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Les Ensablés - Notes de voyage de Laurent Jouannaud: un morceau choisi de Montaigne

Mon cher Hervé, je suis content de vous avoir revu, il y a deux semaines à Strasbourg. Vous étiez venu de Paris, moi d’Allemagne, et le pinot noir était bon. Vous m’avez dit n’avoir pas lu les Essais dont vous aviez commencé la lecture, il y a longtemps, pour vous arrêter assez vite. Il y a des chances pour que vous ne lisiez jamais ce grand texte. Vous n’en aurez ni le temps ni la patience : Montaigne, ce n’est qu’un seul titre, mais en trois volumes du Livre de poche ou mille pages en Pléiade ! Bien des tournures et des expressions sont mystérieuses car la langue a changé en quatre cents ans. Et puis, il y a des hauts et des bas dans ces 107 essais.

Le 25/05/2014 à 16:45 par Les ensablés

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Publié le :

25/05/2014 à 16:45

Les ensablés

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Par Laurent Jouannaud

La partie la plus intéressante est à la fin. Si vous commencez les Essais par le début, vous passerez par les quatre premiers chapitres suivants : « Par divers moyens on arrive à pareille fin » (I,1), « Sur la tristesse » (I,2), « Nos affections s’emportent au-delà de nous » (I,3), « Comment l’âme décharge ses passions sur des objets faux quand les vrais lui défaillent » (I,4). Pas très engageant ! Et puis le laminoir scolaire a fait de Montaigne un raisonneur prêchant la modération et la tolérance, d’une prudence normande (bien qu’il soit gascon), féru d’Antiquité (ah ! ces citations latines), à la fois stoïcien, sceptique et épicurien. On a arrondi ses angles et lénifié ses propos.

Montaigne est un monument que bien peu escaladent : on l’admire d’en bas. Mais il se trouve que la collection « Folio 2€ » propose un essai de Montaigne, un seul, le neuvième du troisième livre, intitulé « De la vanité » (III,9). C’est une excellente idée : du Montaigne à petit prix et en petite quantité ! Volume fin, jolie couverture colorée : en un seul essai, vous aurez la saveur de Montaigne tout entier. J’ai relu ce texte et une fois de plus la magie opère. Un essai de Montaigne ne se limite jamais au sujet qu’indique le titre : il sera question de vanité dans les premières lignes, et puis Montaigne va dériver, glisser, élargir le sujet, le laisser, pour y revenir à la fin. En fait, il ne peut pas y avoir de hors sujet dans les Essais, puisque tout ce qui touche Montaigne peut entrer en ligne. C’est le premier écrivain à écrire sur lui-même, et sur rien d’autre. Ce n’est pas un politicien, artiste ou savant arrivé qui écrit son autobiographie avec anecdotes et réflexions. Non, Montaigne est un particulier qui ressent le besoin d’écrire et n’a pas de sujet.

Ce besoin d’écrire est une chose bizarre, cher Hervé, vous et moi en sommes accablés, et beaucoup de nos lecteurs sans doute aussi. Ecrire… mais sur quoi ? Montaigne, n’ayant aucune imagination, a décidé d’écrire sur lui-même : « Je suis moi-même la matière de mon livre », inscrit-il en préambule des Essais. L’homme Montaigne est le seul personnage du récit. Il se met en scène mais ne veut pas jouer un rôle : il se donne pour ce qu’il est. Bien entendu, l’écriture des Essais l’entraînera plus loin qu’il ne l’imaginait : « Plusieurs choses que je ne voudrais dire à personne, je les dis au peuple, et sur mes plus secrètes sciences ou pensées je renvoie à une boutique de librairie. » Ce mot qui fait titre, « De la vanité », est un sentiment essentiel chez Montaigne, c’est le vanitas vanitatum et omnia vanitas de la Bible. Mais Montaigne met la formule au carré dès les premiers mots : « Il n’en est à l’aventure aucune plus expresse que d’en écrire si vainement. » Autrement dit, écrire que tout est vain est aussi vain que le reste. La vanité est partout : écrire ou ne pas écrire, être philosophe ou ne pas l’être, être vain ou ne pas l’être, tout est vain et vide (vanus veut dire vide en latin). Montaigne ne joue pas au grantécrivain qui compose d’impérissables choses. Cependant, fait-il remarquer, écrire est finalement moins nuisible que d’autres activités. Cette « écrivaillerie » est inutile, mais au moins Montaigne ne cause de tort à personne : « En un temps où le méchamment faire est si commun, de ne faire qu’inutilement il est comme louable. » En effet, en pleine guerre de religion, quand d’autres mentent, se parjurent et assassinent, Montaigne écrit des essais sans portée et sans effet, vanité sans grande conséquence. La dramatique situation de la France le conduit à parler de voyages. Montaigne aimait voyager. D’abord parce que les obligations domestiquent l’ennuient, les soucis ordinaires lui pèsent : « Ces ordinaires gouttières me mangent ».

Son père aimait cette terre et ce château de Montaigne qu’il lui a légués, mais Michel ne s’en occupe guère. Il ne s’intéresse pas à la politique, ni à rien d’autre. Il semble qu’il n’ait pas (ou plus) de passions : « Je me contente de jouir le monde sans m’en empresser, de vivre une vie seulement excusable, et qui seulement ne pèse ni à moi, ni à autrui. »  Il le répète : « Je ne cherche qu’à m’anonchalir et avachir ». Et justement, en voyage, loin de chez lui et des siens, il ne pense plus qu’à lui. L’autre raison qui le pousse à voyager, « c’est la disconvenance aux mœurs présentes de notre État ». Il se tient à distance de la longue crise religieuse et politique que connaît la France. Montaigne considère que les changements politiques n’apportent rien de bon : « Rien ne presse un État que l’innovation : le changement donne seul forme à l’injustice et à la tyrannie. » Il pense que « le bien ne succède pas nécessairement au mal ; un autre mal lui peut succéder en pire. » Il énonce la sagesse réservée à l’usage des petits : « Nous nous comparons à ce qui est au-dessus de nous et regardons vers ceux qui sont mieux. Mesurons-nous à ce qui est au-dessous. » Mais ce n’est pas non plus un conservateur militant : il laisse faire les choses. Son grand modèle, c’est Rome, qui a duré si longtemps malgré tant de vicissitudes. Tout va mal ? La catastrophe est imminente ? Je pense à la pollution galopante, à la crise de l’euro, à Poutine, etc. Montaigne me dit : « Tout ce qui branle ne tombe pas. La contexture d’un si grand corps tient à plus d’un clou. ». « Pour moi, je n’entre point au désespoir, et me semble y voir des routes pour nous sauver. » Le pire n’est pas plus sûr que le reste et personne ne sait vraiment comment l’univers fonctionne. Montaigne se demande à cet endroit du texte s’il n’a pas dit cela ailleurs. Il se plaint de sa mémoire. Il ne voudrait pas se répéter. Il explique que lorsqu’il apprend par cœur, il perd tous ses moyens. Quant à lire un discours, non il ne le ferait pas. Et improviser, il en est incapable. Du coup, il ne parle plus en public. Mais il continue à rédiger ses essais. Il les allonge, il ne les corrige pas. Il rajoute un troisième volume aux deux qu’il a déjà publiés, et complète aussi les deux premiers tomes. S’il ne corrige pas, explique-t-il, et se contente de faire des ajouts, c’est pour deux raisons. Son livre, il l’assume tel qu’il était au moment de sa parution, il y a six ans. Depuis, Montaigne a changé (tout change sans cesse, « tout branle », c’est une autre idée des Essais) mais il n’est pas sûr d’avoir amélioré son jugement ou sa réflexion : pourquoi telle correction serait-elle meilleure que le texte original ? Et il précise : « Moi à cette heure et moi tantôt, sommes bien deux, mais quand meilleur ? » Vieillir n’est pas une garantie de perfectionnement : « Il ferait beau être vieil, si nous ne marchions que vers l’amendement ». Montaigne, un senior sans prétention.

Il revient sur la guerre civile, se réjouit de n’avoir encore jamais été pris à partie (il est catholique dans une région protestante) car il est estimé. Mais il souffre d’être protégé par la bienveillance des hommes plutôt que par l’État et ses lois : « Je tiens qu’il faut vivre par droit et autorité, non par récompense ni par grâce. ». Il explique longuement un trait de son caractère qui me touche. Il se dit extrêmement tenu par le « devoir d’honneur ». Plus banalement, il ne veut rien devoir à personne car une dette personnelle l’oblige infiniment. Plus, en tout cas qu’une obligation légale : « On me garrotte plus doucement par un notaire que par moi. » Sa parole lui est sacrée : « J’aimerais bien plus cher rompre la prison d’une muraille et des lois que de ma parole. » Du coup, il n’aime pas s’engager, car il tient ses promesses. De même, l’amitié lui pèse, et si ses amis sont ingrats ou l’offensent, tant mieux, il leur devra moins. Bien entendu, il ne doit rien aux princes (aucun portefeuille, aucune place, aucun jeton de présence) : « Que jamais je ne doive un essentiel grand merci à personne ! » Bref, « j’essaie à n’avoir exprès besoin de nul : in me omnis spes est mihi. [Toute mon espérance repose sur moi.] » Il insiste : « Il fait bien piteux et hasardeux dépendre d’un autre. Je n’ai rien mien que moi. » Montaigne préfère donner plutôt qu’accepter, qui est « qualité de soumission ». Pas question de communauté, d’entraide, de partage. La liberté est individualiste. Ce Montaigne-là n’est pas vraiment sympathique, ni débonnaire, ni généreux. Montaigne, un homme libre. En temps de guerre civile, il sait qu’il doit la vie à la bienveillance d’autrui, une dette qui « l’accable »  : « Je me suis couché mille fois chez moi, imaginant qu’on me trahirait et assommerait cette nuit-là. » La mort (autre thème majeur des Essais), Montaigne y pense sans cesse, il s’y prépare, il s’y voit même : « Il m’advient souvent d’imaginer avec quelque plaisir les dangers mortels et les attendre ». Il la souhaite, comme nous tous, « courte et violente », « une charge prompte et insensible ». Et il revient aux voyages : « Je sais ce que je fuis, mais non pas ce que je cherche. » Montaigne qu’on présente souvent comme gascon gasconnant (il est vrai qu’il parlait le patois), comme homme de terroir, écrit exactement le contraire : « Je ne suis guère féru de la douceur d’un air naturel. » Et même : « J’estime tous les hommes mes compatriotes, et embrasse un Polonais comme un Français, postposant cette liaison nationale à l’universelle et commune ». Il précise que les amitiés de rencontre ne valent pas moins que les amitiés de voisinage, ou les liens de langue ou de famille.

Et il rentre dans les détails, Montaigne décrit Montaigne. En voyage, il aime la pluie et la boue, et pas le soleil. Il reste longtemps en selle, il se lève tard. On lui a reproché de voyager alors qu’il est marié et âgé. Justement, dit-il : la distance dans le couple fait du bien. On aime plus au retour qu’au départ ! D’ailleurs, « la jouissance et la possession appartiennent principalement à l’imagination ». Quand est-on loin l’un de l’autre : « Au jardin, est-ce loin ? A une demi-journée ? Quoi, dix lieues, est-ce loin ou près ? » En amitié, la distance ne nuit en rien, dit-il. Son amitié avec La Boétie (« Parce que c’était lui, parce que c’était moi. » I,28) n’a jamais souffert de la distance : « Il vivait, il jouissait, il voyait pour moi, et moi pour lui. »

Quant à l’âge, Montaigne n’y voit aucun inconvénient pour voyager. Au moment où il écrit cet essai, son père est mort depuis dix-huit ans, note-t-il. Il écrit donc en 1586, il a 53 ans, il lui reste 6 ans à vivre. Ce plaisir-là est un des derniers qui restent, il ne faut pas s’en priver. Il approuverait ces retraités européens qui ont la bougeotte et font le tour du monde. Et il revient à la mort. S’il mourait en chemin, loin de chez lui, où serait le problème ? Montaigne aimerait mourir seul, « plutôt à cheval que dans un lit, hors de ma maison et éloigné des miens ». Le chagrin de ses amis et « d’autres plaintes feintes et masquées » le gêneraient : « Vivons et rions entre les nôtres, allons mourir et rechigner entre les inconnus. » En voyage, il va où il veut, comme il veut : « Ai-je laissé quelque chose à voir derrière moi ? J’y retourne ; c’est toujours mon chemin. Je ne trace aucune ligne certaine, ni droite ni courbe. » Et il cherche la nouveauté, le dépaysement, évitant ses compatriotes qui critiquent tout ce qui n’est pas comme dans leur village. Il ne « cherche pas des Gascons en Sicile (j’en ai assez au logis) ». Il aimerait un bon compagnon de voyage mais ne l’a jamais trouvé. « Nul plaisir n’a goût pour moi sans communication » mais « il vaut encore mieux être seul qu’en compagnie ennuyeuse et inepte ». Cet essai devrait s’intituler « Sur les voyages » et non « Sur la vanité » ! Ce plaisir à voyager, alors qu’il pourrait jouir du confort de sa maison, Montaigne sait parfaitement que c’est un divertissement : « Je sais bien qu’à le prendre à la lettre, ce plaisir de voyager porte témoignage d’inquiétude et d’irrésolution ».

Cette vie qu’il mène, sans aucune responsabilité politique ou sociale, il lui faut la distraire par le changement: « La seule variété me paie, et la possession de la diversité, au moins si aucune ne me paie. » Montaigne voyage parce que l’oisiveté provoque l’ennui. « Il y a de la vanité en cet amusement. – Mais où non ? Et ces beaux préceptes sont vanité, et vanité toute la sagesse. » Nous y voilà : vanité de la philosophie et inutilité des bons conseils. Pourquoi là-bas serait-il plus beau qu’ici ? Où, sur terre, n’y a-t-il « rien qui vous gêne et vous trouble » ? Il n’a rien à répondre à ces objections contre les voyages (objections que j’approuve car je ne voyage que contraint et forcé) : « Vous vous suivrez partout, et vous plaindrez partout. »

Montaigne se reconnaît incapable de sagesse, la sagesse qui est impossible à l’homme car elle va trop haut pour nous : « L’humaine sagesse n’arriva jamais aux devoirs qu’elle s’était elle-même prescrits et, si elle y était arrivée, elle s’en prescrirait d’autres au-delà. » L’homme reste en dessous de ses prétentions morales. Montaigne, un moraliste sans grande conviction. Quant aux lois, il n’est homme de bien qui n’en enfreigne quelques-unes et il y a des gredins qui s’arrangent pour les respecter. C’est pourquoi il ne s’occupe pas de politique, l’expérience qu’il en a faite l’a « dégoûté » (il a été maire de Bordeaux) : « La liberté et l’oisiveté, qui sont mes maîtresses qualités, sont diamétralement contraires à ce métier-là. » Et même les meilleurs, dit-il, ne peuvent éviter le déguisement et le mensonge en politique : « Le plus juste parti est encore le membre d’un corps vermoulu et véreux. » Certains jouent double jeu, d’un côté les actes, de l’autre les paroles. Mais pas Montaigne.

Ses Essais racontent exactement ses actes : « Il faut que j’aille de la plume comme des pieds. » Il dit où il va et va où il dit. Ces formules stoïques, Montaigne essaiera de s’y tenir car, justement, il les rend publiques dans les Essais : « Il me vient parfois quelque considération de ne trahir l’histoire de ma vie. » Montaigne, fidèle à Montaigne. Ces longues remarques politiques étaient une digression, « cette farcissure était un peu hors de mon sujet », reconnaît Montaigne. Mais c’est son style, il l’a voulu ainsi : « Je m’égare, mais plutôt par licence que par mégarde. » « Les noms de mes chapitres n’en embrassent pas toujours la matière », et c’est au lecteur d’être aux aguets : « C’est l’indigent lecteur qui perd mon sujet, non pas moi. » Et si ses chapitres sont beaucoup plus longs (celui-là fait 120 pages !) que ceux des deux premiers tomes, c’est exprès : qu’on prenne le temps de le lire, dit-il ! Et si son texte est embrouillé, c’est encore exprès, pour que le lecteur ne s’endorme pas ! Et si ce qu’il dit est vain (ah ! nous y revoilà !), il en est conscient : « Je m’emploie à faire valoir la vanité même et l’ânerie si elle m’apporte du plaisir ». Montaigne, un écrivain libre. Il conclut sur une ultime vanité. A Rome, quand il y était (en 1580), il s’est fait décerner le titre de « citoyen romain », titre inutile et ridicule dont il se pare et s’amuse. Montaigne copie en entier le certificat pompeux où il est dit que « l’illustrissime Michel de Montaigne rend service à Rome en acceptant ce titre d’honneur » ! Vanité avouée est à moitié pardonnée : « Nous en sommes tous imprégnés, tant les uns que les autres, mais ceux qui le sentent en pâtissent un peu moins, encore n’en suis-je pas sûr. » La vanité de tout autorise ces petites vanités-là : refuser les décorations serait plus vain que les accepter en silence ! Les prix littéraires sont une foire aux vanités, mais refuser un prix serait encore plus vain [1]! La vanité de toutes choses n’empêche pas de vivre. Montaigne regardait la mort en face, approuvait le suicide (II,3) mais n’était pas un désespéré. Le « rien de tout » (c’est une formule de Saint-Simon) peut nous rendre amer ou libre, nous aigrir ou nous mûrir, nous décourager ou nous requinquer : l’équilibre n’est pas facile à garder, le fil est mince, le vide est partout, la mort approche (« Il est temps de tourner le dos à la compagnie »).

Montaigne, courageux funambule ! Vous et moi, cher Hervé, quand un roman est fini d’écrire, nous avons peur de manquer de sujet, c’est la panique existentielle. Montaigne n’avait pas ce souci : « Qui ne voit que j’ai pris une route par laquelle, sans cesse et sans travail, j’irai autant qu’il y aura d’encre et de papier au monde ? » Les Essais n’en finissent pas. Décidément, Montaigne a raflé la mise.  

[1] Notre ami Hervé vient de recevoir le Prix Horizon du second roman, décerné par la Belgique, pour Les choix secrets.

Par Les ensablés
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Avec Les réveillés de la vie (1956) et Les Irréductibles (1958), Zoé Oldenbourg (1916-2002) retrace l’histoire d’un amour impossible. De la fin des années 1930 à l’aube des années 1950, Elie et Stéphanie se cherchent et se fuient dans une valse-hésitation cruellement heurtée par la guerre. Semblable à son premier diptyque médiéval qu’il l’avait révélée, la romancière-historienne projette ici ses personnages dans la lumière contemporaine du XXe siècle où s’étirent encore les ombres portées du Moyen Age et ses dilemmes spirituels.

Par Nicolas Acker.

23/11/2025, 10:00

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Les Ensablés - Huysmans vivant d'Agnès Michaux

Bravo à Agnès Michaux d’avoir osé s’attaquer à Huysmans dans son épais volume publié au Cherche Midi il y a peu ! Il fallait le faire ! « Huysmans vivant » est la première biographie depuis celle de Robert Baldick publiée en 1958 (chez Denoël). Vieil admirateur du romancier, je me la suis procurée aussitôt, curieux de voir comment cette romancière (La fabrication des chiens) et spécialiste de la fin du XIXème siècle a pu traiter ce sujet vaste et ardu. En effet, aborder la vie de Huysmans, c'est aussi évoquer tout un pan de la littérature du XIXeme siècle.
Par Hervé Bel

09/11/2025, 09:00

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Les Ensablés - La Maternelle de Léon Frapié

Que reste-t-il de nos Goncourts ? Nombre d’heureux lauréats de ce prix littéraire tant convoité ne sont pas passés à la postérité et leurs romans sont aujourd’hui bien ignorés... Entre les oubliettes où ils churent et le Panthéon des auteurs consacrés, se maintiennent bon an mal an quelques romanciers dont la notoriété subit certes des éclipses, mais dont on redécouvre périodiquement l’intérêt. Par Marie Coat

 

26/10/2025, 09:00

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Les Ensablés - Le tout sur le tout, de Henri Calet (1904-1956)

Henri Calet (de son vrai nom Raymond Barthelmess) n'est pas un inconnu pour Les Ensablés qui l'ont abondamment célébré, notamment au travers de son roman majeur Monsieur Paul (publié en 1950). C'est que l'homme qui se devine au travers d'une œuvre largement autobiographique, est éminemment énigmatique et attachant, se caractérisant, selon les termes de son biographe Michel P. Schmitt par « un fin humour allié à la peine de vie la plus noire » . Dans l'un des articles que Les Ensablés lui ont consacrés, il est dit que « La vie de Calet fut riche en aventures dans sa première moitié, beaucoup moins dans la seconde ».

Par Isabelle Luciat.

12/10/2025, 09:00

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Les Ensables - Les modérés, d'Abel Bonnard

Le parcours d’Abel Bonnard  (1883-1968) est l’un des plus surprenants parmi les écrivains du XXe siècle. Son destin intellectuel et politique est un précipité d’ambiguïtés, de compromissions et de fulgurances. Par Nicolas Kinosky 

28/09/2025, 10:42

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Les Ensablés - La Reine battue, d'Henri Duvernois

Le propre du « petit maître » est d’être discret. Un temps, il s’impose, il plaît... Puis disparaît, écrasé sous les poids des « grands ». C’est que l’on ne peut pas retenir tout le monde. J’ai mes « petits maîtres » favoris, et l’un d’eux, vous le savez peut-être, car j’en ai déjà parlé, s’appelle Henri Duvernois. Récemment, dans un vide-grenier, perdu dans un amas de livres vendus un euro chacun, je suis tombé sur son roman « La Reine battue » publié sur papier alfa bouffant dans la belle collection de luxe Le livre de demain, où le texte s’orne de gravures. Je l’ai acheté évidemment, sachant à l’avance que je ne serais pas déçu. Par Hervé Bel.

14/09/2025, 10:00

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Les Ensablés - La Pierre angulaire, de Zoé Oldenbourg

Zoé Oldenbourg (1916-2002) fut longtemps associée aux succès d’édition de grandes fresques médiévales. Son premier livre, Argile et Cendres (1946) qui suit les péripéties d’un petit seigneur partant pour les croisades, impressionna tellement par sa précision et son ampleur qu’on y vit un potentiel Goncourt. Le couronnement arrivera finalement en 1953 avec son second roman La Pierre angulaire qui remporte le Prix Femina. Zoé Oldenbourg y expose les tableaux contrastés d’un Moyen-Âge où même les âmes les plus abjectes vivent dans l’espérance du salut éternel. Par Nicolas Acker.

31/08/2025, 09:00

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Les Ensablés - La vierge et le taureau, de Jean Meckert

Les éditions Joëlle Losfeld poursuivent avec bonheur la réédition des romans de Jean Meckert  (1910-1995). Le dernier en date, La vierge et le taureau, occupe une place à part dans l’œuvre de Meckert. D’abord parce qu’il s’agit du dernier publié sous son propre nom. S’il continue à publier par la suite, ce sera désormais sous le pseudonyme de Jean Amila, bien connu des amateurs de romans policiers. Dernier roman de Meckert donc, La vierge et le taureau est aussi entouré d’une légende noire qui fait de ce livre, une sorte d’ouvrage maudit qui a donné libre cours à de nombreuses spéculations. Par Carl Aderhold

17/08/2025, 09:00

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Les Ensablés - Le wagon à vaches (1953), de Georges Hyvernaud

Sa prose noire et acérée rappelle Raymond Guérin. Son ironie pessimiste penche du côté d’Emmanuel Bove. Le phrasé rageur est célinien. Nous sommes en 1953 lorsque Georges Hyvernaud publie son deuxième récit le Wagon à vaches. On y retrouve la veine existentialiste, sans le torse bombé de l’intellectuel engagé. Par Nicolas Acker.

27/07/2025, 09:00

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Les Ensablés - La fin de la IIIe République, de Emmanuel Berl

Paru en 1968 dans la célèbre collection de Gallimard, « Les trente journées qui ont fait la France », La fin de la IIIerépublique est republiée quelques années plus tard dans une autre collection intitulée «Témoins». Ce passage révèle bien à la fois la nature de cet ouvrage mais aussi celle de son auteur, Emmanuel Berl (1892-1976). S’il est aujourd’hui tombé dans l’oubli (tout juste certains se souviennent qu’il fut le mari de la chanteuse Mireille), il a pourtant marqué la vie intellectuelle des années 1930 par ses positions que ses biographes qualifient volontiers d’inclassables. Par Carl Aderhold

06/07/2025, 10:45

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Les Ensablés - Le roi dort, de Charles Braibant

« Nos pays ne sont pas beaux...mais il y a en eux une espèce de grandeur calme et comme un peu dédaigneuse qui est beaucoup plus captivante que la beauté ». Ainsi Charles Braibant (1889-1976), Champenois de lignée et de coeur, décrit-il sa région d’élection dans son roman Le roi dort qui, s’il rata de peu le prix Goncourt, fut couronné du Renaudot en 1933. Par Marie Coat

 

22/06/2025, 09:00

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Les Ensablés - La peau et les os de Georges Hyvernaud

Dans la fosse commune de l’oubli, Georges Hyvernaud n’a non seulement rien fait pour l’éviter - en ne publiant que deux livres de son vivant - mais y a sauté à pieds joints. La Peau et les os (1949), court mais édifiant récit de sa captivité pendant la seconde guerre mondiale, puis Le Wagon à Vaches (1953), roman implacable de l’impossible réadaptation à une vie dite normale, prouvent que l’écrivain avait pris le parti non négociable d’une vérité humaine très difficile à vendre. Par Nicolas ACKER.

08/06/2025, 19:15

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Les Ensablés - Planète sans visa, de Jean Malaquais

Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais  (1908-1998) - quitta la Pologne à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Mobilisé en 1939, il fut fait prisonnier, puis parvint à s'évader. Juif et apatride, il partagea alors l'existence précaire de nombre de personnes réfugiées à Marseille dans l'espoir d'obtenir un visa. Grâce à l'aide de son ami Gide, il obtint ce précieux sésame et gagna les Etats-Unis où il vécut plusieurs années, enseignant la littérature. Malaquais n'a publié que trois romans : « Les Javanais » (prix Renaudot 1939),  « Le Gaffeur » (publié en 1953), tous deux objets de précédents articles et  « Planète sans visa », grand roman de la France sous l'occupation, publié en 1947 et qu'il remania jusqu'à ses derniers jours. Ce roman de plus de 500 pages a été réédité en 1999 après sa mort.

25/05/2025, 09:41

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Les Ensablés - La Saint-Michel et le Pont Euxin d'Anne Lacroix, par François Ouellet

Anne Lacroix (1897-1982) n’aurait publié qu’un seul roman, La Saint-Michel et le Pont-Euxin chez Grasset en janvier 1933. À cette date, elle a déjà commencé un deuxième roman, Rézle (et même annoncé un troisième titre, Les Bergers d’Arcadie), soumis en décembre de la fin de cette même année pour le Prix du roman du Temps ; les quelques voix qu’elle récolte seront insuffisantes pour qu’elle obtienne ce prix qui consiste dans la publication du roman dans les pages du quotidien. Mais, cinq ans plus tard, en mars 1938, Rézle paraîtra en feuilleton dans Le Temps. Il ne semble pas que la carrière d’Anne Lacroix ait connu d’autres développements. Par François Ouellet.

11/05/2025, 09:00

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Les Ensablés - L'Impassible de Frédéric Berthet (1954-2003)

Lorsque la critique d’un livre est aussi intéressante, voire plus, que le livre dont elle parle, lorsqu’on se régale de son style, de son ironie, de sa drôlerie, et si transparaît à travers ses mots l’originalité de l’homme lui-même, alors on peut se dire qu’elle est elle-même œuvre littéraire, et que son auteur est un sacré bonhomme. Voilà la réflexion que je me suis faite après la lecture de ce recueil d’articles de Frédéric Berthet, récemment paru chez La Table Ronde sous le titre L’Impassible. Par Hervé BEL

27/04/2025, 09:00

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Les Ensablés - Happe-Chair de Camille Lemonnier (1844-1913)

Happe-Chair, un titre qui a tout de suite attiré mon attention. Je me trouvais alors dans une des dernières librairies anciennes de la rue Saint-Sulpice (pour combien de temps encore sera-t-elle là ?), dans la bonne odeur des vieux livres, lorsque je suis tombé sur la réédition de 1908 de ce roman de Camille Lemonnier publié une première fois en 1886 chez Kiestmaeckers…  par Hervé Bel. 

13/04/2025, 12:28

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Les Ensablés - Jacques Rivière, Sentiments et critique

À l’occasion du centenaire de sa mort, la collection Bouquins consacre un volume à Jacques Rivière, critique et essayiste, véritable cheville ouvrière de la Nouvelle revue française dont il assura la direction durant plus de 10 ans. Mort prématurément en 1925 à l’âge de 39 ans, celui qui fut à la fois le grand ami et le beau-frère d’Alain Fournier, l’auteur du Grand Meaulnes, révèle par la quantité d’articles qu’il donna à la revue une perspicacité critique étonnante. Sensuelle et inspirée. Par Denis Gombert

30/03/2025, 09:00

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Les Ensablés - Lire sous l'occupation de Jacques Cantier

Le monde des livres sous l’Occupation a déjà été étudié par l’historien Jacques Cantier qui s’était intéressé à la trajectoire de l’une des figures maudites des lettres françaises avec sa biographie de Pierre Drieu La Rochelle (Perrin, 2011). Cette fois, avec Lire sous l’Occupation, publié en 2019 et en poche en 2024 aux Éditions CNRS, il nous présente un panorama global de la lecture entre 1939 et 1945. , par Nicolas Acker.

16/03/2025, 16:50

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Les Ensablés - La femme qui boit de Colette Andris, par Marie Coat

En mars 2023, Gallimard publiait dans sa collection L’imaginaire un grand succès de son catalogue paru en 1929, réédité à huit reprises puis repris en 1934 dans sa collection de poche : La femme qui boit », première oeuvre d’une jeune femme de 29 ans, Pauline Toutey. Par Marie  Coat

02/03/2025, 19:56

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Mordre l’orage : les livres ne guérissent pas, ils empêchent de tomber

Un appel de notaire, une morte, une maison dont personne ne veut : il n’en faut pas davantage pour que l’existence de Fanny Delambre se déboîte. Isabelle Pandazopoulos ne raconte pas une réparation bien ordonnée, mais une femme qui court derrière elle-même, trébuche, mord, repart. Dans ce récit ample et nerveux, la filiation, l’abandon et la transmission se heurtent aux textes, ces refuges qui ne sauvent pas de tout, mais évitent parfois le pire. L'éclair frappera le 19 août.

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« Les Juifs sont devenus blancs ». Dans Redevenir juif, le philosophe Michel Feher nuance et critique cette formule contestable. Selon lui, la figure du Juif n’est aujourd’hui politiquement acceptée qu’à la condition d’adhérer sans réserve aux dogmes coloniaux de l’État d’Israël et aux mythologies historiques qui exonèrent l’Europe occidentale de sa judéophobie exterminatrice. 

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La Vie avant nous, premier roman de Kristina Gorcheva-Newberry, traduit de l’anglais américain par Karine Lalechère, paraîtra le 20 août 2026 aux Presses de la Cité. Inspiré de La Cerisaie d’Anton Tchekhov, le livre suit quatre adolescents dans la périphérie de Moscou, à la fin des années 1980, alors que l’URSS traverse ses derniers bouleversements.

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Ce dimanche 19 juillet, l’Espagne a repris la couronne à Lionel Messi. La finale n’a pourtant basculé qu’à la 106e minute, lorsque Ferran Torres a enfin traduit au tableau d’affichage une domination installée depuis le coup d’envoi. Deux tirs argentins, aucun cadré, onze arrêts d’Emiliano Martínez : le 1-0 raconte mal l’écart entre les deux équipes. lors, pour comprendre le sacre, l’asphyxie et cette chute retardée, j'ai retenu trois œuvres : Les Vagues, Sa Majesté des mouches et Le Roi se meurt.

 

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Une famille doit répondre d’avoir délaissé une mourante

Par une journée froide de novembre, quelques personnes sont réunies dans une petite chapelle pour mettre en terre une parente. Le pope frigorifié se hâte de chanter l’office, les fossoyeurs s’enivrent et les invités silencieux se perdent dans leurs pensées. 

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Kaya est morte, mais sa voix circule encore. Depuis l’éther, elle accompagne Kem, sa jumelle, tandis qu’un carnet bleu ramène leurs proches vers les derniers mois de la disparue. Avec Le Mouvement, publié chez Rivages, Douce Dibondo entraîne l’intime dans la rue, de la France au Kongo. Un récit incandescent, charnel et politique, qui touche juste lorsqu’il laisse parler les blessures — quitte à laisser parfois le manifeste déborder la fiction. La cause ne s'arrête pas : elle se poursuit ce 19 août. 

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À nos Marques : deux adolescents en guerre sous le même toit

Élaïa fend l’eau pour oublier le vitiligo que ses camarades lui renvoient au visage. Lucien parade pour cacher l’énurésie, les paris sportifs et la peur de perdre sa mère. Quand leurs parents les installent sous le même toit, la guerre éclate. Dans À nos Marques, Calouan et Bénédicte Rousset livrent un roman jeunesse énergique et chaleureux, très juste dans l’intime, plus fragile dans ses raccourcis. Départ donné le 27 août.

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Sept romans étrangers qui auraient dû faire beaucoup plus de bruit

À quelques semaines de la rentrée littéraire, les piles vacillent déjà sous les promesses d’août. Pourtant, sept traductions parues depuis janvier méritent qu’on retarde encore un peu l’invasion annoncée. De l’Australie noongar à Damas, en passant par Lagos, Java, Zurich, le Sandžak et une ferme perdue dans un pays sans nom, ces textes ont bien davantage à offrir qu’un dernier détour avant l’automne.

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Fanny à la folie : Émilie de Turckheim raconte les souvenirs d'une femme de 82 ans

Fanny à la folie, le nouveau roman d'Émilie de Turckheim, paraîtra le 19 août 2026 aux éditions JC Lattès. À travers le portrait d'une octogénaire contrainte de quitter son appartement pour entrer en maison de retraite, l'autrice retrace une vie traversée par les souvenirs, les amitiés fondatrices, les amours et les secrets, dans un récit où se mêlent humour, fantaisie et émotion.

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Moins de 200 pages : 10 livres à dévorer pour lecteurs qui n’ont pas le temps

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Comment l’IA transforme la guerre de l’information

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Au-dessous du volcan, de Malcolm Lowry (éditions Gallimard, 1959, traduit de l’anglais par Stephen Spriel avec la collaboration de Clarisse Francillon et de l’auteur) est un roman hors-norme, sulfureux.

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Septentrionale : Karim Kattan fait de l’amour le dernier moteur du monde

Un pays jamais nommé s’effondre derrière eux ; devant, toutes les routes filent vers le nord. Dans Septentrionale, Karim Kattan lance Maryam et Joseph à travers une nuit de guerre, de prodiges et de souvenirs. Porté par les trajectoires queer de ses deux protagonistes, ce roman de l’exil mêle argot, visions cosmiques et tendresse sans édulcorer les violences héritées. Une traversée saisissante, parfois freinée par des symboles trop appuyés. Sortie le 4 septembre.

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Elle le mangerait : la grande Frédé a les crocs

Frédérique a 35 ans, quelques centimètres de trop selon les autres, un ex qu’une mesure d’éloignement lui interdit d’approcher et une faim d’amour impossible à rassasier. Lorsque Gabriel la défend dans la rue, elle ne rencontre pas un homme : elle invente un couple. Avec Elle le mangerait, Nicolas Robin signe une comédie noire nerveuse, drôle dans son aveuglement, glaçante dans sa logique. À table, le 27 août.

17/07/2026, 10:37

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Que reste-t-il des idéaux quand un attentat se prépare ?

Jeanne, Eric et Abdallah sont adolescents quand ils forment un groupe de musique : Les Pirouettes Cacahuètes. Ils voulaient fabriquer du son, une matière sauvage pour contrer l’effondrement annoncé, mais jamais le trio n’aurait imaginé alimenter une révolution à venir.

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Antoine Hummel propose un jeu. Son dispositif littéraire caustique entreprend de nous décoller du régime permanent de sollicitation que produisent les algorithmes de plateformes et d’applications.  En se confrontant à YouTube et en laissant s’insinuer l’intelligence artificielle, le texte explore ce que deviennent l’attention, le jugement et la création lorsque la répétition du même et la suggestion algorithmique enclosent notre appréhension du monde. 

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La prochaine guerre mondiale pourrait commencer par l’eau

L’eau est devenue l’or bleu du XXIe siècle, une ressource rare et convoitée, au cœur des équilibres géopolitiques. Dans un monde sous tension, Léa, ingénieure spécialiste du traitement de l’eau, travaille sur des technologies de pointe censées répondre à la pénurie. Lorsque la crise s’intensifie, elle est mobilisée au sein de Blue Corps, une unité internationale chargée de sécuriser les ressources hydriques, considérées comme des infrastructures critiques.

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C’est le succès cinématographique du moment : un film d’animation – pour adultes – déjanté, trash et follement irrésistible : Jim Queen, de Marco Nguyen et Nicolas Athané.

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Un polar sur fond historique qui rappelle beaucoup l'ambiance de la Trilogie Berlinoise de Philip Kerr. À Munich en 1946 sous l'occupation US, les destins de réfugiés, profiteurs, militaires, prisonniers, s'entrecroisent tandis qu'un serial-killer s'attaque à des jeunes femmes.

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Le fabuleux piano : Sonia Devillers fait parler un Érard disparu

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Gaëlle Obiégly, ou l’art de digresser dans Rien à voir

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