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Les Ensablés - "Le premier accroc coûte deux cents Francs" d'Elsa Triolet (1896-1970)

Derrière ce titre intriguant- qui est l'un des messages énigmatiques émis par Radio Londres pour annoncer le débarquement en Provence (15 août 1944)- sont réunies quatre nouvelles: "Les amants d'Avignon";" La Vie privée"; "Cahiers enterrés sous un pêcher"; "Le premier accroc coûte deux cent francs".Toutes se déroulent sous l'Occupation, dans la région lyonnaise où Elsa s'était réfugiée aux côtés d'Aragon pour rejoindre la Résistance. Les personnages centraux sont des gens ordinaires qui semblent embarqués presque malgré eux dans le tourbillon de ces années sombres...

Le 17/01/2016 à 09:00 par Les ensablés

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17/01/2016 à 09:00

Les ensablés

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  • Par Elisabeth Guichard-Roche

Dans les Amants d'Avignon, Juliette Noël, dactylo modèle et mère célibataire a rejoint, on ne sait trop comment, la Résistance et sert d'agent de liaison entre la campagne montagnarde, Lyon, Valence et Avignon. Par conviction ou sens de l'obéissance, elle s'embarque sans hésiter dans une mission urgente la veille de Noël laissant mère et enfant seuls pour le réveillon: " Vous avez compris? Vous demanderez au téléphone M.Celestin, il vous donnera un rendez-vous et vous lui remettrez la liste. Allez, filez mon enfant, c'est une question de vie ou de mort, ne l'oubliez pas...". Appliquée, Juliette s'acquitte de sa mission, entre en contact avec Célestin permettant ainsi de sauver la vie de six cheminots. S'ensuit alors un jeu étrange, tel un moment volé, une parenthèse heureuse dans ces vies chaotiques: " Non, pas Rose, Juliette.... Donnez-moi à boire. Je vais vous proposer un jeu ... On va jouer comme si on s'aimait...".

La seconde nouvelle met en scène un peintre,  Alexis Slavsky et son épouse Henriette. Le couple a fuit la Capitale pour la région lyonnaise et erre de gîtes en gites, cherchant à préserver sa tranquillité dans un mélange d'ennui, de boisson et d'écarts conjugaux. Pour Alexis, la guerre représente l'obstacle qui l'empêche de peindre, sa seule raison d'être : "Il semblait être abandonné même par sa passion, il fait beau chausser les bottes de sept lieues, frotter la lampe d'Aladin, elles avaient perdu leurs vertus magiques. Tout restait plat, ordinaire, et à la lumière crue du jour que rien ne colorait, il était obligé de voir les ruines. C'était la défaite". La vie quotidienne s'étale au fil des pages, plate et presqu'ennuyeuse jusqu'au déménagement dans un petit patelin, à une heure de Lyon où le couple tente de fuir les privations. Là, ils rencontrent Louise Delfort, une journaliste qu'ils avaient connue à Paris. La vie reprend. Alexis et Henriette passent leurs journées dans la villa où Louise s'est réfugiée. Les conversations retrouvent un sens. Alexis peint sans relâche... jusqu'au départ soudain de Louise, suivi quelques jours plus tard de la nouvelle fatidique: "Louise s'est fait choper à Lyon, une malchance.... prise dans une rafle ordinaire, elle a été identifiée, une rare déveine, et évidemment aussitôt embarquée. Cette fois-ci, elle ne s'en sortirait pas, quand ils reprennent les gens qui se sont évadés...". Alexis s'effondre et se noie dans la lecture du petit cahier d'écolier recouvert de l'écriture de Louise.

Dans Cahiers enterrés sous un pêcher, une Résistante planquée dans un petit village, revit ses souvenirs. Le récit est désordonné, le lecteur un peu perdu comme dans ces films où l'on a du mal à distinguer les flash back.

Enfance dorée en Russie, mariage raté avec un jeune avocat, vie nocturne à Montparnasse et Saint-Germain des Prés, rencontre avec Jean, voyages en Russie, travail pour le Parti, carrière de journaliste reporter, arrestation, internement dans un camps, évasion, refuge dans une ferme... Peu à peu le puzzle prend forme: Louise meuble son ennui et sa solitude en couchant ses souvenirs par écrit. Elle cherche inlassablement à avoir des nouvelles de Jean dont on comprend qu'il est son compagnon. Les missions reprennent avec un voyage à Paris pour rétablir la liaison: "Paris m'a paru atroce, vautré sous l'Occupation, le marché noir, adapté, bouffi de mauvaise graisse, toute honte bue... Jean est parti pour l'Algérie sans même savoir que j'étais à Paris." S'ensuivent de fréquents voyages à Lyon, puis la nécessité de changer de planque pour la villa d'un riche industriel dans un petit village à une heure de Lyon... où elle rencontre Alexis Slasky et son épouse... Eurêka le puzzle est complet! Le lecteur revit alors les mêmes moments sous un autre angle, découvre l'envie de Louise de se comporter en "coquette rouée"... jusqu'au jour où elle doit partir précipitamment l'un des membres du réseau ayant été arrêté. "J'ai mis mes cahiers dans une boîte métallique, pour les enterrer sous le pêcher, dans le jardin. Le dernier cahier ne rentre pas dans la boîte, elle n'est pas assez haute. Tant pis, je vais arracher cette dernière page et laisser le cahier dans ma chambre, il n'est pas compromettant".

La dernière nouvelle, plus brève, est une sorte d'épilogue, décrivant les largages nocturnes et les parachutages anglais en pleine campagne. La période est encore trouble et confuse, la vie quotidienne fort compliquée dans un pays chaque jour plus désorganisé. Pourtant, l'espérance est présente: "Cela avait été beau quand parmi le galimatias des messages personnels se glissèrent modestement les mots: "le premier accroc coûte deux cent francs!". Ah! ce n'était ni sibyllin, ni drôle, c'était clair et sensé comme du français dans un discours en langue étrangère, et cela voulait dire: " Passez à l'action!". Le récit est plaisant, soulignant l'improvisation, le système D dans une atmosphère où se mêlent espoir et crainte, rythmée par le ron-ron nocturne des avions et les expéditions punitives allemandes.

Elsa Triolet née Ella Kagan a vu le jour en Septembre 1896, à Moscou, dans une famille aisée et proche des milieux intellectuels. Sous l'influence du poète Vladimir Maïakoski - qui sera le compagnon de sa sœur Lili- et de Gorki, elle se consacre à l'écriture et publie ses premiers ouvrages en russe: " à Tahiti" (1925), "Fraise des bois" (1926), "Camouflage" (1928). Après un premier mariage raté avec André Triolet, un officier français,  elle rencontre Aragon à Montparnasse en 1928. Ils se marient en février 1939. En 1942, ils s'installent en zone sud et  participent à la Résistance en créant le réseau "Etoiles" et le journal du même nom. Elsa continue d'écrire, en français désormais. "Les amants d'Avignon" paraissent clandestinement, en Octobre 1943, aux Éditions de Minuit sous le pseudonyme de Laurent Daniel. Les manuscrits des trois autres, enterrés près de la maison d'Elsa, sont publiés après la Libération. Réunies sous le titre "le premier accroc coûte deux cent francs", ces nouvelles obtiennent le prix Goncourt 1945 au titre de l'année 1944. Elsa devient la première femme à recevoir cette distinction.

Est-ce un "vrai" Prix Goncourt ou la récompense de l'étroite proximité d'Elsa avec le Parti Communiste Français? Je laisse le lecteur se forger sa propre opinion. Elsa nous fait part de son point de vue dans la préface: "Le théâtre, le cinéma, journaux et revues m'étaient grands ouverts. Mais au fur et à mesure que la Libération perdait de ses belles couleurs, ma littérature et moi-même, semblions perdre de nos qualités".

J'ai entamé cette lecture, attirée par le titre et le désir d'ajouter quelques noms féminins à la liste des auteurs de ce blogue. Je remercie au passage L. Jouannaud d'y contribuer également!

La première nouvelle se lit aisément. Le lien avec Juliette s'installe simplement  y compris pendant les quelques heures un peu extravagantes où la guerre réunit, au hasard d'une rencontre, un homme et une femme en quête de repères. Les deux suivantes, plus longues, mêlent ennui, essoufflement, solitude et envie de comprendre. On devine des souvenirs autobiographiques. On comprend le regret de l'avant guerre et de la vie parisienne. On subit plus que l'on partage la dérive du peintre et les souvenirs d'enfance de Louise. On se lasse des saouleries et des considérations féminines sur l'apparence physique. On s'interroge sur ce profond dégoût pour Lyon...Et soudain, le miracle se produit lorsque les deux récits se rejoignent, les destins se croisent et se répondent. Des indices distillés ça et là, au fil des pages, remontent à l'esprit  et la construction apparaît. Le récit prend de la puissance, les personnages  de la consistance.

A la réflexion, je m'aperçois que mon très lointain souvenir de " Roses à crédit" (premier roman du cycle " l' Âge de Nylon" publié en 1959), est assez proche: un sentiment d'incompréhension et de solitude, entremêlé de moments poignants qui marquent durablement.

Elisabeth Guichard-Roche

DOSSIER - Le Prix Goncourt de la biographie

Par Les ensablés
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À l’occasion du centenaire de sa mort, la collection Bouquins consacre un volume à Jacques Rivière, critique et essayiste, véritable cheville ouvrière de la Nouvelle revue française dont il assura la direction durant plus de 10 ans. Mort prématurément en 1925 à l’âge de 39 ans, celui qui fut à la fois le grand ami et le beau-frère d’Alain Fournier, l’auteur du Grand Meaulnes, révèle par la quantité d’articles qu’il donna à la revue une perspicacité critique étonnante. Sensuelle et inspirée. Par Denis Gombert

30/03/2025, 09:00

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Les Ensablés - Lire sous l'occupation de Jacques Cantier

Le monde des livres sous l’Occupation a déjà été étudié par l’historien Jacques Cantier qui s’était intéressé à la trajectoire de l’une des figures maudites des lettres françaises avec sa biographie de Pierre Drieu La Rochelle (Perrin, 2011). Cette fois, avec Lire sous l’Occupation, publié en 2019 et en poche en 2024 aux Éditions CNRS, il nous présente un panorama global de la lecture entre 1939 et 1945. , par Nicolas Acker.

16/03/2025, 16:50

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Les Ensablés - La femme qui boit de Colette Andris, par Marie Coat

En mars 2023, Gallimard publiait dans sa collection L’imaginaire un grand succès de son catalogue paru en 1929, réédité à huit reprises puis repris en 1934 dans sa collection de poche : La femme qui boit », première oeuvre d’une jeune femme de 29 ans, Pauline Toutey. Par Marie  Coat

02/03/2025, 19:56

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Les Ensablés - Le gaffeur de Jean Malaquais

Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais - quitta la Pologne  à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Cette période de sa vie fut marquée par une grande précarité et  par la volonté farouche de vivre de sa plume. Mobilisé en 1939 puis fait prisonnier, il s'évada et émigra vers le continent américain. Par Isabelle Luciat

16/02/2025, 10:09

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Les Ensablés - Le Boucher des Hurlus de Jean Meckert

Jean Meckert (alias Jean Amila, 1910-1995) est mort il y a trente ans… Pas tout à fait mort, car ses romans ont continué d’être réédités et nous n’avons pas manqué d'en parler dans nos colonnes (1). Cette fois, c’est la courageuse Ronces éditions (2) qui republie Le boucher des hurlus paru chez Gallimard en 1982 et signé du nom Jean Amila qu’il avait adopté pour ses romans publiés dans la Série Noire. Par Hervé BEL

02/02/2025, 19:38

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Les Ensablés - L'inconstante de Marie de Régnier

Fille de José Marie de Heredia, épouse du poète Henri de Régnier, Marie de Régnier n’eût peut-être d’autre choix que de devenir une femme de lettres. Mais en adoptant un nom d’homme tout de même, société corsetée oblige ! C’est ainsi que Marie de Régnier entama très tôt une carrière littéraire au confluent de deux siècles, à la période de la Belle Epoque, sous le nom de de Gérard d’Houville, puis de Gérardine (la renommée de Caroline Rémy, dite Séverine, étant peut-être passée par là). Par Denis Gombert.

19/01/2025, 09:00

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Cantique du chaos

17/06/2026, 11:30

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L’ex-candidate à la Maison-Blanche met le manoir en crise

« Pas de temps à perdre. Aujourd’hui, je meurs. » C’est par ces mots que, le 9 juin 1927, Victoria Woodhull annonce à son domestique Ménélas Daisastre, un jeune Marseillais traumatisé par la Grande Guerre, qu’elle entame la dernière journée de son existence. À quatre-vingt-huit ans, elle est coutumière des prédictions catastrophiques au manoir de Norton’s Park.

17/06/2026, 09:00

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Trois vies liées par le désir de réussir autrement

Thessa écrit une longue lettre à Blue, la fille de son amie de toujours, Jypsi. Il est temps de lui révéler comment est arrivée la tragédie qui a infléchi le cours de leurs vies.

17/06/2026, 08:00

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Un premier roman salué par Amélie Nothomb

Elles vivent dans une cabane isolée, au cœur de la forêt, là où rien ne peut les atteindre. À seize ans, l’adolescente ne connaît pas d’autre visage que celui de sa mère. Son monde se résume à quelques arpents de terre, ses jours sont rythmés par le passage des saisons et les rituels que Maya lui impose pour la protéger de la corruption qui guette de l’autre côté de la barrière.

17/06/2026, 07:00

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Tous les jardins du monde

16/06/2026, 17:54

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Sauf la frontière

16/06/2026, 11:30

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Résister quand l’histoire accélère : une boussole face au fascisme

À Perm-36, ancien camp du Goulag, Catherine Dorion découvre une mémoire nue : des cellules, du froid, du silence, des morts, et la sensation physique d’un avertissement. De cette visite à l’année 2025, Le courage et la joie relie les récits du totalitarisme, la montée des autoritarismes contemporains et les mécanismes psychiques qui désarment les sociétés démocratiques. À paraître le 21 août.

16/06/2026, 11:26

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Ibtisam Azem imagine un matin sans Palestiniens

Au réveil, les Palestiniens ont disparu. Mais les maisons, les téléphones, les rues, les noms anciens et les cahiers restent là. Dans Le Livre de la disparition, Ibtisam Azem transforme cette hypothèse sidérante en roman de mémoire et d’effacement. Entre le cahier rouge d’Alaa, Palestinien de Jaffa, et le regard d’Ariel, journaliste israélien, l’absence devient une présence impossible à contenir. Apparition, le 26 août.

16/06/2026, 10:36

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Le pacte des Héritières de Lucie Castel : la saga des femmes du clan des Rochefort

Tout est réuni dans cette saga familiale pour captiver les lecteurs et lectrices : un clan familial très riche gère ses affaires au sein d’un conseil d’administration exclusivement constitué d’hommes. À la mort du patriarche, le testament comporte une énigme et celui qui saura la résoudre prendra la place du défunt.

16/06/2026, 09:41

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Landru, Barbe-Bleue passé au noir et blanc

Chabouté s'empare du mythe « Landru » et réinvente l'histoire à sa façon, dans un petit thriller malicieux au dénouement très politique.

16/06/2026, 09:23

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La maîtresse juive de Mussolini

En 1947, Margherita Sarfatti est de retour dans sa villa du lac de Côme après la guerre et son exil provoqué par les lois raciales. Elle retrouve un décor presque intact, mais hanté par les fantômes du fascisme, de son fils mort au front et de son ancien amant, Benito Mussolini.

16/06/2026, 09:00

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Comme un bon roman, l’entretien auto se lit à l’avance : tout ce que vous ignorez sur le remplacement des amortisseurs

Un récit bien construit sème ses indices longtemps avant le dénouement. Une voiture procède de la même manière : elle parle, elle prévient, elle laisse des traces, mais encore faut-il savoir les lire. 

16/06/2026, 08:17

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Une vie en caravane, loin de la maison promise

Depuis vingt ans, Sofia, Roumaine d’une soixantaine d’années, vit dans un camping en Espagne. Elle dort dans une caravane, travaille à la réception jusqu’à l’épuisement, et se heurte chaque jour à une langue qui la trahit, ce qui lui rappelle sans cesse qu’elle n’est qu’une étrangère de passage. Partie pour offrir un avenir à son fils Robert et à son père restés en Roumanie, elle découvre, au seuil de la retraite, que tout ce qu’elle a sacrifié – argent, temps, présence – s’est effondré.

16/06/2026, 08:00

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Une famille portoricaine prise entre deux pays

1968, Porto Rico. En épousant Peter, un séduisant Américain d’origine irlandaise, Rafaela s’efforce d’étouffer les doutes qui l’assaillent. Pour cette jeune femme hantée par la faillite financière de ses parents et par son amour caché envers le fils de sa gouvernante, quitter son île natale apparaît comme un possible renouveau. 

16/06/2026, 07:00

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Christine Jordis, présidente du Femina et grande passeuse des lettres anglaises

Christine Jordis est une figure peu commune du Prix Femina - elle est présidente du jury cette année -, et de l'érudition littéraire. La meilleure des collections, Bouquins, réunit deux de ses ouvrages majeurs : Gens de la Tamise et d’autres rivages et Promenades anglaises. Fidèle comme on en rêve, aux lettres anglaises, impériales puis post-impériales, et aux paysages britanniques, elle tient ensemble l'effort, le goût et l'attention.

15/06/2026, 18:22

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Quartier des fantômes

15/06/2026, 12:00

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Quand l’enfance à la ferme se change en cauchemar, Lait cru

Rien ne se dépose vraiment dans Lait cru : ni le froid, ni la faim, ni les odeurs, ni les bêtes. Depuis une chambre de soin où l’écriture le ramène vers son passé, le narrateur de Steve Poutré rouvre son enfance dans une ferme des Cantons-de-l’Est. Le roman avance par fragments sensoriels, entre rudesse agricole, vertige mental et violence familiale, sans folklore ni nostalgie. À surveiller, dès le 20 août.

15/06/2026, 10:51

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Ceux qui nous frappent : la violence invisible mise au procès

Un procès inventé, mais nécessaire, ouvre Ceux qui nous frappent sur une question que le droit peine à saisir : comment juger une violence qui ne laisse pas toujours de traces visibles ? Dans la salle 403 du tribunal de Rennes, Anaïs Llobet confronte la mort de Sara Messina, boxeuse disparue, aux récits de ceux qui prétendent la comprendre, l’aimer, la défendre ou l’expliquer. Un roman judiciaire tendu, précis, traversé par la colère et le doute. Ouverture, le 26 août.

15/06/2026, 10:45

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L’affaire Violette Nozière, entre crime et patriarcat

Avec ce portrait de la célèbre parricide, le texte de Jérôme Leroy, éclairé par une prose lumineuse et très documentée, nous offre une immersion glaçante dans la société patriarcale des années 30.

15/06/2026, 10:40

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André Velter, le galop libre de la poésie

Avec Où se risque la chance, André Velter poursuit ce qu’il fait depuis des décennies : transformer la poésie en manière d’habiter le monde intensément, sans hiérarchie entre les cultures, les paysages, les musiques, les colères et les émerveillements. Mais ce nouveau livre, publié dans la collection Blanche de Gallimard, possède quelque chose de plus libre encore, presque dionysiaque : une écriture qui refuse toute ligne droite et préfère les surgissements, les éclats, les bifurcations de la mémoire et du désir.

15/06/2026, 10:38

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Reconnaître le fascisme avant qu’il ne soit trop tard

Alors que des personnalités autoritaires se hissent partout au pouvoir et que les discours de haine se multiplient, nous assistons impuissants à la montée de l’anxiété et nous nous y habituons. Nous vaquons à nos occupations. 

15/06/2026, 08:00

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Le jour où les civils ont marché vers les soldats

26 mars 1962. Une semaine après la signature des accords d’Évian, l’armée et l’OAS s’affrontent à Bab El Oued, quartier populaire d’Alger soumis à un blocus total. Le temps d’une journée, six personnages vont être précipités dans le crépuscule de l’Algérie française.

14/06/2026, 09:00

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Une pensionnaire avec trop de choses à perdre

Élisheva, dite Éli, est la petite dernière d’une famille de réfugiés argentins installés à Paris dans le quartier du canal Saint-Martin à la fin des années 1970. Début 2000, Éli a 15 ans. Elle vient de redoubler sa seconde après une année chaotique.

14/06/2026, 08:00

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Quand une phrase inachevée dérange toute une vie

Jennifer a une vie qui la satisfait quand, au détour d’une panne de clavier d’ordinateur, une phrase surgit, inachevée, qui fait déraper l’apparente logique de son existence : « Devant Autant en emporte le vent, Vivien Leigh et Clark Gable vont s’embrasser quand quelqu’un appuie sur pause et ». Et rien. Un blanc après ce et qui envahit la page, troue sa mémoire. Jennifer se lance alors dans une enquête hilarante et inquiétante. 

14/06/2026, 07:00

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Deux disparitions, un meurtre, vingt-cinq ans de silence

Pierric Bailly livre un roman noir d’aventures, entre le Vercors et le Jura, mais aussi le Mexique et l’Afrique. Tout commence à la fin des années 1980, par l’amitié entre deux couples de frères et sœurs, dès l’école primaire. Un coup de feu retentit une nuit d’avril 1998. Pascal, le père de Paloma et Leo, est retrouvé mort avec une balle dans la tête. Les enfants, eux, se sont volatilisés. Leurs amis, Cédric et Delphine, sont bouleversés. 

13/06/2026, 09:00

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Constable, Spinoza, guerre mondiale : la Booksletter fête son 100e numéro

Pour son 100e numéro, la Booksletter réunit peinture, géopolitique, essai littéraire, philosophie religieuse et mémoire politique. De Constable à Spinoza, de la Première Guerre mondiale au Bund, cette livraison éclaire des livres récents qui interrogent notre rapport au réel, au désir, à l’histoire, aux croyances et aux appartenances, tout en prolongeant la veille d’ActuaLitté sur les tensions actuelles du monde du livre et de la lecture contemporaine.

13/06/2026, 08:27

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La violence ordinaire du droit d’asile

Dans Ainsi la Cour décide, Caroline Knecht propose le décorticage d’une institution : la Cour nationale du droit d’asile, là où s’expriment chaque jour des récits d’exil et de survie. Par courts chapitres où se mêlent narration et collage, il met au jour la mécanique judiciaire, révélant comment l’institution écoute, classe – et ce qu’elle ne peut entendre. Le texte fait ainsi apparaître la géométrie politique du droit d’asile et sa sourde violence.

13/06/2026, 08:00

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Comprendre le passé eugéniste Américain

Avant « Make America Great Again », il y a eu « Make America Great » ou tout comme : c’est en effet pour rendre le pays plus puissant et son peuple plus performant que certains États ont, durant la première moitié du XXe siècle, encouragé des recherches en vue « d’améliorer la race » et promulgué des lois eugénistes..

13/06/2026, 07:00

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Marc Bloch avant le Panthéon : dans l’atelier de La société féodale

Marc Bloch entre au Panthéon, Marc Bloch écrit La société féodale. Avant l'orietur, science avec patience, le supplice fut sûr : les lettres, les hésitations, les plans remaniés, les éditeurs, les contraintes matérielles et les guerres qui entourent la naissance d’un classique.

12/06/2026, 18:22

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Meilleures ventes : La prof reste en tête devant Mortelle Adèle et Boualem Sansal

La prof, de Freida McFadden, traduit de l’anglais par Karine Forestier, conserve la première place des meilleures ventes en France, avec 19.866 exemplaires écoulés et 178.238 exemplaires cumulés en six semaines. Le titre publié chez J’ai lu devance Mortelle Adèle tome 23 : Nazebrocadabra !, qui gagne quatre places, et La légende, de Boualem Sansal, entrée directe sur le podium. Le haut du tableau associe un leader stable, une bande dessinée en progression et une nouveauté de littérature hors poche.

12/06/2026, 15:56

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Jeanne, une papesse au Vatican

12/06/2026, 13:47

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Le lotissement

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Rimbaud, ce dieu aux yeux vides

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Dortmunder, pour faire sauter la banque, il doit voler un mobile home géant...

Avec Dortmunder : Bank Shot, Dupuis poursuit l’exploration du polar américain dans sa collection Aire Noire. Doug Headline adapte Donald Westlake, accompagné au dessin par Jesús Alonso Iglesias et à la couleur par Isabelle Merlet.

11/06/2026, 17:37

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Archive de Berthe Bendler

11/06/2026, 14:02

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“Avalanche, veux-tu l’emporter dans ta chute ?”

« Le goût du néant » : c’est avec un vers de ce poème de Baudelaire que Carole Martinez a choisi d’intituler son dernier roman, Dors ton sommeil de brute (Gallimard, août 2024). Après un roman, Les roses fauves (Gallimard, 2020) que nombre de ses lecteurs ont jugé (peut-être sévèrement) trop métafictionnel, C. Martinez nous offre avec onirisme un texte qui s’attache autant à l’inutile beauté de la prose qu’à celle de la question de la maternité. 

11/06/2026, 10:56