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Les Ensablés - Notes de voyage de Laurent Jouannaud: Houellebecq, un monument littéraire?

Je ne suis toujours pas fait une opinion sur Michel Houellebecq. Il me semble qu’il n’a écrit qu’un seul bon roman, le premier, Extension du domaine de la lutte (1994) : c’était une juste description de la société moderne. Je n’ai pas aimé Les particules élémentaires (1998). J’ai lu Plate-forme (2001), son troisième roman, un peu trop facile et ficelle. Le quatrième, La possibilité d’une île (2005) m’a laissé froid : je n’aime pas la science-fiction. Dans le dernier, le cinquième, La carte et le territoire, Prix Goncourt 2010, il y avait d’intéressantes réflexions sur l’art, mais l’ensemble m’a laissé insatisfait. En cinq romans, Houellebecq est pourtant devenu un phénomène littéraire international. Ce phénomène est-il un monument ? Beaucoup en doutent…

Le 11/05/2012 à 19:01 par Les ensablés

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11/05/2012 à 19:01

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Par Laurent Jouannaud

Le roman qui a lancé Houellebecq, c’est son second livre, Les particules élémentaires, qui, « à la surprise générale, n’a pas obtenu le Goncourt », lit-on sur Wikipedia. J’ai décidé de le relire pour votre blog, cher Hervé. Houellebecq est ambitieux : il nous montre la vie de deux personnages à une époque, la nôtre, où s’accomplit la « troisième mutation métaphysique, à bien des égards la plus radicale, qui devait ouvrir une période nouvelle dans l’histoire du monde. » Son roman combine la théorie et les faits, l’abstrait et le concret : Houellebecq raconte et analyse. C’était la même ambition chez Balzac ou Proust, qui font alterner eux aussi descriptions et explications pour décrire un monde en transformation. Houellebecq veut dépasser les faits-divers sordides et les histoires de couple (pas moins sordides) qui seront son matériau de base.

Le roman raconte la fin de la seconde période métaphysique de l’humanité, celle de la science, apparue après la phase religieuse. Houellebecq nous décrit quelques signes de cette mutation et Les particules élémentaires photographient les années 1970 (« Ce même été 1974, Annabelle se laissa embrasser par un garçon dans une discothèque de Saint-Palais. Elle venait de lire dans Stéphanie un dossier sur l’amitié garçons-filles. »), 1980 (« J’ai rencontré Anne en 1981, poursuivit Bruno avec un soupir. Elle n’était pas tellement belle, mais j’en avais marre de me branler. Ce qui était bien, quand même, c’est qu’elle avait de gros seins. », « J’ai eu mon premier poste à la rentrée 84, au lycée Carnot, à Dijon. Anne était enceinte de six mois. Voilà, on était enseignants, on était un couple d’enseignants ; il nous restait à mener une vie normale. »), 1990 (« On était en 1988, tout le monde commençait à prendre conscience des dangers du sida. ») Le roman (publié en 1998) quitte cette veine réaliste pour décrire les années 2000 (« La création du premier être, premier représentant d’une nouvelle espèce intelligente créée par l’homme « à son image et à sa ressemblance », eut lieu le 27 mars 2029, vingt ans jour pour jour après la disparition de Michel Djerzinski. »). Nous sommes maintenant dans un roman de science-fiction qui tient en trente pages. Mais Houellebecq ne s’engage pas à fond sur ce terrain futuriste : les  dernières pages qui décrivent la troisième phase de l’humanité nous laissent sur notre faim. Il y a eu une mutation génétique, le lien filial qui nous rattachait à l’humanité a été rompu, « les humains ont consenti à leur propre disparition »… et sont devenus des dieux : « Aux humains de l’ancienne race, notre monde fait l’effet d’un paradis ». Il reprendra ce thème dans La possibilité d’une île, avec pas moins de 500 pages.

Les pages réalistes qui racontent les années post-68 décrivent la société presque uniquement sous l’angle sexuel, et sans fioritures. C’est la vie sexuelle de deux hommes, Bruno et Michel, qui ont eu vingt ans en 1976 et 1978, comme Houellebecq d’ailleurs. Ces passages ont assuré à Houellebecq un succès de scandale (et il n’est déjà pas si facile d’y arriver) Page 57 : « Il sort sa bite, qui paraît à Bruno épaisse, énorme. Il se place à la verticale et lui pisse sur le visage. La veille, il a forcé Bruno à le sucer, puis à lui lécher le cul ; mais ce soir il n’en a pas envie. » Page 81 : « Parfois, quand la fille décroisait les jambes au moment où il sortait sa bite, il n’avait même pas besoin de se toucher ; il se libérait d’un jet en apercevant la petite culotte. » Page 91 : « Ma mère a bougé, j’ai cru un instant que ses yeux allaient s’ouvrir ; ses cuisses se sont légèrement écartées. Je me suis agenouillé devant sa vulve. J’ai approché ma main à quelques centimètres, mais je n’ai pas osé la toucher. Je suis ressorti pour me branler. » Page 95 : « Ensuite, j’ai approché ma bite de sa bouche ; elle a tété quelques petits coups, mais elle n’a pas tellement aimé. Je n’ai pas insisté. Je me suis mis à califourchon sur elle. Quand j’ai serré mon sexe entre ses seins j’ai senti qu’elle était vraiment heureuse, elle a poussé un petit gémissement. » Page 129 : « Sexuellement, son année avait bien démarré. L’arrivée des filles des pays de l’Est avait fait chuter les prix, on trouvait maintenant sans problème une relaxation personnalisée à 200 francs, contre 400 quelques mois plus tôt. » Page 132 : « Lui-même, par exemple, avait quarante-deux ans ; désirait-il pour autant les femmes de son âge ? En aucune façon. Par contre, pour une petite chatte enrobée dans une mini-jupe, il se sentait encore prêt à aller jusqu’au bout du monde. Enfin, du moins jusqu’à Bangkok. » Page 143 : « Son voisin de gauche se faisait masser les pectoraux, les seins de la fille bougeaient doucement ; il avait le nez à hauteur de sa chatte. Le radio-cassette de l’animateur émettait de larges nappes de synthétiseur  dans l’atmosphère ; le ciel était d’un bleu absolu. Autour de lui, les bites luisantes d’huile de massage se dressaient lentement dans la lumière. » Page 151 : « Il gérait maintenant le déclin de sa virilité au travers d’anodines branlettes, pour lesquelles son catalogue 3 Suisses, occasionnellement complété par un CD ROM de charme à 79 francs s’avérait plus que suffisant. » Page 165 : « Il ôta rapidement son tee-shirt, s’en recouvrit les flancs, bascula sur le côté et sortit son sexe. Avec un ensemble parfait, les minettes roulèrent leur maillot vers le bas pour se faire bronzer les seins. Avant même d’avoir eu le temps de se toucher, Bruno déchargea violemment dans son tee-shirt. Il laissa échapper un gémissement, s’abattit sur le sable. C’était fait. »

Parfois, très rarement, comme page 173, Houellebecq est plus lyrique : « Lorsque les lèvres de la fille atteignirent la racine de son sexe, il commença à sentir les mouvements de sa gorge. Les ondes de plaisir s’intensifièrent dans son corps, il se sentait en même temps bercé par les tourbillons sous-marins, il eut d’un coup très chaud. Elle contractait doucement les parois de sa gorge, toute son énergie afflua d’un seul coup dans son sexe. Il jouit dans un hurlement ; il n’avait jamais éprouvé autant de plaisir. » Page 176 : « A partir d’un certain âge, une femme a toujours la possibilité de se frotter contre des bites ; mais elle n’a plus jamais la possibilité d’être aimée. Les hommes sont ainsi, c’est tout. » Page 180 : « Elle ouvrit légèrement les yeux au moment où il la pénétrait. Elle parut un peu surprise, mais écarta les jambes. Il commença à bouger en elle, mais s’aperçut qu’il devenait de plus en plus mou. Il en ressentit une grande tristesse, mêlée d’inquiétude et de honte : « Tu préfères que je mette un préservatif ? demanda-t-il. -Oui, s’il te plaît. Ils sont dans la trousse de toilette à côté. » Il déchira l’emballage ; c’était des Durex Technica. Naturellement, dès qu’il fut dans le latex, il débanda complètement. » Page 186 : « Au matin il essaya de pénétrer Christiane, mais cette fois il échoua, il se sentait ému et nerveux. « Jouis sur moi » dit-elle. Elle étala le sperme sur son visage et sur ses seins. « Viens me voir » dit-elle encore au moment où il passait la porte. »  Page 226 : « A son retour, je lui ai juste demandé une pipe. Elle suçait mal, on sentait ses dents ; mais j’ai fermé les yeux et j’ai visualisé la bouche d’une des filles de ma classe de seconde, une Ghanéenne. En imaginant sa langue rose et un peu râpeuse, j’ai réussi à me libérer dans la bouche de ma femme. » Page 248 : « “Je te fais jouir maintenant, ou tu préfères que je te branle dans le taxi ? -Non, maintenant.“ Ils trouvèrent un taxi pour les Halles. » Page 257 : « Il était fier de son phallus long et épais, de ses grosses couilles velues. La pénétration perdait peu à peu de son intérêt pour lui, mais il prenait toujours du plaisir à voir les filles s’agenouiller pour lui sucer la bite. » Cela suffit-il ? C’était un florilège, et cela ne s’arrête que 50 pages avant la fin, quand les deux héros du roman abandonnent toute activité sexualité. Voilà ce qui a fait, en partie, l’originalité de Houellebecq : il parle de sexe de façon désespérante.

Dans l’existence de ses deux héros, Bruno Clément et Michel Djerzinski, la sexualité aura joué un rôle central, et Houellebecq en décrit les tristes étapes. Ce n’est ni de l’érotisme (pas assez raffiné) ni de la pornographie (trop froid) : c’est bien ce qui dérange. Houellebecq ne fait ni dans la dentelle ni dans le sentiment : cette brutalité verbale est un style. On a évidemment nié que ce style corresponde à la réalité : à chacun et chacune d’en juger… J’ajoute que Houellebecq, au long de son roman, cite Auguste Comte, Saint Paul, Kant, Pascal, Deleuze, Debord, Descartes, Lautréamont, Nietzsche, Kafka, Rousseau, Sollers, Sartre, Aldous et Julian Huxley, Valéry, Proust, Baudelaire, Thomas Mann, Foucault, Lacan, Démocrite, Derrida, Parménide, et à bon escient, autant que je puisse en juger. C’est un homme qui a beaucoup lu et sait parfaitement ce qu’il fait. Ce style brut s’étend à tout le roman. Dans d’autres passages, l’auteur se lance dans des explications scientifiques qui ne manquent ni d’intérêt ni de pertinence. On croirait lire une revue de biologie, de sociologie, ou de physique : «  Les inégalités de Bell dérivées à partir des hypothèses d’Einstein étaient nettement violées, les résultats s’accordaient parfaitement avec les prédictions de la théorie des quantas. Dès lors, il ne demeurait plus que deux hypothèses. Soit les propriétés cachées déterminant le comportement des particules étaient non locales, c’est-à-dire que les particules pouvaient avoir l’une sur l’autre une influence instantanée à une distance arbitraire. Soit il fallait renoncer au concept de particule élémentaire, etc. »

Ailleurs, son héros analyse l’ADN et les problèmes de réduplication du code génétique. Ailleurs encore, il relate longuement un fait-divers sanglant qui a eu lieu en Californie, et c’est comme un compte-rendu de journal. Bref, le lecteur doit faire le grand écart entre plusieurs styles, entre plusieurs niveaux littéraires. Je pense que c’est la faiblesse du roman, et je précise que c’est une question de goût personnel : j’aime l’unité de ton, qui n’empêche pas la variété des sujets. Partout, scène de drague homosexuelle, description de paysages, discussions littéraires, Proust est proustien, Balzac balzacien. Houellebecq manque de nappé, certains passages lui échappent, il n’ « écrit » sans doute pas assez. Mais il touche la bonne cible : le sexe est le problème central de la société moderne. La sexualité qui a longtemps uni l’espèce humaine (couple, famille) est devenue la force qui la désunit : plaisir solitaire ou multiplication des partenaires, refus des obligations de la maternité et de la paternité, culte désespéré de la beauté et de la jeunesse, « âpreté de la compétition ». Houellebecq a parfaitement raison d’éviter l’érotisme (sexe cool) et la pornographie (sexe hard) qui ne vont pas au fond de la question sexuelle. La sexualité, qu’on en parle ou qu’on la taise, est devenue notre obsession : « A mesure que ses érections devenaient plus difficiles et plus brèves, Bruno se laissait gagner par une détente attristée. L’objectif principal de sa vie avait été sexuel ; il n’était plus possible d’en changer, il le savait maintenant. En cela, Bruno était représentatif de son époque. » Pourquoi Bruno, agrégé de lettres modernes, n’a-t-il pas sublimé sa sexualité, pour parler comme les psys ? Voici une explication, déjà avancée dans Extension du domaine de la lutte : « La libération sexuelle a parfois été présentée sous la forme d’un rêve communautaire, alors qu’il s’agissait en réalité d’un nouveau palier dans la montée historique de l’individualisme. » La sublimation, selon Freud, c’est mettre ses pulsions au service de la société en limitant ses désirs ; or l’individualiste ne sert que lui-même.   « Que lui restait-il à vivre ? Peut-être quelques fellations pour lesquelles, il le savait, il accepterait de plus en plus facilement de payer. » Son demi-frère, le savant qui va révolutionner la biologie, n’aura pas été sexuellement plus heureux, mais il aura pu se consacrer à ses recherches, et sa vie a, sinon un sens, en tout cas un but, résoudre des questions scientifiques :  « Sa vie d’homme, il l’avait vécue seul, dans un vide sidéral. Il avait contribué au progrès des connaissances ; c’était sa vocation, c’était la manière dont il avait trouvé à exprimer ses dons naturels ; mais l’amour, il ne l’avait pas connu. » Et il se suicidera à la fin du roman.

Houellebecq est dérangeant et ne s’embarrasse pas de circonlocutions. Son diagnostic est clair : « Le matérialisme était au fond incompatible avec l’humanisme, et devait finir par le détruire. » Nous en sommes toujours là. « Combien de temps la société occidentale pourrait-elle subsister sans une religion quelconque ? », se demande Michel. Je ne sais pas. Houellebecq, le public ne s’y est pas trompé, écrit pour dire quelque chose. Il se place dans la grande tradition réaliste : l’écrivain voit, ressent et comprend ce qui se passe avant les autres, et son devoir est de décrire ce qu’il voit. Le réalisme choque toujours. Houellebecq me choque, ce qui ne veut pas dire qu’il a tort : n’accusons pas le miroir de refléter nos grimaces. Les particules élémentaires n’est pas assez romanesque à mon gré. Les romans suivants de Houellebecq le seront davantage, mais ça ne les rend pas meilleurs. Comment être romanesque sans être conventionnel, calculateur, convenu, cucul ou tristement correct ? Pas facile. A tout prendre, je préfère la brutalité lucide de Michel Houellebecq qui donne des coups de pied dans la fourmilière littéraire.    

Laurent Jouannaud - mai 2012

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Les Ensablés - "Sur le chemin des glaces" (1988) de Werner Herzog

La marche comme expérience mystique... En novembre 1974, le réalisateur Werner Herzog apprend que sa grande amie Lotte Eisner, célèbre critique de cinéma allemande qui vit et travaille à Paris à la cinémathèque française, est très gravement malade. Elle risque de mourir.  « J’ai répondu : cela ne se peut pas ». Saisissant une veste, une boussole et un sac, Herzog part sur le champ pour la retrouver. Mais il fera le voyage à pied, convaincu que c’est par la marche, vécue comme un acte de foi, qu’il sauvera son ami. Tête baissée, il se lance dans un improbable périple au cœur de l’hiver, quittant Munich pour rejoindre Paris. Sur le chemin des glaces est le journal de bord de sa folle aventure.

05/04/2020, 09:00

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Les Ensablés - "le dernier dimanche de Sartre" de Jean-Pierre Enard

Dans son essai "Un bon écrivain est un écrivain mort", Jean-Pierre Enard insistait sur le fait qu'un roman, comme le cinéma, le théâtre, la peinture ou n'importe quel autre mode d'expression, s'apprend. Ce qui ne signifie pas qu'il s'enseigne (...) Le langage, c'est comme le bois ou la pierre: un matériau. Écrire, c'est le travailler. On admet qu'un sculpteur apprenne sa technique. Et qu'un acteur fasse de la gymnastique ou place sa voix avant de monter sur scène. C'est pareil pour l'écrivain. Il doit s'exercer.

La mort est  une condition nécessaire mais non suffisante pour faire un bon écrivain. Enard en est la preuve: il est mort, c'était un bon écrivain, mais il n'est toujours pas considéré comme méritant une redécouverte. Faute de chance, seulement. Parce que ses livres valent d'être lus. Ce ne sont pas des grands crus, plutôt de la catégorie agréable des rosés, des blancs frais, avec de la buée sur le verre, qu'on boit avec plaisir en été à la terrasse des cafés, avec l'impression fugace d'être heureux.

22/03/2020, 09:00

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Les Ensablés - "La Maternelle" de Léon Frapié (1863-1949)

Parue en 1904, "La Maternelle" obtint le prix Goncourt au deuxième tour de scrutin, face, notamment, à Charles-Louis Philippe (que nos lecteurs des Ensablés connaissent bien) et Emile Guillaumin (pourtant favori avec son roman "La vie d'un simple"). Son auteur, Léon Frapié, était employé à l'hôtel de ville de Paris et marié à une institutrice qu'il avait beaucoup interrogée pour écrire ce roman étonnant, à mi-chemin entre la fiction et le documentaire. Il n'a pas perdu de son actualité quant aux questions qu'il pose sur l'école. Il vient de reparaître grâce aux éditions L'Eveilleur.

08/03/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Anna" d'André Thérive

Chers lecteurs des Ensablés, La Thébaïde publie ces jours-ci un des romans que je place parmi les meilleurs. Jusqu'à ce jour, il n'avait pas été réédité. Nous en avions déjà parlé en 2014: il s'agit d'Anna. Précipitez-vous si vous aimez Maupassant, Flaubert et Huysmans (dont d'ailleurs Thérive était un spécialiste). Il vous faut d'autant plus vous procurer ce texte exceptionnel qu'il est préfacé par notre excellent ami, collaborateur des Ensablés, François Ouellet qui, depuis des années, pour notre plaisir, explore la littérature française des années 30.

23/02/2020, 09:00

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Les Ensablés - “Histoire artistique des ordres mendiants”, de Louis Gillet (1876-1943)

« …dans le silence de ce jour naissant, je veux regarder le monde avec des yeux remplis d’amour »
Saint François d’Assise

Ce livre est un cours d’histoire de l’art que l’auteur donna à l’Institut catholique de Paris. Il est composé de dix leçons, qui suivent le développement des formes artistiques qu’inspirèrent les ordres mendiants du XIIIème siècle au milieu du XVIIème siècle ; le titre répond de l’austérité du sujet, mais il paraît utile de redonner vie à cette étude, en particulier lorsque l’occasion se trouve de mesurer l’état d’ignorance qui règne sur cette matière.

09/02/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Le rire de Caïn" de José-André Lacour (1919-2005)

Comment est-il possible que ce livre ait échappé à ma vigilance ? A sa parution, en 1980, je n'avais pas encore 20 ans, mais je lisais déjà beaucoup. Sans doute a-t-il été signalé dans quelque journal et l'ai-je ignoré parce qu'à l'époque je ne lisais que des classiques, et qu'en plus ce Rire de Caïn était un roman d'un Belge obscur, un certain José-André Lacour. De la littérature belge, je ne connaissais que Simenon et Rodenbach, ce qui m'allait assez, et depuis je n'ai gère progressé, ajoutant simplement à ma liste Armel Job... Mais la Petite Vermillon (la Table ronde) m'a envoyé récemment ce "Rire de Caïn" réédité pour le centenaire de son auteur, et je l'ai lu... C'est admirable de bout en bout!

26/01/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Monsieur Ripois et la Némésis" de Louis Hémon

Don Juan: subst. masc. Séducteur, le plus souvent libertin et sans scrupule (définition du Trésor de la langue française). Même s'il n'est pas un libertin, Monsieur Ripois, le héros du roman de Louis Hémon (1880-1913), est assurément un don Juan. Il séduit les femmes qu'il rencontre et les exploite sans scrupule. Mais, contrairement à son auguste ancêtre, Monsieur Ripois n'a aucune classe; il ne s'attaque qu'aux petites ouvrières, puis aux femmes fragiles, celles qu'il est certain de pouvoir conquérir et exploiter.

12/01/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Visage perdu" de Roger Vercel, par Carl Aderhold

Visage perdu est l’un des derniers romans de Roger Vercel, paru en 1953, quatre ans avant sa mort. L’auteur de Remorques (qui a déjà fait l’objet d’une chronique sur les Ensablés) et de Capitaine Conan retrouve ici un thème qui lui est cher. Le courage qu’il faut pour affronter le quotidien.

29/12/2019, 09:00

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Les Ensablés - Chroniques du Lac : "La dernière harde" de Maurice Genevoix

En ce début novembre où la campagne automnale résonne des aboiements des chiens et des coups de fusil, la lecture de la Dernière Harde de Maurice Genevoix se savoure comme une gourmandise de saison. Nul besoin d’être passionné de chasse ou féru de vénerie pour partager la vie mouvementée et captivante de la harde des Orfosses.

15/12/2019, 09:00

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Les Ensablés – "Miroir du temps" d'André Suarès (1868-1948)

Paru aux éditions Bartillat, Miroir du temps est un recueil d’articles d’André Suarès - certains inédits - de préfaces, de fragments de correspondance, voire de documents plus intimes encore, comme le testament de l’écrivain : peu de livres permettront de saisir aussi complètement un auteur qui sort lentement d’un oubli et dont les plus connaisseurs parmi les lecteurs ne pouvaient citer que le Voyage du Condottiere.
Ce recueil de textes parvient à restituer, en marquant la chronologie, les thèmes qui habitent son oeuvre. Des thèmes dont l’actualité permet de rendre cet auteur à son temps tout en le ramenant au nôtre. André Suarès écrivit toute sa vie le manifeste d’un art nouveau, qu’il souhaitait tout à la fois classique et régénérateur ; à l’imitation aussi de ce Speculum majus, ce Miroir dans lequel Vincent de Beauvais mit toutes les certitudes du Moyen-Age et qui voulut, selon Louis Gillet, « lier en système tout l’héritage des connaissances venues de l’Antiquité, le legs intellectuel de la Grèce, avec les vérités de la Révélation ».             
Après avoir lu avec attention l’érudite préface de M.Barsacq, les amateurs feront de Miroir du temps l’avant-propos nécessaire aux œuvres de ce grand écrivain : toute la diversité, toutes les contradictions de l’écrivain, et l’essence de son style, sont là.

01/12/2019, 09:00

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Les Ensablés - "Le joug" de Marion Gilbert, roman de la maternité martyrisée

Originaire de Montivilliers, en Seine Maritime, la romancière Marion Gilbert (pseudonyme d’Odette Maurel) a fait paraître une bonne vingtaine de titres entre Du sang sur la falaise (1913) et Les Scandalisés (1950), des romans psychologiques qui ont souvent la Haute-Normandie pour décor. Journaliste, elle a mené des enquêtes pour Le Matin, Le Petit Journal, Illustrations et d’autres. Traductrice avec Madeleine Duvivier, pseudonyme que s’était choisie sa sœur, elle a donné à lire en français Charles Dickens, P. G. Wodehouse et Charlotte Brontë. Féministe, elle prononça une conférence, en 1925, qu’on peut consulter en ligne.

17/11/2019, 09:00

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Les Ensablés - "Journal de travail (1929-1943)" de Jean Prévost

L'éditeur Emmanuel Bluteau a des auteurs qu'il chérit particulièrement: l'un d'eux est Jean Prévost, écrivain et résistant, mort les armes à la main dans le Vercors en 1944 à l'âge de 43 ans. Après avoir publié "L'affaire Berthet" que nous avons chroniqué, La Thébaïde fait paraître aujourd'hui Le journal de travail (1929-1943) de ce même Jean Prévost avec une préface de Jérôme Garcin (à qui l'on doit un "Pour Jean Prévost", biographie parue en 1994).  "J'ai toujours pensé, écrit ce dernier (...) que Jean Prévost s'apprêtait à donner, après la guerre, son grand roman, son oeuvre majeure." Le destin ne l'a pas voulu. Et on lira donc ce journal de travail, cette "arrière-boutique" de l'écrivain, avec un sentiment mêlé d'admiration et de tristesse pour cette promesse qui s'annonçait déjà et ne fut pas tenue.

03/11/2019, 09:00

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Les Ensablés - "Jours de colère" (1989) de Sylvie Germain

Sylvie Germain est née en 1954 à Châteauroux. Formée à la philosophie, notamment auprès d’Emmanuel Levinas et de Daniel Charles, elle a été documentaliste puis professeur de français et de philosophie au lycée français de Prague, avant de se consacrer à sa seule activité littéraire. Elle obtient le prix Femina en 1989 pour son roman Jours de colère. Elle n'est pas un ensablée, mais on ne parle pas assez d'elle.

20/10/2019, 09:00

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Les Ensablés – "L’Altana ou la vie vénitienne" (1928) de Henri de Régnier (1864-1936)

Si l’on n’avait pas rêvé d’être heureux, la vie serait sans cruauté. (Marcel Proust)
Avec trois chroniques sous la plume de Hervé Bel, l’une sur Histoires incertaines, l’autre sur son entourage, le Club des longues moustaches, la dernière enfin, sur son fils, Pierre de Régnier qui écrivit Chroniques d’un patachon, Henri de Régnier est l’auteur dont l’univers est le plus relancé parmi les Ensablés, et il en est devenu au fil du temps à la fois le champion et l’emblème. Il y a donc quelque chose d’intimidant à rajouter quelques pages et un quatrième opus à cette œuvre de réhabilitation ; on redoute de déplaire ; on soupçonne que clandestinement, quelque part entre Paris et Venise, se réunit encore ce Club des Longues moustaches, que M.Bulteau (1) a admirablement décrit, redoutable cénacle agissant qui peut faire réussir ou échouer une carrière littéraire !

06/10/2019, 09:00

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Les Ensablés - "Sao Kéo ou le bonheur immobile" de Pierre Billotey

Écrivain des années 1920, Pierre Billotey meurt à l’âge de 46 ans, en 1932, d’une crise d’urémie. Il enseignait au lycée Arago (place de la Nation, à Paris) et était secrétaire général de l’Association des écrivains combattants (grièvement blessé lors de la Première Guerre, Billotey avait reçu la Médaille militaire).
Sao Kéo ou le bonheur immobile fut publié chez Albin Michel en 1930, deux ans avant la mort de son auteur. Un an plus tôt, Billotey avait parcouru l’Indochine (voir son récit de voyage L’Indochine en zigzags), où le héros de Sao Kéo découvrit le Bonheur. Roman séduisant, bien de son temps, Sao Kéo a été réédité aux éditions Kailash il y a exactement vingt ans, attirant momentanément l’attention sur un auteur qui est depuis, et assez injustement, retourné dans l’oubli.

22/09/2019, 09:00

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Les Ensablés - Les chroniques du Lac - "Campagne" de Raymonde Vincent

Et si l’on redécouvrait Raymonde Vincent  (1908-1985) ? En 1937, alors que Mervale de Rogissart est couronné du prix Renaudot, elle remporte haut la main, à 28 ans, le prix Fémina pour Campagne (face à Robert Brasillach et Henri Bosco), 27 ans après Marguerite Audoux qui s’éteint la même année. Toutes deux originaires de la campagne berrichonne, orphelines à quatre ans, autodidactes, arrivées sans le sous à Paris, connaissent le succès grâce à une rencontre avec un homme de lettres. Pour les deux femmes, le succès se limite à leur premier roman centré sur les souvenirs nostalgiques d’une enfance paysanne, rythmée par la nature et les travaux des champs au fin fond du Berry. Elles représentent un courant populiste rural, totalement ensablé qui mérite d’être exhumé.

08/09/2019, 09:00

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Suite au rachat des Éditions Viviane Hamy par Flammarion, Dominique Sylvain, auteur de polars à succès, rejoint Robert Laffont. Elle publiera Mousson froide, le 11 mars. Selon son éditeur, il s’agit là d’un « roman choral, remarquablement écrit, une histoire captivante où les destins se croisent et se heurtent ».

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Les éditions naBan annoncent la parution, pour la fin du premier semestre 2021, de la traduction de Terra e, de la mangaka Keiko Takemiya, sous le titre Destination Terra. Ce shōnen publié entre 1977 et 1980 au Japon est resté inédit en France, malgré un accueil public et critique très enthousiaste.

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La Robe, de Catherine Le Goff : “Elle avança timidement face au miroir en pied”

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Des Assassins : le chef-d'oeuvre du Taïwanais Chen Uen publié en France

AVANT-PARUTION – En ce début d’année, Patayo Editions inaugure sa nouvelle collection, « des cases, des langues, des mondes », sous la direction de Laurent Mélikian, avec un premier album à paraître le 15 janvier 2021 : une adaptation Des Assassins, œuvre du manhuajia taïwanais Chen Uen disparu en 2017 et pour la première fois traduite en français.

06/01/2021, 15:21

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Albert Memmi, Journaux de Guerre : Résister dans les ténèbres de l'Histoire 

RECITS - Albert Memmi nous a quittés aux abords de sa centième année, le 22 mai dernier. J’ai eu quant à moi la chance de rencontrer à plusieurs reprises au cours de l’année 2007, cet intellectuel quelque peu atypique, voire volontairement hors du temps - répondant au souhait de mon ami Émile Malet, directeur du Magazine Passages, afin de réaliser un entretien pour sa revue et avec lequel j’entretins par la suite une correspondance féconde. Personnage hospitalier, mais peu bavard, si ce n’est méfiant, au regard particulièrement sombre et aux propos toujours très mesurés, Albert Memmi ne laissait pas ses hôtes indifférents, tant la force et la précision de sa pensée, portait en elle un constant devenir, mais profondément marqué par les vicissitudes d’une époque non révolue, et demeurant au cœur d’une contemporanéité soumise à l’interrogation et au désir probant de vérité. 

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05/01/2021, 13:16

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L'Empire du non-sens. L'art et la société technicienne, de Jacques Ellul

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05/01/2021, 13:02

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ROMAN ETRANGER - Il fait partie des 36 titres de la dernière rentrée littéraire sélectionnés par les libraires pour le Prix Libraires en Seine 2021 dont ActuaLitté est partenaire. On y rit, on pleure, on chemine dans cette vie pleine de détours, d'impasses mais aussi de chemins de traverse.

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Nord Est d'Antoine Choplin : de l'évasion au périple, la confrérie des infortunés 

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L’attaque des titans 32 : dernière ligne droite pour l’humanité

MANGA - Le nouveau tome de L’Attaque des Titans est là, et on sent que la fin arrive. Alors que les héros se retrouvent de plus en plus acculés, les titans des murs se mettent en mouvement pour la première fois. Le grand terrassement commence. Est-il encore possible d’arrêter Eren ? Est-ce que tout le monde va mourir ? La pression est plus intense que jamais. Et il ne reste sans doute plus que deux tomes… (Attention aux spoils si vous ne connaissez pas la série.)

04/01/2021, 15:25

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Niko Tackian : Solitudes, ou petits meurtres dans le Vercors

POLAR – Un homme se fait tirer dans la tête, dans une casse de voitures. En une seconde, nous plongeons dans l’univers de Niko Tackian. Parce qu’au moment de l’autopsie, les légistes s’aperçoivent que le mort… respire encore. Étrange habitude, pour un cadavre.

 

04/01/2021, 14:29

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Mémoire de soie : remonter le fil des loyautés enfouies 

ROMAN FRANCOPHONE - Mémoire de soie, que signe Adrien Borne, fait partie des 36 titres de la dernière rentrée littéraire sélectionnés par les libraires pour le Prix Libraires en Seine 2021 dont ActuaLitté est partenaire.  Un premier roman très fort dont l’écriture sobre et délicate nous plonge dans les secrets et les non-dits d’une famille qui ressemble un peu à la nôtre. 

04/01/2021, 13:51

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Traduire #12 : Un album dans Google Photos pour les traducteurs et traductrices du passé

Les œuvres traduites sont omniprésentes dans nos vies. Mais qu'en est-il de leurs traducteurs? Depuis deux millénaires, ils travaillent patiemment aux côtés des auteurs (et sont souvent auteurs eux-mêmes), ils influent sur les langues et les cultures et ils jouent un rôle majeur dans la société. 

04/01/2021, 10:32

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Traduire #11 : Jacques Amyot, traducteur des Vies parallèles de Plutarque

Jacques Amyot (1513-1593), homme de lettres de la Renaissance, est aussi (et surtout) traducteur de classiques grecs et latins. Il introduit en France l’oeuvre de Plutarque, l’un des grands penseurs de la Rome antique, et celle-ci devient une source d’inspiration pour nombre d’écrivains.

02/01/2021, 09:51

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Le comédien et metteur en scène Robert Hossein est mort

Connu pour son rôle de Geoffrey de Peyrac dans Angélique, marquise des anges, il a su brillamment mêler théâtre et cinéma tout au long de sa carrière. Il s’est éteint aujourd’hui à l’hôpital des suites de la Covid-19. Il était âgé de 93 ans.

31/12/2020, 14:18