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Notes de voyages de Laurent Jouannaud: Tintin, un monument de jeunesse

Notes de voyages de Laurent Jouannaud: Tintin, un monument de jeunesse

Le 22/01/2012 à 08:45 par Les ensablés

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22/01/2012 à 08:45

Les ensablés

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Mon cher Hervé,Ça m’a fait grand plaisir de vous voir à Strasbourg, entre deux tours de réveillon. Je ne sais pas si je vous ai assez remercié pour l’excellent repas et notre bonne bouteille : les petits plaisirs sont les plus sûrs, et celui qui s’en contenterait serait heureux… Je vous ai dit que je relisais Tintin pour les fêtes : j’étais moi aussi à la recherche « d’un instant de magie », comme vous l’écriviez dans votre chronique de Noël. Je ne peux pas dire que j’ai eu une enfance heureuse, mais les moments heureux de l’enfance sont absolus, tandis que les bonheurs de l’âge adulte ne sont jamais purs : nous les savons éphémères. L’enfance la plus sombre est donc éclairée de soleils. Parmi mes soleils, il y a eu la lecture de Tintin. J’ai lu Tintin pour la première fois vers neuf ans. J’étais malade et mon père m’a ramené quelques albums qu’il avait empruntés à la bibliothèque : j’ai été ébloui. J’ai décidé de relire Tintin à Noël pour retrouver les émotions de ma jeunesse. Mais ça n’a pas marché aussi facilement.Il y a 24 albums, et j’en ai 23 à la maison : ce sont les exemplaires que j’ai achetés à mes enfants. Ils les ont lus, mais pas avec mon enthousiasme : Titeuf fait une rude concurrence à Tintin. J’hésitais à piocher au hasard, et je me suis décidé à suivre l’ordre chronologique. Or les premiers volumes sont décevants : Tintin voyage en Afrique, en Amérique, au Proche-Orient (Égypte), en Chine et en Amérique du sud. Ces pays sont simplifiés, je ne les découvre plus, on les connaît : nous avons tous des images de ces pays en tête. Les aventures sont d’une simplicité navrante : c’est une succession de petits sketches sans véritable fil. Ces albums les plus anciens datent d’avant la guerre, et si j’en crois Wikipedia, ils ont été publiés en noir et blanc, et ensuite coloriés.Je m’y prends mal. Il vaut mieux que je me lance dans la relecture des deux albums que j’ai lus en premier : c’étaient L’étoile mystérieuse et  Le secret de la licorne. Cette fois, ça marche. La couverture de L’étoile mystérieuse est géniale : sur un bout de rocher qui émerge, il y a un champignon géant au pied blanc avec un chapeau rond taché de rouge, et Tintin et Milou le regardent avec stupéfaction. Derrière, il y a le ciel monochrome séparé de la mer par un fin trait noir. Cette couverture est la plus originale de Hergé. Et c’est le meilleur de Tintin : ce ne sont plus des récits où le jeune reporter se mesure à Al Capone comme dans Tintin en Amérique. Hergé a abandonné l’histoire policière (ou politique, comme dans Le lotus bleu), pour dessiner des aventures extraordinaires. L’étoile mystérieuse nous plonge dans un récit à la fois passionnant et hors normes : une météorite en feu s’approche de la terre et la température monte sur la planète. Philippulus le prophète, un doux dingue, annonce la fin du monde. La météorite passe au large, mais un morceau s’en détache : Tintin va aller en prendre possession au nom de la science. Mais des méchants font tout pour s’approprier ce morceau d’aérolithe recélant sans doute des minerais extraordinaires : course contre la montre, poursuites. Sur cette météorite que Tintin occupe le premier, les végétaux atteignent des tailles exceptionnelles : un trognon de pomme se transforme en pommier géant et les champignons prennent la proportion gigantesque qu’on a vue sur la couverture. A la fin, la météorite coule : il n’en reste qu’un caillou que ramène Tintin, et toute l’aventure n’a eu lieu que pour le plaisir du lecteur.Je viens d’employer le mot « lecteur », et c’est bien  mon problème : je lis Tintin au lieu de regarder les images. Or le texte des albums ne présente aucun intérêt littéraire. Tintin est un héros simple dont pas une parole ne prête à exégèse. Chez Hergé, la langue ne compte que pour les quiproquos des Dupont-Dupond, les insultes colorées du capitaine Hadock, et les répliques du professeur Tournesol dont la surdité rend tout dialogue impossible.Dans Le secret de la licorne, qui paraît juste après L’étoile mystérieuse, ce qui fait courir Tintin, c’est une série de coïncidences et de dédoublements : il achète un modèle réduit de bateau, « La Licorne », au marché aux puces. Or ce modèle est convoité par d’autres collectionneurs car il en existe trois exemplaires identiques. Et un quatrième sur un tableau de famille chez le capitaine Haddock. Un ancêtre du capitaine, au visage identique à son arrière descendant, a navigué sur un navire semblable au 17ième siècle. Il a rédigé ses mémoires et Hergé raconte son dernier combat contre le pirate Rackham le Rouge : il faut cesser de lire pour regarder les images. Le capitaine mime l’action et Tintin doit faire attention à ses moulinets de sabre ! Cet ancêtre lointain a fabriqué les trois modèles réduits et a caché dans le mât de chacun une partie du message permettant de retrouver l’endroit où il a caché le trésor de Rackham. Et les méchants ? Ce sont ces collectionneurs qui essaient de retrouver les trois modèles réduits. Ils possèdent le château de Moulinsart où ils retiennent Tintin prisonnier pour le faire parler. Ces souterrains sont un véritable musée et là encore, il faut regarder au lieu de lire. A la fin, bien sûr, une fois les trois navires retrouvés et le plan reconstitué, il faut partir chercher Le trésor de Rackham le rouge. Le capitaine monte une expédition pour retrouver le trésor : des scaphandres, un sous-marin miniature, une île déserte, des requins, un galion englouti, et, ultime rebondissement, « nous avons été chercher le trésor au bout du monde, alors qu’il se trouvait ici, à portée de la main »…Je feuillette d’autres albums, je regarde les vignettes. Dans L’île noire, page 16, sur les 11 vignettes, le texte se limite à ces trois phrases : « Voilà ! », « Et voilà ! » et « Vite ! mon browning ». Non, les dialogues ne sont pas l’essentiel chez Hergé. Mais la grande vignette du milieu, il faudrait des pages pour décrire son contenu : l’intérieur d’un château, un feu de cheminée, des livres, un sofa, des cadres sur les murs, deux hommes qui se battent, un troisième qui entre. L’art de Hergé est dans la précision du détail. Il y a trois pages magnifiques où l’action se déroule la nuit, et le coloriste utilise parfaitement le gris et le noir, le bleu pétrole et un vert sombre.Les 8 premières pages du Crabe aux pinces d’or n’utilisent presque que du noir et des variations de jaune, brun et orange pour de belles pages décrivant le désert : c’est certainement l’album le plus clair de Hergé. C’est là qu’apparaît Haddock pour la première fois, en alcoolique invétéré. Il y a quatre pleines pages sans texte, dont deux décrivent une rue arabe chamarrée, par pur plaisir de dessiner.Je lis Les 7 boules de cristal. Une malédiction pèse sur les membres d’une expédition archéologique qui rentre du Pérou : ils ont violé une sépulture inca. Un ami du professeur Tournesol est menacé, puis Tournesol est enlevé. Tintin et Haddock iront le chercher jusqu’en Amérique du sud. La suite se trouve dans Le temple du soleil, dont je me souviens : je sais que les lamas cracheront plusieurs fois leur salive au visage du capitaine. Et je me souviens de l’idée géniale de Hergé : Tintin va être exécuté par les Incas, il est sur un bûcher que le soleil va allumer grâce à une sorte de loupe. Mais Tintin commande au soleil de disparaître : il savait en effet qu’une éclipse devait se produire à ce moment-là. J’avais trouvé cela magistral, il y a trente ans. Aujourd’hui, cela me fait sourire, c’est bien une histoire pour enfants, avec coïncidences et hasards extraordinaires : Tintin saute d’un train en marche, Milou est enlevé par un condor, le capitaine Haddock s’assoit sur un crocodile, ils découvrent un passage secret, etc. Et bien sûr, c’est un festival de couleurs pour les costumes et les détails architecturaux.Objectif lune et On a marché sur la lune : j’ai lu et relu avec passion ces deux albums au moment sans doute où je découvrais Jules Verne (à relire, lui aussi) : en couverture, sur les deux albums, la fusée rouge et blanche posée à la verticale sur ses ailerons. A la page 9, Tournesol déclare à Tintin et Haddock qu’il a terminé les plans d’une fusée à propulsion atomique pour aller sur la lune. La Syldavie finance l’opération, et bien sûr, les pays étrangers cherchent à percer les secrets de l’opération. Le professeur Tournesol explique : « Et ce moteur, c’est moi, Tournesol, qui l’ai mis au point ! Son principe ? Eh bien, imaginez une bombe atomique dont l’explosion, au lieu d’être instantanée, serait étendue sur plusieurs jours. Bien entendu, pour le départ comme pour l’arrivée, nous utiliserons un autre moteur : un simple réacteur fonctionnant sur le mélange acide azotique et aniline. Pourquoi ? Parce que si… », etc. Je suis pris à nouveau. Hergé a composé ces deux albums en 1953 et 1954, et ça n’a pas vieilli.Il y a des gags, trop pour mon goût : Haddock est recouvert de peinture, il perd sa pipe et la retrouve dans sa poche en train de lui mettre le feu au derrière, sa combinaison de cosmonaute est remplie de souris cobayes, il s’appuie à un camion qui démarre, il se cogne quatre fois à la même porte en deux pages, il avale un bouchon de champagne ! Hergé n’est pas sérieux. A la page 61 : la fusée est dans l’espace, au-dessus de la Méditerranée bleue dans le ciel noir, et il faut attendre l’album suivant pour connaître la suite : « Quels dangers attendent, sur la Lune, Tintin et ses compagnons ? »La suite s’ouvre sur un gag : les deux Dupont sont malgré eux du voyage. Ayant confondu 1h 34 du matin et 13h 34, ils sont restés dans la fusée au moment du départ. Et Haddock a caché deux bouteilles de whisky dans un faux livre d’astronomie. Il y a les magnifiques pages où les voyageurs sont en apesanteur. Et bien sûr, dans cette fusée, Hergé n’a négligé aucun détail : il faut les voir et non plus lire. Et les gags se succèdent : le capitaine quitte la fusée et se trouve attiré par un astéroïde (Tournesol annonce : « Adonis a un nouveau satellite du nom deHaddock »), les Dupont dont la chevelure pousse et se colore (voir Tintin au pays de l’or noir, dit une note) « exigent des insultes, puisqu’on les a excusés ». Hergé aime le désert lunaire et étale ses monochromes. Les mots simples de Tintin, aujourd’hui, après Neil Armstrong, ont quelque chose de prophétique : « Ça y est !… J’ai fait quelques pas !… Pour la première fois sans doute dans l’histoire de l’humanité, ON A MARCHÉ SUR LA LUNE ! » Mais il y a un passager clandestin (dans cette fusée si bien gardée !), c’est le colonel Boris (voir : Le sceptre d’Ottokar) : il s’empare de la fusée et la fait redémarrer, abandonnant Haddock, Tournesol et les deux Dupont sur la lune. Horreur ! Heureusement que Tintin, pour la énième fois dans sa carrière, réussit à détacher ses liens ! Et il y a d’autres rebondissements jusqu’au dramatique retour sur terre, alors que l’oxygène manque dans la fusée. Sur terre, seul un verre de whisky permet au capitaine Haddock de revenir à lui, et il trébuche, s’affale sur le sol - c’est la dernière image- en disant : « On n’est vraiment bien que sur notre bonne vieille terre. »Je m’arrête ici. Il y a un âge pour les réglisses, le Monopoly, cache-cache, Disneyland et le babyfoot. Il y a un âge pour Tintin : j’ai passé cet âge-là. Le slogan publicitaire dit : « Tintin, de 7 à 77 ans ». Non, pas pour moi. Je ne suis pas triste du tout de constater que Tintin me fait sourire, sans plus. J’ai grandi, vieilli, et je n’ai plus les goûts de ma jeunesse. Quoi de plus normal ? J’ai d’autres plaisirs : ces petits plaisirs que j’évoquais au début de cette chronique, et des plaisirs littéraires que je n’avais pas à l’âge où j’aimais Tintin. Le jeunisme, cette perversion moderne, m’est étranger. On ne peut pas apprécier en même temps Proust et Tintin.J’ai dit plus haut que Hergé n’était pas sérieux : c’est ce qui fait tout le prix de son œuvre, et c’est sa limite. Elle est claire, droite, simple, drôle, surprenante, optimiste ! La vraie vie et la littérature le sont rarement. J’ai beaucoup aimé Hergé, il y a longtemps : c’est un monument de jeunesse.  

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Les Ensablés - L’incertitude amoureuse de René Laporte (1905-1954)

René Laporte est né à Toulouse dans une famille bourgeoise de magistrats et d’universitaires. Il fait des études de droit, mais lance, à dix-neuf ans, une revue bi-mestrielle, Les Cahiers libres, artistiques et littéraires, puis fonde les éditions du même nom qui, entre 1925 et 1934, publieront environ 150 ouvrages.

20/09/2020, 09:00

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Les Ensablés - Chroniques du Lac: “Le vélo” de René Fallet

L’actualité récente a mis le vélo sous les feux de la rampe. La grève des transports de Décembre et Janvier derniers incite des milliers de cyclistes à enfourcher leur bécane pour se rendre au travail, au mépris de la pluie et des frimas hivernaux. Les programmes des candidats aux élections municipales font la part belle au vélo dans les grandes métropoles françaises.

06/09/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Une belle journée" d'Henry Céard (1851-1924)

Avec Henry Céard, nous en aurons fini de parler de ceux que l’on nommait, non sans méchanceté et envie, « la queue » d’Émile Zola, à savoir les écrivains les plus proches du maître naturaliste dans les années 1880, dont deux fort connus (Maupassant et Huysmans), trois autres beaucoup moins (Hennique, Alexis et Céard). C’est Céard que nous abordons aujourd’hui, avec son roman Une belle journée, publié en 1881, un an après la parution du recueil « Soirées de Médan » auquel il avait contribué avec sa nouvelle « La saignée ». Une belle journée qui peut être consulté sur Gallica est un charmant roman, un trésor du naturalisme, un accomplissement en quelque sorte.

23/08/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Mal'Concilio" de Jean-Claude Rogliano, par Denis Gombert

C’est un village corse niché au cœur de la montagne. Un village austère avec son église et ses maisons uniformes toutes en pierres de granit. Il peut y souffler par bourrasque un vent mauvais. Ici les femmes respectent le deuil et sont habillées de noir. On croit autant à la puissance de Dieu qu’aux esprits. Ainsi de Mal’ concilio, l’arbre de la nuit qui se dresse à la sortie du village, près des maisons abandonnées. Cet arbre géant domine le village « cramponné à un versant où rien ne pousse ». Majestueux et effrayant, châtaigner sans âge, il est le seul grand arbre de la province de la Tèvola, région sèche et aride. On dit que le Mal’ concilia est hanté.

09/08/2020, 09:00

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Les Ensablés - “L'homme de choc” de Joseph Peyre (1892-1968)

Joseph Peyré était béarnais. Après des études littéraires où il eut Alain comme professeur de classes préparatoires, il s’essaya au barreau puis à l’administration territoriale. Mais c’est dans le journalisme puis dans l’écriture de romans qu’il trouva sa voie. Ses œuvres sont celles de l’action et de l’énergie allant de l’aventure saharienne à la tauromachie (Sang et Lumières lui valut en 1935 le prix Goncourt et fit l’objet d’une adaptation au cinéma en 1954 avec Daniel Gélin et Zsa Zsa Gabor, dialogues de Michel Audiard) et à la haute montagne (Matterhorn- le nom alémanique du Cervin en 1939).

26/07/2020, 09:00

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Les Ensablés - "L'ordre" de Marcel Arland (1899-1986), par François Ouellet

Après plusieurs mois d'absence, nous retrouvons avec une grande joie notre excellent ami et chroniqueur François Ouellet. Qu'il soit remercié pour sa fidélité à notre équipe.

Il y a des écrivains plus profondément ensablés que Marcel Arland. Pourtant, aujourd’hui, Arland n’est pas tellement plus que l’évocation d’un nom. Il survit tant bien que mal par le souvenir de sa collaboration à La Nouvelle Revue française, dont il a pris la direction avec Jean Paulhan au lendemain de la Seconde Guerre. Chez les libraires, on trouvera, avec un peu de chance, un ou deux titres, comme son premier livre, Terres étrangères, un récit de 1923 réédité dans la collection L’Imaginaire en 1996, ce qui commence à dater ; on trouvera plus facilement sa correspondance avec Paulhan, éditée par Jean-Jacques Didier chez Gallimard en 2000.

12/07/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Raphael" (1886) de Eugène Müntz – 2e partie

Cet article fait suite à celui du 14 juin sur Eugène Müntz. Après avoir replacé, selon sa méthode, l’activité artistique comme un facteur central de compréhension de la civilisation de la renaissance, tout en se livrant à un examen documentaire des premières années de Raphaël, Eugène Müntz nous accompagne dans le développement du jeune peintre, fraîchement sorti de son apprentissage dans l’atelier du Pérugin pour partir à la conquête de Florence.

28/06/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Raphael" (1886) de Eugène Müntz (1845-1902) 1ère Partie

Sous son imposante reliure de basane noire, c’est un intimidant in-quarto de plus de sept cent pages ; sur le plat figure un lourd médaillon de cuivre doré légendé Raphael Sanctius, représentant en buste le profil d’un homme jeune, aux cheveux longs, coiffé d’une barrette aux revers élégants.

A l’abri de cette présentation austère, dorment en sûreté, sous les serpentes qui craquent encore sous le doigt, de riches illustrations. Le trésor des notes critiques, le précieux catalogue des œuvres et la substance d’un texte éloquent font à ce livre un fermoir invisible dont seules la curiosité du savant et l’intrépidité de l’érudit possèdent la clef. C’est un livre réservé aux études profondes et au calme des bibliothèques, parlant à voix basse dans le silence des lampes. Le temps venu, on en soulève la lourde couverture comme on pousse la porte d’un ami qu’on ne se savait pas avoir.

14/06/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Un amour platonique" de Paul Alexis (1847-1901)

Découvrir la littérature, c'est dérouler une pelote. En allant d'un auteur lié à un autre, voilà, comment le paysage littéraire se dessine peu à peu... Les Ensablés ont abordé récemment Léon Hennique (à lire ) et son roman étrange Un caractère. Voici maintenant Paul Alexis (1847-1901). Comme Hennique, il fut un fidèle d'Emile Zola et fournit l'une des six nouvelles du recueil des Soirées de Médan (1880).

31/05/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Le soleil des indépendances" de Ahmadou Kourouma

Chers lecteurs, nous sommes heureux d'accueillir à nouveau Henri-Jean Coudy qui, après de longs mois de silence, nous revient avec un nouvel ensablé, Ahmadou Kourouma.

Ahmadou Kourouma, né en 1927, en Afrique Occidentale Française, était Ivoirien même s’il suivit des études secondaires à Bamako, alors grande ville du Soudan français devenue après 1960  la capitale de l’état du Mali. Il aura donc connu les dernières années de la colonisation française puis le début des nouveaux états indépendants.

17/05/2020, 09:00

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Patte de mouche : petite et indispensable

Il y a quelques mois, L’Association, qui compte parmi les éditeurs historiques ayant émergé dans les années 90, relançait sa fameuse collection Patte de mouche, revenant aux sources de leur catalogue. Le principe de cette collection est simple : un même format (A6), un nombre de pages relativement constant (oscillant autour de 32 pages), une impression en noir et blanc.

01/12/2021, 17:59

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Disparition de Marie-Claire Blais, romancière et poétesse canadienne

Âgée de 82 ans, la romancière, dramaturge et poète Marie-Claire Blais est décédée ce mardi 30 novembre à Key West (Floride). Née en 1939 à Québec, au Canada, l’artiste a publié son premier roman à l’âge de 20 ans, intitulé La Belle Bête. Au cours de sa carrière, elle aura écrit de nombreux romans, mais aussi des essais, des recueils de poésie et des pièces de théâtre.

01/12/2021, 16:11

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Entre les lignes : la douce rencontre de deux solitudes

Asa est une ado douce et sincère – mais quand ses parents meurent dans un accident de voiture, elle n’arrive même pas à pleurer. Elle est juste seule, comme au milieu d’un grand désert. Sur un coup de tête, sa tante Makio la recueille. Mais cette mystérieuse autrice n’a pas l’habitude des contacts sociaux prolongés… Entre les lignes nous présente les délicats balbutiements de deux êtres fragiles qui apprennent à se connaître. 

01/12/2021, 09:27

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Bile en tête, de Sébastien Bouillé : une incarnation visqueuse du vide intérieur 

Pour cette nouvelle année, les éditions Le Dilettante accueille le premier roman de Sébastien Bouillé, Bile en tête. Un ouvrage incarnant cette montée de bile, venue de nos entrailles vers la gorge, et qui nous submerge tout entier. Loin du dégoût inspiré par cette matière visqueuse, les tonalités cyniques renforcent davantage le mal-être d’un personnage piégé dans sa propre intériorité.

01/12/2021, 07:34

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Thierry Cohen : Rien ne nous séparera, ou l’obscure vérité

BONNES FEUILLES - Maroc, 1964. Sarah et Jacob sont de pauvres paysans. Inspiré d’une histoire vraie, Rien ne nous séparera est sans doute le roman le plus poignant de Thierry Cohen. Un miracle dans la tragédie. 

01/12/2021, 07:20

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Lliberata : la Grande Dépression, entre pâtisserie, amour et fascisme

BONNES FEUILLES – Voici que s’avance une nouvelle fresque, signée Gail Reitano (traduction Marie de Prémonville). Un ouvrage, premier roman, présenté comme aussi romanesque que littéraire. Et qui puise chez des auteurs aussi grandioses que Sinclair Lewis et Elena Ferrante.

01/12/2021, 06:43

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En votre intime conviction : Clémentine Thiébault, à l'heure du verdict

BONNES FEUILLES – Un jour de novembre, Clémentine Thiebault reçoit un courrier orné de l'en-tête comminatoire du parquet de la Cour d'appel d'Aix en Provence. Elle a été désignée par le sort pour accomplir les fonctions de juré à la cession de la Cour d'Assises du département des Bouches du Rhône. Voici son histoire.

30/11/2021, 15:50

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Craig Johnson : Dry Bones, plutôt T-bone ou T-Rex ? 

C’est complètement par hasard que Jennifer Watt, accompagnée de son dogue du Tibet, avait découvert, dans une grotte du Lone Elk Ranch, ce qui allait s’avérer être une découverte sensationnelle, extraordinaire même, pendant que Dave Baumann, le directeur du High Plains Dinosaur Museum, s’acharnait à remplacer une roue de son vieux Land Rover, crevée alors qu’ils sillonnaient les terres de l’immense ranch dans une quête jusque là restée infructueuse.

30/11/2021, 12:43

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Watergang, la première vague de Mario Alonso

BONNES FEUILLES – « Je rêve. Je suis connu dans le monde entier sous le nom de Jan De Vaart, écrivain né à Middelbourg, de père inconnu et de mère incertaine. Mais pour l’instant, au village, tout le monde m’appelle Paul. Paul De Vaart, et je n’ai rien d’un rêveur. Je sais ce que je veux. »

30/11/2021, 07:34

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Nous sommes l'incendie : l'Amérique brisée de Steph Cha

BONNES FEUILLES – Sous les palmiers, les flammes. Los Angeles, 1991. Tandis que la ville brûle sous le feu de la contestation et des émeutes, la sœur de Shawn Matthews se fait tuer sous ses yeux. Son crime ? Être noire. Depuis, l’injustice pèse sur les épaules de Shawn. 

30/11/2021, 07:18

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Langue Morte, d'Hector Mathis : quand ressuscite le passé

Langue Morte sera le nouveau roman d’Hector Mathis qui dépeint avec une tendresse acide la difficulté de grandir dans un monde désenchanté, gris, où les rapports humains ne connaissent ni empathie, ni complaisance. Loin de K.O. (2018) ou Carnaval (2020), ses précédents romans, Langue Morte offre au lecteur un roman sur la vie doté d’une écriture poétique et musicale avec une percutante ironie, qui exprime les contrastes entre les grandes villes et leurs banlieues et surtout le monde actuel occidental.

 

30/11/2021, 06:34

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Anouk Lejczyk : Felis Silvestris, sa soeur

BONNES FEUILLES - Elle porte une cagoule pour faire comme les autres et se protéger du froid. Du haut de sa cabane, ou les pieds sur terre, elle contribue à la vie collective et commence à se sentir mieux. Mais Felis ignore que c’est sa soeur qui la fait exister – ou bien est-ce le contraire ? 

29/11/2021, 16:57

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L’Ours ou le nature writing post-apocalyptique

C’est un étonnant petit roman que nous proposent les éditions Globe cet automne. L’Ours est avant tout un roman post-apocalyptique qui commence par ces mots : « Les deux derniers étaient une fille et son père… » Cette fille et son père, donc, qui ne seront pas nommés de tout le roman – mais à quoi bon nommer quand il n’y a plus ni autre femme ni autre homme ? – semblent être les deux derniers humains sur terre. Par Laurence Baulande.

29/11/2021, 15:00

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Le codex, de Simon de Thuillières : voyage à l'ère médiévale 

Durant le premier confinement, fameux temps de suspension pour nombre de français, Simon de Thuillières a réalisé des images dans lesquelles il représente des œuvres populaires suivant des conventions esthétiques caractéristiques de l’époque médiévale. L’auteur postait alors régulièrement ses images sur des réseaux sociaux et connu un tel succès qu’il les a regroupées dans ce recueil déjanté. 

29/11/2021, 13:22

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Boubou en était sûr : la déconfusion des sentiments

BONNES FEUILLES – Un échange epistolaire entre deux enfants met en scène les limites du langage face à l’amour et les difficultés de mettre en mots les sentiments. Un album à partir de 5 ans

29/11/2021, 08:26

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Selva Almada : Ce n’est pas un fleuve, un hymne à la nature

BONNES FEUILLES – Une partie de pêche sur un fleuve peuplé de raies géantes. Le grand roman de la nature tropicale où rêve et réalité se confondent dans la torpeur fluviale. Une Carson McCullers latina au sommet de sa forme. 

29/11/2021, 07:29

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Blake et Mortimer, By Jove ! : les 200 meilleures ventes (semaine 46)

Solidement accroché à son rocher, Astérix persiste et signe : 1,12 million d’exemplaires, soit près de 60.000 de plus que la semaine passée… Pas si fou pour l’irréductible Gaulois. Il est suivi par le Goncourt, à 125.000 exemplaires, et Blake et Mortimer, évidemment, qui pour sa première semaine de vente passe joyeusement les 24.000 unités. Enfin, solidarité oblige, le collectif 13 à table 2022 occupe la 4e place des meilleures ventes de la semaine. Juste devant Ken Follett, à 26.000 ventes !

26/11/2021, 10:17

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Vous haïssez vos voisins ? Attendez de voir Ceux d’à côté, de M.T. Edvardsson 

BONNES FEUILLES – À Köpinge, petite localité résidentielle proprette de Suède, tout le monde se connaît, et l’entraide entre voisins fait office de loi. Du moins, en apparence. Car Micke et Bianca Andersson, qui ont quitté Stockholm pour élever leurs deux enfants dans le calme de la petite ville, découvrent rapidement que leur voisinage est loin d’être aussi idyllique que prévu.

 

26/11/2021, 08:00

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Quand il fait triste Bertha chante : Rodney Saint-Éloi, de la mère au fils

« Ce récit est, à mes yeux, l’hommage le plus émouvant rendu à une mère depuis le Livre de ma mère d’Albert Cohen », écrit Alain Mabanckou. Dans ce récit admirablement écrit, l’auteur rend hommage à sa mère, Bertha. Cette grande dame noire à l’énergie et à la générosité exemplaires, « amoureuse de l’amour », vient de mourir. Rodney, son fils aîné, raconte l’enfance bleue au pays natal, leur chemin d’exil, elle à New York, lui à Montréal.

26/11/2021, 07:12

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Patrice Leconte et Vincent Lacoste : la BD fait son cinéma

Fort de ses succès en librairie, Riad Sattouf lance une nouvelle série, dans laquelle il raconte le parcours de Vincent Lacoste, jeune étoile du cinéma français. Au même moment, Joub et Nicoby retracent les aventures cinématographiques atypiques de Patrice Leconte, l'un des rares réalisateurs à être parvenu pendant plusieurs décennies à alterner films à grand succès et projets plus personnels. Ces deux albums BD dévoilent les coulisses des tournages, les complications de production et les joies de la création cinématographique. Des cases qui donnent des envies de salles obscures.

25/11/2021, 16:19

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Asphalte, de Matthieu Zaccagna : courir à perdre la vie ?

BONNES FEUILLES – À 17 ans, Victor fuit un quotidien d’une violence absolue. Sans argent, sans liens, sans but, sans aide de quiconque, il court dans Paris jusqu’à l’anéantissement, la souffrance. Il fera des rencontres, se mettra à l’épreuve, défiera sans cesse la mort pour se réapproprier son corps et son passé. 

25/11/2021, 07:35

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David Lelait-Helo : Je suis la maman du bourreau, Prier Dieu, se vouer au Diable

BONNES FEUILLES – Du haut de ses quatre-vingt-dix ans, Gabrielle de Miremont semblait inatteignable. Figée dans l’austérité de la vieille aristocratie catholique dont elle est l’incarnation. Sa devise : « Ne jamais rien montrer, taire ses émotions. » 

25/11/2021, 07:12

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Un projet inédit de Max Ernst et René Crevel en librairie

Ce 26 novembre, les éditions Prairial publient Monsieur Couteau, mademoiselle Fourchette, la traduction inédite de Mr. Knife Miss Fork, rareté de bibliophile parue en 1931 et vendue, par souscription, à 250 exemplaires. Ce bel ouvrage réunit Max Ernst et René Crevel autour d'un projet surréaliste.

24/11/2021, 16:08

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15 aphorismes insoucieux et désenchantés, par Françoise Sagan

Les éditions Julliard ont sorti en ce mois de novembre un recueil de plus de 230 aphorismes et pensées de Françoise Sagan sélectionnés par son fils, Denis Westhoff. L’occasion d’en faire une petite sélection pour pénétrer son univers désinvolte et mélancolique. Des aphorismes sur l'amour, l'argent, le jeu, la gloire, le bonheur ou encore la mort. Autant de traits d'esprit exprimant sa modernité et sa liberté, comme une approche radicale contre l’esprit de sérieux.

24/11/2021, 14:08

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Lenka Horňáková-Civade : Un regard bleu, quand Rembrandt rencontre Comenius

BONNES FEUILLES – Amsterdam, 1656. Alors que Rembrandt voit ses créanciers vider sa maison, il croise le regard bleu d’un inconnu dans la foule qui immédiatement capte son attention. Cet homme, Comenius, est un philosophe et pédagogue tchèque qui, chassé par la guerre, a été contraint de quitter son pays. La rencontre passionnante, au XVIIe siècle, entre deux génies attachants et modernes.

24/11/2021, 08:05

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David Joy : Nos vies en flammes, plus qu'un combat, une révolte

BONNES FEUILLES – Retraité depuis quelques années du service des forêts, Ray Mathis mène une vie solitaire dans sa ferme des Appalaches. Il attend sans vraiment attendre que son fils Ricky vienne le rejoindre. Mais celui-ci a d’autres préoccupations – se procurer sa dose quotidienne de drogue, par exemple...

24/11/2021, 07:30

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À la découverte de Zahhak, la légende du roi serpent, livre pop-up d'exception

Zahhak, fils du roi de Perse, séduit par le Démon, assassine son père et s’approprie le trône. Constamment menacé et intrigué par deux serpents lovés autour de ses épaules, il se lance dans une conquête dévastatrice et agrandit considérablement son royaume, imposant sa cruauté aux peuples opprimés. Il règne ainsi mille ans, jusqu’à ce qu’un oracle lui prédise sa chute prochaine sous le bras armé du jeune Fereydoun.

23/11/2021, 11:08

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Revenir à toi : Léonor de Récondo, meutrissures et abandon

Magdalena sort tout juste du cabinet de sa dermatologue lorsque son téléphone sonne : un rappel de sa messagerie sur laquelle Adèle, son agente, lui a laissé un message ! Encore engluée dans ses réflexions à propos des soins qu’elle vient de subir et qui sont, pourtant, sans conséquence, elle peine à entendre le sens des mots qu’Adèle a laissé pour elle : la trace de sa mère a enfin été retrouvée ! Après une disparition pendant trente ans. Sans aucune nouvelle. Sans aucune information. Seulement « partie » selon son père et ses grands parents ! Retrouvée !

23/11/2021, 10:38

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Le Syndrome du golem : Mikael Hirsch revisite Frankenstein

BONNES FEUILLES – Bizarrement, c’est moins le golem éponyme, le seul, l’unique, modelé à coups de pouce rageur, et dans une épaisse argile, par le rabbin pragois Judas Lœw Ben Bezalel, qu’évoque le formidable roman de Mikaël Hirsch, que la créature de Frankenstein, colosse couturé et titubant fait de bric charnel et de broc osseux. 

23/11/2021, 08:42

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Johanne : Graciano, sur des traces peu connues de Jeanne d'Arc

BONNES FEUILLES – Le premier roman de Marc Graciano avait failli s’intituler Anarchie dans la montagne. Celui qui nous vient aujourd’hui aurait pu tout autant s’intituler Liberté dans les forêts. Sans cesse déployé, et mûri par un écrivain parvenu à sa plénitude, c’est toujours le même enjeu, et toute la grâce de Graciano : nous soigner de ce qui nous fait souffrir, nous ouvrir à un regard qui comprend le monde, nous redonner une langue qui permet de nommer ce que nous ressentons et pouvons ressentir.

23/11/2021, 08:17

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Ils ont tué Oppenheimer : Virginie Ollagnier raconte le “Doctor Atomic”

BONNES FEUILLES – Un roman intime et politique qui nous plonge au cœur de la guerre froide et dans la pensée complexe du père de la bombe. Robert Oppenheimer aimait les femmes, courser les trains au volant de sa puissante voiture, affronter les tempêtes à la barre de son bateau et galoper sur les chemins du Nouveau-Mexique. Par-dessus tout, il aimait la physique car elle réveillait en lui le philosophe, le poète. 

23/11/2021, 08:00

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Sapiens, tome 2 : la puissance de la fiction

« Sapiens », le brillant essai fleuve de Yuval Noah Harari, ce best seller mondial qui raconte sous un jour nouveau l'histoire de l'Humanité, prend à nouveau d'assaut les tables des librairies dix ans après sa première parution en hébreu, en bande dessinée cette fois. Le deuxième tome, toujours aussi réussi, met en lumière les mécanismes qui ont permis aux homos sapiens de s'établir, de coopérer et, petit à petit, de faire société à grande échelle, notamment grâce au recours à des fictions collectives comme l'argent, les divinités ou les empires. Un récit en cases et en bulles qui, comme l'Homo Sapiens il y a 70000 ans, part à la conquête du monde entier.

22/11/2021, 11:51

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Daft Punk, Pikachu ou Greta Thunberg : le grand retour de Clotaire se déguise

BONNES FEUILLES – Roi incontesté du déguisement en tous genres, Clotaire revient dans une nouvelle édition, pour un défilé de personnages toujours plus surprenants ! Un album, paru originellement chez Autrement jeunesse en 2014, toujours dès 3 ans, mais que l'on retrouvera réédité en janvier prochain.

22/11/2021, 08:40

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Braconniers, d’Alessandro Cinquegrani : “Le chant d’une vie consumée”

Pour cette nouvelle année, les éditions do publiera Braconniers d’Alessandro Cinquegrani, traduit de l’italien par Laura Brignon. Plongé dans une représentation allégorique de l’histoire de l’Italie, le lecteur découvre des personnages tourmentés par la mort de leur fils dans des conditions mystérieuses, qui les laissent dans une souffrance — presque — inexprimable. 

22/11/2021, 08:15

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Le latin ? Un droit pour tous : un vivifiant plaidoyer 

Le latin ? Une langue ancienne, une langue morte, devenue inutile dans notre monde contemporain, diront certains. C’est pour répondre à ces mauvaises langues qui s’égarent dans une vision étriquée du savoir que Marie-Pierre Delaygue-Masson a décidé de prendre la plume. Son court essai intitulé Le latin ? Un droit pour tous ! vient d’être publié par la nouvelle maison d’édition l’autreface créée en 2020.

22/11/2021, 07:30

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Dragon Ball, Astérix et un Goncourt : les 200 meilleures ventes (semaine 45)

La potion magique continue de faire son effet, mais après avoir dépassé le million d’exemplaires en quelques semaines, Astérix et son Griffon perdent un peu leur souffle. Tout en gardant la première place des ventes. Assez logiquement, le Prix Goncourt décerné à Mohamed Mbougar Sarr, permet à son livre, avec 86.595 exemplaires, de prendre la seconde. Et à sa suite, San Goku et ses amis se glissent à la 3e place : le T.15 de Dragon Ball Super affiche 21.770 ventes, star de la semaine.

19/11/2021, 11:33