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Les Ensablés - Notes de voyage de Laurent Jouannaud: "L'espoir" d'André Malraux, un grand roman pudique sur la guerre

Mon cher Hervé, Je lis au hasard des bouquinistes, au gré des nouvelles parutions et des rééditions en livre de poche : je lis selon mon bon plaisir et rien de ce qui est écrit ne m’est a priori étranger. Mais j’ai aussi des lectures dirigées. En ce moment, je lis des romans de guerre. J’ai achevé de rédiger KAFKA, suite, un roman qui paraîtra en octobre. Je commence maintenant un récit de guerre, appelons-le provisoirement La troisième guerre mondiale, et je me demande comment écrivains et historiens s’y sont pris pour raconter la guerre. J’ai lu les réflexions du philosophe Alain (Mars ou la guerre jugée) : il a participé à la première guerre mondiale et ses observations sur la discipline des armées font frémir. Je vais lire L’Art français de la guerre, par Alexis Jenni, qui a obtenu le Prix Goncourt 2011 avec ce premier roman. Et je relis un classique, L’Espoir, d’André Malraux, sur la guerre d’Espagne.

Le 09/04/2012 à 14:04 par Les ensablés

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Publié le :

09/04/2012 à 14:04

Les ensablés

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Je me souviens bien de La Condition humaine, prix Goncourt 1933, mais de L’Espoir, je n’ai en mémoire que la forme du roman : des dialogues entrecoupés par la description de combats, ou l’inverse, c’est selon le point de vue. Je lis le texte dans l’édition « Folio plus » : il y a en fin de volume un dossier documentaire qui est indispensable quand on n’a jamais entendu parler de la guerre d’Espagne. Ce que j’en sais me suffira : le gouvernement républicain légitimement élu en février 1936 est combattu par l’armée et la droite. C’est la guerre civile entre les rouges et les bruns. Les bruns finiront par l’emporter en 1939 : Franco restera maître et dictateur jusqu’à sa mort en 1975.

Malraux était du côté des rouges : il a fait partie des brigades internationales qui sont venues aider la gauche. L’écrivain, déjà célèbre, a voulu connaître l’action : il a  participé aux combats aériens en 1936-1937. On se bat et on se parle sur 600 pages. C’est long. Il y a beaucoup de personnages, il est difficile de s’y retrouver. Malraux décrit le camp des républicains. C’est un roman fragmenté : nous sommes dans Madrid qui résiste aux insurgés, puis à Barcelone lors de l’attaque de l’hôtel Colon, à Tolède avec les escadrilles internationales, de nouveau à Madrid, puis à Guadalajara, et dans la sierra de Guadarrama. La chronologie est  succincte : 20 juillet, 21 juillet, début d’août, août, nuit du 6 novembre, etc. « Le 18 mars », telle est la dernière indication, et bien des chapitres n’ont pas de date. Nous assistons à ces petits combats qui font les grandes batailles : la prise d’une barricade, la chute d’une garnison, le bombardement d’une colonne militaire, un duel d’aviateurs. A la différence des livres d’histoire qui analysent les forces en présence, font le total des pertes et donnent le nom du vainqueur, la guerre n’est pas une abstraction dans ce roman : « Manuel prenait conscience que la guerre, c’est faire l’impossible pour que des morceaux de fer entrent dans la chair vivante. » Malraux décrit un fourmillement de personnages, de petites actions, de déplacements, d’embuscades : « Guernico tenta de courir. Les pavés accumulés le faisaient trébucher sans cesse, et l’obscurité très dense rendait impossible de suivre le trottoir. Une auto passa en vitesse, les phares bleuis. Cinq nouvelles explosions, quelques coups de fusil, une vague rafale de mitrailleuse. »

A l’éternelle guerre au corps à corps, s’ajoute la guerre moderne où l’essence et les moteurs comptent plus que les jambes et le sang.  On se bat dans les airs : Malraux raconte les périlleuses missions sur des avions de fortune, alors que les rebelles disposent d’appareils modernes fournis par l’Allemagne et l’Italie. Les volontaires sont de bonne volonté mais inaptes et on doute des mercenaires qui se font payer. Le terrien ne peut rien contre la mort aveugle qui vient d’en haut : « Depuis le début du bombardement, des coqs chantaient. Sous l’éclatement sauvage d’une torpille, ils devinrent déments ; tous ensemble, nombreux comme ceux d’un village dans ce quartier misérable, frénétiques, exaspérés, ils commencèrent à hurler à la mort le chant sauvage de la pauvreté. » Il y a des personnages qui meurent vite, dès le début : Le Négus, Puig. D’autres meurent en cours de roman : Ramos, Scali, Sembrano, Hernandez. D’autres vivent encore à la dernière page : Magnin, Attignies, Garcia, Manuel, le journaliste Shade. Malraux ne cherche pas à décrire des figures héroïques. C’est la guerre au jour le jour, un ensemble de petites actions individuelles.

Le courage va de soi et chacun a déjà fait le sacrifice de son confort et de sa liberté, peut-être de sa vie : « Pour Ximénès comme pour Puig, le courage était une patrie. » Les dialogues donnent leur humanité aux personnages qui ne sont que des pions pendant l’action. Ces discussions expriment la tragédie de toutes les guerres dès qu’on se met à penser : la fin justifie-t-elle de tels moyens ? « L’action est l’action, et non la justice », dit Magnin. La solidarité prévaut-elle contre la justice ? « L’amitié, ce n’est pas d’être avec ses amis quand ils ont raison, c’est d’être avec eux même quand ils ont tort », déclare Attignies. Le colonel Ximénès, catholique fervent mais fidèle à la République, distingue Dieu de ses prêtres : « Pourquoi faut-il que les hommes confondent toujours la cause sacrée de celui qui vous voit en ce moment  et celle des ses ministres indignes ? » Bien entendu, le rôle des partis ou des cadres (ici, le parti communiste) pose problème : «  Les partis sont faits pour les hommes, pas les hommes pour les partis », dit Le Négus. Mais Manuel, qui a de l’expérience, sait que « le courage est un problème d’organisation. Reste à savoir quels sont ceux qui veulent être organisés. » Garcia se demande : « De quelque façon que finisse la guerre, à ce point de haine, quelle paix sera possible ici ? Et qu’est-ce que cette guerre fera de moi ? » Le sage Alvear voit plus loin que le pain : « La servitude économique est lourde ; mais si pour la détruire, on est obligé de renforcer la servitude politique, ou militaire, ou religieuse, ou policière, alors que m’importe ? » Et qu’est-ce que le courage ? « Devant les obus, je ne crois plus aux réflexions ; ni aux vérités profondes ; ni à rien : je crois à la peur. La vraie : pas celle qui fait parler, celle qui fait partir. » Et ceux qui partent quand l’ennemi arrive sont fusillés, comme dans toutes les armées du monde : « Jamais Manuel n’avait ressenti à ce point qu’il fallait choisir entre la victoire et la pitié. »

Finalement, l’idéologie a peu de place dans ce roman : il y a deux camps opposés mais il n’y a pas les bons contre les méchants. Il y deux conceptions du monde qui s’affrontent : on connaissait en Espagne le monde vertical qui fait danser quelques privilégiés au sommet de la pyramide que bâtissent leurs semblables. Les républicains ont fait naître l’espoir d’un monde horizontal où le poids de la vie est réparti à égalité sur toutes les épaules. Cet espoir justifie la guerre contre les fascistes : « Dans chaque patelin qu’a pris Franco, tout devient plus esclave : non seulement les nôtres, ça va de soi, mais les gosses qu’on remet chez le curé, les femmes qu’on remet à la cuisine. » Ou encore, pour parler en termes économiques, c’est « la vieille lutte de celui qui cultive contre le possesseur héréditaire. » Cet espoir porte déjà ses fruits : il y a la fraternité de l’action, « la même fatalité fraternelle. » L’auteur a choisi son camp en évitant le manichéisme. On tue des deux côtés et l’horreur est partout : « Il y a des guerres justes, -la nôtre en ce moment- mais il n’y a pas d’armée juste. » Il doit aussi y avoir de la fraternité et du courage dans l’armée d’en face. Mais si les rouges prennent parfois des gants (on fait passer les lettres d’un général fasciste à sa femme qui vit derrière les lignes républicaines), pas les rebelles : « Il y a cent cinquante mille places dans les abris, et un million d’habitants à Madrid. Dans les quartiers les plus visés n’existe aucun objectif militaire. » Les hommes qui se battent ont droit au respect, même ceux qui se trompent de combat. Pour certains, la guerre et la révolution ne sont pas les seuls buts : « Pour un homme qui pense, la révolution est tragique. Mais pour un tel homme, la vie aussi est tragique. Et si c’est pour supprimer sa tragédie qu’il compte sur la révolution, il pense de travers. » Et Malraux n’oublie pas ces hommes réfractaires à la politique : « Dans la guerre civile la plus passionnée, il y a un grand nombre d’indifférents. » C’est la grandeur de Malraux de comprendre et dire qu’aucun régime politique n’empêchera certains hommes d’être malheureux. Malraux reste économe de ses moyens, il n’en rajoute pas, mais l’artiste apparaît parfois dans certaines descriptions : « Le sang de l’un des corps, étincelant au soleil, couvrait peu à peu une pierre plate et blanche d’une pureté de sucre. », « Dans cette sombre lumière, la peau était rouge, l’asphalte noir était rouge, et le sang, brun clair comme du madère, devenait en tombant d’un jaune lumineux, comme celui de la cigarette de Ramos. » De même, il n’hésite pas à mettre dans la bouche de ses personnages de ces formules qui font mouche : « Le Christ est un anarchiste qui a réussi. », « Les hommes ne meurent que pour ce qui n’existe pas », « La révolution joue, entre autres rôles, celui que joua jadis la vie éternelle. », « La tragédie de la mort, c’est qu’elle transforme la vie en destin. », « Ce ne sont pas les dieux qui ont fait la musique, c’est la musique qui a fait les dieux. », « On ne découvre qu’une fois la guerre, mais on découvre plusieurs fois la vie. »

Et il y a quinze pages extraordinaires qui décrivent comment les paysans escortent vers la plaine les civières des aviateurs blessés qui se sont écrasés dans la montagne : « Obsédés par les pierres du sentier, ne pensant qu’à ne pas secouer les civières, ils avançaient au pas, d’un pas ordonné et ralenti à chaque rampe ; et ce rythme accordé à la douleur sur un si long chemin semblait emplir cette gorge immense où criaient là-haut les derniers oiseaux, comme l’eût emplie le battement solennel des tambours d’une marche funèbre. » A la fin du roman –dans la troisième partie intitulée « L’espoir »- la guerre se fait à armes égales entre les deux camps : les avions russes sont arrivés, l’armée républicaine s’est organisée, « c’était la fin de la guérilla, la naissance de l’armée. » Les rouges peuvent espérer gagner. Le récit de Malraux s’arrête, la guerre d’Espagne commence. Dans ce roman, Malraux s’engage sans verser dans la propagande politique qui serait au-dessous de l’art. Il évite la plupart du temps la prose lyrique qui tromperait sur les réalités atroces du terrain. Il refuse la neutralité et l’objectivité du journaliste qu’il n’est pas. Il ne prend pas non plus la pose avantageuse du témoin qui livre ses impressions brutes de volontaire engagé. Mais il y a un peu de tous ces styles à la fois dans ce roman, tant les façons de parler de la mort programmée sont variées. Malraux n’a pas exactement trouvé le ton juste mais L’Espoir est un grand roman pudique sur la guerre.

Laurent Jouannaud - Avril 2014

Par Les ensablés
Contact : contact@actualitte.com

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La condition humaine

André Malraux

Paru le 21/06/2007

415 pages

Editions Gallimard

9,90 €

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Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais  (1908-1998) - quitta la Pologne à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Mobilisé en 1939, il fut fait prisonnier, puis parvint à s'évader. Juif et apatride, il partagea alors l'existence précaire de nombre de personnes réfugiées à Marseille dans l'espoir d'obtenir un visa. Grâce à l'aide de son ami Gide, il obtint ce précieux sésame et gagna les Etats-Unis où il vécut plusieurs années, enseignant la littérature. Malaquais n'a publié que trois romans : « Les Javanais » (prix Renaudot 1939),  « Le Gaffeur » (publié en 1953), tous deux objets de précédents articles et  « Planète sans visa », grand roman de la France sous l'occupation, publié en 1947 et qu'il remania jusqu'à ses derniers jours. Ce roman de plus de 500 pages a été réédité en 1999 après sa mort.

25/05/2025, 09:41

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Les Ensablés - La Saint-Michel et le Pont Euxin d'Anne Lacroix, par François Ouellet

Anne Lacroix (1897-1982) n’aurait publié qu’un seul roman, La Saint-Michel et le Pont-Euxin chez Grasset en janvier 1933. À cette date, elle a déjà commencé un deuxième roman, Rézle (et même annoncé un troisième titre, Les Bergers d’Arcadie), soumis en décembre de la fin de cette même année pour le Prix du roman du Temps ; les quelques voix qu’elle récolte seront insuffisantes pour qu’elle obtienne ce prix qui consiste dans la publication du roman dans les pages du quotidien. Mais, cinq ans plus tard, en mars 1938, Rézle paraîtra en feuilleton dans Le Temps. Il ne semble pas que la carrière d’Anne Lacroix ait connu d’autres développements. Par François Ouellet.

11/05/2025, 09:00

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Les Ensablés - L'Impassible de Frédéric Berthet (1954-2003)

Lorsque la critique d’un livre est aussi intéressante, voire plus, que le livre dont elle parle, lorsqu’on se régale de son style, de son ironie, de sa drôlerie, et si transparaît à travers ses mots l’originalité de l’homme lui-même, alors on peut se dire qu’elle est elle-même œuvre littéraire, et que son auteur est un sacré bonhomme. Voilà la réflexion que je me suis faite après la lecture de ce recueil d’articles de Frédéric Berthet, récemment paru chez La Table Ronde sous le titre L’Impassible. Par Hervé BEL

27/04/2025, 09:00

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Les Ensablés - Happe-Chair de Camille Lemonnier (1844-1913)

Happe-Chair, un titre qui a tout de suite attiré mon attention. Je me trouvais alors dans une des dernières librairies anciennes de la rue Saint-Sulpice (pour combien de temps encore sera-t-elle là ?), dans la bonne odeur des vieux livres, lorsque je suis tombé sur la réédition de 1908 de ce roman de Camille Lemonnier publié une première fois en 1886 chez Kiestmaeckers…  par Hervé Bel. 

13/04/2025, 12:28

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Les Ensablés - Jacques Rivière, Sentiments et critique

À l’occasion du centenaire de sa mort, la collection Bouquins consacre un volume à Jacques Rivière, critique et essayiste, véritable cheville ouvrière de la Nouvelle revue française dont il assura la direction durant plus de 10 ans. Mort prématurément en 1925 à l’âge de 39 ans, celui qui fut à la fois le grand ami et le beau-frère d’Alain Fournier, l’auteur du Grand Meaulnes, révèle par la quantité d’articles qu’il donna à la revue une perspicacité critique étonnante. Sensuelle et inspirée. Par Denis Gombert

30/03/2025, 09:00

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Les Ensablés - Lire sous l'occupation de Jacques Cantier

Le monde des livres sous l’Occupation a déjà été étudié par l’historien Jacques Cantier qui s’était intéressé à la trajectoire de l’une des figures maudites des lettres françaises avec sa biographie de Pierre Drieu La Rochelle (Perrin, 2011). Cette fois, avec Lire sous l’Occupation, publié en 2019 et en poche en 2024 aux Éditions CNRS, il nous présente un panorama global de la lecture entre 1939 et 1945. , par Nicolas Acker.

16/03/2025, 16:50

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Les Ensablés - La femme qui boit de Colette Andris, par Marie Coat

En mars 2023, Gallimard publiait dans sa collection L’imaginaire un grand succès de son catalogue paru en 1929, réédité à huit reprises puis repris en 1934 dans sa collection de poche : La femme qui boit », première oeuvre d’une jeune femme de 29 ans, Pauline Toutey. Par Marie  Coat

02/03/2025, 19:56

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Les Ensablés - Le gaffeur de Jean Malaquais

Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais - quitta la Pologne  à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Cette période de sa vie fut marquée par une grande précarité et  par la volonté farouche de vivre de sa plume. Mobilisé en 1939 puis fait prisonnier, il s'évada et émigra vers le continent américain. Par Isabelle Luciat

16/02/2025, 10:09

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Les Ensablés - Le Boucher des Hurlus de Jean Meckert

Jean Meckert (alias Jean Amila, 1910-1995) est mort il y a trente ans… Pas tout à fait mort, car ses romans ont continué d’être réédités et nous n’avons pas manqué d'en parler dans nos colonnes (1). Cette fois, c’est la courageuse Ronces éditions (2) qui republie Le boucher des hurlus paru chez Gallimard en 1982 et signé du nom Jean Amila qu’il avait adopté pour ses romans publiés dans la Série Noire. Par Hervé BEL

02/02/2025, 19:38

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Les Ensablés - L'inconstante de Marie de Régnier

Fille de José Marie de Heredia, épouse du poète Henri de Régnier, Marie de Régnier n’eût peut-être d’autre choix que de devenir une femme de lettres. Mais en adoptant un nom d’homme tout de même, société corsetée oblige ! C’est ainsi que Marie de Régnier entama très tôt une carrière littéraire au confluent de deux siècles, à la période de la Belle Epoque, sous le nom de de Gérard d’Houville, puis de Gérardine (la renommée de Caroline Rémy, dite Séverine, étant peut-être passée par là). Par Denis Gombert.

19/01/2025, 09:00

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Tous les chiens de ma vie

18/06/2026, 18:08

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Une fille perdue dans un palace de New York et Le bruit du melon qui explose

Au Stanhope Plaza, palace new-yorkais où sa mère a choisi d’habiter, Mila rêve de partir sans réussir à franchir le seuil. Entre June, femme d’affaires qui gouverne par l’argent, et Lupita, nounou colombienne devenue son appui, elle s’invente des scénarios démesurés. Aux éditions Au diable vauvert, Le Bruit du melon qui explose est un roman d’apprentissage baroque, drôle et douloureux, sur les familles que l’on fabrique pour survivre. Gare aux éclaboussures, attendues pour le 27 août.

18/06/2026, 13:16

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Les Agitées : Camille Claudel dans le roman hanté de Camille Zabka

À la Haute-Île, hôpital psychiatrique de Seine-Saint-Denis, plusieurs enfants s’effondrent après le goûter. L’enquête menée par une jeune policière croise bientôt la vie d’une famille installée dans l’enceinte de l’établissement et les archives de Camille Claudel. Publié aux éditions La Tribu, Les agitées compose un récit d’atmosphère où le passé asilaire imprègne chaque détail du présent, de la maison des étangs à la crèche. Une douce folie à venir le 19 août.

18/06/2026, 13:15

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Julia Kerninon : quand les amis d’enfance se retrouvent face aux drames passés

Waldo revient sur la presqu’île à l’invitation de sa mère, Diane Schnabel, écrivaine célèbre. Dans la maison achetée au lendemain de son premier succès, elle organise une réception d’été fastueuse, comme un défi lancé au passé. Autrefois, du temps des jours « heureux », les étés se passaient à l’hôtel Wilberforce. Quatre enfants du même âge, Waldo et son frère Adam, Annabel et Olivia Wilberforce, couraient dans les dunes, se baignaient jusqu’à l’épuisement, grandissaient ensemble.

18/06/2026, 09:00

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Ceux qui creusent sous la frontière

Au cœur d'une ville divisée par un imposant mur frontalier, Héléna travaille pour une agence de rénovation. Elle répare des balcons, colmate des toitures et plonge momentanément dans l'intimité de ses clients. 

18/06/2026, 08:00

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Une expérience qui fait peur parce qu’elle est vraie

Naples, 1974. Andrea, passionné d’art, inaugure sa première galerie. Il a fait venir une jeune artiste de vingt-sept ans, Marina Abramović, qui l’avait stupéfié lors d’une performance à Belgrade. Marina incarne le corps communiste qui a grandi sous Tito.

18/06/2026, 07:00

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Benjamin Graham, Peter Lynch, Morgan Housel : trois livres pour comprendre les marchés

Les marchés financiers fascinent depuis longtemps les écrivains, les économistes et les journalistes. Bien avant l’apparition des applications de trading, les livres tentaient déjà d’expliquer les mécanismes de la spéculation, les ressorts psychologiques des investisseurs et les risques liés à la recherche du profit.

 

17/06/2026, 17:58

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Une adorable ourse : Woodbrook cache encore ses morts

Après un premier volume qui a dépassé les 13.200 exemplaires, Beneath the three where nobody sees, de Patrick Horvath revient dans une suite, tout aussi inquiétante. Parce que raconter l’histoire d’une tueuse en série, quand bien même on utilise des animaux anthropomorphiques, cela n’a rien d’un conte de fées… Promenons-nous dans les bois, à partir du 3 juillet.

17/06/2026, 16:55

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Beneath the trees where nobody sees

17/06/2026, 16:45

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Le joueur de flûte des enchères

Une fable aussi étrange qu'effrayante sur l'air du joueur de flûte de Hamelin. Le premier et unique roman de Joan Samson est une histoire puissante qui va prendre la tête du lecteur et ne pas la lâcher facilement. Un roman qui a tout pour devenir un livre culte.

17/06/2026, 12:35

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Annie Ferret sonde les secrets des pères dans Désir des hommes

Un vieux batik signé Daouda rouvre l’histoire d’Émeline, de Gilles et d’Everett, entre Ouagadougou, mémoire familiale et violences enfouies. Avec Désir des hommes, Annie Ferret compose un roman ample sur la filiation, le deuil, l’emprise, la paternité et la force des femmes. La figure du devin relie les récits, recueille les secrets et fait surgir ce que chacun croyait tenir à distance. Attendu pour le 20 août (très attendu).

17/06/2026, 11:56

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La Punition : un père, un fils, une parole impossible

Dans La Punition, publié chez P.O.L, Arthur Dreyfus revient vers une scène de 2003 : un père transforme le coming out de son fils en faute, en choix, en condamnation. Le récit suit les effets de cette parole dans le corps, le désir, la honte et l’écriture. Cru, mobile, parfois vertigineux, le livre cherche une forme capable de traverser le trauma sans lui abandonner toute la vie. La sanction tombera le 20 août.

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« Pas de temps à perdre. Aujourd’hui, je meurs. » C’est par ces mots que, le 9 juin 1927, Victoria Woodhull annonce à son domestique Ménélas Daisastre, un jeune Marseillais traumatisé par la Grande Guerre, qu’elle entame la dernière journée de son existence. À quatre-vingt-huit ans, elle est coutumière des prédictions catastrophiques au manoir de Norton’s Park.

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Trois vies liées par le désir de réussir autrement

Thessa écrit une longue lettre à Blue, la fille de son amie de toujours, Jypsi. Il est temps de lui révéler comment est arrivée la tragédie qui a infléchi le cours de leurs vies.

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Un premier roman salué par Amélie Nothomb

Elles vivent dans une cabane isolée, au cœur de la forêt, là où rien ne peut les atteindre. À seize ans, l’adolescente ne connaît pas d’autre visage que celui de sa mère. Son monde se résume à quelques arpents de terre, ses jours sont rythmés par le passage des saisons et les rituels que Maya lui impose pour la protéger de la corruption qui guette de l’autre côté de la barrière.

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Tous les jardins du monde

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Résister quand l’histoire accélère : une boussole face au fascisme

À Perm-36, ancien camp du Goulag, Catherine Dorion découvre une mémoire nue : des cellules, du froid, du silence, des morts, et la sensation physique d’un avertissement. De cette visite à l’année 2025, Le courage et la joie relie les récits du totalitarisme, la montée des autoritarismes contemporains et les mécanismes psychiques qui désarment les sociétés démocratiques. À paraître le 21 août.

16/06/2026, 11:26

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Ibtisam Azem imagine un matin sans Palestiniens

Au réveil, les Palestiniens ont disparu. Mais les maisons, les téléphones, les rues, les noms anciens et les cahiers restent là. Dans Le Livre de la disparition, Ibtisam Azem transforme cette hypothèse sidérante en roman de mémoire et d’effacement. Entre le cahier rouge d’Alaa, Palestinien de Jaffa, et le regard d’Ariel, journaliste israélien, l’absence devient une présence impossible à contenir. Apparition, le 26 août.

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Tout est réuni dans cette saga familiale pour captiver les lecteurs et lectrices : un clan familial très riche gère ses affaires au sein d’un conseil d’administration exclusivement constitué d’hommes. À la mort du patriarche, le testament comporte une énigme et celui qui saura la résoudre prendra la place du défunt.

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Landru, Barbe-Bleue passé au noir et blanc

Chabouté s'empare du mythe « Landru » et réinvente l'histoire à sa façon, dans un petit thriller malicieux au dénouement très politique.

16/06/2026, 09:23

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La maîtresse juive de Mussolini

En 1947, Margherita Sarfatti est de retour dans sa villa du lac de Côme après la guerre et son exil provoqué par les lois raciales. Elle retrouve un décor presque intact, mais hanté par les fantômes du fascisme, de son fils mort au front et de son ancien amant, Benito Mussolini.

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Comme un bon roman, l’entretien auto se lit à l’avance : tout ce que vous ignorez sur le remplacement des amortisseurs

Un récit bien construit sème ses indices longtemps avant le dénouement. Une voiture procède de la même manière : elle parle, elle prévient, elle laisse des traces, mais encore faut-il savoir les lire. 

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Une vie en caravane, loin de la maison promise

Depuis vingt ans, Sofia, Roumaine d’une soixantaine d’années, vit dans un camping en Espagne. Elle dort dans une caravane, travaille à la réception jusqu’à l’épuisement, et se heurte chaque jour à une langue qui la trahit, ce qui lui rappelle sans cesse qu’elle n’est qu’une étrangère de passage. Partie pour offrir un avenir à son fils Robert et à son père restés en Roumanie, elle découvre, au seuil de la retraite, que tout ce qu’elle a sacrifié – argent, temps, présence – s’est effondré.

16/06/2026, 08:00

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Une famille portoricaine prise entre deux pays

1968, Porto Rico. En épousant Peter, un séduisant Américain d’origine irlandaise, Rafaela s’efforce d’étouffer les doutes qui l’assaillent. Pour cette jeune femme hantée par la faillite financière de ses parents et par son amour caché envers le fils de sa gouvernante, quitter son île natale apparaît comme un possible renouveau. 

16/06/2026, 07:00

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Christine Jordis, présidente du Femina et grande passeuse des lettres anglaises

Christine Jordis est une figure peu commune du Prix Femina - elle est présidente du jury cette année -, et de l'érudition littéraire. La meilleure des collections, Bouquins, réunit deux de ses ouvrages majeurs : Gens de la Tamise et d’autres rivages et Promenades anglaises. Fidèle comme on en rêve, aux lettres anglaises, impériales puis post-impériales, et aux paysages britanniques, elle tient ensemble l'effort, le goût et l'attention.

15/06/2026, 18:22

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Quartier des fantômes

15/06/2026, 12:00

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Quand l’enfance à la ferme se change en cauchemar, Lait cru

Rien ne se dépose vraiment dans Lait cru : ni le froid, ni la faim, ni les odeurs, ni les bêtes. Depuis une chambre de soin où l’écriture le ramène vers son passé, le narrateur de Steve Poutré rouvre son enfance dans une ferme des Cantons-de-l’Est. Le roman avance par fragments sensoriels, entre rudesse agricole, vertige mental et violence familiale, sans folklore ni nostalgie. À surveiller, dès le 20 août.

15/06/2026, 10:51

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Ceux qui nous frappent : la violence invisible mise au procès

Un procès inventé, mais nécessaire, ouvre Ceux qui nous frappent sur une question que le droit peine à saisir : comment juger une violence qui ne laisse pas toujours de traces visibles ? Dans la salle 403 du tribunal de Rennes, Anaïs Llobet confronte la mort de Sara Messina, boxeuse disparue, aux récits de ceux qui prétendent la comprendre, l’aimer, la défendre ou l’expliquer. Un roman judiciaire tendu, précis, traversé par la colère et le doute. Ouverture, le 26 août.

15/06/2026, 10:45

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L’affaire Violette Nozière, entre crime et patriarcat

Avec ce portrait de la célèbre parricide, le texte de Jérôme Leroy, éclairé par une prose lumineuse et très documentée, nous offre une immersion glaçante dans la société patriarcale des années 30.

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André Velter, le galop libre de la poésie

Avec Où se risque la chance, André Velter poursuit ce qu’il fait depuis des décennies : transformer la poésie en manière d’habiter le monde intensément, sans hiérarchie entre les cultures, les paysages, les musiques, les colères et les émerveillements. Mais ce nouveau livre, publié dans la collection Blanche de Gallimard, possède quelque chose de plus libre encore, presque dionysiaque : une écriture qui refuse toute ligne droite et préfère les surgissements, les éclats, les bifurcations de la mémoire et du désir.

15/06/2026, 10:38

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Reconnaître le fascisme avant qu’il ne soit trop tard

Alors que des personnalités autoritaires se hissent partout au pouvoir et que les discours de haine se multiplient, nous assistons impuissants à la montée de l’anxiété et nous nous y habituons. Nous vaquons à nos occupations. 

15/06/2026, 08:00

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Le jour où les civils ont marché vers les soldats

26 mars 1962. Une semaine après la signature des accords d’Évian, l’armée et l’OAS s’affrontent à Bab El Oued, quartier populaire d’Alger soumis à un blocus total. Le temps d’une journée, six personnages vont être précipités dans le crépuscule de l’Algérie française.

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Une pensionnaire avec trop de choses à perdre

Élisheva, dite Éli, est la petite dernière d’une famille de réfugiés argentins installés à Paris dans le quartier du canal Saint-Martin à la fin des années 1970. Début 2000, Éli a 15 ans. Elle vient de redoubler sa seconde après une année chaotique.

14/06/2026, 08:00

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Quand une phrase inachevée dérange toute une vie

Jennifer a une vie qui la satisfait quand, au détour d’une panne de clavier d’ordinateur, une phrase surgit, inachevée, qui fait déraper l’apparente logique de son existence : « Devant Autant en emporte le vent, Vivien Leigh et Clark Gable vont s’embrasser quand quelqu’un appuie sur pause et ». Et rien. Un blanc après ce et qui envahit la page, troue sa mémoire. Jennifer se lance alors dans une enquête hilarante et inquiétante. 

14/06/2026, 07:00