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Face aux géants du web, "aux éditeurs de prouver qu'ils sont irremplaçables" (Jean-Yves Mollier)

Vous avez également eu accès aux archives du Syndicat National de l'Édition (SNE), bien gardées elles aussi...

Le 05/11/2015 à 17:24 par Antoine Oury

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Publié le :

05/11/2015 à 17:24

Antoine Oury

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C'est en rédigeant son Autre histoire de l'édition française (La Fabrique) que Jean-Yves Mollier, chercheur spécialiste de l'histoire de l'édition, a eu l'envie de retracer l'existence du groupe Hachette, depuis la création de la librairie en 1826 jusqu'à la multinationale de 2015. Hachette, le géant aux ailes brisées, aux Éditions de l'Atelier, représente un travail inédit grâce aux nombreuses archives que Jean-Yves Mollier a pu consulter, qui révèlent notamment l'attitude de Hachette et d'autres maisons d'édition sous l'Occupation. Mais aussi parce qu'il analyse les défis que doit relever le groupe, et qui concernent toute l'édition.

Jean-Yves Mollier (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

Dans quelles circonstances avez-vous pu accéder aux archives de la maison Hachette ? 

À travers l'Institut Mémoires de l'édition contemporaine, l'IMEC, qui ne reçoit pas les archives en dons, mais en dépôt : le contrat que l'IMEC fait signer au dépositaire laisse à ce dernier la décision d'autoriser ou non la consultation des archives. 

Il y a deux types de déposants : ceux qui donnent un accord général, et ceux qui veulent donner une autorisation préalable. C'est le cas de Hachette, qui accepte en général les demandes, mais les vérifie. Après la publication de Édition, presse et pouvoir en France au XXe siècle qui leur avait déplu, alors même que c'était publié chez Fayard, une de leurs filiales, ils avaient en quelque sorte fermé l'accès aux documents pour la Deuxième Guerre mondiale.

Mais on peut dire aujourd'hui que les archives Hachette sont disponibles : puisque Lagardère n'a acheté Hachette qu'en 1980, ils pensent qu'après tout ils ne sont pas comptables des 160 années antérieures. Et puis ils ont peut-être compris aussi qu'il vaut mieux communiquer et dire que l'on n’a rien à cacher plutôt que de laisser dire qu'on a quelque chose à cacher.

Effectivement, le SNE, lui, n'avait jamais ouvert ses archives. Il le fit à ma demande, en 2006, et je ne crois pas que quiconque ait été autorisé, ou même ait demandé depuis, mais j'ai eu un accès tout à fait complet.

Malheureusement, ces archives ne sont que des épaves : il y a des dossiers qui remontent à la création du Syndicat, en 1891, mais ils ne sont pas très épais. Et pour la guerre de 1940, ce sont des dossiers très fins. Je sais par d'autres sources qu'il existe chez un avocat en province un dépôt d'une partie des archives, mais, à ce jour, elles ne sont pas accessibles et ne le deviendront que le jour où le Syndicat le décidera.

Qu’avez-vous découvert en consultant ces archives ?

Lorsque l'on couple les archives du SNE, les archives Hachette, ou ce qu'il en subsiste pour la période, et les archives allemandes de la Deuxième Guerre mondiale, à condition de bien lire l'allemand, alors on arrive à reconstituer tout ce que les entreprises ou les syndicats voulaient cacher.

Et j'ai pu montrer, en effet, que la rédaction des listes Otto [listes recensant les ouvrages retirés de la vente par les éditeurs ou censurés par les nazis, NdR] n'est pas simplement une initiative nazie imposée aux éditeurs, mais bien une sorte de mixage entre des listes préparées à Berlin et les listes françaises de chaque éditeur, préparées individuellement. À des fins de vérification, j'ai précisé le nom de la personne chargée de la préparer, pour chaque éditeur, d'après les archives du Comité d'épuration du livre du 6e arrondissement de Paris qui, à la Libération, avait fait passer en pré-jugement, en quelque sorte, tous ceux qui étaient soupçonnés, quitte à les renvoyer devant les tribunaux. Ces archives ne sont accessibles que depuis peu de temps, avec l'ouverture des archives portant sur la Deuxième Guerre mondiale.

Pourquoi les éditeurs ont-ils constitué ces listes ?

Au minimum, pour ne pas subir la défaveur de l'occupant, et dans certains cas, j'ai donné les noms, pour obtenir des faveurs. C'est le cas du responsable des éditions Tallandier qui, véritablement, veut profiter des circonstances pour devenir le patron de l'entreprise et publier toute la littérature qui plaira aux Allemands.

Quelle était la stratégie des éditeurs français envers l'occupant ?

Si l'on prend le cas des éditions Tallandier, ils se sont arrangés pour publier des romans destinés à la jeunesse dans lesquels il y avait des personnages de bons Allemands, de bons Roumains, de bons Hongrois, tous leurs alliés, mais il aurait fallu 30 ou 40 ans pour que ce genre d'idéologie puisse imprégner les esprits. Ils ont aussi essayé de privilégier les traductions de l'allemand. Il y a eu 2000 à 3000 ouvrages traduits de l'allemand sur cette période, mais les éditeurs étaient souvent plus malins : Gallimard a par exemple fait rentrer Goethe dans la Pléiade, ce qui ne posait évidemment aucun problème. Beaucoup d'éditeurs ont joué au chat et à la souris, en publiant le patrimoine. Les Allemands n'étaient pas stupides : ils jouaient, eux, sur l'attribution de papier pour faire pression sur les éditeurs. Mais quatre années n'ont pas été suffisantes pour donner des résultats probants avec ces stratégies, sauf chez quelques éditeurs.

Dans votre ouvrage, vous considérez que l'accord entre Amazon et Hachette survenu en novembre 2014 est une victoire à la Pyrrhus pour la maison française, pourquoi ?

Aucun journaliste ne connaît les termes de cet accord, et ne peut dire s'il s'agit d'une victoire ou d'une défaite. Reprenons le conflit dans son ensemble : Hachette a beaucoup communiqué : d'abord, il a dit qu'il voulait en découdre avec Amazon, et qu'Amazon ne gagnerait pas, il a publié des communiqués extrêmement agressifs, notamment sur le site de Hachette Book Group. Quand on reprend tous ces communiqués les uns à la suite des autres, on se rend compte que le ton baisse au fur et à mesure que l'on se rapproche de l'accord. Accord qu'Hachette, à la demande d'Amazon, n'a pas publié.

D'après moi, il s'agit véritablement d'une victoire à la Pyrrhus, donc d'une défaite : le conflit portait sur le prix de commercialisation des fichiers numériques de Hachette Book Group aux États-Unis, ou dans le reste du monde à partir de l'édition américaine de ses fichiers. On sait que la politique d'Amazon est de vendre le maximum d'objets, ce qui nécessite un prix d'appel le plus bas possible pour chaque objet. Amazon ne va gagner que quelques centimes par vente, mais, s'il y en a des millions, il va évidemment gagner beaucoup d'argent. Or, Hachette, comme la plupart des éditeurs français, ne veut pas abaisser de manière trop importante le prix des fichiers numériques par rapport à l'édition papier. En clair, Hachette voulait continuer à vendre entre 12,99 $ et 19,99 $, selon l'épaisseur et le type d'ouvrage, les volumes devenus des fichiers numériques. Amazon, lui voulait harmoniser à 9,99 $, le prix d'appel le plus compétitif dans le monde. Je ne connais pas l'accord, mais on peut imaginer qu'il est beaucoup plus près du prix proposé par Amazon que du prix que désirait Hachette.

Comment expliquez-vous cette défaite, alors même que Hachette avait reçu le soutien de ses auteurs et d'une bonne partie du monde du livre ?

Je considère que c'est une reddition en rase campagne, mais je ne condamne pas Hachette : pendant 180 ans, la puissance de la librairie Hachette puis du groupe Hachette est telle qu'il arrive à triompher de tous les obstacles. Locaux, régionaux, nationaux et même européens en 2002-2004 quand ils se sont opposés à la Commission européenne. Mais il serait tout à fait fallacieux d'imaginer qu'Hachette a gagné en 2014. Comment pourrait-il gagner avec un chiffre d'affaires de 2 milliards €, par rapport à un géant qui en pèse 80 milliards en 2014 et sans doute plus en 2015 ? Les chiffres d'affaires cumulés des 10 éditeurs mondiaux atteignent une trentaine de milliards €, c'est-à-dire 40 % du chiffre d'affaires du seul Amazon. Les entreprises du Net sont colossales : Apple, c'est plus de 650 milliards €, avec 15 milliards € de bénéfices par trimestre. Hachette est un fétu de paille face à eux, et c'est ce qui m'a intéressé dans ce livre. Il me semble que la situation est grave, Hachette tente de se donner les moyens de trouver une brèche par où combattre cet empire, mais à ma connaissance, pour le moment, ils ne l'ont pas trouvé.

Le contrat d'agence, remis en place depuis quelques mois, et qui laisse à l'éditeur le soin de fixer le prix de vente des ouvrages, n'est-il pas la réponse aux règles que les acteurs du Web tentent d'imposer ?

Bien sûr, le contrat d'agence est un moyen de lutter, mais quelle est la stratégie d'Amazon ? Il s'agit d'une entreprise jeune, qui est avant tout un distributeur, le plus gros du monde, probablement. Il est ensuite devenu éditeur, avec la distribution de prix littéraires, et en encourageant l'autoédition. Ça veut dire qu'au même moment où il négocie avec Hachette, Macmillan ou Simon & Schuster, il tente de passer au-dessus de ces éditeurs en faisant la promotion de l'autoédition, c'est-à-dire se passer des éditeurs.

Premier prix Amazon de l'autoédition

Remise du premier Prix Amazon de l'autoédition (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

Ces géants ont plusieurs stratégies, qu'ils mènent en parallèle : ils négocient avec les éditeurs, comme ils négocient avec les syndicats ou associations d'auteurs, mais leur objectif final est de casser le système. Jusqu'à maintenant, la Guilde des Auteurs aux États-Unis joue le jeu de l'édition traditionnelle, elle a demandé à ses auteurs de ne pas signer d'accord avec Amazon et de ne pas se faire autoéditer. Amazon propose 35 % de droits d'auteur, si vous avez un éditeur, et 70 % si vous faites de l'autoédition. Autant dire que vous pouvez gagner, au minimum, 7 fois plus qu'avec l'édition traditionnelle. Combien de temps les auteurs vont-ils résister à ce chant des sirènes ? Très peu de temps, à mon avis.

À Francfort, Arnaud Nourry a pourtant assuré que l'autoédition ne lui faisait pas craindre de perdre son métier...

Il y a deux aspects dans sa réponse, et le premier est en quelque sorte un satisfecit qui tient compte de l'histoire : l'autoédition n'a pas été inventée par les géants de la net économie, elle existe depuis plusieurs siècles, sous l'Ancien Régime, puis au XIXe et au XXe, et elle se poursuit avec Internet.

Sauf qu'il y a une véritable rupture si l'on considère l'histoire de Cinquante Nuances de Grey : voilà un ouvrage d'abord autoédité, qui passe ensuite à une forme intermédiaire entre l'autoédition sur Internet et l'édition, puis, comme il est repéré par un éditeur majeur, devient un livre ordinaire, publié. Il aura 40 ou 50 millions, non pas de lecteurs, mais d'acheteurs, des chiffres faramineux. S'il s'agit d'un événement isolé, un arbre ne cachera pas la forêt, mais si les cas se multiplient, je ne vois pas très bien comment l'autoédition ne deviendrait pas un raz-de-marée qui balaierait l'édition.

Le second aspect est celui des actionnaires : une entreprise privée ne vit qu'au temps que ses actionnaires continuent à acheter le titre Hachette et à le faire monter, ou en tout cas ne pas le faire baisser. S'il avait paniqué à Francfort, Arnaud Nourry aurait fait perdre 10 ou 15 % au titre Hachette, avant un effet boule de neige.

Hachette Livre - Frankfurt Buchmesse 2015

L'empire Hachette Book Group, plus fragile qu'il n'en a l'air (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

Prenons acte des déclarations d'Arnaud Nourry, souhaitons-lui, éventuellement, de trouver avec ses collègues les parades, mais, en tant que chercheur indépendant, je suis sceptique. Pour la première fois de ma carrière, je le suis parce que le poids économique de ces géants est tel que je ne vois pas comment les éditeurs vont trouver les moyens véritables de lutter. La radio aurait pu être un concurrent important pour l'édition, les éditeurs ont su trouver les parades, en l'utilisant pour la publicité, le théâtre radiophonique... La télévision aurait pu en être un autre : les éditeurs sont entrés au capital, ça n'a pas toujours été heureux — au fond, le dernier échec de Jean-Luc Lagardère, avec Silvio Berlusconi, fut avec la chaîne La Cinq, dont ils étaient actionnaires-propriétaires —, mais ils sont entrés. Le cinéma, aussi : les éditeurs ont su trouver les parades pour tous les concurrents. Mais là, ils ne disposent pas du trésor de guerre qui leur permettrait d'entrer au capital de ces sociétés.

Est-il donc trop tard pour la survie de l'édition telle qu'on la connaît aujourd'hui ?

Le fait de bien cerner un problème, et à ce sens mon livre peut être utile, peut permettre d'éviter des erreurs. Je ne crois pas qu'il soit trop tard, mais il faut trouver les moyens d'informer les lecteurs sur ce qui fait la différence entre l'autoédition et l'édition. Pour le grand public, au fond, il n'y a pas de raison que les éditeurs prennent un bénéfice : si quelqu'un a eu l'intelligence ou l'imagination pour écrire un roman, au fond, autant qu'il soit publié le plus vite possible. Ce qui est totalement faux, car il n'existe pas de romancier qui donne son roman directement à l'imprimeur. L'édition est un travail collectif, celui des directeurs de collection, des lecteurs, des correcteurs, tous ces gens qui vont faire que le texte que produit l'écrivain devienne un véritable livre. Le grand public vit sur l'idée fausse que les écrivains écrivent des livres : un poète écrit des poèmes, un dramaturge écrit des pièces de théâtre, et un romancier des romans, mais l'éditeur les transforme en livre.

Aux éditeurs de prouver que leur rôle est irremplaçable, ce qui veut dire qu'il faut cesser de promouvoir certains livres comme des paquets de lessive : il faut se souvenir que l'éditeur est un offreur, et non pas quelqu'un qui suit la demande. C'est quelqu'un qui anticipe les besoins, les désirs du public, qui est prêt à faire confiance à ceux qui dérangent, qui perturbent. Parce qu'elle est une industrie de prototype, l'édition doit continuer à accorder toutes les facilités aux jeunes pour écrire, et pas seulement publier et aider ceux qui vendent bien, même s'il est évident que ceux-là aussi ont leur rôle à jouer. La situation, si l'on se place du côté des auteurs, est dramatique : il y a de moins en moins de possibilités pour quelqu'un qui n'a pas un nom connu de devenir un écrivain digne de ce nom. Souvenons-nous, il y a un an et demi, des 600.000 exemplaires vendus du livre de Valérie Trierweiler : ce n'est pas tellement parce qu'elle raconte ses aventures avec le président, mais plutôt parce qu'elle a un nom. On n'a pas acheté un livre qui a une valeur littéraire, sociologique ou ethnologique, on a acheté son nom. Et probablement sans avoir lu le manuscrit. 

Nous apprenons aujourd'hui qu'Amazon ouvre sa première librairie physique à Seattle, constituée à partir du jugement des acheteurs : les livres qui ont deux, trois ou quatre étoiles vont être les seuls à être présentés sur les rayonnages. Cela veut dire qu'on fait confiance au consommateur pour dire quels sont les meilleurs livres. À ce prix, jamais La Méditerranée et le monde méditerranéen à l'époque de Philippe II de Fernand Braudel n'aurait eu le moindre lecteur puisqu'il s'en était vendu 120 exemplaires en une dizaine d'années. Jamais Le Rouge et le Noir de Stendhal n'aurait pu être lu, puisqu'il n'avait pas eu 500 lecteurs lorsqu'il a été publié.

Finalement, les éditeurs ont tout intérêt à continuer à appliquer la fameuse règle de Diderot en 1763 : sur 10 livres publiés, 5 ne rapporteront jamais rien, 4 couvriront leurs frais et un seul va rapporter de l'argent...

L'extraordinaire PDG de Fayard qu'était Claude Durand a toute sa vie expliqué que c'est le fonds qui nourrit une maison d'édition, et c'est pour avoir fait confiance à un certain nombre d'auteurs qui risquaient de ne pas vendre beaucoup d'exemplaires qu'ils ont fini par couvrir leurs frais. C'est, il me semble, incompatible avec la politique menée aujourd'hui par trop d'éditeurs qui se contentent de promouvoir les valeurs sûres. L'investissement se réduit, et on assiste à Paris à une véritable coupe dans les catalogues des maisons d'édition. On ne propose plus de contrat aux auteurs dont les livres ne se sont pas assez vendus et on propose le maintien ou la poursuite des contrats uniquement à ceux qui font gagner beaucoup d'argent à la maison. Il ne s'agit pas de demander aux éditeurs de devenir des mécènes ou des philanthropes, simplement de maintenir cette règle de l'équilibre.

La baisse des tirages et la hausse des titres publiés observés en 2014 ne sont-ils pas le signe d'un investissement dans plus de livres, justement ?

Si l'on se contente d'une analyse quantitative, on pourrait dire que les éditeurs investissent sur l'avenir en publiant plus de titres, mais une analyse qualitative permet de se rendre compte que les éditeurs appliquent une vieille recette du monde de l'économie qui consiste à assécher le marché en y mettant le maximum de productions du même genre pour éviter que les concurrents ne viennent sur ce marché. Il n'y a pas eu de multiplication de l'offre, il y a simplement eu augmentation colossale du nombre de titres.

D'ailleurs, ce ne sont pas forcément les grandes maisons d'édition qui publient plus : L'Harmattan, qui ne publie jamais un livre à plus de 300 ou 500 exemplaires, essentiellement des thèses, est pratiquement le premier imprimeur, qui publie plus de 2500 titres par an. N'oublions pas non plus les petits éditeurs, très nombreux. Le tout réuni fait qu'en France, qui n'a pas une démographie galopante, nous sommes passés d'environ 40.000 titres par an à 70.000 titres, nouveautés et réimpressions. 70.000, ce n'est absolument pas réaliste. On a doublé une pseudo-offre, mais comme le nombre d'acheteurs n'augmente pas, et c'est le tirage qui s'en est ressenti.

Kindle tactile d'Amazon déballage

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

Hachette investit massivement dans le développement d'un standard pour le livre numérique, et milite pour l'interopérabilité des ebooks : cette attitude vous semble-t-elle encouragée par une forme de riposte contre Amazon ?

Lorsque l'on voyage, on se balade avec un adaptateur pour les prises électriques, ne serait-ce que pour recharger le téléphone ou le rasoir électrique. D'un point de vue de la logique, on préférerait avoir une interopérabilité pour pouvoir passer de Kindle à Kobo ou un autre acteur. Amazon souhaite garder le marché du Kindle, mais sur ce point précis, Hachette a raison. Et à mon avis, Amazon ne s'entêtera pas : pour le moment, la chasse est gardée, mais le jour où il verra un risque de perdre des clients, il acceptera l'interopérabilité. 

Quant aux investissements de Hachette dans la définition des standards, j'y vois surtout une tendance naturelle. Les éditeurs ont investi dans les imprimeries à l'époque où le livre était en papier : une des plus grosses imprimeries de France, Brodard et Taupin, était la propriété à 100 % de la maison Hachette, de la même manière que Louis Hachette avait investi dans les papeteries d'Essonne, devenues les usines Darblay, la plus grosse papeterie du monde en 1900. Il y a toujours eu une volonté des éditeurs de contrôler le marché en amont et en aval, de la production du papier jusqu'à la diffusion et la vente des livres au détail. C'est une manière d'être présent sur un marché diversifié, dans une logique économique. Si les éditeurs parvenaient à s'emparer de la totalité des fabricants de liseuses, alors ils auraient une réponse, pour un moment. J'ajoute « pour un moment », car Amazon créerait sans doute un autre support, avec la capacité d'influencer le marché.

Vous évoquez finalement peu Arnaud Nourry dans votre ouvrage : que pensez-vous de sa carrière et de sa gestion ?

Oui, j'en parle peu, car j'évite d'abord de faire des personnalisations. J'ai connu plusieurs PDG de Hachette, notamment Jean-Louis Lisimachio, dont Arnaud Nourry était le bras droit. Il était alors le PDG du groupe Foucher-Didier, des maisons d'édition scolaire, et au moment du rachat de 40 % de Vivendi, en 2003, il y a eu un désaccord stratégique entre Arnaud Lagardère et une partie de son équipe, il a écarté Lisimachio au bénéfice d'Arnaud Nourry, devenu le PDG de l'ensemble du groupe. Arnaud Nourry, comme Lisimachio, fait partie des anciens d'HEC ou de l'Essec, des professionnels du management qui connaissent parfaitement les règles de l'économie, parlent et lisent parfaitement l'anglais.

Arnaud Nourry a su, jusqu'en 2006, conduire une véritable transformation au sein de Hachette : lorsqu'en 2003-2004, il reprend 40 % d'Editis, Hachette est essentiellement français, même s'il est présent aux États-Unis avec Grolier, sans grand succès, et en Espagne par Salvat, qui est plus cohérent, et quelques filiales en Amérique du Sud et Angleterre. Mais tout l'effort d'Arnaud Nourry va consister à racheter toutes les maisons d'édition du bassin anglophone, voire hispanophone, qui sont disponibles. Il va réussir ce coup de génie en 2006, au moment où s'écroule le géant né en 1998, AOL Time Warner : AOL revend Time Warner Book Group et Hachette s'en empare. Comme il a déjà racheté les maisons d'édition disponibles en Angleterre, Australie et Nouvelle-Zélande, il devient le numéro 1 en Grande-Bretagne, en Australie, en Nouvelle-Zélande, et le numéro 2 du trade aux États-Unis, derrière Bertelsmann avec Penguin Random House.

Arnaud Nourry, PDG de Hachette Livre - Frankfurt Buchmesse 2015

Arnaud Nourry, en octobre 2015 à Francfort (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

Avant l'apparition des GAFA, Arnaud Nourry a mené une stratégie cohérente à laquelle on ne peut que rendre hommage. Aujourd'hui, Hachette réalise 1/3 de son chiffre d'affaires en France, contre 2/3 dans le reste du monde. Il a même jeté des têtes de pont en Inde, en Asie, en Chine, on peut dire qu'il y a eu une bonne perception de ce qu'il se passait. Mais l'apogée était peut-être proche du périgée : au moment même où Hachette était au summum de sa puissance, il rencontre beaucoup plus fort que lui, avec l'apparition de ces géants du Net.

Vous évoquez dans votre livre l'influence qu'a su exercer Hachette sur les différents régimes politiques, cette influence se maintient-elle aujourd'hui ?

Pour l'influence sur le gouvernement, je ne suis pas tout à fait sûr que François Hollande ait apprécié le fait que le PDG des Arènes ait signé un accord exclusif de distribution avec Hachette au mois de juillet 2014, quelques semaines avant de produire Merci pour ce moment. François Hollande sait pertinemment que si Les Arènes ont gagné de l'argent en éditant Valérie Trierweiler, c'est Hachette qui en a gagné le plus en diffusant et en distribuant...

Le Bureau du SNE à l'Elysée.  Crédits photo © Présidence de la République - L. Blevennec

Mais, pour autant, on sait que le groupe Hachette est capable de développer ses antennes du côté du ministère de la Culture et de Fleur Pellerin, il l'a fait sous tous les gouvernements : la monarchie, l'Empire, la III, la IV, la Ve République, il continuera demain sous la VIe s’il y en a une un jour. Il y a donc un maintien de cette stratégie, mais elle est désormais mondiale, puisque l'Europe ne représente plus que 45 % de son chiffre d'affaires environ. Les défis ne sont plus au niveau de la France, ou même de l'Europe, ils sont mondiaux : même si Hachette regarde les éventuelles modifications européennes du droit d'auteur, il s'intéresse bien davantage aux mutations à l'échelle planétaire. Hachette est plus intéressé par l'Asie, en Chine et dans le sous-continent indien : ces marchés ont un énorme potentiel. La Chine a déjà deux groupes dans le top 10 des plus gros éditeurs mondiaux.

Si l'on parle beaucoup d'Amazon, l'ennemi public numéro 1, pour Hachette, semble bien être Google...

J'ai osé la comparaison entre les GAFA, Google, Amazon, Facebook et Apple, et les 4 Cavaliers de l'Apocalypse, mais Google demeure effectivement l'ennemi numéro 1, parce qu'il a numérisé dans les années 2000, jusqu'à la fin des années 2010, des millions d'objets imprimés : des livres, photographies, partitions... Google a passé des accords avec de grandes universités et bibliothèques, jamais publiés : pour les connaître, il a fallu qu'un cabinet d'avocats lyonnais fasse un procès à la Ville de Lyon, qui avait signé un accord avec Google pour la Bibliothèque municipale de Lyon. Le cabinet a gagné, ce qui a permis de connaître la teneur des accords.

Google s'est arrangé pour numériser le contenu des bibliothèques à l'aveugle, car une numérisation au cas par cas coûterait trop cher. Mais il n'a pas fait le tri entre domaine public, les oeuvres qui ont un auteur et dont la propriété littéraire appartient à une maison d'édition, et les oeuvres orphelines. Selon le principe de l'opt-out, Google attendait que les éditeurs réagissent, ce que Hachette a fait : c'était un peu un retour au XVIIIe, quand L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert est contrefaite à Genève, à Lausanne, à Iverdon et dans d'autres villes. Et Hachette a raison.

La politique de Google en la matière n'est pas très claire : on s'est demandé si cette fièvre de la numérisation n'était pas un moyen de se constituer un catalogue extraordinaire d'oeuvres dans le domaine public, ou orphelines, dont il serait le seul à pouvoir commercialiser les fichiers. Google, non pas en tant que moteur de recherche, mais en tant qu'entreprise pouvant se transformer en éditeur à la carte, en distributeur et en libraire, représente une véritable menace. Et quand les tribunaux américains semblent lui donner raison face à la Guilde des Auteurs, il y a une brèche qui rend le terrain des éditeurs de plus en plus instable. 

Accord numérisation Google Books - Hachette Livre

En 2010, Hachette signait avec Google Books une série d'accords pour la numérisation de ses livres

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

Pour quelle raison Google s'est-il emparé des chantiers de numérisation dans le monde entier ?

Avec mon ami Robert Darnton, directeur des bibliothèques d'Harvard jusqu'au mois de mai dernier, et Roger Chartier, professeur au Collège de France, nous nous sommes réunis à de nombreuses reprises avec un projet utopiste : faire en sorte que dans chaque pays la Bibliothèque nationale devienne la bibliothèque numérique du pays et qu'ensuite on interconnecte toutes ces bibliothèques pour avoir une vraie bibliothèque numérique. 

Ca me laisse un regret très amer, parce qu'au début des années 1990, lorsque la BnF a été transférée de la rue de Richelieu à Tolbiac, il y avait un projet de numérisation à marche forcée : j'ai signé en 1991 avec Fayard un contrat autorisant la BnF à numériser gratuitement L'Argent et les lettres: Le capitalisme d'édition (1880-1920) que j'avais publié trois ans auparavant [chez Fayard, NdR], à des fins de recherche. Ce contrat n'a jamais été honoré : quand la nouvelle BnF a ouvert en 1998, elle aurait dû avoir 100.000 volumes numérisés, elle n'en avait quasiment aucun. 

Je n'accuse pas ces grands groupes : si la BnF avait numérisé, jamais Google ne se serait intéressé à cette question. La nature a simplement horreur du vide, et ces entreprises ont comblé des vides. Il existe, pour la recherche, un certain nombre de bibliothèques numériques publiques : il existe Gallica, aujourd'hui Gallica 2, Europeana, la Bibliothèque électronique du Québec, aux États-Unis toute une série de bibliothèques publiques numérisées. Aujourd'hui, la plus grande bibliothèque du monde est possédée par une firme dont la logique est de faire de l'argent, ce qu'on peut difficilement lui reprocher. 

Nos collègues chinois nous ont expliqué qu'ils ont décidé de numériser sous l'autorité de la bibliothèque nationale de Pékin la totalité de leur patrimoine : ils ont commencé par les textes sur rouleau, et progressent ainsi. Ils ont des missions à Paris, à New York, à Londres, qui dépensent de l'argent pour numériser tous les manuscrits ou livres chinois qui sont possédés par les différentes bibliothèques. Ils n'ont pas voulu laisser Google entrer et je pense qu'ils ont raison, même si on ne sait toutefois pas si leur bibliothèque numérique sera en accès gratuit ou payant.

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« Voilà un an, Editis était place d’Italie, avec une fin d’année marquée en France par de nombreux évènements, très perturbants pour l’activité... » Michèle Benbunan, directrice générale du groupe aux 49 maisons d’édition, boucle une première année dense. Elle revient avec nous sur ces 12 mois passés.

07/12/2020, 11:27

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Les libraires des Pays de la Loire prennent le virage de la vente en ligne

ENTRETIEN – Les librairies des Pays de la Loire opèrent une transition numérique majeure, avec ce second confinement. L’association au service des librairies indépendantes des Pays de la Loire, ALIP, a observé un envol des chiffres de vente liés au click and collect.

17/11/2020, 16:32

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“L'univers de Pagnol représente la vie normale, celle qu'on ne peut avoir en ce moment”

Après avoir adapté en bandes dessinées les quatre ouvrages du cycle des Souvenirs d’enfance, les éditions Grand Angle poursuivent leur entreprise : en tout, 15 bandes dessinées sont déjà sorties dans la collection. C'est à présent avec la pièce Marius que la maison poursuit son travail autour de l'oeuvre de l’écrivain provençal. À l’occasion de la sortie du second volume de la série, nous nous sommes entretenus avec Nicolas Pagnol, petit-fils de Marcel, et garant des ayants droit de l’œuvre familiale. 

05/11/2020, 16:02

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“Les prix littéraires sont des éléments-clés de la vie du livre” (Olivier Bessard-Banquy)

Des prix, pour tous, et presque tout. Les jurys des grandes récompenses d’automne ont décidé de reporter leurs annonces, pour soutenir la librairie. Derrière cette décision, une stratégie économique est à l’oeuvre. L’universitaire français, Olivier Bessard-Banquy, spécialiste des lettres et de l'édition contemporaine décrypte avec nous cette position.

31/10/2020, 09:11

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L'agence littéraire britannique Curtis Brown se tourne vers les auteurs français

EXCLUSIF – Curtis Brown est l’une des plus anciennes agences littéraires britanniques, fondée en 1899 par Albert Curtis Brown. Depuis, la structure a amplement dépassé le cadre de la représentation d’auteurs, pour déborder sur d’autres secteurs culturels. Francophones toutes deux, Roxane Edouard et Claire Nozieres, vont lancer un pont entre la perfide Albion et l’Hexagone. 

07/10/2020, 10:06

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Marc Levy : “Avec Facebook, Mark Zuckerberg est un Goebbels moderne”

ENTRETIEN – C’est arrivé la nuit, le dernier roman de Marc Levy, traite tout à la fois de manipulation des masses par l’extrême droite, de montée des populismes, de l’infox dispersée abondamment sur les réseaux sociaux… et du scandale de l’insuline. Un nouveau genre, qu’explore le romancier ? Pas tant que cela.

30/09/2020, 17:37

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Liban : regards croisés d'éditeurs, “l'édition est le secteur le plus affecté”

Sept éditeurs indépendants au Liban témoignent, dans une série d’interviews réalisées en partenariat avec l’Alliance internationale des éditeurs indépendants, qui en assure également la traduction. Ces regards croisés permettent de mieux mesurer la situation où chacun se trouve. ActuaLitté propose ce document inédit en exclusivité.

29/09/2020, 14:42

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Stéphane Bern : “Je me ferai toujours le défenseur des bibliothèques ”

Il n’est pas homme à polémiques, pas plus que politicien. Mais attaqué sur « une regrettable maladresse », Stéphane Bern sort de sa réserve. « Je me ferai toujours le défenseur des bibliothèques », indique-t-il à ActuaLitté. Qu’on se le tienne pour dit.

21/09/2020, 07:15

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Et si la librairie de demain était coopérative, mutualiste, écocitoyenne ?

Deux années pour que le projet voie finalement le jour en 2021. La librairie Gibert Joseph du IIe arrondissement de Paris changera bientôt de mains, autant que de perspective. Un projet de Scop se met en place avec pour nom la coopérative des idées, porté par Renny Aupetit.

16/09/2020, 18:30

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Prévenir les catastrophes patrimoniales : “Le temps et l'argent se font rares”

Plusieurs catastrophes patrimoniales de grande envergure, notamment l'incendie de la Cathédrale Notre-Dame de Paris, ont dernièrement attiré l'attention médiatique et suscité l'émotion populaire. Mais ces événements sont malheureusement assez fréquents : le Groupe d'Aide en cas de Sinistre Patrimonial (GASP), en Normandie, apporte ressources et aides pour prévenir ou limiter ces catastrophes. Anthony Zurawski, chargé de mission au sein de La Fabrique de patrimoines, revient sur les activités du GASP.

03/09/2020, 11:57

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De la plantation à la fabrication de papier : ouverture d’une ferme papetière

Papetiers d’art depuis plus de cinq ans, Laurence et Bruno Pasdeloup se sont lancés dans une nouvelle aventure : ouvrir leur papeterie paysanne. Située dans le hameau de Puyberaud (Creuse), la propriété de près d’un hectare leur permettra de cultiver leurs propres matières premières et d’accueillir collaborateurs et curieux, souhaitant mettre « la main à la pâte ». 

26/08/2020, 14:18

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Île Maurice : la crise Covid a multiplié les “entraves à la liberté d’expression”

Éditrice et fondatrice de la maison Atelier des nomades, à l’ile Maurice, Corinne Fleury raconte l’incidence de la crise sanitaire sur son métier. Après 10 années de parutions, avec son conjoint Anthony Vallet, la réalité devient complexe. Et comme on le constate, l’un des enjeux actuels est celui des atteintes aux libertés d’éditer... qui sont malmenées. 

19/08/2020, 11:19

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La Gazette du Sorcier, deux décennies avec Harry Potter

Animer un site web consacré à une seule œuvre témoigne d'une certaine constance, et le faire pendant vingt ans, d'une passion dévorante. La Gazette du Sorcier, un des principaux sites francophones consacrés à Harry Potter, célèbre en 2020 deux décennies d'informations et de créations autour de l'univers créé par J.K. Rowling. 

17/08/2020, 10:33

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“La valeur des bibliothèques ne se mesure pas uniquement sur du quantitatif”

Baisse de la fréquentation et, surtout des inscriptions : la dernière édition de l'enquête « Pratiques culturelles des Français », assurée par le ministère de la Culture, apportait des chiffres assez peu réjouissants pour les bibliothécaires. L'Association des Bibliothécaires de France (ABF) appelle toutefois à relativiser ces données, par la voix de sa présidente Alice Bernard.

03/08/2020, 12:15

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Leha rachète Lynks : “L’imaginaire et la jeunesse vont très bien ensemble”

EXCLUSIF – Le monde de la jeunesse et de l’imaginaire se croisent souvent, et s’apprécient désormais un peu plus. Quelques semaines avant la rentrée littéraire, les Editions Leha – qui publient Pierre Bordage, Steven Erikson ou encore Philippe Tessier – vont reprendre les Editions Lynks. Une nouvelle corde pour l’arc de la jeune Leha.

31/07/2020, 19:00

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Mélanie Leblanc inscrit sa poésie dans les pages, sur les murs et les corps

Mélanie Leblanc aime à disséminer. En dehors des luminaires, des vitrines et des potirons ou, récemment, lors de l’exposition Relier au musée Mallarmé, sur le corps des visiteurs, elle écrit sur papier et publie. Disons qu’elle est une variété de liseron qui fait feu de tous supports. Dès qu’ils sont à sa portée, ses tiges volubiles s’y enroulent. Sa poésie est le liseron bleu, variété cultivée qui ne renie pas ses origines sauvages, le volubilis. Une forme certaine de liberté ne renonçant à explorer aucune direction.

30/07/2020, 11:36

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“Internet ne change pas la poésie, mais en modifie l’accès et la diffusion”

Président du Pen Club français entre 2005 et 2012, et désormais président d’honneur, Sylvestre Clancier aime les mots comme tout poète. Impliqué dans la vie poétique sur le territoire, mais également dans la philosophie — qu’il a enseignée au Québec — il répond à ActuaLitté. Littérature, poésie et bien d’autres au menu.

27/07/2020, 11:46

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La Compagnie Pyramid fait danser les livres au son du hip-hop

Depuis 2015, la compagnie de danse Pyramid sillonne les routes de France et d’Europe pour présenter son spectacle « Index ». Sur scène, les danseurs s’emparent d’ouvrages, devenant alors partie intégrante de la scénographie en tant qu’éléments plastiques et sonores. Outre une recherche d’interaction entre corps et décors, il s’agit également de rendre hommage au livre et d’interroger notre rapport à cet objet. 

24/07/2020, 16:57

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La Bourse aux Livres, nouvel acteur dans la vente de livres d’occasion

Jeune start-up française, La Bourse aux Livres se présente comme une alternative écologique et économique à l’achat de livres neufs. D’abord, à travers une application qui permet à tout un chacun de vendre ses livres d’occasion sous le modèle du dépôt-vente. Puis prochainement, avec sa boutique en ligne. Annoncée pour le 1er juillet 2020, cette initiative marque l'entrée de la société dans le secteur de la vente de livres. L’objectif : revaloriser le plus grand nombre possible d’ouvrages d’occasion en proposant un service simple et transparent.

24/06/2020, 11:37

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Aurélie Filippetti : “La politique culturelle est encore entravée par le fait du Prince”

ENTRETIEN – Députée de la Moselle et ancienne ministre de la Culture, Aurélie Filippetti évoque les deux mois de confinement et la situation de l’industrie du livre. Libraires, éditeurs, auteurs, mais également plateforme américaine : panorama d’une crise sociale et économique de la filière livre.

18/05/2020, 11:41

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Laurent Beccaria : “Le pilon est un indicateur d’un marché qui dysfonctionne.”

Dans une double tribune, libraires et éditeurs posaient plusieurs constats, au sortir du confinement. La filière livre sort à peine d’une période douloureuse, occasionnant de multiples réflexions sur l’avenir. Laurent Beccaria, directeur des éditions Les Arènes, revient avec nous sur les futurs du livre.

15/05/2020, 12:22

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“Être très créatifs pour protéger la culture, faire vivre, livres et librairies”

Gaëlle Nohant a passé le confinement à Lyon. Et justement, on assimile facilement et hâtivement cette réclusion au travail même de l’auteur. Invitée de notre podcast Les mots en boîte, la romancière répond à nos questions.

12/05/2020, 16:31

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Maxence Fermine : " Dès qu’une menace disparaît, tout le monde oublie l’essentiel. "

« Le bonheur est parfois une petite porte ouverte sur l’intranquillité », et qui détermine consciemment ou inconsciemment la nature d’une quête ou tout bonnement d’un cheminement. Alors que s’il existe une science du doute, celle-ci ne s’abreuve qu’aux confins d’un questionnement initialement irrésolu en arguant sur différents principes souvent contradictoires ; entre soudaine apparition et fulgurante disparition. Ainsi le bonheur devient-il presque logiquement et, inévitablement ombrageux quand bien même, il aspirerait en retour à quelques naïfs espoirs. « L’âme reste un poids pour l’homme ».

28/04/2020, 16:43

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Se baser sur ses émotions pour choisir sa prochaine lecture : Love for Livres

Le développement des technologies liées aux intelligences artificielles, couplé aux possibilités de traitement de masse des données, a ouvert un nouveau champ dans l'étude des émotions liées à l'expérience culturelle. Avec de premières applications intéressantes dans le domaine de la recommandation : le site Love for Livres propose ainsi de découvrir sa prochaine lecture en fonction des émotions que l'on recherche, ou que l'on ressent sur le moment. Entretien avec Céline Mas, sa cofondatrice.

15/04/2020, 12:00

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1 million € d'aide aux auteurs : la SGDL veut “permettre à tous d'en bénéficier”

Situation insolite : début mars, le président de la Société des Gens de Lettres était remplacé, après neuf mois d’activité – en cause, un individualisme peu à l’écoute. Le Comité choisissait alors de le remplacer, sans apporter plus de précisions. Dans un entretien à ActuaLitté, les membres expliquent finalement ce choix, et détaillent le positionnement de l’association. 

04/04/2020, 12:21

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Activité partielle : “Un dossier sur dix seulement passe sans problème”

ENTRETIEN – À situation exceptionnelle, mesures d’exception, comme celle aboutissant à la fermeture des librairies. Le président de la République l’a martelé : « L’État paiera. » Et des mesures pour accompagner les entreprises ont été progressivement mises en place — avec des aides sectorielles spécifiques.

30/03/2020, 10:43

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Véronique Aubouy : “Je n'explique pas Proust, je le vis de l'intérieur”

Rencontre — Après un premier volet pour parler avec Véronique Aubouy de Proust Lu, son projet matrice autour de À la recherche du temps perdu, nous avons poursuivi la rencontre autour de sa performance dans laquelle elle tente de résumer l’ouvrage en une heure. Un échange plus intime, où l’artiste cinéaste se confie sur l’impossibilité de réussir une telle tentative. Et parle de la nécessité de la lecture et de l’importance de s’identifier à d’autres « je » afin d’approcher une multitude de vies possibles. 

26/03/2020, 09:14

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Faire lire La Recherche de Proust, le projet de toute une vie pour Véronique Aubouy

PORTRAIT – Cinéaste de profession, Véronique Aubouy est aussi une grande admiratrice de Marcel Proust. Depuis plus de 27 ans, elle filme des gens de tous horizons et de toutes générations lire quelques pages d'À la recherche du temps perdu. Elle propose également une performance où elle tente de résumer l'ouvrage en une heure. Cette artiste nous avait reçus à son domicile, aux portes de Paris — bien avant les mesures de confinement. L'occasion de revenir sur ces différents projets autour de La Recherche, de son lien avec Proust ainsi que son travail de réalisatrice. 

23/03/2020, 09:52

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IRCEC : “L’aboutissement d’une culture paranoïaque du secret”

ENTRETIEN – Nul n’est censé ignorer la loi. Et à ce titre, nul n’ignore l’existence de l’Institution de retraite complémentaire de l’enseignement et de la création — ou IRCEC. Depuis quelques années maintenant, l’organisme inquiète, au point que le romancier Pascal Dessaint se demandait s’il n’était pas dans la visée de faire disparaître les auteurs. Au départ, une réforme passée en catimini, et aujourd’hui, des modalités de cotisations à faire frémir.

17/02/2020, 11:44

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“Nous, éditeurs, sommes des horlogers du livre” Moïse Kissous (SNE)

À l’exception de rares interventions dans la presse, et d’un communiqué laconique, le Syndicat national de l’édition est resté très en réserve suite à la publication du rapport Racine. Des éditeurs qui seraient “vent debout” ? Dans un entretien accordé à ActuaLitté, Moïse Kissous, PDG du groupe Steinkis et président du groupe BD au SNE apporte un éclairage, par le prisme du 9e Art. 

16/02/2020, 14:23

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Scandale Agessa : de l'omerta aux petits arrangements entre amis

ENTRETIEN – Quarante années de cotisations viennent de s’envoler pour les artistes-auteurs : mieux, elles n’ont jamais existé. En effet, l’Agessa, leur organisme de sécurité sociale, a tout bonnement oublié de collecter les cotisations. Ils seraient 190.000 concernés, depuis 1975, selon le rapport de Bruno Racine. Effarant.

10/02/2020, 08:46

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L’avenir du livre : payer encore moins les auteurs pour produire encore plus ?

Depuis la diffusion du rapport de Bruno Racine, une certaine crispation règne dans l’industrie du livre. À ce titre, les tensions vécues lors du festival de la BD d’Angoulême sont particulièrement évocatrices. Au-delà du constat posé sur la situation des artistes-auteurs, ses recommandations font grincer des dents. Avec même un esprit corporatiste qui surgit — renvoyant notamment les parties à une étude d’impact.

06/02/2020, 10:44

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Et si se remettre à lire était aussi génial qu'arrêter de fumer ?

Personne n’a raté l’intervention du ministre de la Santé : avec l’arrivée du variant britannique – qui n’a rien d’un patient anglais – se profile un reconfinement. Ces mesures durcies, en regard d’un couvre-feu déjà plombant, résonnent avec les propos de décembre dernier : nous étions avertis. Alors, comment préparer cette prochaine période de disette, quand on a abandonné la lecture ? Aujourd’hui, petit traité d’optimisme.

22/01/2021, 17:26

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Secret défense : une classification d'archives sans limite de temps ?

Depuis un an, l’association des archivistes français se bat pour faire la lumière sur les archives classées Secret défense. En cause, l’avenir des documents, pour lesquels l’AAF demande une déclassification. L’association vient d’entamer une nouvelle procédure, en déposant un recours au Conseil d’État « contre la nouvelle version de l’IGI 1300 et pour l’accès aux archives selon les termes de la loi ». Leur tribune est diffusée en intégralité ci-dessous.

20/01/2021, 11:51

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Droit de réponse d'Emmanuel Pierrat : “J'ai choisi de ne pas briguer un second mandat" au PEN

Suite à la publication d'un article, le 14 janvier dernier, consacré aux accusations du PEN Club français portées à l'encontre de Me Emmanuel Pierrat, ancien président de l'organisation de défense de la liberté d'expression des auteurs, ce dernier a fait parvenir à ActuaLitté un droit de réponse. Il est publié ci-dessous en intégralité.

19/01/2021, 09:37

ActuaLitté

Conspiration des imbéciles ? Amazon, accusé à son tour : Apple s'esclaffe

Amazon paierait-il enfin sa position dominante sur le marché du livre – numérique, papier ou audio ? En tout cas, l’histoire semble vilainement se répéter alors que le vendeur et cinq groupes éditoriaux américains sont accusés d’entente. La même procédure que celle endurée en 2013 par Apple entraînera-t-elle les mêmes effets ? Ou dévoile-t-elle une vaste fumisterie en matière de droit ?

18/01/2021, 12:16

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Prix des livres : avertissement sans frais des libraires belges aux groupes français

Au 1er janvier 2021, le prix unique du livre arrivait enfin en Belgique. Des années de combats, avant d'obtenir un texte de loi, et un échelonnement au terme duquel la tabelle allait disparaître. Finie, donc, cette excroissance économique, qui conduisait un livre vendu à Bruxelles à se retrouver plus cher qu'à Lille. Pourtant, quelques problèmes tarifaires demeurent...

14/01/2021, 16:57

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Lisimachio, le PDG de Hachette Livre qui voulut racheter Amazon

Jean-Louis Lisimachio a laissé une profonde empreinte sur le groupe Hachette Livre, qu’il quitta brutalement en mai 2003. Depuis, il vit quelque part entre les massifs alpins et Nice, « désintéressé de ce qui concerne l’édition et au courant de tout ». Ses anciens collaborateurs décrivent une personnalité fascinante, admirée ou haïe. Incontestablement, l’ex-PDG de Hachette filiale de Lagardère, avant qu’elle ne soit renommée Lagardère Publishing, a marqué plus que son époque. Une figure d’autant plus intrigante qu’elle ne frayait pas avec le gotha littéraire, bien au contraire.

14/01/2021, 14:20

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Auteurs : “Si vous n’êtes pas à la table, c’est que vous êtes au menu.”

Début décembre, l’auteur et illustrateur Henri Fellner faisait parvenir à ActuaLitté et au CSPLA (ou inversement), un courrier passablement désabusé. Le Conseil supérieur de la propriété littéraire et artistique, organisme chargé d’éclairer le ministère de la Culture sur des points de droit, venait de renouveler la liste des membres de sa commission consultative. Et au grand dam de l’écrivain, les représentants directs des auteurs faisaient défaut. Voici donc une seconde missive, plus claire peut-être...

12/01/2021, 12:13

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Hélène Gaudy : une écriture, un abri

PORTRAIT – Chaque année, l’association de libraires Initiales édite un texte inédit d’un écrivain, dont le travail est suivi pas à pas. Avec le projet de mieux le ou la faire connaître à leurs lectrices et lecteurs. Hélène Gaudy a trouvé sa place naturellement et a offert le texte Névés. Née en 1979 à Paris, elle a étudié à l’École supérieure des arts décoratifs de Strasbourg. Autrice de divers articles et nouvelles parus dans des ouvrages et albums collectifs ou des revues, elle a également publié des romans et albums pour la jeunesse et des livres d’art. Elle est membre du collectif Inculte et vit à Paris. 

12/01/2021, 11:07

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La chaîne du livre face à la crise sanitaire, dans neuf régions françaises

Dès le début de la pandémie, les agences régionales du livre ont conseillé les acteurs concernés, mais se sont aussi lancées dans des consultations, pour rester au plus près des besoins. La Fédération interrégionale du livre et de la lecture propose une synthèse des actions et réactions du monde du livre, dans neuf régions françaises, au cours de la tumultueuse année 2020.

11/01/2021, 16:50

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Pour 2021, on peut aussi croiser les doigts

« J’ai accompli de délicieux voyages, embarqué sur un mot… » Peut-être notre époque nécessite-t-elle un peu plus d’un mot unique pour accomplir de fantastiques périples. Parce que les sollicitations ne manquent pas, dès lors qu’internet propose un foisonnement d’œuvres, autant qu’une multitude de raisons de faire autre chose que lire. Pour autant, que cette année 2021 soit placée sous des augures de Balzac ne fera de mal à personne… Sauf qu'il n'est pas seul à prophétiser.

01/01/2021, 18:42

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Utopia, Mauvais Livres et FVE : trois éditeurs nés pendant la pandémie

Ouvrir une maison d’édition pendant la pandémie ? Ce qui pourrait sembler un pari complètement fou est devenu une réalité pour trois maisons d’édition italiennes. Et la surprise… c’est que ça marche. Utopia, Mauvais Livres et FVE : voici les noms de trois maisons d’édition, situées dans deux villes différentes — Milan et Rome — et qui, malgré des identités très spécifiques, ont beaucoup de choses en commun : toutes les trois indépendantes, elles ont débuté leur activité pendant le confinement, et, depuis leurs premières parutions, ont rencontré un bon succès auprès du public.

30/12/2020, 16:15

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Les voeux du Syndicat des éditeurs passent des chocolats à la soupe

L’année 2021 commencera avec la traditionnelle présentation des vœux du Syndicat national de l’édition. Mais, contraintes sanitaires obligent, ils se dérouleront par internet — et en visioconférence avec l’interview réorganisée de son président, Vincent Montagne. Pour nombre de librairies, subitement invitées à cette Grand-Messe, quelque chose cloche. Simple : un télescopage entre le syndicat patronal et le média le moins indépendant de la profession.

28/12/2020, 17:55

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Les Yeux qui pétillent : la jolie promesse d’une librairie valenciennoise

En septembre dernier, Céline Dereims a ouvert une librairie généraliste et indépendante, en plein cœur de Valenciennes. Baptisée Les Yeux qui pétillent, celle-ci a vu le jour dans le cadre d’une reconversion professionnelle, savamment conjuguée avec une passion de longue date pour la lecture.

28/12/2020, 10:04

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“Une petite page pour l’Homme, une grande page pour l’Humanité” : Joyeux Noël 

Au terme d’une année pas vraiment conciliante, les fêtes vécues sous contrainte, à l’image des mois passés, apportent un petit souffle. L’occasion pour toute la rédaction de vous les souhaiter excellentes – autant que faire se pourra. En tout cas, de partager avec chacune et chacun un moment pour remercier nos lecteurs de leur présence, à nos côtés.

24/12/2020, 23:59

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Book d’Oreille, une nouvelle voie pour le livre

PORTRAIT – Passionné par le son, par la voix et par la littérature, Olivier Carpentier poursuit depuis 2009 une entreprise de développement du livre audio. Le Lillois se considère comme un libraire indépendant. Sa société Book d’Oreille propose aujourd’hui une nouvelle solution pour le prêt numérique de livres audio, à destination des bibliothèques et médiathèques.

24/12/2020, 11:08

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Corona Papers : Écriture virale

Je m’appelle Corona Typewriters. Et je m’apprête à subir Noël. Un de plus dans la longue liste des années déjà encaissées sur ma tôle toute cabossée. Pour l’heure, mon maître-écrivain est sorti de sa quarantaine. Rassurons-nous. Il n’est pas question de virologie en l’espèce. Plutôt d’une léthargie éditoriale. D’une quarantaine littéraire. 

21/12/2020, 08:00

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Noël coquin : 4 BD érotiques à mettre sous le sapin

Cette année, beaucoup ne fêteront pas Noël en famille en raison du COVID-19. C’est l’occasion d’offrir une BD sexy à son amoureux ou son amoureuse ! Voici notre sélection des bandes dessinées pour adultes à mettre sous le sapin. Comics, mangas, romans graphiques, la BD érotique conjugue fantasmes et divertissement. A travers un dessin les auteurs et autrices font monter la température. Il y en a pour tous les goûts : BD historiques, de science-fiction, sadomasochistes ou sur l’intimité des couples.

18/12/2020, 09:55

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Marseille : Actes Sud cédera la librairie du MuCEM à Arteum, “une perspective adaptée”

En janvier 2013, le groupe Actes Sud remportait l’appel d’offres concernant le MuCEM — Musée des civilisations de l’Europe et de la méditerranée de Marseille. En juin de cette même année, la boutique-librairie allait être associée à la librairie Maupetit, propriété du groupe depuis 1998. Mais la concession changerait prochainement de mains, dans le cadre d’un AOT qui bénéficierait à la société Arteum, spécialisée dans les boutiques de musées. 

17/12/2020, 15:45

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Culture : “La logique et la cohérence des décisions nous échappent”

Ouvertes au public depuis le 28 novembre, au même titre que les librairies, les bibliothèques et médiathèques font partie des équipements culturels qui ont échappé à la prolongation de la fermeture sanitaire jusqu'au 7 janvier prochain, au moins. Une exception que questionne l'Association des Bibliothécaires de France (ABF), dans un texte publié ici dans son intégralité.

17/12/2020, 11:39

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Les artistes-auteurs appellent le gouvernement à l'aide

Dans cette crise sans précédent du secteur de la culture, la quasi-totalité des organisations d’auteurs, toutes disciplines confondues, s’unit pour parler d’une même voix sur les questions essentielles qui les rassemblent. « La culture pèse plus lourd dans notre PIB que l’industrie automobile. C’est l’un des moteurs de l’économie française et il repose en premier lieu sur le travail des créateurs », rappellent ainsi 36 organismes, dans un appel global.

15/12/2020, 15:34

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Étude : les Français et la lecture pendant le premier confinement

Trois organismes du secteur du livre, la Sofia, le SNE et la SGDL, ont commandé à l'institut Médiamétrie une étude consacrée aux pratiques des Français en matière de lecture pendant le premier confinement, celui du printemps 2020. Il en ressort un attachement certain pour l'activité, avec une volonté de tester d'autres manières de lire.

14/12/2020, 16:43

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Auteurs : pour en finir avec les outils de facturation sans existence légale

Les artistes seraient-ils·elles au-dessus des lois ? Formeraient-ils·elles une catégorie de citoyens et citoyennes à part, trop créatifs et créatives pour s’accommoder des règles ou s’acquitter de leurs tâches administratives ? C’est ce que semble vouloir démontrer une tribune signée par le président de la Société des gens de lettres, et publiée ce mercredi dans les colonnes de Livre Hebdo. La Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse réagit vivement à cette publication. 

14/12/2020, 10:13

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Les impôts contre les papillons : auteur, contribuable comme un autre

Récemment, Christophe Hardy, président de la Société des Gens de lettres, élu en mai dernier, a fait vrombir. Fin novembre, le ministère de la Culture exposait les conclusions de la mission Fiscalité, touchant aux revenus des artistes-auteurs. Pour les facturations qu’un auteur peut effectuer, une zone grise manifestement confortable existe — arrangeant certains, en dérangeant beaucoup d’autres. Frédéric Maupomé, écrivain et scénariste intervient ici en réponse à la tribune et aux étonnants propos du président de la SGDL dans Livres Hebdo.

12/12/2020, 10:33

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ActuaLitté, un nouveau média pour le livre

Penser/Classer. Inutile d’avoir lu Georges Perec pour imaginer les difficultés qu’implique une tentative pour ordonner le monde autour de soi. Ces derniers mois, du fait de la pandémie et malgré le cocooning à domicile, la rédaction n’a pas chômé. Dans une délicate exaltation, nous avons mené à bien un des projets qui nous tenait à cœur. 

11/12/2020, 07:12

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“Le CSPLA a-t-il oublié que le droit d’auteur est avant tout le droit des auteurs ?”

Auteur-illustrateur œuvrant en littérature jeunesse, Henri Fellner se présente volontiers comme n’étant « pas le plus énervé des énervés ». Au contraire même. Pourtant, à la découverte des organismes chargés de représenter les professionnels au sein du CSPLA, un doute l’a envahi. 

Comme un sentiment de fermeture du système, et d’asphyxie, alors que ce Conseil est supposé éclairer les décisions et orientations du ministère de la Culture, et de sa locataire, Roselyne Bachelot. Alors, il a décidé d’écrire une lettre, qu’il a également confiée à ActuaLitté.

 

10/12/2020, 10:46

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Elena Ferrante et les 40 coups de bâton pour 20 Minutes, Figaro, RTBF

Les cons d’Audiard avaient cela pour eux qu’on les reconnaissait à leur audace sans borne : il en apparaît une espèce plus sournoise, celle dont le sentiment d’impunité, — doublé d’un « on sait jamais sur un malentendu ça peut passer » — sévit sur la toile. On l’appelle également la race des « vas-y on s’en fout », au prétexte que sur internet, personne ne vous entend crier.

10/12/2020, 09:46

ActuaLitté

La lecture, loisir le plus pratiqué par les enfants de 9 ans durant le confinement

Dans quelques années, on se souviendra de cette étrange période avec quelques souvenirs flous : avions-nous réellement été enfermés, durant un confinement mondial ? Pour les enfants, dont 98 % restèrent chez eux, cette période eut des répercussions sur le travail et les loisirs. Le ministère de la Culture a procédé à une enquête, portant sur les jeunes de 9 ans.

07/12/2020, 09:38

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Olivier Tallec : c'est MON auteur !

PORTRAIT – Olivier Tallec est breton d’origine et, après l’École supérieure des arts appliqués Duperré, il a beaucoup voyagé, notamment en Asie, au Brésil ou au Chili.Si aujourd’hui, il agrémente de ses dessins la presse nationale (Libération, Elle, Les Inrockuptibles), il est également l’auteur de nombreux livres pour la jeunesse ainsi que de livres d’illustration pour adultes aux éditions Rue de Sèvres comme

04/12/2020, 15:35

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“Ouverture immédiate, non négociable et radicale des lieux de culture”

Dans l’urgence et suite à la décision gouvernementale d’ouvrir les lieux de culte avant ceux de culture, dans un contexte de répressions policières et de régression des libertés publiques et sociales, la Cave Poésie, haut lieu du théâtre vivant fondé par René Gouzenne, a décidé de demander l’ouverture immédiate, non négociable et radicale des lieux de culture. 

30/11/2020, 14:30

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Des festivals de BD menacés, en 2021, par Livre Paris et le FIBD

L'année 2021 sera encore marquée, pour les événements publics, par la crise du coronavirus et les mesures sanitaires. Deux festivals importants, Livre Paris et le Festival international de la bande dessinée d'Angoulême, se sont adaptés en déplaçant leurs événements en juin 2021. Mais ils menacent d'autres festivals, notamment Lyon BD et les Rendez-Vous de la Bande Dessinée d’Amiens. Les directeurs de ces événements, Mathieu Diez et Pascal Mériaux, signent une tribune adressée aux pouvoirs publics.

27/11/2020, 10:39

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Le fonds de formation continue des auteurs en état de “paralysie financière”

Plusieurs organisations représentant les auteurs s'alarment de l'état préoccupant du fonds destiné à financer la formation continue des auteurs. Depuis la mi-novembre, ce fonds, géré par l'AFDAS, ne serait plus en capacité de financer des formations, à une période où les auteurs sont pourtant amenés à acquérir de nouvelles compétences pour assurer l'avenir de la création. Nous reproduisons ci-dessous l'intégralité du message des organisations.

26/11/2020, 16:18

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Dans quelle France empêche-t-on des enfants hospitalisés de lire ?

Lors de son allocution du 28 octobre, Emmanuel Macron indiquait que le pays replongeait : d’abord dans la pandémie, ensuite dans les contaminations, enfin dans le confinement. Triple peine. Une nouvelle salve douloureuse pour les citoyens, après l’accalmie estivale. Mais il fallait préserver le milieu hospitalier d’une crise approchant.

18/11/2020, 16:48

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Dropshipping : ces intermédiaires qui vendent les livres à des prix prohibitifs

Présenté par ses promoteurs comme le moyen simple de devenir riche grâce à internet, le dropshipping flirte de très près avec l'arnaque, et pose des questions morales évidentes. Un « dropshipper » s'impose comme un intermédiaire entre un fournisseur et un acheteur, et s'attache à collecter la plus importante commission possible pour assurer le lien entre les deux. Le livre et les libraires ne sont pas épargnés, loin de là.

18/11/2020, 12:35

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Carl Norac : “ L’exception culturelle française est morte”

Une lettre ouverte sur les librairies fermées en France. Et une triste annonce de décès : l’exception culturelle française est morte. 

Pendant vingt ans en France, j’ai vécu souvent grâce aux Salons du livre, deux en moyenne par mois, bonheur non confiné qui me manque du contact avec lecteurs, adolescents, enfants, enseignants, bibliothécaires et libraires. 

16/11/2020, 14:35

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Pigeon Pigeon : plus drôle qu'un dîner de cons

JEU DE SOCIÉTÉ – Ça roucoule sec dans les chaumières : Pigeon Pigeon, jeu autoédité avec brio, propose d’exercer son imaginaire et de lui lâcher totalement la bride. Entre mises effrénées et bluff façon poker face, voici de quoi contenter votre penchant pour les fake news. Et les gros bobards, plus généralement.

14/11/2020, 14:20

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Bye bye Amazon : “Il en va de la responsabilité de chaque éditeur”

Zones sensibles est une maison d’édition belge de taille modeste, qui publie des ouvrages de sciences humaines. Elle a décidé de ne plus vendre ses ouvrages chez Amazon à partir de novembre 2020, et s’en explique dans cette tribune qui détaille par ailleurs quelques chiffres clefs sur l’économie du livre et sur l’importance des librairies indépendantes qui soutiennent la maison d’édition.

10/11/2020, 14:45