Bordeaux est une ville littéraire. Je le savais déjà par les auteurs que cette ville magnifique a donné à la France : Mauriac, Guérin, Forton, Lafon et j'en passe. Mon voyage là-bas me l'a confirmé. Il y a à Bordeaux un nombre impressionnant de librairies de qualité, dirigées par des passionnés qui ont eu la gentillesse de m'écouter parler de mon prochain livre "les choix secrets" dont la sortie est prévue fin août 2012, et dont je parlerai le moment venu.
Le 24/06/2012 à 16:21 par Les ensablés
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24/06/2012 à 16:21
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Par Hervé BEL
J'ai pu, là-bas, rencontrer enfin David Vincent, patron du pôle fiction de la librairie Mollat, mais également des éditions "L'Arbre vengeur" (cliquez ici). Connaissez-vous cette maison d'édition? Avec Finitude, autre maison bordelaise, "L'arbre vengeur" fait honneur à la ville des livres. David Vincent, opiniâtrement, d'une manière absolument désintéressée, publie les auteurs ensablés, des textes oubliés, et même des contemporains. C'est un homme mince, lunettes, cheveux courts, raides, dont la froideur n'est qu'apparente. Bien vite, en parlant de ses auteurs, il devient souriant et passionnant. C'est une chance de rencontrer ce genre d'homme. Soudain, on se sent moins seul. Il y a donc des gens qui veulent comme nous œuvrer contre l'oubli, l'injustice littéraire. Voici ce qu'écrit la maison d'édition. A force de chercher des os dans les forêts, l'Arbre vengeur a non seulement redécouvert des tombes d'auteurs à ressusciter mais aussi déniché des écrivains singuliers que n'effraie pas l'idée de vengeance. Soucieux de dépoussiérer, de bousculer, de charmer, de raviver des couleurs passées ou d'en raviver de nouvelles, il étend depuis bientôt dix ans son ombre sur les territoires de l'imaginaire, de l'humour et du style. Un rapide coup d’œil sur les titres publiés montre l'éclectisme de la maison, son courage, son audace. A côté de contemporains comme Chevillard, l'Arbre vengeur publie des titres peu connus d'auteurs classiques: Dickens, "Le voyageur sans commerce"; Mirbeau "Les mémoires de mon ami" etc.
Mais surtout, il y a des ensablés, et pas des moindres puisque je découvre un André de Richaud (voir mon article sur ce roman admirable qu'est "La douleur") intitulé "L'échec à la concierge"; un Roger Judrin "La dépouille du serpent", et un court récit de Jean-Pierre Martinet, "La grande vie" que David Vincent a bien voulu me conseiller. Dans le train qui me ramenait de Bordeaux à Paris, j'ai lu d'une traite ce texte court dont l'effet, c'est le moins qu'on puisse dire, est percutant, comme un alcool très fort, une gorgée qui enivre davantage qu'une bouteille de mauvais vin. C'est l'histoire d'Adolphe, un petit jeune homme laid à faire peur, qui vit devant le cimetière de Montparnasse, rue Froidevaux. Petit homme sans femme, travaillant dans un magasin de Pompes Funèbres. Écoutez plutôt: La rue Froidevaux était laide comme une salle d'attente de deuxième classe perdue dans quelque banlieue où les trains sont si rares que l'on vient là pour dormir, au milieu des papiers gras et des restes de sandwichs au jambon, et des canettes de bière si misérables, si solitaires, dans l'urine, les confetti, les scintillants et le vomi, et la tristesse des chiens qui guettent la mort sur les murs salis par tant de doigts crasseux. Dans cette rue, on avait toujours la sensation d'un froid glacial, même au mois d'août. Les passants avaient des allures de chrysanthèmes tardifs, et novembre s'éternisait. Le lierre s'agrippait désespérément aux murs des cimetières, mais au fond, on sentait bien qu'il n'y croyait pas , et qu'il avait été placé là par les soins d'un décorateur neurasthénique. En été, les tombes reverdissaient, et le mur avançait imperceptiblement. J'entendais parfois des craquements, la nuit, et cela me donnait d'épouvantables crises d'angoisse. Pauvre imitation de la vie. Comme on se sentait seul dans ce désert. Rue froide. Avec tout ce que cela évoquait: chambre froide, morgue, cadavres abandonnés, jeunes filles à moitié pourries, mauves et vertes et blanches, veaux assassinés à coups de merlin, au petit matin, sous une pluie fine.
Oui, c'est terrible et beau à lire, et tout est ainsi dans ce texte désespéré qui m'évoque Maldoror, et où l'on suit le pauvre Adolphe, poursuivi par une concierge de deux mètres de haut, monstrueuse, qui finit par le prendre. Tandis qu'il rêve, lui, de fraîches jeunes filles qui l'ignorent, il s'empale dans le corps monstrueux, lui obéissant au doigt et l’œil. Jusqu'au jour où la concierge va trop loin... Alors, après, ce sera la Grande Vie, en réalité la folie du petit homme. Folie dans sa chambre sinistre d'où il domine la rue Froidevaux avec son fusil, tirant sur les chiens qui approchent la tombe de son père qui dort au cimetière Montparnasse. Récit poétique, cauchemardesque. Il faut savoir que Jean-Pierre Martinet est mort à l'âge de 49 ans, comme tant d'autres écrivains ensablés. Il est l'auteur de "Jérôme", roman souterrain qui souleva en son temps la colère de certains critiques tant il était sombre, ce livre désespéré. Martinet était un homme désespéré. Précipitez-vous sur "La grande vie", texte impressionnant, étrange. la dernière photo est issue du site Bdart
Hervé BEl Juin 2012
Par Les ensablés
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Un polar sur fond historique qui rappelle beaucoup l'ambiance de la Trilogie Berlinoise de Philip Kerr. À Munich en 1946 sous l'occupation US, les destins de réfugiés, profiteurs, militaires, prisonniers, s'entrecroisent tandis qu'un serial-killer s'attaque à des jeunes femmes.
16/07/2026, 11:21
En cherchant le piano laissé à Bucarest par sa grand-mère, Sonia Devillers rencontre un autre instrument disparu : un Érard de concert, numéro 68037, acheté par la famille Enoch en 1892, volé par les nazis en 1943 et jamais retrouvé. Dans Le fabuleux piano, publié chez Robert Laffont, elle compose un récit-enquête ample, sensible et très documenté sur les objets spoliés, les morts sans tombeau et la musique comme dépôt de mémoire. Début des gammes, ce 27 août.
16/07/2026, 10:38
Une narratrice connue sous le nom de Rose de Nuit vend des fiches de lecture, se dispute avec une bibliothèque et repart avec un livre blanc qui n’en est peut-être pas un : Une sculpture. Quand l’artiste Ari Bosochur lui propose de participer à une rétrospective où les œuvres seraient remplacées par leur récit, tout se met à glisser. Gaëlle Obiégly signe un roman brillant, drôle et très mobile sur l’art, la parole, le soin et les vies qu’on tente d’ordonner. Rien à voir, peut-être à lire, ce 20 août.
16/07/2026, 10:33
Dans le comté de Mayo où il a grandi, l’Irlandais Colin Barrett pose un regard bienveillant sur l’humanité de ses compatriotes et nous livre un recueil de nouvelles d’une remarquable unité de ton, très rural, très social.
16/07/2026, 10:19
Pâquerette a 28 ans. Elle est laborantine, et follement amoureuse de Jean-Benoît, son fiancé, qu’elle considère comme l’homme parfait. Un soir, après sa journée de travail, elle rentre chez elle, avec dans sa poche, un ticket de Loto sur lequel elle a coché tous les numéros qui racontent leur histoire d’amour. Installée devant la télé, elle retient son souffle. Les chiffres tombent… un par un. Jusqu’au dernier : jackpot, trente-deux millions d’euros !
16/07/2026, 08:00
Près de l’ancienne mine creusée par les Britanniques, une veuve assiste aux recherches des victimes dans un lac artificiel. Un homme en combinaison plonge puis remonte sans cesse des eaux. Elle tremble à l’idée de ce qu’il pourrait repêcher. Traduit du grec par Nicolas Pallier.
16/07/2026, 07:00
Un soir de fête nationale, les Bleus rêvaient d’une troisième finale de Coupe du monde consécutive. À Arlington, dans l’agglomération de Dallas, l’Espagne les a privés de ballon, de souffle et d’avenir : 2-0, sans véritable contestation. Pour raconter cette chute, trois livres : Le Cœur du pélican pour la France, Rouge ou mort pour la Roja et Les Derniers Jours de Roger Federer pour une rencontre dont l’issue s’est dessinée bien avant le coup de sifflet final.
15/07/2026, 21:35
Inauguré en mai 1804 dans l'actuel 20e arrondissement, le Père-Lachaise est devenu en quelques décennies le cimetière le plus réputé de Paris. L'éponyme confesseur du Roi-Soleil n'a jamais dû, de son vivant, imaginer une telle postérité. Par Jacques Lucchesi.
15/07/2026, 15:51
Dans une ferme isolée d’une vallée pyrénéenne, un patriarche agonise. Ses enfants reviennent, chargés de rancœurs, de secrets, de fatigue et de comptes jamais réglés. Dehors, l’orage cogne. Dedans, Judith tient la maison, Maud prie, les chiens veillent, la fratrie s’observe. Je ne suis pas venu apporter la paix, ou la tragédie familiale noire revue par Nicolas Martin, organique, parfois excessive, mais d’une puissance d’atmosphère rare. À partir du 3 septembre.
15/07/2026, 15:12
À la mort de Christian Monnay, écrivain culte retiré du monde depuis trente ans, sa fille Chloé découvre que ses neuf manuscrits inédits ne contiennent que des pages blanches. Pour préserver sa mère aveugle, puis pour exister enfin comme autrice, elle glisse ses propres romans sous le nom du père. Anne Pitteloud signe une comédie noire, fine et acide sur la filiation, l’imposture et les légendes que fabrique le monde littéraire. Généalogie à découvrir le 21 août.
15/07/2026, 12:15
La cuvée Vargas est un bon cru : un roman sans surprise, assez convenu, mais qui ne décevra donc pas les fans d'Adamsberg et de cette auteure, spécialiste des dialogues décalés, un brin déjantés : quand la poésie affleure du sous-jacent au-delà des apparences de notre monde que l'on croit rationnel.
15/07/2026, 11:20
Comme il y a une dialectique de la raison, il y a une dialectique de la mémoire qui métamorphose le souvenir de la révolte en culte de l’ordre, les anniversaires des révolutions en défilés militaires, l’héritage de la Shoah en légitimation d’un État génocidaire ; ainsi s’affrontent les romans nationaux et la tradition des vaincus, le culte des héros et les traces laissées par les sans-nom, les monuments et les remémorations dissidentes.
15/07/2026, 09:00
Avec Les Désarmantes, son troisième roman à paraître le 21 août 2026 aux éditions Fugue, Caroline Bouffault imagine une France devenue une république pacifiste dirigée exclusivement par des femmes, où l’arrivée d’une journaliste étrangère vient révéler les contradictions d’un modèle fondé sur l’exclusion des hommes.
15/07/2026, 07:48
À l’approche de la rentrée littéraire, les piles de livres à paraître ne tarderont pas à chasser celles du printemps. Il reste pourtant un mois et demi pour revenir vers des romans, récits et objets littéraires publiés entre janvier et juin 2026, parfois passés sous les radars malgré leur singularité.
14/07/2026, 15:01
À la veille de la Révolution française, Paris se pense comme une terre de liberté, régie par le principe selon lequel « il n’y a pas d’esclaves en France ». Pourtant, pour les esclaves venus des colonies chercher refuge dans la capitale, cette promesse se révèle fragile et souvent illusoire.
14/07/2026, 09:00
Alors qu’elle prend la route pour tenter de calmer ses angoisses, Coro se retrouve sur des sentiers déserts, sans téléphone portable, frôlant la panne sèche. La nuit progresse, et alors qu’elle s’aventure au bout d’un chemin étroit pour demander de l’aide, elle arrive devant un grand portail noir. Elle va découvrir une demeure isolée, entourée de végétation et peuplée d’animaux. La communauté de femmes qui y vit propose son aide à Coro.
14/07/2026, 08:00
Arrêté en Iran le 12 octobre 2022, Olivier Grondeau a passé 887 jours en prison avant sa libération, le 17 mars 2025. Dans Joseph dans la nuit, publié chez L’Iconoclaste, il revient sur ses 72 jours de garde à vue sous l’autorité du ministère du Renseignement. Un récit d’enfermement, de peur et de résistance intérieure, porté par une langue nette, poétique et vibrante, où les rêves, les camarades et Hafez maintiennent un peu de monde au fond du noir.
13/07/2026, 16:18
Je vous écris ce matin les yeux fermés (c’est beau la confiance) : cette Coupe du monde outre-Atlantique va me coûter encore quelques nuits sans assez de sommeil. Des cernes, certes, mais qu’au moins je ne dois pas à une peine que la défaite face au Maroc aurait provoquée. Une fatigue victorieuse, avec quelques réserves.
11/07/2026, 12:19
À partir des dossiers retrouvés des personnes internées à Anjanamasina (Madagascar), l’un des premiers asiles d’aliénés des colonies françaises, Raphaël Gallien prend au sérieux des paroles jugées délirantes, des gestes incompris, des trajectoires brisées, pour approcher les effets intimes de la colonisation.
11/07/2026, 09:00
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