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Face aux géants du web, "aux éditeurs de prouver qu'ils sont irremplaçables" (Jean-Yves Mollier)

Vous avez également eu accès aux archives du Syndicat National de l'Édition (SNE), bien gardées elles aussi...

Le 05/11/2015 à 17:24 par Antoine Oury

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05/11/2015 à 17:24

Antoine Oury

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C'est en rédigeant son Autre histoire de l'édition française (La Fabrique) que Jean-Yves Mollier, chercheur spécialiste de l'histoire de l'édition, a eu l'envie de retracer l'existence du groupe Hachette, depuis la création de la librairie en 1826 jusqu'à la multinationale de 2015. Hachette, le géant aux ailes brisées, aux Éditions de l'Atelier, représente un travail inédit grâce aux nombreuses archives que Jean-Yves Mollier a pu consulter, qui révèlent notamment l'attitude de Hachette et d'autres maisons d'édition sous l'Occupation. Mais aussi parce qu'il analyse les défis que doit relever le groupe, et qui concernent toute l'édition.

Jean-Yves Mollier (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

Dans quelles circonstances avez-vous pu accéder aux archives de la maison Hachette ? 

À travers l'Institut Mémoires de l'édition contemporaine, l'IMEC, qui ne reçoit pas les archives en dons, mais en dépôt : le contrat que l'IMEC fait signer au dépositaire laisse à ce dernier la décision d'autoriser ou non la consultation des archives. 

Il y a deux types de déposants : ceux qui donnent un accord général, et ceux qui veulent donner une autorisation préalable. C'est le cas de Hachette, qui accepte en général les demandes, mais les vérifie. Après la publication de Édition, presse et pouvoir en France au XXe siècle qui leur avait déplu, alors même que c'était publié chez Fayard, une de leurs filiales, ils avaient en quelque sorte fermé l'accès aux documents pour la Deuxième Guerre mondiale.

Mais on peut dire aujourd'hui que les archives Hachette sont disponibles : puisque Lagardère n'a acheté Hachette qu'en 1980, ils pensent qu'après tout ils ne sont pas comptables des 160 années antérieures. Et puis ils ont peut-être compris aussi qu'il vaut mieux communiquer et dire que l'on n’a rien à cacher plutôt que de laisser dire qu'on a quelque chose à cacher.

Effectivement, le SNE, lui, n'avait jamais ouvert ses archives. Il le fit à ma demande, en 2006, et je ne crois pas que quiconque ait été autorisé, ou même ait demandé depuis, mais j'ai eu un accès tout à fait complet.

Malheureusement, ces archives ne sont que des épaves : il y a des dossiers qui remontent à la création du Syndicat, en 1891, mais ils ne sont pas très épais. Et pour la guerre de 1940, ce sont des dossiers très fins. Je sais par d'autres sources qu'il existe chez un avocat en province un dépôt d'une partie des archives, mais, à ce jour, elles ne sont pas accessibles et ne le deviendront que le jour où le Syndicat le décidera.

Qu’avez-vous découvert en consultant ces archives ?

Lorsque l'on couple les archives du SNE, les archives Hachette, ou ce qu'il en subsiste pour la période, et les archives allemandes de la Deuxième Guerre mondiale, à condition de bien lire l'allemand, alors on arrive à reconstituer tout ce que les entreprises ou les syndicats voulaient cacher.

Et j'ai pu montrer, en effet, que la rédaction des listes Otto [listes recensant les ouvrages retirés de la vente par les éditeurs ou censurés par les nazis, NdR] n'est pas simplement une initiative nazie imposée aux éditeurs, mais bien une sorte de mixage entre des listes préparées à Berlin et les listes françaises de chaque éditeur, préparées individuellement. À des fins de vérification, j'ai précisé le nom de la personne chargée de la préparer, pour chaque éditeur, d'après les archives du Comité d'épuration du livre du 6e arrondissement de Paris qui, à la Libération, avait fait passer en pré-jugement, en quelque sorte, tous ceux qui étaient soupçonnés, quitte à les renvoyer devant les tribunaux. Ces archives ne sont accessibles que depuis peu de temps, avec l'ouverture des archives portant sur la Deuxième Guerre mondiale.

Pourquoi les éditeurs ont-ils constitué ces listes ?

Au minimum, pour ne pas subir la défaveur de l'occupant, et dans certains cas, j'ai donné les noms, pour obtenir des faveurs. C'est le cas du responsable des éditions Tallandier qui, véritablement, veut profiter des circonstances pour devenir le patron de l'entreprise et publier toute la littérature qui plaira aux Allemands.

Quelle était la stratégie des éditeurs français envers l'occupant ?

Si l'on prend le cas des éditions Tallandier, ils se sont arrangés pour publier des romans destinés à la jeunesse dans lesquels il y avait des personnages de bons Allemands, de bons Roumains, de bons Hongrois, tous leurs alliés, mais il aurait fallu 30 ou 40 ans pour que ce genre d'idéologie puisse imprégner les esprits. Ils ont aussi essayé de privilégier les traductions de l'allemand. Il y a eu 2000 à 3000 ouvrages traduits de l'allemand sur cette période, mais les éditeurs étaient souvent plus malins : Gallimard a par exemple fait rentrer Goethe dans la Pléiade, ce qui ne posait évidemment aucun problème. Beaucoup d'éditeurs ont joué au chat et à la souris, en publiant le patrimoine. Les Allemands n'étaient pas stupides : ils jouaient, eux, sur l'attribution de papier pour faire pression sur les éditeurs. Mais quatre années n'ont pas été suffisantes pour donner des résultats probants avec ces stratégies, sauf chez quelques éditeurs.

Dans votre ouvrage, vous considérez que l'accord entre Amazon et Hachette survenu en novembre 2014 est une victoire à la Pyrrhus pour la maison française, pourquoi ?

Aucun journaliste ne connaît les termes de cet accord, et ne peut dire s'il s'agit d'une victoire ou d'une défaite. Reprenons le conflit dans son ensemble : Hachette a beaucoup communiqué : d'abord, il a dit qu'il voulait en découdre avec Amazon, et qu'Amazon ne gagnerait pas, il a publié des communiqués extrêmement agressifs, notamment sur le site de Hachette Book Group. Quand on reprend tous ces communiqués les uns à la suite des autres, on se rend compte que le ton baisse au fur et à mesure que l'on se rapproche de l'accord. Accord qu'Hachette, à la demande d'Amazon, n'a pas publié.

D'après moi, il s'agit véritablement d'une victoire à la Pyrrhus, donc d'une défaite : le conflit portait sur le prix de commercialisation des fichiers numériques de Hachette Book Group aux États-Unis, ou dans le reste du monde à partir de l'édition américaine de ses fichiers. On sait que la politique d'Amazon est de vendre le maximum d'objets, ce qui nécessite un prix d'appel le plus bas possible pour chaque objet. Amazon ne va gagner que quelques centimes par vente, mais, s'il y en a des millions, il va évidemment gagner beaucoup d'argent. Or, Hachette, comme la plupart des éditeurs français, ne veut pas abaisser de manière trop importante le prix des fichiers numériques par rapport à l'édition papier. En clair, Hachette voulait continuer à vendre entre 12,99 $ et 19,99 $, selon l'épaisseur et le type d'ouvrage, les volumes devenus des fichiers numériques. Amazon, lui voulait harmoniser à 9,99 $, le prix d'appel le plus compétitif dans le monde. Je ne connais pas l'accord, mais on peut imaginer qu'il est beaucoup plus près du prix proposé par Amazon que du prix que désirait Hachette.

Comment expliquez-vous cette défaite, alors même que Hachette avait reçu le soutien de ses auteurs et d'une bonne partie du monde du livre ?

Je considère que c'est une reddition en rase campagne, mais je ne condamne pas Hachette : pendant 180 ans, la puissance de la librairie Hachette puis du groupe Hachette est telle qu'il arrive à triompher de tous les obstacles. Locaux, régionaux, nationaux et même européens en 2002-2004 quand ils se sont opposés à la Commission européenne. Mais il serait tout à fait fallacieux d'imaginer qu'Hachette a gagné en 2014. Comment pourrait-il gagner avec un chiffre d'affaires de 2 milliards €, par rapport à un géant qui en pèse 80 milliards en 2014 et sans doute plus en 2015 ? Les chiffres d'affaires cumulés des 10 éditeurs mondiaux atteignent une trentaine de milliards €, c'est-à-dire 40 % du chiffre d'affaires du seul Amazon. Les entreprises du Net sont colossales : Apple, c'est plus de 650 milliards €, avec 15 milliards € de bénéfices par trimestre. Hachette est un fétu de paille face à eux, et c'est ce qui m'a intéressé dans ce livre. Il me semble que la situation est grave, Hachette tente de se donner les moyens de trouver une brèche par où combattre cet empire, mais à ma connaissance, pour le moment, ils ne l'ont pas trouvé.

Le contrat d'agence, remis en place depuis quelques mois, et qui laisse à l'éditeur le soin de fixer le prix de vente des ouvrages, n'est-il pas la réponse aux règles que les acteurs du Web tentent d'imposer ?

Bien sûr, le contrat d'agence est un moyen de lutter, mais quelle est la stratégie d'Amazon ? Il s'agit d'une entreprise jeune, qui est avant tout un distributeur, le plus gros du monde, probablement. Il est ensuite devenu éditeur, avec la distribution de prix littéraires, et en encourageant l'autoédition. Ça veut dire qu'au même moment où il négocie avec Hachette, Macmillan ou Simon & Schuster, il tente de passer au-dessus de ces éditeurs en faisant la promotion de l'autoédition, c'est-à-dire se passer des éditeurs.

Premier prix Amazon de l'autoédition

Remise du premier Prix Amazon de l'autoédition (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

Ces géants ont plusieurs stratégies, qu'ils mènent en parallèle : ils négocient avec les éditeurs, comme ils négocient avec les syndicats ou associations d'auteurs, mais leur objectif final est de casser le système. Jusqu'à maintenant, la Guilde des Auteurs aux États-Unis joue le jeu de l'édition traditionnelle, elle a demandé à ses auteurs de ne pas signer d'accord avec Amazon et de ne pas se faire autoéditer. Amazon propose 35 % de droits d'auteur, si vous avez un éditeur, et 70 % si vous faites de l'autoédition. Autant dire que vous pouvez gagner, au minimum, 7 fois plus qu'avec l'édition traditionnelle. Combien de temps les auteurs vont-ils résister à ce chant des sirènes ? Très peu de temps, à mon avis.

À Francfort, Arnaud Nourry a pourtant assuré que l'autoédition ne lui faisait pas craindre de perdre son métier...

Il y a deux aspects dans sa réponse, et le premier est en quelque sorte un satisfecit qui tient compte de l'histoire : l'autoédition n'a pas été inventée par les géants de la net économie, elle existe depuis plusieurs siècles, sous l'Ancien Régime, puis au XIXe et au XXe, et elle se poursuit avec Internet.

Sauf qu'il y a une véritable rupture si l'on considère l'histoire de Cinquante Nuances de Grey : voilà un ouvrage d'abord autoédité, qui passe ensuite à une forme intermédiaire entre l'autoédition sur Internet et l'édition, puis, comme il est repéré par un éditeur majeur, devient un livre ordinaire, publié. Il aura 40 ou 50 millions, non pas de lecteurs, mais d'acheteurs, des chiffres faramineux. S'il s'agit d'un événement isolé, un arbre ne cachera pas la forêt, mais si les cas se multiplient, je ne vois pas très bien comment l'autoédition ne deviendrait pas un raz-de-marée qui balaierait l'édition.

Le second aspect est celui des actionnaires : une entreprise privée ne vit qu'au temps que ses actionnaires continuent à acheter le titre Hachette et à le faire monter, ou en tout cas ne pas le faire baisser. S'il avait paniqué à Francfort, Arnaud Nourry aurait fait perdre 10 ou 15 % au titre Hachette, avant un effet boule de neige.

Hachette Livre - Frankfurt Buchmesse 2015

L'empire Hachette Book Group, plus fragile qu'il n'en a l'air (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

Prenons acte des déclarations d'Arnaud Nourry, souhaitons-lui, éventuellement, de trouver avec ses collègues les parades, mais, en tant que chercheur indépendant, je suis sceptique. Pour la première fois de ma carrière, je le suis parce que le poids économique de ces géants est tel que je ne vois pas comment les éditeurs vont trouver les moyens véritables de lutter. La radio aurait pu être un concurrent important pour l'édition, les éditeurs ont su trouver les parades, en l'utilisant pour la publicité, le théâtre radiophonique... La télévision aurait pu en être un autre : les éditeurs sont entrés au capital, ça n'a pas toujours été heureux — au fond, le dernier échec de Jean-Luc Lagardère, avec Silvio Berlusconi, fut avec la chaîne La Cinq, dont ils étaient actionnaires-propriétaires —, mais ils sont entrés. Le cinéma, aussi : les éditeurs ont su trouver les parades pour tous les concurrents. Mais là, ils ne disposent pas du trésor de guerre qui leur permettrait d'entrer au capital de ces sociétés.

Est-il donc trop tard pour la survie de l'édition telle qu'on la connaît aujourd'hui ?

Le fait de bien cerner un problème, et à ce sens mon livre peut être utile, peut permettre d'éviter des erreurs. Je ne crois pas qu'il soit trop tard, mais il faut trouver les moyens d'informer les lecteurs sur ce qui fait la différence entre l'autoédition et l'édition. Pour le grand public, au fond, il n'y a pas de raison que les éditeurs prennent un bénéfice : si quelqu'un a eu l'intelligence ou l'imagination pour écrire un roman, au fond, autant qu'il soit publié le plus vite possible. Ce qui est totalement faux, car il n'existe pas de romancier qui donne son roman directement à l'imprimeur. L'édition est un travail collectif, celui des directeurs de collection, des lecteurs, des correcteurs, tous ces gens qui vont faire que le texte que produit l'écrivain devienne un véritable livre. Le grand public vit sur l'idée fausse que les écrivains écrivent des livres : un poète écrit des poèmes, un dramaturge écrit des pièces de théâtre, et un romancier des romans, mais l'éditeur les transforme en livre.

Aux éditeurs de prouver que leur rôle est irremplaçable, ce qui veut dire qu'il faut cesser de promouvoir certains livres comme des paquets de lessive : il faut se souvenir que l'éditeur est un offreur, et non pas quelqu'un qui suit la demande. C'est quelqu'un qui anticipe les besoins, les désirs du public, qui est prêt à faire confiance à ceux qui dérangent, qui perturbent. Parce qu'elle est une industrie de prototype, l'édition doit continuer à accorder toutes les facilités aux jeunes pour écrire, et pas seulement publier et aider ceux qui vendent bien, même s'il est évident que ceux-là aussi ont leur rôle à jouer. La situation, si l'on se place du côté des auteurs, est dramatique : il y a de moins en moins de possibilités pour quelqu'un qui n'a pas un nom connu de devenir un écrivain digne de ce nom. Souvenons-nous, il y a un an et demi, des 600.000 exemplaires vendus du livre de Valérie Trierweiler : ce n'est pas tellement parce qu'elle raconte ses aventures avec le président, mais plutôt parce qu'elle a un nom. On n'a pas acheté un livre qui a une valeur littéraire, sociologique ou ethnologique, on a acheté son nom. Et probablement sans avoir lu le manuscrit. 

Nous apprenons aujourd'hui qu'Amazon ouvre sa première librairie physique à Seattle, constituée à partir du jugement des acheteurs : les livres qui ont deux, trois ou quatre étoiles vont être les seuls à être présentés sur les rayonnages. Cela veut dire qu'on fait confiance au consommateur pour dire quels sont les meilleurs livres. À ce prix, jamais La Méditerranée et le monde méditerranéen à l'époque de Philippe II de Fernand Braudel n'aurait eu le moindre lecteur puisqu'il s'en était vendu 120 exemplaires en une dizaine d'années. Jamais Le Rouge et le Noir de Stendhal n'aurait pu être lu, puisqu'il n'avait pas eu 500 lecteurs lorsqu'il a été publié.

Finalement, les éditeurs ont tout intérêt à continuer à appliquer la fameuse règle de Diderot en 1763 : sur 10 livres publiés, 5 ne rapporteront jamais rien, 4 couvriront leurs frais et un seul va rapporter de l'argent...

L'extraordinaire PDG de Fayard qu'était Claude Durand a toute sa vie expliqué que c'est le fonds qui nourrit une maison d'édition, et c'est pour avoir fait confiance à un certain nombre d'auteurs qui risquaient de ne pas vendre beaucoup d'exemplaires qu'ils ont fini par couvrir leurs frais. C'est, il me semble, incompatible avec la politique menée aujourd'hui par trop d'éditeurs qui se contentent de promouvoir les valeurs sûres. L'investissement se réduit, et on assiste à Paris à une véritable coupe dans les catalogues des maisons d'édition. On ne propose plus de contrat aux auteurs dont les livres ne se sont pas assez vendus et on propose le maintien ou la poursuite des contrats uniquement à ceux qui font gagner beaucoup d'argent à la maison. Il ne s'agit pas de demander aux éditeurs de devenir des mécènes ou des philanthropes, simplement de maintenir cette règle de l'équilibre.

La baisse des tirages et la hausse des titres publiés observés en 2014 ne sont-ils pas le signe d'un investissement dans plus de livres, justement ?

Si l'on se contente d'une analyse quantitative, on pourrait dire que les éditeurs investissent sur l'avenir en publiant plus de titres, mais une analyse qualitative permet de se rendre compte que les éditeurs appliquent une vieille recette du monde de l'économie qui consiste à assécher le marché en y mettant le maximum de productions du même genre pour éviter que les concurrents ne viennent sur ce marché. Il n'y a pas eu de multiplication de l'offre, il y a simplement eu augmentation colossale du nombre de titres.

D'ailleurs, ce ne sont pas forcément les grandes maisons d'édition qui publient plus : L'Harmattan, qui ne publie jamais un livre à plus de 300 ou 500 exemplaires, essentiellement des thèses, est pratiquement le premier imprimeur, qui publie plus de 2500 titres par an. N'oublions pas non plus les petits éditeurs, très nombreux. Le tout réuni fait qu'en France, qui n'a pas une démographie galopante, nous sommes passés d'environ 40.000 titres par an à 70.000 titres, nouveautés et réimpressions. 70.000, ce n'est absolument pas réaliste. On a doublé une pseudo-offre, mais comme le nombre d'acheteurs n'augmente pas, et c'est le tirage qui s'en est ressenti.

Kindle tactile d'Amazon déballage

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

Hachette investit massivement dans le développement d'un standard pour le livre numérique, et milite pour l'interopérabilité des ebooks : cette attitude vous semble-t-elle encouragée par une forme de riposte contre Amazon ?

Lorsque l'on voyage, on se balade avec un adaptateur pour les prises électriques, ne serait-ce que pour recharger le téléphone ou le rasoir électrique. D'un point de vue de la logique, on préférerait avoir une interopérabilité pour pouvoir passer de Kindle à Kobo ou un autre acteur. Amazon souhaite garder le marché du Kindle, mais sur ce point précis, Hachette a raison. Et à mon avis, Amazon ne s'entêtera pas : pour le moment, la chasse est gardée, mais le jour où il verra un risque de perdre des clients, il acceptera l'interopérabilité. 

Quant aux investissements de Hachette dans la définition des standards, j'y vois surtout une tendance naturelle. Les éditeurs ont investi dans les imprimeries à l'époque où le livre était en papier : une des plus grosses imprimeries de France, Brodard et Taupin, était la propriété à 100 % de la maison Hachette, de la même manière que Louis Hachette avait investi dans les papeteries d'Essonne, devenues les usines Darblay, la plus grosse papeterie du monde en 1900. Il y a toujours eu une volonté des éditeurs de contrôler le marché en amont et en aval, de la production du papier jusqu'à la diffusion et la vente des livres au détail. C'est une manière d'être présent sur un marché diversifié, dans une logique économique. Si les éditeurs parvenaient à s'emparer de la totalité des fabricants de liseuses, alors ils auraient une réponse, pour un moment. J'ajoute « pour un moment », car Amazon créerait sans doute un autre support, avec la capacité d'influencer le marché.

Vous évoquez finalement peu Arnaud Nourry dans votre ouvrage : que pensez-vous de sa carrière et de sa gestion ?

Oui, j'en parle peu, car j'évite d'abord de faire des personnalisations. J'ai connu plusieurs PDG de Hachette, notamment Jean-Louis Lisimachio, dont Arnaud Nourry était le bras droit. Il était alors le PDG du groupe Foucher-Didier, des maisons d'édition scolaire, et au moment du rachat de 40 % de Vivendi, en 2003, il y a eu un désaccord stratégique entre Arnaud Lagardère et une partie de son équipe, il a écarté Lisimachio au bénéfice d'Arnaud Nourry, devenu le PDG de l'ensemble du groupe. Arnaud Nourry, comme Lisimachio, fait partie des anciens d'HEC ou de l'Essec, des professionnels du management qui connaissent parfaitement les règles de l'économie, parlent et lisent parfaitement l'anglais.

Arnaud Nourry a su, jusqu'en 2006, conduire une véritable transformation au sein de Hachette : lorsqu'en 2003-2004, il reprend 40 % d'Editis, Hachette est essentiellement français, même s'il est présent aux États-Unis avec Grolier, sans grand succès, et en Espagne par Salvat, qui est plus cohérent, et quelques filiales en Amérique du Sud et Angleterre. Mais tout l'effort d'Arnaud Nourry va consister à racheter toutes les maisons d'édition du bassin anglophone, voire hispanophone, qui sont disponibles. Il va réussir ce coup de génie en 2006, au moment où s'écroule le géant né en 1998, AOL Time Warner : AOL revend Time Warner Book Group et Hachette s'en empare. Comme il a déjà racheté les maisons d'édition disponibles en Angleterre, Australie et Nouvelle-Zélande, il devient le numéro 1 en Grande-Bretagne, en Australie, en Nouvelle-Zélande, et le numéro 2 du trade aux États-Unis, derrière Bertelsmann avec Penguin Random House.

Arnaud Nourry, PDG de Hachette Livre - Frankfurt Buchmesse 2015

Arnaud Nourry, en octobre 2015 à Francfort (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

Avant l'apparition des GAFA, Arnaud Nourry a mené une stratégie cohérente à laquelle on ne peut que rendre hommage. Aujourd'hui, Hachette réalise 1/3 de son chiffre d'affaires en France, contre 2/3 dans le reste du monde. Il a même jeté des têtes de pont en Inde, en Asie, en Chine, on peut dire qu'il y a eu une bonne perception de ce qu'il se passait. Mais l'apogée était peut-être proche du périgée : au moment même où Hachette était au summum de sa puissance, il rencontre beaucoup plus fort que lui, avec l'apparition de ces géants du Net.

Vous évoquez dans votre livre l'influence qu'a su exercer Hachette sur les différents régimes politiques, cette influence se maintient-elle aujourd'hui ?

Pour l'influence sur le gouvernement, je ne suis pas tout à fait sûr que François Hollande ait apprécié le fait que le PDG des Arènes ait signé un accord exclusif de distribution avec Hachette au mois de juillet 2014, quelques semaines avant de produire Merci pour ce moment. François Hollande sait pertinemment que si Les Arènes ont gagné de l'argent en éditant Valérie Trierweiler, c'est Hachette qui en a gagné le plus en diffusant et en distribuant...

Le Bureau du SNE à l'Elysée.  Crédits photo © Présidence de la République - L. Blevennec

Mais, pour autant, on sait que le groupe Hachette est capable de développer ses antennes du côté du ministère de la Culture et de Fleur Pellerin, il l'a fait sous tous les gouvernements : la monarchie, l'Empire, la III, la IV, la Ve République, il continuera demain sous la VIe s’il y en a une un jour. Il y a donc un maintien de cette stratégie, mais elle est désormais mondiale, puisque l'Europe ne représente plus que 45 % de son chiffre d'affaires environ. Les défis ne sont plus au niveau de la France, ou même de l'Europe, ils sont mondiaux : même si Hachette regarde les éventuelles modifications européennes du droit d'auteur, il s'intéresse bien davantage aux mutations à l'échelle planétaire. Hachette est plus intéressé par l'Asie, en Chine et dans le sous-continent indien : ces marchés ont un énorme potentiel. La Chine a déjà deux groupes dans le top 10 des plus gros éditeurs mondiaux.

Si l'on parle beaucoup d'Amazon, l'ennemi public numéro 1, pour Hachette, semble bien être Google...

J'ai osé la comparaison entre les GAFA, Google, Amazon, Facebook et Apple, et les 4 Cavaliers de l'Apocalypse, mais Google demeure effectivement l'ennemi numéro 1, parce qu'il a numérisé dans les années 2000, jusqu'à la fin des années 2010, des millions d'objets imprimés : des livres, photographies, partitions... Google a passé des accords avec de grandes universités et bibliothèques, jamais publiés : pour les connaître, il a fallu qu'un cabinet d'avocats lyonnais fasse un procès à la Ville de Lyon, qui avait signé un accord avec Google pour la Bibliothèque municipale de Lyon. Le cabinet a gagné, ce qui a permis de connaître la teneur des accords.

Google s'est arrangé pour numériser le contenu des bibliothèques à l'aveugle, car une numérisation au cas par cas coûterait trop cher. Mais il n'a pas fait le tri entre domaine public, les oeuvres qui ont un auteur et dont la propriété littéraire appartient à une maison d'édition, et les oeuvres orphelines. Selon le principe de l'opt-out, Google attendait que les éditeurs réagissent, ce que Hachette a fait : c'était un peu un retour au XVIIIe, quand L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert est contrefaite à Genève, à Lausanne, à Iverdon et dans d'autres villes. Et Hachette a raison.

La politique de Google en la matière n'est pas très claire : on s'est demandé si cette fièvre de la numérisation n'était pas un moyen de se constituer un catalogue extraordinaire d'oeuvres dans le domaine public, ou orphelines, dont il serait le seul à pouvoir commercialiser les fichiers. Google, non pas en tant que moteur de recherche, mais en tant qu'entreprise pouvant se transformer en éditeur à la carte, en distributeur et en libraire, représente une véritable menace. Et quand les tribunaux américains semblent lui donner raison face à la Guilde des Auteurs, il y a une brèche qui rend le terrain des éditeurs de plus en plus instable. 

Accord numérisation Google Books - Hachette Livre

En 2010, Hachette signait avec Google Books une série d'accords pour la numérisation de ses livres

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

Pour quelle raison Google s'est-il emparé des chantiers de numérisation dans le monde entier ?

Avec mon ami Robert Darnton, directeur des bibliothèques d'Harvard jusqu'au mois de mai dernier, et Roger Chartier, professeur au Collège de France, nous nous sommes réunis à de nombreuses reprises avec un projet utopiste : faire en sorte que dans chaque pays la Bibliothèque nationale devienne la bibliothèque numérique du pays et qu'ensuite on interconnecte toutes ces bibliothèques pour avoir une vraie bibliothèque numérique. 

Ca me laisse un regret très amer, parce qu'au début des années 1990, lorsque la BnF a été transférée de la rue de Richelieu à Tolbiac, il y avait un projet de numérisation à marche forcée : j'ai signé en 1991 avec Fayard un contrat autorisant la BnF à numériser gratuitement L'Argent et les lettres: Le capitalisme d'édition (1880-1920) que j'avais publié trois ans auparavant [chez Fayard, NdR], à des fins de recherche. Ce contrat n'a jamais été honoré : quand la nouvelle BnF a ouvert en 1998, elle aurait dû avoir 100.000 volumes numérisés, elle n'en avait quasiment aucun. 

Je n'accuse pas ces grands groupes : si la BnF avait numérisé, jamais Google ne se serait intéressé à cette question. La nature a simplement horreur du vide, et ces entreprises ont comblé des vides. Il existe, pour la recherche, un certain nombre de bibliothèques numériques publiques : il existe Gallica, aujourd'hui Gallica 2, Europeana, la Bibliothèque électronique du Québec, aux États-Unis toute une série de bibliothèques publiques numérisées. Aujourd'hui, la plus grande bibliothèque du monde est possédée par une firme dont la logique est de faire de l'argent, ce qu'on peut difficilement lui reprocher. 

Nos collègues chinois nous ont expliqué qu'ils ont décidé de numériser sous l'autorité de la bibliothèque nationale de Pékin la totalité de leur patrimoine : ils ont commencé par les textes sur rouleau, et progressent ainsi. Ils ont des missions à Paris, à New York, à Londres, qui dépensent de l'argent pour numériser tous les manuscrits ou livres chinois qui sont possédés par les différentes bibliothèques. Ils n'ont pas voulu laisser Google entrer et je pense qu'ils ont raison, même si on ne sait toutefois pas si leur bibliothèque numérique sera en accès gratuit ou payant.

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ENTRETIEN – En quelques années, il s’est imposé comme le journaliste incontournable dans le domaine de l’Imaginaire. Depuis ses premières armes de lecteur, à son passage en bibliothèque, Lloyd Chéry en a fait une signature. Créateur du podcast C’est plus que de la SF, il récidivera prochainement avec une nouvelle émission : C’est plus que de la Fantasy. Car tout cela, c'est plus que de la passion...

09/05/2022, 11:24

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Médiateur du livre : “Ce qui compte, c’est la clarté du cadre juridique”

Le Médiateur du livre, autorité indépendante chargée de traiter les litiges concernant le prix unique du livre entre les acteurs du secteur, a récemment fait le bilan d'une année 2021 bien chargée, et des prochains mois de 2022 qui s'annoncent tout aussi studieux. Le Médiateur et ses services comptent d'ailleurs communiquer plus souvent et largement sur leurs actions : Jean-Philippe Mochon, titulaire du poste, a répondu à nos questions.

02/05/2022, 09:55

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Michaela Pavlátová : “En Afghanistan, l’intimité est très importante”

ENTRETIEN - Adaptation du roman Freshta de Petra Procházkova, le film d'animation My Sunny Maad sera diffusé dans les salles de cinéma sous le titre Ma Famille Afghane dès ce mercredi 27 avril. Herra, jeune femme d’origine tchèque, quitte tout pour épouser Nazir, désireux de retourner en Afghanistan. Le film, qui suit le regard d'une femme européenne dans un pays aux traditions diamétralement opposées, est notamment nommé aux Golden Globes. Sa réalisatrice, Michaela Pavlátová, nous a accordé un entretien. 

26/04/2022, 16:02

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Strasbourg Capitale du livre ? “Cette candidature s’est imposée à nous”  

ENTRETIEN - La maire de Strasbourg a profité du premier jour du nouveau Festival de Paris, le 22 avril, pour annoncer la candidature de sa ville au label Capitale du livre de l’UNESCO. À cette occasion, ActuaLitté a pu s’entretenir avec Jeanne Barseghian, afin d'évoquer avec elle les atouts de la ville du Bas-Rhin et tracer les contours du projet porté par la mairie écologiste. Si la préfecture alsacienne est choisie, elle deviendra la première ville française à recevoir ce label. 

25/04/2022, 16:20

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Le livre d'occasion à l'âge des grandes plateformes

ENTRETIEN - Engagé dans des recherches sur le marché du livre depuis une quinzaine d'années, le sociologue Vincent Chabault dévoile cinq ans d'études sur le livre d'occasion avec Le livre d'occasion. Sociologie d'un commerce en transition. Dans la continuité de son livre précédent, Eloge du magasin : contre l'amazonisation, sorti en 2020 aux éditions Gallimard,  le maître de conférences et chercheur au CNRS s'attelle à décrire un marché en constante évolution depuis une trentaine d'années – et sa nécessaire transition vers le numérique.

22/04/2022, 09:51

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La résurrection de Gaston Lagaffe “trahit la volonté d’un auteur”

Mi-mars, Dupuis dévoilait le retour du Héros Sans Emploi, Gaston Lagaffe, création d’André Franquin. Le dessinateur québécois Delaf se voyait confier une délicate mission de poursuite de l’œuvre. Mais rapidement, la fille de l’auteur, Isabelle Franquin, a décidé de s’interposer, et d’attaquer en justice, faisant valoir son droit moral dans la procédure.

20/04/2022, 09:47

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“La fatigue d'esprit de Descartes n'a pas grand-chose à voir avec celle de l'ouvrier”

LAM2022 - L'historien Georges Vigarello a construit une bonne partie de ses recherches - et de sa bibliographie - autour du corps, de la manière dont les sociétés et les personnes le considèrent, parce que, selon ses propres termes, « faire l’histoire du corps montre autre chose que le corps ». Son Histoire de la fatigue (Seuil, 2020) dresse ainsi une considération changeante des sociétés à l'égard de cette dernière...

15/04/2022, 11:17

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Une chevauchée de quelques instants avec Craig Johnson

Du 8 au 10 avril dernier, se tenait, comme d’habitude hors les périodes d’aléas sanitaires, entre l’Église Sainte Croix et le Conservatoire National de Musique à Bordeaux, une belle manifestation mettant à l’honneur le livre et nombre de tous ceux qui sont les acteurs de son rayonnement local : L’Escale du Livre. 

15/04/2022, 09:58

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“Tout le tragique du XXe siècle se lit sur le visage” de Milan Kundera

LAM2022 — Connue pour ses enquêtes publiées par le journal Le Monde, consacrées à des figures littéraires ou non, Ariane Chemin s'est arrêtée au festival Le Livre à Metz pour évoquer le livre dans lequel elle tente d'approcher Milan Kundera - sans jamais le rencontrer. Disparu volontaire depuis près de 40 ans, l'écrivain tchèque vivant à Paris incarne pour elle « l'histoire tragique du XXe siècle ».

11/04/2022, 11:09

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“On ne trouve jamais sa place tout seul” (Claire Marin)

LAM2022 — « Même pas peur ! » proclamait fièrement le festival Le Livre à Metz. Inventer sa propre vie peut faire partie des défis que nous lancent la société, les proches et le regard porté de l'extérieur. La philosophe Claire Marin, après avoir étudié les ruptures, s'intéresse à cette définition de soi dans Être à sa place: Habiter sa vie, habiter son corps, publié aux éditions de l'Observatoire.

10/04/2022, 19:33

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“Le féminisme est devenu très mainstream, ce qui peut être un problème”

LAM2022 - Invitée du festival Le Livre à Metz, l'autrice allemande Julia Korbik sortait d'une résidence à la Maison Robert Schuman, à Scy-Chazelles, non loin de Metz. Elle a pu travailler avec des habitants de la commune et des alentours, mais aussi parfaire sa maitrise du français en l'écrivant, ou encore poursuivre des travaux sur Unica Zürn. Rencontre avec l'autrice qui a remis en avant Simone de Beauvoir avec Oh, Simone ! (traduit par Julie Tirard, La Ville Brûle).

10/04/2022, 19:28

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“L'Odyssée est un roman d’aventures, mais aussi un texte très contemplatif”

LAM2022 – Mariette Navarro est la lauréate du prix littéraire Frontières – Léonora Miano 2022. Pourtant, son roman se déroule sur les mers, dans un cargo où les marins s'agitent : les vagues, les embruns, les étoiles, c'est pour les poètes. Eux traversent l'Atlantique dans un voyage extrêmement structuré. Jusqu'à un événement... inapproprié dans la vie de ces hommes et leur commandante.

 

09/04/2022, 15:26

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Entre violence et lumière, Agnès Martin-Lugand saisit “le pouls d’une société”

ENTRETIEN – Dix années, ou presque, que Michel Lafon Publishing publie les romans d’Agnès Martin-Lugand. Depuis l’autopublication sur Amazon au succès de la romancière dont les ouvrages se sont vendus à plus de 4 millions d’exemplaires, neuf romans se sont passés. Alors qu’un prochain, le dixième, La Déraison, sorti ce 24 mars, Elsa Lafon, directrice générale et Maïté Ferracci, son éditrice, reviennent sur cette collaboration.

24/03/2022, 09:00

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La Petite Littéraire : “Des livres beaux, accessibles à tous, abordables, et éclairants”

À l'occasion de la sortie de la collection La Petite Littéraire, Alain David, éditeur chez Futuropolis, est revenu pour ActuaLitté sur la création de ces nouveaux romans illustrés. Volonté d'un prix abordable, travail avec des auteurs et dessinateurs talentueux et apport d'un éclairage dessiné à des titres reconnus : Futuropolis publiera, pour cette nouvelle collection, environ deux titres par an. 

10/03/2022, 12:13

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Des Livres en Commun, ou “le pari du livre libre”

Framabook, la maison d'édition de l’association Framasoft, tournée vers l’élaboration et la promotion du logiciel libre, change son nom en Des Livres en Commun, et par là-même de logique éditoriale. L’équipe qui conduit cette aventure a accepté de nous présenter les principes de la nouvelle structure associative, où l’ambition principale est « de rémunérer les auteurs à leur juste valeur », en dynamitant tous les principes du sacro-saint copyright.

 

07/03/2022, 11:34

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“Le style est tout en écriture”, Valério Romão auteur d’Autisme 

L’écrivain portugais né en France, Valério Romão, revient en France avec un nouveau roman, Manquer à l’appel, qui clôt sa trilogie sur la « paternité ratée ». Comme pour ses romans précédents, ce dernier roman en date est édité en France aux éditions Chandeigne, spécialisées dans la littérature lusophone. Présent à la présentation de la traduction française au Théâtre de la Ville fin février, ActuaLitté a pu s’entretenir avec le romancier, mais également son traducteur, João Viegas. L’auteur a été révélé en France et au Portugal avec son premier roman, Autismo (Autisme), finaliste du prix Fémina étranger 2016.

05/03/2022, 10:06

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Aymeric Patricot : "Le thème de l’assistance sexuelle me hante depuis de nombreuses années" 

Rarement abordé, ou alors de biais, le thème de l’assistance sexuelle pour handicapé demeure tabou en France. Dans La Viveuse (éditions Léo Scheer, 2022), Aymeric Patricot traite frontalement de la question, par le truchement de la fiction. Héroïne ambigüe, insatisfaite, la jeune Anaëlle se lance dans l’aventure, aidant des infirmes à se réaliser moyennant finance…

04/03/2022, 11:15

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Tetyana Teren (PEN Ukraine) : “Les signes de solidarité reçus sont inestimables”

UkraineUnderAttack — Depuis le 24 février, l’invasion de l’Ukraine par la Russie provoque de larges vagues de soutien. Malgré les premiers pourparlers, le conflit ne semble pas s’apaiser, mais il est possible de venir en aide au peuple ukrainien et de s’assurer que leur voix reste entendue. Tetyana Teren, journaliste et directrice du PEN Ukraine, organisation de défense des auteurs et de leur liberté d'expression, évoque la situation et les engagements possibles, pour ActuaLitté. 

03/03/2022, 10:33

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Manuscrits médiévaux et culture mème dans le jeu vidéo Inkulinati

Et si les pages des manuscrits enluminés prenaient soudain vie, ouvrant le terrain à des batailles épiques entre des créatures plus improbables les unes que les autres ? Le jeu vidéo de stratégie Inkulinati permettra aux bibliophiles, et aux autres, de mener de fougueux et hilarants combats, dans les pages de luxueux ouvrages. L'équipe de développeurs de Yaza Games, qui travaille d'arrache-pied pour publier le jeu cette année, a pris un peu de temps pour répondre à nos questions.

02/03/2022, 10:51

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Jean-Luc Mélenchon : “Refondre toute la chaîne de production du livre”

#Presidentielle2022 — Jean-Luc Mélenchon, candidat de la France Insoumise, est le troisième participant à l'élection présidentielle à répondre au questionnaire d'ActuaLitté sur les mesures concernant le secteur du livre et la lecture, plus généralement. Les réponses du candidat, particulièrement détaillées, sont reproduites en intégralité ci-dessous.

25/02/2022, 10:03

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Nathalie Arthaud : arracher le livre “à l’emprise du profit et des multinationales”

#Presidentielle2022 — Candidate du parti Lutte ouvrière, Nathalie Arthaud a répondu à notre questionnaire concernant ses propositions pour le secteur du livre, qu'ActuaLitté a fait parvenir à un maximum de candidates et candidats déclarés. Réorganisant nos questions, elle les a également fait précéder d'un préambule : ses réponses, forcément révolutionnaires, sont reproduites en intégralité ci-dessous.

23/02/2022, 09:55

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Yannick Jadot : “Dans l’édition, c’est d’abord la diversité qui garantit la liberté d’expression”

#Presidentielle2022 — En vue de l'élection présidentielle, ActuaLitté a fait parvenir à un maximum de candidats et candidates déclarés un questionnaire pour expliciter leur projet dans le domaine du livre et de la lecture. Yannick Jadot, candidat écologiste, disposait de loin du programme le plus détaillé en la matière, et a répondu le premier à nos questions.

21/02/2022, 10:27

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Hélène Brochard (ABF) : les droits culturels, “enjeu central de la démocratie”

ENTRETIEN – Directrice de la médiathèque municipale Till l'Espiègle, à Villeneuve d'Ascq, Hélène Brochard est également, depuis le 31 janvier dernier, la nouvelle présidente de l'Association des Bibliothécaires de France (ABF) pour les trois prochaines années. Si la crise sanitaire a considérablement limité les établissements de lecture publique dans leurs missions, l'ABF entend bien poursuivre, plus que jamais, le travail de défense et de promotion qui est le sien.

11/02/2022, 09:53

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Inégalités de genre : “Dans les bibliothèques, c’est plus camouflé”

Comme d'autres institutions, les bibliothèques s'interrogent depuis plusieurs années déjà sur le rôle qu'elles peuvent jouer dans la lutte contre les inégalités de genre. Et, comme d'autres composantes de la société, elles ne sont pas exemptes de biais et discriminations en la matière. Florence Salanouve, conservatrice des bibliothèques et attachée chargée du livre et débat d’idées à l’Institut français de Prague, a dirigé un ouvrage collectif sur le sujet, intitulé Agir pour l’égalité. Questions de genre en bibliothèque, publié aux Presses de l'Enssib. Elle a répondu par email à nos questions.

31/01/2022, 10:25

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David Ferré, Actualités Éditions : Le théâtre se lit aussi

Si un modèle économique peut être difficile à trouver pour nombres d'éditeurs indépendants, cette affirmation n’est que plus juste lorsqu’on est un éditeur indépendant de théâtre. Actualités Éditions, porté par son fondateur, David Ferré, également traducteur, membre du comité directeur du Pen Club, et depuis peu, Président du Réseau européen de traduction théâtrale, Eurodram, propose des collections de théâtre hispanophones organisées par pays. L'esprit du projet éditorial de cette maison d'édition : « Le théâtre doit se lire dans le livre ». Sur quel modèle économique peut-on s'appuyer pour faire vivre un tel projet ?

22/12/2021, 12:37

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Collections des bibliothèques : “Nul bord n’a le monopole de la censure”

BookBanUSA - Aux États-Unis, les bibliothèques, notamment celles des établissements et districts scolaires, connaissent une recrudescence inédite des tentatives de censure à l'égard de leurs collections. Les ouvrages visés, qui évoquent surtout les expériences LGBTQIA+ ou le racisme, sont parfois retirés des étagères, sous une importante pression politique... Une telle situation est-elle envisageable en France ? L'Association des bibliothécaires de France (ABF) apporte quelques éléments.

20/12/2021, 11:05

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Censure de livres aux États-Unis : “Nous faisons face à une plus grande mobilisation”

BookBanUSA - Les États-Unis connaissent depuis plusieurs mois une vague de tentatives de censure sans précédent, qui implique désormais des personnalités politiques, en campagne ou non. Accusés d'être immoraux ou pornographiques, des livres sont pointés du doigt, et parfois retirés des collections de bibliothèques scolaires : nombre d'entre eux évoquent les expériences de personnes issues de la diversité ou se rattachant à la communauté LGBTQIA+. Deborah Caldwell-Stone, directrice du bureau de la liberté intellectuelle de l'Association des bibliothèques américaines (American Library Association, ALA) revient avec nous sur cette inquiétante situation.

17/12/2021, 10:40

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Abonnement, liseuses, audiolivres : Kobo, “un club de lecture 2.0”

En novembre, Fnac et Rakuten-Kobo ont lancé leur abonnement ebooks, Kobo Plus by Fnac. L’idée : s’inscrire dans le développement, de tous les secteurs des industries culturelles, de l'abonnement catalogue. Marc Sarfati, manager Marketing chez Rakuten-Kobo et Agnès Panquiault, directrice du développement catalogue Europe de l'enseigne canadienne, nous présentent les spécificités de cet abonnement, mais également la stratégie de l'entreprise pour se faire une place entre l’abonnement Kindle porté par le mastodonte Amazon, et l’abonnement Youboox, porté par le suédois Nextory. Une présentation qui s'étend aux deux nouvelles liseuses de la marque, les Kobo Libra 2 et Kobo Sage.

16/12/2021, 11:34

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Gisèle Sapiro : “La question des sensibilités se pose depuis que l’édition existe”

Le monde du livre n'échappe pas à des rapports de force, qui s'expriment aussi bien dans des choix éditoriaux que dans des logiques de concentration, ou encore dans la réception publique de certains livres. La sociologue Gisèle Sapiro, directrice d'études à l'EHESS et directrice de recherche au CNRS, autrice de Peut-on dissocier l'œuvre de l'auteur ? (Seuil, 2020), revient avec nous sur quelques questionnements récents de l'édition, avant son intervention aux Assises internationales de l'édition indépendante, ce mercredi 24 novembre.

23/11/2021, 16:50

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Samar Haddad : “Les éditrices en Syrie se comptent sur les doigts d'une main”

Du 23 au 26 novembre 2021, l'Alliance internationale des éditeurs indépendants organise les Assises internationales de l'édition indépendante à Pampelune. Liberté d'expression, bibliodiversité, place accordée aux langues « minorées » font notamment partie des sujets abordés au cours de tables rondes, tout comme la place des femmes dans l'édition. Sur ce dernier sujet, Samar Haddad, directrice de la maison d'édition Atlas Publishing, nous livre son expérience en Syrie.

22/11/2021, 13:01

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Devenir une femme auteur, “c'est s'exposer à une grande violence sociale” (Titiou Lecoq)

Titiou Lecoq, qui a récemment publié Les grandes oubliées — Pourquoi l’Histoire a effacé les femmes (L’iconoclaste), a pu constater l'invisibilisation des autrices de l'histoire littéraire, malgré des parutions et des succès multiples. Alors qu'elle signe la préface pour les éditions Talents hauts de La femme auteur (1802), roman de Félicité de Genlis, qui incitait les femmes à prendre la plume, elle revient avec nous sur les multiples obstacles à une reconnaissance littéraire des autrices.

18/11/2021, 16:08

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Joyce, anniversaires, expo virtuelles : le Centre Culturel Irlandais dans tous ses états  

Riche saison 2022 pour le Centre Culturel Irlandais (CCI) : installé dans l’ancien Collège des Irlandais au coeur du Quartier Latin, l'organisme célèbre cette année le centenaire de la publication du plus célèbre des romans irlandais du XXe siècle, Ulysse (Trad. Jacques Aubert) de James Joyce, l’indépendance de l’Irlande, et surtout les 20 ans de ce centre dédié à la culture du pays d’Edna O’Brien. A cette occasion, l’institution inaugure cette semaine un module d’expositions virtuelles : 8 propositions inédites pour permettre de découvrir les collections patrimoniales du centre, entre imprimés datant du XVe au XIXe siècle, manuscrits ou encore archives historiques. 

20/05/2022, 13:08

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“La Comédie du Livre – Dix jours en mai continue d'écrire son histoire”

Imaginée au milieu des années 80 par des libraires qui rêvaient de rencontres au grand air, la Comédie du Livre à Montpellier a connu, au cours des 37 dernières années, de nombreuses métamorphoses. Attentive à l’évolution des pratiques, à celle des attentes du public, des autrices et auteurs, des libraires, des éditeurs, la manifestation a su se réinventer régulièrement, étoffer sa programmation, accueillir des écrivains venus du monde entier. Par Régis Penalva Directeur littéraire et artistique.

19/05/2022, 11:27

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L'incroyable histoire du vin, le jeu : grains de raisin et vendanges s'emmêlent 

Le jeu de société, un temps oublié, revient sur le devant de la scène : soirées, bars à jeux et parties en tout genre font de cette activité un passe-temps de plus en plus plébiscité. Les Arènes surfent sur la vague avec ludicité et pédagogie : un nouveau jeu de plateau, L'incroyable Histoire du Vin, nous apprendra l'histoire du vin... en s'amusant. Pas même besoin de modération. De quoi profiter d'une partie, sans se refuser un verre ou deux.

19/05/2022, 08:01

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L'anglais en langue commune de l'Europe, “une dérive inadmissible”

Le Haut Conseil international de la Langue française et de la Francophonie en appelle à Emmanuel Macron pour qu’il agisse fermement contre l’adoption par les institutions européennes de l’anglais comme “langue commune”. Langue de collaboration et de travail, elle représenterait « une dérive doublement inadmissible : elle est contraire aux traités qui régissent la politique linguistique de l’ U.E, donc illégale, et absurde après le départ du Royaume-Uni (Brexit) ».

18/05/2022, 11:55

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Ce cafard qui surgit à la fin d'un livre, ou le mal de lire

La lecture, remède contre le stress, plus personne ne le nie. D’autant que la science l'affirme : les bienfaits de cette activité sur le cerveau font l’objet d’études multipliées — l’imagerie cérébrale aidant les chercheurs dans leur démarche. Qu’une œuvre suscite également des émotions, les plus diverses, se comprend par certains mécanismes. Mais pourquoi, une fois l’ouvrage achevé, garde-t-on en soi une certaine mélancolie ?

17/05/2022, 09:15

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Écrivains : de joyeux lurons aux espoirs aussi hauts qu’un gratte-ciel

Le Graal dans l’édition, c’est d’être publié dans une maison d’édition respectable ni à compte d’auteur, encore moins sur Amazon. Certes, ils sont légions à voir leur manuscrit refusé, et par paresse souvent, ou par urgence, se précipitent tels les figurants de la littérature. Ils ne risquent pas pour la plupart d’en devenir les acteurs. Il faut choisir. Quant au Graal, on finit par l’oublier, on veut tout, le beurre, l’argent du beurre, la fermière et sa ferme. Par Gilles Paris.

16/05/2022, 13:04

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Crise du papier : “On est pris en otage par ces hausses de prix" 

#PenuriePapier - En marge du Prix Maison de la Presse, remis ce mardi 10 mai au siège de la SGDL, crise du papier et difficultés dans l'édition sont sur toutes les lèvres. Sophie de Baere, lauréate, et Constance Trapenard, son éditrice, se réjouissent des retombées de la récompense sur l'avenir des Ailes Collées. Toutefois, Arnaud Ayrolles, président fondateur du groupe NAP, estime que l'augmentation du coût des matières premières reste une vraie préoccupation. 

12/05/2022, 15:45

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Monsieur le Président, travailler avec vous “afin de renforcer la place des bibliothèques”

L'Association des Bibliothécaires de France avait sollicité les différents candidats de l'élection présidentielle pour connaitre leur programme pour les bibliothèques et la lecture publique. Désormais réélu, Emmanuel Macron n'avait pas répondu aux interrogations. Pas rancunière, l'organisation professionnelle propose désormais un rendez-vous au chef de l'État, pour discuter des chantiers à venir. Nous reproduisons ci-dessous cette lettre au président de la République, en intégralité.

12/05/2022, 15:19

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“Il est possible de proposer de nouvelles expériences littéraires”

Les genres de l’imaginaire se prêtent extrêmement bien au transmédia. Voilà longtemps que le Japon l’a compris – un peu moins longtemps que manga et anime sont acceptés comme d’authentiques véhicules culturels en France. Voilà longtemps, aussi, que les pays anglo-saxons nous abreuvent de films, de jeux vidéo, de romans tirés de licences, quand ce n’est pas l’inverse. Par l’équipe Pangar Studio.

10/05/2022, 17:46

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"À force de maltraitance, c’est la vigueur de la création qu’on ensevelit" 

En cette veille de remaniement ministériel, la Charte, association de défense des droits des auteurs et illustrateurs jeunesse, profite de l'occasion pour alerter sur le recul de la condition des artistes et écrivains. Rapport Racine, contrat de commande, rémunération : l'association demande, dans une tribune reproduite ci-dessous, « plus de vitalité et de sécurité pour la création ». 

05/05/2022, 12:40

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En Ukraine, 242 crimes russes recensés "contre le patrimoine culturel"

UkraineUnderAttack - Depuis plus de deux mois, l’Ukraine lutte contre l’invasion russe menée par Poutine. Le Pen Club français, qui défend la liberté des auteurs, fait état des centaines de crimes contre des lieux culturels, et du bilan humain qui ne cesse de s’allonger. Nous reproduisons ci-dessous la lettre de l’organisation.

04/05/2022, 12:39

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Une ballade pour Robbie

Le romancier et écrivain américain Robert Goolrick, auteur de Féroces et d'Une femme simple et honnête, est décédé ce 29 avril, à l’âge de 73 ans. Les éditions Anne Carrière saluent aujourd'hui un auteur sensible et amoureux de la France, notamment distingué par le Prix Fitzgerald 2015 pour La Chute des princes. Stephen Carrière a fait parvenir à ActuaLitté un texte, en hommage. Le voici proposé dans son intégralité.

04/05/2022, 11:47

ActuaLitté

Perpétuité pour Osman Kavala et urgence à sanctionner la Turquie

La condamnation de l'homme d'affaires et éditeur Osman Kavala à la prison à vie par un tribunal turc a été perçue comme une nouvelle étape dans la répression de l'opposition par le régime de Recep Tayyip Erdoğan. La Ligue des droits de l’Homme (LDH) et la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) demandent à Emmanuel Macron d'intervenir pour sa libération ou pour sanctionner la Turquie.

28/04/2022, 14:56

ActuaLitté

L'art délicat de la désinformation, cette “arme de guerre”

UkraineUnderAttack – La désinformation, comme arme de destruction massive : cette idée revient en force avec le conflit en Ukraine. Une forme de guerre moins coûteuse, qu’expose depuis une dizaine d’années le chef d’État major des forces russes, le général Valeri Gerasimov. Mais en remontant le fil de l’histoire même du terme, on retrouve un écrivain d’origine russe, qui en avait fait un thème majeur de ses romans : Vladimir Volkoff.

27/04/2022, 16:49

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Condamnation d'Osman Kavala : un “verdict injuste” pour le PEN Club

La condamnation à la prison à vie du mécène et éditeur Osman Kavala, prononcée ce lundi 25 avril par un tribunal turc, a représenté une nouvelle manifestation de la répression de l'opposition par le gouvernement de Recep Tayyip Erdoğan. Le PEN Club français, comme d'autres organisations internationales, dénonce cette parodie de justice destinée à faire taire tous les opposants au régime. Nous reproduisons ci-dessous le texte qu'ils nous ont communiqué, en intégralité.

27/04/2022, 09:30

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“Ainsi disparaît cette sagesse de ne plus avoir de guerre sur le continent européen”

UkraineUnderAttack – Le Pen club français poursuit ses attaques et déclarations contre le régime de Vladimir Poutine. Cette fois, c'est en citant Léon Trotski que l'organisme de défense de la liberté d'expression, accompagne ses réflexions. « Peut-être ne vous intéressez-vous pas à la guerre, mais elle s’intéresse à vous. » Leur texte est ici proposé dans son intégralité.

                                                                                                          

26/04/2022, 08:00

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Élection présidentielle : “Plus qu’un choix de société, un choix de civilisation”

#Presidentielle2022 — Le débat entre les deux candidats passé, la prochaine échéance de l'élection présidentielle n'est autre que le second tour, ce dimanche 24 avril. Une partie du monde de la culture s'est exprimé sur les dangers de l'extrême droite, et les élus de Fédération Nationale des Collectivités territoriales pour la Culture (FNCC) invitent à leur tour à bien peser les conséquences du vote. Tout en appelant, dans la tribune reproduite ci-dessous, à plus de budget pour la culture.

22/04/2022, 09:39

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À quand un vrai “Marché des droits” en France ?

L’Alliance des agents littéraires français (AALF) profite de l’occasion qui lui est donnée pour ouvrir le débat : du 22 au 24 avril, s’ouvre le Festival du livre de Paris, destiné au public. En parallèle, un marché de vente de droits, réunissant éditeurs étrangers et français s’est organisé. Il exclut cependant les agents littéraires, pourtant parmi les premiers concernés. Dans une tribune communiquée à ActuaLitté, l’AALF relève quelques points qui interrogent. Leur texte est ici proposé dans son intégralité.

21/04/2022, 12:34

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De Kyiv à Paris, deux éditeurs entrent en résistance contre Poutine

UkraineUnderAttack – Les éditions Medusa (Kyiv) et Syllepse (Paris) ont communiqué à ActuaLitté une déclaration commune. Cette dernière pose les bases d'une collaboration entre les deux structures, pour résister à l'oppression et l'invasion russes. Leur texte, sous forme d'un quasi Manifeste, est proposé ci-dessous en intégralité. 

20/04/2022, 16:59

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Pierre Buraglio : “J'ai mis ma maison dans celle de Balzac”

EXPOSITION — La maison de Balzac accueille du 13 avril au 4 septembre prochain l’exposition Buraglio à l’épreuve de Balzac. Sous forme de carte blanche à Pierre Buraglio et à travers une quarantaine d’œuvres préexistantes, mais aussi inédites, le parcours réécrit Balzac sous l’œil de celui qui est surnommé « le peintre sans pinceau ».

20/04/2022, 10:54

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Festival littéraire ou cluster : “La pandémie n’est pas terminée”

Les manifestations littéraires reprennent, et les risques de contamination Covid avec elles. Un collectif d’une centaine d’auteurs signe une tribune pour rappeler les impératifs sanitaires et s'engage à ne plus participer aux événements qui ne mettraient pas œuvre des mesures simples.. Du bon sens et ce, pour la protection du plus grand nombre. Leur texte est ici publié dans son intégralité. 

18/04/2022, 22:34

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Des lecteurs de la BnF pointent une “dégradation définitive du service public”

Lecteurs, lectrices et personnel de la Bibliothèque nationale de France se sont accordés pour dénoncer de nouvelles conditions d'accueil du public, qui changent notamment les modalités de communication des documents. La direction a avancé des arguments dans nos colonnes, mais l'opposition persiste et signe. Elle déplore une « fin de non-recevoir » adressée par la direction à l'Association des lecteurs et usagers de la Bibliothèque nationale de France (ALUBnF), en refusant de recevoir l'organisation lors d'un comité technique, ce 14 avril.

15/04/2022, 15:18

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Marine Le Pen, “des pressions inédites et dangereuses” sur la presse

Ce 24 avril interviendra le second et dernier tour de l’élection présidentielle. Face à face, un revival de 2017, avec Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Or, le PEN Club français manifeste dans nos colonnes différentes préoccupations en regard du traitement de la presse. Et du travail de journaliste.

15/04/2022, 11:54

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Les auteurs montent au créneau pour leurs revenus

Officialisée par les services de Valois, la mission confiée au professeur de droit Pierre Sirinelli aura pour objet d’aborder la question de la rémunération, entre auteurs et éditeurs. Une déclaration de la Société des Gens de Lettres et de l’Association des Traducteurs Littéraires de France savoure ce qui ressemble à une victoire : « Les demandes des auteurs ont été entendues », indiquent les associations. Leur message est ici présenté dans son intégralité.

14/04/2022, 12:46

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Champollion ou la renaissance des Pharaons  

Environ 1500 ans : c’est le nombre d'années qui séparent la dernière inscription hiéroglyphique connue, et le déchiffrage de cette écriture énigmatique par Champollion. Après plus d’un millénaire de silence, la langue figurative avait été reléguée au rang de symboles hermétiques – porte vers des secrets ensevelis. Du 12 avril au 24 juillet, la BnF propose une exposition en forme d'initiation ludique et savante à la « méthode Champollion ». L’occasion de redonner corps à une des civilisations les plus fascinantes que la terre ait jamais portées. Une exposition qu’a pu visiter ActuaLitté en avant-première. 

13/04/2022, 15:30

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France et Italie, sœurs jumelles de l’édition

En prévision du Festival Italissimo, qui se déroule du 6 au 10 avril à Paris, une table ronde a eu lieu le 4 avril 2022 à l’Institut italien de Culture à Paris – L’édition en France et en Italie : problématiques, transformations et traductions. Diego Marani, l’actuel directeur a rappelé les paroles d'Umberto Eco, « la traduction est la langue de l’Europe ». « Le rêve », souligne encore Marani, est celui d’un « monde bilingue avec une distribution commune. »

06/04/2022, 17:02

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Exploding Kittens : si tu aimes les chatons, ils ne te le rendront pas...

JEU D'APÉRO – De par son succès lors d’une campagne de financement participatif – 8,7 millions $… – et avec plus de 10 millions d’exemplaires écoulés, Exploding Kittens DEVAIT figurer parmi les jeux que la rédaction expérimente. Nous avons traîné, depuis juillet 2015, et arrivant amplement après la bataille, nous n’aurons rien de plus à ajouter – tout a déjà été dit. Fort bien, et tant pis : on a tout de même envie de vous en parler !

04/04/2022, 09:22

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“Les auteurs sont peut-être tous narcissiques, mais pas à Metz !”

LAM2022 – La romancière Fabienne Jacob comptera parmi les invités du festival Le Livre à Metz, qui se déroulera du 8 au 10 avril 2022. Partenaire de l’événement, ActuaLitté donne aujourd’hui la parole à l’auteure, qui entretient avec l’événement une relation forte. Et plus largement encore, avec la ville elle-même.

01/04/2022, 10:34

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Du métavers aux multivers propriétaires : le piège de la cage dorée

Marvel et DC Comics partagent cette notion d’univers fictifs coexistants et susceptibles de se croiser : le Multivers. Des dimensions parallèles, peuplées d’êtres semblables sans être identiques, se déclinent pour mieux assurer la commercialisation d’histoires. Pendant ce temps, dans les monstrueux ordinateurs d’entreprises de tech, se développent des métavers, réalités virtuelles prochaines, comme autant d’El Dorado. Or, à l’époque de la ruée vers l’or, seuls les vendeurs de pioches firent vraiment fortune…

31/03/2022, 11:19

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“C'est demain que nous partons”, des lettres pour raconter l'indicible

À l'occasion du 80e anniversaire de la rafle du Vel d'Hiv, au sous-sol de son bâtiment inauguré en septembre 2012, le mémorial de la Shoah de Drancy présente de nouveaux trésors, les lettres d’internés des camps de Drancy et du Loiret, du Vel d’hiv à Auschwitz. C'est demain que nous partons est une exposition à découvrir du 27 mars au 22 décembre 2022, et raconte l'histoire de la Shoah différemment.

29/03/2022, 15:47

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“Ensemble, c'est mieux” : entre manifestations littéraires, une nécessaire solidarité

LAM2022 – Travailler avec des partenaires, Le Livre à Metz sait faire et développe un bon nombre de ses actions en collaboration avec des institutions locales depuis plusieurs années. Claire de Guillebon, responsable de la programmation de l'événement qui se tiendra du 8 au 10 avril 2022, expose ici les bases d'un projet fédérateur et collectif.

29/03/2022, 15:30

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“Mon premier amoureux était Charles Bronson”

J’avais prévu de l’épouser pour mes 10 ans. Ses beaux yeux un peu bridés me laissaient croire que j’avais une chance, vu que j’avais les mêmes. Mais en moins bleus. Et en moins beaux, aussi. Steve McQueen, je savais que c’était sans espoir. Par Nébine Dominguez.

25/03/2022, 15:57

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La Russie en guerre contre l'Ukraine, ou Ivan le Terrible vs Woody Allen

UkraineUnderAttack – Voici un texte rédigé par l'écrivain Emmanuel Ruben, agrégé de géographie et ancien directeur de la maison Julien Gracq. À l'occasion d'un colloque consacré à l'Ukraine, il a proposé la lecture de ce récit devant quelque 300 étudiants réunis à l'université Lyon 3, sur le campus de la Manufacture des tabacs (Lyon 8e). Il nous l'a fait parvenir.

25/03/2022, 14:21

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“Dans quel secteur, la difficulté est-elle si mal rétribuée ? Aucun.”

Je suis autrice jeunesse. Cette année, je vais écrire six livres pour les 8-12 ans et 3 histoires pour la presse, tous déjà programmés pour publication. De ce travail, je ne vais même pas retirer un SMIC par mois : 80 % pour être exacte. Car je ne toucherai en moyenne que 5 % du prix de vente de mes livres, soit moins que ce que l’État prélève en TVA ! Pourtant c’est long et dur d’écrire : aujourd’hui sur 6000 manuscrits, seul un livre finira en librairie. Par Élisa Villebrun.

22/03/2022, 09:00

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Mon travail d'auteur ? “J’écris vite. Je compte bien. Et le compte n’y est pas”

J’écris vite. Je compte plutôt bien. Hier j’ai produit 2 chapitres de ce roman jeunesse que je dois rendre en mai. Dix pages, donc. Il en comptera entre 400 et 450. À ce rythme-là, il me faudra 40 jours de travail – mettons deux mois, avec les ouikends – pour le terminer. Bon, je ne compte pas le temps de recherche ni celui des corrections ; c’est un métier passion, ou pas ? Par Manu Causse.

21/03/2022, 10:50

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Plus facile de négocier avec Deliveroo : “Serait-il temps d’ubériser le SNE ?”

Je suis auteur. Je ne suis pas du sérail, mon cercle familial n’a aucun lien avec le monde du livre, et comme beaucoup, je n’ai longtemps eu qu’une idée vague de ce qu’est un auteur, son quotidien et ce qu’implique son travail. Lorsque j’ai publié mon premier ouvrage en 2019, j’ai déchanté. Par Thomas Fouchault. 

19/03/2022, 10:54