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Les Ensablés - Notes de voyage de Laurent Jouannaud: Monsieur Proust et Madame Proust

Monsieur Proust est le livre de souvenirs que sa gouvernante Céleste Albaret a consacré à Marcel Proust. Elle l’appelait « Monsieur Proust » et fut elle-même surnommée « Madame Proust » dans la mesure où elle s’occupa de lui avec le souci d’une mère et l’obéissance d’une fille. Je n’avais pas lu ce livre qui a eu un énorme succès en 1973 et qu’on a réédité l’an dernier, en 2013, soit quarante ans après sa parution

Le 20/12/2014 à 09:10 par Les ensablés

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20/12/2014 à 09:10

Les ensablés

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Par Laurent Jouannaud

En 1973, Céleste Albaret publie ses souvenirs, recueillis et rédigés par Georges Belmont. Le livre a été beaucoup critiqué à l’époque : en effet, Céleste est âgée de quatre-vingt-deux ans et Proust est mort depuis cinquante et un ans ! La bonne dame, la « chère Céleste », aura donc attendu un demi-siècle avant de raconter ses neuf années passées au service de Proust, de 1913 à 1922, date du décès de l’écrivain. Cinquante ans sans une ligne, et, tout d’un coup, 430 pages de récits, d’anecdotes, de dialogues, de portraits, de bons mots ?

Le livre a été considéré comme un « coup » des éditions Laffont, qui avaient réussi un coup semblable en 1969 avec la « vraie fausse autobiographie » d’Henri Charrière surnommé Papillon. On peut lire ces réactions négatives sur le site de L’Obs (naguère Le Nouvel Observateur ) : «Le livre de Céleste n'existe pas», décréta Jacques Bersani dans Le Monde. Il est «frappé de stérilité», ajouta Claude Mauriac, dans Le Figaro. «Rien que du bavardage», asséna Hubert Juin dans le Magazine littéraire. Des «papotages domestiques», selon Angelo Rinaldi, de L'Express, tenus par une femme incapable de restituer le génie d'un écrivain qu'elle n'avait pas lu. »

Philippe Sollers, à l’occasion de la réédition de 2013, écrit au contraire, cultivant le paradoxe : « Son témoignage, à l'âge de 82 ans, est bouleversant de vérité. » (Le Nouvel Observateur, 24 avril 2014) Les souvenirs de Céleste Albaret, quand on aime A la recherche du temps perdu, sont une tentation à laquelle j’ai fini par céder. Voici quelques réflexions, mon cher Hervé, inspirées par cette lecture. Et d’abord il y a la question de la valeur du récit. La langue distingue « vrai » et « véridique ». Ce qui est vrai est conforme au réel, et concerne l’exactitude des faits. Mais ce qui est véridique « a le souci, le scrupule de rendre compte fidèlement de la vérité, de la réalité ou de ce qu'il pense être tel » (Trésor de la langue française).

Le dictionnaire Robert fait la même distinction : « véracité : qualité de celui qui dit la vérité ou croit la dire » . Madame Proust a le souci de raconter exactement ce dont elle se souvient. Elle est véridique sans forcément dire la vérité : «J’ai suffisamment réexaminé, contrôlé et revérifié les faits dans mon souvenir pour avoir la certitude de ma fidélité absolue à la réalité de ce qui fut. »(P. 412) Céleste a ressassé ses souvenirs, mais la vérité s’établit, se prouve, se démontre. Comme dans les procès, il faut plusieurs témoins pour que le témoignage fasse foi : testis unus, testis nullus. Or, Céleste rappelle qu’elle était seule avec Proust, qu’elle seule s’est occupée de lui dans les dernières années, jour et nuit. D’où l’intérêt de son témoignage et sa fragilité : il n’y a pas de tiers témoin. Céleste Albaret s’est décidée à livrer ses souvenirs parce que, dit-elle, beaucoup de mensonges et d’inexactitudes courent autour des dernières années de Proust. Les autres mentent ou se trompent, mais pas elle. Quel intérêt pourrait avoir une vieille dame à raconter des mensonges, demande-t-elle ?

Eh bien, même les vieilles dames ont des envies inattendues (J’ai visionné sur YouTube, il y a quelques jours, le grand classique de René Allio, La vieille dame indigne, 1965) ! On sait que Céleste a vendu vers la fin de sa vie des objets proustiens, religieusement conservés jusque-là : elle avait besoin d’argent. Et peut-être envie de gloire, envie de laisser son nom dans le catalogue des bibliothèques du monde entier. Elle y a réussi. Les témoignages sont toujours contradictoires : n’importe quel inspecteur de police ou juge d’instruction vous le dira. Il se trouve que Céleste Albaret, en 1962, a participé à une émission souvenir consacrée à Marcel Proust. Cette émission de 1 h 27 minutes, animée par Roger Stéphane, est disponible sur Internet, dans les archives de l’INA. 11 minutes 39 secondes en sont visibles gratuitement, ce sont les minutes où Céleste parle de la mort de Proust. Or, cette version orale diverge en plusieurs points de la version écrite, donnée dix ans plus tard dans Monsieur Proust. Voici une différence notable. Le frère de Proust fait appeler un de ses confrères, une sommité médicale qui a soigné leur mère, pour tout tenter. Céleste raconte le moment où le professeur est arrivé. Elle hésite sur le nom : Landevski ou Landovsi. Elle se décide pour Landovski.

Dans Monsieur Proust, le docteur Landovski est devenu Babinski. C’est évidemment Babinski qui est exact. En 1962, Céleste se trompait ; en 1973, elle a retrouvé le nom juste. C’est qu’en 1973, son récit est filtré et botoxé par le journaliste Georges Belmont. Qui est Georges Belmont ? Je feuillette Google. Georges Belmont est journaliste, mais ce n’est pas n’importe qui. Il a interviewé Marilyn Monroe en 1960, la fameuse interview où l’on apprend qu’elle dort avec seulement quelques gouttes du N° 5 de Chanel. Il a été rédacteur en chef de Jours de France et de Marie-France, éditeur-conseil chez Laffont. En 1928, il était normalien, angliciste, ami de Becket, alors lecteur à l’Ecole normale supérieure. Il s’appelait Georges Pelorson à l’époque. Il a traduit James, Miller, Chase, Burgess. Il a changé de nom après la guerre : il a en effet été un collaborateur zélé. Georges Belmont avait lu Proust. D’ailleurs, Becket, son ami, a écrit un livre sur Proust, en 1930. Ancien khâgneux, Belmont savait organiser un récit et en éliminer les scories. Il avait dû lire la biographie de Proust par Georges Painter, qui a longtemps fait autorité, et dont maints passages ressemblent étonnamment à ce dont Céleste se souviendra plus tard. Je crois donc que le récit de Céleste est d’une fidélité relative, faite de vrai, de vraisemblable et d’imaginaire. Un livre doit avoir un certain volume et de la tenue : il faut étoffer le récit, rafraîchir le passé, gonfler les souvenirs, éliminer les bourdes, mettre en scène les personnages, fignoler l’expression. Belmont y a sans doute largement contribué. En fait, il est le seul qui sache quelle est la part du vécu, de l’imaginaire et de la reconstitution dans le livre de Céleste. Il aurait fallu le lui demander. Il est mort presque centenaire en 2008.

Céleste Albaret

D’ailleurs, Céleste Albaret explique combien Proust ne se fiait pas à sa mémoire. Il rencontrait telle ou telle personne pour pouvoir décrire très exactement dans son roman le personnage lui ressemblant. Il demandait aux duchesses s’il pouvait voir la toque ou la robe qu’elles portaient vingt ans plus tôt lors d’une réception ! Non, la mémoire n’est pas fiable : elle invente, comme l’imagination. Proust le savait, il s’en méfiait. Céleste raconte que plusieurs personnes se sont offensées d’être décrites dans le roman de Proust : elles s’y sont reconnues ou y ont été reconnues. A chaque fois, Proust leur répondait qu’il ne les avait pas décrites, qu’il n’y avait pas de clé. Mais en même temps, il affirmait ne vouloir écrire que la vérité. Il voulait que Swann ressemble à Charles Haas, et Charlus à Montesquiou, mais il n’a jamais voulu décrire ni Haas ni Montesquiou.

Il y a là un paradoxe qui tient à la nature de l’art romanesque. Céleste parle souvent du « roman » que Proust écrit, et elle fait bien de rappeler que La Recherche est un roman. Un écrivain fait un mélange, un cocktail, un mixte, bref une œuvre d’art : Proust écrit A la recherche du temps perdu et pas Les Mémoires d’un snob. Les détails vrais sont là pour étayer la fiction. Il faut rappeler, non pour la diminuer mais pour la grandir encore, que l’œuvre de Proust est inventée, imaginée, romanesque. « Aller croire que ses livres sont le récit réel de la vie de M. Proust, c’est vraiment faire peu cas de son imagination. » (P. 112) Proust ne décalquait pas. J’apprends que Proust lisait chaque jour plusieurs journaux, ainsi que de nombreuses revues : « Il se tenait très au fait des nouvelles et de l’actualité. Rien ne lui échappait, là comme ailleurs. » (P. 247)

J’imaginais un Proust aussi élégant que son œuvre. Je le voyais en esthète, entouré de beaux meubles, mangeant des produits fins, en élégante tenue d’intérieur. Or ce n’est pas du tout ainsi que vivait l’écrivain. Son appartement était un bric à brac où s’entassaient jusqu’au plafond des meubles sans valeur. On s’y gelait car Proust interdisait le chauffage par peur de la poussière et du bruit. Les fleurs, symbole du luxe et de la beauté pure, étaient proscrites à cause de leur parfum. Il ne mangeait rien que son café au lait avec un croissant, ou deux croissants, ou juste un bout de croissant. Ou des compotes. Parfois une sole. Jamais de vin, mais de l’eau d’Evian ou la bière glacée que son chauffeur, le mari de Céleste, allait chercher, de jour comme de nuit au Ritz. Quant aux vêtements, l’élégance de l’homme qui portait un camélia à la boutonnière , est passée. Il n’a que de vieux vêtements, toujours les mêmes puisqu’il n’use pas. Le 30 septembre 1920, il sort. Voici le témoignage de l’écrivain René Boylesve, secrétaire de l’Académie française, admirateur de Proust : « engoncé dans son pardessus », « son faux-col, évasé, élimé, et qui, sans exagérer, n’a pas été changé depuis huit jours », « une cravate râpée, un pantalon large d’il y a dix ans », « des gants blancs remarquablement sales » . Odilon Albaret transporte Proust à n’importe quelle heure. Or son taxi n’est plus qu’un vieux tacot auquel Proust est attaché.

Quand Odilon achète une nouvelle voiture, Proust meurt et il ne s’est jamais assis dedans. Bref, d’esthète qu’il avait été, Proust était devenu artiste, ce qui n’est pas du tout la même chose. Je lis avec beaucoup d’intérêt les biographies et autobiographies. J’ai lu récemment une biographie de Luther. Je lis lentement une biographie de Goethe. Je viens d’achever Mon évasion (2008, Le Livre de poche), l’autobiographique de Benoîte Groult. Ces récits sont plus passionnants que la plupart des romans et on y apprend davantage sur l’existence que dans bien des conversations entre amis. Dans ces livres, à chaque fois, je cherche à percer le secret du talent et du succès : comment vivre pour écrire un grand livre ? comment Marcel Proust a-t-il fait pour devenir l’auteur de la Recherche ? Charles Haas, un des modèle de Swann, est resté esthète, et bien des mondains de l’époque aussi : pourquoi Proust a-t-il échappé à leur sphère ? Et pourquoi Robert Proust, le frère fidèle et admiratif, grand médecin, n’a-t-il pas écrit la Recherche ? Faut-il vivre reclus pour écrire un grand livre ? Faut-il être riche et oisif ? Faut-il rester célibataire ? Céleste décrit le bizarre papillon nocturne que fut Proust, mais sa métamorphose reste un mystère. «Je suis marié avec mon œuvre ; il n’y a que mes papiers qui comptent. » (P. 211) Céleste Albaret souligne que pour Proust, finir son œuvre avait la priorité absolue. Henri Raczymow, dans «Notre cher Marcel est mort ce soir», émet une hypothèse intéressante pour expliquer cette fureur d’écrire : «Il sait que son œuvre lui survivra. Il peut mourir. Les écrivains, aujourd’hui, depuis des décennies, n’éprouvent plus cette certitude. Ils savent qu’ils meurent pour rien, comme tout le monde.»

La chambre de Marcel Proust au musée Carnavalet

Proust était réveillé la nuit. Il recevait ou sortait vers minuit, une heure ou deux heures du matin. Il restait la plupart du temps couché : il écrivait dans son lit. Il dormait peu, entre 8 h du matin et 16 h. «Je n’ai jamais su combien d’heures il dormait, ni même s’il dormait. Parce que cela se passait entre lui seul et les quatre murs de sa chambre.» (P. 93) Tout bruit était interdit. C’était l’obscurité ou la lumière électrique. A son réveil, Proust sonnait Céleste : elle apportait alors le café, une marque spéciale. Elle n’entrait jamais dans la chambre sans être sonnée. Une fois, il n’a pas sonné pendant plus de 24 heures : elle l’imaginait mort, mais n’a pas osé le déranger. La chambre n’était nettoyée et aérée qu’en son absence. Proust, asthmatique, interdisait tout mouvement qui aurait pu soulever de la poussière. Proust ne ramassait jamais rien : il avait plusieurs stylos à disposition, qui glissaient de son lit. Il jetait ses mouchoirs par terre. Céleste ramassait tout cela. Il n’utilisait qu’une seule fois une serviette de toilette : il lui en fallait donc plusieurs par jour. Proust avait eu avant Céleste des secrétaires et des domestiques mâles. Avec la guerre de 1914, tous les hommes étant au front, il a pris la jeune femme à son service. Céleste a vécu la nuit, dormi le jour et obéi au maître. Proust voulait être servi exactement comme il l’entendait, vite, bien et sans réplique. « Nous pouvions bavarder, plaisanter, mais chacun à notre place : pour rien au monde je ne me serais permis de lui poser des questions. » (P. 336)

Céleste Albaret

Il y a le ballet du beau monde : princes Emmanuel et Antoine Bibesco, comte Robert de Billy, comtesse de Chevigné, comte Boniface de Castellane, duchesse de Clermont-Tonnerre, duc de Gramont, comtesse Greffuhle, duc de Guise, comte de Montesquiou, comte de Fénelon, etc. A partir de 1914, Proust a fait couper sa ligne téléphonique pour avoir la paix. C’est Céleste qui contactait ses amis et relations en utilisant le téléphone du café du coin : elle monte et descend sans cesse. Elle porte souvent elle-même les lettres à leurs destinataires, quand c’est urgent et qu’il faut une réponse immédiate. Les gens qui avaient servi à l’écrivain pour mettre en place ses personnages lui faisaient perdre son temps désormais. On imagine que Proust avait beaucoup d’amis, de grands amis, mais Céleste écrit : « Dans sa façon d’évoquer et de juger même ceux qu’il avait connus et intimement fréquentés pendant de longues années, ou simplement dans le ton sur lequel il parlait d’eux, on sentait plutôt la relation que l’amitié. » (P. 268)

Le mystère de la personnalité de Proust reste entier. Il en a imposé au gratin mondain : les esthètes et les riches s’inclinaient devant la supériorité de l’artiste. Mais Proust fut admiré par des personnalités qu’on ne pouvait guère impressionner sans de bonnes raisons. Mme Straus, née Halévy (famille de musiciens), était la veuve de Bizet. Les frères Daudet, Léon et Lucien, tous deux écrivains, étaient les fils d’Alphonse Daudet, gloire littéraire du siècle précédent. Léon a épousé Jeanne Hugo, la petite fille de Victor. Réjane, grande comédienne, a connu des rois et des poètes.

Céleste évoque le regard de Proust, sa douceur, son intuition, son autorité, sa gentillesse : « Tel quel, il avait une allure extraordinaire. Cela venait de cette nature de distinction qu’il portait en lui, qui faisait que, si son génie était immense, l’homme l’était tout autant, et le cœur. » (P. 32) Bref, Proust était quelqu’un. Céleste ne fait aucune révélation concernant la vie sexuelle de Proust. Il ne s’est jamais rien passé quand elle était à son service : « Comme j’étais perpétuellement à l’affût du moindre signe de lui, aucun mouvement dans l’appartement ne pouvait m’échapper, même dans mon sommeil - j’ai eu très vite une sorte de sixième sens pour cela, et jamais je n’ai été prise en défaut. » (P. 228) Comme tout résonnait dans l’appartement, elle aurait entendu, ou constaté le désordre (ou l’ordre !) dans la pile de coussins, de gilets, de journaux et de papiers qui s’accumulaient sur le lit de Proust. Il semblerait, à la croire, que Proust n’ait jamais fait l’amour, de 1913 à 1922, par peur de soulever la poussière… On écrit beaucoup sur Proust et son œuvre. C’est la pléthore : L’Univers médical de Proust, Proust et les signes, Marcel Proust et les siens, Proust et le roman, Proust et la musique, Proust et ses amis, Proust et la cuisine, Proust et les plantes (il y aurait 260 plantes citées dans son œuvre), Proust et les bêtes, Proust et les peintres, Proust et la mode, Proust et la morale, etc. Et il y a bien sûr, un Proust et Céleste .

Ce livre raconte qui était Céleste Albaret, née Gineste (1891-1984), avant Proust et après Proust. Elle avait été baptisée Augustine Célestine, mais fut toujours appelée Céleste. Elle avait 22 ans quand elle est entrée au service de Proust qui en avait lui-même 42 : « Elle était jeune, belle, gracieuse, intimidée et volontaire », dit l’auteur. Elle est l’épouse d’Odilon Albaret, le chauffeur de taxi préféré de Proust qui ne prenait jamais les transports publics. Céleste a aimé son maître, mais le maître aimait aussi la servante. C’était de ces relations féodales qui nous semblent incompréhensibles : «  Tel qu’il était en son entier, je l’ai aimé, subi, et savouré. » (P. 228) Après Proust, Céleste et Odilon, mariés en 1913, eurent une enfant, Odile Marcelle, née en 1925. Puis Céleste a tenu un hôtel. Plus tard, elle emménage à Montfort l’Amaury, au Belvédère, dans la maison de Ravel, aménagée en musée. Et bien sûr, tout s’emmêle : « Beaucoup de gens pensèrent que le Belvédère avait été la maison de vacances de Marcel Proust et on ne s’étonna plus dès lors qu’il ait composé sur le piano de Ravel la sonate de Vinteuil. » (P. 264) Christian Péchenard m’apprend encore que Proust a connu le purgatoire : de 1930 à 1970, on n’en parlait plus. Sartre a osé écrire en 1948 (« Présentation des Temps modernes ») : «Proust s’est choisi bourgeois, il s’est fait le complice de la propagande bourgeoise ». Aragon, Malraux, Camus n’en disent pas un mot. Et en effet, je n’ai pas découvert Proust au lycée : son imposante pièce-montée y était réduite à l’état de madeleine. Le récit de Céleste est une « hagiographie », commente Christian Péchenard. Il a cette formule sans doute juste : « Le texte est passionnant, car Céleste nous découvre le vrai Proust. Or, il lui a menti plus qu’à personne d’autre, ce qui n’est pas peu dire. » (P. 34) Même si Céleste a exactement dit ce qu’elle a vu et entendu, elle n’a pas tout vu ni tout entendu. Monsieur Proust est un témoignage émouvant et intéressant. Le noyau de vécu est intact, il résiste à la mise en forme. Madame Proust a fort bien rappelé le temps passé. Pour le temps perdu, il faut écouter Proust lui-même.

Proust sur son lit de mort (photo de Man Ray)

Proust est mort la plume à la main, comme Kafka (1883-1924), son contemporain. Voici les dernières lignes de L’Innommable, le grand roman de Beckett, l’Irlandais de Paris, admirateur de Proust : « Il faut continuer, je ne peux pas continuer, je vais continuer. » S’il n’a pas prononcé ces paroles-là devant Céleste, Proust a dû se les répéter souvent in petto. Continuons, mon cher Hervé.

Mais le Littré fait de vrai et véridique, de vérité et véracité, des synonymes.

J’apprends qu’il a traduit Evelyn Waugh. Il se trouve que cet été j’ai rendu service à un jeune australien de passage. En partant, il m’a offert un roman d’Evelyn Waugh, en traduction française. Or ce roman, Retour à Brideshead, traduit et paru en 1969 chez Laffont, réédité en 2005, est traduit par Georges Belmont. Une raison pour le lire bientôt.

J’ai chez moi la volumineuse biographie de Beckett, 1115 pages, écrite par James Knowlson (Beckett, James Knowlson, Actes Sud, 1999). Dans l’index des noms propres, à Pelorson, on renvoie à Belmont. Et en effet, Georges Pelorson-Belmont y est cité 21 fois. Jusqu’en 1939.

C’est le portrait fameux de Proust, en 1892, par Jacques-Emile Blanche. Proust conservait ce tableau chez lui.

Cité dans « Notre cher Marcel est mort ce soir », Henri Raczymow, Denoël, 2013, p. 32.

Proust et Céleste, Christian Péchenard, La table ronde, 1996.

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06/12/2020, 00:00

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Les Ensablés - « L’axel littéraire de Jeanine Garanger » par François Ouellet

Voici un cas inattendu : Jeanine Garanger, née Hagnauer, étudiante en droit et championne de patin artistique qui devait publier deux ou trois choses assez délicates dans les années 1930, avant de disparaître complètement de la scène littéraire.

22/11/2020, 09:00

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Les Ensablés - À l'ombre de Maurice Genevoix, par Elisabeth Guichard-Roche

Le 6 novembre 2018, le Président de la République était dans la Meuse, aux Eparges, lieu d’une terrible boucherie durant la première guerre mondiale. Recueilli devant la statue de Genevoix, il annonçait son entrée au Panthéon pour le 11 novembre 2020. Il y aura deux panthéonisations : celle du romancier et celle à titre collectif de ceux de quatorze annonçant la Nation combattante.

Depuis 10 années, les Ensablés explorent la littérature du XXème siècle, et il nous est venu l’idée de répertorier les écrivains qui ont connu la Grande Guerre et dont nous avons abordé les œuvres. Cela constitue en quelque sorte notre Monument aux morts, pour ne jamais oublier…

11/11/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Il nous est arrivé d'être jeunes" de François Bott

Une fois de plus, on en revient à cette collection de poche dirigée par Alice Déon, "La petite Vermillon" qui m'enchante depuis plusieurs années. Indifférente à la mode, La Table Ronde ose rééditer des textes qui ne feront certes pas la une des journaux littéraires de plus en plus conformistes, mais ravissent ceux pour qui la littérature est l'affaire de leur vie.

Aujourd'hui, il me faut parler d'un livre qui m'a ravi "Il nous est arrivé d'être jeune" de François Bott.

01/11/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Captain Cap" d'Alphonse Allais

« Jetons par-dessus bord paperasses et registres, et avec les ronds de cuir de ces incapables, faisons des bouées de sauvetage. »
Tel est l’un des principaux points de la profession de foi d’Albert Caperon, dit Captain Cap, candidat aux élections législatives de 1893. « Anti bureaucrate » et anti européen » il se présente comme un aventurier qui a passé « les trois quarts de sa vie sur mer et les deux tiers de son existence sur les terres vierges. »

18/10/2020, 09:00

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Les Ensablés – Ange-Jacques Gabriel (1698-1782) par le comte de Fels

Le temps des vacances s'approche, ou s'éloigne : souvenez-vous, nous avions passé l’été à travers la Provence, en compagnie de Jean-Louis Vaudoyer. Cette fois, nous n’irons pas si loin, à peine pousserons-nous aux limites du département de la Seine-et-Oise ! Car nous sommes en 1927 et Jean-Louis Vaudoyer m’a demandé d’interviewer le comte de Fels, pour sa biographie d’Ange-Jacques Gabriel [1]. Le moyen de refuser ?

04/10/2020, 09:00

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Les Ensablés - L’incertitude amoureuse de René Laporte (1905-1954)

René Laporte est né à Toulouse dans une famille bourgeoise de magistrats et d’universitaires. Il fait des études de droit, mais lance, à dix-neuf ans, une revue bi-mestrielle, Les Cahiers libres, artistiques et littéraires, puis fonde les éditions du même nom qui, entre 1925 et 1934, publieront environ 150 ouvrages.

20/09/2020, 09:00

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Les Ensablés - Chroniques du Lac: “Le vélo” de René Fallet

L’actualité récente a mis le vélo sous les feux de la rampe. La grève des transports de Décembre et Janvier derniers incite des milliers de cyclistes à enfourcher leur bécane pour se rendre au travail, au mépris de la pluie et des frimas hivernaux. Les programmes des candidats aux élections municipales font la part belle au vélo dans les grandes métropoles françaises.

06/09/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Une belle journée" d'Henry Céard (1851-1924)

Avec Henry Céard, nous en aurons fini de parler de ceux que l’on nommait, non sans méchanceté et envie, « la queue » d’Émile Zola, à savoir les écrivains les plus proches du maître naturaliste dans les années 1880, dont deux fort connus (Maupassant et Huysmans), trois autres beaucoup moins (Hennique, Alexis et Céard). C’est Céard que nous abordons aujourd’hui, avec son roman Une belle journée, publié en 1881, un an après la parution du recueil « Soirées de Médan » auquel il avait contribué avec sa nouvelle « La saignée ». Une belle journée qui peut être consulté sur Gallica est un charmant roman, un trésor du naturalisme, un accomplissement en quelque sorte.

23/08/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Mal'Concilio" de Jean-Claude Rogliano, par Denis Gombert

C’est un village corse niché au cœur de la montagne. Un village austère avec son église et ses maisons uniformes toutes en pierres de granit. Il peut y souffler par bourrasque un vent mauvais. Ici les femmes respectent le deuil et sont habillées de noir. On croit autant à la puissance de Dieu qu’aux esprits. Ainsi de Mal’ concilio, l’arbre de la nuit qui se dresse à la sortie du village, près des maisons abandonnées. Cet arbre géant domine le village « cramponné à un versant où rien ne pousse ». Majestueux et effrayant, châtaigner sans âge, il est le seul grand arbre de la province de la Tèvola, région sèche et aride. On dit que le Mal’ concilia est hanté.

09/08/2020, 09:00

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Les Ensablés - “L'homme de choc” de Joseph Peyre (1892-1968)

Joseph Peyré était béarnais. Après des études littéraires où il eut Alain comme professeur de classes préparatoires, il s’essaya au barreau puis à l’administration territoriale. Mais c’est dans le journalisme puis dans l’écriture de romans qu’il trouva sa voie. Ses œuvres sont celles de l’action et de l’énergie allant de l’aventure saharienne à la tauromachie (Sang et Lumières lui valut en 1935 le prix Goncourt et fit l’objet d’une adaptation au cinéma en 1954 avec Daniel Gélin et Zsa Zsa Gabor, dialogues de Michel Audiard) et à la haute montagne (Matterhorn- le nom alémanique du Cervin en 1939).

26/07/2020, 09:00

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Les Ensablés - "L'ordre" de Marcel Arland (1899-1986), par François Ouellet

Après plusieurs mois d'absence, nous retrouvons avec une grande joie notre excellent ami et chroniqueur François Ouellet. Qu'il soit remercié pour sa fidélité à notre équipe.

Il y a des écrivains plus profondément ensablés que Marcel Arland. Pourtant, aujourd’hui, Arland n’est pas tellement plus que l’évocation d’un nom. Il survit tant bien que mal par le souvenir de sa collaboration à La Nouvelle Revue française, dont il a pris la direction avec Jean Paulhan au lendemain de la Seconde Guerre. Chez les libraires, on trouvera, avec un peu de chance, un ou deux titres, comme son premier livre, Terres étrangères, un récit de 1923 réédité dans la collection L’Imaginaire en 1996, ce qui commence à dater ; on trouvera plus facilement sa correspondance avec Paulhan, éditée par Jean-Jacques Didier chez Gallimard en 2000.

12/07/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Raphael" (1886) de Eugène Müntz – 2e partie

Cet article fait suite à celui du 14 juin sur Eugène Müntz. Après avoir replacé, selon sa méthode, l’activité artistique comme un facteur central de compréhension de la civilisation de la renaissance, tout en se livrant à un examen documentaire des premières années de Raphaël, Eugène Müntz nous accompagne dans le développement du jeune peintre, fraîchement sorti de son apprentissage dans l’atelier du Pérugin pour partir à la conquête de Florence.

28/06/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Raphael" (1886) de Eugène Müntz (1845-1902) 1ère Partie

Sous son imposante reliure de basane noire, c’est un intimidant in-quarto de plus de sept cent pages ; sur le plat figure un lourd médaillon de cuivre doré légendé Raphael Sanctius, représentant en buste le profil d’un homme jeune, aux cheveux longs, coiffé d’une barrette aux revers élégants.

A l’abri de cette présentation austère, dorment en sûreté, sous les serpentes qui craquent encore sous le doigt, de riches illustrations. Le trésor des notes critiques, le précieux catalogue des œuvres et la substance d’un texte éloquent font à ce livre un fermoir invisible dont seules la curiosité du savant et l’intrépidité de l’érudit possèdent la clef. C’est un livre réservé aux études profondes et au calme des bibliothèques, parlant à voix basse dans le silence des lampes. Le temps venu, on en soulève la lourde couverture comme on pousse la porte d’un ami qu’on ne se savait pas avoir.

14/06/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Un amour platonique" de Paul Alexis (1847-1901)

Découvrir la littérature, c'est dérouler une pelote. En allant d'un auteur lié à un autre, voilà, comment le paysage littéraire se dessine peu à peu... Les Ensablés ont abordé récemment Léon Hennique (à lire ) et son roman étrange Un caractère. Voici maintenant Paul Alexis (1847-1901). Comme Hennique, il fut un fidèle d'Emile Zola et fournit l'une des six nouvelles du recueil des Soirées de Médan (1880).

31/05/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Le soleil des indépendances" de Ahmadou Kourouma

Chers lecteurs, nous sommes heureux d'accueillir à nouveau Henri-Jean Coudy qui, après de longs mois de silence, nous revient avec un nouvel ensablé, Ahmadou Kourouma.

Ahmadou Kourouma, né en 1927, en Afrique Occidentale Française, était Ivoirien même s’il suivit des études secondaires à Bamako, alors grande ville du Soudan français devenue après 1960  la capitale de l’état du Mali. Il aura donc connu les dernières années de la colonisation française puis le début des nouveaux états indépendants.

17/05/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Un caractère" de Léon Hennique (1851-1935)

Je suis tombé par hasard sur un roman de Léon Hennique, paru en 1889, intitulé "Un caractère". Il s'agit d'un livre qui a certes vieilli, mais mérite, comme le soulignait Octave Mirbeau, d'être lu. Surtout, il permet de découvrir son auteur qui joua un grand rôle dans l'histoire littéraire française, tout comme son camarade Lucien Descaves, d'ailleurs, que nos lecteurs connaissent mieux désormais (voir ici). Avec Hennique, on retrouve Goncourt, le naturalisme et... l'occultisme de la fin du dix-neuvième siècle.

01/05/2020, 09:00

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Les Ensablés – "Ecrits sur l’art" de Joris Karl Huysmans (1848-1907)

Joris-Karl Huysmans tenait à distance le grand public : même dans la période où la charité chrétienne gagna un petit avantage sur son pessimisme natif, il douta toujours qu’il fût possible de ramener par l’éducation, ou par l’admiration, le public vers l’art[1].

Ce grand solitaire est maintenant entré dans cette constellation très peuplée, la Pléiade ; avec Soumission, M. Houellebecq a remis Durtal à la mode ; cet hiver encore, le musée d’Orsay a consacré à Huysmans critique d’art une curieuse exposition dont il y aurait beaucoup à dire ; les rééditions se multiplient, comme celle que les Cahiers de l’Herne consacrèrent en 1985 à l’auteur.

Les éditions Bartillat se joignent à cette vogue en apportant leur contribution : la riche édition des Ecrits sur l’art, établie par Patrick Lormant, deviendra inévitablement le bréviaire des amateurs de Huysmans. Tout le parcours critique de l’auteur est rassemblé là, des premiers et respectueux essais du début de la carrière littéraire jusqu’à la grande conversion à l’art chrétien des années 1890, en passant par le chamboule-tout des critiques des Salons annuels.

19/04/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Sur le chemin des glaces" (1988) de Werner Herzog

La marche comme expérience mystique... En novembre 1974, le réalisateur Werner Herzog apprend que sa grande amie Lotte Eisner, célèbre critique de cinéma allemande qui vit et travaille à Paris à la cinémathèque française, est très gravement malade. Elle risque de mourir.  « J’ai répondu : cela ne se peut pas ». Saisissant une veste, une boussole et un sac, Herzog part sur le champ pour la retrouver. Mais il fera le voyage à pied, convaincu que c’est par la marche, vécue comme un acte de foi, qu’il sauvera son ami. Tête baissée, il se lance dans un improbable périple au cœur de l’hiver, quittant Munich pour rejoindre Paris. Sur le chemin des glaces est le journal de bord de sa folle aventure.

05/04/2020, 09:00

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Les Ensablés - "le dernier dimanche de Sartre" de Jean-Pierre Enard

Dans son essai "Un bon écrivain est un écrivain mort", Jean-Pierre Enard insistait sur le fait qu'un roman, comme le cinéma, le théâtre, la peinture ou n'importe quel autre mode d'expression, s'apprend. Ce qui ne signifie pas qu'il s'enseigne (...) Le langage, c'est comme le bois ou la pierre: un matériau. Écrire, c'est le travailler. On admet qu'un sculpteur apprenne sa technique. Et qu'un acteur fasse de la gymnastique ou place sa voix avant de monter sur scène. C'est pareil pour l'écrivain. Il doit s'exercer.

La mort est  une condition nécessaire mais non suffisante pour faire un bon écrivain. Enard en est la preuve: il est mort, c'était un bon écrivain, mais il n'est toujours pas considéré comme méritant une redécouverte. Faute de chance, seulement. Parce que ses livres valent d'être lus. Ce ne sont pas des grands crus, plutôt de la catégorie agréable des rosés, des blancs frais, avec de la buée sur le verre, qu'on boit avec plaisir en été à la terrasse des cafés, avec l'impression fugace d'être heureux.

22/03/2020, 09:00

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Les Ensablés - "La Maternelle" de Léon Frapié (1863-1949)

Parue en 1904, "La Maternelle" obtint le prix Goncourt au deuxième tour de scrutin, face, notamment, à Charles-Louis Philippe (que nos lecteurs des Ensablés connaissent bien) et Emile Guillaumin (pourtant favori avec son roman "La vie d'un simple"). Son auteur, Léon Frapié, était employé à l'hôtel de ville de Paris et marié à une institutrice qu'il avait beaucoup interrogée pour écrire ce roman étonnant, à mi-chemin entre la fiction et le documentaire. Il n'a pas perdu de son actualité quant aux questions qu'il pose sur l'école. Il vient de reparaître grâce aux éditions L'Eveilleur.

08/03/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Anna" d'André Thérive

Chers lecteurs des Ensablés, La Thébaïde publie ces jours-ci un des romans que je place parmi les meilleurs. Jusqu'à ce jour, il n'avait pas été réédité. Nous en avions déjà parlé en 2014: il s'agit d'Anna. Précipitez-vous si vous aimez Maupassant, Flaubert et Huysmans (dont d'ailleurs Thérive était un spécialiste). Il vous faut d'autant plus vous procurer ce texte exceptionnel qu'il est préfacé par notre excellent ami, collaborateur des Ensablés, François Ouellet qui, depuis des années, pour notre plaisir, explore la littérature française des années 30.

23/02/2020, 09:00

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Les Ensablés - “Histoire artistique des ordres mendiants”, de Louis Gillet (1876-1943)

« …dans le silence de ce jour naissant, je veux regarder le monde avec des yeux remplis d’amour »
Saint François d’Assise

Ce livre est un cours d’histoire de l’art que l’auteur donna à l’Institut catholique de Paris. Il est composé de dix leçons, qui suivent le développement des formes artistiques qu’inspirèrent les ordres mendiants du XIIIème siècle au milieu du XVIIème siècle ; le titre répond de l’austérité du sujet, mais il paraît utile de redonner vie à cette étude, en particulier lorsque l’occasion se trouve de mesurer l’état d’ignorance qui règne sur cette matière.

09/02/2020, 09:00

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 Mister Cerveau : les explorations cérébrales de Jean-Yves Duhoo

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Paternoster d’Adrien Girard : dernière déclaration 

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Feu de Maria Pourchet : la passion et ses menaces 

BONNES FEUILLES - Edité par Fayard, Feu, le sixième roman de l'écrivaine et scénariste Maria Pourchet, sera disponible en librairie dès le 18 août 2021. Rongés par la monotonie de leurs vies respectives, Laure et Clément seront bientôt consumés par leur passion mutuelle naissante. Loin du classique des romans d'amour, Feu en propose une vision mêlant puissance sentimentale et humour. 

13/07/2021, 17:55

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L’imagier des fleurs du jardin : éducation poétique 

ALBUM JEUNESSE – Cet imagier présente, à raison d'un dessin par page, des fleurs ordinaires que l'on peut trouver dans n'importe quel jardin. Ainsi se succèdent une jonquille, une tulipe, un oeillet ou une glycine. Avec ce livre, Marie-Noëlle Horvath livre un bel exemple de la poésie de ce qu'elle nomme des illustrations textiles, c'est-à-dire des images qui sont réalisées à partir de tissus découpés.

13/07/2021, 10:21

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Tableau final de l’amour, de Larry Tremblay : Francis Bacon, radical 

BONNES FEUILLES – Pour cette rentrée littéraire, les éditions La Peuplade publient le prochain roman de l’auteur québécois Larry Tremblay. Librement inspiré de la vie du peintre Francis Bacon, Tableau final de l’amour fait le récit d’une quête artistique sans compromis, viscérale, voire dangereuse. Un roman humblement cruel sur l’amour et la création…

13/07/2021, 09:38

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Voyage en train / C'est chez moi : Pop-ups en perspective 

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Philipp Weiss : Le grand rire des hommes assis au bord du monde

BONNES FEUILLES - 1200 pages, une œuvre en quatre romans et un manga, qui, à travers cinq histoires personnelles toutes liées les unes aux autres, tourne autour d’un seul et même thème, la fin de notre monde : un projet romanesque hors norme qui nous conduit du XIXe siècle français au Japon du XXIe siècle, de la Commune à Fukushima, des premiers pas de la libération de la femme à la réalité virtuelle et à l’humain augmenté. 

12/07/2021, 16:02

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La trilogie de Licanius de James Islington : la saga des prophéties 

BONNES FEUILLES - Vingt ans se sont écoulés depuis la fin de la guerre. Les Augures, autrefois considérés comme des dieux - devenus dictateurs - ont été renversés et anéantis, leurs pouvoirs mystérieusement disparus. Leurs représentants, hommes et femmes dotés d'une capacité moindre, les Talentés, n'ont évité le sort des Augures qu'en se soumettant au Pacte qui les lie à quatre Préceptes, les marque de manière indélébile et protège les humains. Davian, élève des Talentés, en subit les conséquences. Le premier tome de la Trilogie de Licanius de James Islington est annoncé pour cette rentrée aux éditions Leha. 

12/07/2021, 16:00

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Books by Women : chaos et liberté

Si vous les suivez un peu sur les réseaux sociaux et dans nos colonnes, vous avez peut-être dû voir la raison de leur longue absence : Elsa et Elura ont ouvert leur librairie ! Elles s'y attendaientt forcément, mais pas à ce point-là, et le projet prend tout leur temps et leur énergie, au point que Books by Women s'est retrouvée sur le carreau... Et pourtant ce n'est pas faute de lire et d'avoir de beaux coups de cœur ! 

12/07/2021, 15:30

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Disparition de Robson Rocha, illustrateur chez DC Comics

Dimanche 11 juillet, Robson Rocha, illustrateur, est décédé à 41 ans suite à des complications liées à la COVID-19. Après une entrée dans le monde de la bande dessinée en 2010, Rocha avait signé un contrat exclusif avec DC Comics en 2016, où il a fait carrière depuis. Il s’est principalement fait connaître pour son travail de reprise d’illustrations pour Aquaman, d’après le script de Kelly Sue DeConnick.

12/07/2021, 12:12

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Uchronie biographique : Rimbaud en 2021, poète dans un monde sans poésie ?

Aujourd’hui, Raphaël Gariépy, à la suite d'un entretien avec Adrien Cavallaro, maître de conférences à l’université Grenoble Alpes, auteur de Rimbaud et le rimbaldisme. XIXe-XXe siècles, et codirecteur, avec Yann Frémy et Alain Vaillant, d'un récent Dictionnaire Rimbaud, imagine une rencontre avec le jeune Arthur, auteur de polar, sympathisant des Gilets jaunes et futur transhumaniste. 

09/07/2021, 16:14

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Le secret très secret du maitre des secrets : alors, alors, alors? 

ALBUM JEUNESSE – C'est la fin de l'année scolaire et tes parents t'ont inscrit dans une super colonie de vacances où de nombreuses activités sont organisées chaque jour. Mais toi, plus malin, plus curieux aussi, te donnes un autre objectif : trouver le maître du secret afin qu'il te révèle quel est son secret si secret.

09/07/2021, 15:01

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La langue du pic vert de Chantal Dupuy-Dunier : de vos folies faites vos rêves

BONNES FEUILLES - « Le pic vert enroule sa langue autour de son cerveau pour le protéger contre les trépidations quand il fore les arbres. » Cette phrase, prononcée par un guide de musée, est une révélation pour Sylvain Breuil, le point de départ d’une quête de l’invulnérabilité, puis de l’immortalité. Premier roman mystérieux et original, La langue du pic vert de Chantal Dupuy-Dunier, publié chez La Déviation, est dédié à tous ceux dont le rêve est appelé folie.

09/07/2021, 09:00

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Gallimard publie l'édition intégrale du Journal de Franz Kafka

Ces 12 cahiers allant de 1909 à 1923, Kafka les qualifiait parfois de Journal, observations de vie quotidienne, rêves, visions, fulgurations, réflexions et même dessins alternant avec de multiples débuts de récit, certains répétés. Comme s’il s’agissait de réchauffer un moteur narratif refroidi. Dans cette galaxie brille un seul récit achevé, Le verdict, écrit d’une traite une nuit de 1912, devenu pour l’écrivain le modèle du bonheur de raconter. 

08/07/2021, 08:26

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La Fontaine l'Immortel a tout de même 400 ans

FABLES - Pour célébrer les 400 ans de la naissance de Jean de La Fontaine, les éditions Gallimard sortent dans la prestigieuse Bibliothèque de la Pléiade un tirage spécial des Fables de ce dernier. Elles y sont accompagnées pour la première fois des célèbres gravures et dessins préparatoires du non moins célèbre illustrateur Jean-Jacques Grandville. « La présente édition reproduit 192 de ces dessins, c’est-à-dire la sélection la plus importante jamais proposée. » On y trouve aussi la présentation de Grandville sur son travail et où il souhaitait déjà la réunion des gravures et études dans une seule et même publication. 

07/07/2021, 17:28

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Les étoiles les plus filantes d'Estelle-Sarah Bulle : Orfeu Negro, comme une épiphanie 

BONNES FEUILLES - Avec Les étoiles les plus filantes (Liana Levi), Estelle-Sarah Bulle signe en cette rentrée littéraire une fiction audacieuse, comblant l’absence d’archives, un grand roman qui raconte une parenthèse enchantée, à la confluence de la Nouvelle Vague et de la bossa nova, et la cruauté quand elle se referme :  l’histoire imaginaire d’un film culte, Orfeu Negro de Marcel Camus, de son tournage en 1958 à sa consécration avec la Palme d'or en 1959 . 

07/07/2021, 17:27

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Mais où est Momo? : cache-cache et grandes vacances 

ALBUM JEUNESSE - Ce second opus des aventures de Momo voit l'arrivée d'un second canidé, le fier Boo. Tous deux accompagnent leur maître en vacances, l'occasion de clichés caractéristiques de balades et flâneries au contact de la nature. Dans chacune de ces compositions se cachent des objets que le photographe nous met au défi de trouver !

07/07/2021, 16:34