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Notes de voyage de Laurent Jouannaud: "le mas Théotime" d'Henri Bosco (1888-1976)

Mon cher Hervé, il y a toujours des livres nouveaux ! J’ai commencé deux romans loués par la critique que je n’ai pas terminés. Le premier m’a découragé par un style trop affecté : des phrases courtes, beaucoup de phrases sans verbe, beaucoup d’alinéas (c’est-à-dire des paragraphes très courts), une érudition étourdissante (que de noms propres cités sans explications !). Pourtant le sujet m’intéressait : il s’agissait d’un essai sur le XVIIIe siècle. L’autre, écrit au fil de la plume, cédant au remplissage et inutilement allongé, m’a donné l’impression d’avancer dans du sable. Là encore, le sujet m’intéressait : un écrivain en lutte contre les médias. En revanche, j’ai lu du début jusqu’à la fin  Le Mas Théotime d’Henri Bosco, publié en 1945, Prix Renaudot, numéro 168 de la collection Folio, acheté pour un euro chez un bouquiniste.

Le 17/11/2013 à 10:24 par Les ensablés

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17/11/2013 à 10:24

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Par Laurent Jouannaud

Ce roman, qui m’a ennuyé pendant les cent premières pages, m’a retenu par son style justement. A chaque fois que je voulais abandonner, je me disais : « Une telle écriture doit déboucher sur du sens. » C’est une écriture massive, mais pas lourde. L’auteur cherche la précision, le mot juste vient, mais pas si vite que ça. L’analyse des actes et des émotions est laborieuse parce que nos motivations restent obscures, aux autres et à nous-mêmes. Quant à la nature, longuement décrite, Bosco lui rend un hommage franc et tortueux, comme son style : « La terre était belle, ce matin-là. Il est vrai que pour moi elle est toujours belle. Mais souvent elle montre une figure rude et d’un abord difficile, surtout à l’homme de labeur qui ne l’affronte guère que pour lui imposer les marques de son travail. » On sent que les mots sont au service d’une expérience difficile à raconter.

La mise en place était donc longue. Pascal Dérivat, encore jeune, s’est retiré sur sa terre de Provence qu’il cultive avec une famille de métayers, les Alibert. Ce n’est pas un paysan, il a vécu ailleurs. Il cherche maintenant la solitude et le calme : « J’avais depuis deux ans établi ma vie sur des lieux dont j’éprouvais la bienfaisance. Cette terre est forte et nourricière d’âme. Mon être s’y alimentait à des sources calmes. » Il vit seul, il aide aux gros travaux, il s’intéresse surtout à la botanique et complète son herbier. On ne peut guère imaginer une existence plus éloignée de notre époque que celle-là. Il n’y a même pas la poésie ou le romantisme de la terre qui caractérisent les œuvres de Giono, situées au même endroit et à la même époque.

Le mouvement va venir de deux personnages qui, finalement, ne feront que passer dans l’histoire. La propriété adjacente, La Jassine, appartient à Clodius, cousin de Pascal : ce Clodius est un homme « méchant ». C’est un mauvais voisin qui cherche des noises. Il aime la terre, lui aussi, mais il l’aime mal. Il achète, il agrandit son domaine, il possède mais ce n’est pas un vrai paysan : il ne cultive pas. La Jassine souffre de ne pas être bien entretenue : « Il détruisait la simplicité de la terre. » L’idée est claire : la terre n’appartient qu’à celui qui la cultive. Et celui qui la cultive limite sa convoitise à sa force de travail. On travaille d’ailleurs à la main : « Les pensées étaient concentrées, les mains vigoureuses, les bras durs, les reins infatigables et, rien qu’à voir tomber la faux qui entrait en crissant dans le chaume, on sentait notre volonté sur la terre. » Quand Clodius meurt, il lègue son bien à son cousin détesté : « On se déteste, on s’est battu. Mais il a une qualité : il connaît la terre. » Le vice sait où est la vertu.

Le second personnage arrive à la page 50, c’est Geneviève, la cousine du narrateur : ils se connaissent depuis l’enfance. Elle vient se mettre à l’abri chez lui, après une vie sentimentale agitée. Je comprends enfin que ce roman est une histoire d’amour. Pascal aime Geneviève depuis l’enfance. Ils auraient dû se marier, continuant l’alliance de leurs deux familles. Mais Geneviève n’aimait pas Pascal. Maintenant, dans cette bastide où elle est venue lui rendre visite, Pascal qui avait renoncé à elle, ressent à nouveau les souffrances de l’amour.

Henri Bosco

Il ne se fait pas d’illusions : Geneviève fuit un homme qu’elle n’aime plus et qui la recherche. Pascal sait que Geneviève ne l’a jamais vraiment aimé. Mais si elle l’aimait maintenant ?, se demande le lecteur. Pascal ne se trompe pas : il sait qu’elle ne l’aime toujours pas, il sait qu’il ne l’aime plus, et souffre tout de même. D’ailleurs, elle est sa cousine, il a des obligations envers elle et des souvenirs. Il a même des obligations humaines : on doit aider le prochain qui demande l’hospitalité. Et qui sait ? Il y a des mariages, ou des collages, de convenance, de raison, de complaisance, par dépit, par défaut. Il y a bien d’autres raisons que l’amour pour faire couple. Pascal le sait, Geneviève aussi. Bref, tout peut arriver : « Je soupçonnais depuis longtemps qu’à Théotime nous menions, Geneviève et moi, une vie déraisonnable. Mais ses délices, à la fois innocentes et troubles, nous prenaient par tant de douceurs et d’amertume passionnée que nous ne savions plus nous détacher de ce monde irréel, créé par nous, pour la satisfaction d’un amour étrange. » Et puis il y a Françoise, la fille des Alibert. Elle n’attend rien, elle ne demande rien, elle ne dit rien : elle est travailleuse, amoureuse de Pascal, consciente des barrières sociales mais aussi de sa valeur de femme jeune, courageuse, fidèle. Le dénouement viendra avec le temps : il n’y a rien de spectaculaire dans ce roman, même pas un meurtre arrivé par hasard et qui fait anecdote. Geneviève finira par repartir et Pascal retrouvera le calme. Mais il ne fallait pas faire de faux-pas, il fallait éviter le mot de trop, le geste qui engage malgré soi.

Bosco décrit avec précision ce combat entre ses deux personnages qui se cherchent et s’évitent. Ce qui a permis à Pascal de tenir pendant ces quelques semaines, c’est le travail de la terre : « Si j’ai souffert alors avec une sorte de calme, je le dois aux tâches viriles que nous imposait cette grande saison agricole qui a de si dures exigences. » C’est aussi le soleil : « J’ai dû le salut et l’honneur à la puissance du soleil. » Ou encore : « La terre m’a sauvé, et je suis resté attaché à la terre. » Il n’y a aucune transcendance dans ces propos : ce n’est pas une vision mystique de la nature qui nous parlerait et qu’il faudrait comprendre. On pense plutôt au soleil et à la mer chez Camus. Leurs deux tombes sont d’ailleurs voisines au cimetière de Lourmarin. La terre, le soleil, la mer. Ou la montagne, les arbres, la marche. Il s’agit de s’aligner sur la régularité des éléments. Il faut se plier à leur rythme ancien. Il faut obéir à l’autorité du monde. C’est ce que fait Pascal, et il aura sa récompense. Françoise sera à lui. Voici les dernières lignes du roman : « Elle respirait le bonheur. Et de la voir ainsi je me sentais heureux, parce qu’elle était grande, belle, et qu’elle marchait près de moi, avec confiance, à pas lents, comme une vraie femme de la terre. » Plus trivialement, Pascal va épouser une paysanne et ils auront quelques enfants. Est-ce vraiment le bonheur ? Un personnage, le cousin Barthélémy, avait mis une sourdine à ce grand mot : « Nous n’avons peut-être pas le bonheur ; mais nous connaissons la tranquillité. » Et Pascal écrit dans son journal : « Je ne cherche plus le bonheur, mais la paix. Peut-être la paix est-elle plus que le bonheur… Je ne sais. Et d’ailleurs qu’importe ? Ne suis-je pas seul, cette nuit, et pendant que la neige tombe, n’ai-je pas, devant moi, mon feu d’hiver ? »

La tranquillité ou le bonheur, la passion ou l’affection ? J’imagine, mon cher Hervé, que vous vous posez parfois la question. Moi aussi. Ce roman est paru en 1945. On peut penser que la guerre a poussé l’auteur à cet éloge de la paix rurale et domestique. Les paysans n’aiment pas partir, ni à la guerre ni ailleurs. Giono a écrit la même chose, et il n’a pas quitté Manosque (sauf quand on l’a envoyé à Verdun en 14-18). Mais j’ai lu sur Wikipédia qu’Henri Bosco a beaucoup voyagé, qu’il a longtemps vécu à l’étranger et qu’il était professeur d’italien.

Bref, Henri Bosco n’est pas Pascal Dérivat. Il décrit une forme de bonheur dont il n’a pas voulu et qu’il n’a pas connue. Cette description du bonheur lié à un sol, un lieu, un quartier (« Nous sommes les gens de ce lieu, les possesseurs héréditaires du quartier. »), arquée sur le labeur, est ambiguë. C’est le bonheur du sédentaire… mais les humains sont presque tous des nomades. Je comprends parfaitement la nostalgie d’Henri Bosco pour une vie immobile et laborieuse, je l’éprouve souvent. Les arbres avec leurs racines et les astres au cours immuable sont heureux : mais qui voudrait être un arbre ou la lune ? Il y a des bonheurs, et des amours, dont nous ne voulons plus, qui sont devenus impossibles. C’est ce que décrit admirablement Le Mas Théotime.

Par Les ensablés
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1 Commentaire

 

Jean TUTENGES En 1962 j'étais en classe de seconde et avaui participait alors à une émission de radio intitulée : " Que ferez-vous de votre vie ? ". Lors de celle-ci il a évoqué mon écrit , je ne l'ai jamais entendu mais ai retrouvé mon nom sur Inter

11/09/2020 à 17:58

En 1962 j'étais en classe de seconde et avais évoqué dans une dissertation Le Mas Théotime dont la lecture m'avait ébloui .Mon professeur avait envoyé ce travail scolaire à l'auteur qui participait alors à une émission de radio intitulée : " Que ferez-vous de votre vie " .Henri Bosco l'avait évoqué au micro . Je ne l'ai jamais entendue et ne sais si l'INA l'a en archive . Sur Internet , mon nom associé à celui d'Henri Bosco évoque ce modeste écrit personnel . Bien sûr , je n'ai pas manqué d'aller à Lourmarin me recueillir sur la tombe de cet auteur si attachant , peut-être un peu tombé dans l'oubli et ai salué également Albert Camus qui repose dans ce même cimetière . Jean Tutenges

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Anne Lacroix (1897-1982) n’aurait publié qu’un seul roman, La Saint-Michel et le Pont-Euxin chez Grasset en janvier 1933. À cette date, elle a déjà commencé un deuxième roman, Rézle (et même annoncé un troisième titre, Les Bergers d’Arcadie), soumis en décembre de la fin de cette même année pour le Prix du roman du Temps ; les quelques voix qu’elle récolte seront insuffisantes pour qu’elle obtienne ce prix qui consiste dans la publication du roman dans les pages du quotidien. Mais, cinq ans plus tard, en mars 1938, Rézle paraîtra en feuilleton dans Le Temps. Il ne semble pas que la carrière d’Anne Lacroix ait connu d’autres développements. Par François Ouellet.

11/05/2025, 09:00

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Les Ensablés - L'Impassible de Frédéric Berthet (1954-2003)

Lorsque la critique d’un livre est aussi intéressante, voire plus, que le livre dont elle parle, lorsqu’on se régale de son style, de son ironie, de sa drôlerie, et si transparaît à travers ses mots l’originalité de l’homme lui-même, alors on peut se dire qu’elle est elle-même œuvre littéraire, et que son auteur est un sacré bonhomme. Voilà la réflexion que je me suis faite après la lecture de ce recueil d’articles de Frédéric Berthet, récemment paru chez La Table Ronde sous le titre L’Impassible. Par Hervé BEL

27/04/2025, 09:00

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Les Ensablés - Happe-Chair de Camille Lemonnier (1844-1913)

Happe-Chair, un titre qui a tout de suite attiré mon attention. Je me trouvais alors dans une des dernières librairies anciennes de la rue Saint-Sulpice (pour combien de temps encore sera-t-elle là ?), dans la bonne odeur des vieux livres, lorsque je suis tombé sur la réédition de 1908 de ce roman de Camille Lemonnier publié une première fois en 1886 chez Kiestmaeckers…  par Hervé Bel. 

13/04/2025, 12:28

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Les Ensablés - Jacques Rivière, Sentiments et critique

À l’occasion du centenaire de sa mort, la collection Bouquins consacre un volume à Jacques Rivière, critique et essayiste, véritable cheville ouvrière de la Nouvelle revue française dont il assura la direction durant plus de 10 ans. Mort prématurément en 1925 à l’âge de 39 ans, celui qui fut à la fois le grand ami et le beau-frère d’Alain Fournier, l’auteur du Grand Meaulnes, révèle par la quantité d’articles qu’il donna à la revue une perspicacité critique étonnante. Sensuelle et inspirée. Par Denis Gombert

30/03/2025, 09:00

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Les Ensablés - Lire sous l'occupation de Jacques Cantier

Le monde des livres sous l’Occupation a déjà été étudié par l’historien Jacques Cantier qui s’était intéressé à la trajectoire de l’une des figures maudites des lettres françaises avec sa biographie de Pierre Drieu La Rochelle (Perrin, 2011). Cette fois, avec Lire sous l’Occupation, publié en 2019 et en poche en 2024 aux Éditions CNRS, il nous présente un panorama global de la lecture entre 1939 et 1945. , par Nicolas Acker.

16/03/2025, 16:50

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Les Ensablés - La femme qui boit de Colette Andris, par Marie Coat

En mars 2023, Gallimard publiait dans sa collection L’imaginaire un grand succès de son catalogue paru en 1929, réédité à huit reprises puis repris en 1934 dans sa collection de poche : La femme qui boit », première oeuvre d’une jeune femme de 29 ans, Pauline Toutey. Par Marie  Coat

02/03/2025, 19:56

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Les Ensablés - Le gaffeur de Jean Malaquais

Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais - quitta la Pologne  à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Cette période de sa vie fut marquée par une grande précarité et  par la volonté farouche de vivre de sa plume. Mobilisé en 1939 puis fait prisonnier, il s'évada et émigra vers le continent américain. Par Isabelle Luciat

16/02/2025, 10:09

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Les Ensablés - Le Boucher des Hurlus de Jean Meckert

Jean Meckert (alias Jean Amila, 1910-1995) est mort il y a trente ans… Pas tout à fait mort, car ses romans ont continué d’être réédités et nous n’avons pas manqué d'en parler dans nos colonnes (1). Cette fois, c’est la courageuse Ronces éditions (2) qui republie Le boucher des hurlus paru chez Gallimard en 1982 et signé du nom Jean Amila qu’il avait adopté pour ses romans publiés dans la Série Noire. Par Hervé BEL

02/02/2025, 19:38

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Les Ensablés - L'inconstante de Marie de Régnier

Fille de José Marie de Heredia, épouse du poète Henri de Régnier, Marie de Régnier n’eût peut-être d’autre choix que de devenir une femme de lettres. Mais en adoptant un nom d’homme tout de même, société corsetée oblige ! C’est ainsi que Marie de Régnier entama très tôt une carrière littéraire au confluent de deux siècles, à la période de la Belle Epoque, sous le nom de de Gérard d’Houville, puis de Gérardine (la renommée de Caroline Rémy, dite Séverine, étant peut-être passée par là). Par Denis Gombert.

19/01/2025, 09:00

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Le jour où les civils ont marché vers les soldats

26 mars 1962. Une semaine après la signature des accords d’Évian, l’armée et l’OAS s’affrontent à Bab El Oued, quartier populaire d’Alger soumis à un blocus total. Le temps d’une journée, six personnages vont être précipités dans le crépuscule de l’Algérie française.

14/06/2026, 09:00

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Une pensionnaire avec trop de choses à perdre

Élisheva, dite Éli, est la petite dernière d’une famille de réfugiés argentins installés à Paris dans le quartier du canal Saint-Martin à la fin des années 1970. Début 2000, Éli a 15 ans. Elle vient de redoubler sa seconde après une année chaotique.

14/06/2026, 08:00

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Quand une phrase inachevée dérange toute une vie

Jennifer a une vie qui la satisfait quand, au détour d’une panne de clavier d’ordinateur, une phrase surgit, inachevée, qui fait déraper l’apparente logique de son existence : « Devant Autant en emporte le vent, Vivien Leigh et Clark Gable vont s’embrasser quand quelqu’un appuie sur pause et ». Et rien. Un blanc après ce et qui envahit la page, troue sa mémoire. Jennifer se lance alors dans une enquête hilarante et inquiétante. 

14/06/2026, 07:00

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Deux disparitions, un meurtre, vingt-cinq ans de silence

Pierric Bailly livre un roman noir d’aventures, entre le Vercors et le Jura, mais aussi le Mexique et l’Afrique. Tout commence à la fin des années 1980, par l’amitié entre deux couples de frères et sœurs, dès l’école primaire. Un coup de feu retentit une nuit d’avril 1998. Pascal, le père de Paloma et Leo, est retrouvé mort avec une balle dans la tête. Les enfants, eux, se sont volatilisés. Leurs amis, Cédric et Delphine, sont bouleversés. 

13/06/2026, 09:00

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Constable, Spinoza, guerre mondiale : la Booksletter fête son 100e numéro

Pour son 100e numéro, la Booksletter réunit peinture, géopolitique, essai littéraire, philosophie religieuse et mémoire politique. De Constable à Spinoza, de la Première Guerre mondiale au Bund, cette livraison éclaire des livres récents qui interrogent notre rapport au réel, au désir, à l’histoire, aux croyances et aux appartenances, tout en prolongeant la veille d’ActuaLitté sur les tensions actuelles du monde du livre et de la lecture contemporaine.

13/06/2026, 08:27

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La violence ordinaire du droit d’asile

Dans Ainsi la Cour décide, Caroline Knecht propose le décorticage d’une institution : la Cour nationale du droit d’asile, là où s’expriment chaque jour des récits d’exil et de survie. Par courts chapitres où se mêlent narration et collage, il met au jour la mécanique judiciaire, révélant comment l’institution écoute, classe – et ce qu’elle ne peut entendre. Le texte fait ainsi apparaître la géométrie politique du droit d’asile et sa sourde violence.

13/06/2026, 08:00

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Comprendre le passé eugéniste Américain

Avant « Make America Great Again », il y a eu « Make America Great » ou tout comme : c’est en effet pour rendre le pays plus puissant et son peuple plus performant que certains États ont, durant la première moitié du XXe siècle, encouragé des recherches en vue « d’améliorer la race » et promulgué des lois eugénistes..

13/06/2026, 07:00

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Marc Bloch avant le Panthéon : dans l’atelier de La société féodale

Marc Bloch entre au Panthéon, Marc Bloch écrit La société féodale. Avant l'orietur, science avec patience, le supplice fut sûr : les lettres, les hésitations, les plans remaniés, les éditeurs, les contraintes matérielles et les guerres qui entourent la naissance d’un classique.

12/06/2026, 18:22

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Meilleures ventes : La prof reste en tête devant Mortelle Adèle et Boualem Sansal

La prof, de Freida McFadden, traduit de l’anglais par Karine Forestier, conserve la première place des meilleures ventes en France, avec 19.866 exemplaires écoulés et 178.238 exemplaires cumulés en six semaines. Le titre publié chez J’ai lu devance Mortelle Adèle tome 23 : Nazebrocadabra !, qui gagne quatre places, et La légende, de Boualem Sansal, entrée directe sur le podium. Le haut du tableau associe un leader stable, une bande dessinée en progression et une nouveauté de littérature hors poche.

12/06/2026, 15:56

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Jeanne, une papesse au Vatican

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Dortmunder, pour faire sauter la banque, il doit voler un mobile home géant...

Avec Dortmunder : Bank Shot, Dupuis poursuit l’exploration du polar américain dans sa collection Aire Noire. Doug Headline adapte Donald Westlake, accompagné au dessin par Jesús Alonso Iglesias et à la couleur par Isabelle Merlet.

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“Avalanche, veux-tu l’emporter dans ta chute ?”

« Le goût du néant » : c’est avec un vers de ce poème de Baudelaire que Carole Martinez a choisi d’intituler son dernier roman, Dors ton sommeil de brute (Gallimard, août 2024). Après un roman, Les roses fauves (Gallimard, 2020) que nombre de ses lecteurs ont jugé (peut-être sévèrement) trop métafictionnel, C. Martinez nous offre avec onirisme un texte qui s’attache autant à l’inutile beauté de la prose qu’à celle de la question de la maternité. 

11/06/2026, 10:56

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Lèvres bleu ciel de Coralie Akiyama : Big in Japan

La jeunesse est ouverte à l’inconnu, au plaisir de la découverte, et aux charmes de l’exotisme. Clément et Solène sont deux étudiants français qui débarquent à Tokyo pour une année d’Erasmus. Aidés par un étudiant japonais, Noboru, ils prennent leurs marques à l’université. Mais ces deux étudiants ont une autre idée en tête : collectionner les aventures d’un soir et vivre pleinement cette année de parenthèse.

11/06/2026, 10:55

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Servitude(s) d'Arnaud Garnier : une charge trop lourde à porter

Il y a autant de récits que de personnages dans ce roman qui débute à Paris et qui se termine sur une petite île du Pacifique en Polynésie. Servitude(s) avec ou sans « s » est une charge, un droit, souvent utilisé aux dépens d’un propriétaire : comment être pleinement libre de sa propre destinée quand le monde extérieur tente de vous imposer sa façon de vivre ou sa vision des choses ?

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Dans son premier ouvrage, la secrétaire générale de la CFDT ne livre ni manifeste idéologique ni mémoires anticipés. Avec S’engager, elle propose une réflexion pragmatique sur le travail, la démocratie sociale et la nécessité du compromis dans une époque fascinée par les postures et les affrontements.

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Il est des éditeurs que l’on écoute. Stéphane, des très qualitatives Éditions des Instants, est de ceux-là. Ceux qui lisent mes chroniques le savent : je chronique assez peu de littérature, étant plutôt spécialisée dans les livres d’Histoire et toutes ses déclinaisons. Ainsi, quand Stéphane me proposa de m’envoyer Siméra en Crète, premier livre de Catherine Sourd, j’ai dit oui. Mais, honnêtement, je ne saurais vous dire pourquoi. Une forme d’instinct, peut-être. Ou la Crète…

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En 1953, un journaliste demande à Hemingway qui l’a formé. Il cite Stephen Crane. Pas Fitzgerald. Pas Flaubert. Ralph Ellison dit la même chose, avec d’autres mots : Crane est à l’origine de la quasi-totalité de la fiction américaine du vingtième siècle, y compris la sienne. Henry James, qui distribuait ses compliments avec une parcimonie de banquier, répétait qu’il avait un grand, très grand génie. Par Charles Garatynski.

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Sous la plume de la romancière, nouvelliste et dramaturge Ella Balaert, les éditions Cours Toujours nous offrent un livre qui ressemble à une boîte de chocolats, où toutes les douceurs seraient excellentes et dans laquelle on picore au gré de ses envies. Ce livre, c’est tout sur George Sand (ou presque), et, en cette année du 150e anniversaire de sa disparition, en parler est une merveilleuse façon de lui rendre hommage.

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« On m’a abandonnée dans le carrer des Camèlies, contre la grille d’un jardin, et le veilleur m’a trouvée au petit matin. Le monsieur et la dame qui habitaient la maison voulaient bien de moi, mais sur le moment il paraît qu’ils ne savaient pas quoi faire : me garder ou me donner aux bonnes sœurs. » Voici comment tout a commencé pour cette petite fille, trouvée dans un couffin, accompagnée d’un simple papier : « Cécilia Ce », rien de plus.

08/06/2026, 11:38

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Une correspondance d'esprit et d'estoc

Ces échanges épistolaires directs et sans fard valent d'emblée par la qualité des duellistes. Les amateurs de confidences intimes en seront cependant pour leurs frais, tant sont couverts d'un voile pudique les sentiments de chacun. Par Bertrand Levoyer, contributeur régulier de la Revue des Deux Mondes.

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