convoqués par le souvenir, un vieux paysan empoisonné, son frère muet, et un fils, Mo, sacrifié d’une terre familiale qu’il chérit.

15/09/2021, 11:57

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Juliana Léveillé-Trudel, Catherine Meurisse et Coralie Bickford-Smith : Books By Women

Début septembre, la newsletter Books By Women prenait fin. Mais en accord avec sa créatrice, ActuaLitté propose de retrouver les archives de ces chroniques, dans un exercice de remontée dans le temps. « Nous n’aurons plus rien d’autre à faire, plus rien que pleurer le jour défunt. Du temps passera. Du temps seulement. Et du temps va venir. Du temps viendra. Où nous ne saurons plus du tout nommer ce qui nous unira. Le nom s’en effacera peu à peu de notre mémoire. Puis, il disparaîtra tout à fait. » (Marguerite Duras, Hiroshima mon amour)

15/09/2021, 10:21

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Les 200 meilleures ventes en librairie : rentrée scolaire ou littéraire ? (semaine 36)

La semaine 36 — qui prenait ses quartiers le 6 pour s’achever le 12 septembre 2021 — dévoile enfin ses résultats. Notre partenaire Edistat nous a ainsi fait parvenir les 200 livres qui se sont le plus vendus au cours de cette période en librairies, strictement. Et la rentrée littéraire le dispute à la rentrée scolaire — notamment parce que Jean-Luc Lagarce est au programme du bac de français de 1ère. Et dépasse donc Amélie Nothomb : étonnant, non ?

14/09/2021, 14:03

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Hanako-kun : pactiserez-vous avec l’espiègle esprit des toilettes ?

L’école Kamome grouille de rumeurs — elle serait hantée par sept esprits différents. Nene Yashiro, élève en seconde là-bas, est encore tombée amoureuse d’un garçon. Puisqu’il paraît que l’esprit qui hante les toilettes des filles exauce les vœux, elle tente sa chance. Mais l’esprit des toilettes a une sacrée personnalité, et un vœu exaucé exige toujours des contreparties ! Voilà Nene embarquée dans un monde qui la dépasse. 

14/09/2021, 10:28

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Du cunéiforme aux émojis : la grande histoire de l'écriture

Attention, petite splendeur, en grand format : Vitali Konstantinov (dans une traduction de l’allemand par Hélène Boisson), réalise un album de noir, de blanc et de rouge, pour raconter l’histoire de l’écrit. Somme scientifique vulgarisée avec patience, l’ouvrage se résume assez facilement avec ce dessin de Thoto, dieu égyptien à tête d’ibis, qui manipule (à l’envers) un smartphone. Tout est là : des origines des signes, à la nécessité d’un langage, en passant par la métamorphose des sons… Une merveille. 

14/09/2021, 10:15

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Le Loup, l'Épée et les Etoiles : les années Lola Lafon

L’auteure de la petite communiste qui ne souriait jamais retrouve les librairies en septembre avec un recueil de textes. Parus pour la majorité dans l’hebdomadaire le 1 et la revue trimestriel Zadig, beaucoup de thèmes passent pour des textes parfois cinglants, parfois tendres, jamais dogmatiques, toujours radicaux, toujours humbles, et colorés d’une profonde nostalgie.

 

13/09/2021, 14:56

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Enfant de Salaud, de Sorj Chalandon : Klaus Barbie, père inexemplaire

C’est certainement l’un des ouvrages les plus dérangeants et déconcertants de cette rentrée littéraire, Enfant de salaud du journaliste Sorj Chalandon. Il officia durant plus de trente-quatre ans auprès du quotidien Libération, avec une plume souvent acerbe. Il contribue aujourd’hui au Canard enchaîné, toujours avec la même fougue et la même persuasion intentionnelle. 

13/09/2021, 11:08

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Mangas, dictionnaires : les 200 meilleures ventes de livres de la semaine 

Sur la semaine dite 35, allant du 30 août au 5 septembre 2021, notre partenaire Edistat annonce la liste des 200 meilleures ventes de livres. Et, paradoxe des plus séduisants, la rentrée littéraire bat son plein, mais le manga demeure le genre le plus prisé — occupant cinq des dix premières places. Seule Amélie Nothomb parvient à tirer son épingle du jeu, en prenant la troisième place du top. Et sans trop d’étonnement, le classement fait la part belle aux ouvrages scolaires de référence…

11/09/2021, 12:50

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Nuuk : dans la blancheur du Groenland, avec Mo Malø

Nuuk. Capitale du Groenland. En plein cœur du mois de décembre, le jour ne dure que quelques heures seulement. Après des problèmes personnels importants, le commandant Qaanaaq Adriensen a été ré-intégré par Arne Jacobsen, son supérieur de Copenhague qui, pour valider son aptitude à reprendre du service, lui a mis deux bâtons de taille dans les pieds !

10/09/2021, 12:52

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Explorateur d'océans de Jean-Louis Étienne : préserver la Terre...

BONNES FEUILLES – Le XXIe siècle sera maritime. Tous s’accordent à le dire. Jean-Louis Étienne revient sur son parcours d’exploration des pôles et des océans. Un livre très personnel dans lequel il rappelle à quel point l’océan mondial, l’autre poumon de la planète, est au coeur de l’avenir du climat de la Terre et des ressources pour l’humanité.

09/09/2021, 11:31

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Pauline Delabroy-Allard, Marianna Coppo, Kabi Nagata : Books By Women, les archives

Début septembre, la newsletter Books By Women annonçait la fin de son aventure éditoriale : conçue pour proposer deux à trois ouvrages, romans, bande dessinée, littérature jeunesse, écrits par des femmes, la lettre était suivie par plus de 2000 personnes. Afin de préserver les archives, ActuaLitté vous proposera désormais de remonter dans le temps, pour (re)découvrir les œuvres présentées. 

 

09/09/2021, 09:36

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Orsenna réconcilie chauve-souris et humains dans Marcel le Petit Rhinolophe

La mission de Noé n’est pas mince : mettre fin à la guerre qui oppose les Chauves-souris et les Hommes... Au-delà du fantasque de son conte, qui fait bien sûr écho à l’actualité – des accusations de transmission du SARS-1 et du SARS-2 par les chauves-souris à l’Homme –, Érik ORsenna emmène le lecteur dans une histoire d’entraide et de partage, propre à démontrer l’incroyable unicité du vivant et l’importance de la coévolution.

09/09/2021, 07:21

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Les chiens de Pasvik : incident diplomatique à la frontière russe

Le fleuve Pasvik coule vers le Nord, vers la mer de Barents. Au nord du bout du nord de la Norvège. Sur près d’une centaine de kilomètres, il marque la frontière entre Norvège et Russie. Une zone chahutée lors de la Seconde Guerre mondiale. Une région qui garde la mémoire du fascisme et du communisme, des relations conflictuelles, de la Guerre froide, des antagonismes est-ouest et qui reste encore l’un des premiers points de friction entre les deux blocs…

08/09/2021, 13:53

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Jonathan de Cosey : La piste de Yéshé met un terme à la série

BONNES FEUILLES – C’est une lettre, reçue poste restante à Delhi la veille de son retour en Europe, qui entraîne Jonathan sur La Piste de Yéshé. Là, alors que les « libérateurs » venus de Beijing cherchent à anéantir l’identité tibétaine, Jonathan, installé dans un monastère perdu au cœur de l’Himalaya, retrouve après de longues années celle qui donnera une réponse à ses questions.

08/09/2021, 13:06

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Adaptée en BD, La Commode d'Olivia Ruiz révèle de nouvelles couleurs

Après l’adaptation en BD du roman Jukebox Motel de Tom Graffin, assurée par Marie Duvoisin parue en avril dernier, les éditions JC Lattès, en partenariat avec les éditions Bamboo/Grand Angle, renouvellent l'expérience en choisissant d’adapter le roman à succès d’Olivia Ruiz au plus de 300.000 lecteurs, La Commode aux tiroirs de couleurs. Le roman, reposant sur un faisceau d'émotions, rejoint ainsi la ligne éditoriale de la maison d'édition.

07/09/2021, 12:25

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Bons baisers de Limón creuser les racines sous le soleil

Quoi de plus intime qu'une histoire de famille ? Quoi de plus banal, sans doute, que les anecdotes qui passent de génération en génération ? Mais quoi de plus universel, surtout ? Avec Bons baisers de Limón, Edo Bernes, jeune dessinateur costaricien signe un premier album inoubliable, tissé dans le plus fragile des fils, celui des histoires intimes, qui recoud et détricote les familles et leurs drames.

07/09/2021, 09:19

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Comme ce monde est joli : et si c'est Karen Joy Fowler qui le dit...

BONNES FEUILLES – Comme ce monde est joli rassemble des nouvelles souvent primées, issues de différents ouvrages de l’autrice. Il rend compte de la variété des registres littéraires de Karen Joy Fowler (weird, fantastique, intimiste, réaliste décalé, fantasy, science-fiction) et rassemble des textes à forte charge psychologique, où l’inquiétante étrangeté imprègne des scènes du quotidien (scènes de famille, de bar, de camping, petit-déjeuner, etc...). 

07/09/2021, 08:11

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L'écologie pour sauver nos vies : tout sur Mamère

Les saisons pré-électorales sont régulièrement l’occasion de voir fleurir des ouvrages de futurs candidats, voire de candidats à la candidature. Noël Mamère n’est cependant rien de tout cela puisqu’il ne brigue plus de mandats. Aurait-il donc sorti son livre longtemps avant l’échéance nationale de 2022 pour se démarquer du flot de ces parutions qui ne vont pas manquer de couvrir les étalages des librairies ?

06/09/2021, 11:49

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Nijigahara Holograph : un one-shot de destins croisés oppressant et magique

Harcèlement, amours secrets, rumeurs paranormales : l’enfance de cette petite classe d’école primaire était pleine de tensions qui se cachaient aux adultes. Jusqu’à ce que cette fille soit poussée dans un puits près de la plaine de Nijigahara. Treize ans plus tard, sous la forme d’étranges papillons, le passé revient hanter les anciens élèves… 

06/09/2021, 11:05

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La bête en elles : Camille Lysière traque celle qui est tapie au fond de l'âme

L’histoire commence après que Marie ait obtenu son bac. Cet été sera unique : elle part pour Paris, où elle a trouvé un petit job de serveuse. Le début de sa vie d’adulte. Gentiment hébergée par Olivier, l’ami de son père, et sa femme, tout semble sourire à cette jeune fille… Puis, une nuit, après avoir été d’une froideur déstabilisante avec Marie depuis son arrivée, Olivier s’invite dans sa chambre et commet un acte irréparable, irréversible. 

06/09/2021, 10:23

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Seize lacs et une seule mer : Sébastien Berlendis vers la Baltique

BONNES FEUILLES – Le récit d’un été passé à découvrir les multiples lacs qui quadrillent et entourent Berlin, en suivant le tracé imprévu d’une femme de lac en lac. Il y en a seize à explorer et, au bout du voyage, la mer Baltique. Les images défilent comme une rétrospective d’un Berlin bucolique, loin des axes urbains et des lieux communs. 

02/09/2021, 14:52

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Cynthia Murphy : The Last One to Die, légendes urbaines et frissons

BONNES FEUILLES – Elle pensait vivre le meilleur été de sa vie... ce sera peut-être le dernier. Niamh, 17 ans, a travaillé comme une dingue pour pouvoir se payer des cours d'été dans la plus grande école d'art dramatique de Londres. Elle s'imagine découvrir une ville accueillante mais se heurte à une ambiance glaçante : de nombreuses jeunes filles, dont ses nouvelles amies, se font violemment agresser. Toutes ont le même profil, celui de Niamh... qui va se retrouver au coeur du plus effrayant des films d'horreur ! Un thriller haletant sur fond de légendes urbaines.

02/09/2021, 11:19

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Cobrastar : imaginaire débridé pour un space opera d'enfer

Sa couverture aux couleurs acidulées, parsemée de monstres futuristes inspirés des yôkai japonais, avait de quoi attirer l’attention. La quatrième de couverture, qui décrit cette histoire comme l’enfant caché des Gardiens de la galaxie et des Tontons flingueurs, a réussi à intriguer. C’est finalement dès le premier paragraphe que l'on s'embarque dans la lecture de ce premier roman, signé Thomas Bois – lequel, saugrenu, décrit une mouche festoyant sur une crotte de coyote, rien que ça. 

01/09/2021, 17:03

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Burning Boy - Vie et oeuvre de Stephen Crane, prochain roman de Paul Auster 

BONNES FEUILLES – Fasciné par la trajectoire de Stephen Crane (1871-1900), comète rimbaldienne de la littérature américaine, mort de la tuberculose à 28 ans, Paul Auster remet en lumière sa vie et son œuvre, lui rendant ainsi un hommage éclatant, celui d’un « vieil écrivain empli d’admiration pour le génie d’un jeune écrivain ». 

01/09/2021, 08:00

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De la violence coloniale dans l’espace public

Ce guide décolonial nous emmène du côté de la Porte Dorée, à Paris, visiter un « triangle colonial » composé de trois monuments qui offrent un condensé de l’histoire coloniale, culturelle, économique, raciale et politique de la France. On y croisera une immense fresque mettant en scène, « l’air de rien », l’économie extractiviste basée sur l’esclavage et le travail forcé dans les colonies, un monument qui fait régulièrement l’objet d’actions anti-colonialistes, et une statue d’Athéna représentant « La France apportant la paix et la prospérité aux colonies ». 

31/08/2021, 18:28

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Melmoth Furieux : palimpseste et renaissances à Disneyland

Vous aimez Disneyland ? Des attractions où que l’œil se perde, la nourriture farfelue et délicieusement chère, les personnages qui se baladent, vous sourient et vous aiment, la magie entêtante de ces histoires qui nous ont bercés ? Comme c’est dommage… Des gosses vont tout faire brûler. 

31/08/2021, 11:14

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Christiane Taubira signe son premier recueil de nouvelles

EXCLUSIF BONNES FEUILLES – Christiane Taubira, ancienne ministre de la Justice et garde des Sceaux, a déjà publié de nombreux ouvrages qui ont remporté un vif succès, dont Gran Balan et Nuit d’épine (respectivement 31.503 et 55.955 exemplaires, données Edistat). Ce 16 septembre, elle publiera chez Robert Laffont un recueil de nouvelles intitulé Ces morceaux de vie… comme carreaux cassés. Dont ActuaLitté vous propose en avant-première un extrait. 

31/08/2021, 10:00

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Patrick Besson signe un Petit éloge amoureux de la librairie

BONNES FEUILLES — À l’occasion de cette nouvelle rentrée littéraire, les éditions Privat vous proposent de découvrir le premier livre d’une nouvelle collection, avec ce Petit éloge amoureux de la librairie par Patrick Besson. En fin d’ouvrage, un récapitulatif de toutes les librairies de France et de Belgique, comme une liste à la Prévert en petits caractères…

30/08/2021, 15:18

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La Maison Chapelier, de Tamzin Merchant : magie et espièglerie !

BONNES FEUILLES — Pour cette rentrée littéraire, les éditions Gallimard vous invite à découvrir l’univers magique imaginé par Tamzin Merchant. Entre Miyazaki et Mary Poppins, une enquête palpitante et colorée dans un univers merveilleusement loufoque ! 

30/08/2021, 07:45

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Bang ! Bang ! Planquez-vous, Baladi prend sa « Revanche »

Devinette, qu'est-ce qui est gros, tout jaune et tout frais, qui arbore un cavalier masqué sur sa couverture toilée et un marque-page à l'intérieur ? C'est « Revanche », le nouveau titre de Baladi publié par The Hoochie Coochie, l'éditeur phénix qui renaît de ses cendres en cette rentrée de septembre. Sous sa présentation soigneuse et luxueuse, avec ses six coups qui tonnent et ses explosions qui détonent, « Revanche » va faire du bruit en librairie.

30/08/2021, 07:38

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Hôtel Berlin 43, de Vicki Baum : « ce que personne en Allemagne n'aurait osé imaginer en 1943 »

Pour la rentrée littéraire, les éditions Métailié propose une nouvelle traduction d’un classique sur la Seconde Guerre mondiale : Hôtel Berlin 43, de Vicki Baum, traduit de l’anglais par Cécile Wajsbrot. Ecrit quelques années avant la fin de la guerre, ce roman d’anticipation raconte avec réalisme la violence de cette année de guerre. 

30/08/2021, 07:30

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Le loup, l’épée et les étoiles, de Lola Lafon : la vie en pagaille 

BONNES FEUILLES — À l’occasion de cette nouvelle rentrée littéraire, les éditions de l’Aube proposent de découvrir le prochain roman de Lola Lafon. On connaît bien – et on aime ! – la romancière Lola Lafon. On adore la découvrir dans l’exercice du texte court sur un sujet décalé. 

30/08/2021, 07:15

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Un baiser qui palpite là, comme une petite bête, de Gilles Paris : l’adolescence, sans filtre

BONNES FEUILLES — À l’occasion de cette nouvelle rentrée littéraire, les éditions Gallimard offrent aux lecteurs le prochain roman de Gilles Paris. Amour, sexe et amitié : un roman sur les ados, pour les ados, aux personnages justes qui reflètent les préoccupations des jeunes d’aujourd’hui.

30/08/2021, 07:00