Merci, cher Hervé, d’annoncer dans les Ensablés la réédition de Toxiques. C’est un essai de jeunesse rédigé par quelqu’un qui l’avait quittée. A certains moments, on regarde en arrière et on fait ses comptes : les livres tenaient une place majeure dans ma vie. J’ai cherché à comprendre pourquoi, comment et quelles œuvres m’avaient influencé.
Le 01/11/2015 à 08:00 par Les ensablés
0 Réactions | 0 Partages
Publié le :
01/11/2015 à 08:00
0
Commentaires
0
Partages
Ce sont trois questions distinctes, et mon essai répond clairement aux deux dernières : je donne des noms et des titres, je décris l’effet négatif que certains textes ont eu, temporairement ou durablement, sur mon existence. Sous ma plume, cela s’est appelé Toxiques, immédiatement, sans hésiter. Oui, j’ai été intoxiqué par la littérature. Et c’était un bon titre : Roland Jaccard, aux Presses Universitaires de France, a accepté tout de suite mon livre et son intitulé.
Ces textes que j’appelle nocifs sont de grands classiques, les piliers de la littérature française, des chefs d’œuvre sans frontière : Les Fleurs du Mal, la poésie de Rimbaud, Le Voyage de Céline, Beckett, La Recherche, Belle du Seigneur et Mémoires d’Hadrien, le grand roman romain de Marguerite Yourcenar. Des œuvres en vente partout, en édition de poche, qu’on lit en classe et à l’université. Du poison à la portée de tous ? En quelque sorte.
C’est bien le lycée qui m’a fait connaître, non pas le cœur de ces textes, mais leur parfum douteux. Ces œuvres étaient édulcorées et châtrées par des enseignants admirateurs, certes, mais probablement conscients des dommages collatéraux que ces pages pouvaient provoquer. On insistait sur les correspondances chez Baudelaire (« Les parfums, les couleurs et les sons se répondent ») ou sur des banalités (« Homme libre, toujours tu chériras la mer »), mais pas sur le spleen. Rimbaud était réduit à ses poèmes scolaires (« Le buffet »), à « Sensation » (qui se termine par « heureux comme avec une femme » !), aux « Voyelles » qui permettent de réduire la poésie à un jeu de mots. Proust était madeleinisé, Beckett absurdisé. Hadrien, l’empereur, devenait le héros d’un ennuyeux péplum. Il n’empêche, c’est le lycée qui m’a fait connaître ces noms. Les enseignants étaient bien obligés d’évoquer la légende : Yourcenar vivait en Amérique (à Mount Desert !) ; Beckett était l’Irlandais de Paris ; Rimbaud s’était exilé au Harar et Proust dans le 16° arrondissement ; Baudelaire se teignait les cheveux en vert en traduisant Confessions d’un mangeur d’opium ; Céline avait choisi le mauvais camp et Albert Cohen, grec, français, suisse et juif, avait mis trente-cinq ans à écrire Belle du Seigneur. Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende ! J’ai entendu.
J’ai longuement lu ces textes quelques années plus tard, autour de mes vingt ans. Ce fut un choc, une noyade, un empoisonnement. Ces œuvres toxiques, je les lisais et devais les relire puisque je faisais des études littéraires. Ces livres m’ont fait du mal, je le raconte dans Toxiques. L’art est dangereux, sous toutes ses formes : c’est une substance explosive. Evidemment, plus l’œuvre est exceptionnelle, plus le lecteur est accro. La mauvaise poésie et les romans de gare sont en général inoffensifs, on s’en lasse vite.
L’institution a toujours joué un double jeu avec l’art et les artistes : « Admirez-les, mais ne suivez pas leur exemple », « Un peu d’art embellit la vie, mais trop d’émotions gâche l’existence ». Il y a, je crois, encore un peu de littérature au lycée, le plus souvent réduite à un absurde bachotage. Pour le maniement de la langue, des textes tirés de la presse et des articles de revues permettraient de savoir ce que comprennent les élèves, s’ils saisissent une argumentation et s’ils s’expriment correctement. Pas besoin de poésies ou de romans. En fait, l’étude de la littérature est une relique des temps où l’enseignement était réservé à une élite minoritaire. Cette minorité, destinée à commander, avait le temps de pratiquer les arts. Elle pouvait goûter aux toxiques sans risque de se contaminer, elle avait un vaccin.
Quel mal m’ont donc fait ces quelques classiques ? Ils m’ont désenchanté le monde. Il faut garder le plus longtemps possibles ses illusions, tel est le secret du bonheur. Or, la littérature cherche la réalité. Les grandes œuvres raclent, curent, nettoient, abrasent, dégraissent, déconstruisent, dévoilent : le réel est caché sous un vernis tenace, ces livres le décapent. L’odeur qui en vient est fétide. Les sociétés humaines reposent sur un système de représentations et d’idéologies indispensables à leur fonctionnement. Il y a la vie et un discours fleuri sur la vie pour aider à vivre cette vie. La littérature cherche la vie vécue, sans fioritures ni décorum, avec tout son fumet. De même, la science physique nous dit que cette larme qui coule est faite d’hydrogène, d’oxygène, de chlorure de sodium, de sels minéraux, et que son mouvement sur ma joue dépend de son volume et de l’angle de la pente. La littérature, comme la science, va plus loin que ce que l’on montre.
Les œuvres dont je parle dans Toxiques m’ont fait entrer très tôt dans les cuisines de la vie : la cuisine amoureuse, la cuisine de l’art, la cuisine du pouvoir, la cuisine humaine. Mon cher Hervé, ne passez pas incognito par la cuisine quand vous allez au restaurant, ça risquerait de vous couper l’appétit. Voilà, la littérature m’a coupé l’appétit. L’appétit de vivre. J’étais dégrisé à vingt ans. Or, nous dit Baudelaire, « il faut être toujours ivre. Tout est là : c’est l’unique question. Enivrez-vous sans cesse ! De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. » (Le spleen de Paris)
À côté des livres qui font voir, il y a des livres qui divertissent, entretiennent les illusions, endorment la douleur. J’en ai lu aussi. Ils ne sont pas méprisables, ils ont leur rôle, il faut du divertissement. Je mets à part les livres qui font rêver : le rêve est autre chose que l’illusion. L’illusion trompe, le rêve transporte, ce n’est pas pareil. Mais ce sont les toxiques qui m’ont marqué.
Cependant, autour de moi, d’autres avaient lu ou lisaient ces mêmes textes, des personnes intelligentes et sensibles qui ne semblaient pas en être incommodées. Ils lisaient Céline sans se dégoûter de l’humanité ; ils croyaient encore à l’amour après Belle du Seigneur ; ils lisaient Les Fleurs du Mal sans déprimer ; ils ne partaient pas à Katmandou pour avoir lu Illuminations ; ils croyaient à la politique malgré les confessions d’Hadrien ; ils continuaient à bavarder comme avant L’Innommable ; ils vivaient comme si le Temps ne se perdait pas en chemin. Pourquoi pas moi ?
La lecture reste un processus mystérieux. Il y a de bizarres différences de goût : on met Stendhal au-dessus de tout, ou Flaubert, c’est l’un ou l’autre. Il y a des positions irréconciliables : on est pour Christine Angot, ou contre. Allons plus loin : un tel lit la Bible et se convertit ; un autre lit la Bible et perd la foi. Cela s’est vu. Un seul texte provoque des effets différents et même contraires sur ses lecteurs. Pourquoi ? On essaie aujourd’hui d’expliquer ce phénomène : le lecteur, l’effet de lecture, l’expérience de lecture, l’acte de lecture sont l’objet de bien des thèses universitaires. C’est la sociologie qui s’approche sans doute le plus d’une réponse. Nous réagissons aux livres, mon cher Hervé, en fonction de notre capital. Plus vous avez de capital, moins la littérature agira sur vous. Le capital est le vaccin que j’évoquais plus haut. Et avec l’âge, comme notre capital a augmenté, la littérature ne nous fait presque plus rien…
Bourdieu distingue le capital économique, social, culturel. La jeunesse manque de capital économique. Elle n’a pas d’argent. Cela dit, se savoir un jour héritier est une forme de capital qui vous leste déjà. Le capital social, ce sont les amis, relations, connaissances, alliés (on lit parfois ce mot dans les notices nécrologiques), ou ceux des parents, et la famille elle-même est un capital. Ce réseau social, plus ou moins dense, plus ou moins puissant, a des idées, des croyances et des préjugés, des habitudes qui vont filtrer ou neutraliser les poisons. Le capital culturel (formation et diplômes, convictions, expériences, voyages, rencontres) amortit lui aussi l’impact des textes de choc. Ce capital est généralement mince à vingt ans, à moins que votre capital social ne vous ait permis de constituer un oreiller culturel. J’ajouterais volontiers quelque chose comme le capital psychique, c’est-à-dire le rapport au monde que l’enfance nous a façonné. Bref, mon cher Hervé, si certains livres m’ont fait tant d’effet, c’est certainement parce que j’avais peu de capital à l’époque où je les lisais.
Laurent Jouannaud
On m’a demandé si des livres m’avaient fait du bien. En effet, il y a des auteurs qui vous remontent, chassent les nuages, éclairent l’existence, sans faire de mensonges ni de retouches. De grands livres, et beaux. Ils m’ont aidé, heureusement, contre leurs frères toxiques. Oui, il faudrait un jour que j’écrive Toniques. Pour l’équilibre.
Par Les ensablés
Contact : contact@actualitte.com
Plus d'articles sur le même thème
Si Léon Werth fit scandale en 1919 après la publication de sa charge antimilitariste Clavel soldat et Clavel chez les majors (objets d'un précédent article des Ensablés) il reste dans les mémoires comme le dédicataire du Petit Prince dont la page de garde affiche: A Léon Werth quand il était petit garçon». Et c'est bien ainsi qu'il apparaît sur la photographie qui orne la couverture de son Caserne 1900 réédité en 1993 par les éditions Viviane Hamy.POar Isabelle Luciat.
18/01/2026, 09:00
Le premier article des Ensablés de cette année 2026 (16 ans d'existence) est consacré à la réédition d’un roman que les lecteurs de moins de vingt ans ne peuvent pas connaître : « La Billebaude » (1978), du bourguignon Henri Vincenot (1912-1985) dont le passage à Apostrophes (heureux temps !) assura la gloire dès 1976. Une fois de plus, ce sont les éditions Le Passeur qui prennent l’initiative de cette publication, après avoir, l’année dernière, réédité l’admirable Campagne de Raymonde Vincent… Par Hervé BEL.
04/01/2026, 09:00
Romancier à succès des années 1890-1920, Marcel Prévost (1862-1941) partage avec Marcel Proust son prénom et l’étymologie de son nom. Altération locale du substantif prévôt, le patronyme de Proust a été parfois confondu avec celui de cet autre Marcel, alors plus connu que lui et dont le nom semblait comme « une faute d’impression du » sien, comme il l’écrit en 1912 à Louis de Robert[1]. La postérité a réglé la question et donné raison au cadet : Prévost est complètement oublié, ensablé, quant à Proust chacun le connaît, beaucoup le lisent encore et sa place dans l’histoire de la littérature – comme fondement du Nouveau Roman et de l’autofiction – n’est plus à faire. Par Jean-Marc Quaranta
21/12/2025, 09:00
J’écris cet article au moment où je termine l’écriture d’une biographie de Pierre Bost, écrivain, journaliste, scénariste. On pourra la lire ultérieurement. En attendant, relisons l’écrivain, dont le 6 décembre 2025 a marqué le 50e anniversaire de sa disparition. Par François Ouellet.
07/12/2025, 17:00
Avec Les réveillés de la vie (1956) et Les Irréductibles (1958), Zoé Oldenbourg (1916-2002) retrace l’histoire d’un amour impossible. De la fin des années 1930 à l’aube des années 1950, Elie et Stéphanie se cherchent et se fuient dans une valse-hésitation cruellement heurtée par la guerre. Semblable à son premier diptyque médiéval qu’il l’avait révélée, la romancière-historienne projette ici ses personnages dans la lumière contemporaine du XXe siècle où s’étirent encore les ombres portées du Moyen Age et ses dilemmes spirituels.
Par Nicolas Acker.
23/11/2025, 10:00
Bravo à Agnès Michaux d’avoir osé s’attaquer à Huysmans dans son épais volume publié au Cherche Midi il y a peu ! Il fallait le faire ! « Huysmans vivant » est la première biographie depuis celle de Robert Baldick publiée en 1958 chez Denoël). Vieil admirateur du romancier, je me la suis procurée aussitôt, curieux de voir comment cette romancière (La fabrication des chiens) et spécialiste de la fin du XIXème siècle a pu traité ce sujet vaste et ardu. En effet, aborder la vie de Huysmans, c'est aussi évoquer tout un pan de la littérature du XIXeme siècle.
Par Hervé Bel
09/11/2025, 09:00
Que reste-t-il de nos Goncourts ? Nombre d’heureux lauréats de ce prix littéraire tant convoité ne sont pas passés à la postérité et leurs romans sont aujourd’hui bien ignorés... Entre les oubliettes où ils churent et le Panthéon des auteurs consacrés, se maintiennent bon an mal an quelques romanciers dont la notoriété subit certes des éclipses, mais dont on redécouvre périodiquement l’intérêt. Par Marie Coat
26/10/2025, 09:00
Henri Calet (de son vrai nom Raymond Barthelmess) n'est pas un inconnu pour Les Ensablés qui l'ont abondamment célébré, notamment au travers de son roman majeur Monsieur Paul (publié en 1950). C'est que l'homme qui se devine au travers d'une œuvre largement autobiographique, est éminemment énigmatique et attachant, se caractérisant, selon les termes de son biographe Michel P. Schmitt par « un fin humour allié à la peine de vie la plus noire » . Dans l'un des articles que Les Ensablés lui ont consacrés, il est dit que « La vie de Calet fut riche en aventures dans sa première moitié, beaucoup moins dans la seconde ».
Par Isabelle Luciat.
12/10/2025, 09:00
Le propre du « petit maître » est d’être discret. Un temps, il s’impose, il plaît... Puis disparaît, écrasé sous les poids des « grands ». C’est que l’on ne peut pas retenir tout le monde. J’ai mes « petits maîtres » favoris, et l’un d’eux, vous le savez peut-être, car j’en ai déjà parlé, s’appelle Henri Duvernois. Récemment, dans un vide-grenier, perdu dans un amas de livres vendus un euro chacun, je suis tombé sur son roman « La Reine battue » publié sur papier alfa bouffant dans la belle collection de luxe Le livre de demain, où le texte s’orne de gravures. Je l’ai acheté évidemment, sachant à l’avance que je ne serais pas déçu. Par Hervé Bel.
14/09/2025, 10:00
Zoé Oldenbourg (1916-2002) fut longtemps associée aux succès d’édition de grandes fresques médiévales. Son premier livre, Argile et Cendres (1946) qui suit les péripéties d’un petit seigneur partant pour les croisades, impressionna tellement par sa précision et son ampleur qu’on y vit un potentiel Goncourt. Le couronnement arrivera finalement en 1953 avec son second roman La Pierre angulaire qui remporte le Prix Femina. Zoé Oldenbourg y expose les tableaux contrastés d’un Moyen-Âge où même les âmes les plus abjectes vivent dans l’espérance du salut éternel. Par Nicolas Acker.
31/08/2025, 09:00
Les éditions Joëlle Losfeld poursuivent avec bonheur la réédition des romans de Jean Meckert (1910-1995). Le dernier en date, La vierge et le taureau, occupe une place à part dans l’œuvre de Meckert. D’abord parce qu’il s’agit du dernier publié sous son propre nom. S’il continue à publier par la suite, ce sera désormais sous le pseudonyme de Jean Amila, bien connu des amateurs de romans policiers. Dernier roman de Meckert donc, La vierge et le taureau est aussi entouré d’une légende noire qui fait de ce livre, une sorte d’ouvrage maudit qui a donné libre cours à de nombreuses spéculations. Par Carl Aderhold
17/08/2025, 09:00
Sa prose noire et acérée rappelle Raymond Guérin. Son ironie pessimiste penche du côté d’Emmanuel Bove. Le phrasé rageur est célinien. Nous sommes en 1953 lorsque Georges Hyvernaud publie son deuxième récit le Wagon à vaches. On y retrouve la veine existentialiste, sans le torse bombé de l’intellectuel engagé. Par Nicolas Acker.
27/07/2025, 09:00
Paru en 1968 dans la célèbre collection de Gallimard, « Les trente journées qui ont fait la France », La fin de la IIIerépublique est republiée quelques années plus tard dans une autre collection intitulée «Témoins». Ce passage révèle bien à la fois la nature de cet ouvrage mais aussi celle de son auteur, Emmanuel Berl (1892-1976). S’il est aujourd’hui tombé dans l’oubli (tout juste certains se souviennent qu’il fut le mari de la chanteuse Mireille), il a pourtant marqué la vie intellectuelle des années 1930 par ses positions que ses biographes qualifient volontiers d’inclassables. Par Carl Aderhold
06/07/2025, 10:45
« Nos pays ne sont pas beaux...mais il y a en eux une espèce de grandeur calme et comme un peu dédaigneuse qui est beaucoup plus captivante que la beauté ». Ainsi Charles Braibant (1889-1976), Champenois de lignée et de coeur, décrit-il sa région d’élection dans son roman Le roi dort qui, s’il rata de peu le prix Goncourt, fut couronné du Renaudot en 1933. Par Marie Coat
22/06/2025, 09:00
Dans la fosse commune de l’oubli, Georges Hyvernaud n’a non seulement rien fait pour l’éviter - en ne publiant que deux livres de son vivant - mais y a sauté à pieds joints. La Peau et les os (1949), court mais édifiant récit de sa captivité pendant la seconde guerre mondiale, puis Le Wagon à Vaches (1953), roman implacable de l’impossible réadaptation à une vie dite normale, prouvent que l’écrivain avait pris le parti non négociable d’une vérité humaine très difficile à vendre. Par Nicolas ACKER.
08/06/2025, 19:15
Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais (1908-1998) - quitta la Pologne à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Mobilisé en 1939, il fut fait prisonnier, puis parvint à s'évader. Juif et apatride, il partagea alors l'existence précaire de nombre de personnes réfugiées à Marseille dans l'espoir d'obtenir un visa. Grâce à l'aide de son ami Gide, il obtint ce précieux sésame et gagna les Etats-Unis où il vécut plusieurs années, enseignant la littérature. Malaquais n'a publié que trois romans : « Les Javanais » (prix Renaudot 1939), « Le Gaffeur » (publié en 1953), tous deux objets de précédents articles et « Planète sans visa », grand roman de la France sous l'occupation, publié en 1947 et qu'il remania jusqu'à ses derniers jours. Ce roman de plus de 500 pages a été réédité en 1999 après sa mort.
25/05/2025, 09:41
Anne Lacroix (1897-1982) n’aurait publié qu’un seul roman, La Saint-Michel et le Pont-Euxin chez Grasset en janvier 1933. À cette date, elle a déjà commencé un deuxième roman, Rézle (et même annoncé un troisième titre, Les Bergers d’Arcadie), soumis en décembre de la fin de cette même année pour le Prix du roman du Temps ; les quelques voix qu’elle récolte seront insuffisantes pour qu’elle obtienne ce prix qui consiste dans la publication du roman dans les pages du quotidien. Mais, cinq ans plus tard, en mars 1938, Rézle paraîtra en feuilleton dans Le Temps. Il ne semble pas que la carrière d’Anne Lacroix ait connu d’autres développements. Par François Ouellet.
11/05/2025, 09:00
Lorsque la critique d’un livre est aussi intéressante, voire plus, que le livre dont elle parle, lorsqu’on se régale de son style, de son ironie, de sa drôlerie, et si transparaît à travers ses mots l’originalité de l’homme lui-même, alors on peut se dire qu’elle est elle-même œuvre littéraire, et que son auteur est un sacré bonhomme. Voilà la réflexion que je me suis faite après la lecture de ce recueil d’articles de Frédéric Berthet, récemment paru chez La Table Ronde sous le titre L’Impassible. Par Hervé BEL
27/04/2025, 09:00
Happe-Chair, un titre qui a tout de suite attiré mon attention. Je me trouvais alors dans une des dernières librairies anciennes de la rue Saint-Sulpice (pour combien de temps encore sera-t-elle là ?), dans la bonne odeur des vieux livres, lorsque je suis tombé sur la réédition de 1908 de ce roman de Camille Lemonnier publié une première fois en 1886 chez Kiestmaeckers… par Hervé Bel.
13/04/2025, 12:28
À l’occasion du centenaire de sa mort, la collection Bouquins consacre un volume à Jacques Rivière, critique et essayiste, véritable cheville ouvrière de la Nouvelle revue française dont il assura la direction durant plus de 10 ans. Mort prématurément en 1925 à l’âge de 39 ans, celui qui fut à la fois le grand ami et le beau-frère d’Alain Fournier, l’auteur du Grand Meaulnes, révèle par la quantité d’articles qu’il donna à la revue une perspicacité critique étonnante. Sensuelle et inspirée. Par Denis Gombert
30/03/2025, 09:00
Le monde des livres sous l’Occupation a déjà été étudié par l’historien Jacques Cantier qui s’était intéressé à la trajectoire de l’une des figures maudites des lettres françaises avec sa biographie de Pierre Drieu La Rochelle (Perrin, 2011). Cette fois, avec Lire sous l’Occupation, publié en 2019 et en poche en 2024 aux Éditions CNRS, il nous présente un panorama global de la lecture entre 1939 et 1945. , par Nicolas Acker.
16/03/2025, 16:50
En mars 2023, Gallimard publiait dans sa collection L’imaginaire un grand succès de son catalogue paru en 1929, réédité à huit reprises puis repris en 1934 dans sa collection de poche : La femme qui boit », première oeuvre d’une jeune femme de 29 ans, Pauline Toutey. Par Marie Coat
02/03/2025, 19:56
Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais - quitta la Pologne à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Cette période de sa vie fut marquée par une grande précarité et par la volonté farouche de vivre de sa plume. Mobilisé en 1939 puis fait prisonnier, il s'évada et émigra vers le continent américain. Par Isabelle Luciat
16/02/2025, 10:09
Jean Meckert (alias Jean Amila, 1910-1995) est mort il y a trente ans… Pas tout à fait mort, car ses romans ont continué d’être réédités et nous n’avons pas manqué d'en parler dans nos colonnes (1). Cette fois, c’est la courageuse Ronces éditions (2) qui republie Le boucher des hurlus paru chez Gallimard en 1982 et signé du nom Jean Amila qu’il avait adopté pour ses romans publiés dans la Série Noire. Par Hervé BEL
02/02/2025, 19:38
Fille de José Marie de Heredia, épouse du poète Henri de Régnier, Marie de Régnier n’eût peut-être d’autre choix que de devenir une femme de lettres. Mais en adoptant un nom d’homme tout de même, société corsetée oblige ! C’est ainsi que Marie de Régnier entama très tôt une carrière littéraire au confluent de deux siècles, à la période de la Belle Epoque, sous le nom de de Gérard d’Houville, puis de Gérardine (la renommée de Caroline Rémy, dite Séverine, étant peut-être passée par là). Par Denis Gombert.
19/01/2025, 09:00
L’Avenue Louise est l’une des plus importantes artères de Bruxelles. On oublie souvent qu’elle fut dédiée à la princesse Louise (1858-1924), fille aînée de Léopold II, le roi bâtisseur qui rénova la ville. Et l’on a tout autant perdu le souvenir de l’histoire rocambolesque et tragique de sa déchéance au sein des cours européennes de son temps... Ces mémoires romancés offrent au lecteur les confessions rares d’une princesse égarée par le destin. Par Louis Morès.
05/01/2025, 09:00
On ne pouvait pas laisser s’achever cette année 2024 sans célébrer les cent ans d’un des chefs-d’œuvre romanesques du XXe siècle. Des chefs-d’œuvre, la littérature française en a produit son lot, et les centenaires à venir ne manqueront pas : en 2026, ce sera Les Faux-monnayeurs, en 2032, Voyage au bout de la nuit, en 2038, La Nausée, etc. Mais les auteurs ensablés aussi ont leurs grands et petits chefs-d’œuvre, dont certains ont été chroniqués ici même : L’Enfant à la balustrade, Les Javanais, par exemple. Et maintenant Mes Amis d’Emmanuel Bove : avis à ceux qui ne l’auraient pas encore lu. Par François Ouellet.
15/12/2024, 16:14
Un peu avant l'excellent Elisabeth que nous avons chroniqué , les éditions Le Passeur avaient réédité en 2023 le roman Le poil de la bête de René-Jean Clot (1913-1997). Une fois de plus, soyons reconnaissants à cet éditeur d’oser ainsi remettre au goût du jour des auteurs injustement oubliés. René-Jean Clot l’est inexplicablement. Par Hervé Bel
01/12/2024, 09:00
Lorsqu’il y a tout juste vingt ans, Anne de Tourville (1910-2004) décéda à 94 ans, elle était bien oubliée du monde littéraire et l’est encore à ce jour. Elle avait pourtant remporté le Prix Femina en 1951 avec son roman «Jabadao» devançant entre autres, dès le deuxième tour, Louise de Vilmorin et Michel de Saint Pierre. Par Marie Coat
11/11/2024, 09:40
La vie de Paul Gadenne (1907-1956) a été marquée par l'épreuve de la maladie qui le contraint à abandonner une prometteuse carrière de professeur de lettres classiques et à séjourner périodiquement au sanatorium de Praz-Coutant, en Savoie (cadre de son premier roman « Siloé », objet d'un précédent article). Paul Gadenne termina ses jours à Cambo-Les-Bains, station thermale du pays basque reconvertie dans les années 30 en centre de cure pour les tuberculeux. Par Isabelle Luciat.
27/10/2024, 09:00
Non, Paul Nizan (1905-1940) ne fut pas seulement l’auteur d’un incipit resté célèbre et redécouvert par la jeunesse étudiante de mai 1968. « J’avais 20 ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie ». Cette « accroche » solennelle cache hélas un peu trop une oeuvre hybride passionnante. Mort en soldat à 35 ans en 1940, il fut jeté aux oubliettes de l’Histoire, répudié par ses camarades communistes.
Par Nicolas Acker
13/10/2024, 18:34
On ne lit plus Octave Feuillet (1821-1890), auteur à très grand succès du Second Empire et favori de lˊImpératrice Eugénie ; seul son nom sur la plaque bleue dˊune rue tranquille et banale du XVIème arrondissement, où habitaient de bons amis, m’a un jour rendu curieux de le connaître.
Les titres de ses romans ont l’odeur des armoires à linge bourgeoises, encaustique et lavande : « La Petite Comtesse » (1856), « Histoire de Sybille » (1862), « Julia de Trécoeur » (1872), voire réminiscents de la Comtesse de Ségur « Le Roman dˊun jeune homme pauvre » (1858)… Par Herbert Dune.
29/09/2024, 09:00
Paru en 1925, puis réédité dans une édition illustrée en 1930, La Revanche d’André Thérive (de son vrai nom Roger Puthoste) est un livre qui parle de la vieillesse, de la sénilité, de la mort, et surtout de la mesquinerie des vivants… Rien qui puisse a priori attirer le lecteur « feel good » Mais le style est magnifique, avec, l’air de rien, une musique enchanteresse. Quant à la fin du roman, autant le dire, elle est sublime. Soudain, après le crépuscule, c’est la lumière qui surgit, d’autant plus incandescente qu’elle est environnée d’ombres..
Par Hervé BEL.
15/09/2024, 09:00
Romancier, auteur d’une quinzaine d’ouvrages dont La Fleur qui chante, chroniqué pour Les Ensablés par François Ouellet, André Beucler est un homme aux multiples talents. Il s’intéresse ainsi au cinéma, pour lequel il écrit plusieurs scénarios et même réalise quelques films. Mais Beucler brille aussi dans un tout autre exercice, le journalisme. De par ses contraintes notamment en termes de longueur et de style, l’article de journal s’apparente à l’art de la nouvelle ou du découpage en scènes du cinéma, un art dans lequel Beucler s’épanouit avec une aisance et un brio remarquables. Par Carl Aderhold.
25/08/2024, 09:00
Après la réédition du chef-d’œuvre Campagne (prix Femina 1937) dont même Le Monde s’est fait largement l’écho en 2023, les éditions Le Passeur republient aujourd’hui Élisabeth, troisième roman de Raymonde Vincent. Comme Marguerite Audoux (voir notre article sur Marie-Claire), elle fut un phénomène littéraire, s’avérant capable d’écrire un grand livre aussitôt remarqué et publié, alors qu’elle avait été illettrée pendant toute son enfance. Par Hervé BEL.
04/08/2024, 09:29
Autres articles de la rubrique Livres
Le roman d’Antoine Charbonneau-Demers s’ouvre sur une scène quasi fabuliste, où une tique traverse l’océan pour contaminer le monde : « Moi aussi, maintenant que j’y pense, je suis un mystère. Je vais changer le monde. Je vis mon rêve. » Cette entrée en matière donne le ton : le récit mêlera satire sociale, grotesque et tragédie intime dans une langue étonnamment incarnée. Nature Boy ou l'imaginaire dérangeant, traversé par une ironie sombre et une énergie narrative singulière.
22/01/2026, 10:38
Avec Qui vous ment ?, Alexis Laipsker signe un ouvrage consacré au mensonge et à ses mécanismes, dans lequel il s’attache à démontrer que repérer un menteur est à la portée de tous, sans compétences techniques particulières, en s’appuyant sur l’observation, la compréhension des comportements humains et l’expérience du bluff.
22/01/2026, 08:06
Avec Malgré tout ce qui nous sépare, roman signé Sophie Tal Men et publié chez Albin Michel le 26 février, l’autrice bretonne plonge ses lecteurs au cœur de l’île de Groix en pleine Occupation, à travers le destin de Rose, une sage-femme confrontée à l’irruption de la guerre dans son intimité. Dans cette fresque romanesque, l’amour, le courage et la solidarité se heurtent à la violence des conflits et à l’épreuve de l’altérité, interrogeant la possibilité d’aimer quand tout semble condamner la rencontre.
22/01/2026, 07:03
Deux époques (1981 et 1992), deux séries de braquages, deux enquêtes. Le britannique John Harvey excelle dans la peinture sociale de l’Angleterre des années Thatcher et l’on retrouve ici avec plaisir l’inspecteur Resnick, grand amateur de jazz et de blues, même si ce n’est pas le meilleur épisode de la série.
22/01/2026, 07:00
Il y a quelque chose d’assez réjouissant à voir Jean Lopez, si familier des poussières d’acier du XXᵉ siècle, quitter un instant les chenilles des panzers pour aller écouter grincer les hauberts, claquer les arbalètes et tonner les premières bombardes. Après avoir récemment publié la première biographie en français du « maître des panzers », il endosse ici un rôle différent : celui de chef d’orchestre.
21/01/2026, 13:28
Contrapaso, une nouvelle série policière qui reconstitue pour nous l'Espagne des années cinquante, les années Franco. Une intrigue dense, digne d'un roman noir, étayée d’anecdotes véridiques, écrite par une dame (Teresa Valero) qui nous rappelle les basses oeuvres du régime franquiste.
21/01/2026, 12:34
Ici, les miracles ont un goût de ciel. Et tout se présente comme si le roman contenait une ville entière en ses pages. Pas seulement un décor, mais une respiration, une pulsation puissante, une manière d’habiter le monde. Avec Adeline Fleury pour guide.
21/01/2026, 10:38
Été 1989, au ras du bitume, entre des odeurs de chiens errants et des secrets d’adultes. D’emblée, la voix de Judith s’impose, brute, drôle, indisciplinée : « Le dimanche quand il fait beau, je vais aux Trieux nourrir les chiens. » En une phrase, le décor est planté : un terrain vague, des bêtes abandonnées, une enfant déjà trop lucide pour son âge.
21/01/2026, 10:38
Dans la mythologie grecque, Ganymède est enlevé par Zeus pour en faire son amant dans l’Olympe. Mythe de la jeunesse et de la beauté éternelle, l’image fantasmée de Ganymède hante la culture homosexuelle depuis fort longtemps. Chez Philippe Savet, Ganymède, jeune gay, disparait en sortant d’une soirée clubbing ivre de drogue et de sexe.
21/01/2026, 10:25
Un livre peut-il tenir tout entier dans une question, simple et vertigineuse à la fois ? Ici, elle affleure dès les premières pages : qu’est-ce qui, dans une vie, relève encore du choix lorsque le hasard, la maladie, l’héritage familial semblent avoir pris la main ? Agathe Charnet publie ce 4 février Peut-être le hasard. Et qui sait...
21/01/2026, 10:03
La Chance rouge, premier roman de Damien Igor Delhomme, paraîtra le 12 février 2026 aux éditions Agullo et propose un thriller d’anticipation situé au cœur de la guerre froide, où un scientifique soviétique est chargé d’explorer les mécanismes de la chance dans une ville artificielle de Sibérie, au risque de transformer une expérience sociale en instrument de domination mentale.
21/01/2026, 08:07
Aux éditions du Seuil, dans la collection « La Librairie du XXIᵉ siècle », Poèmes de Czernowitz (1938-1945) de Paul Celan paraît le 20 février, dans une édition bilingue traduite, préfacée et annotée par Jean-Pierre Lefebvre. Inédit en français, ce volume rassemble les premiers poèmes du poète, écrits entre Czernowitz et les camps de travail, où se nouent déjà lyrisme amoureux, mémoire historique et pressentiment de l’anéantissement.
21/01/2026, 07:00
Je suis Romane Monnier intrigue par son point de départ d’une banalité trompeuse : un téléphone échangé par erreur à la fin d’une soirée ordinaire. Rien de spectaculaire, et pourtant tout bascule. Delphine de Vigan s’empare de ce minuscule incident pour ouvrir une faille, puis une brèche, dans le quotidien de son personnage principal.
20/01/2026, 16:38
Tout commence par un rêve. Ou plutôt par sa perte. « Il y a presque dix ans, j’ai rêvé d’un chien que je n’avais pas, et que je perdais. » D’emblée, le texte place le lecteur dans une zone de frottement entre imaginaire et vécu, entre anticipation et deuil. Ce chien rêvé, aimé « douloureusement », précède le chien réel. Il l’annonce. Il le prépare.
20/01/2026, 14:19
Ici, nul simple récit judiciaire ni d’une fresque historique décorative. Tout commence par une vision saisissante, presque cinématographique : « Le corps dérive vers l’aval. Mais, en cette fin de novembre, les eaux de la Kennebec commencent à geler. » Le lecteur est happé par cette image figée, par ce cadavre prisonnier de la glace, déjà promesse d’un drame où la nature, la violence humaine et la vérité vont s’entrelacer. À paraître le 11 février.
20/01/2026, 11:50
De retour au village de Gourdon, Nico est renvoyé à son passé et aux meurtres non élucidés qui ont secoué le village trente ans plus tôt. Le prédateur qui sévissait à l’époque court toujours. La menace plane encore. D’autant qu’un mystérieux témoin distille des indices inquiétants. Personnage à part entière, la nature provençale colore cette intrigue de ses ombres et lumières.
20/01/2026, 08:00
Esteban, étudiant appliqué mais maladroit, rêve d’intégrer la caste des mages d’élite de Verama. Un jour, il tombe sur Luis, pirate rebelle et excentrique, qui n’en ferait qu’à sa tête s’il n’était pourchassé par un redoutable monstre marin.
20/01/2026, 07:00
« Le lecteur dont j'attends quelque chose doit réunir trois qualités : être calme et lire sans hâte; ne pas toujours s'interposer, lui et sa « culture» ; enfin, ne pas s'attendre à un tableau de résultats. »
19/01/2026, 18:33
C'est une quête maternelle à couper le souffle. Dès l’exergue emprunté à Simone Weil — « Nous ne possédons rien au monde – car le hasard peut tout nous ôter — sinon le pouvoir de dire “je”. » —, le roman donne le ton : une histoire de dignité, de survie et d’identité. À paraître le 5 février.
19/01/2026, 12:14
Dans la multiplicité et la complexité de leurs formes, les violences qui défigurent le visage du Proche- Orient ont une histoire. Celle-ci ne se limite aucunement à « l’authenticité religieuse des Orientaux et leur ferveur », comme le veut un certain orientalisme tardif, ni à l’attrait pour la brutalité qui serait inhérent à la « psyché arabe », selon une vision néocolonialiste saturant encore le débat public.
19/01/2026, 11:05
Quand le rêve gouverne le réel : voilà comment La Fabrique du merveilleux pose ses ambitions : raconter un monde où le rêve n’est pas une échappatoire, mais une force structurante. L’auteur pose son décor avec une clarté presque philosophique : « Lony, le monde qui nous habite, est beaucoup plus vaste… Il nous est accessible uniquement par le rêve. »
19/01/2026, 11:04
La Trilogie chronolytique, de Michel Jeury, paraît en librairie le 26 février et réunit trois romans majeurs de la science-fiction française, Le Temps incertain, Les Singes du temps et Soleil chaud, poisson des profondeurs. Publié par la maison d’édition mentionnée dans ton dossier, cet ensemble explore les dérèglements du temps, les futurs totalitaires et les mutations technologiques à travers une écriture visionnaire qui a marqué durablement le genre.
19/01/2026, 08:00
Aux éditions du Seuil, dans la collection « Pierres vives », Thétis de Christine Spianti paraît le 20 février. Dans ce roman ample et singulier, l’autrice réinvente l’Iliade en déplaçant le regard vers Thétis, mère d’Achille, pour faire entendre une épopée contemporaine portée par la compassion, la voix des femmes et des oubliés, des rives de la Grèce antique aux luttes actuelles.
19/01/2026, 07:00
Cette semaine, la Booksletter explore les lignes de fracture du monde contemporain. De la crise du capitalisme rhénan aux promesses vertigineuses du quantique, des vulnérabilités invisibles de l’Internet sous-marin aux voix de la diaspora vénézuélienne, les livres révèlent ce que l’actualité brute ne dit pas. Un parcours exigeant à travers idées, sciences et combats pour la liberté de publier.
17/01/2026, 09:07
Comment habiller un garçon, nouveau roman de Cyrille Martinez, paraît aux éditions Verticales le 19 février et poursuit une exploration littéraire de la jeunesse et de ses rites, en racontant l’initiation d’un jeune homme à la mode masculine à travers l’apprentissage collectif d’une bande d’étudiants provençaux, entre quête de style, construction de soi et détournement des codes sociaux.
17/01/2026, 08:00
Avec Miss Kim, Cho Nam-Joo poursuit son exploration implacable de la condition féminine en Corée du Sud à travers huit portraits de femmes, dans un roman traduit du coréen par Pierre Bisiou et Choi Kyung-Ran, à paraître le 5 février aux éditions Robert Laffont. De l’enfance à la vieillesse, ces trajectoires intimes exposent les violences, les discriminations et les contradictions auxquelles les femmes sont confrontées, dessinant en creux le visage d’une société entière.
17/01/2026, 07:10
Nouvelle figure du polar Angelino, Jordan Harper nous entraîne dans les coulisses des célébrités et des puissants, ceux qui sont au-dessus des lois grâce à une armée de gardes du corps, avocats, communicants, chargés de leur tisser une toile protectrice et de leur façonner une impunité où tous les vices sont permis. Convaincant et dérangeant.
16/01/2026, 15:22
Vite, très vite, Bad Hombre (trad. Aloïse Denis) s’annonce comme un livre impossible à ranger sur une étagère rassurante. Ni manifeste, ni confession pure, ni pamphlet idéologique, l’essai de Pola Oloixarac avance à découvert, assumant ses zones de trouble et ses contradictions. « Ceci étant une histoire vraie, elle se doit d’inclure une confession. » Cette phrase inaugurale devient pacte de lecture : ici, rien ne sera simple ni confortable. L’autrice s’expose, non pour se justifier, mais pour comprendre.
16/01/2026, 12:03
Certains auteurs tiennent parole, dès le titre de l'œuvre : Pierre Lemaitre signe ainsi une entrée fracassante sur le marché. Il se place au sommet des meilleures ventes dès la première semaine, apportant un souffle nouveau à un classement qui ronronnait depuis plusieurs mois. Passage en revue du palmarès des derniers jours (du 05/01 au 11/01)...
16/01/2026, 11:36
Top Articles
Grand Prix RTL 2026 : les 5 romans qui bouleverseront votre hiver Freida McFadden prévoit des titres jusqu’en 2028 : le ménage n'est pas fini “Dévastée”, l'autrice Chimamanda Ngozi Adichie annonce le décès de son jeune fils Ce que le recul de l’écriture manuscrite dit des inquiétudes éducatives
Commenter cet article