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Notes de voyage de Laurent Jouannaud: "la vie mode d'emploi" de Georges Perec, un monument un peu soporifique

Notes de voyage de Laurent Jouannaud: "la vie mode d'emploi" de Georges Perec, un monument un peu soporifique

Le 17/06/2012 à 18:36 par Les ensablés

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17/06/2012 à 18:36

Les ensablés

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Il y a de grands livres dont j’ai commencé et recommencé en vain la lecture : je n’ai jamais pu en arriver à bout. Ce sont Ulysse, Les trois mousquetaires, Ada ou l’ardeur, L’Homme sans qualités, L’Acacia… Pas moyen d’accrocher à ces romans qui ont leurs inconditionnels. Ces livres m’ennuient : je baille, je ne vois pas l’intérêt du récit, je ne crois pas aux personnages. Je saute quelques lignes, puis quelques pages et j’arrête en cours de route. Je peux lire jusqu’à la dernière page des romans qui m’énervent, mal foutus, dont les idées me déplaisent et dont l’esthétique n’est pas la mienne s’ils ne m’ennuient pas. Mais l’ennui est mortel… Un grand livre peut-il être ennuyeux ? Oui, sans doute. J’ai quelques bons amis que La Recherche et Belle du Seigneur ennuient, deux romans que je mets pourtant au-dessus de tout. Et inversement, pas mal de mauvais livres (surtout aujourd’hui) savent capter notre attention et se faire lire jusqu’au bout… La Vie mode d’emploi, de Georges Perec, prix Médicis en 1978, fait partie de ces monuments soporifiques que j’essaie régulièrement d’escalader. J’ai décidé de m’y remettre aujourd’hui. Comme je gagne chaque année en maturité (d’après le calendrier), il se peut que maintenant je sois enfin en état d’apprécier ce roman de 602 pages.Le préambule m’intéresse. Perec parle des puzzles : un élément n’a de sens que dans l’ensemble que forme l’image finale. « Considérée isolément une pièce d’un puzzle ne veut rien dire ; elle est seulement question impossible, défi opaque ». Telle est l’œuvre d’art, qui assemble des éléments épars en vue d’un tout parfaitement visible ; telle est la vie, dont les éléments successifs forment eux aussi un tout qui a rarement, hélas, l’élégance, le sens, la force d’une œuvre d’art.Il s’agit d’un immeuble du 11 rue Simon-Crubellier, XVII° arrondissement, à Paris ; il s’agit « de la vie de l’immeuble ». Le premier chapitre est intitulé Dans l’escalier, 1: une femme vient visiter l’appartement qu’occupait Gaspard Winckler. Et l’auteur annonce la couleur : « Gaspard Winckler est mort, mais la longue vengeance qu’il a si patiemment, si minutieusement ourdie, n’a pas encore fini de s’assouvir. » Mais avant d’entrer chez feu Winckler, nous passons chez Madame de Beaumont, dont l’auteur décrit le salon (Beaumont, 1). Un classeur est ouvert « sur une page en partie couverte d’équations transcrites d’une écriture fine et serrée », et suivent 13 lignes d’équation bourrées de lettres grecques, de parenthèses et crochets, de signes mathématiques. Viennent ensuite deux pages sur la carrière de Monsieur de Beaumont, « archéologue dont l’ambition égala celle de Schliemann », qui se suicida le 12 novembre 1935. Puis nous passons au Troisième droite, 1 : « Quatre hommes seront accroupis au centre de la pièce, pratiquement assis sur leurs talons, les genoux largement écartés, les coudes prenant appui sur les genoux, les mains jointes, les médius croisés, les autres doigts tendus. Trois des hommes seront sur une même ligne et feront face au quatrième. Tous seront torse nu et pieds nus, vêtus seulement d’un pantalon de soie noire sur lequel se répétera un même motif imprimé représentant un éléphant. » Perec aime les précisions ! Il s’agit de Ashikage Yoshimitsu. « Il appartient à une secte fondée à manille en 1960 par un marin-pêcheur, un employé des postes et un commis de boucherie. Le nom japonais de la secte est « Shira nami », « La vague blanche » ; son nom anglais est « The Three Free Men », « Les trois hommes libres ». Après la description de ces quatre hommes, Perec passe à un autre étage, au quatrième droite, Marquiseaux, 1. Cette fois, il décrit par le menu les quatre tableaux accrochés sur les murs de ce salon vide. Il s’attarde sur le quatrième tableau qui « s’inspire d’une histoire réelle qui arriva à Newcastle-upon-Tyne au cours de l’hiver 1858 » et raconte l’anecdote. Nous passons maintenant au chapitre V, intitulé Foulerot, 1, « au cinquième droite, tout au fond : c’est juste au-dessus que Gaspard Winckler avait son atelier  », puis dans une chambre de bonne au septième étage, puis une autre au huitième. C’est là qu’habitait Morellet. Cette fois les choses se précisent : Morellet réussissait à récupérer les marines qui avaient servi à faire les puzzles que Bartlebooth avait commandés à Winckler. Le milliardaire Bartlebooth est lui aussi locataire de l’immeuble. Et puis nous changeons d’étage, « nous sommes dans la pièce que Gaspard Winckler appelait le salon ».Je suis heureux de retrouver Winckler car, après de minutieuses descriptions des meubles qui ne sont plus là (car Winckler est mort), Perec fait avancer l’action : « Il y a vingt ans, en mille neuf cent cinquante cinq, Winckler acheva, comme prévu, le dernier des puzzles que Bartlebooth lui avait commandés. » On comprend que ces puzzles étaient fabriqués à partir d’aquarelles réalisées par Bartlebooth. Mais cette piste est à nouveau interrompue, et nous  montons et descendons les étages au hasard : Chambre de bonnes (elles sont nombreuses !), le petit appartement de deux pièces au cinquième gauche (Réol, 1), le grand duplex occupé par les Rorschash, le cabinet du docteur Dinteville, le grand appartement du premier étage, etc. Chaque appartement est décrit en détail. Chez Madame Moreau, par exemple : « A la droite du lit, sur la table de nuit, il y a une lampe de chevet avec un abat-jour de soie jaune, une tasse de café, une boîte de petits sablés bretons sur le couvercle de laquelle on voit un paysan labourant son champ, un flacon de parfum dont le corps parfaitement hémisphérique rappelle la forme de certains encriers de jadis, une soucoupe contenant quelques figues sèches et un morceau d’Edam étuvé, et un losange de métal, serti à ses quatre coins de cabochons en pierre de lune, encadrant la photographie d’un homme d’une quarantaine d’années, portant un blouson à col de fourrure, assis en plein air à une table campagnarde surchargée de victuailles : un aloyau, des tripes, du boudin, une fricassée de poulet, du cidre mousseux, une tarte aux compotes et des prunes à l’eau-de-vie. » Voilà une table de nuit bien chargée… et dont Perec ne nous reparlera sans doute jamais.L’auteur donne, sur une ou deux pages, tel ou tel détail biographique sur les locataires ou anciens locataires de ces appartements : comment Rorschash a failli faire fortune en Afrique avec le trafic de cauris ( « il existe diverses sortes de cauris : les cauris de la Mer rouge (Cyproea turdus), les cauris indiens (Cyproea caput serpentis) et les cauris monnaie (Cyproea moneta) ») et fut ruiné par un autre Français nommé Schlendrian qui, etc. ;  comment madame Moreau a fait fortune dans l’outillage individuel ; comment Lady Forthright fut à la fois aimée et trahie par son cocher, etc. Et il y a aussi une recette de cuisine (Mousseline aux fraises), un article de dictionnaire sur  Kusser ou Cousser (compositeur allemand d’origine hongroise qui est peut-être parent du patron de Morellet), une bibliographie de 7 titres sur le peintre Franz Hutting (que je n’ai pas trouvé sur Google), une autre sur Rorschash, 4 pages d’un catalogue d’outils (pistolet à peinture, échafaudage mobile, coffret outillage, jeu de 12 clés plates, etc.), l’arbre généalogique des Gratiolet.Tout cela provoque un sourire amusé, puisque l’auteur s’amuse à énumérer, décrire, ramifier, citer des sources vraies ou imaginaires. On a compris que cet immeuble est « le personnage principal » du roman. C’est le cadre et l’image du puzzle qui s’appelle La Vie mode d’emploi. Chaque appartement est une pièce du puzzle, et Perec décrit dans le détail chacune de ces pièces, pièces du puzzle et pièces où l’on vit, qui a son autonomie, son dessin, ses découpures. Et on pourrait diviser chaque pièce à l’infini. Mais à l’amusement succède en moi une certaine impatience : où l’auteur veut-il en venir ? quand va-t-il reprendre le fil rouge qui semble être l’intrigue autour de Bartlebooth ? quel est le sens de l’analogie immeuble/vie humaine ? Peut-être dans la seconde partie qui commence à la page 115…Mais la visite de l’immeuble continue : Le hall d’entrée, 1 ; l’arrière-boutique du magasin d’antiquités de Madame Marcia, Marcia, 1. Puis nous repassons chez Madame Moreau (Moreau, 2), puis chez les Altamont (Altamont, 2) : « La salle à manger des Altamont a, comme toutes les autres pièces en façade de l’appartement, été spécialement aménagée en fonction de la grande réception qui va bientôt s’y donner. C’est une pièce octogonale dont les quatre pans coupés dissimulent de nombreux placards. Le sol est couvert de tommettes vernissées, les murs tapissés de papier liège. Au fond, la porte la porte conduisant aux cuisines… », etc. Mais j’ai oublié qui sont les Altamont, je les ai perdus en route ! Et c’est là sans doute que Georges Perec m’attendait : il savait que je perdrais pied et il a prévu les défaillances de mon attention.En effet, je me reporte à la fin du livre où se trouve comme un mode d’emploi de ce roman. Il y a une centaine de pages en annexe : un très précieux plan de l’immeuble, un index de tous les noms propres (au moins 2500 entrées !), un repère chronologique (de 1833 à 1974), un rappel de quelques-unes des histoires racontées dans cet ouvrage (histoire de l’acrobate qui ne voulut plus descendre de son trapèze, 13 ; histoire de l’acteur qui simula sa mort, 34 ; histoire de l’actrice australienne, 79 ; histoire de l’admirateur de Lomonossov, 60 ; histoire de l’américaine excentrique, 55 ! il y en a 4 pages) et enfin la table des matières où je vois qu’il y a un chapitre Altamont, 1, à la page 97. Je m’y reporte et, oui, « au second, chez les Altamont, on prépare la traditionnelle réception annuelle » (sans autre précision) et Perec a déjà  décrit « le petit salon ». Avec ces béquilles, je reprends ma lecture et il se trouve que le chapitre suivant, le XXVI, s’intitule Bartlebooth, 1, et cette fois, j’en saurai peut-être plus : « Une antichambre, chez Bartlebooth. C’est une pièce presque vide, meublée seulement de quelques chaises paillées, de deux tabourets à trois pieds garnis d’une galette rouge à petites franges et d’une longue banquette à dossier droit, recouverte d’une moleskine verdâtre telle qu’il y en avait jadis dans les salles d’attente des gares. » Ah ! « la galette rouge » et la « moleskine verdâtre »… et pourquoi pas la galette verte et la moleskine rouge ? Car tout cela est absolument gratuit et sans fondement autre que le bon plaisir de l’auteur.Et voici Bartlebooth : c’est un milliardaire qui de 1925 à 1935 s’est initié à l’aquarelle avec le peintre Valène (chambre de bonnes), qui a peint cinq cents marines (60x50) à cinq cents endroits différents du monde de 1935 à 1955, qui en a fait faire cinq cents puzzles de 750 pièces par  Gaspard Winckler (6ième étage) et qui les a reconstitués de 1955 à 1975, pour ensuite faire restaurer selon le procédé Morellet (chambre de bonnes) les marines "puzzlées": « Aucune trace, ainsi, ne resterait de cette opération qui aurait, pendant cinquante ans, entièrement mobilisé son auteur. » Ou, pour le dire avec Mallarmé, rien n’aura eu lieu que le lieu. Voilà qui me déçoit : je ne crois pas un instant à ce personnage, à ses aquarelles, à cette histoire. Toutes ces précisions, cette exactitude, ces détails sont donc mis au service d’une histoire invraisemblable : c’est à ce moment-là que j’ai dû interrompre ma lecture il y a une dizaine d’années. Tout ça pour ça ?Je fais un effort pour poursuivre mais l’élan n’y est plus. J’ai d’ailleurs sauté quelques lignes, quelques paragraphes, lors de la description du magasin d’antiquité de Madame Marcia : « Puis en vrac, posés sur des étagères, sur des petites tables de chevet, des guéridons, des coiffeuses, des chaises d’église, des tables à jeux, des bancs, des dizaines, des centaines de bibelots : boîtes à tabac, boîtes à fard, boîtes à pilules, boîtes à mouches, plateaux en métal argenté, bougeoirs, » etc. J’aime encore bien les 17 pages qui constituent une petite nouvelle policière dans Beaumont, 3, une parenthèse dans les parenthèses. Et j’interromps définitivement ma lecture sur l’énumération des étiquettes de vin de Caves, 1, la cave des Altamont : « Château-de-l’Abbaye –Skinner, Château-Lynch-Bages, Château-Palmer, Château-Brane-Cantenac, Château-Gruau-Larose », etc., sur 30 lignes, pages 203 ! Je regarde à la table des matières et il y aura au total cinq chapitres consacrés aux caves de l’immeuble, avec sans doute beaucoup d’autres énumérations.Je feuillette maintenant la suite du roman : il y a des reproductions de toutes sortes (étiquettes, grille de mots croisés, prospectus, couvertures de livres, menus, bouts de poèmes), beaucoup d’énumérations, et je suis content de n’avoir pas à les lire. Non, la vie de cet immeuble qui sera lui aussi la victime du temps (« les démolisseurs viendront »), et celle de Bartlebooth, ne me touchent guère, en tout cas pas de la façon dont ils sont racontés ici. Quant à la vengeance de Gérard Winckler, annoncée dans les premières pages, ce sera pour une autre fois. Je ne doute pas que tous les fils s’entrecroisent, que chaque pièce du puzzle ait son reflet dans les autres et que Perec ne conduise à son terme ce livre qui lui aura pris 10 ans (1969-1978). Sur la première page et je vois que le sous-titre du livre est « Romans ». C’est exactement cela qu’a écrit Perec : un roman gigogne, en abyme, un roman total, qui pourrait ne jamais finir, etc., et c’est bien ce que je n’ai pas envie de lire. J’aime les romans complexes, évidemment, mais la juxtaposition, la dérivation, les séries, les contraintes formelles artificielles et le coq-à-l’âne ne font pas une architecture. Question de goût ?Le roman est dédié à Queneau. C’était l’époque où on avait décrété la mort de l’auteur et l’autonomie du texte : les mots avançaient tout seuls et leur chercher un référent était le comble du ringardisme. Un texte était une mécanique, un jeu de formes, une vue de l’esprit et l’esprit de sérieux était à bannir. On en est revenu : la littérature n’est pas un jeu.J’ai lu de Georges Perec des textes brefs qui m’ont touché : Je me souviens et Penser/Classer. J’avais aimé Les Choses, roman sociologique et histoire de couple. La Vie mode d’emploi est un livre ambitieux, ingénieux, inventif, savant, bref intelligent. En ce qui me concerne, l’intelligence en littérature, comme en morale ou en amour, ne me suffit pas. 

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Japer

24/05/2020 à 21:51

Question à Laurent Jouannaud : Avez vous lu La Vie et les Opinions de Tristram Shandy, Gentleman, de Laurence Sterne ?

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Le 6 novembre 2018, le Président de la République était dans la Meuse, aux Eparges, lieu d’une terrible boucherie durant la première guerre mondiale. Recueilli devant la statue de Genevoix, il annonçait son entrée au Panthéon pour le 11 novembre 2020. Il y aura deux panthéonisations : celle du romancier et celle à titre collectif de ceux de quatorze annonçant la Nation combattante.

Depuis 10 années, les Ensablés explorent la littérature du XXème siècle, et il nous est venu l’idée de répertorier les écrivains qui ont connu la Grande Guerre et dont nous avons abordé les œuvres. Cela constitue en quelque sorte notre Monument aux morts, pour ne jamais oublier…

11/11/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Il nous est arrivé d'être jeunes" de François Bott

Une fois de plus, on en revient à cette collection de poche dirigée par Alice Déon, "La petite Vermillon" qui m'enchante depuis plusieurs années. Indifférente à la mode, La Table Ronde ose rééditer des textes qui ne feront certes pas la une des journaux littéraires de plus en plus conformistes, mais ravissent ceux pour qui la littérature est l'affaire de leur vie.

Aujourd'hui, il me faut parler d'un livre qui m'a ravi "Il nous est arrivé d'être jeune" de François Bott.

01/11/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Captain Cap" d'Alphonse Allais

« Jetons par-dessus bord paperasses et registres, et avec les ronds de cuir de ces incapables, faisons des bouées de sauvetage. »
Tel est l’un des principaux points de la profession de foi d’Albert Caperon, dit Captain Cap, candidat aux élections législatives de 1893. « Anti bureaucrate » et anti européen » il se présente comme un aventurier qui a passé « les trois quarts de sa vie sur mer et les deux tiers de son existence sur les terres vierges. »

18/10/2020, 09:00

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Les Ensablés – Ange-Jacques Gabriel (1698-1782) par le comte de Fels

Le temps des vacances s'approche, ou s'éloigne : souvenez-vous, nous avions passé l’été à travers la Provence, en compagnie de Jean-Louis Vaudoyer. Cette fois, nous n’irons pas si loin, à peine pousserons-nous aux limites du département de la Seine-et-Oise ! Car nous sommes en 1927 et Jean-Louis Vaudoyer m’a demandé d’interviewer le comte de Fels, pour sa biographie d’Ange-Jacques Gabriel [1]. Le moyen de refuser ?

04/10/2020, 09:00

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Les Ensablés - L’incertitude amoureuse de René Laporte (1905-1954)

René Laporte est né à Toulouse dans une famille bourgeoise de magistrats et d’universitaires. Il fait des études de droit, mais lance, à dix-neuf ans, une revue bi-mestrielle, Les Cahiers libres, artistiques et littéraires, puis fonde les éditions du même nom qui, entre 1925 et 1934, publieront environ 150 ouvrages.

20/09/2020, 09:00

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Les Ensablés - Chroniques du Lac: “Le vélo” de René Fallet

L’actualité récente a mis le vélo sous les feux de la rampe. La grève des transports de Décembre et Janvier derniers incite des milliers de cyclistes à enfourcher leur bécane pour se rendre au travail, au mépris de la pluie et des frimas hivernaux. Les programmes des candidats aux élections municipales font la part belle au vélo dans les grandes métropoles françaises.

06/09/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Une belle journée" d'Henry Céard (1851-1924)

Avec Henry Céard, nous en aurons fini de parler de ceux que l’on nommait, non sans méchanceté et envie, « la queue » d’Émile Zola, à savoir les écrivains les plus proches du maître naturaliste dans les années 1880, dont deux fort connus (Maupassant et Huysmans), trois autres beaucoup moins (Hennique, Alexis et Céard). C’est Céard que nous abordons aujourd’hui, avec son roman Une belle journée, publié en 1881, un an après la parution du recueil « Soirées de Médan » auquel il avait contribué avec sa nouvelle « La saignée ». Une belle journée qui peut être consulté sur Gallica est un charmant roman, un trésor du naturalisme, un accomplissement en quelque sorte.

23/08/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Mal'Concilio" de Jean-Claude Rogliano, par Denis Gombert

C’est un village corse niché au cœur de la montagne. Un village austère avec son église et ses maisons uniformes toutes en pierres de granit. Il peut y souffler par bourrasque un vent mauvais. Ici les femmes respectent le deuil et sont habillées de noir. On croit autant à la puissance de Dieu qu’aux esprits. Ainsi de Mal’ concilio, l’arbre de la nuit qui se dresse à la sortie du village, près des maisons abandonnées. Cet arbre géant domine le village « cramponné à un versant où rien ne pousse ». Majestueux et effrayant, châtaigner sans âge, il est le seul grand arbre de la province de la Tèvola, région sèche et aride. On dit que le Mal’ concilia est hanté.

09/08/2020, 09:00

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Les Ensablés - “L'homme de choc” de Joseph Peyre (1892-1968)

Joseph Peyré était béarnais. Après des études littéraires où il eut Alain comme professeur de classes préparatoires, il s’essaya au barreau puis à l’administration territoriale. Mais c’est dans le journalisme puis dans l’écriture de romans qu’il trouva sa voie. Ses œuvres sont celles de l’action et de l’énergie allant de l’aventure saharienne à la tauromachie (Sang et Lumières lui valut en 1935 le prix Goncourt et fit l’objet d’une adaptation au cinéma en 1954 avec Daniel Gélin et Zsa Zsa Gabor, dialogues de Michel Audiard) et à la haute montagne (Matterhorn- le nom alémanique du Cervin en 1939).

26/07/2020, 09:00

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Les Ensablés - "L'ordre" de Marcel Arland (1899-1986), par François Ouellet

Après plusieurs mois d'absence, nous retrouvons avec une grande joie notre excellent ami et chroniqueur François Ouellet. Qu'il soit remercié pour sa fidélité à notre équipe.

Il y a des écrivains plus profondément ensablés que Marcel Arland. Pourtant, aujourd’hui, Arland n’est pas tellement plus que l’évocation d’un nom. Il survit tant bien que mal par le souvenir de sa collaboration à La Nouvelle Revue française, dont il a pris la direction avec Jean Paulhan au lendemain de la Seconde Guerre. Chez les libraires, on trouvera, avec un peu de chance, un ou deux titres, comme son premier livre, Terres étrangères, un récit de 1923 réédité dans la collection L’Imaginaire en 1996, ce qui commence à dater ; on trouvera plus facilement sa correspondance avec Paulhan, éditée par Jean-Jacques Didier chez Gallimard en 2000.

12/07/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Raphael" (1886) de Eugène Müntz – 2e partie

Cet article fait suite à celui du 14 juin sur Eugène Müntz. Après avoir replacé, selon sa méthode, l’activité artistique comme un facteur central de compréhension de la civilisation de la renaissance, tout en se livrant à un examen documentaire des premières années de Raphaël, Eugène Müntz nous accompagne dans le développement du jeune peintre, fraîchement sorti de son apprentissage dans l’atelier du Pérugin pour partir à la conquête de Florence.

28/06/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Raphael" (1886) de Eugène Müntz (1845-1902) 1ère Partie

Sous son imposante reliure de basane noire, c’est un intimidant in-quarto de plus de sept cent pages ; sur le plat figure un lourd médaillon de cuivre doré légendé Raphael Sanctius, représentant en buste le profil d’un homme jeune, aux cheveux longs, coiffé d’une barrette aux revers élégants.

A l’abri de cette présentation austère, dorment en sûreté, sous les serpentes qui craquent encore sous le doigt, de riches illustrations. Le trésor des notes critiques, le précieux catalogue des œuvres et la substance d’un texte éloquent font à ce livre un fermoir invisible dont seules la curiosité du savant et l’intrépidité de l’érudit possèdent la clef. C’est un livre réservé aux études profondes et au calme des bibliothèques, parlant à voix basse dans le silence des lampes. Le temps venu, on en soulève la lourde couverture comme on pousse la porte d’un ami qu’on ne se savait pas avoir.

14/06/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Un amour platonique" de Paul Alexis (1847-1901)

Découvrir la littérature, c'est dérouler une pelote. En allant d'un auteur lié à un autre, voilà, comment le paysage littéraire se dessine peu à peu... Les Ensablés ont abordé récemment Léon Hennique (à lire ) et son roman étrange Un caractère. Voici maintenant Paul Alexis (1847-1901). Comme Hennique, il fut un fidèle d'Emile Zola et fournit l'une des six nouvelles du recueil des Soirées de Médan (1880).

31/05/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Le soleil des indépendances" de Ahmadou Kourouma

Chers lecteurs, nous sommes heureux d'accueillir à nouveau Henri-Jean Coudy qui, après de longs mois de silence, nous revient avec un nouvel ensablé, Ahmadou Kourouma.

Ahmadou Kourouma, né en 1927, en Afrique Occidentale Française, était Ivoirien même s’il suivit des études secondaires à Bamako, alors grande ville du Soudan français devenue après 1960  la capitale de l’état du Mali. Il aura donc connu les dernières années de la colonisation française puis le début des nouveaux états indépendants.

17/05/2020, 09:00

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Anouk Lejczyk : Felis Silvestris, sa soeur

BONNES FEUILLES - Elle porte une cagoule pour faire comme les autres et se protéger du froid. Du haut de sa cabane, ou les pieds sur terre, elle contribue à la vie collective et commence à se sentir mieux. Mais Felis ignore que c’est sa soeur qui la fait exister – ou bien est-ce le contraire ? 

29/11/2021, 16:57

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L’Ours ou le nature writing post-apocalyptique

C’est un étonnant petit roman que nous proposent les éditions Globe cet automne. L’Ours est avant tout un roman post-apocalyptique qui commence par ces mots : « Les deux derniers étaient une fille et son père… » Cette fille et son père, donc, qui ne seront pas nommés de tout le roman – mais à quoi bon nommer quand il n’y a plus ni autre femme ni autre homme ? – semblent être les deux derniers humains sur terre. Par Laurence Baulande.

29/11/2021, 15:00

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Le codex, de Simon de Thuillières : voyage à l'ère médiévale 

Durant le premier confinement, fameux temps de suspension pour nombre de français, Simon de Thuillières a réalisé des images dans lesquelles il représente des œuvres populaires suivant des conventions esthétiques caractéristiques de l’époque médiévale. L’auteur postait alors régulièrement ses images sur des réseaux sociaux et connu un tel succès qu’il les a regroupées dans ce recueil déjanté. 

29/11/2021, 13:22

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Boubou en était sûr : la déconfusion des sentiments

BONNES FEUILLES – Un échange epistolaire entre deux enfants met en scène les limites du langage face à l’amour et les difficultés de mettre en mots les sentiments. Un album à partir de 5 ans

29/11/2021, 08:26

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Selva Almada : Ce n’est pas un fleuve, un hymne à la nature

BONNES FEUILLES – Une partie de pêche sur un fleuve peuplé de raies géantes. Le grand roman de la nature tropicale où rêve et réalité se confondent dans la torpeur fluviale. Une Carson McCullers latina au sommet de sa forme. 

29/11/2021, 07:29

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Blake et Mortimer, By Jove ! : les 200 meilleures ventes (semaine 46)

Solidement accroché à son rocher, Astérix persiste et signe : 1,12 million d’exemplaires, soit près de 60.000 de plus que la semaine passée… Pas si fou pour l’irréductible Gaulois. Il est suivi par le Goncourt, à 125.000 exemplaires, et Blake et Mortimer, évidemment, qui pour sa première semaine de vente passe joyeusement les 24.000 unités. Enfin, solidarité oblige, le collectif 13 à table 2022 occupe la 4e place des meilleures ventes de la semaine. Juste devant Ken Follett, à 26.000 ventes !

26/11/2021, 10:17

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Vous haïssez vos voisins ? Attendez de voir Ceux d’à côté, de M.T. Edvardsson 

BONNES FEUILLES – À Köpinge, petite localité résidentielle proprette de Suède, tout le monde se connaît, et l’entraide entre voisins fait office de loi. Du moins, en apparence. Car Micke et Bianca Andersson, qui ont quitté Stockholm pour élever leurs deux enfants dans le calme de la petite ville, découvrent rapidement que leur voisinage est loin d’être aussi idyllique que prévu.

 

26/11/2021, 08:00

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Quand il fait triste Bertha chante : Rodney Saint-Éloi, de la mère au fils

« Ce récit est, à mes yeux, l’hommage le plus émouvant rendu à une mère depuis le Livre de ma mère d’Albert Cohen », écrit Alain Mabanckou. Dans ce récit admirablement écrit, l’auteur rend hommage à sa mère, Bertha. Cette grande dame noire à l’énergie et à la générosité exemplaires, « amoureuse de l’amour », vient de mourir. Rodney, son fils aîné, raconte l’enfance bleue au pays natal, leur chemin d’exil, elle à New York, lui à Montréal.

26/11/2021, 07:12

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Patrice Leconte et Vincent Lacoste : la BD fait son cinéma

Fort de ses succès en librairie, Riad Sattouf lance une nouvelle série, dans laquelle il raconte le parcours de Vincent Lacoste, jeune étoile du cinéma français. Au même moment, Joub et Nicoby retracent les aventures cinématographiques atypiques de Patrice Leconte, l'un des rares réalisateurs à être parvenu pendant plusieurs décennies à alterner films à grand succès et projets plus personnels. Ces deux albums BD dévoilent les coulisses des tournages, les complications de production et les joies de la création cinématographique. Des cases qui donnent des envies de salles obscures.

25/11/2021, 16:19

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Asphalte, de Matthieu Zaccagna : courir à perdre la vie ?

BONNES FEUILLES – À 17 ans, Victor fuit un quotidien d’une violence absolue. Sans argent, sans liens, sans but, sans aide de quiconque, il court dans Paris jusqu’à l’anéantissement, la souffrance. Il fera des rencontres, se mettra à l’épreuve, défiera sans cesse la mort pour se réapproprier son corps et son passé. 

25/11/2021, 07:35

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David Lelait-Helo : Je suis la maman du bourreau, Prier Dieu, se vouer au Diable

BONNES FEUILLES – Du haut de ses quatre-vingt-dix ans, Gabrielle de Miremont semblait inatteignable. Figée dans l’austérité de la vieille aristocratie catholique dont elle est l’incarnation. Sa devise : « Ne jamais rien montrer, taire ses émotions. » 

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Un projet inédit de Max Ernst et René Crevel en librairie

Ce 26 novembre, les éditions Prairial publient Monsieur Couteau, mademoiselle Fourchette, la traduction inédite de Mr. Knife Miss Fork, rareté de bibliophile parue en 1931 et vendue, par souscription, à 250 exemplaires. Ce bel ouvrage réunit Max Ernst et René Crevel autour d'un projet surréaliste.

24/11/2021, 16:08

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15 aphorismes insoucieux et désenchantés, par Françoise Sagan

Les éditions Julliard ont sorti en ce mois de novembre un recueil de plus de 230 aphorismes et pensées de Françoise Sagan sélectionnés par son fils, Denis Westhoff. L’occasion d’en faire une petite sélection pour pénétrer son univers désinvolte et mélancolique. Des aphorismes sur l'amour, l'argent, le jeu, la gloire, le bonheur ou encore la mort. Autant de traits d'esprit exprimant sa modernité et sa liberté, comme une approche radicale contre l’esprit de sérieux.

24/11/2021, 14:08

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Lenka Horňáková-Civade : Un regard bleu, quand Rembrandt rencontre Comenius

BONNES FEUILLES – Amsterdam, 1656. Alors que Rembrandt voit ses créanciers vider sa maison, il croise le regard bleu d’un inconnu dans la foule qui immédiatement capte son attention. Cet homme, Comenius, est un philosophe et pédagogue tchèque qui, chassé par la guerre, a été contraint de quitter son pays. La rencontre passionnante, au XVIIe siècle, entre deux génies attachants et modernes.

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David Joy : Nos vies en flammes, plus qu'un combat, une révolte

BONNES FEUILLES – Retraité depuis quelques années du service des forêts, Ray Mathis mène une vie solitaire dans sa ferme des Appalaches. Il attend sans vraiment attendre que son fils Ricky vienne le rejoindre. Mais celui-ci a d’autres préoccupations – se procurer sa dose quotidienne de drogue, par exemple...

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À la découverte de Zahhak, la légende du roi serpent, livre pop-up d'exception

Zahhak, fils du roi de Perse, séduit par le Démon, assassine son père et s’approprie le trône. Constamment menacé et intrigué par deux serpents lovés autour de ses épaules, il se lance dans une conquête dévastatrice et agrandit considérablement son royaume, imposant sa cruauté aux peuples opprimés. Il règne ainsi mille ans, jusqu’à ce qu’un oracle lui prédise sa chute prochaine sous le bras armé du jeune Fereydoun.

23/11/2021, 11:08

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Revenir à toi : Léonor de Récondo, meutrissures et abandon

Magdalena sort tout juste du cabinet de sa dermatologue lorsque son téléphone sonne : un rappel de sa messagerie sur laquelle Adèle, son agente, lui a laissé un message ! Encore engluée dans ses réflexions à propos des soins qu’elle vient de subir et qui sont, pourtant, sans conséquence, elle peine à entendre le sens des mots qu’Adèle a laissé pour elle : la trace de sa mère a enfin été retrouvée ! Après une disparition pendant trente ans. Sans aucune nouvelle. Sans aucune information. Seulement « partie » selon son père et ses grands parents ! Retrouvée !

23/11/2021, 10:38

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Le Syndrome du golem : Mikael Hirsch revisite Frankenstein

BONNES FEUILLES – Bizarrement, c’est moins le golem éponyme, le seul, l’unique, modelé à coups de pouce rageur, et dans une épaisse argile, par le rabbin pragois Judas Lœw Ben Bezalel, qu’évoque le formidable roman de Mikaël Hirsch, que la créature de Frankenstein, colosse couturé et titubant fait de bric charnel et de broc osseux. 

23/11/2021, 08:42

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Johanne : Graciano, sur des traces peu connues de Jeanne d'Arc

BONNES FEUILLES – Le premier roman de Marc Graciano avait failli s’intituler Anarchie dans la montagne. Celui qui nous vient aujourd’hui aurait pu tout autant s’intituler Liberté dans les forêts. Sans cesse déployé, et mûri par un écrivain parvenu à sa plénitude, c’est toujours le même enjeu, et toute la grâce de Graciano : nous soigner de ce qui nous fait souffrir, nous ouvrir à un regard qui comprend le monde, nous redonner une langue qui permet de nommer ce que nous ressentons et pouvons ressentir.

23/11/2021, 08:17

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Ils ont tué Oppenheimer : Virginie Ollagnier raconte le “Doctor Atomic”

BONNES FEUILLES – Un roman intime et politique qui nous plonge au cœur de la guerre froide et dans la pensée complexe du père de la bombe. Robert Oppenheimer aimait les femmes, courser les trains au volant de sa puissante voiture, affronter les tempêtes à la barre de son bateau et galoper sur les chemins du Nouveau-Mexique. Par-dessus tout, il aimait la physique car elle réveillait en lui le philosophe, le poète. 

23/11/2021, 08:00

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Sapiens, tome 2 : la puissance de la fiction

« Sapiens », le brillant essai fleuve de Yuval Noah Harari, ce best seller mondial qui raconte sous un jour nouveau l'histoire de l'Humanité, prend à nouveau d'assaut les tables des librairies dix ans après sa première parution en hébreu, en bande dessinée cette fois. Le deuxième tome, toujours aussi réussi, met en lumière les mécanismes qui ont permis aux homos sapiens de s'établir, de coopérer et, petit à petit, de faire société à grande échelle, notamment grâce au recours à des fictions collectives comme l'argent, les divinités ou les empires. Un récit en cases et en bulles qui, comme l'Homo Sapiens il y a 70000 ans, part à la conquête du monde entier.

22/11/2021, 11:51

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Daft Punk, Pikachu ou Greta Thunberg : le grand retour de Clotaire se déguise

BONNES FEUILLES – Roi incontesté du déguisement en tous genres, Clotaire revient dans une nouvelle édition, pour un défilé de personnages toujours plus surprenants ! Un album, paru originellement chez Autrement jeunesse en 2014, toujours dès 3 ans, mais que l'on retrouvera réédité en janvier prochain.

22/11/2021, 08:40

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Braconniers, d’Alessandro Cinquegrani : “Le chant d’une vie consumée”

Pour cette nouvelle année, les éditions do publiera Braconniers d’Alessandro Cinquegrani, traduit de l’italien par Laura Brignon. Plongé dans une représentation allégorique de l’histoire de l’Italie, le lecteur découvre des personnages tourmentés par la mort de leur fils dans des conditions mystérieuses, qui les laissent dans une souffrance — presque — inexprimable. 

22/11/2021, 08:15

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Le latin ? Un droit pour tous : un vivifiant plaidoyer 

Le latin ? Une langue ancienne, une langue morte, devenue inutile dans notre monde contemporain, diront certains. C’est pour répondre à ces mauvaises langues qui s’égarent dans une vision étriquée du savoir que Marie-Pierre Delaygue-Masson a décidé de prendre la plume. Son court essai intitulé Le latin ? Un droit pour tous ! vient d’être publié par la nouvelle maison d’édition l’autreface créée en 2020.

22/11/2021, 07:30

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Dragon Ball, Astérix et un Goncourt : les 200 meilleures ventes (semaine 45)

La potion magique continue de faire son effet, mais après avoir dépassé le million d’exemplaires en quelques semaines, Astérix et son Griffon perdent un peu leur souffle. Tout en gardant la première place des ventes. Assez logiquement, le Prix Goncourt décerné à Mohamed Mbougar Sarr, permet à son livre, avec 86.595 exemplaires, de prendre la seconde. Et à sa suite, San Goku et ses amis se glissent à la 3e place : le T.15 de Dragon Ball Super affiche 21.770 ventes, star de la semaine.

19/11/2021, 11:33

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Enki Bilal : A l'intérieur de l'artiste

Alors qu’une exposition Picasso, l’étranger s’est installée au Musée de l’histoire de l’immigration depuis le 4 novembre, le maître espagnol fait le même jour l’actualité éditoriale. Les éditions Points ressortent dans leur collection Beaux livres le texte d’Enki Bilal, paru d’abord aux éditions Stock. Connu pour ses BD devenus cultes et son style si particulier, Enki Bilal propose ici une déambulation onirique et nocturne dans le Musée Picasso. Une nuit où l’on croise le maître espagnol, mais également son illustre compatriote qui le précéda, Francisco de Goya, la photographe et compagne du peintre des Demoiselles d’Avignon, Dora Maar, ou encore le Minotaure..

17/11/2021, 09:36

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Rodolphe Tosi, Le voltigeur de la République

C’est un témoignage particulièrement poignant qu’à recueilli notre confrère, le journaliste et critique Jean-Luc Favre Reymond — celui du résistant de la première heure, dénommé Rodolphe Tosi, âgé aujourd’hui de 94 ans passé, et vivant en Savoie. Né en 1926 à Modane en Maurienne, zone frontalière avec l’Italie, il est issu d’une famille d’immigrés italiens, comme beaucoup de ressortissants à cette époque venus chercher un emploi en France. 

16/11/2021, 16:37

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Écriture et sexisme : “Ils n’adopteront jamais une femme auteur à mérite égal”

La collection « Les Plumées », des éditions Talents hauts, destinée à donner une nouvelle vie à des textes d'autrices oubliés ou négligés par l'histoire littéraire, accueille le 25 novembre prochain La femme auteur, roman écrit en 1802 par Félicité de Genlis. Auteure de quelque 140 ouvrages, elle encourage les femmes, dans ce roman, à prendre la plume.

16/11/2021, 15:58

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La nuit tombée sur nos âmes : souvenirs du G8 de Gênes, en 2001 

Été 2001 ! Convergent vers Gênes (Genova, la magnifique cité méditerranéenne aux églises somptueuses, aux ruelles étroites, aux palais magnifiques) des catégories de gens bien différentes...

15/11/2021, 15:47

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La jeune femme au luth, de Vermeer au coeur du thriller de Katharine Weber

Patricia Dolan est, certes, d’origine irlandaise, mais bien américaine depuis l’émigration de sa famille de l’autre côté de l’Atlantique pour tenter d’échapper à la pauvreté qui s’abattait sur les Irlandais avec autant d’assiduité que les pluies venues de l’ouest sur la terre d’Irlande. Pourtant Patricia a quitté son passionnant travail à la bibliothèque de la Frick Collection, célèbre musée d’art de New York, pour un congé sans solde, sans durée prédéfinie et sans explication très claire à son père Pete, pour venir s’installer pour une durée indéterminée dans un cottage isolé, au bord de l’Océan, à quelque distance d’un village irlandais où sa famille perd ses origines.

15/11/2021, 15:11

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Potiki : en Nouvelle-Zélande, mythes et difficiles réalités

Roimata a épousé Henri parce que l’amour les avait déjà unis alors qu’ils n’étaient que des enfants. Il avait accompagné leur enfance jusqu’au jour où Roimata a dû partir pour aller étudier, ailleurs, dans un pensionnat où son père, déjà veuf, juste avant de mourir, l’avait inscrite. Et le jour où elle a pu et décidé de revenir, des années après, elle n’a prévenu personne de son retour, préférant retrouver seule le chemin qui la ramenait vers la maison où elle savait que Henri et sa famille lui feraient bon accueil.

12/11/2021, 15:55

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Chainsaw Man 11 : coup de poing final

Le 11e et dernier tome de la première partie de la série phénomène est là. Préparez vos yeux pour des larmes et des doubles pages flamboyantes, et votre âme pour un déchirement final. L'espace de 192 pages, vous êtes entre les mains de Fujimoto-sensei.

12/11/2021, 15:24

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La Perle : Anne-Margot Ramstein et Matthias Aregui aux somptueuses compositions

Une perle, extraite d'un coquillage immergé aux abords d'une plage exotique, est offerte par un jeune garçon à une petite fille. Amoureusement, celle-ci s'en fait une bague qu'elle tend devant elle, pleine d'admiration avant de la déposer sur une table et d'aller se coucher. Dans la nuit arrive un oiseau qui vole le bijou. La perle passera ainsi de mains en mains pour vivre un véritable périple. 

12/11/2021, 15:09

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Contes et nouvelles de mon pays de Jean-Yves Carlen 

Ces contes et nouvelles proposent une lecture originale et parfois décalée de la région du Rhin supérieur où tout lecteur pourra percevoir à travers ses singularités propres, certains thèmes universels qui façonnent la condition humaine. 

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1 million d'exemplaires pour Astérix : les 200 meilleures ventes (semaine 44)

Une fois de plus, les irréductibles Gaulois monopolisent l’attention : 1,005 million d’exemplaires vendus, avec la première place absolue… S’en suit le prix Goncourt de Mohamed Mbougar Sarr, qui accumule 39.500 ventes. La troisième place revient à Le jeune acteur (T.1) : aventures de Vincent Lacoste au cinéma, de Riad Sattouf (17.146 exemplaires). Et voilà comment tout se déroule…

12/11/2021, 10:24

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La femmes qui a tué des poissons : Clarice Lispector en conteuse

BONNES FEUILLES – Après avoir publié en 2004 La vie intime de Laura suivi du Mystère du lapin pensant, les éditions des femmes-Antoinette Fouque présentent une nouvelle édition de ces deux contes, réunis en un volume auquel viennent s’ajouter deux titres : une nouvelle traduction de La femme qui a tué les poissons (Ramsay, 1990 et Seuil, 1997) et un conte inédit en français et publié pour la première fois, Comme si c’était vrai. Ce recueil est illustré par l’artiste graveuse Julia Chausson. 

10/11/2021, 11:53