Je crois l’avoir déjà dit : rien n’est plus difficile que « d’écrire » le bonheur. Au bout de quelques paragraphes, l’inspiration, souvent, est tarie. Que dire, en effet, une fois les inévitables remarques sur le bonheur d’avoir une femme (un homme), des enfants, et de regarder la nature ? Ah, la nature, le soleil, les senteurs délicieuses des crépuscules, lorsque, dans un ultime effort, le chèvrefeuille jette dans l’air son parfum subtil ! On est assis, à rêver, dans la nuit qui monte, la main dans celle de Marie (ou une autre), et l’on comprend alors qu’on est « heureux », et c’est la fin.
Le 15/01/2012 à 16:19 par Les ensablés
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15/01/2012 à 16:19
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Par Hervé Bel
Le bonheur est une des fins possibles à un roman. Avant que le XXième siècle n'invente le malheur permanent dans le roman, le roman du XIXème siècle victorien se terminait, sauf exception, par le bonheur retrouvé. Bonheur retrouvé car il avait existé au début du récit et des événements l'avaient troublé: le roman se trouvait là, dans la description des malheurs et de leur disparition progressive. On appelle encore cela le "happy end". Le texte s'achève. Il n'y a plus rien à raconter puisque le bonheur, synonyme de la sérénité, n'a pas d'histoire. Le mot "fin" pourrait être remplacé par trois petits points... Enfant, nous restions à la fois affamés et rassasiés devant ce mot, laissant à notre imagination plutôt qu’à l’auteur du livre désormais muet, le soin d’imaginer le bonheur promis par cette fin dont nous avions maudit l’arrivée. Mais, plutôt que d'être heureux du bonheur des héros qui nous avaient tellement passionnés, nous étions tristes de devoir passer à autre chose. Longtemps, j'ai cru que le bonheur excluait la littérature. Ce n'est pas vrai, bien sûr, et j'en veux pour preuve le livre que je souhaite vous présenter aujourd'hui. Pour une fois, avec "L’homme clair" de Gaston Cauvin, le bonheur commence dès le début, avec Clarius qu’un vagabond, rencontré à la gare de Draguignan, appellera « l’homme clair », autrement dit l’homme lumineux, limpide, pur.
Peu d’informations obtenues sur ce roman paru en 1945. Sur Internet, on le trouve cité dans un roman de Michel Breuzard « Le roman de Clément Varennes » paru en 2005. Le héros lit « L’homme clair » et en ressort fortifié : Avec Augustin et Clarius, il s’était découvert des modèles et quelque chose vibra en lui, quelque chose de très profond enfin, qui remonta à la surface, comme une fleur de nymphéa à la surface d’un lac chimérique. En quatrième de couverture, on voit, presque effacé par les ans, la figure maigre de Cauvin en train de sourire. On y lit que Pagnol a dit que "L'homme clair" est un chef d’œuvre. Selon un internaute, Pagnol se serait même inspiré de ce roman pour "Manon des sources" (qui fut d'abord un film avant d'être un roman). Sinon, rien. Je l'ai découvert grâce à mon ami Patrick. M (il se reconnaîtra) qui m'a confié son exemplaire abimé par beaucoup de lectures. "L'homme clair", m'a-t-il dit, est son livre de chevet. Je suis donc dans la situation idéale du critique, comme la souhaitait Marcel Proust: je ne sais rien de la vie de l'auteur et je l'ai lu.
Clarius est un homme jeune qui revient de la guerre 14-18 à Draguignan où il doit retrouver ses amis et, espère-t-il, sa fiancée, la jolie Simone, institutrice dans l'école où lui-même officiait avant la guerre. Malgré les horreurs qu'il a vues ou plutôt grâce à elles, Clarius aime la vie, l'amitié et l'amour. C'est un poète et musicien, décidé à épouser Simone et à reprendre sa vie d'instituteur. Le récit est écrit par son filleul Léon qui éprouve pour lui la plus grande admiration. Or, Clarius, revenu chez sa tante Ursule, la mère de Léon, apprend que Simone va se marier avec un instituteur, le fils d'un directeur d'école. C'est un homme sensible, mais très vite, il se raisonne et, s'adressant à Simone en pensée, il lui dit: Quand votre corps superbe sera gavé de bonnes choses, quand un lard de bon aloi aura harmonisé encore vos formes harmonieuses, quand vous serez rassasiée, jusqu'à l’écœurement, de tenue, d'ordre, de maintien, d'austérité et de Te Deum laudamus, qui constituent les joies les plus grandes des notables de notre cité, votre âme criera vers la divine insouciance, vers la vérité, vers la lumière (...) Et qu'arrivera-t-il, madame? Il arrivera que le fils de Philippe-Amédée et de madame, dite la Rascasse, sera cocu! Oui, cocu! Mais il a de la peine, passe plusieurs jours dans sa chambre, à ruminer son infortune. Il lui semble atteindre le comble du malheur en apprenant qu'il est muté à la Roque-Esclapon, un petit village perdu dans la montagne, derrière Draguignan, à quelques heures de route. A l'époque, la France était vaste, le moindre déplacement une aventure, et tout village une surprise, un monde à lui tout seul. J'ai lu avec un plaisir immense le récit de son voyage au côté d'un original, un certain Oscar, beaucoup plus vieux que lui. Ils prennent un petit train qui les dépose au milieu de nulle part, et les voilà en route, sous le soleil, devisant joyeusement, mangeant de même.
Oscar, émerveillé, étala entre eux le pain rond contenant l'omelette de maman Ursule, fleurant bon l'ail et le persil, les olives noires dans un long cornet de papier blanc, le gruyère brillant et odorant. Puis il dit: - Ce poulet s'ennuyait. Il a cédé sa place à deux saucissons et repose son croupion dans la crème d'un camembert. La gourmandise les fit rire. Et, bientôt, au murmure de la brise se mêlèrent le claquement des langues qui expulsaient les noyaux d'olives, les grognements et les exclamations de contentement, le tintement des bouteilles, le raclement des dents sur les os. Ils dévorèrent... Oscar est philosophe. L'argent n'est rien, l'amitié est tout. Au moment de se séparer, il dit à Clarius: Faites des hommes à votre image, grand enfant aux yeux clairs, et restez toujours ce que vous êtes, malgré les renards, les loups et les hyènes. Il embrassa d'un geste large la montagne et le ciel où s'allumaient les premières étoiles: - Abreuve-toi toujours à cette coupe: elle est la coupe de la joie (...) Une femme aujourd'hui t'a regardé avec les yeux du désir. Mais tu es fait pour une étoile. Et Clarius arrive dans le village où il sera instituteur. Il porte en bandoulière son violon. Son arrivée à Roques fait sensation. Les enfants l'aiment, très vite, pour cette joie et cette sensibilité qui animent toujours son visage. Les habitants, ici, vivent durement, mais aiment leurs enfants, la bonne nourriture, et reconnaissent la bonté de Clarius. Il y a une scène superbe. Un soir, il est invité par le maire. Chacun prit place autour de la table. Et, tout en devisant gaiement, Clarius mangea comme il savait manger et boire quand les mets étaient bons et la compagnie accueillante. Il saluait chaque plat d'un grand éclat de rire, puis disait, la bouche bourrée et les yeux brillants: "Madame Trabaud! Ah! Madame Trabaud!" Et chacun souriait de le voir si heureux. La force de Clarius réside dans son appétit de vivre et cette capacité de communiquer sa joie, sa joie sincère. Au fond, ce que nous dit Cauvin, c'est que tous les hommes sont bons, il suffit de les entraîner vers la joie.
Est-ce si faux que cela? J'ai rarement rencontré des gens foncièrement méchants. Si on y songe, un sourire en suscite un autre... Deviendrais-je optimiste? Mais le cœur de Clairius bat encore pour Simone, jusqu'au jour où il aperçoit, dans les prés, une jeune fille en haillons, "Marie des chèvres", qui s'enfuit à son approche. Et c'est vrai que Manon des sources lui ressemble. Elle est sauvage, objet de la suspicion générale, parce qu'elle vit dans un taudis avec sa mère malade, et n'a que deux chèvres pour vivre. Elle est si belle, si étrange! Il faut forcément un méchant dans une histoire. Il y en a un qui cherchera à perdre "Marie des chèvres". Il n'y parviendra pas, bien sûr, et on le sait tout de suite, Dieu merci. Un livre pour rêver, un livre à poser, content, sur sa table de nuit, ou avant de passer à table, un samedi soir, près du feu; et regarder, content, sa femme, son vieux copain et ses enfants. Prodige du livre! Gaston Cauvin, qui était-il? Y aura-t-il un cinéaste sachant mettre en image son beau livre? Il le faudrait.
Hervé Bel - Janvier 2012
Par Les ensablés
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C'est moins une rébellion abstraite contre la religion qu’une enfance saisie par l’injonction, la honte et le désir de fuite. Porté par une voix insolente, drôle et blessée, le roman suit Sato dans son refus de devenir l’« enfant pieux » qu’on exige de lui, jusqu’à faire de cette résistance intime une matière romanesque d’une intensité rare.
22/04/2026, 15:51
Pedro Gunnlaugur Garcia peint une fresque géographiquement hors norme qui traverse l’Italie, le Vietnam, l’Amérique et un futur abîmé. D’une génération à l’autre, guerres, exils, croyances et malentendus composent un récit où le grotesque voisine avec le chagrin. Un roman ample, mobile et tendu, qui fait de l’héritage moins un refuge qu’une matière instable, parfois toxique.
22/04/2026, 15:37
Laurence Nobécourt, dans ce dernier livre, se penche sur son ascendance et tente d’éluder avec force et détails les éléments qui expliquent la violence que trois sœurs - les deux sœurs aînées de l’auteur et l’auteur elle-même - ont vécue. Au cœur du livre, l’histoire d’une succession houleuse et tragique après la mort des parents et trois sœurs blessées qui doivent s’accorder sur un partage : Stella, l’aînée "préférée du père", Petra, et celle qui se nomme elle-même La Petite sauvage. Les deux aînées rejettent la petite dernière.
22/04/2026, 09:00
Le codicille des ombres, d’Olivier Sebban, paraît aux éditions Rivages et propose un récit ancré dans la peste de Marseille de 1720, où deux trajectoires humaines, marquées par la fuite, l’exil et la perte, interrogent la possibilité de survivre et de trouver une forme de lumière au cœur du désastre.
22/04/2026, 08:53
C’est au cœur de l’été. Le fils devenu Kathy vient d’être incinéré. La mère, le père et le fils cadet - le petit frère âgé de trente ans - se retrouvent dans la maison familiale qu’ils n’habitent plus depuis plusieurs années. Kathy est avec eux. Aucun ne perçoit sa présence. La mère, la dernière qui l’a vue vivante, semble la ressentir.
22/04/2026, 07:00
À l’occasion de l’exposition Michel-Ange – Rodin. Corps vivants, présentée au musée du Louvre jusqu’au 20 juillet, plusieurs ouvrages paraissent et offrent autant de portes d’entrée dans ce dialogue entre les deux maîtres. Essai, catalogue, bande dessinée ou réédition : chacun éclaire à sa manière ce face-à-face à quatre siècles de distance. Tour d’horizon.
21/04/2026, 17:55
Anglestume. Arcadia Meade, connue sous le nom de Cady, 78 ans, est à la retraite. Avant, elle voguait sur la Nysis, qu’il pleuve ou qu’il vente. Appelée par les rivages au loin, elle n’a jamais pu résister à l’appel de la mer et à cet air chargé de sel et de danger… Pourtant, il a fallu se faire une raison. L’âge, vous savez. Alors elle passe ses journée à boire, à fumer des roulées et à récupérer de quoi manger à droite, à gauche.
21/04/2026, 12:08
C’est un livre brûlant et passionnant qui raconte un réalisme âpre et totalement méconnu, et dit à voix haute ce que tout le monde pense tout bas mais n’ose écrire, détailler. C’est un livre bienvenu de la part de Maître Dosé, avocate pénaliste parisienne connue et reconnue. Une voix forte et nécessaire : La violence faite aux autres (Sonneur).
21/04/2026, 12:00
Il y a les romans noirs. Il y a les romans gris. La Tentation des combles (éditions Fables fertiles, avril 2026), de Dominique Boudou, en est un, comme le disent les yeux de Catherine vus par ceux du narrateur, qui s’y perd. Défaite, changeante, opaque, sa teinte est indécise, en quête d’une vérité finale qui se dérobe.
21/04/2026, 10:40
Hauterives, petit village de la Drôme, à l’aube du XXème siècle. Ferdinand Cheval (1836-1924), ancien facteur que l’on traite de vieux fou au village, façonne son propre tombeau dans le cimetière de son village, à moins d’un kilomètre de son Palais idéal. Peu à peu, au milieu des pierres tombales, s’élève une sculpture délirante.
21/04/2026, 08:00
Une fresque métaphysique monumentale où la philosophie d'Aristote devient la loi physique d'un univers en perpétuelle mutation. À travers l'errance de Hieronim Berbelek, stratège déchu cherchant à retrouver sa dignité dans un monde sculpté par la volonté de puissants démiurges, l'auteur polonais signe une œuvre d'une densité rare, mêlant habilement récit d'aventure, enjeux ontologiques et immersion sensorielle totale.
21/04/2026, 07:30
Voyages extraordinaires au Muséum, de Jacques Cuisin et Nicolas Gilsoul (Robert Laffont), en librairie le 13 mai, propose une immersion dans les collections méconnues du Muséum d’Histoire naturelle de Paris, à travers le récit d’une exploration hors du commun qui met en scène la richesse du vivant et les coulisses invisibles de l’institution.
21/04/2026, 07:00
Sébastien Juillard signe le premier volet magistral de la saga de Sigdís Hröriksdóttir. Loin des sentiers battus, l'auteur nous entraîne dans une Scandinavie du VIIe siècle où l'acier des épées le dispute au givre des cœurs. Entre fresque historique et drame intime, ce roman impose une voix singulière, portée par une plume d'une précision chirurgicale et un sens du tragique hérité des anciens scaldes.
20/04/2026, 16:44
Loin du simple récit de super-héros, Supergirl: Woman of Tomorrow (trad. Jérôme Wicky) transforme Kara Zor-El en figure traversée par le deuil, la violence et l’altérité. Tom King confie la narration à Ruthye, jeune fille en quête de vengeance, tandis que Bilquis Evely et Matheus Lopes bâtissent un cosmos somptueux, instable, où couleur et silence guident le sens.
20/04/2026, 15:21
La Confusion, deuxième roman de Louisiane C. Dor, paraît le 6 mai : l’autrice y suit Coline Mayard, vingt ans, aspirant à l’amour et à un ailleurs, dont la rencontre avec un écrivain plus âgé bouleverse les repères et l’entraîne au cœur d’une relation et d’un foyer où les frontières se brouillent.
20/04/2026, 07:35
L’actualité à la lumière des livres. Des milliards de galaxies qui s’éloignent, un vieux débat américain ravivé par le Proche-Orient, une invasion britannique oubliée, le journal intime d’un grand diariste anglais et les mystères du microchimérisme : la sélection de la semaine traverse cosmologie, géopolitique, roman historique, édition et biologie.
18/04/2026, 10:13
Terre et ciel, de Jean-Luc Raharimanana, paraît aux Éditions Rivages le 6 mai 2026 et propose une réécriture contemporaine du mythe malgache d’Ibonia, en suivant le parcours d’un héros promis à une princesse qu’il devra reconquérir au terme d’un long voyage initiatique.
18/04/2026, 08:23
L'or de la vie - Dépasser mes peurs et mes limites, signé par Manon Apithy et publié chez Robert Laffont, paraît le 13 mai : la championne olympique de sabre y retrace son parcours et livre une réflexion personnelle sur la réussite, entre exigences sportives, fragilités et quête d’équilibre.
18/04/2026, 07:17
Paru le 16 avril 2026, Antonin Artaud et Jacques Latrémolière, la relation insolite entre un patient et son psychiatre (éd. L’Harmattan) s’inscrit dans la continuité du travail solide et exigeant que Patrick-Albert Pognant consacre à Artaud depuis plusieurs années. J’avais découvert cet auteur à travers son précédent ouvrage, Antonin Artaud, la mise en échec de la médecine, qui m’avait profondément marqué à l’époque où je rédigeais mon propre livre, Artaud le Martaud : asiles, drogue, électrochocs. Par Ilios Chailly.
17/04/2026, 16:41
Le commissaire Adamsberg est de retour : Fred Vargas signe un come-back remarqué, comme d'habitude, avec Une unique lueur (Flammarion), qui s’installe directement en tête du classement dès sa sortie, avec 38.110 exemplaires vendus pour cette nouvelle semaine (06/04 au 12/04).
17/04/2026, 11:48
Dans l’Utah, l’apparition d’arbres rouges luminescents fait vaciller l’ordre du monde. Marie-Lorna Vaconsin transforme ce surgissement végétal en roman d’anticipation politique, où se croisent traumatisme, emprise sectaire, enfance défigurée et espoir d’une riposte du vivant. Une fiction dense et âpre, qui fait de la forêt un révélateur de toutes les violences humaines.
17/04/2026, 11:43
Un livre qui offre une autre vision de l’École, débarrassée de ses fins utilitaristes et mise au service de la compréhension du monde. Un manuel qui offre des pistes aux enseignant·es pour maintenir une pratique d'exigence intellectuelle avec les élèves. Pour redonner du sens à l’École et au métier d'enseignant.
17/04/2026, 08:00
Et si l’histoire italienne se lisait dans une assiette de pâtes ? Federico Tavola mêle souvenirs siciliens, scènes de voyage, histoire du fascisme, folklore régional et mythologies culinaires pour défendre une thèse simple : en Italie, la cuisine tient lieu de langue commune. Un essai-mémoire ample et charnel, où la pasta devient à la fois affaire de goût, de transmission familiale, d’éducation sentimentale et de résistance politique.
16/04/2026, 14:26
Avec Ravagés de splendeur, Guillaume Lebrun ne ressuscite pas seulement Héliogabale : il fait de son règne une scène de confrontation entre les corps, les croyances et le pouvoir. Porté par trois voix qui s’entrecroisent, le roman transforme la Rome antique en territoire de désir, de violence et de bascule politique, avec une langue qui éblouit autant qu’elle déborde.
16/04/2026, 12:56
L’eau n’est plus, dans cet essai, une simple question d’environnement. Simon Porcher en fait le point de rencontre des crises contemporaines : climat, agriculture, santé, énergie, inégalités, démocratie. En retraçant la longue histoire de sa maîtrise et de ses conflits, il montre comment une ressource tenue pour acquise devient le révélateur brutal de nos impasses collectives.
16/04/2026, 12:55
Avec Les Plus Jeunes Années du monde, roman de Marie-Lorna Vaconsin à paraître chez Actes Sud le 13 mai, l’autrice imagine un monde troublé par un phénomène inexplicable où des chênes se mettent à émettre une lumière rouge, tandis que deux trajectoires solitaires cherchent à renouer avec les autres.
16/04/2026, 09:29
Avec Fantômes et giboulées, Catherine Dufour signe un nouveau roman publié chez Robert Laffont, à paraître le 7 mai, où une femme transforme un refuge pour victimes de violences en lieu d’accueil pour les morts, mêlant humour, littérature et surnaturel autour d’une question simple : peut-on vraiment cohabiter avec les fantômes sans en payer le prix ?
16/04/2026, 08:04
Lily est rédactrice de notices. Elle aime les modes d’emploi clairs, que les choses soient à leur place et les procédures efficaces. Un jour, elle découvre le développement personnel et un mantra : « Libérez-vous en éliminant les problèmes un à un ».
16/04/2026, 07:00
2 Commentaires
Lotised
10/08/2019 à 13:33
"L'homme clair" est mon livre de chevet depuis 40 ans! Je ne sais pas combien de fois je l'ai lu, mais je sais que cet hymme à la (vraie)vie, au bonheur, à la pureté et grandeur de l'âme m'a aider à me construire dans un monde où l'adolescente que j'étais, ne trouvait pas ma place.
Ce long poème m'a permis de m'attacher aux vraies valeurs de l'existence, tout en étant à contre courant de ceux qui m'entouraient et celà sans complexe.
A 16ans, j'ai eu plaisir à être traitée de folle parce qu'au lycée, je chantais dès le matin.
Claruis, c'est mon frère d'àme !
S'il n'y avait pas eu Pagnol, Gaston Cauvin n'aurait'il pas eu une plus grande place dans la littérature française ?
Ces autres romans sont également des délices.
Mais Clarius!Claruis adapté au cinéma!Oh quelle merveille !
A quand Mr Auteuil ???
Wytinfo
24/10/2024 à 22:13
J'ai lu avec plaisir ce livre, plein de sourires, de poésie et de bonheur. Ceci sans ignorer le tragique de la vie et le réalisme du mal. Face à une rationalité sans âme l'auteur a su faire jubiler la beauté des relations humaines.