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Notes de voyage de Laurent Jouannaud: "Et si ceux qui lisent Jean-Christophe Grangé lisaient Proust?

Notes de voyage de Laurent Jouannaud: "Et si ceux qui lisent Jean-Christophe Grangé lisaient Proust?

Le 09/12/2012 à 14:42 par Les ensablés

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Publié le :

09/12/2012 à 14:42

Les ensablés

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Mon cher Hervé, Kaïken, ça vous dit quelque chose, non ? C’est le dernier roman de Jean-Christophe Grangé : il est sur la liste des best-sellers depuis trois mois. Un collègue de bureau l’a acheté, et il y a une liste d’attente pour le lire, épinglée sur le panneau d’affichage de la cafétéria. J’étais le quatrième, et c’est à mon tour. Je m’y mets tout de suite, il y en a d’autres après moi qui attendent. Je ne déteste pas les thrillers, et il faut lire de tout pour se faire un monde.Un mot d’abord. Grangé est un monument dans sa niche littéraire, le thriller, et en tout cas, c’est un monument des ventes : Kaïken est édité, pour commencer, à 200 000 exemplaires. Les autres livres de Grangé se sont vendus chacun à 500 000 exemplaires et on en a tiré des films à succès. Grangé reçoit de son éditeur, Albin Michel, 30 000 euros par mois, et autant pour payer ses impôts !A la fin du chapitre 10, page 60, pour un total de 472 pages, l’auteur a mis sa machinerie en place. Il y a un super flic, le commandant Olivier Passan. Il y a un meurtre horrible : une femme enceinte est éventrée et son foetus est brûlé. C’est le quatrième meurtre accompli de la même manière : il s’agit d’un serial killer, surnommé l’Accoucheur par la presse, et il n’a laissé jusqu’à présent aucune trace derrière lui. Une des différences entre un polar et un thriller tient à la nature des crimes : un criminel « normal » commet un meurtre par jalousie, vengeance ou pour de l’argent. S’il tue encore, c’est pour couvrir son premier meurtre. Tandis que le serial killer ne s’arrête pas de tuer et signe ses crimes par une mise en scène spéciale, ce qui permet à l’auteur de multiplier la violence et de faire partir son roman dans toutes les directions, puisque le psychopathe n’agit pas par intérêt raisonné.Le commandant Passan est en plein divorce, sa femme est longuement décrite, ils ont deux enfants. Si Grangé insiste, c’est qu’il y aura une histoire de couple dans ce roman. Et sans doute que la femme du flic tombera dans les pattes du psychopathe… Une singularité : la femme de Passan est japonaise, une super beauté asiatique, et Passan est passionné du Japon. Dans d’autres romans de Grangé, il y avait déjà de l’exotisme : les chamans de Sibérie, les mines d’Afrique. Je ne serais pas étonné qu’on aille au Japon. Enfin, autre originalité, on sait dès les premières pages qui est le psychopathe : c’est Patrick Guillard, propriétaire de garages dans la région parisienne. Et on sait pourquoi : dès la naissance, il souffrait d’hermaphrodisme. On l’a opéré, bourré de testostérone, et ça ne l’a pas arrangé. Mais il a des alibis, des avocats et n’a d’ailleurs jamais laissé de traces. Passan sait que c’est lui, Guillard sait que Passan sait, mais la hiérarchie de Passan lui retire l’affaire : il harcèle, sans preuves jusqu’à maintenant, un honnête citoyen qui a porté plainte. Passan agira donc seul, dans le dos de ses supérieurs : le bon flic est lâché par les siens, topo connu. Et maintenant ? Je pense qu’il y aura un autre meurtre (le psychopathe se dit « affamé, insatisfait »), j’attends les scènes de sexe et l’explication du titre, sans doute en liaison avec le Japon.Voilà, c’est fait : à la page 80, je sais ce qu’est le kaïken. Et à la page 84, Grangé évoque la vie sexuelle de Passan avec des prostituées, puisque sa femme et lui ne font plus l’amour depuis deux ans : « Positions humiliantes. Injures. Soulagement du ventre associé à une espèce de revanche obscure. Quand le plaisir éclatait entre ses cuisses, ses dents se serraient sur un rugissement de triomphe, noir amer, sans but ni objet. » Pas plus, au lecteur d’imaginer le reste.La pression monte d’un cran lorsque Naoko, la femme de Passan, découvre un foetus, non un petit singe écorché et sanglant, dans son frigo. Désormais, la menace plane sur la famille de Passan et ses deux adorables enfants. Là encore, aucune trace : pas d’effraction, pas de trace ADN, « le chien n’a pas aboyé, l’intrus est un familier ». Cet intrus, bien sûr, est d’une adresse diabolique et ce peut être n’importe qui : soupçon généralisé, même si Guillard reste le suspect numéro un. Mais Passan, et le lecteur, a un doute désormais : « Et s’il avait tout faux ? »Heureusement Naoko n’est pas seule : Sandrine Dumas, son amie, qui est une ex de Passan, l’aide, garde les enfants et la console. Mais de cette Sandrine, par ailleurs malade du cancer, viendront peut-être tous les dangers : elle est de ces êtres qui, las de se sacrifier, tuent un jour parce qu’on ne les aime pas assez…Passan enquête sur le passé de Guillard : c’est un enfant abandonné, qui est allé d’institution en institution. Il a beaucoup souffert : « Tout est écrit dès les premières années. Pour lui. Pour toi. Pour vous tous », déclare une vieille éducatrice qui l’a connu. Si Guillard devient sympathique, alors il ne peut plus être tout à fait le Monstre. Message reçu, il faut chercher ailleurs. J’attends maintenant de connaître le passé de Naoko et de Sandrine, là se trouve sans doute le  joker de Grangé.Et l’action s’emballe. L’enquête est confiée maintenant au commandant Jean-Pierre Lévy, flic véreux, véritable ripou : « Trapu, il paraissait gris de la tête aux pieds. Son visage, rectangulaire, ressemblait à un parpaing. Voûté, inexpressif, il portait un treillis militaire usé, trop large pour lui. On aurait dit un animal né de la ville, se nourrissant d’elle, puisant dans ses gaz, sa crasse, sa poussière, une sorte d’invulnérabilité. » Il va essayer d’extorquer de l’argent à Guillard pour payer ses dettes de jeu, mais le Monstre sera plus fort que lui. L’avocat de Naoko demande une expertise psychiatrique de Passan, et celui-ci le prend très mal. Et enfin, Passan, sous la douche, voit l’eau se transformer en sang : horreur ! C’est le sang de ses enfants, ils portent des marques de piqûres sur le corps. Qui a pu les vampiriser sans que personne ne s’en rende compte ? Guillard est bien un monstre : il a brûlé ses père et mère, il a allumé des incendies à peu près partout où il est passé, il se prend pour le Phénix qui brûle et renaît de ses cendres, mais ce soir-là, il était filé : ce n’est pas lui. Il finit flambé, s’immolant lui-même par le feu et crachant une gerbe de flammes au visage de Passan qui se retrouve avec la tête en cloques. C’est la page 277, il reste encore 200 pages : il y a un autre monstre dans le secteur.Il faut donc une autre piste : et si Guillard n’était qu’un instrument ? Serait-il membre d’un mystérieux ordre du Phénix ? Je cogite, et c’est bien ce que veut l’auteur. Puisque ce n’était pas lui, c’est peut-être Sandrine, prof (de quoi ?), sans famille, au dernier stade du cancer, la seule amie de Naoko, qui aime passionnément (trop, bien sûr) les deux enfants du couple, Shinji et Hiroki. Elle pense que « Passan ne serait plus un obstacle pour son plan », si Naoko et lui divorcent. Le chien de la famille, Diego, est alors assassiné, éviscéré vivant, dans la maison familiale qui est pourtant surveillée par la police. Une caméra intérieure a filmé la scène : c’est une femme qui a agi, une sorte de spectre en kimono, avec un masque Nô. Est-ce Sandrine ? Ou Naoko elle-même ?Un auteur de romans policiers est plus retors que son lecteur : Grangé me réserve des surprises. En effet, Naoko est mise hors de cause et Sandrine est spectaculairement exécutée : « Sandrine n’acheva pas sa phrase. Un sabre venait de la couper en deux. Quand Naoko vit le torse basculer comme celui d’un mannequin, elle comprit instantanément. Du sang jaillit de la bouche de Sandrine, de ses narines. Le buste se fracassa contre les portes de la penderie alors que le bassin tranché aspergeait toute la pièce de geysers sanglants. » Une inscription mystérieuse relance l’action : « C’est à moi… »Mon cher Hervé, je ne vous dévoilerai pas la suite, sauf que le kaïken aura le dernier mot. Bien entendu, le récit a perdu tout réalisme, comme toujours dans les thrillers. Tout est si machiavélique, si compliqué, si inattendu ! Il n’est plus désormais question de vérité, de peinture de la réalité, ce qui fait pour moi l’essentiel de la littérature.Sur la couverture de Kaïken, il y a le mot roman. Un thriller est un roman qui affiche son cahier des charges : en l’ouvrant, je sais ce que je vais y trouver. Or on ne sait jamais ce que contient un grand roman. Simenon disait de ses Maigret que c’était « de la fabrication », à la chaîne. Il exagérait mais en effet le genre policier est limité.Kaïken est-il un bon thriller ? Oui. Des morts, de l’amour, de l’exotisme, une documentation solide, le style au service de l’action et le happy end. Le thriller est un conte pour adultes : on se fait peur, mais à la fin, le méchant est puni, l’ordre revient grâce au super flic, substitut de papa, du président ou de dieu. Oui, cher Hervé, à la fin, Passan et Naoko rentrent « à la maison ».Il y a quelques beaux morceaux : quand Passan file Guillard dans le métro, la visite chez le spécialiste des singes, le jardin japonais de Passan (« pas si raté que ça son jardin ») et la très bonne description du Japon dans les 60 dernières pages.Jean-Christophe Grangé est passé par la Sorbonne. Dans son roman sont cités, Freud, Balzac, « Le pont Mirabeau »,  Flaubert, Mérimée, Mizoguchi, « Le lac des Cygnes » et l’opéra Garnier, Rimbaud (« La vraie vie est absente, nous ne sommes pas au monde… », murmure Guillard !), Le Seigneur des anneaux, Le Banquet de Platon, Godard, Truffaut, Resnais, Mizoguchi, Kawabata, Mishima, Kurosawa, Tanizaki, Rentaro Taki (le « Mozart japonais », précise Grangé), Mozart lui-même (la Sonate facile en do majeur), La Grande Illusion, M. le maudit, West Side Story, Sans Famille de Hector Malot, Utamaro, Pompéi, José Maria de Heredia, le facteur Cheval. C’est un peu trop, et c’est inutile : un roman policier reste un roman policier. Il y a aussi Stevie Wonder, Woodstock, Audrey Hepburn, Julien Clerc (« Ma préférence à moi », chanson qu’aime bien Passan. J’aime bien moi aussi Julien Clerc, mais pas cette chanson.), « Petit papa Noël » et Leonardo DiCaprio. On voit que Grangé veut ratisser large.Moi qui lis Proust, je lis Grangé. Ah ! Si ceux qui lisent Grangé lisaient aussi Proust !

Par Les ensablés
Contact : contact@actualitte.com

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Kaïken

Jean-Christophe Grangé

Paru le 29/08/2012

472 pages

Albin Michel

22,90 €

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Lorsque la critique d’un livre est aussi intéressante, voire plus, que le livre dont elle parle, lorsqu’on se régale de son style, de son ironie, de sa drôlerie, et si transparaît à travers ses mots l’originalité de l’homme lui-même, alors on peut se dire qu’elle est elle-même œuvre littéraire, et que son auteur est un sacré bonhomme. Voilà la réflexion que je me suis faite après la lecture de ce recueil d’articles de Frédéric Berthet, récemment paru chez La Table Ronde sous le titre L’Impassible. Par Hervé BEL

27/04/2025, 09:00

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Les Ensablés - Happe-Chair de Camille Lemonnier (1844-1913)

Happe-Chair, un titre qui a tout de suite attiré mon attention. Je me trouvais alors dans une des dernières librairies anciennes de la rue Saint-Sulpice (pour combien de temps encore sera-t-elle là ?), dans la bonne odeur des vieux livres, lorsque je suis tombé sur la réédition de 1908 de ce roman de Camille Lemonnier publié une première fois en 1886 chez Kiestmaeckers…  par Hervé Bel. 

13/04/2025, 12:28

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Les Ensablés - Jacques Rivière, Sentiments et critique

À l’occasion du centenaire de sa mort, la collection Bouquins consacre un volume à Jacques Rivière, critique et essayiste, véritable cheville ouvrière de la Nouvelle revue française dont il assura la direction durant plus de 10 ans. Mort prématurément en 1925 à l’âge de 39 ans, celui qui fut à la fois le grand ami et le beau-frère d’Alain Fournier, l’auteur du Grand Meaulnes, révèle par la quantité d’articles qu’il donna à la revue une perspicacité critique étonnante. Sensuelle et inspirée. Par Denis Gombert

30/03/2025, 09:00

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Les Ensablés - Lire sous l'occupation de Jacques Cantier

Le monde des livres sous l’Occupation a déjà été étudié par l’historien Jacques Cantier qui s’était intéressé à la trajectoire de l’une des figures maudites des lettres françaises avec sa biographie de Pierre Drieu La Rochelle (Perrin, 2011). Cette fois, avec Lire sous l’Occupation, publié en 2019 et en poche en 2024 aux Éditions CNRS, il nous présente un panorama global de la lecture entre 1939 et 1945. , par Nicolas Acker.

16/03/2025, 16:50

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Les Ensablés - La femme qui boit de Colette Andris, par Marie Coat

En mars 2023, Gallimard publiait dans sa collection L’imaginaire un grand succès de son catalogue paru en 1929, réédité à huit reprises puis repris en 1934 dans sa collection de poche : La femme qui boit », première oeuvre d’une jeune femme de 29 ans, Pauline Toutey. Par Marie  Coat

02/03/2025, 19:56

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Les Ensablés - Le gaffeur de Jean Malaquais

Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais - quitta la Pologne  à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Cette période de sa vie fut marquée par une grande précarité et  par la volonté farouche de vivre de sa plume. Mobilisé en 1939 puis fait prisonnier, il s'évada et émigra vers le continent américain. Par Isabelle Luciat

16/02/2025, 10:09

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Les Ensablés - Le Boucher des Hurlus de Jean Meckert

Jean Meckert (alias Jean Amila, 1910-1995) est mort il y a trente ans… Pas tout à fait mort, car ses romans ont continué d’être réédités et nous n’avons pas manqué d'en parler dans nos colonnes (1). Cette fois, c’est la courageuse Ronces éditions (2) qui republie Le boucher des hurlus paru chez Gallimard en 1982 et signé du nom Jean Amila qu’il avait adopté pour ses romans publiés dans la Série Noire. Par Hervé BEL

02/02/2025, 19:38

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Les Ensablés - L'inconstante de Marie de Régnier

Fille de José Marie de Heredia, épouse du poète Henri de Régnier, Marie de Régnier n’eût peut-être d’autre choix que de devenir une femme de lettres. Mais en adoptant un nom d’homme tout de même, société corsetée oblige ! C’est ainsi que Marie de Régnier entama très tôt une carrière littéraire au confluent de deux siècles, à la période de la Belle Epoque, sous le nom de de Gérard d’Houville, puis de Gérardine (la renommée de Caroline Rémy, dite Séverine, étant peut-être passée par là). Par Denis Gombert.

19/01/2025, 09:00

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Les Ensablés - Autour des trônes que j’ai vus tomber (1921), de la princesse Louise de Belgique

L’Avenue Louise est l’une des plus importantes artères de Bruxelles. On oublie souvent qu’elle fut dédiée à la princesse Louise (1858-1924), fille aînée de Léopold II, le roi bâtisseur qui rénova la ville. Et l’on a tout autant perdu le souvenir de l’histoire rocambolesque et tragique de sa déchéance au sein des cours européennes de son temps... Ces mémoires romancés offrent au lecteur les confessions rares d’une princesse égarée par le destin. Par Louis Morès.

05/01/2025, 09:00

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Les Ensablés - Mes amis d'Emmanuel Bove, centenaire d'un chef-d'oeuvre

On ne pouvait pas laisser s’achever cette année 2024 sans célébrer les cent ans d’un des chefs-d’œuvre romanesques du XXe siècle. Des chefs-d’œuvre, la littérature française en a produit son lot, et les centenaires à venir ne manqueront pas : en 2026, ce sera Les Faux-monnayeurs, en 2032, Voyage au bout de la nuit, en 2038, La Nausée, etc. Mais les auteurs ensablés aussi ont leurs grands et petits chefs-d’œuvre, dont certains ont été chroniqués ici même : L’Enfant à la balustrade, Les Javanais, par exemple. Et maintenant Mes Amis d’Emmanuel Bove : avis à ceux qui ne l’auraient pas encore lu. Par François Ouellet.

15/12/2024, 16:14

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Permis de conduire : les ouvrages indispensables pour bien se préparer

Passer le permis de conduire ne se résume plus à apprendre des manœuvres ou à réciter le Code de la route. Pour beaucoup de candidats, notamment les plus jeunes, la préparation passe désormais aussi par des livres, des récits et des ouvrages pratiques qui permettent de comprendre la conduite autrement. Entre guides pédagogiques, histoire de l’automobile et nouvelles méthodes d’apprentissage, l’édition accompagne l’évolution du permis en France.

21/05/2026, 16:50

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Escape : Rick Remender transforme la guerre en cauchemar moral

Avec Escape, Rick Remender et Daniel Acuña signent une chronique de guerre sous tension, publiée en France par Urban Comics dans la collection Grand Format Urban (trad. Benjamin Rivière). Le premier tome, paru le 7 mai 2026, compte 168 pages et reprend les épisodes américains Escape #1-6. Et pourtant, ce n'est rien de dire que je déteste les récit de guerre, les bombardiers et les militaires – et par-desssus tout, les récits anthropomorphiques. Avec Escape, tout gagné...

21/05/2026, 14:05

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Peter Pan, un classique plus mélancolique qu’il n’y paraît

Peter Pan vient de rejoindre la Bibliothèque de la Pléiade chez Gallimard. L’événement pourrait sembler évident tant le personnage appartient désormais à l’imaginaire collectif. Et pourtant, cette publication dit exactement l’inverse : si tout le monde connaît Peter Pan, rares sont ceux qui connaissent vraiment les aventures du jeune héros et encore moins J.M. Barrie.

20/05/2026, 13:19

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Il est bon parfois de réveiller les morts : Donald Westlake, 1933-2008

Bien plus que sa traduction française, le titre original nous fait entrer dans ce que ce texte a de fascinant, d'essentiel. Et dans sa permanente actualité. The Hook, « l'accroche », dramatise dans la vie du premier personnage concerné, Bryce Proctorr, auteur à succès mais guetté par l'impuissance créatrice, ce qui constitue la matière vive d'un roman, sa possibilité, la condition sine qua non de son existence : l'accroche narrative, le fait qu'une histoire naisse, se déclenche, se déploie. Par Jean Miniac.

20/05/2026, 12:42

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Nous qui avons connu Solange

19/05/2026, 21:37

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Sarah Kechemir : l’urgence de vivre vite

Sarah Kechemir s’octroie le droit à la nuance et à l’ambiguïté pour raconter, de manière polyphonique, les vies presque ordinaires de femmes algériennes luttant avec témérité pour triompher du « cirque » des convenances sociales. Une première publication qui, malgré certaines insuffisances et son caractère encore inabouti, signe une entrée en littérature enthousiasmante.

19/05/2026, 16:51

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La Lenteur, de Milan Kundera : L’être est un songe

La Lenteur (éditions Gallimard, 1995) est le premier roman français de Milan Kundera. Conformément à l’une des équations du livre, qui pose que la célébrité est source de malheur, son narrateur, double de l’auteur, et celle qui partage sa vie souhaitent se mettre au vert. Ils se rendent pour ce faire dans un château de charme devenu hôtel – précisément celui qui sert de cadre à la nouvelle intitulée Point de lendemain, écrite au XVIIIème siècle, par Vivant Denon. 

19/05/2026, 14:43

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Marie de Médicis, une Européenne à la mode du XVIIᵉ siècle

19/05/2026, 14:40

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James Lee Burke : un récit noir, où l’Amérique brûle encore

« People are strange / When you're a stranger / Faces look ugly / When you're alone », chantait Jim Morrison. James Lee Burke nous entraine sur les traces de Weldon Holland depuis une enfance texane marquée par la poussière, la maladie et la violence jusqu’aux champs de bataille, puis aux mirages du pétrole. Fresque morale et méditation sur la vengeance, ce noir roman d’apprentissage interroge ce qu’'il reste d'un homme quand l’Histoire l’oblige à combattre trop tôt, puis à revenir parmi les vivants.

19/05/2026, 12:47

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Les naufragés

19/05/2026, 12:30

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Ma sœur chasseresse : le roman québécois qui ose un narrateur infréquentable

Dans Ma sœur chasseresse, Philippe Arseneault compose le retour au Québec d’un narrateur installé en Chine, Roé Léry, écrivain opportuniste et professeur de droit. Entre satire du milieu littéraire, rupture amoureuse, chasse familiale et quête patrimoniale autour d’une relique, le roman transforme la haine du pays natal en matière romanesque instable, comique et douloureuse, sans jamais offrir au lecteur le confort d’une réconciliation. 

19/05/2026, 11:51

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Une héroïne trop libre pour son siècle, L’Intrépide des mers

Le roman d’aventure retrouve le goût des héroïnes indociles, des familles tyranniques et des affrontements à haute tension. Evangeline Mac Namara, promise aux contraintes du monde, oppose aux salons londoniens une intelligence acérée, un sens aigu de l’injustice et l’appel persistant du large. Vagues et embruns à venir ce 17 juin.

19/05/2026, 11:15

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Aven : la parole est aux gouffres

Voici un roman tout de strates et de gouffres, entre néolithique, naissance de la spéléologie et enquête contemporaine. Autour d’Orhak, de Louis Armand, de Fanny et d’Éloïse, le causse Méjan devient un territoire d’énigmes, où la découverte compte moins que la manière de transmettre, ou de protéger, ce que la pierre conserve. Aven, de Lilian Bathelot sortira le 4 juin

19/05/2026, 11:12

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Un avenir de footballeur suspendu à une décision

Pablo rêve de devenir joueur de football professionnel mais son père s’y oppose. Pendant un match de sélection décisif, son destin va basculer.

19/05/2026, 08:00

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À Bondy, dans les pas de Kylian Mbappé et du football populaire

En 2018, alors que la France gagne sa deuxième étoile, Antoine Zéo se rend à Bondy, en banlieue parisienne, pour rencontrer ceux qui ont découvert le talent du meilleur joueur français depuis Zinédine Zidane.

19/05/2026, 07:00

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Charlotte McConaghy, la nature à vif

Charlotte McConaghy, c'est l'australienne pour qui le mot « nature-writing » a sans doute été inventé. Avant le phénomène 2026 des Fantômes de Shearwater, revenons à son premier roman qui nous emmenait (en 2024) en Écosse sur les traces d'une meute de loups.

18/05/2026, 11:47

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Demis Hassabis, Beckett, private equity : les lectures de Books

Cette semaine, la Booksletter explore l’intelligence artificielle selon Demis Hassabis, les détours de la traduction chez Beckett, la mécanique du private equity, la circulation des nouvelles dans l’Europe moderne et les limites de la rationalité économique. Une traversée des savoirs où les livres éclairent technologies, langues, marchés, histoire de l’information et comportements sociaux, sans céder aux raccourcis faciles ni au bruit médiatique.

16/05/2026, 10:01

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Prodiges : simplicités de l'existence

« La maison avait toujours été cossue bien qu’elle semblât, dès son achèvement, non pas modeste mais certainement austère. » Rue Scheller se tient une pension, construite en 1801 par un gros marchand de tissus connu à l’époque de toute la ville. Tenue d’une main de fer par Mme Helena Lundgren, ce lieu accueille des âmes très différentes, complexes, qui cohabitent sous un même toit. Et, entre les murs, les échos du passé n’ont pas fini de se faire entendre…

15/05/2026, 15:54

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Meilleures ventes : L’Empire McFadden contre-attaque

Et quand y'en a plus… y'en a finalement encore. Le raz-de-marée Freida McFadden frappe une nouvelle fois. Deux nouveaux titres ont déjà conquis son public et c’est le retour de la domination américaine pour cette nouvelle semaine (du 04/05 au 10/05). Alors, Force ou Côté obscur ?

15/05/2026, 11:34

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Le banc

15/05/2026, 11:30

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L’Appel du Dragonnier : une île entre beauté et menace

Transformer une photographie d’arbre en traversée de Socotra, île yéménite rêvée puis éprouvée. C'est tout l'objet de L’Appel du Dragonnier de Cécile Palusinski Entre récit poétique, rencontres socotries, beauté du vivant et alerte écologique, le refus l’exotisme facile : le dragonnier y devient moins un but qu’une voix, qui oblige à regarder autrement une terre, ses habitants et ce qui menace leur fragile équilibre, loin de toute carte postale.

14/05/2026, 15:48

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Faust, Goethe, Delacroix et Nerval : une affaire diaboliquement romantique

Voici un livre publié par les éditions Diane de Selliers qui ne se contente pas de remettre Faust entre nos mains : il le fait surgir dans toute sa puissance noire, fiévreuse, presque hallucinée. Faust de Goethe, illustré par Eugène Delacroix, traduit par Gérard de Nerval, ce n’est pas seulement un texte majeur accompagné de belles images. C’est la rencontre d’un mythe, d’un peintre et d’un écrivain, qui créent un pur chef-d’œuvre.

13/05/2026, 15:28

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Comment survivre à votre fatigue de genre ?

13/05/2026, 13:47

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La chambre de bonne de Mathieu Pieyre : un petit espace pour une grande liberté.

« Depuis que j’ai ouvert la digue des souvenirs, je suis obsessionnellement replongé dans ces jours de ma jeunesse, comme si, de cette humble chambre de bonne, j’avais renouvelé le bail ». Au 5/7 rue de Lille, dans le VIIe arrondissement, a vécu le célèbre psychanalyste Jacques Lacan.

13/05/2026, 10:38

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Une disparition d’enfant et un village rongé par les non-dits

Le second roman d'une auteure au parcours original mais un polar bien noir qui peine à convaincre vraiment : vingt ans plus tard, le village ne s'est toujours pas remis de la disparition d'une enfant.

13/05/2026, 07:00

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Quand l’idole d’enfance devient un ami

Dans un salon qui ressemble à tous les salons de l’enfance — un peu étroit, encombré d’objets sans importance et pourtant décisifs — un ballon de mousse roule entre deux chaises. Il y a, sur la table basse, des morceaux de sucre, des emballages de Tiki froissés, et dans l’air quelque chose de suspendu, comme une attente. Le match ne se joue pas dans un stade, mais ici, entre le canapé et la fenêtre. Et déjà, au fond de la pièce, une silhouette se détache : celle du gardien.

12/05/2026, 12:55

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Meilleures ventes : La prof entre en tête devant Franck Thilliez et Fred Vargas

Avec 29.696 exemplaires vendus sur la semaine, La prof, de Freida McFadden, s’installe directement à la première place des meilleures ventes. Le poche publié par J’ai lu atteint 29.831 ventes cumulées. Derrière lui, L’autre moi, de Franck Thilliez, bondit au 2e rang avec 19.647 exemplaires, tandis qu’Une unique lueur, de Fred Vargas, complète le podium avec 15.271 ventes. Le haut du classement associe une entrée en tête, une forte progression et la résistance d’un titre déjà installé.

12/05/2026, 11:39

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Un amour sans retour, une lettre brûlante : La Fille du Sud de Barbara Monroe

Revenue dans son village provençal, la narratrice tient un vieux bar, lutte contre les dettes, les rêves et l’oubli. Entre lyrisme, mémoire et attente, le roman interroge ce qui, d’une passion, survit quand l’absente gouverne encore chaque geste, et quand écrire devient moins un adieu qu’une façon de demeurer vivante.

12/05/2026, 10:52

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Anthropodermia, ou le thriller des livres en peau humaine

Frédérique Molay signe un thriller où l’histoire du livre bascule dans le crime. De Paris en 1475 à l’enquête contemporaine de Samuel Riss et Katell Kervadec, le roman relie peaux humaines, pouvoir politique et prédation sociale. Anthropodermia, un polar ample, sensoriel et brutal, qui transforme l’objet-livre en pièce à conviction, sans sacrifier la mécanique de l’enquête ni la tension intime des personnages, jusqu’au malaise durable.

12/05/2026, 10:19

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Un thriller contemporain où les smartphones deviennent des armes

Un premier thriller assez réussi avec pas mal d'humour, une curieuse intrigue et quelques personnages bien sympathiques. Cette « histoire de téléphones tueurs » pourrait bien vous guérir de votre addiction à votre smartphone.

12/05/2026, 10:18

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Marilyn, Judy, Dorléac : quand les étoiles quittent l’écran

Les derniers jours de grandes actrices sans céder au pur mausolée : de Marilyn Monroe à Judy Garland, de Françoise Dorléac à Annie Girardot, Philippe Durant raconte le prix de la lumière : ce que la célébrité expose, use, isole, puis laisse derrière elle lorsque le mythe rend enfin la place à la femme, à ses peurs, à ses colères, à ses failles. Une élégie documentaire, parfois lyrique, souvent juste.

12/05/2026, 10:17

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Claire Lombardo : un supermarché suffit à réveiller une vie

Comment transformer une rencontre fortuite au supermarché en déflagration intime. Autour de Julia, épouse, mère et fille, le roman explore les zones grises de la maternité, du couple et du désir. Entre ironie domestique et vertige moral, Comme au premier jour de Claire Lombardo interroge ce que le passé continue d’exiger des vivants. Une chronique familiale ample, où le quotidien trivial ouvre sur la honte, la tendresse et la peur d’avoir raté sa vie. 

 

12/05/2026, 10:10

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Le Beaujolais face à l’après-guerre

Beaujolais, 1919. La Grande Guerre s’achève. Claudius Grandvignon, dit « Glodusse », que l’on croyait disparu, rentre enfin chez lui.

12/05/2026, 08:00

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Une plongée familiale dans les images et la mémoire

Entre mémoire familiale et geste artistique, Rozebud explore la zone trouble où l’image devient révélation. Héritière d’un appareil photo transmis par son grand-père, Isabelle Rozenbaum transforme cet objet en clef d’un récit et d’une traversée intérieure.

12/05/2026, 07:00

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Paris sous les drones : le roman d’anticipation politique de Thomas Bronnec

Avec cette « guerre des drones » dans notre capitale, Thomas Bronnec nous plonge dans un futur que l’on pressent comme beaucoup trop proche, beaucoup trop réaliste. Au point d’espérer très fort que le mot « anticipation » veuille dire encore quelque chose. Toute l'infortune du monde, aux éditions Gallimard.

11/05/2026, 11:04

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Comment Nicolás Guillén a révolutionné la poésie cubaine du XXe siècle

Réédité à titre posthume en 2016 par Le Temps des Cerises, Le Chant de Cuba. Poèmes 1930-1972, présenté, choisi et traduit par Claude Couffon, rassemble une large sélection de l’œuvre de Nicolás Guillén. Publiée à l’occasion du centenaire de la naissance du poète, cette anthologie ne constitue pas seulement une entrée dans une œuvre majeure de la poésie cubaine du XXe siècle : elle en oriente déjà la lecture en privilégiant ses dimensions rythmiques, orales et historiques. Par Fidèle Mabanza.

11/05/2026, 11:03