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Les Ensablés - "Chroniques de Sainte-Hélène" de Michel Martineau, où littérature et histoires font bon ménage

Mes lecteurs savent peut-être que je suis passionné par tout ce qui concerne Napoléon à Sainte-Hélène. Dès que quelque chose sort là-dessus, je me précipite chez Gibert et achète... Publié chez Perrin, un livre que je recommande vivement: Chroniques de Sainte-Hélène, de Michel Dancoisne-Martineau, consul de France à Sainte-Hélène, fils de Gilbert Martineau, lui-même consul au même endroit, et reconnu comme un des meilleurs historiens de la période "hélénienne". En dehors des mémoires français et anglais qui parurent tout au long du 19ème siècle, et même au 20ème siècle, lorsque le manuscrit du Général Bertrand, un des derniers témoins de la vie de Napoléon, put enfin être déchiffré par Fleuriot (Bertrand l'avait codé), on ne compte plus les ouvrages sur le séjour de l'Empereur à Sainte-Hélène. Le sujet fascine depuis Chateaubriand: comment Napoléon a-t-il vécu là-bas, avec sa maigre suite de courtisans, au milieu de l'Atlantique sud, entre l'Afrique et l'Amérique? Que faisait-il, que pensait-il?

Le 21/08/2016 à 09:00 par Les ensablés

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21/08/2016 à 09:00

Les ensablés

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Chers lecteurs de l'été. Aujourd'hui un article paru en 2012 à propos de la parution d'un livre d'histoire(s) de M. Martineau à propos de Napoléon à Saint-Hélène, sujet qui passionne toujours les âmes romanesques...

Par Hervé Bel

Depuis 1990, on se demande même comment il est mort, étant entendu qu'un tel homme ne pouvait pas mourir normalement, qu'il avait forcément été assassiné! On a vu un descendant du Général de Montholon accuser son aïeul du meurtre de l'empereur, théorie déjà avancée dans le passé. Mais cette fois, l'illustre rejeton expliquait que le général avait tué par amour, par jalousie (Napoléon aurait été l'amant de sa femme), et non par intérêt... Les théories se succèdent chaque année, obligeant des historiens sérieux comme Thierry Lentz et Jacques Macé à intervenir, tenter de remettre les pendules à l'heure (cf. "La mort de Napoléon" publié chez Perrin). Mais en vain: la simplicité, la réalité, se suffisent pas aux lecteurs: il faut du mystère, de l'ombre, sinon un grand homme n'en est pas un.

Aussi est-ce avec un grand plaisir que j'ai lu l'ouvrage de Michel Dancoisne-Martineau qui a eu la bonne idée de dépouiller les archives de l'île et de la compagnie des Indes.Cette fois, pas question de complots, de meurtres, mais, en 54 chroniques très bien écrites, le destin des hommes et des femmes qui vécurent à Sainte-Hélène pendant que Napoléon y était, et qui, d'une manière ou d'une autre, tragiquement parfois, laissèrent leurs noms sur les registres de la colonie. Certaines histoires sont émouvantes: celle de Mary Ann Ellis (page 78) en particulier, racontée avec un tel style, un tel dépouillement que j'ai songé à "un cœur simple" de Flaubert. Je n'exagère pas. On y suit simplement la journée d'une femme d'un capitaine anglais à Sainte-Hélène, au temps de Napoléon, et par la même occasion, en quelques pages, Martineau parvient à décrire toute sa vie. Elle est née au Bengale, a épousé un officier avec l'espoir qu'un jour il soit muté en Angleterre, pays féérique à ses yeux. Mais il lui a fallu accepter de le suivre à Sainte-Hélène, avec l'idée qu'après, lorsque "l'ogre" sera mort (quand mourra-t-il donc?), il sera affecté au pays de Cocagne, où les gens sont riches et ne manquent jamais de distraction. Ce jour-là, elle se rend à Jamestown, la petite capitale de l'île, encaissée, écrasée faudrait-il dire, par d'immenses rochers noirs. Là, sur le quai, elle guette l'arrivée d'un bateau où se trouve le révérend MacWard qu'elle a connu au Bengale. Elle voudrait tant le voir, lui parler, elle qui ne voit pas grand-monde.

Bien qu'il soit officier, le capitaine Ellis est un petit dans le monde militaire. Ils vivent dans le camp, à Deadwood, face à la résidence de Napoléon à Longwood, dans un cabane mal chauffée. Les soldats boivent à longueur de journée. Leur seule fonction est de guetter les mouvements de Napoléon, enfermé à Longwood. Ah, bientôt le révérend sera là, une lumière dans la mélancolie de Mary Ann! Mais le gouverneur, au dernier moment, interdit au bateau d'accoster. Nouvelle tristesse pour la jeune femme qui s'en retourne au camp. Après avoir quitté la ville et jusqu'à ce qu'elle atteigne les Briars, Mary Ann sentit la chaleur lui brûler le visage. Cela lui rappelait son enfance au Bengale quand son père, le révérend Henri Sheperd, lui répétait de se protéger du soleil (...) Sur l'étroite route, taillée à même le roc le long du flanc est de la vallée, la chaleur était torride. (...) Sous ses jupes et son corset de lin, Marie Ann sentait les files de sueur couler le long de sa peau. Les tissus humides ne séchaient guère malgré la température. Elle s'étonna de voir les Chinois, ignorant superbement le soleil pousser des carrioles. (...)

En la suivant, un monde renaît: l'existence peu exaltante, quoiqu'on ait pu en écrire, de ces milliers d'Anglais égarés dans leur vaste empire. Racontant son séjour aux Indes, Martineau écrit: Pour Mary Ann, la carrière de John était surtout synonyme de jours solitaires durant lesquels, cantonnée à la base militaire de Cawnpore, dans son bungalow du Gange, elle s'acquittait des peu exaltantes tâches domestiques. Elle devait chasser les rats musqués venus nicher jusque sous son lit par des tunnels qu'ils creusaient et recreusaient sans cesse. (...) Ces peu glorieuses occupations achevées, elle allait par les rues de la ville mais ne tardait jamais à rentrer chez elle, tant la vue de ces fakirs, de ces miséreux, de ces magiciens désossés et de ces charmeurs de cobras ou autres serpents venimeux lui était devenue insupportable. Mais à côté de Sainte-Hélène, les Indes étaient un paradis. Marie Ann laissa son serviteur finir le rangement de la maison et, pour se changer les idées, partit faire une promenade dans le camp militaire. Comme elle, d'autres femmes profitaient de l'embellie pour étirer leur ennui sur les allées tracées au cordeau entre les tentes, les écuries et les baraques (...) Comme elle aurait aimé revoir le révérend MacWard (...) Elle s'assit, laissant de nouveau la mélancolie l'envahir (...) Elle retourna à sa baraque et reprit les habitudes qui étaient les siennes depuis ces mois passés sur le plateau venteux. Sous un ciel tourmenté, en permanence encombré de nuages que poussait un vent humide et transperçant, sa vie monotone reprit.

L'épilogue est terrible. Après la mort de Napoléon, parvient enfin la grande nouvelle: le régiment de son mari est envoyé en Angleterre! Mais elle est enceinte. Il ne peut être question d'un voyage de trois mois en bateau. Son mari embarque le 11 juin 1821, la laissant à Sainte-Hélène. Il faut attendre la délivrance, et après, après, ce sera l'Angleterre, encore un peu de patience! Mais voilà Mary Ann Ellis mourut en couches et fut enterrée à Sainte-Hélène avec son enfant mort-né. Histoire simple, mais qui donne à l'esprit un goût du passé. Il y en a plein d'autres dans ce recueil: celle de cet esclave de douze ans ramené en Angleterre et qui y mourra de froid, ou encore celle de Scott, valet de Las Cases, envoyé dans les îles de l'Ascension parce qu'il a trop bien servi le courtisan de Napoléon. On croise aussi Cipriani, l'espion de Napoléon à Sainte-Hélène, Betsy, la jeune fille qui ne se remit jamais d'avoir parlé à Napoléon, Flora, prostituée tuée à coups de pieds par son ex-mari, etc.

Chaque récit éclaire un aspect de Sainte-Hélène,sa vie politique, morale, économique; un portrait de la société coloniale au début du 19ème siècle. On est frappé par la violence des rapports sociaux, ce peu de cas qu'on faisait des humbles, et même des Anglais tout aussi prisonniers de Hudson Lowe, le gouverneur, que ne l'était l'Empereur. Et toujours, en arrière-plan, la présence de Napoléon donne à l'histoire de ces petites gens un parfum unique, l'impression de toucher à la grande histoire.

Bravo au consul de France de Sainte-Hélène qui parvient, sur ce sujet rebattu, à créer quelque chose d'original, ce qui n'est pas rien. L'homme doit être sensible, artiste. J'ai entendu qu'il est peintre. Il vit là-bas, donc, et je l'envie, je ne sais pas pourquoi, en l'imaginant sous le ciel gris de Sainte-Hélène, mélancolique, baigné dans le passé qu'il a su si bien faire renaître. (1) Ci-dessus, une photographie de Longwood de Isaac Newton.  

Par Les ensablés
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La mort de Napoléon

Thierry Lentz, Jacques Macé

Paru le 16/04/2009

226 pages

Librairie Académique Perrin

17,80 €

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À l’occasion du centenaire de sa mort, la collection Bouquins consacre un volume à Jacques Rivière, critique et essayiste, véritable cheville ouvrière de la Nouvelle revue française dont il assura la direction durant plus de 10 ans. Mort prématurément en 1925 à l’âge de 39 ans, celui qui fut à la fois le grand ami et le beau-frère d’Alain Fournier, l’auteur du Grand Meaulnes, révèle par la quantité d’articles qu’il donna à la revue une perspicacité critique étonnante. Sensuelle et inspirée. Par Denis Gombert

30/03/2025, 09:00

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Les Ensablés - Lire sous l'occupation de Jacques Cantier

Le monde des livres sous l’Occupation a déjà été étudié par l’historien Jacques Cantier qui s’était intéressé à la trajectoire de l’une des figures maudites des lettres françaises avec sa biographie de Pierre Drieu La Rochelle (Perrin, 2011). Cette fois, avec Lire sous l’Occupation, publié en 2019 et en poche en 2024 aux Éditions CNRS, il nous présente un panorama global de la lecture entre 1939 et 1945. , par Nicolas Acker.

16/03/2025, 16:50

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Les Ensablés - La femme qui boit de Colette Andris, par Marie Coat

En mars 2023, Gallimard publiait dans sa collection L’imaginaire un grand succès de son catalogue paru en 1929, réédité à huit reprises puis repris en 1934 dans sa collection de poche : La femme qui boit », première oeuvre d’une jeune femme de 29 ans, Pauline Toutey. Par Marie  Coat

02/03/2025, 19:56

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Les Ensablés - Le gaffeur de Jean Malaquais

Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais - quitta la Pologne  à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Cette période de sa vie fut marquée par une grande précarité et  par la volonté farouche de vivre de sa plume. Mobilisé en 1939 puis fait prisonnier, il s'évada et émigra vers le continent américain. Par Isabelle Luciat

16/02/2025, 10:09

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Les Ensablés - Le Boucher des Hurlus de Jean Meckert

Jean Meckert (alias Jean Amila, 1910-1995) est mort il y a trente ans… Pas tout à fait mort, car ses romans ont continué d’être réédités et nous n’avons pas manqué d'en parler dans nos colonnes (1). Cette fois, c’est la courageuse Ronces éditions (2) qui republie Le boucher des hurlus paru chez Gallimard en 1982 et signé du nom Jean Amila qu’il avait adopté pour ses romans publiés dans la Série Noire. Par Hervé BEL

02/02/2025, 19:38

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Les Ensablés - L'inconstante de Marie de Régnier

Fille de José Marie de Heredia, épouse du poète Henri de Régnier, Marie de Régnier n’eût peut-être d’autre choix que de devenir une femme de lettres. Mais en adoptant un nom d’homme tout de même, société corsetée oblige ! C’est ainsi que Marie de Régnier entama très tôt une carrière littéraire au confluent de deux siècles, à la période de la Belle Epoque, sous le nom de de Gérard d’Houville, puis de Gérardine (la renommée de Caroline Rémy, dite Séverine, étant peut-être passée par là). Par Denis Gombert.

19/01/2025, 09:00

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Le joueur de flûte des enchères

Une fable aussi étrange qu'effrayante sur l'air du joueur de flûte de Hamelin. Le premier et unique roman de Joan Samson est une histoire puissante qui va prendre la tête du lecteur et ne pas la lâcher facilement. Un roman qui a tout pour devenir un livre culte.

17/06/2026, 12:35

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Annie Ferret sonde les secrets des pères dans Désir des hommes

Un vieux batik signé Daouda rouvre l’histoire d’Émeline, de Gilles et d’Everett, entre Ouagadougou, mémoire familiale et violences enfouies. Avec Désir des hommes, Annie Ferret compose un roman ample sur la filiation, le deuil, l’emprise, la paternité et la force des femmes. La figure du devin relie les récits, recueille les secrets et fait surgir ce que chacun croyait tenir à distance. Attendu pour le 20 août (très attendu).

17/06/2026, 11:56

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La Punition : un père, un fils, une parole impossible

Dans La Punition, publié chez P.O.L, Arthur Dreyfus revient vers une scène de 2003 : un père transforme le coming out de son fils en faute, en choix, en condamnation. Le récit suit les effets de cette parole dans le corps, le désir, la honte et l’écriture. Cru, mobile, parfois vertigineux, le livre cherche une forme capable de traverser le trauma sans lui abandonner toute la vie. La sanction tombera le 20 août.

17/06/2026, 11:55

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Cantique du chaos

17/06/2026, 11:30

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L’ex-candidate à la Maison-Blanche met le manoir en crise

« Pas de temps à perdre. Aujourd’hui, je meurs. » C’est par ces mots que, le 9 juin 1927, Victoria Woodhull annonce à son domestique Ménélas Daisastre, un jeune Marseillais traumatisé par la Grande Guerre, qu’elle entame la dernière journée de son existence. À quatre-vingt-huit ans, elle est coutumière des prédictions catastrophiques au manoir de Norton’s Park.

17/06/2026, 09:00

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Trois vies liées par le désir de réussir autrement

Thessa écrit une longue lettre à Blue, la fille de son amie de toujours, Jypsi. Il est temps de lui révéler comment est arrivée la tragédie qui a infléchi le cours de leurs vies.

17/06/2026, 08:00

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Un premier roman salué par Amélie Nothomb

Elles vivent dans une cabane isolée, au cœur de la forêt, là où rien ne peut les atteindre. À seize ans, l’adolescente ne connaît pas d’autre visage que celui de sa mère. Son monde se résume à quelques arpents de terre, ses jours sont rythmés par le passage des saisons et les rituels que Maya lui impose pour la protéger de la corruption qui guette de l’autre côté de la barrière.

17/06/2026, 07:00

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Tous les jardins du monde

16/06/2026, 17:54

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Sauf la frontière

16/06/2026, 11:30

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Résister quand l’histoire accélère : une boussole face au fascisme

À Perm-36, ancien camp du Goulag, Catherine Dorion découvre une mémoire nue : des cellules, du froid, du silence, des morts, et la sensation physique d’un avertissement. De cette visite à l’année 2025, Le courage et la joie relie les récits du totalitarisme, la montée des autoritarismes contemporains et les mécanismes psychiques qui désarment les sociétés démocratiques. À paraître le 21 août.

16/06/2026, 11:26

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Ibtisam Azem imagine un matin sans Palestiniens

Au réveil, les Palestiniens ont disparu. Mais les maisons, les téléphones, les rues, les noms anciens et les cahiers restent là. Dans Le Livre de la disparition, Ibtisam Azem transforme cette hypothèse sidérante en roman de mémoire et d’effacement. Entre le cahier rouge d’Alaa, Palestinien de Jaffa, et le regard d’Ariel, journaliste israélien, l’absence devient une présence impossible à contenir. Apparition, le 26 août.

16/06/2026, 10:36

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Le pacte des Héritières de Lucie Castel : la saga des femmes du clan des Rochefort

Tout est réuni dans cette saga familiale pour captiver les lecteurs et lectrices : un clan familial très riche gère ses affaires au sein d’un conseil d’administration exclusivement constitué d’hommes. À la mort du patriarche, le testament comporte une énigme et celui qui saura la résoudre prendra la place du défunt.

16/06/2026, 09:41

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Landru, Barbe-Bleue passé au noir et blanc

Chabouté s'empare du mythe « Landru » et réinvente l'histoire à sa façon, dans un petit thriller malicieux au dénouement très politique.

16/06/2026, 09:23

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La maîtresse juive de Mussolini

En 1947, Margherita Sarfatti est de retour dans sa villa du lac de Côme après la guerre et son exil provoqué par les lois raciales. Elle retrouve un décor presque intact, mais hanté par les fantômes du fascisme, de son fils mort au front et de son ancien amant, Benito Mussolini.

16/06/2026, 09:00

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Comme un bon roman, l’entretien auto se lit à l’avance : tout ce que vous ignorez sur le remplacement des amortisseurs

Un récit bien construit sème ses indices longtemps avant le dénouement. Une voiture procède de la même manière : elle parle, elle prévient, elle laisse des traces, mais encore faut-il savoir les lire. 

16/06/2026, 08:17

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Une vie en caravane, loin de la maison promise

Depuis vingt ans, Sofia, Roumaine d’une soixantaine d’années, vit dans un camping en Espagne. Elle dort dans une caravane, travaille à la réception jusqu’à l’épuisement, et se heurte chaque jour à une langue qui la trahit, ce qui lui rappelle sans cesse qu’elle n’est qu’une étrangère de passage. Partie pour offrir un avenir à son fils Robert et à son père restés en Roumanie, elle découvre, au seuil de la retraite, que tout ce qu’elle a sacrifié – argent, temps, présence – s’est effondré.

16/06/2026, 08:00

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Une famille portoricaine prise entre deux pays

1968, Porto Rico. En épousant Peter, un séduisant Américain d’origine irlandaise, Rafaela s’efforce d’étouffer les doutes qui l’assaillent. Pour cette jeune femme hantée par la faillite financière de ses parents et par son amour caché envers le fils de sa gouvernante, quitter son île natale apparaît comme un possible renouveau. 

16/06/2026, 07:00

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Christine Jordis, présidente du Femina et grande passeuse des lettres anglaises

Christine Jordis est une figure peu commune du Prix Femina - elle est présidente du jury cette année -, et de l'érudition littéraire. La meilleure des collections, Bouquins, réunit deux de ses ouvrages majeurs : Gens de la Tamise et d’autres rivages et Promenades anglaises. Fidèle comme on en rêve, aux lettres anglaises, impériales puis post-impériales, et aux paysages britanniques, elle tient ensemble l'effort, le goût et l'attention.

15/06/2026, 18:22

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Quartier des fantômes

15/06/2026, 12:00

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Quand l’enfance à la ferme se change en cauchemar, Lait cru

Rien ne se dépose vraiment dans Lait cru : ni le froid, ni la faim, ni les odeurs, ni les bêtes. Depuis une chambre de soin où l’écriture le ramène vers son passé, le narrateur de Steve Poutré rouvre son enfance dans une ferme des Cantons-de-l’Est. Le roman avance par fragments sensoriels, entre rudesse agricole, vertige mental et violence familiale, sans folklore ni nostalgie. À surveiller, dès le 20 août.

15/06/2026, 10:51

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Ceux qui nous frappent : la violence invisible mise au procès

Un procès inventé, mais nécessaire, ouvre Ceux qui nous frappent sur une question que le droit peine à saisir : comment juger une violence qui ne laisse pas toujours de traces visibles ? Dans la salle 403 du tribunal de Rennes, Anaïs Llobet confronte la mort de Sara Messina, boxeuse disparue, aux récits de ceux qui prétendent la comprendre, l’aimer, la défendre ou l’expliquer. Un roman judiciaire tendu, précis, traversé par la colère et le doute. Ouverture, le 26 août.

15/06/2026, 10:45

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L’affaire Violette Nozière, entre crime et patriarcat

Avec ce portrait de la célèbre parricide, le texte de Jérôme Leroy, éclairé par une prose lumineuse et très documentée, nous offre une immersion glaçante dans la société patriarcale des années 30.

15/06/2026, 10:40

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André Velter, le galop libre de la poésie

Avec Où se risque la chance, André Velter poursuit ce qu’il fait depuis des décennies : transformer la poésie en manière d’habiter le monde intensément, sans hiérarchie entre les cultures, les paysages, les musiques, les colères et les émerveillements. Mais ce nouveau livre, publié dans la collection Blanche de Gallimard, possède quelque chose de plus libre encore, presque dionysiaque : une écriture qui refuse toute ligne droite et préfère les surgissements, les éclats, les bifurcations de la mémoire et du désir.

15/06/2026, 10:38

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Reconnaître le fascisme avant qu’il ne soit trop tard

Alors que des personnalités autoritaires se hissent partout au pouvoir et que les discours de haine se multiplient, nous assistons impuissants à la montée de l’anxiété et nous nous y habituons. Nous vaquons à nos occupations. 

15/06/2026, 08:00

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Le jour où les civils ont marché vers les soldats

26 mars 1962. Une semaine après la signature des accords d’Évian, l’armée et l’OAS s’affrontent à Bab El Oued, quartier populaire d’Alger soumis à un blocus total. Le temps d’une journée, six personnages vont être précipités dans le crépuscule de l’Algérie française.

14/06/2026, 09:00

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Une pensionnaire avec trop de choses à perdre

Élisheva, dite Éli, est la petite dernière d’une famille de réfugiés argentins installés à Paris dans le quartier du canal Saint-Martin à la fin des années 1970. Début 2000, Éli a 15 ans. Elle vient de redoubler sa seconde après une année chaotique.

14/06/2026, 08:00

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Quand une phrase inachevée dérange toute une vie

Jennifer a une vie qui la satisfait quand, au détour d’une panne de clavier d’ordinateur, une phrase surgit, inachevée, qui fait déraper l’apparente logique de son existence : « Devant Autant en emporte le vent, Vivien Leigh et Clark Gable vont s’embrasser quand quelqu’un appuie sur pause et ». Et rien. Un blanc après ce et qui envahit la page, troue sa mémoire. Jennifer se lance alors dans une enquête hilarante et inquiétante. 

14/06/2026, 07:00

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Deux disparitions, un meurtre, vingt-cinq ans de silence

Pierric Bailly livre un roman noir d’aventures, entre le Vercors et le Jura, mais aussi le Mexique et l’Afrique. Tout commence à la fin des années 1980, par l’amitié entre deux couples de frères et sœurs, dès l’école primaire. Un coup de feu retentit une nuit d’avril 1998. Pascal, le père de Paloma et Leo, est retrouvé mort avec une balle dans la tête. Les enfants, eux, se sont volatilisés. Leurs amis, Cédric et Delphine, sont bouleversés. 

13/06/2026, 09:00

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Constable, Spinoza, guerre mondiale : la Booksletter fête son 100e numéro

Pour son 100e numéro, la Booksletter réunit peinture, géopolitique, essai littéraire, philosophie religieuse et mémoire politique. De Constable à Spinoza, de la Première Guerre mondiale au Bund, cette livraison éclaire des livres récents qui interrogent notre rapport au réel, au désir, à l’histoire, aux croyances et aux appartenances, tout en prolongeant la veille d’ActuaLitté sur les tensions actuelles du monde du livre et de la lecture contemporaine.

13/06/2026, 08:27

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La violence ordinaire du droit d’asile

Dans Ainsi la Cour décide, Caroline Knecht propose le décorticage d’une institution : la Cour nationale du droit d’asile, là où s’expriment chaque jour des récits d’exil et de survie. Par courts chapitres où se mêlent narration et collage, il met au jour la mécanique judiciaire, révélant comment l’institution écoute, classe – et ce qu’elle ne peut entendre. Le texte fait ainsi apparaître la géométrie politique du droit d’asile et sa sourde violence.

13/06/2026, 08:00

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Comprendre le passé eugéniste Américain

Avant « Make America Great Again », il y a eu « Make America Great » ou tout comme : c’est en effet pour rendre le pays plus puissant et son peuple plus performant que certains États ont, durant la première moitié du XXe siècle, encouragé des recherches en vue « d’améliorer la race » et promulgué des lois eugénistes..

13/06/2026, 07:00

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Marc Bloch avant le Panthéon : dans l’atelier de La société féodale

Marc Bloch entre au Panthéon, Marc Bloch écrit La société féodale. Avant l'orietur, science avec patience, le supplice fut sûr : les lettres, les hésitations, les plans remaniés, les éditeurs, les contraintes matérielles et les guerres qui entourent la naissance d’un classique.

12/06/2026, 18:22

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Meilleures ventes : La prof reste en tête devant Mortelle Adèle et Boualem Sansal

La prof, de Freida McFadden, traduit de l’anglais par Karine Forestier, conserve la première place des meilleures ventes en France, avec 19.866 exemplaires écoulés et 178.238 exemplaires cumulés en six semaines. Le titre publié chez J’ai lu devance Mortelle Adèle tome 23 : Nazebrocadabra !, qui gagne quatre places, et La légende, de Boualem Sansal, entrée directe sur le podium. Le haut du tableau associe un leader stable, une bande dessinée en progression et une nouveauté de littérature hors poche.

12/06/2026, 15:56

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Jeanne, une papesse au Vatican

12/06/2026, 13:47

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11/06/2026, 18:33