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"Les clefs" de Germaine Beaumont (1890-1983), un livre à lire le soir.

Dès lors que l’on s’intéresse à la littérature ensablée, il n’y a plus de fin à la quête : aux étals des bouquinistes, des dizaines de livres, soudain, vous attirent. En d’autres temps, je veux dire en ces temps où l’on ne s’arrêtait qu’aux seules célébrités, guidé par les manuels officiels de tourisme littéraire, on eût à peine jeté un coup d’œil aux vieux volumes, et passé son chemin après en avoir, d’une main lasse, égrené les piles comme un jeu de cartes, avec cette bonne conscience de celui qui sait. Mais voilà, les noms inconnus il y a encore un an me disent quelque chose. Je suis comme celui qui apprend une langue étrangère, tout surpris, un jour, de comprendre les bribes d’une conversation.

Le 22/04/2012 à 16:45 par Les ensablés

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22/04/2012 à 16:45

Les ensablés

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Par Hervé Bel

Curieux : une fois que l’on sait, il semble qu’on a toujours su, et ce qui n’était que des monceaux de papiers apparaît, de toute évidence, comme un trésor qu’on serait prêt à payer fort cher. Ainsi, boulevard Montparnasse, je me promenais, attendant l’heure d’un dîner qui devait se dérouler non loin de là. J’avisai une librairie ancienne à la devanture bleue. Devant il y avait des caisses de livres. Autrefois, je ne m’arrêtais pas. Je pensais qu’on y mettait le rebut ; des classiques vendus deux euros dont l’état est tel qu’il n’est pas possible de les vendre à l’intérieur, et que seul un étudiant désargenté achète ; ou bien des romans « sans intérêt » (est-ce qu’il y a des romans sans intérêt ?), achetés par caisses dans une vente de province,et qui n’ont été pris que parce que mêlés à des livres précieux qui, eux, se trouvent à l’abri du vent, de la pluie, à l’intérieur. Je m’arrêtai : Tolstoï, Stendhal, Zola…

Et soudain, miracle ! un Sainte-Soline, puis deux, puis trois ! Cinq euros chacun, en bon état. Juste derrière, « Les clefs » (Plon, 1940) de Germaine Beaumont, un nom que j’avais lu, mais où ? Peu importait : le fait que Germaine Beaumont se trouvât à la suite des livres de Sainte-Soline plaidait en sa faveur. J’ai acheté « Les clefs » et l’ai lu dans mon refuge normand. Passionné, le mot est faible. Ce n’est pas un « grand » roman, non. Il manque l’ampleur, le volume, la multiplicité des personnages, mais on est accroché, incapable de se détacher. Incroyable roman, riche en surprises, en description dense de quelques personnages, essentiellement des femmes.

Une remarque : il a existé une littérature de femmes dans les années 30-40. On l’oublie trop, car l’histoire littéraire n’a pas été tendre avec elles. Réfléchissez un instant : quel nom de romancier femme vous vient à l’esprit, lorsque vous songez à ces années-là ? Beauvoir, bien sûr, et puis Némirovski, récemment échappée du royaume d’Hadès, longtemps remisée dans les curiosités. Qui d’autre ? Nous avons, nous Français, sur la littérature du passé une conception très masculine de l’écrit. Nous admettons que l’Angleterre a été une exception : George Eliot, Agatha Christie, Woolf etc., sans songer qu’il y eut également des femmes qui écrivirent en France, beaucoup de femmes, doublement ensablées, par le temps et ses préjugés. Elles ne pouvaient pas être toutes médiocres ! Et pourtant, les voilà considérées comme des reliques de la « Veillée des Chaumières », journal oublié lui aussi qui, durant des dizaines d’années, a meublé la vie désespérément vide des ménagères.

Si j’avais le temps, la chance de pouvoir me consacrer entièrement à ma passion de la littérature, nul doute que j’entreprendrais une histoire des romancières françaises de ces années 30. Mais pour le moment, je vais pas à pas, je découvre. Je découvre « Les clefs », titre qui prend tout son sens à la fin du texte, lorsque le mystère est enfin éclairci. Une veuve de quarante-sept ans, Frédérique Delaunay, épouse Marshall, se présente au notaire d’une petite ville de province pour acheter la Jaudraie, une propriété située près des remparts. Elle veut l’acheter aussitôt, sans discuter le prix. L’a-t-elle vue ? Non. Elle s’est contentée de lire l’affiche jaune qui décrit la bâtisse détenue par la famille Clauvel, et désertée depuis dix ans, depuis la mort de Julien Clauvel. Les Clauvel se sont installés pas très loin, à deux trois maisons, dans une vaste demeure.

L’achat se fait aussitôt, malgré les conseils du notaire. Mais Madame Marshall, fort riche, se moque des conseils. Elle veut cette maison à tout prix. Pourquoi ? Y a-t-il une raison ? Pas forcément, ou alors la raison est surnaturelle. Nos actes se justifient parfois après, lorsque leurs conséquences apparaissent enfin, lavées du quotidien, de ce qui nous éloigne de l’essentiel. Très vite, la nouvelle se répand. On cherche à savoir qui est cette dame distinguée, aux cheveux déjà gris, au comportement si étrange : Madame Marshall n’avait pas bougé. Il (le notaire) eut la certitude que, livrée à elle-même, elle pouvait rester des heures sans bouger. Elle n’était pas de ces femmes qui croisent les jambes, les décroisent, ouvrent leur sac à main, le referment, se poudrent, se mirent, regardent leurs dents dans une glace de poche, relisent des lettres, se livrent à des inventaires, des mimiques, polissent leurs ongles, rectifient leur chevelure, ou bien se lèvent, regardent, soulèvent du doigt des papiers, touchent des objets, les soupèsent, les laissent tomber. Il perçut au contraire en elle une capacité de silence, d’immobilité, si absolue qu’elle inspirait, en même temps que l’admiration, un malaise. On dirait, à lire Germaine Beaumont, que les femmes sont des abeilles…

Cette femme a un secret. Minna, sa bonne, le sait. Elle vit avec elle depuis dix ans. Madame Marshall a épousé Stephen Marshall, riche officier britannique, blessé pendant la guerre et qui est mort alcoolique. Souvent, il y avait entre les deux époux de longues discussions. Il semblait que l’officier posait sans cesse des questions, et qu’elle ne répondait pas, ou pas assez, mais jamais Minna n’a réussi à percer le mystère de sa maîtresse. Le mari l’a laissé à la tête d’une immense fortune qu’elle dépense au gré de ses voyages dans le monde. Et voilà qu’elle se fixe dans cette petite ville. Vient-elle de là ? Quel lien avec cet endroit ? Les Clauvel, la plus riche famille de la contrée, s’interroge, cherche qui est Madame Marshall. Rien à grappiller, il faut croire qu’elle est venue ici par hasard. Est-ce possible ?

C’est alors que le lecteur découvre cette famille Clauvel, un cauchemar. Trois êtres pervers. La veuve Clauvel, d’une avarice telle qu’elle se nourrit à peine, laisse sa bonne, une malheureuse, mourir de faim, lentement, en haut dans le grenier. Passage éblouissant, terrible, que la description de la mère Clauvel portant une perruque noire sur son crâne chauve, et dont la vie, le plaisir, est de toucher des loyers. (…) l’on voyait sa véritable physionomie d’homme de basoche au dix-septième siècle, le méchant œil des Clauvel tapi dans des peaux fripées, le menton trop long, rectangulaire, dévié, ce qui la faisait ressembler à ces têtes de gens souffrant d’un cor (…). Dans le bureau, jusqu’à midi elle accomplissait une besogne plus sordide d’être quotidienne, ne se donnant pour relâche que les heures qu’elle passait à pied d’œuvre, c'est-à-dire en tournée d’inspection. On la voyait venir avec cette terreur qui, neuf cents ans après la féodalité intégrale, ressuscitait le serf dans l’enveloppe chétive du petit employé, de l’ouvrier, du paysan. Femme effrayante, sans âme, experte dans le mal, et que ses enfants, le garçon et la fille, mauvais eux aussi, respectent comme on respecte un maître en sa matière.

On dirait la chanson de Brel « Ces gens-là ». Il y a le fils Léon, un fainéant qui a épousé une fille de paysans riches, Célina, femme que les Clauvel méprisent, qu’ils tolèrent parce qu’elle a apporté une dot considérable. Léon, buveur, gras, un satrape, obsédé par le sexe, et qui a décidé de coucher avec la petite bonne Marie, seize ans, corps fin et figure de vierge, toussant, malade, et qui sait qu’elle sera un jour ou l’autre la proie de Léon, comme l’ont été avant elle, toutes les autres. La journée, le gros Léon tourne dans la cuisine, la pince, la presse. La nuit, il erre dans les couloirs, il attend qu’elle monte, mais toujours elle s’échappe, il ne l’entend pas : elle est si légère, morte avant même d’avoir vécu. Mais il l’aura. Il le sait. Il faut lire ces passages où la terreur de l’enfant est décrite, on n’en sort pas indemne.

Dans ce roman, le seul homme de l’histoire est ignoble, et je songe au roman de Sainte-Soline, Le Dimanche des Rameaux (cf. mon article ici) où le seul personnage masculin est également ignoble : hasard ? Et puis il y a la sœur, une belle fille gâtée de l’intérieur pour laquelle la vieille Clauvel, reconnaissant son pair, a une prédilection. Avant, elle avait une sœur, mais à la mort du père, un brave homme apparemment, quoi que coureur, Mathilde s’est enfuie au Carmel. Sur sa chambre, on a mis une croix, et l’on passe devant, dans la pénombre des couloirs, avec une crainte diffuse. Agnès, elle, ne fait rien, sinon jouer au tennis, en tentant de pervertir ses camarades, éprouvant pour Marie une espèce de désir sadique de l’épuiser. Mais Agnès a vu Madame Marshall, et elle a été éblouie. Elle en rêve, elle voudrait être son amie. Elle est prête à tout pour y parvenir.

Voilà dressé le portrait des principaux acteurs du drame. On suit tantôt Frédérique Marshall, tantôt les autres. La richissime veuve de l’anglais fait rénover la maison. Le lecteur la suit sans la comprendre. Il y a quelque chose en cette femme, un secret, comme il y a un secret dans la maison qu’elle a achetée, en particulier dans le kiosque à musique délabré qu’elle visite la nuit. Ah, magnifique description de la nuit : Le brouillard, épais dans la vallée, gonflait doucement, aspiré par la lune, et de molles écharpes fumeuse dépassaient le mur du parc en contre-bas (…) Elles gagnaient du terrain, aussi insidieuses que les vagues de la marée montante. Elles se formaient, s’évanouissaient, traînaient leurs longues robes de nixes, volaient sans bruit, répandaient le fade parfum des eaux endormies dans les prés et qui coulaient trop lentement à travers les mailles serrées des roseaux. Tandis que Madame Marshall s’installe, on revient à Marie, la petite bonne, la proie pourchassée par le sinistre Léon. Marie éprouve de l’affection pour Célina, l’épouse bafouée, et celle-ci a de la pitié, mais Marie est aussi une rivale, certes victime, mais tout de même. Et peu à peu, les mystères vont s'épaissir, jusqu’à une nuit, une nuit terrible d’où la lumière va surgir, montrant les uns et les autres sous des aspects inattendus. Une des beautés de ce texte, c'est l'atmosphère onirique, malgré un réel étouffant. Quoique rien ne soit dit, on pressent que chaque vie a un sens, un secret qui, une fois levé, ouvre vers la lumière ou la mort. Beau moment de lecture. On trouvera une notice biographique trop courte sur le site du Dilettante (formidable maison d'édition!). On me signale par ailleurs que trois gros volumes de ses œuvres ont été réédités en 2007, dont "les clefs".

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Mariève a vingt-trois ans lorsqu’elle épouse Gilles, de dix ans son aîné. Ce mariage la conduit à s’installer chez lui, dans un domaine forestier des Hautes Fagnes, à l’est de la Belgique. Le manoir du Rondbuisson, situé à l’orée du bois, est la résidence de quelques personnages rustiques et gentiment intrigants. Tout semble en place pour assurer le confort de Mariève, dans un cocon où l’on ressent plus qu’ailleurs le rythme envoûtant des saisons. Mais pourquoi n’y semble-t-elle pas heureuse ? C’est l’histoire de la lente dégradation d’un amour s’abîmant au grattage de l’écorce. Par Louis Morès. 

10/04/2023, 09:47

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Les Ensablés - Jeunes femmes en uniforme, de Terreska Torrès

« Elles sont les premières. Cinq filles. Jeunes, timides, heureuses, excités, cœurs battants et prêtes à mourir pour la France. » Nous sommes en 1940. La France vient de perdre la guerre. À Londres, la France libre sous l’impulsion du général de Gaulle fait ses premiers pas. Pour la première fois, les femmes prennent part au conflit sous l’uniforme français. Un Corps féminin de Volontaires de la France libre est créé, dans lequel s’enrôlent les héroïnes de ce roman, ainsi que son autrice, Tereska Torrès. Par Carl Aderhold.

26/03/2023, 17:17

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Les Ensablés - Kikou Yamata (1897-1975), la Japolyonnaise

Qui se souvient aujourd’hui de Kikou Yamata, une écrivaine née à Lyon en 1897 d’un père japonais et d’une mère française et décédée en 1975 à Genève ? Étonnante et attachante figure, auteure d’une œuvre importante. Par François Ouellet

12/03/2023, 10:00

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Les Ensablés - Génération hussards, de Marc Dambre

En septembre 2022, Marc Dambre, spécialiste de Roger Nimier, a publié chez Perrin une somme passionnante (je pèse mes mots) intitulée Génération hussards, en référence à une mouvance littéraire des années 50. L’occasion d’aborder avec lui non seulement la vie et la production littéraire des « hussards » les plus connus, mais aussi d’en (re)découvrir d’autres, dont Stephen Hecquet, objet d’un récent article des Ensablés, et de revisiter trente années de vie culturelle française. Par Hervé Bel

20/02/2023, 09:56

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Les Ensablés - Henry Thoreau sauvage, de Léon Bazalgette

Emmanuel Bluteau m’a envoyé ce livre, Henri Thoreau sauvage, qu’il vient de rééditer dans sa maison d’édition, la Thébaïde, avec ce petit mot : « Voilà un vrai ensablé ! ». Par Hervé Bel.

05/02/2023, 09:00

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Les Ensablés - Deutschland de René Trintzius (1898-1953)

Quiconque vous demanderait ce qu’évoque pour vous le nom de Trinztius, vous resteriez coi ou chercheriez en vain du côté des érudits anversois de la Renaissance. Bien oublié aujourd’hui, René Trintzius fut très connu dans le monde des lettres de la première moitié du siècle dernier. Né en 1898 dans une famille bourgeoise de Rouen -son père était un architecte renommé- il abandonna très en amont une carrière de magistrat pour se consacrer dans un premier temps au journalisme, puis rapidement à l’écriture de pièces de théâtre et de romans. Par Marie Coat

22/01/2023, 09:00

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Les Ensablés - Malpertuis (1943) de Jean Ray (1887-1964)

Au carrefour de ruelles obscures se dresse Malpertuis. Quentin Moretus Cassave, le maître de cette grande maison, s’éteint sur son lit de mort et fait lire à sa famille réunie les articles de son testament. Pour recevoir l’héritage, les héritiers doivent s’engager à venir vivre au sein de ce lieu rempli de mystères et seul le dernier d’entre eux recevra la fortune. Le dernier ? Dans cette demeure hantée peuplée d’une faune étrange et où le temps s’étire à la croisée des mondes, les périls sont immenses. Jean-Jacques Grandsire, un jeune neveu de Cassave, nous confie avec effroi les heurts et malheurs de Malpertuis. Un chef-d’œuvre du fantastique belge à redécouvrir. Par Louis Morès. 

08/01/2023, 09:00

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Les Ensablés - une biographie de Marie Borrély (1890-1963)

J’ai parlé, il y a quelques mois dans cette chronique, de Maria Borrély (1890-1963), une romancière d’exception de la Haute-Provence. Voici qu’une belle biographie vient de lui être consacrée par Danièle Henky aux éditions Le Papillon rouge, Maria Borrély. La Vie d’une femme éblouie. La biographe, qui a commencé à s’intéresser à Maria Borrély au début des années 2000, a pu avoir accès aux archives de l’écrivaine, se nourrir des souvenirs de Pierre Borrély, le cadet des deux fils de l’écrivaine, qu’elle a maintes fois rencontré, travailler aux premières rééditions avec Paulette Borrély, la femme de Pierre. Par François Ouellet

25/12/2022, 09:00

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Les Ensablés - La baie des Wallons (1991) de Viviane Dumont

Dernier tome d’une trilogie de romans historiques suivant sur trois générations l’histoire d’une famille aux XVIe et XVIIe siècles dans les Provinces-Unies et les Pays-Bas espagnols, La Baie des Wallons relate les aventures du jeune Tristan de Noirfontaine, un orphelin seul héritier de sa lignée ne rêvant que d’exploration au point de s’embarquer dans un navire à la conquête du Nouveau Monde. C’est avec enthousiasme qu’il participera àl’émergence d’une nouvelle ville et d’une société lui offrant une vie pleine de promesses, à condition de faire preuve de prudence et de ne pas oublier ses racines.

Par Louis Morès.

11/12/2022, 09:00

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Les Ensablés - Adieu mes quinze ans de Claude Campagne

Un chef-d’œuvre de la littérature jeunesse : Adieu mes quinze ans fut en 1960 un véritable phénomène éditorial : plus de 650.000 exemplaires écoulés. Le livre fut traduit en 11 langues et adapté en un feuilleton de 10 épisodes qui fit les beaux jours de l’ORTF au tout début des années 70. Il faut croire que ce roman sur l’adolescence possédait quelque chose de particulier qui avait pu toucher toute une génération. Elle se retrouvait dans le portrait de Fanny, l’héroïne du roman qui voyait du jour au lendemain sa vie bousculée avec l’apparition de deux êtres et d’un secret. Mais quoi ? Par Denis Gombert

27/11/2022, 11:34

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Les Ensablés – Stephen Hecquet, vie et trépas d’un maudit de Frédéric Casotti

Stephen Hecquet, avocat, écrivain… Pour beaucoup, ce nom ne dit plus rien. Auteur d’une dizaine de romans publiés dans les années cinquante, il est pourtant considéré comme l’un des membres de ce groupe que Bernard Frank appela les « hussards ». Ses romans n’ont jamais été réédités (sauf en 1993 pour « Les collégiens »). Début 2022, est parue chez Séguier une courte et bienvenue biographie de Stephen Hecquet par Frédéric Casotti intitulée Stephen Hecquet, vie et trépas d’un maudit, dont les Ensablés se devaient de rendre compte, d’autant qu’en 2013 notre ami Henri-Jean Coudy (dont les parents connaissaient bien Hecquet) avait déjà fait un article à propos d’Anne ou le garçon de verre.

13/11/2022, 09:00

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Les Ensablés - Régis Messac et le polar lettré, par François Ouellet

Romancier, essayiste, pamphlétaire, journaliste, professeur, historien de la littérature populaire, du roman policier et de la science-fiction, rédacteur en chef des Primaires, revue de gauche anticléricale, syndicale et pacifiste, etc., Régis Messac (1893-1945) a été de bien des engagements littéraires et politiques. Par François Ouellet.

30/10/2022, 09:22

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Un philosophe forain dans sa cabane au fond des bois

BONNES FEUILLES - Appelez cela comme vous voulez, un pied-à-terre, une bicoque, un abri, une cambuse, Alain Guyard, lui, philosophe forain, nomme sa cabane au fond des bois un « mazet », lieu de confort mesuré, de mœurs frugales et de songeries profondes. 

24/04/2024, 08:30

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Qui sommes-nous à l'intérieur de nos maisons ?

BONNES FEUILLES — Quoi de plus révélateur qu'une maison ? Ce sont nos propres petits théâtres : nous les ornons, les modelons, les mettons en valeur et, en contrepartie, elles révèlent notre identité. Qu'il s'agisse d'un pavillon en banlieue, d'une cabane au fond d'une impasse ou d'un appartement en ville, elles peuvent devenir des refuges ou des lieux de combat.

24/04/2024, 07:08

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Dernier volet de la trilogie Jean-Christophe Vitalon

BONNES FEUILLES - Le 4 juillet 2023 à Nantes, Sylvain Chantal a achevé Comédie en sous-sol, son troisième roman publié chez Le Dilettante. Bravo à lui.

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Idaho, de l'ennui et un mystère jamais résolu

Après le décès de sa mère, quand son père a décidé d’aller habiter en Écosse avec son frère, Ann a choisi de quitter l’Angleterre où ses parents s’étaient installés. Ils avaient quitté l’Idaho où Ann était née et où son père avait échappé à un terrible accident dans une mine près de Kellog dans le nord de l’état. 

23/04/2024, 21:59

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De l'amour des chiens et autres réalités de la vie

Caracas, capitale du Venezuela. Le pays est en crise, tant et si bien que plus aucune issue de sortie ne semble exister. Alors les habitants de la ville se saisissent de leurs affaires et quittent tout ce qu’ils ont connu, espérant une vie meilleure ailleurs. Pour remplacer les êtres humains, les chiens abandonnés emplissent les rues. Si les hommes peuvent décider de leur destin et s’éloigner de la corruption et de la douleur, que peuvent faire tous ces chiens sans amour ?

23/04/2024, 21:58

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Escape game : s’évader sur des terres littéraires

Les jeux d’évasion connaissent un très grand succès, avec des salles qui se sont ouvertes un peu partout en France. Mais on peut également inventer un parcours propre pour amuser des invités chez soi, avec, par exemple, un récit fondé sur des intrigues littéraires célèbres.

23/04/2024, 16:05

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Envoyez l'armée... De toute manière, il ne restera rien après

Ah, l’armée : la franche camaraderie dans les casernes, l’odeur du napalm, le matin, au réveil… et toutes ces joyeusetés dont les civils sont désespérément privés… Fabrice Erre publie chez Delcourt un quasi-documentaire (quoiqu’un peu facétieux parfois), sur le monde tel que les militaires le régiraient. Envoyez l'armée. Du bon, du bon, du binaire !

23/04/2024, 14:27

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La Kitchen therapy contre les inflammations, avec Julie Pradines

BONNES FEUILLES - Julie Pradines, naturopathe certifiée, offre 60 recettes simples et savoureuses accompagnées de conseils précieux pour intégrer une alimentation anti-inflammatoire au quotidien dans son nouveau guide. 

23/04/2024, 09:33

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Des champignons hallucinogènes pour changer ses yeux

BONNES FEUILLES - Dans La Part des Lâches, Marguerite Boutrolle explore avec acuité les contradictions contemporaines. Le livre peint le portrait d'une jeune génération qui recherche des modes de vie plus durables et humains, tout en se confrontant au risque de l'isolement. 

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Montserrat Roig, pionnière de la littérature féministe engagée

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Intégrer ses côtés obscurs afin de parvenir à une harmonie intérieure

BONNES FEUILLES - Un parcours en 50 étapes pour apprivoiser ses ombres et révéler sa lumière est un guide écrit par Cécile Neuville, psychologue reconnue. Inspiré par les théories de l’inconscient de Carl Gustav Jung, ce livre aborde le concept du shadow work, une tendance majeure en provenance des États-Unis.

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Sarti Antonio, aidé par son partenaire Felice Cantoni, mène l’enquête

BONNES FEUILLES - Traduit de l'italien par Laurent Lombard, Les Jours de la peur se déroule à Bologne dans les années 70. L'intrigue commence avec un attentat qui détruit le centre de transmission de l’armée, entraînant la mort de quatre personnes et blessant de nombreuses autres. 

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Une version chantée du Petit Chaperon Rouge

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Édouard Louis, complicité vitale de fuite : Monique s'évade

Tout débute avec un appel téléphonique désespéré : une mère à son fils, racontant l’insupportable quotidien, la violence conjugale — encore ! C’est un soir de février où les larmes ne se retiennent plus nourries de l’effrayant sentiment que l’histoire se répète. Déjà, avec l’ex-mari... À présent, lui…

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Pascal Fioretto et la littératchure d'Annie Ernaux : pastiche et petit (rire) jaune

Habitué des pastiches, Pascal Fioretto s’en est encore donné à coeur joie face aux traits d’écriture et à l’ethos d’écrivaine qu’on relie à Annie Ernaux. Pour les fins connaisseurs de l’oeuvre de la Prix Nobel 2022, le rire devient vite irrépressible. 

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Franck Thilliez : les premières pages de Norferville

BONNES FEUILLES - Teddy Schaffran, un détective et criminologue de Lyon, est bouleversé lorsqu'il apprend que le corps mutilé de sa fille Morgane a été découvert dans la ville minière reculée de Norferville, au Grand Nord québécois, près d'une réserve autochtone. 

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Le premier roman de Camille Yolaine, instagrameuse star  

BONNES FEUILLES - « Sur Instagram, elle est suivie par plus de sept cent trente mille personnes. Dont moi. Je connaissais Lou par cœur - et pourtant je ne l'avais jamais vue. »

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Jean-Louis Murat, une traversée musicale et littéraire

BONNES FEUILLES — Dès la sortie de son premier single en 1981, Suicidez-vous le peuple est mort, Jean-Louis Murat impose son style unique : une affinité pour les mots et les mélodies, associée à une prise de risque permanente. Ce nouveau venu se démarque dès lors des sentiers battus de la chanson française, empruntant un chemin singulier, à la fois escarpé comme les sentiers auvergnats qu'il célèbre dans ses chansons et buissonnier comme sa voix éraillée et envoûtante.

21/04/2024, 07:30

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Ces instants qui précèdent le cataclysme...

Anna et Adam, deux jumeaux, vivent dans une commune désertée, au cœur d'un paysage en constante mutation. Ils se préparent à un cataclysme imminent qu'ils nomment « Tempête ». Adam assure la veille le jour, tandis qu'Anna prend le relais la nuit. Ils ne se rencontrent qu'à l'aube et au crépuscule. 

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Virginie Grimaldi : trois chapitres en avant-première

BONNES FEUILLES - Virginie Grimaldi, traduite dans plus de vingt langues, célèbre la publication de son dixième roman cette année. Connue pour son humour pétillant et son talent narratif, cette écrivaine française a vendu plus de sept millions d'exemplaires de ses livres en France en quelques années seulement.

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Brian Evenson : 22 nouvelles au bord de la rupture

BONNES FEUILLES — Dans son nouvel appartement, un homme remarque avec inquiétude la disparition inexpliquée de ses objets, ce qui nourrit progressivement son obsession envers son voisin...

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Son rêve ? Gagner un concours d'imitateurs d'oiseaux

BONNES FEUILLES - En 1994, dans un village de la baie de Somme, le jeune Tony, âgé de dix ans, nourrit un rêve ambitieux : gagner un concours d'imitateurs d'oiseaux en reproduisant parfaitement le chant complexe du Rossignol. 

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Samurai : on n'échappe pas aux dettes, surtout celles de sang

Pour suivre le code du samurai, une seule voie est possible : celle du sabre ! La saga épique du samurai Takeo se poursuit avec cette nouvelle aventure riche en rebondissements et en action ! Voici Dettes de sang, le tome 17 de la saga de Jean-François Di Giorgio et Frédéric Genêt, entamée voici 20 ans désormais...

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Des pirates à l'homme araignée : une semaine en librairie

En avril, ne te découvre pas d’un phyl… actère et pourtant, la bande dessinée fait recette : quatre ouvrages dans les 10 premières places, en cette semaine 15 (8/14 avril). Et comme il se doit, One Piece un jour, One Piece toujours : Eiichirô Oda garde la première place avec le tome 107 (trad. Djamel Rabahi et Julien Favereau) et 25.261 nouveaux adeptes !

19/04/2024, 12:50

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Cinéma et littérature : une alchimie heureuse ?

Il est difficile de dénombrer le nombre de films sortant chaque année et inspirés d’une œuvre littéraire tant cet usage est répandu. À chaque succès de librairie correspond son volet cinématographique. Mais au-delà de cette relation intime entre la littérature et le cinéma, une nouvelle dimension émerge, celle de la publicité au cinéma. Mais le succès est-il pour autant toujours au rendez-vous ?

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La danse des fauves, une aventure féminine du XVIIIe siècle

BONNES FEUILLES - Situé en Auvergne en 1780, La danse des fauves commence le jour des seize ans de Yolande Raynal, brutalement chassée de chez elle à cause des méfaits de son frère, un personnage vicieux et violent. 

19/04/2024, 08:30

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Et si désaimer signifiait changer d'amour ?

BONNES FEUILLES - « Comme l’amour, le désamour est universel et, pourtant, nous ne souhaitons ni le vivre, ni le raconter. Il n’y a pas d’histoires du désamour, ou seulement des histoires transmises sous le manteau, de bouche à oreille.

19/04/2024, 07:30

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Fantasmer sur la possibilité de tout quitter

BONNES FEUILLES - Tessa, une ancienne chanteuse classique devenue courtière immobilière à Montréal, traverse une période difficile malgré une vie de famille apparemment comblée avec Jim, son mari dévoué, et leurs trois fils qu’elle aime profondément. 

19/04/2024, 06:30

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Monsieur Méchant va détruire la terre : vacances d'abord, extermination ensuite  

Monsieur Méchant dirige une terrible organisation qui est en train de planifier la destruction de l’humanité. Mais dès qu’il passe en mode “off”, il part en expédition pour découvrir la culture humaine et vivre sa passion pour les pandas. Un slice of life tous publics rempli de douceur et de mignonnerie.

18/04/2024, 12:19

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Relire les autrices : 4 femmes qui ont changé la littérature française

Le monde littéraire est un concentré de destins extraordinaires. La plupart des femmes qui se sont essayées à l’art rigoureux de l’écriture sont méconnues du grand public. Pourtant, des centaines d’entre elles ont sorti des œuvres qui ont marqué leur temps et qui continuent de résonner aujourd’hui.

18/04/2024, 11:16

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Crime de Moulismes. Qui travestit la réalité ?

Christine Ribardière, connue pour ses traductions, sort aux éditions La Geste, son premier roman dans la collection Le geste noir, Meurtre en Montmorillonnais. Roman policier, vous l’aurez deviné, qui nous entraîne de la campagne poitevine à La Rochelle, d’où Georges Simenon semble surveiller, d’en haut, l’avancée de l’enquête.

18/04/2024, 09:41

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100 recettes à faire au four : bon appétit !

BONNES FEUILLES — Découvrez 100 repas prêts en un rien de temps grâce à ces recettes de plats complets cuits en une seule fois sur une simple plaque de four. Pour ne plus gaspiller son temps en cuisine, 100 repas variés et ultra rapides avec ces recettes « tout-en-un » qui ne requièrent qu'un seul ustensile et une unique cuisson : une plaque de four !

18/04/2024, 08:10

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Olivier Adam : un féminicide dans un petit village savoyard

BONNES FEUILLES — Dans ce petit village paisible près d'Annecy, Antoine a du mal à trouver sa place dans la vie. Séparé de la mère de son fils, il vit sous les combles de la maison de ses parents et a du mal à payer le loyer. Heureusement, il y a les soirées passées au Café des Sports, où il retrouve Fanny, son amour de toujours, et les autres habitués.

18/04/2024, 07:21

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La vie mystérieuse des champignons, et leurs secrets cachés

BONNES FEUILLES — Depuis son enfance en Savoie, sur une terre de légendes, Céleste est captivée par la vie secrète des champignons et leurs pouvoirs extraordinaires. Avec sa meilleure amie Murielle, elle étudiait ce monde végétal fascinant, malgré l'indifférence de ses parents.

18/04/2024, 06:34

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L'art journal : une création plurielle qui joue avec les matériaux et les genres

Qui a dit que le journal intime était un cliché romantique, voué à disparaître dans l'ombre des univers d'expression numériques ? Certes, la plume et le carnet ne conviennent pas à tout le monde, souvent la faute au fameux syndrome de la page blanche : même pour soi, les mots restent coincés au bout des doigts. La vocation de l'Art journal en découle. C'est, pour celles et ceux qui s'expriment naturellement par le visuel et sont sensibles au toucher, un bel exutoire. Explications.

 

17/04/2024, 14:09