#Droit / Justice

Les Ensablés - "Le sel et le soufre" d'Anna Langfus (1920-1966), l'holocauste, sujet de roman?

En 2006 paraissait le roman de Jonathan Littell "Les Bienveillantes". J'ai cru, pendant les cent premières pages qui racontent l'entrée des nazis en Ukraine, que je lisais enfin LE ROMAN impossible à écrire sur la Shoah, où tout serait dit et bien dit. Mais j'ai déchanté ensuite, car je sentais dans le personnage de Max Aue, l'officier nazi exterminateur, quelque chose de faux. Et cela me fut confirmé avec le meurtre de sa mère qu'il commet dans le sud de la France et qui n'apportait rien au sujet. Pire, le desservait, car il pouvait confirmer cette idée fausse que les exterminateurs avaient été des monstres exceptionnels (ils furent pourtant des centaines de milliers).

Le 25/01/2014 à 20:06 par Les ensablés

|

Publié le :

25/01/2014 à 20:06

Les ensablés

Partager cet article sur Bluesky Partager cet article sur Mastodon Partager cet article sur Linkedin Partager cet article par mail Imprimer cet article

Par Hervé Bel

Et je ne crois pas que les membres des Einsatzgruppen aient jamais tué leur mère. Peut-être Littell avait-il cédé aux sirènes du romanesque, fort appréciable dans la fiction, mais qui, se rapportant à une tragédie historique d'une telle importance, a à mes yeux quelque chose d'incongru, d'impossible, de contradictoire même avec son sujet. J'ai bien conscience en écrivant ces mots que cela relève plus d'une attitude morale que d'un point de vue littéraire. Je sais bien que le roman peut parler de tout (mais il faut que ce soit de qualité) et que restreindre son champ pour des motifs moraux revient à ouvrir la boite de Pandore de la dictature intellectuelle, et peut-être faut-il préciser ma pensée. L'holocauste des Juifs, par son ampleur, son organisation que nul pays ne poussa aussi loin que l'Allemagne, et sa proximité dans le temps, me paraît si exceptionnel dans l'histoire, que toute intrigue, tout artifice qui n'auraient d'autre fin que de rendre le récit palpitant, me paraît inadapté, en trop en quelque sorte: en "distrayant", on passe à côté de l'immensité de l'événement, de la vérité. Raconter la Shoah dans un roman consisterait à embrasser à la fois l'universalité du massacre et la vérité intérieure des héros, à ne rien inventer... Mais ce serait alors un ouvrage historique. Roman impossible? Je rêve pourtant de le faire... Reste le récit romancé qui porte sur la périphérie, si je puis dire, de l'extermination. Et là, tout redevient possible à mes yeux.

J'ai lu récemment "Le sel et le soufre" premier roman d'Anna Langfus (1960), dont la suite "Les bagages de sable" obtint le prix Goncourt en 1962, malgré la position mitigée d'Hervé Bazin. Anna Langfus raconte le destin d'une juive polonaise et de son mari enfermés dans le ghetto de Varsovie. Le couple parvient à s'enfuir. Ils vivront dans des conditions effroyables, rançonnés par les Polonais, finissant, protégés par un officier allemand revenu de tout, par vivre au milieu d'une unité allemande. Un temps seulement. Soupçonnés d'espionnage, ils sont arrêtés. Le mari est aussitôt reconnu comme juif et exécuté. Elle, par miracle, est considérée comme résistante (il faut lire le passage sur les geôles de la Gestapo, les interrogatoires). Elle survivra à la suite d'un hasard effrayant, revenant chez elle à travers la Pologne désormais occupée par les Russes en compagnie d'une autre prisonnière. 

Anna Langfus

Ce n'est pas un roman; plutôt de vrais souvenirs reconstitués sous une forme romanesque: utilisation de dialogues, histoire personnelle au milieu du désastre général. La démarche de Langfus est de dire ce qu'elle voit, ce qui, au départ, gêne. Dans le ghetto de Varsovie, issue d'une famille assez fortunée, elle vit d'abord à l'écart de la souffrance. Elle la voit, la décrit, jeune fille égoïste et futile. Ainsi découvre-t-on que les privilégiés, au centre du ghetto, se font bronzer sur une terrasse: "Sur le dernier palier se dresse une échelle presque verticalement vers un carré de lumière. Me parvient un bruit de voix, des rires, la musique d'un phonographe. Je monte doucement et je me hisse au dehors de la lucarne (...) Me voici sur la plage. Je m'assieds avec précaution car, de ce côté, le toit est à forte pente. Des couples, ou des femmes seules, sont allongés sur des couvertures (...) et leur comportement est celui qu'ils auraient sur une plage véritable. En maillots de bain, ils exposent avec patience leurs corps au soleil. Certains en sont déjà au teint café au lait (...) Je regarde dans la direction qu'elle me montre, de l'autre côté du mur (du ghetto, ndla) où des hommes circulent librement dans les rues où il n'y a pas de cadavres." Car déjà, les rues du ghetto sont jonchées de cadavres, d'agonisants: "On fonce tout droit, sans les voir, on s'arrache de leurs griffes avec une brutale indifférence." Et puis voici les purges: "Des êtres humains se traînent sur les mains et les genoux, se terrent dans leurs petits trous préparés à l'avance." L'utilisation systématique du présent de l'indicatif donne vie à ces scènes terribles, sans la solennité de l'imparfait, et une sorte de légèreté en accord avec l'héroïne (qui prendra peu à peu conscience de la situation). Témoignage. Rien d'autre. Langfus décrit, sans chercher à comprendre. Les Allemands sont cruels. Ils tirent, tuent, mais sont aussi capables, même vis-à-vis des juifs, de sourire, d'être "normaux". Elle ne décrit d'ailleurs que les "petits" bourreaux, les" sans-grades". Les Polonais protègent ou dénoncent les Juifs aux Allemands. C'est le hasard, comme dans la vie. Aucune vue d'ensemble. A un moment, l'héroïne se retrouve, par imprudence, conduite à la "Umschlagplatz" où les juifs sont triés avant d'être emmenés en train vers Treblinka ou les camps de travail.

Dans son livre intitulé "Terres de sang" (Gallimard 2012), Timothy Snyder raconte: "Le 22 juillet (1942), à Varsovie, Hermann Höfle, le spécialiste du "repeuplement" de Globocnik, et son groupe de nettoyeurs SS du ghetto, mirent au courant la police de sécurité locale, avant de rendre visite à Adam Czerniakow, le chef du Judenrat. Höfle lui annonça qu'il devrait réunir le lendemain 5000 juifs sur l'Umschlagplatz, ou point de transfert (...)  Czerniakow parut saisir ce qui se préparait (...) il se suicida (...) Deux mois durant, épaulés par quelques centaines d'hommes de Trawniki et près de 2000 policiers juifs, les Allemands organisèrent presque chaque jour des rafles dans le ghetto. Une fois disparus ceux qui souffraient le plus de la faim, la police juive s'en prit aux groupe qui semblaient les plus démunis : les orphelins, les pauvres, les sans-domiciles et les prisonniers. Les vieux et les petits n'avaient aucune chance (...) Les Allemands abattirent sur place les tout-petits, les malades (...) Une fois rassemblés sur l'Umschlagplatz, les juifs étaient pardonnables de croire qu'embarquer dans les trains valait mieux qu'attendre indéfiniment sous un soleil brûlant, sans rien à manger ni à boire et sans sanitaires. (...) La surveillance de l'Umschlagplatz était confiée aux policiers juifs qui, à l'occasion, libéraient des gens qu'ils connaissaient (...)." L'héroïne ne sait rien de tout cela. Poussée vers la place: "Je me retrouve plaquée contre un dos. Le dos se dérobe, un coude veut s'encastrer dans mes côtes. Une nouvelle poussée, une poitrine me reçoit (...) Un immense estomac s'est refermé sur moi et commence sa monstrueuse digestion. Tout baigne dans une rumeur faite de paroles incompréhensibles, de pleurs d'enfants, de plaintes, de gémissements. Je cherche en vain à rencontrer une face humaine. Rien que des masques plombés par la peur." C'est alors qu'elle aperçoit un soldat allemand qui braque sur la foule un revolver, comme s'il allait tirer. Il s'amuse. Il a déjà tué cinq personnes. Et ses yeux se portent sur l'héroïne... Laquelle sera sauvée par Marc, policier juif, qui la prend sous sa protection. Elle retourne chez ses parents, ayant échappé à Treblinka sans le savoir. Mais cette expérience la conduira à prendre la décision de fuir le ghetto.

Dès lors que le lecteur connaît un peu l'histoire de l'holocauste, le livre de Langfus prend une épaisseur inattendue. On sait ce qu'elle ignore, mais on ignore ce qu'elle nous apprend. Son témoignage s'arrête aux portes de la mort. Le roman aussi, et le lecteur aperçoit l'abîme. Hervé Bel.      

Par Les ensablés
Contact : contact@actualitte.com

Commenter cet article

 

Plus d'articles sur le même thème

ActuaLitté

Les Ensablés - Journal d'un salaud d'Henri Queffélec

Avant de devenir l'inépuisable romancier de la mer et de la Bretagne, Henri Queffélec (1910-1992) a commencé sa carrière par un roman noir dans les eaux troublées de l’Occupation : c’est le Journal d’un Salaud, publié à la Libération en 1944 chez Stock. Par Nicolas Acker

07/06/2026, 09:03

ActuaLitté

Raymonde Vincent, Albert Béguin, Nous vivons côte à côte d'une existence toute mêlée. Correspondance 1927-1957

Oui, oui, je sais, le livre fait près de 900 pages, et cela peut effrayer celui qui ne connaîtrait ni Raymonde Vincent (prix Femina pour « Campagne », et « Elisabeth » récemment réédités par Le Passeur), ni Albert Béguin. Mais ce serait une grave erreur de passer à côté. Il faut en effet lire cet incroyable échange de lettres qui s’échelonne de 1927 à 1957, entre deux êtres d’exception : c'est un document précieux sur la vie littéraire française, mais aussi et surtout une espèce de roman épistolaire qui raconte dans la durée la vie périlleuse d’un amour que traversent la guerre et la débâcle de 40. Comme tout roman, il comporte des ellipses que le lecteur doit combler avec son imagination... C’est ainsi que je l’ai lu, moi qui sors bouleversé par ma lecture  rendue possible  grâce à l’immense travail critique de Renan Prévot qui a rassemblé ici 451 lettres, pas moins ! Par Hervé BEL

24/05/2026, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Près du sol de Emile Guillaumin (1873-1951)

Toute sa vie, Émile Guillaumin resta paysan, cultivant sa propriété de trois hectares dans l'Allier. En parallèle, muni de son seul certificat d'études, il se fit aussi poète et romancier du monde rural. Son premier roman La vie d'un simple (objet d'un précédent article des Ensablés), fut publié en 1904 et reçut un excellent accueil, glanant des voix pour le prix Goncourt. Par Isabelle Luciat

10/05/2026, 09:04

ActuaLitté

Les Ensablés - L'animale, de Rachilde, une réédition bienvenue

Il y a les Ensablés que nous connaissons bien, cohorte d’auteurs jouets du ressac des modes et de la gloire. Il y a les Oubliés, perdus au fond des mers.  Et il y a aussi quelques miraculés sauvés des eaux. Rachilde est de ceux-là. Célèbre et célébrée en son temps, cette grande scandaleuse aurait fini par disparaitre complétement de l’histoire littéraire qui ne retient guère que George Sand comme grande figure féminine pour la littérature au XIXème et Germaine de Staël pour la pensée, si quelques universitaires et éditeurs ne s’étaient acharnés à la faire reconnaître. Par Denis Gombert

26/04/2026, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Faux-passeports, de Charles Plisnier

« Le personnage qui dit “je” dans ce livre, souhaiterait garder quelque mystère. » La première phrase de cet vrai-faux roman Faux-passeports (1937), qui se compose en fait de cinq nouvelles reliées entre elles par un même narrateur, pose d’emblée la véritable nature de ce livre, un savant mélange d’autobiographie, de romanesque et d’essai sur ce qu’est l’engagement pour une cause. Par Carl Aderhold.

12/04/2026, 09:55

ActuaLitté

Les Ensablés - Le bouquet de Henri Calet

Cela fait 70 ans qu’Henri Calet (1904-1956) a quitté le monde des vivants. Mais un certain nombre de lecteurs, dont les Ensablés, travaille régulièrement à sa résurrection. Pas étonnant, puisque ce chroniqueur des vies fragiles, à commencer par la sienne, est un auteur des plus attachants. La poisse toujours en bandoulière, son humour caustique semble vouloir excuser une mélancolie persistante. Le Bouquet (1945) revient sur l’expérience de la débâcle de 1940, de la captivité à l’évasion de son auteur. Fidèle à son style, Calet déroule avec une simplicité désarmante le récit doux-amer de ce moment de bascule pour l’écrivain comme pour le pays. Par Nicolas Acker. 

29/03/2026, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Ma petite Yvette, d'André Dumas

En terminant la lecture de Ma petite Yvette d’André Dumas (1874-1943), récemment réédité par J’ai lu, je me suis demandé aussitôt : est-ce un chef-d’œuvre ? Mon cœur  me répondait « oui ! », tandis que ma raison, le souvenir des romans de Proust, de George Eliot (bref les écrivains de mon Panthéon) me disaient que non, ce n’était pas tout à faire un chef-d’œuvre. J’ai ma petite idée désormais. Par Hervé BEL

15/03/2026, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Le vitriol de Lune de Henri Béraud

Au rebours des titres à rallonge péniblement explicites dont raffolent certains plumitifs contemporains, il en est d’intrigants et mystérieux qui suscitent curiosité et envie de lire. Ainsi des ouvrages d’Henri Béraud (1885-1958), qui avait indubitablement l’art de trousser des titres originaux, du Martyre de l’obèse au Flâneur salarié, en passant par La croisade des longues figures ou le surprenant Vitriol de Lune.

Par Marie Coat

01/03/2026, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - L'insaisissable, de Liane de Pougy (1869-1950)

La vie de Liane de Pougy, de son vrai nom Anne-Marie Chassaigne (1869-1950), est une œuvre à programme, passant du vice au luxe, du luxe à la vie spirituelle. Elle est l’une des grandes courtisanes de la Belle Époque avant de devenir écrivaine puis tertiaire dominicaine. Issue d’un milieu modeste, danseuse puis demi-mondaine adulée du Tout-Paris, elle incarna la somptuosité, l’esprit et la liberté scandaleuse de la fin du XIXᵉ siècle, fréquentant artistes, aristocrates et écrivains. Elle connut une célébrité éclatante grâce à ses romans et journaux à clé. Après la Première Guerre mondiale, elle se retira progressivement du monde, se rapprocha du catholicisme et termina sa vie dans la prière, à Lausanne, laissant l’image paradoxale d’une femme passée de l’érotisme mondain à l’ascèse religieuse.

Par Nicolas Kinosky     

15/02/2026, 17:17

ActuaLitté

Les Ensablés - Les hommes sont pressés, de Juliette Pary

Née Julia Gourfinkel en 1903 à Odessa, mais venue en France à la suite de la Révolution russe de 1917, Juliette Pary  (1903-1950) a été une journaliste de gauche pour divers périodiques (Marianne, Regards, Le Journal Juif, etc.) à l’époque du Front populaire, menant des reportages parmi les milieux populaires, traitant des questions sociales ; traductrice notamment de Stefan Zweig et d’Hermann Hesse, d’Agatha Christie et de romans populaires américains pour la revue hebdomadaire Confidences ; auteure elle-même de polars désopilants et d’un remarquable roman non moins burlesque, Les Hommes sont pressés, paru chez Gallimard au printemps 1934. Par François Ouellet.

31/01/2026, 13:29

ActuaLitté

Les Ensablés - Caserne 1900, de Léon Werth (1878-1958)

Si Léon Werth fit scandale en 1919 après la publication de sa charge antimilitariste Clavel soldat et Clavel chez les majors (objets d'un précédent article des Ensablés) il reste dans les mémoires comme le dédicataire du Petit Prince dont la page de garde affiche: A Léon Werth quand il était petit garçon». Et c'est bien ainsi qu'il apparaît sur la photographie qui orne la couverture de son Caserne 1900 réédité en 1993 par les éditions Viviane Hamy.POar Isabelle Luciat.

18/01/2026, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - La Billebaude, de Henri Vincenot

Le premier article des Ensablés de cette année 2026 (16 ans d'existence)  est consacré à la réédition d’un roman que les lecteurs de moins de vingt ans ne peuvent pas connaître : « La Billebaude » (1978), du bourguignon Henri Vincenot (1912-1985) dont le passage à Apostrophes (heureux temps !) assura la gloire dès 1976. Une fois de plus, ce sont les éditions Le Passeur qui prennent l’initiative de cette publication, après avoir, l’année dernière, réédité l’admirable Campagne de Raymonde Vincent… Par Hervé BEL.

04/01/2026, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Les demi-vierges, de Marcel Prévost, par Jean-Marc Quaranta

Romancier à succès des années 1890-1920, Marcel Prévost (1862-1941) partage avec Marcel Proust son prénom et l’étymologie de son nom. Altération locale du substantif prévôt, le patronyme de Proust a été parfois confondu avec celui de cet autre Marcel, alors plus connu que lui et dont le nom semblait comme « une faute d’impression du » sien, comme il l’écrit en 1912 à Louis de Robert[1]. La postérité a réglé la question et donné raison au cadet : Prévost est complètement oublié, ensablé, quant à Proust chacun le connaît, beaucoup le lisent encore et sa place dans l’histoire de la littérature – comme fondement du Nouveau Roman et de l’autofiction – n’est plus à faire. Par Jean-Marc Quaranta

21/12/2025, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Il y a cinquante ans décédait Pierre Bost

J’écris cet article au moment où je termine l’écriture d’une biographie de Pierre Bost, écrivain, journaliste, scénariste. On pourra la lire ultérieurement. En attendant, relisons l’écrivain, dont le 6 décembre 2025 a marqué le 50e anniversaire de sa disparition. Par François Ouellet.

07/12/2025, 17:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Les Réveillés de la vie et Les Irréductibles de Zoé Oldenbourg

Avec Les réveillés de la vie (1956) et Les Irréductibles (1958), Zoé Oldenbourg (1916-2002) retrace l’histoire d’un amour impossible. De la fin des années 1930 à l’aube des années 1950, Elie et Stéphanie se cherchent et se fuient dans une valse-hésitation cruellement heurtée par la guerre. Semblable à son premier diptyque médiéval qu’il l’avait révélée, la romancière-historienne projette ici ses personnages dans la lumière contemporaine du XXe siècle où s’étirent encore les ombres portées du Moyen Age et ses dilemmes spirituels.

Par Nicolas Acker.

23/11/2025, 10:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Huysmans vivant d'Agnès Michaux

Bravo à Agnès Michaux d’avoir osé s’attaquer à Huysmans dans son épais volume publié au Cherche Midi il y a peu ! Il fallait le faire ! « Huysmans vivant » est la première biographie depuis celle de Robert Baldick publiée en 1958 (chez Denoël). Vieil admirateur du romancier, je me la suis procurée aussitôt, curieux de voir comment cette romancière (La fabrication des chiens) et spécialiste de la fin du XIXème siècle a pu traiter ce sujet vaste et ardu. En effet, aborder la vie de Huysmans, c'est aussi évoquer tout un pan de la littérature du XIXeme siècle.
Par Hervé Bel

09/11/2025, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - La Maternelle de Léon Frapié

Que reste-t-il de nos Goncourts ? Nombre d’heureux lauréats de ce prix littéraire tant convoité ne sont pas passés à la postérité et leurs romans sont aujourd’hui bien ignorés... Entre les oubliettes où ils churent et le Panthéon des auteurs consacrés, se maintiennent bon an mal an quelques romanciers dont la notoriété subit certes des éclipses, mais dont on redécouvre périodiquement l’intérêt. Par Marie Coat

 

26/10/2025, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Le tout sur le tout, de Henri Calet (1904-1956)

Henri Calet (de son vrai nom Raymond Barthelmess) n'est pas un inconnu pour Les Ensablés qui l'ont abondamment célébré, notamment au travers de son roman majeur Monsieur Paul (publié en 1950). C'est que l'homme qui se devine au travers d'une œuvre largement autobiographique, est éminemment énigmatique et attachant, se caractérisant, selon les termes de son biographe Michel P. Schmitt par « un fin humour allié à la peine de vie la plus noire » . Dans l'un des articles que Les Ensablés lui ont consacrés, il est dit que « La vie de Calet fut riche en aventures dans sa première moitié, beaucoup moins dans la seconde ».

Par Isabelle Luciat.

12/10/2025, 09:00

ActuaLitté

Les Ensables - Les modérés, d'Abel Bonnard

Le parcours d’Abel Bonnard  (1883-1968) est l’un des plus surprenants parmi les écrivains du XXe siècle. Son destin intellectuel et politique est un précipité d’ambiguïtés, de compromissions et de fulgurances. Par Nicolas Kinosky 

28/09/2025, 10:42

ActuaLitté

Les Ensablés - La Reine battue, d'Henri Duvernois

Le propre du « petit maître » est d’être discret. Un temps, il s’impose, il plaît... Puis disparaît, écrasé sous les poids des « grands ». C’est que l’on ne peut pas retenir tout le monde. J’ai mes « petits maîtres » favoris, et l’un d’eux, vous le savez peut-être, car j’en ai déjà parlé, s’appelle Henri Duvernois. Récemment, dans un vide-grenier, perdu dans un amas de livres vendus un euro chacun, je suis tombé sur son roman « La Reine battue » publié sur papier alfa bouffant dans la belle collection de luxe Le livre de demain, où le texte s’orne de gravures. Je l’ai acheté évidemment, sachant à l’avance que je ne serais pas déçu. Par Hervé Bel.

14/09/2025, 10:00

ActuaLitté

Les Ensablés - La Pierre angulaire, de Zoé Oldenbourg

Zoé Oldenbourg (1916-2002) fut longtemps associée aux succès d’édition de grandes fresques médiévales. Son premier livre, Argile et Cendres (1946) qui suit les péripéties d’un petit seigneur partant pour les croisades, impressionna tellement par sa précision et son ampleur qu’on y vit un potentiel Goncourt. Le couronnement arrivera finalement en 1953 avec son second roman La Pierre angulaire qui remporte le Prix Femina. Zoé Oldenbourg y expose les tableaux contrastés d’un Moyen-Âge où même les âmes les plus abjectes vivent dans l’espérance du salut éternel. Par Nicolas Acker.

31/08/2025, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - La vierge et le taureau, de Jean Meckert

Les éditions Joëlle Losfeld poursuivent avec bonheur la réédition des romans de Jean Meckert  (1910-1995). Le dernier en date, La vierge et le taureau, occupe une place à part dans l’œuvre de Meckert. D’abord parce qu’il s’agit du dernier publié sous son propre nom. S’il continue à publier par la suite, ce sera désormais sous le pseudonyme de Jean Amila, bien connu des amateurs de romans policiers. Dernier roman de Meckert donc, La vierge et le taureau est aussi entouré d’une légende noire qui fait de ce livre, une sorte d’ouvrage maudit qui a donné libre cours à de nombreuses spéculations. Par Carl Aderhold

17/08/2025, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Le wagon à vaches (1953), de Georges Hyvernaud

Sa prose noire et acérée rappelle Raymond Guérin. Son ironie pessimiste penche du côté d’Emmanuel Bove. Le phrasé rageur est célinien. Nous sommes en 1953 lorsque Georges Hyvernaud publie son deuxième récit le Wagon à vaches. On y retrouve la veine existentialiste, sans le torse bombé de l’intellectuel engagé. Par Nicolas Acker.

27/07/2025, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - La fin de la IIIe République, de Emmanuel Berl

Paru en 1968 dans la célèbre collection de Gallimard, « Les trente journées qui ont fait la France », La fin de la IIIerépublique est republiée quelques années plus tard dans une autre collection intitulée «Témoins». Ce passage révèle bien à la fois la nature de cet ouvrage mais aussi celle de son auteur, Emmanuel Berl (1892-1976). S’il est aujourd’hui tombé dans l’oubli (tout juste certains se souviennent qu’il fut le mari de la chanteuse Mireille), il a pourtant marqué la vie intellectuelle des années 1930 par ses positions que ses biographes qualifient volontiers d’inclassables. Par Carl Aderhold

06/07/2025, 10:45

ActuaLitté

Les Ensablés - Le roi dort, de Charles Braibant

« Nos pays ne sont pas beaux...mais il y a en eux une espèce de grandeur calme et comme un peu dédaigneuse qui est beaucoup plus captivante que la beauté ». Ainsi Charles Braibant (1889-1976), Champenois de lignée et de coeur, décrit-il sa région d’élection dans son roman Le roi dort qui, s’il rata de peu le prix Goncourt, fut couronné du Renaudot en 1933. Par Marie Coat

 

22/06/2025, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - La peau et les os de Georges Hyvernaud

Dans la fosse commune de l’oubli, Georges Hyvernaud n’a non seulement rien fait pour l’éviter - en ne publiant que deux livres de son vivant - mais y a sauté à pieds joints. La Peau et les os (1949), court mais édifiant récit de sa captivité pendant la seconde guerre mondiale, puis Le Wagon à Vaches (1953), roman implacable de l’impossible réadaptation à une vie dite normale, prouvent que l’écrivain avait pris le parti non négociable d’une vérité humaine très difficile à vendre. Par Nicolas ACKER.

08/06/2025, 19:15

ActuaLitté

Les Ensablés - Planète sans visa, de Jean Malaquais

Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais  (1908-1998) - quitta la Pologne à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Mobilisé en 1939, il fut fait prisonnier, puis parvint à s'évader. Juif et apatride, il partagea alors l'existence précaire de nombre de personnes réfugiées à Marseille dans l'espoir d'obtenir un visa. Grâce à l'aide de son ami Gide, il obtint ce précieux sésame et gagna les Etats-Unis où il vécut plusieurs années, enseignant la littérature. Malaquais n'a publié que trois romans : « Les Javanais » (prix Renaudot 1939),  « Le Gaffeur » (publié en 1953), tous deux objets de précédents articles et  « Planète sans visa », grand roman de la France sous l'occupation, publié en 1947 et qu'il remania jusqu'à ses derniers jours. Ce roman de plus de 500 pages a été réédité en 1999 après sa mort.

25/05/2025, 09:41

ActuaLitté

Les Ensablés - La Saint-Michel et le Pont Euxin d'Anne Lacroix, par François Ouellet

Anne Lacroix (1897-1982) n’aurait publié qu’un seul roman, La Saint-Michel et le Pont-Euxin chez Grasset en janvier 1933. À cette date, elle a déjà commencé un deuxième roman, Rézle (et même annoncé un troisième titre, Les Bergers d’Arcadie), soumis en décembre de la fin de cette même année pour le Prix du roman du Temps ; les quelques voix qu’elle récolte seront insuffisantes pour qu’elle obtienne ce prix qui consiste dans la publication du roman dans les pages du quotidien. Mais, cinq ans plus tard, en mars 1938, Rézle paraîtra en feuilleton dans Le Temps. Il ne semble pas que la carrière d’Anne Lacroix ait connu d’autres développements. Par François Ouellet.

11/05/2025, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - L'Impassible de Frédéric Berthet (1954-2003)

Lorsque la critique d’un livre est aussi intéressante, voire plus, que le livre dont elle parle, lorsqu’on se régale de son style, de son ironie, de sa drôlerie, et si transparaît à travers ses mots l’originalité de l’homme lui-même, alors on peut se dire qu’elle est elle-même œuvre littéraire, et que son auteur est un sacré bonhomme. Voilà la réflexion que je me suis faite après la lecture de ce recueil d’articles de Frédéric Berthet, récemment paru chez La Table Ronde sous le titre L’Impassible. Par Hervé BEL

27/04/2025, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Happe-Chair de Camille Lemonnier (1844-1913)

Happe-Chair, un titre qui a tout de suite attiré mon attention. Je me trouvais alors dans une des dernières librairies anciennes de la rue Saint-Sulpice (pour combien de temps encore sera-t-elle là ?), dans la bonne odeur des vieux livres, lorsque je suis tombé sur la réédition de 1908 de ce roman de Camille Lemonnier publié une première fois en 1886 chez Kiestmaeckers…  par Hervé Bel. 

13/04/2025, 12:28

ActuaLitté

Les Ensablés - Jacques Rivière, Sentiments et critique

À l’occasion du centenaire de sa mort, la collection Bouquins consacre un volume à Jacques Rivière, critique et essayiste, véritable cheville ouvrière de la Nouvelle revue française dont il assura la direction durant plus de 10 ans. Mort prématurément en 1925 à l’âge de 39 ans, celui qui fut à la fois le grand ami et le beau-frère d’Alain Fournier, l’auteur du Grand Meaulnes, révèle par la quantité d’articles qu’il donna à la revue une perspicacité critique étonnante. Sensuelle et inspirée. Par Denis Gombert

30/03/2025, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Lire sous l'occupation de Jacques Cantier

Le monde des livres sous l’Occupation a déjà été étudié par l’historien Jacques Cantier qui s’était intéressé à la trajectoire de l’une des figures maudites des lettres françaises avec sa biographie de Pierre Drieu La Rochelle (Perrin, 2011). Cette fois, avec Lire sous l’Occupation, publié en 2019 et en poche en 2024 aux Éditions CNRS, il nous présente un panorama global de la lecture entre 1939 et 1945. , par Nicolas Acker.

16/03/2025, 16:50

ActuaLitté

Les Ensablés - La femme qui boit de Colette Andris, par Marie Coat

En mars 2023, Gallimard publiait dans sa collection L’imaginaire un grand succès de son catalogue paru en 1929, réédité à huit reprises puis repris en 1934 dans sa collection de poche : La femme qui boit », première oeuvre d’une jeune femme de 29 ans, Pauline Toutey. Par Marie  Coat

02/03/2025, 19:56

ActuaLitté

Les Ensablés - Le gaffeur de Jean Malaquais

Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais - quitta la Pologne  à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Cette période de sa vie fut marquée par une grande précarité et  par la volonté farouche de vivre de sa plume. Mobilisé en 1939 puis fait prisonnier, il s'évada et émigra vers le continent américain. Par Isabelle Luciat

16/02/2025, 10:09

ActuaLitté

Les Ensablés - Le Boucher des Hurlus de Jean Meckert

Jean Meckert (alias Jean Amila, 1910-1995) est mort il y a trente ans… Pas tout à fait mort, car ses romans ont continué d’être réédités et nous n’avons pas manqué d'en parler dans nos colonnes (1). Cette fois, c’est la courageuse Ronces éditions (2) qui republie Le boucher des hurlus paru chez Gallimard en 1982 et signé du nom Jean Amila qu’il avait adopté pour ses romans publiés dans la Série Noire. Par Hervé BEL

02/02/2025, 19:38

ActuaLitté

Les Ensablés - L'inconstante de Marie de Régnier

Fille de José Marie de Heredia, épouse du poète Henri de Régnier, Marie de Régnier n’eût peut-être d’autre choix que de devenir une femme de lettres. Mais en adoptant un nom d’homme tout de même, société corsetée oblige ! C’est ainsi que Marie de Régnier entama très tôt une carrière littéraire au confluent de deux siècles, à la période de la Belle Epoque, sous le nom de de Gérard d’Houville, puis de Gérardine (la renommée de Caroline Rémy, dite Séverine, étant peut-être passée par là). Par Denis Gombert.

19/01/2025, 09:00

Autres articles de la rubrique Livres

ActuaLitté

Les Fantômes de Shearwater

10/06/2026, 19:30

ActuaLitté

Le jour où Rose a disparu

10/06/2026, 19:20

ActuaLitté

“Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage”

Il est des éditeurs que l’on écoute. Stéphane, des très qualitatives Éditions des Instants, est de ceux-là. Ceux qui lisent mes chroniques le savent : je chronique assez peu de littérature, étant plutôt spécialisée dans les livres d’Histoire et toutes ses déclinaisons. Ainsi, quand Stéphane me proposa de m’envoyer Siméra en Crète, premier livre de Catherine Sourd, j’ai dit oui. Mais, honnêtement, je ne saurais vous dire pourquoi. Une forme d’instinct, peut-être. Ou la Crète…

10/06/2026, 18:17

ActuaLitté

George Sand. La passion de la vie

10/06/2026, 18:02

ActuaLitté

Maxence

10/06/2026, 11:33

ActuaLitté

L'héritage de Soledad

10/06/2026, 11:29

ActuaLitté

Querelle à la française

10/06/2026, 10:19

ActuaLitté

Pass culture : comment le cinéma a détrôné le livre début 2026 ?

Cinq ans après son lancement, le dispositif gouvernemental connaît un virage historique. Après avoir représenté une locomotive pour la lecture, notamment de mangas, un genre encore récemment adoubé par le chancelier de l’Institut de France Xavier Darcos, le Pass Culture voit en 2026 le cinéma s'imposer comme le premier secteur de dépenses.

10/06/2026, 09:15

ActuaLitté

Trois volumes pour comprendre les batailles du canon littéraire

Quels sont les textes qui méritent d'être transmis, étudiés et célébrés ? Derrière cette question apparemment simple se cache l'une des problématiques les plus anciennes et les plus sensibles des études littéraires : celle du canon. Ensemble d'œuvres reconnues comme exemplaires ou incontournables, le canon ne relève jamais d'une sélection neutre. Il résulte de choix historiques, culturels, institutionnels et politiques qui évoluent au fil du temps.

10/06/2026, 07:00

ActuaLitté

Les arbres de Nagasaki

09/06/2026, 10:53

ActuaLitté

Repenser le traité dans la littérature latine

Comment l’étiquette générique « traité » utilisée pour des pans entiers de la littérature latine masque la place importante du destinataire, qu’il soit déterminé ou indéterminé ? 

09/06/2026, 07:00

ActuaLitté

L’écrivain que tout le monde a lu sans le savoir : Stephen Crane

En 1953, un journaliste demande à Hemingway qui l’a formé. Il cite Stephen Crane. Pas Fitzgerald. Pas Flaubert. Ralph Ellison dit la même chose, avec d’autres mots : Crane est à l’origine de la quasi-totalité de la fiction américaine du vingtième siècle, y compris la sienne. Henry James, qui distribuait ses compliments avec une parcimonie de banquier, répétait qu’il avait un grand, très grand génie. Par Charles Garatynski.

08/06/2026, 17:07

ActuaLitté

George Sand comme vous ne l’avez jamais lue

Sous la plume de la romancière, nouvelliste et dramaturge Ella Balaert, les éditions Cours Toujours nous offrent un livre qui ressemble à une boîte de chocolats, où toutes les douceurs seraient excellentes et dans laquelle on picore au gré de ses envies. Ce livre, c’est tout sur George Sand (ou presque), et, en cette année du 150e anniversaire de sa disparition, en parler est une merveilleuse façon de lui rendre hommage.

08/06/2026, 16:42

ActuaLitté

Ma nuit en plein jour

08/06/2026, 16:25

ActuaLitté

Dans la rue des Camélias, l’innocence face à la violence

« On m’a abandonnée dans le carrer des Camèlies, contre la grille d’un jardin, et le veilleur m’a trouvée au petit matin. Le monsieur et la dame qui habitaient la maison voulaient bien de moi, mais sur le moment il paraît qu’ils ne savaient pas quoi faire : me garder ou me donner aux bonnes sœurs. » Voici comment tout a commencé pour cette petite fille, trouvée dans un couffin, accompagnée d’un simple papier : « Cécilia Ce », rien de plus.

08/06/2026, 11:38

ActuaLitté

Une correspondance d'esprit et d'estoc

Ces échanges épistolaires directs et sans fard valent d'emblée par la qualité des duellistes. Les amateurs de confidences intimes en seront cependant pour leurs frais, tant sont couverts d'un voile pudique les sentiments de chacun. Par Bertrand Levoyer, contributeur régulier de la Revue des Deux Mondes.

08/06/2026, 10:13

ActuaLitté

Goethe, Kim Il-sung, censure : la Booksletter ausculte les croyances du pouvoir

Goethe échappe aux souvenirs scolaires, Kim Il-sung surgit sous les habits d’un prophète politique, l’Espagne franquiste se lit à travers les obsessions de ses doctrinaires, la Bolivie minière révèle ses paysages contaminés et la censure américaine change de visage. 

07/06/2026, 10:41

ActuaLitté

Sous le règne de Freida McFadden, le thriller français perce et la cuisine recule

Freida McFadden conserve la première place des meilleures ventes pour cette nouvelle semaine (26/06 au 31/06) avec La prof, publié chez J’ai lu. Le roman s’écoule à 25.564 exemplaires sur la semaine et atteint un cumul de 158.372 ventes en cinq semaines de présence. 

05/06/2026, 19:06

ActuaLitté

Le Temps des Ombres : quatre saisons, deux têtes de mule et un monde à sauver

Pour que notre grand patron sollicite en urgence votre serviteuse, fallait-il qu’il fût conquis par sa découverte. Ou né de la dernière pluie, c’est selon. Le fait est que cette série en quatre volumes incarne ce que l’on qualifierait volontiers de rendez-vous raté — voire de ratage complet pour la librairie, passée à côté d’un travail magnifique — n’ayons pas peur des mots : d’une véritable épopée à hauteur d’enfant, totalement magique.

05/06/2026, 16:13

ActuaLitté

Un roman noir, drôle et cruel sur notre époque : Les Terres mortes

Les Terres mortes, roman de Gabriel Boksztejn (Editions Unicité) est une satire grinçante de notre époque. L’auteur dresse le portrait moral de notre société progressiste dévorée par le capitalisme, par la bêtise inhérente aux rapports humains, par les relations virtuelles qu’engendre la licence autorisée sur les réseaux sociaux.

05/06/2026, 13:02

ActuaLitté

Les maisons parachutées : un polar historique signé Didier Daeninckx

Cette enquête de Didier Daeninckx dans la mémoire des résistants et déportés est une poignante immersion au cœur des années 50 de l’immédiate après-guerre. On y découvrira quelques affaires assez incroyables !

05/06/2026, 11:12

ActuaLitté

Le dernier livre inutile de Bégaudeau sur l’inutilité de l’art

Avec Du mépris, Bégaudeau (éditions Cause perdue) perpétue un thème devenu central chez lui depuis son précédent livre : la dénonciation des usages moraux dans le langage politique contemporain à gauche. Son intuition de départ est stimulante : il observe que l’accusation de « mépris » s’est généralisée au point de devenir une catégorie réflexe du débat public. Le problème est que cette intuition, à force d’être martelée, finit par de même par concerner son auteur.

04/06/2026, 14:44

ActuaLitté

Des dragons dans les halls

04/06/2026, 12:13

ActuaLitté

Sous le soleil de Dantec : quand le polar entre en apocalypse

Il y a dix ans ce 25 juin, Maurice G. Dantec mourait à l’âge de 57 ans à Montréal où il s’était exilé. Celui qui avait brûlé sa vie au feu des paradis artificiels était-il un techno-romancier mystique et réac ? Retour sur un livre charnière hybride qui annonce le tournant de son œuvre jusqu’en 2014 : Villa Vortex. Par Olivier Stroh.

04/06/2026, 11:51

ActuaLitté

Escoffier, l’excellence au service des autres

Plein Vent vient de publier une bande dessinée des plus alléchantes puisqu’il s’agit de la biographie du maître de la cuisine moderne, le grand Auguste Escoffier. L’auteur Yvon Bertorello et le dessinateur Cédric Fernandez se sont entourés, pour cela, de Michel Escoffier, arrière-petit-fils du chef et président de la Fondation Auguste Escoffier à Villeneuve-Loubet, ainsi que de Stéphane Bern, que l’on ne présente plus.

02/06/2026, 15:51

ActuaLitté

L’Aigle et le Serpent : meurtres en série sous l’Empire

Les Éditions du 38 viennent de publier le premier roman de Maxime Carpentier, L’Aigle et le Serpent. Ce roman historique se déroule à l’automne 1806, une période secouée par une vague de meurtres qui va entraîner l’inspecteur de la Police générale Armand Drone, affecté au service de Son Excellence le ministre Joseph Fouché, du Havre à Paris, à la poursuite d’un assassin aux gants clairs.

02/06/2026, 15:50

ActuaLitté

Famille choisie de Jérôme W.Capèle : « Si tu penses que c’est trop : rajoutes- en… »

Ce qui est jubilatoire dans les livres polémiques, c’est de se réjouir de l’inavouable et de nos silences coupables ou honteux, tout en se reconnaissant dans les caricatures. Famille choisie, sous-titrée « Hontes & fierté d’une communauté en bordel », n’est pas un pamphlet, ni un essai, ce livre est le regard d’un militant gay sur la communauté actuelle. Et le constat est autant amer que tendre car de la construction d’une communauté soudée par le SIDA, Jérôme W.Capèle observe une société individualiste dans laquelle le « je » a remplacé le « nous ».

02/06/2026, 10:09

ActuaLitté

Dollar, Eco, Musk, sommeil : les cinq livres qui éclairent l’époque

Chaque semaine, la Booksletter relit l’actualité à travers les essais, les récits et les enquêtes qui déplacent le regard. Cette livraison suit la longue histoire des monnaies mondiales, revient sur Umberto Eco dix ans après sa mort, traverse Berlin sous Hitler, interroge le paradoxe Musk et éclaire le sommeil humain, entre histoire économique, mémoire, pouvoir, sciences du vivant et fragilités contemporaines de notre époque en plein trouble.

01/06/2026, 20:18

ActuaLitté

Marilyn Monroe, cent ans et toujours chérie

01/06/2026, 18:51

ActuaLitté

Quitter l'enfance : le conte noir et fascinant de Léa Tourret

Avec Les enfants sont allés au bois, Léa Tourret confirme une voix littéraire déjà très singulière dans le paysage contemporain : une écriture capable de restituer l’enfance non comme un âge innocent, mais comme un territoire brutal, sensuel et profondément politique. Publié dans la collection Blanche de Gallimard, le roman commence comme un récit de colonie de vacances avant de basculer progressivement vers une fable inquiétante sur l’exclusion, la peur collective et le passage à l’adolescence.

01/06/2026, 16:22

ActuaLitté

Eddie Pump reprend la route dans un Far West sans morale

Suite de l’ascension sociale au Far West d’un beau gosse sans scrupules : épisode 2 de la série « très librement inspirée » des immigrés allemands qui se ruaient vers l’or… Comme un certain Frederick Trump.

01/06/2026, 11:58

ActuaLitté

Terre et ciel : Raharimanana transforme le mythe en vertige

Dans Terre et ciel, sous-titré Tantara, Raharimanana compose une fresque de parole, de filiation, de conquête et de métamorphose. Porté par une langue incantatoire, le roman suit une quête héroïque qui se retourne contre ses propres certitudes : le destin, l’héritage, la possession et la liberté s’y affrontent dans un monde où chaque mot semble né d’un chant ancien.

01/06/2026, 07:30

ActuaLitté

Dominique Sylvain plonge Brooklyn dans les fantômes du passé

Avec L’Inconnue de Brooklyn, Dominique Sylvain inscrit le roman noir dans une mémoire longue : celle d’une enfance à Bensonhurst, d’un trio soudé par la violence, puis d’un deuil impossible. Lou, Sharon et Josh traversent les années, les crimes, les fidélités troubles et le cinéma, dans un récit où Brooklyn devient moins un décor qu’une chambre d’échos.

01/06/2026, 06:00

ActuaLitté

Pump, tome 2 : sexe, mensonge et idéaux

Le décor : une ville paumée de l'Ouest sauvage comme il y en a mille. Les protagonistes : un jeune homme d'affaire sans foi ni loi et une intrigante qui le tient par la peau du cou (ou le scrotum, allez savoir). L'enjeu : une place au soleil dans un univers où tous les coups sont permis. Le deuxième tome de Pump est peut-être moins surprenant que le premier, mais développe le même questionnement cynique, sur les limites de la morale et du recours à la violence dans un jeu où l'argent et le pouvoir sont les portes d'entrée de la respectabilité.

31/05/2026, 10:40

ActuaLitté

Claire Lombardo transforme la famille en champ de mines

Après Tout le bonheur du monde (trad. Laetitia Devaux, 40.000 exemplaires), Claire Lombardo retrouve les grandes architectures familiales avec Comme au premier jour, traduit par Laetitia Devaux. Une rencontre fortuite au supermarché rouvre chez Julia la mémoire d’un mariage, d’une maternité inquiète, d’une amitié ancienne et d’une faute jamais entièrement refermée. Le quotidien devient alors le lieu exact des failles.

31/05/2026, 08:00

ActuaLitté

Real Madrid ou Manchester City : deux empires du football racontés par les livres

Le Real Madrid et Manchester City dominent depuis plusieurs saisons les discussions autour du football européen. Mais derrière les trophées, les statistiques et les débats tactiques, une autre littérature s’est développée : celle des livres consacrés à ces deux géants du football contemporain. Biographies, enquêtes, récits historiques ou analyses tactiques racontent aujourd’hui deux visions très différentes de la domination européenne.

30/05/2026, 08:45