#Technologie

Pour un service numérique public du livre et des littératures

Sous forme de lettre ouverte adressée à Fleur Pellerin, Jean-Marc Bastardy dresse le bilan de six années d’expérimentations numériques. Autant d’enseignements, de pratique, de tentatives et d’analyses plus opérationnelles que théoriques, qui aboutissent à un cri d’alerte. En cause, l’inertie des pouvoirs publics qui lui semble « réellement fautive compte tenu de l’importance des enjeux ». 

Le 09/12/2015 à 09:47 par La rédaction

0 Réactions | 0 Partages

Publié le :

09/12/2015 à 09:47

La rédaction

0

Commentaires

0

Partages

linkedin mail print
ActuaLitté

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

Pour un service numérique public du livre et des littératures

Lettre ouverte à Madame la Ministre de la Culture

Madame la Ministre,

En France, c’est bien connu, nous n’avons pas de pétrole, mais nous avons des idées (souvent fumeuses) formulées par des centaines d’experts et de rapporteurs spécialisés dans le « y-a-qu’à-faut-qu’on » ; en marge de cette agitation politique, administrative et médiatique, nous avons des créateurs plus discrets et des entrepreneurs plus silencieux, mais ces derniers manquent cruellement de financements ; ne disposant pas de l’entregent nécessaire, ils peinent à faire aboutir des projets concrets qui bénéficieraient pourtant à l’intérêt général.

Si l’on rajoute à cette situation une absence criante de volonté et de courage politiques, la paralysie d’affronter les lobbys en présence ou les structures intermédiaires chargées de la politique du livre, ainsi qu’une persistance en la croyance de paradigmes obsolètes, on ne peut s’étonner vraiment de l’inaction coupable qui vient de faire perdre à la filière du livre, et donc à une branche fondamentale de l’économie française, plus de deux décennies de retard dans la révolution numérique, pourtant formidable opportunité de libération des créateurs et des citoyens.

Pour bien comprendre cet immobilisme suicidaire et l’effet retard de notre prise de conscience, il faut savoir identifier les causes, les comprendre ; surtout ne pas avoir peur de les nommer. Et ne pas oublier d’esquisser, cela va de soi, les solutions concrètes, opérationnelles qui permettraient enfin de remédier à cette impéritie pour tenter de rattraper le temps perdu vis-à-vis d’envahisseurs — les fameux GAFA — dont la boulimie n’a plus aucune limite. Il ne s’agit pas seulement de sauver l’avenir d’une filière et de ses acteurs, il s’agit d’une lutte de survie pour préserver notre culture et sa langue.

Si le cadre de cette lettre ne permet pas de rentrer dans les détails, si l’histoire socioéconomique de ce rendez-vous manqué reste à écrire – les travaux de certains historiens, comme Jean-Yves Mollier, méritent cependant d’être lus avec beaucoup d’attention —, il semble utile d’évoquer les freins majeurs à cette modernisation indispensable.

Le but de ce courrier, vous l’aurez compris, n’est pas de trouver de nouveaux amis dans les couloirs du ministère, mais plutôt de dire publiquement, enfin, ce que beaucoup murmurent trop bas.

Une industrie sclérosée, aux aguets, affolée par la libération des auteurs

Le joli terme de « maison d’édition » fait partie de cette mystique du champ littéraire issue de notre héritage des religions « du livre ». La réalité industrielle, vous le savez, est beaucoup moins glamour  : 10 groupes intégrants tous les maillons de la chaîne du livre assurent 80  % du C.A. consolidé du secteur ; parmi eux, deux seulement captent plus de la moitié des revenus. Or l’émergence du numérique remettait non seulement en cause cette position dominante, mais posait un problème presque essentialiste  : quel devenir pour une filière si intégrée ? 

D’une part, la diffusion numérique, en levant en effet le principal frein de la rencontre entre un auteur et son lectorat rendait les intermédiaires de moins en moins indispensables sur un plan technique (libraires compris). D’autre part, elle permettait d’envisager une redistribution plus équitable de la valeur, notamment au bénéfice de l’auteur qui, paradoxalement, est toujours resté le maillon faible — comprendre « le plus maltraité » — de l’ancien écosystème (rappelons que seulement 400 créateurs en France vivent plus ou moins bien de leur art alors que les auteurs nourrissent toute une industrie et beaucoup d’actionnaires qui se soucient peu des littératures).

C’est donc dans une lutte contre sa propre disparition que s’est lancée la profession en ordre dispersé, non seulement en reportant longtemps la réflexion stratégique de sa propre évolution, mais, surtout, en bloquant, via les instances interprofessionnelles dont elle détient le contrôle, toute initiative pouvant menacer ses intérêts particuliers.

Un oligopole obsédé par le maintien de la rente

Le modèle industriel existant est largement organisé par une cavalerie financière sur le commerce des produits matériels. À ce titre, nous avons d’ailleurs été le dernier secteur à bénéficier de dérogations exceptionnelles dans la réforme nationale des délais de paiement et ceci afin de prévenir l’écroulement du système (de l’imprimerie à la librairie).

Tout analyste sérieux ou contrôleur de gestion le reconnaît  : la part lucrative des grands groupes éditoriaux dépend de la notion de flux  : on gagne de l’argent non pas sur l’édition des livres à proprement parler, mais sur le flux de la commercialisation de leurs supports matériels (« livres imprimés » par exemple) et les services lucratifs qui sont facturés aux libraires tout au long de la chaîne logistique « offerte » par les filiales de diffusion-distribution appartenant à ces mêmes groupes.

L’idée de perdre ce prodigieux pactole fut l’une des causes les plus importantes de la réticence des grands opérateurs à s’engager dans un modèle alternatif qui ne promettait à terme que la destruction de cette principale « valeur ». D’où leur engouement pour la croissance externe et la concentration  : « du flux, du flux, du flux ! » Pour ne prendre qu’un seul exemple, la notion si lucrative d’office, ne pourra pas trouver sa place dans le modèle numérique.

Il fallut donc attendre l’aiguillon de plus en plus douloureux d’Amazon pour obliger les acteurs à sortir de leur apparente apathie.

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

La plaie du corporatiste

Cette résistance au changement fut accentuée par l’inertie ou l’incompétence des instances représentatives qui, bien évidemment, furent — sont toujours — paralysées par les conflits d’intérêts. Difficile en effet de servir l’intérêt général tout en préservant les avantages concurrentiels du groupe que l’on sert. Pour le dire de manière plus imagée, le MEDEF ne s’est jamais soucié des problèmes des TPE ; il ne faut donc pas s’attendre à ce que le SNE prenne en compte les problématiques de la petite édition ou que le SFL se soucie réellement des difficultés de la très petite librairie.

Prenons un exemple très simple, mais très révélateur pour comprendre le peu d’engouement à développer des outils interprofessionnels performants. Pour commercialiser un livre, il faut disposer d’un numéro ISBN. Tout éditeur en herbe connaît la difficulté à acquérir les premiers numéros ISBN et la durée extravagante de cette attribution (une première demande peut aller jusqu’à… trois semaines). Ce service de base est pourtant géré par l’interprofession puisque Electre remplit ce rôle pour le compte de l’AFNIL. Il suffit donc de se rendre sur le site Internet de l’AFNIL pour constater la capacité d’un opérateur à rendre complexe un processus extrêmement simple qui devrait être totalement automatisé depuis des années.

Un proverbe admet que « celui qui peut le plus peut le moins » ; l’inversion de cette proposition est rarement constatée. C’est pourquoi les échecs des projets interprofessionnels se sont succédé les uns après les autres. On sait avec quel zèle, quelles compétences et quels succès furent menés et soutenus les dernières expériences conjointes, qu’il s’agisse d’aider à la diffusion-distribution de l’édition indépendante ou de permettre aux librairies les plus fragiles d’accéder aux outils de la vente à distance  : le pathétique fiasco de Calibre reste à écrire ; celui non moins dévastateur de 1001libraires — belle idée au demeurant — souhaiterait se faire oublier définitivement.

Dans le domaine des bibliothèques, notre PNB actuel ne peut pas encore être établi avec exactitude, mais il souffre d’une absence criante de transparence sur sa gouvernance et ses processus. Qui plus est, le monopole de fait qu’il pourrait établir devient fort préoccupant. De son côté, le projet FeniXX (ReLire) semble mieux piloté : espérons que les leçons du passé seront retenues. Pour faire un juste bilan, la CLIL et Prisme apparaissent comme deux réussites, bien que datées. Mais ces créations furent dictées à l’origine par des intérêts bien spécifiques  : rendre plus facile et moins cher l’acheminement physique des livres de certains éditeurs vers les libraires de province...

Il est donc tout à fait surprenant que les systèmes d’information, de gestion ou de logistique des gros opérateurs fonctionnement parfaitement bien isolément ; mais que toute tentative de mutualisation technologique se solde par une catastrophe. Mauvaise volonté, incompétence des pilotes, enthousiasme réfréné ?

Les intérêts de quelques-uns versus l’intérêt général

Ce corporatisme exacerbé parvient cependant à imposer des choix lourds de conséquences pour l’ensemble de la filière, options qui aboutissent la plupart du temps à des erreurs stratégiques dont l’économie culturelle française peinera à se relever.

La loi sur le prix unique du livre numérique illustre bien à elle seule cette maladie du corporatisme agissant, puisque l’objectif de cette loi, malgré les arguments fallacieux ou dilatoires mis en avant devant la représentation nationale, fut de défendre la rente de quelques-uns au détriment de l’intérêt général. Cette loi permet en effet aux groupes d’édition de maintenir in fine une marge de diffusion-distribution qui n’est absolument plus justifiée par les services fournis ; elle empêche ipso facto une meilleure ventilation des revenus, notamment en direction des auteurs. C’est une pure loi de lobbying, conservatrice, qui conforte une situation déjà asymétrique, empêche de dynamiser le marché, continue à paupériser les auteurs et permet d’institutionnaliser un enrichissement sans cause au profit des gros opérateurs. 

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

Un deuxième exemple, tout aussi parlant, met en exergue l’absence de vision prospective (commune) conservant l’usage et le commerce des livres électroniques. Auparavant tétanisés par Amazon, les grands groupes sont désormais victimes du « complexe Amazonien ». Ils veulent tellement imiter le modèle original qu’ils ambitionnent aujourd’hui de le battre sur son propre terrain. Devant le succès du Kindle, nos dinosaures persistent à vouloir développer des formats numériques propriétaires et même des liseuses spécifiques dont, on le sait, l’avenir appartient pourtant au passé.

Société ouverte versus société fermée

Il ne faut pas être sorti d’une grande école pour savoir que la liseuse va devenir très bientôt un écran en trop, que seuls le développement et l’amélioration d’un format ouvert comme l’ePub, de mieux en mieux adapté aux écrans existants, permettraient de proposer une offre dynamique. La fenêtre de tir – et elle commence à se refermer — résidait vraiment dans ce format car la convergence vers l’ePub nous aurait permis de disposer d’un avantage concurrentiel dans le domaine des livres électroniques, en laissant Amazon s’accrocher pour quelques années encore à son format AZW.

Les réticences françaises concernant le mouvement Open Access qui touche les publications scientifiques procèdent de la même volonté de puissance  : conserver les avantages acquis des gros éditeurs, consolider ce que j’ai appelé dans un essai à paraître  : « le cartel de la rente ».

Quant à la multiplicité des plateformes de distribution pour les formats électroniques, cette tendance frôle la démarche suicidaire et démontre, contre tous les beaux discours de salon ou de convention, l’absence de stratégie commune, notamment depuis la mise en sommeil de MO3T dont la conduite de projet désastreuse reste, à ce jour, la meilleure illustration de l’incapacité de concurrents à travailler sur des normes communes. Même en cas de danger avéré, même pour contrer un ennemi commun. Les intérêts commerciaux et stratégiques individuels sont si divergents qu’ils n’arrivent pas à être solubles par temps de crise. N’ayons crainte  : nos champions excellents toujours à négocier des ententes commerciales illicites.

Malgré l’échec ou la paralysie de nombreux projets, la confiance que l’État place dans ces initiatives interprofessionnelles déclarées comme les seules légitimes en vertu d’une notion particulière de représentativité, empêche par ailleurs le déploiement d’autres solutions alternatives plus agiles et beaucoup moins corporatistes. 

Or, nous le savons bien  : seule la mutualisation à cadence forcée permettrait de lutter efficacement contre la concurrence anglo-saxonne.

Une coupable collusion des services de l’État

Être juge et partie semble donc être le principal écueil à toute stratégie collective cohérente désormais indispensable pour contenir les volontés hégémoniques des GAFA. Un jour viendra où l’on réhabilitera Le Chapelier et son analyse désormais pertinente sur les corps intermédiaires  : « Il n’est permis à personne d’inspirer aux citoyens un intérêt intermédiaire, de les séparer de la chose publique par un esprit de corporation ».

Cet « esprit de corporation » s’immisce malheureusement dans les structures qui dépendent de l’État. Il est vrai que le problème déborde le cadre de la filière du livre, c’est un mal national que l’on retrouve dans toutes les branches de l’industrie de notre pays compte tenu d’une histoire particulière du capitalisme français, des relations incestueuses et des liens de consanguinité qui existent toujours entre grands capitaines d’industrie, banquiers d’affaires et hauts fonctionnaires de l’État.

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

Pour s’en convaincre, il suffit d’examiner par exemple la constitution de la commission « économie numérique » du Centre national du livre – entreprise publique, rappelons-le tout de même, et principal instrument de soutien à l’activité littéraire dans notre pays – et constater que le cordon ombilical qui relie le CNL à l’industrie dominante rend toute indépendance absolument impossible. La décision, en 2010, de rendre le CNL autonome de son ministère de tutelle relève du même type d’inconséquence que celle celle qui a consisté à rendre une banque centrale libérée du pouvoir politique. C’est priver les citoyens d’une grande partie de leur souveraineté et de leur possibilité d’action.

Il n’y a qu’en France où nous trouvons normal qu’un président de commission d’un organisme public – quelles que soient par ailleurs ses compétences propres, il ne s’agit pas d’un problème de personne — soit également le patron d’un grand groupe d’édition, le responsable du développement numérique dudit groupe, le vice-président de la commission numérique du principal syndicat de l’édition, le président d’une importante plateforme de distribution, etc. Non, vraiment, personne n’y trouve rien à redire.

Certes quelques figurants plus institutionnels permettent de revendiquer haut et fort l’indépendance des décisions. Ethique et déontologie seraient sauves en apparence. Mais ne restera dupe que celui qui l’a décidé. Le poids des éditeurs dans cette instance permettra de mieux comprendre pourquoi le CNL ne souhaite plus soutenir les projets relatifs à des plateformes de distribution. Il ne s’agit pas seulement de faire oublier l’échec de 1001libraires, il s’agit surtout de préserver le juteux marché des intérêts représentés autour de la table. En oubliant au passage de préciser que le développement de certaines de ces plateformes propriétaires a reçu des subventions publiques substantielles.

L’égalité des moyens, c’est toujours bon pour les autres, ceux qui pensent que « la concurrence libre et non faussée » est un concept réel.

Le syndrome de la petite case  : carcan versus agilité

Une société aussi hiérarchisée et fermée que la nôtre ne peut envisager le processus créatif qu’en opérant une classification nosographique. Ainsi toutes les aides éventuelles du CNL ou du ministère ne peuvent être affectées que si le projet présenté arrive à se ranger sagement dans une case administrative assez étroite. Et si, par miracle, le projet innovant parvient à s’y faufiler, il faudra encore que la structure porteuse réunisse toutes les conditions contraignantes qui se rajoutent aux prérequis conceptuels.

Les quatre aides allouées par la commission « économie numérique » du CNL le démontrent assez bien  : hors des cases, point de salut  ! Le hic – il semble même de taille en l’espèce —, c’est que l’innovation, son substrat, se situe en dehors du champ du connu, hors des conventions, des formulaires préétablis et des petites cases administratives. Schizophrénie de l’action publique ?

Un financement tout simplement impossible

Pour ne rien arranger, dans les hautes sphères du pouvoir, on a un peu de mal à conjuguer ensemble la révolution numérique et l’avenir de la filière du livre. Certes, dans tous les ministères, on a déjà adopté la panoplie et les codes de la Geekerie, on singe ses concepts et sa langue, on fanfaronne à coup de tweets écrits dans une novlangue de moins en moins compréhensible, mais qui donne l’illusion de la modernité et de l’efficacité.

C’est d’ailleurs assez simple  : à ce rythme, la langue française sera devenue une langue morte dans quelques décennies. Plus de grec, plus de latin, plus de français  : vive les barbarismes pour continuer à penser  ! 

Alors, imaginer les formes de la révolution numérique dans notre branche, dans ce territoire où rôde l’exception culturelle française, ça complique bigrement le sujet, surtout lorsque se cumulent au corporatisme et à la timidité de l’action… les erreurs d’analyse.

Mais tout cela, vous le savez bien sûr, vous qui fûtes un temps ministre déléguée aux PME, à l’Innovation et à l’Économie numérique et que j’avais sollicité à l’époque pour la Librairie francophone.

La Culture est le parent pauvre des investissements dits d’avenir. Il suffit de se rendre sur le site de BPIFrance pour bien s’en rendre compte. Le HTML  5 et le CSS3 ont remplacé le vieux codage des pages de l’antique Oséo, mais, malgré le nouveau plumage, le ramage est resté le même. Si l’envie incongrue de soumettre un projet de type culturel aux équipes de BPIFrance vous prenait subitement, il y aurait de fortes chances que vous soyez reçus par de jeunes ingénieurs spécialisés en… résistance des matériaux. Cela ne s’invente pas  : vous l’aurez compris, Madame la Ministre, je parle d’une expérience vécue.

Quant aux Business Angels, cette divine espèce que l’on vénère maintenant comme les Héros des temps modernes et dans lesquels l’État place désormais notre Salut, leur angélisme ne va pourtant pas jusqu’à investir dans un domaine où la prise de risque ne saurait être calculée par des algorithmes. 

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

Le mythe des intermédiaires financiers efficients

Cette première difficulté à trouver des ressources pour financer les projets culturels innovants est accentuée par le paradigme du marché autorégulateur qui s’est imposé dans la tête des décideurs politiques ou les agents de la haute administration. Que ce postulat soit nuancé par une vision social-démocrate n’y change rien parce qu’il est tout simplement faux.

On croit toujours, en haut lieu, qu’il suffit de jouer les entremetteurs pour que le marché se décide à financer soudainement l’innovation et les entreprises culturelles. Or tous les analystes le savent, les chiffres sont connus, même notre Banque Nationale (eh, oui, elle existe toujours  !) le répète à l’envi  : en France, et d’une manière générale en Europe, contrairement au modèle anglo-saxon de référence, le financement des petites entreprises est assuré majoritairement par le crédit bancaire.

Or le secteur bancaire ne sait pas financer les activités atypiques, notamment culturelles et encore moins immatérielles. « Garanties  ? Garanties  ? Garanties  ?  » L’immatériel n’est pas un fonds de commerce et peut tarder à se transformer en actifs rassurants. En vingt-cinq ans, Madame la Ministre, j’ai créé plus d’une dizaine de petites entreprises culturelles  ; or, je n’ai jamais obtenu un seul financement sans offrir de très sérieuses garanties personnelles. La dernière fut… ma maison. Voilà la réalité quotidienne des TPE et des PME culturelles et le principal obstacle qui empêche le dynamisme de nos créateurs de se déployer.

État, es-tu vraiment là  ?

C’est donc avec raison que Loïc Rivière, délégué général de l’AFDEL, soulignait très récemment qu’« en France, on ne soutient pas assez les start-ups de la culture ». Sans l’aide appuyée de l’État, sans outils de financement spécifiques, le développement d’une industrie culturelle majeure dans le numérique restera voué à l’échec. 

Et il ne s’agit pas d’allouer des subventions supplémentaires, il ne s’agit pas d’alourdir la fiscalité des contribuables, mais bien de se substituer à un système financier défaillant qui ne remplit plus sa fonction et refuse obstinément de jouer le jeu d’une prise de risque minimale malgré les avantages exorbitants qui ont été concédés aux établissements de crédit par la BCE.

Il est donc grand temps de créer un fonds d’investissement public, financé par l’épargne et garanti par la Caisse des Dépôts, exclusivement réservé à l’amorçage et au développement des TPE culturelles (fonds propres inclus par le biais de prises de participation temporaires). Quant aux PME, l’action discrétionnaire de rares fonds spécialisés comme Média (géré justement par BPIFrance) doit être très largement étendue même si, concernant cette structure spécifique, les arbitrages et certaines décisions d’investissement posent de vraies questions sur l’emploi des ressources à la lecture du périmètre d’intervention qui définit son objet. La Cour des comptes resterait sans doute dubitative devant certains choix opérés par les dirigeants de cette entité.

Le serpent de mer de la librairie indépendante

Un deuxième credo – presque une prise d’otage — freine toute politique intelligente en matière numérique et la mise en place de dispositifs opérationnels efficaces  : la certitude que le réseau de la librairie pourra garder à terme sa densité actuelle. Tout le monde sait bien que le commerce de détail physique de la librairie indépendante n’est pas promis à un grand avenir et que, à plus ou moins brève échéance, plus de 70  % des commerces de proximité tireront le rideau (à moins d’une adaptation drastique des prestations offertes).

Pour le dire plus trivialement, les simples « vendeurs de livres  » disparaîtront  ; seuls les lieux offrant une valeur ajoutée en services et de véritables prestations culturelles survivront. On peut le regretter — et je le regrette personnellement —, mais détourner le regard n’empêchera pas le réel d’imposer sa dure loi.

Plutôt que de prendre acte de cette évolution, les pouvoirs publics préfèrent persister dans l’attitude de l’autruche et les discours qui ne fâchent personne. La création du label LiR poursuivait la noble ambition de permettre une transition du secteur par une transformation intelligente de certains commerces indépendants. Dans les faits — et il s’agit là encore d’un secret de polichinelle –, la plupart des aides à la librairie indépendante servent à financer un déficit chronique de trésorerie, c’est-à-dire à faire subventionner par le contribuable la lente agonie d’un système. Le mal est même beaucoup plus insidieux puisqu’en favorisant ainsi, artificiellement, les stocks de livres, ces aides servent en réalité les intérêts des… groupes d’édition les plus puissants. Retour à la case départ.

Pour redynamiser ou soutenir la petite librairie indépendante, outre des aides structurelles bien ciblées, des opérations de création de trafics dans les points de vente comme celle que j’avais initiée en 2010 avec « J’aime mon libraire  » semblerait préférable à d’onéreuses campagnes de communication œcuméniques qui ne produisent aucun résultat concret.

Un service numérique public du livre et des littératures

L’exception culturelle française peut-elle autoriser l’inaction  ? Peut-elle justifier une cécité des pouvoirs publics et une inaction irresponsable  ? Peut-elle, au nom de l’excuse des corps intermédiaires, des erreurs d’analyse et d’alibis dialectiques trop faciles, imposer à l’État l’immobilisme, la seule posture du rôle d’arbitre, le déni de ses responsabilités  ? Et, par la même occasion, continuer à laisser grand ouvert le boulevard du numérique aux seuls GAFA pour les décennies à venir  ?

La solution semble s’imposer d’elle-même et l’intervention active de l’État n’est plus une option discutable. S’Il n’est évidemment pas question de tracer ici les lignes d’une politique générale de développement (durable) de la filière prenant en compte l’intérêt général, il ne semble pas inutile d’esquisser pour le moins le cadre d’un dispositif d’urgence pour le versant numérique.

La première évidence, d’ailleurs réitérée par de nombreux rapports, est que seule la mutualisation forcée des moyens et des ressources, conduite par un État stratège devenu pleinement acteur du changement pourrait permettre de rattraper notre retard en ce domaine, en proposant une offre globale du livre et de la lecture via une porte d’entrée unique.

On se demande bien pourquoi il ne pourrait pas exister, pour un champ d’activités aussi important pour notre culture (au sens anthropologique) et notre économie, un service public de la diffusion et de la distribution des livres tout comme il existe un service public de l’information (radiophonique ou télévisuelle). A moins de considérer que les littératures, les livres, la langue française et in fine la pensée elle-même ne sont que de vulgaires marchandises que nous devons nous résoudre à abandonner au marché.

Il est tout à fait étonnant que nous nous évertuions à croire que la solution aux défis de cette profonde mutation sera apportée par les seuls opérateurs privés. L’histoire nous apprend qu’il n’en fut jamais ainsi et que, par nature, une entreprise privée n’est pas préoccupée par le bien commun.

L’architecture d’un futur service public numérique du livre et de la lecture doit s’articuler autour de deux pôles fondamentaux et synergiques  : d’une part une plateforme intelligente de diffusion-distribution mutualisée  ; d’autre part un écosystème d’informations culturelles permettant également de créer un trafic vers le premier dispositif.

Une plateforme publique, performante et innovante, de diffusion-distribution

S’appuyant pour partie sur l’existant (je pense ici, notamment, au HUB et au PNB de Dilicom), cette offre technologique et commerciale consolidée, multicanal et multiformat proposera au client final ou à l’usager une offre globalisante à forte valeur ajoutée  : achat direct du livre physique ou électronique (en format ouvert  !), réservation et emprunt dans sa bibliothèque municipale de proximité, accès aux ressources de la BNF oud e Gallica, etc. Sans rentrer dans les détails, il s’agit en réalité d’un hub offrant un véritable service public aux lecteurs, facilitant les passerelles entre les différents opérateurs et leurs propres systèmes d’informations, privés ou publics.

Elle permettrait aussi d’accompagner plus en douceur la transition et la modernisation des secteurs les plus fragiles de la filière. Par exemple, le soutien à la petite librairie indépendante, dans le cadre d’un achat de livre physique, pourrait être envisagé malgré l’absence de prestation effective de la part du libraire  : en fonction de la géolocalisation de l’acheteur, la marge consentie par l’éditeur (moins les frais de gestion) serait automatiquement reversée au compte du libraire le plus proche du domicile du client, même si cette librairie ne dispose pas d’un outil de vente à distance ou n’intervient pas dans la transaction et la livraison du livre physique. Voilà un mode intelligent de « subvention », me semble-t-il, puisqu’il ne devrait rien coûter au contribuable. 

De fait, cet opérateur public deviendrait une sorte de diffuseur-distributeur-libraire délégué réalisant une agrégation générale, en centralisant et facilitant l’accès aux offres disponibles depuis une seule interface, mais tout en préservant l’indépendance de chacun.

Un écosystème d’informations littéraires de référence

Le deuxième pôle serait constitué par un écosystème numérique d’informations culturelles sur les littératures (construit en partenariat avec les autres acteurs publics de la culture), calqué peu ou prou sur le concept d’In-Folio. Ce dispositif de sites en étoile, outre son contenu informatif, serait destiné à occuper le « territoire numérique » francophone et à créer le trafic le plus large possible vers la plateforme de services.

Investissements, professionnalisme, persévérance et constance

On peut retourner le problème dans tous les sens  : malgré les échecs précédents — et l’on sait que dans notre pays les tentatives ratées peuvent coûter très chers —, malgré la récente décision du CNL de plus intervenir dans le financement de plateformes technologiques, seule l’existence d’un tel outil mutualisé, géré par une entreprise publique, développée dans les règles de l’art et couplée à une offre de services innovants et hautement performants peut permettre de rivaliser contre les « pure players » d’aujourd’hui et de demain.

Il ne s’agit nullement de fusionner ou de s’ingérer chez les opérateurs privés, mais bien de rendre effective une mutualisation d’intérêts grâce à une stratégie collective de salut public conduite et mise en œuvre, de manière volontaire et vigoureuse, par l’État.

Il ne me semble pas inutile de rappeler au terme de cette lettre qu’Amazon est resté déficitaire pendant sa première décennie d’exercices  ; que, aujourd’hui encore, malgré une valorisation extravagante, l’endettement et l’investissement seuls lui permettent de gagner tous les jours des parts de marché. Oui, lorsque l’on doit investir pour l’avenir, la perspective du temps long s’avère utile.

Faire respecter la loi et combattre les pratiques de concurrence déloyale

Lorsque, en 2010, je lançais — sans aucun soutien des « corps intermédiaires » pourtant sollicités — l’opération « La Pause… Amazon » pour alerter le grand public sur les mauvaises pratiques de cet opérateur, je ne me doutais pas que ce mouvement aboutirait à une loi (du 8 juillet 2014) qui serait ipso facto contournée par le principal intéressé (suivi par la majorité des distributeurs en ligne). Car facturer l’envoi d’un ouvrage 0,01 cent d’euro, ce n’est pas seulement une insulte faite à la République, c’est un abus de droit manifeste, au sens que revêt cette notion fiscale très particulière.

L’État pourrait donc se porter partie civile dans cette affaire de contournement de la loi, comme il pourrait proposer également depuis un certain temps déjà une loi européenne qui, bénéficiant à l’ensemble des pays membres, permettrait d’éviter une « optimisation fiscale » qui n’est rien d’autre qu’un vol manifeste de richesses nationales et une spoliation de l’intérêt général  ; qui, de plus, créant une distorsion évidente de concurrence, ne fait que pénaliser et affaiblir nos propres entreprises.

On se demande pourquoi une loi aussi simple et aussi juste, qui instituerait une imposition du C.A. en fonction du pays de livraison et non plus en fonction de la territorialité du siège social de l’entreprise concernée, n’a pas encore été proposée au parlement européen  ! 

Ces justes rentrées fiscales cumulées aux arriérés dus encore par Amazon au Trésor français (l’absence de zèle de ce dernier à recouvrer sa créance laisse d’ailleurs perplexe lorsque l’on connaît la facilité des voies d’exécution conférée aux services fiscaux par le législateur) permettraient sans trop de difficultés de financer plus que largement les outils nécessaires à la survie et la protection de notre secteur culturel.

Oui, Madame la Ministre, parce que les littératures sont un bien commun, nous ne pouvons pas abandonner leur avenir à la seule économie privée ni à la vieille loi de Say.

Oui, Madame la Ministre, il est grand temps que l’État se réveille enfin  !

Je vous prie de croire en mes sentiments les plus respectueux.

Jean-Marc Bastardy est créateur et éditeur de biens culturels. Venu du monde du marketing et de la communication hors-média, spécialiste en direction de projets et nouvelles technologies, passionné par toutes les cultures, il crée notamment L’Autre Éditions en 2009. Il se prépare à lancer en 2016 In-Folio, un portail numérique des littératures qui relèverait plutôt, selon lui, d’une véritable action de service public. 

0 Commentaires

 

Aucun commentaire.

Plus d'articles sur le même thème

ActuaLitté

Objet : atteinte aux droits sociaux des artistes-auteurs et autrices

Il n’y aura pas de confinement du week-end, ainsi l’a voulu Emmanuel Macron. Voilà qui laissera plus de temps encore aux ministres interpellés par une vingtaine d’organisations professionnelles, sur la question des cotisations sociales. Un courrier enlevé et senti, qui remet l’église au centre du village. Leur texte est ici relayé dans son intégralité.

04/03/2021, 14:31

ActuaLitté

La Commission européenne en conflit avec les éditeurs et auteurs belges 

Depuis 2019, La Commission européenne refuse de verser une rémunération aux éditeurs belges pour la photocopie de leurs œuvres par des entreprises et des institutions publiques. L'organisme de gestion collective des ayants droit belges Reprobel publie aujourd'hui un communiqué pour protester contre cette décision. Selon eux, la Commission prétendrait à tort que cette rémunération constituerait une "taxe" dont elle-même et les institutions européennes qu'elle représente en sont exonérées. Nous publions ici leur texte dans son intégralité. 

 

 

03/03/2021, 11:09

ActuaLitté

Rapport Racine : “Un an plus tard, nous n’oublions pas”

« Un an après la remise du rapport Bruno Racine, rien ne bouge plus. Notre situation économique et sociale n’a jamais même été aussi catastrophique ! Vous êtes donc nombreux et nombreuses à vouloir agir. Des actions sont nées spontanément de toutes parts (BD, audiovisuel, etc.), et ont été plus ou moins bien médiatisées. Mais, malgré des problèmes communs, rien n’avait encore été rédigé pour l’ensemble des créateurs et créatrices, qui sont pourtant unis par un même statut social et fiscal », indique la Ligue des Auteurs Professionnels.

02/03/2021, 15:43

ActuaLitté

Les bibliothèques, “des biens communs au service de tous” (ABF)

L'Association des Bibliothécaires de France (ABF) et d'autres organisations rappellent, dans un communiqué, la politique documentaire qui constitue le cadre du travail des bibliothécaires, garants des « équilibres de toutes sortes, à l’indispensable pluralisme des goûts, genres et orientations, sans jamais faire prévaloir leurs propres opinions ». Cette piqûre fait suite à deux événements récents qui illustrent une possible ingérence d'une hiérarchie administrative dans ce cadre et ces missions... Nous reproduisons ci-dessous l'intégralité du texte communiqué.

02/03/2021, 14:45

ActuaLitté

Édition : M. le ministre, “les procédures bâillons menacent l’information”

La liberté d'information, mais aussi la liberté de publier, sont toutes deux menacées par un processus judiciaire vieux de cent quarante ans, dénonce l'éditeur Florent Massot dans un courrier envoyé au Garde des Sceaux, ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti. D'après Florent Massot, le coût pour l'accusé de la citation directe, dans le cadre d'une plainte en diffamation, est dangereux pour la liberté d'informer. Nous reproduisons ci-dessous le courrier envoyé par l'éditeur au ministre de la Justice, en intégralité.

26/02/2021, 15:11

ActuaLitté

La “censure politique et idéologique” menace en Pologne

Le PEN Club polonais vient de communiquer à ActuaLitté une déclaration officielle sur la situation juridique du pays. Au cœur de cette intervention, un exercice de censure « politique et idéologique ». Une situation d’autant plus délicate qu’elle découle d’une destruction méthodique du travail universitaire, autant que d’une réécriture de l’Histoire. Le texte est ici présenté dans son intégralité.

26/02/2021, 14:16

ActuaLitté

“La responsabilité sociale et environnementale est au cœur de notre projet”, Éditions Leduc

Les éditions Leduc viennent de communiquer un détail, non exhaustif, de leurs engagements écoresponsables, « mis en pratique depuis des années maintenant ». Et d’ajouter : « Comme toujours, ce sont tous nos services et chacun de nos salariés qui portent individuellement et collectivement ces engagements. » Le texte est proposé dans son intégralité.

25/02/2021, 09:54

ActuaLitté

Recherche universitaire : une “police de la pensée” bientôt à l'oeuvre ?

Quand les situations économiques et sociales des étudiants et des universités frisent la catastrophe, les responsables politiques évoquent l'« islamo-gauchisme » qui orienterait de nos jours la recherche universitaire. Un concept aux contours flous, adopté par Jean-Michel Blanquer, Gérald Darmanin et désormais Frédérique Vidal, dont la Ligue des Droits de l'Homme pointe la dangerosité. Nous reproduisons ci-dessous le texte que nous a fait parvenir l'organisation.

23/02/2021, 15:01

ActuaLitté

Étudier la Shoah en Pologne et risquer un procès en diffamation...

Pour défendre la liberté d’expression et exprimer sa solidarité avec les professeurs et historiens Barbara Engelking et Jan Grabowski, le Centre PEN suisse romand interpelle le président de la République de Pologne. L’organisation fait part d’une grave inquiétude au sujet du procès en diffamation contre ces deux chercheurs de renommée internationale et co-auteurs d’une publication intitulée Night without End (Plus loin, c’est encore la Nuit) et publiée en 2018.

23/02/2021, 10:04

ActuaLitté

Le PEN Club français condamne les violations évidentes des droits humains par le Maroc

Le jeudi 28 janvier dernier, l'historien et intellectuel Maâti Monjib a été condamné à un an d'emprisonnement, jugé coupable de « fraude » et d'« atteinte à la sécurité de l'État ». Un verdict qui survient plusieurs années après le début du procès en question, ouvert en 2015, et qui évoque une « mesure arbitraire » au PEN Club français. Nous reproduisons ci-dessous, en intégralité, le texte diffusé par l'organisation.

22/02/2021, 16:44

ActuaLitté

Biélorussie : créateurs, artistes, auteurs “particulièrement visés par la répression“

Depuis plusieurs mois, la Biélorussie traverse une forte période d'instabilité politique : si le président Alexandre Loukachenko a été réélu en août 2020, une partie de la population conteste les résultats de cette élection. Et, plus largement, dénonce le climat liberticide dans le pays. Le PEN Club français témoigne de sa solidarité avec les manifestants, et en particulier les créateurs et artistes, dans un texte que nous reproduisons ci-dessous.

19/02/2021, 11:19

ActuaLitté

Tribune : lettre ouverte à “Mon Amie L'Urssaf“

« Tu dois fredonner Dalida chaque matin au petit déj, mon Amie (cf : Paroles paroles) À l'autre bout du téléphone, l'AA (cf : Artiste Auteur) songe à se reconvertir. Moine Bouddiste ou Sado Maso ? Macramé ou bilboquet ? On hésite. » Virginie Jouannet est écrivaine et dépend du statut Artiste Auteur. Dans son texte que nous reproduisons ici en intégralité, elle évoque un quotidien fait d'infinies mésaventures administratives. 

17/02/2021, 12:06

ActuaLitté

Territoires, collectivités et culture : “On ne peut plus attendre”

L’urgence se dessine. La Fédération nationale des collectivités pour la culture (FNCC) alerte le gouvernement, alors que l'été se profile.... et que, déjà, des festivals annoncent l’annulation de leur édition 2021. Le désarroi s’ancre dans le monde des arts et de la culture. Une colère légitime grandit. Dans un tribune, la FNCC demande instamment à Roselyne Bachelot d'être reçue, et entendue. Leur texte est ici diffusé dans son intégralité.

16/02/2021, 11:37

ActuaLitté

Rustica et Système D interpellent leur PDG, Vincent Montagne

Le groupe Lagardère n’est pas seul à s’interroger sur le devenir de ses médias. Au sein de Média Participations, groupe éditorial comptant plusieurs magazines et présidé par Vincent Montagne, certaines structures tirent la sonnette d’alarme. En effet, la direction du magazine de jardinage Rustica et du magazine de bricolage Système D a décidé de contraindre ses journalistes à accepter des tâches publicitaires ou de « placements de produits ».

12/02/2021, 12:27

ActuaLitté

Droit de réponse d'Emmanuel Pierrat : des accusations “diffamatoires” et “grotesques”

Suite à un article publié le 8 février dernier, qui évoquait le dépôt d'une plainte pénale par le PEN Club français contre son ancien président, Emmanuel Pierrat, ce dernier a fait parvenir un droit de réponse à la rédaction d'ActuaLitté. Nous le reproduisons ci-dessous, dans son intégralité. Emmanuel Pierrat avait pourtant été contacté, préalablement à la publication de l'article en question, mais n'avait pas donné suite.

09/02/2021, 16:35

ActuaLitté

Édition : “Le livre et la revue de théâtre souffrent actuellement”

Plusieurs marchés du livre dans le monde, notamment anglophones ou européens (en partie), font petit à petit état d'une année 2020 pas si catastrophique, économiquement parlant. On ne le répétera toutefois jamais assez : un chiffre d'affaires global masque de fortes disparités, notamment selon les tailles des maisons d'édition. Ou les secteurs : 12 maisons d'édition de théâtre alertent ainsi sur leur situation, et celle du livre et de la revue de théâtre. Leur texte est reproduit ci-dessous, en intégralité.

29/01/2021, 10:00

ActuaLitté

Auteurs : des “pratiques injustes et inéquitables”

Le ministère de la Culture et des Communications du Québec procède actuellement à une consultation en ligne sur la révision des deux lois sur le statut de l’artiste. Dans son mémoire déposé aujourd’hui au ministère, l’Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ) affirme que la loi qui régit le statut des écrivain·e·s est injuste, inéquitable et inapplicable, et revendique un nouvel encadrement législatif. L'association accompagne son intervention d'un texte reproduit ici dans son intégralité.

26/01/2021, 13:06

ActuaLitté

FIBD d'Angoulême : “[N]ous avons plutôt le sentiment d’être exemplaires”

Un an après le dévoilement du Rapport Racine, destiné à améliorer la condition des artistes-auteurs, le collectif Artistes Auteurs en Action (AAA) levait le poing et appelait à un boycott du Festival international de la bande dessinée d'Angoulême (FIBD). L'organisation pointait le manque d'engagement politique et d'effets, après ce rapport, mais critiquait aussi la posture du FIBD. Franck Bondoux, délégué général de la manifestation, leur répond dans un texte, reproduit ici dans son intégralité.

26/01/2021, 09:28

ActuaLitté

Secret défense : une classification d'archives sans limite de temps ?

Depuis un an, l’association des archivistes français se bat pour faire la lumière sur les archives classées Secret défense. En cause, l’avenir des documents, pour lesquels l’AAF demande une déclassification. L’association vient d’entamer une nouvelle procédure, en déposant un recours au Conseil d’État « contre la nouvelle version de l’IGI 1300 et pour l’accès aux archives selon les termes de la loi ». Leur tribune est diffusée en intégralité ci-dessous.

20/01/2021, 11:51

ActuaLitté

Droit de réponse d'Emmanuel Pierrat : “J'ai choisi de ne pas briguer un second mandat" au PEN

Suite à la publication d'un article, le 14 janvier dernier, consacré aux accusations du PEN Club français portées à l'encontre de Me Emmanuel Pierrat, ancien président de l'organisation de défense de la liberté d'expression des auteurs, ce dernier a fait parvenir à ActuaLitté un droit de réponse. Il est publié ci-dessous en intégralité.

19/01/2021, 09:37

ActuaLitté

Prix des livres : avertissement sans frais des libraires belges aux groupes français

Au 1er janvier 2021, le prix unique du livre arrivait enfin en Belgique. Des années de combats, avant d'obtenir un texte de loi, et un échelonnement au terme duquel la tabelle allait disparaître. Finie, donc, cette excroissance économique, qui conduisait un livre vendu à Bruxelles à se retrouver plus cher qu'à Lille. Pourtant, quelques problèmes tarifaires demeurent...

14/01/2021, 16:57

ActuaLitté

Culture : “La logique et la cohérence des décisions nous échappent”

Ouvertes au public depuis le 28 novembre, au même titre que les librairies, les bibliothèques et médiathèques font partie des équipements culturels qui ont échappé à la prolongation de la fermeture sanitaire jusqu'au 7 janvier prochain, au moins. Une exception que questionne l'Association des Bibliothécaires de France (ABF), dans un texte publié ici dans son intégralité.

17/12/2020, 11:39

ActuaLitté

Les artistes-auteurs appellent le gouvernement à l'aide

Dans cette crise sans précédent du secteur de la culture, la quasi-totalité des organisations d’auteurs, toutes disciplines confondues, s’unit pour parler d’une même voix sur les questions essentielles qui les rassemblent. « La culture pèse plus lourd dans notre PIB que l’industrie automobile. C’est l’un des moteurs de l’économie française et il repose en premier lieu sur le travail des créateurs », rappellent ainsi 36 organismes, dans un appel global.

15/12/2020, 15:34

ActuaLitté

Auteurs : pour en finir avec les outils de facturation sans existence légale

Les artistes seraient-ils·elles au-dessus des lois ? Formeraient-ils·elles une catégorie de citoyens et citoyennes à part, trop créatifs et créatives pour s’accommoder des règles ou s’acquitter de leurs tâches administratives ? C’est ce que semble vouloir démontrer une tribune signée par le président de la Société des gens de lettres, et publiée ce mercredi dans les colonnes de Livre Hebdo. La Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse réagit vivement à cette publication. 

14/12/2020, 10:13

ActuaLitté

“Le CSPLA a-t-il oublié que le droit d’auteur est avant tout le droit des auteurs ?”

Auteur-illustrateur œuvrant en littérature jeunesse, Henri Fellner se présente volontiers comme n’étant « pas le plus énervé des énervés ». Au contraire même. Pourtant, à la découverte des organismes chargés de représenter les professionnels au sein du CSPLA, un doute l’a envahi. 

Comme un sentiment de fermeture du système, et d’asphyxie, alors que ce Conseil est supposé éclairer les décisions et orientations du ministère de la Culture, et de sa locataire, Roselyne Bachelot. Alors, il a décidé d’écrire une lettre, qu’il a également confiée à ActuaLitté.

 

10/12/2020, 10:46

ActuaLitté

“Ouverture immédiate, non négociable et radicale des lieux de culture”

Dans l’urgence et suite à la décision gouvernementale d’ouvrir les lieux de culte avant ceux de culture, dans un contexte de répressions policières et de régression des libertés publiques et sociales, la Cave Poésie, haut lieu du théâtre vivant fondé par René Gouzenne, a décidé de demander l’ouverture immédiate, non négociable et radicale des lieux de culture. 

30/11/2020, 14:30

ActuaLitté

Des festivals de BD menacés, en 2021, par Livre Paris et le FIBD

L'année 2021 sera encore marquée, pour les événements publics, par la crise du coronavirus et les mesures sanitaires. Deux festivals importants, Livre Paris et le Festival international de la bande dessinée d'Angoulême, se sont adaptés en déplaçant leurs événements en juin 2021. Mais ils menacent d'autres festivals, notamment Lyon BD et les Rendez-Vous de la Bande Dessinée d’Amiens. Les directeurs de ces événements, Mathieu Diez et Pascal Mériaux, signent une tribune adressée aux pouvoirs publics.

27/11/2020, 10:39

ActuaLitté

Le fonds de formation continue des auteurs en état de “paralysie financière”

Plusieurs organisations représentant les auteurs s'alarment de l'état préoccupant du fonds destiné à financer la formation continue des auteurs. Depuis la mi-novembre, ce fonds, géré par l'AFDAS, ne serait plus en capacité de financer des formations, à une période où les auteurs sont pourtant amenés à acquérir de nouvelles compétences pour assurer l'avenir de la création. Nous reproduisons ci-dessous l'intégralité du message des organisations.

26/11/2020, 16:18

ActuaLitté

Carl Norac : “ L’exception culturelle française est morte”

Une lettre ouverte sur les librairies fermées en France. Et une triste annonce de décès : l’exception culturelle française est morte. 

Pendant vingt ans en France, j’ai vécu souvent grâce aux Salons du livre, deux en moyenne par mois, bonheur non confiné qui me manque du contact avec lecteurs, adolescents, enfants, enseignants, bibliothécaires et libraires. 

16/11/2020, 14:35

ActuaLitté

Bye bye Amazon : “Il en va de la responsabilité de chaque éditeur”

Zones sensibles est une maison d’édition belge de taille modeste, qui publie des ouvrages de sciences humaines. Elle a décidé de ne plus vendre ses ouvrages chez Amazon à partir de novembre 2020, et s’en explique dans cette tribune qui détaille par ailleurs quelques chiffres clefs sur l’économie du livre et sur l’importance des librairies indépendantes qui soutiennent la maison d’édition.

10/11/2020, 14:45

ActuaLitté

Le livre et La Poste : 12 années de lutte pour des frais postaux décents

« Tarif postal pour le livre. Les petits éditeurs : premiers concernés, encore oubliés. » Le constat semble évident, alors que les libraires mêmes doutent désormais du bien-fondé de la mesure. Initiée par Roselyne Bachelot pour favoriser la vente à distance, la réduction des frais postaux n’intervient que sous la forme d'un remboursement — dont on ignore combien de temps il prendra. 

09/11/2020, 10:23

ActuaLitté

“Eux qui n’avaient que les livres pour scier les barreaux de leurs cellules”

Alexandre Galien est auteur de polars. Comme d’autres, il ne comprend pas la fermeture imposée des librairies à l’occasion de ce nouveau confinement bien étrange. Il a opté pour une forme de non fiction, dans une lettre adressée à Emmanuel Macron. Peut-être parce que l’injonction « Lisez » s’applique à tous…

04/11/2020, 09:21

ActuaLitté

“Abracadabra Librairies !”, lettre d'un poète à Emmanuel Macron

Un nouveau round dans la lutte anti-Covid est enclenché, avec le retour de chacun dans ses pénates. Ou une assignation à résidence plus ou moins totale, suivant les corps de métiers — ou la présence d’enfants scolarisés au sein de la cellule familiale. Dans un texte adressé au président de la République, un poète tente d’y voir plus clair. 

03/11/2020, 15:51

ActuaLitté

Soutien aux libraires : “Nous, éditeurs indépendants, arrêtons la vente directe”

Depuis l'entrée dans le deuxième confinement, l'inquiétude est grande pour les librairies, en particulier les librairies indépendantes. Se contenter du système clique et collecte, accueillir le public dans les locaux ou reporter ses commandes à plus tard, les solutions ne sont pas vraiment satisfaisantes. Martin de Halleux, fondateur des éditions Martin de Halleux, appelle les éditeurs indépendants à manifester leur soutien aux libraires en s'engageant concrètement, dans un texte que nous publions ci-dessous.

03/11/2020, 14:41

ActuaLitté

A l'heure du confinement-2, 7 mesures d'urgence pour les artistes-auteurs

Confinement ou non, les artistes auteurs ne cèdent rien sur le terrain administratif. Les errances sur les questions de sécurité sociale, les obstacles nombreux et le manque de réponses fatiguent… mais ne découragent pas.

02/11/2020, 12:46

ActuaLitté

Monsieur le Président, je suis libraire et je m'en vais déserter : Lettre à Emmanuel Macron

Florence Kammermann a ouvert sa librairie à Cannes voilà quelques années. Comme ses consœurs et confrères, elle a pris connaissance des mesures sanitaires de ce Confinement-2. Et de la fermeture contrainte et forcée qui s’annonce. Dans un courrier au président de la République, elle explique comment et pourquoi, elle s’apprête à déserter…

02/11/2020, 09:03

Autres articles de la rubrique À la loupe

ActuaLitté

Seuss, le vivre-ensemble et la cancel culture

Cesser la commercialisation de livres du Dr Seuss, accusés de véhiculer un « racisme infect » par certains commentateurs, voilà qui donne à réfléchir. Les ouvrages jeunesse de l’Américain n’ont pas connu en France le succès d’outre-Atlantique. Pourtant, leur traducteur français s’inquiète, à plus d’un titre, de ces comportements. D’autant que Stephen Carrière, qui a traduit une dizaine d’oeuvres de Seuss, est également éditeur, directeur des éditions Anne Carrière. Il nous répond.

05/03/2021, 14:37

ActuaLitté

#AdopteUnLibraire : “Il n’y a pas d’écrivain sans librairie”

Les librairies ont été hissées au rang de commerces essentiels dans le décret n° 2021-217. Ou plus précisément « les commerces de détail de livres ». Contraint et forcé, comme tant d'autres, non plus d'imaginer, mais de vivre dans un pays aux librairies fermées, le romancier Gilles Marchand, auteur entre autres d’un Funambule sur le sable, adresse à ActuaLitté un texte passionné. 

03/03/2021, 11:10

ActuaLitté

France : Amazon assigné en justice pour concurrence déloyale

EXCLUSIF – Le confinement a révélé, à son insu, quelques secrets de fabrication et autres télescopages douteux chez Amazon France. Un différend juridique entre une éditrice et son prestataire a mis en lumière de manière flagrante les arrangements de la firme, aboutissant à une distorsion de concurrence. Tout à la fois revendeur et fournisseur de services, elle aura rendez-vous avec la justice française pour en répondre.

02/03/2021, 15:10

ActuaLitté

Québec : dix ans après, revient l'idée d'un prix unique du livre

La sortie de la députée Ruba Ghazal (Québec solidaire) a pris de court bien des observateurs et acteurs de l’industrie québécoise du livre. Pour autant, sa demande, « est pleinement pertinente », assure Katherine Fafard, directrice générale de l’Association des Libraires du Québec. Et pour cause, un prix réglementé sur la vente de livres intéresse. Et le Québec, de par sa position au sein du Canada, aurait toutes les armes pour se lancer dans la procédure législative.

02/03/2021, 09:12

ActuaLitté

Lise Caillat, traductrice : “Aujourd’hui, quand je ne traduis pas, je lis”

Après une Maîtrise de Langue, Littérature et Civilisation italiennes (Université Stendhal-Grenoble III) et un DESS Édition (Université Paris XIII), Lise Caillat a travaillé pendant dix ans dans l’édition puis en librairie, tout en développant son activité de traduction littéraire. Depuis 2017, elle se consacre totalement à cette dernière ainsi qu’à la recherche d’auteurs et d’ouvrages italiens à faire découvrir au public français. Elle anime également des ateliers de traduction qui visent à sensibiliser les lecteurs et les amoureux des mots aux joies et aux défis du métier.

01/03/2021, 09:10

ActuaLitté

Vivants à l'unisson : à la défense du spectacle et des artistes

Ne pas laisser mourir les artistes et le spectacle : voici en quelques mots le sens du texte écrit et diffusé par le chanteur Cali, la thérapeute Anne-Laure Buffet et le poète Éric Poindron. Plus qu’un mouvement d’humeur, un appel à l’aide, parti à la défense (et illustration ?) du spectacle vivant. Un manifeste que ActuaLitté diffuse dans son intégralité.

28/02/2021, 10:35

ActuaLitté

Le Pass Culture et la lecture : et si ça fonctionnait ?

Toujours en phase d'expérimentation, le Pass Culture doit prochainement révéler les conditions de sa généralisation à tous les jeunes Français et Françaises de 18 ans, doté de 300 € et non 500 € comme prévu. Dans les librairies, les niveaux des réservations sont généralement très bons, malgré certaines réserves sur les effets concrets du Pass dans la promotion de la lecture.

26/02/2021, 13:00

ActuaLitté

Traduire Dante : “En poésie, le rythme impose un sens supérieur au sens.”

Coutumier des grands noms de la littérature italienne, Michel Orcel a fréquenté Giacomo Leopardi, aussi bien que Lorenzo Da Ponte. En 2019, La Dogana publiait sa traduction de La Divine Comédie (Enfer, Purgatoire, celle du Paradis arrivera au printemps), en édition bilingue. Alors que 2021 rime avec les célébrations du 700e anniversaire de la mort de Dante, le traducteur revient avec nous sur ce travail du texte d’Aligheri, les choix opérés et la relation au poète italien. Propos recueillis par Federica Malinverno.

22/02/2021, 12:28

ActuaLitté

Portrait des bibliothèques en ”sociétés d'émulation“, ou laboratoires d'idées

Les bibliothèques auraient l'environnement nécessaire pour devenir des think tank modernes – quoique le terme soit désormais connoté. L'auteur Jean Behue le suggère : il présente une invitation à réinventer les bibliothèques en sociétés d'émulation, ces cercles d'amateurs et de passionnés qui ont fleuri dès le XVIIIe siècle, et se sont prolongés par la suite dans un bel élan de libération individuelle et collective. Un billet à savourer.

22/02/2021, 09:36

ActuaLitté

Aramebook : précurseur du livre numérique pour les lecteurs d'Algérie

Créée en 2018, la plateforme Aramebook propose des livres numériques au format PDF. Première du genre en Algérie, cette plateforme dont le nom vient de Aram – ces grosses pierres qui servaient de repères aux voyageurs –, et ebook, a pour vocation de promouvoir la lecture et la littérature algérienne à travers le monde. Rencontre avec sa fondatrice, Nacéra Khiat, également éditrice chez Sedia.

Propos recueillis par Chloé Martin pour ActuaLitté

19/02/2021, 13:09

ActuaLitté

Éditeur indépendant : passion ou profession ?

« En avril 2021, cela fera 10 ans que je fais officiellement des livres, au sein de ma petite maison d’édition indépendante de livres d’art : les Éditions Hartpon. Si cette date anniversaire est une bonne occasion de constater que la “passion“ reste intacte, je me dis qu’elle pourrait l’être également pour faire un premier bilan de ma manière de considérer cette “profession“, aujourd’hui. » Par Caroline Perreau, fondatrice des Éditions Hartpon.

18/02/2021, 12:56

ActuaLitté

L'infernale circulaire 2016, ou la retraite à prix d'or pour les auteurs

Ah, la retraite : paisible repos après une dure vie de labeur, accompagnée d’un pécule qui permettra d’offrir les étrennes de fin d’année ou la petite enveloppe d’anniversaire. Ou dans certains cas, plus rares, de faire creuser la piscine rêvée. Pour les artistes-auteurs, l’Agessa se vit confier le soin de collecter les sommes, avec l’incurie que l’on a fini par découvrir… Et qui n’en finit pas. 

17/02/2021, 15:58

ActuaLitté

Poésie et livre numérique : la délicate transition du mot à l'écran

Si vous avez déjà acheté de la poésie au format numérique, et à plus forte raison de la poésie en vers, vous vous êtes sans doute rendu compte que les contraintes formelles propres à ce genre littéraire se heurtent aux contraintes techniques de l’ebook. Face à ce constat, les éditeurs de poésie adoptent différentes stratégies, allant de la non-publication de leurs titres en numérique à une réflexion sur la manière dont le numérique peut servir la poésie.

16/02/2021, 14:46

ActuaLitté

Les avanies des auteurs face à l'URSSAF : “C'est de mal en pis”

« L'impéritie informatique et téléphonique de l'Urssaf vis-à-vis des auteurs se perpétue. Matinées perdues à tenter de parler à un humain, site informatique nase, lettre comminatoire vous enjoignant de faire une déclaration en ligne sous peine de lourdes amendes, journées en vain perdues à tenter de le faire... » Dominique Sels est autrice, et comme d’autres, en proie aux affres de l’URSSAF. Dans un billet, elle évoque les difficultés rencontrées « avec ces bandits de grand chemin ».

16/02/2021, 09:22

ActuaLitté

Ankama, c’est aussi de la bande dessinée

RENCONTRE – Ankama Éditions fête ses quinze ans cette année. Occasion de revenir sur une initiative éditoriale née un peu par hasard. Ankama, c’est avant tout des jeux vidéo en ligne, mais aussi des livres. Si la société roubaisienne est toujours associée à Dofus, elle s’est aussi fait une place dans le monde de l’édition, et plus particulièrement de la bande dessinée, en une quinzaine d’années. 

09/02/2021, 13:06

ActuaLitté

Pour avoir préféré la croyance à la pensée, et pour le reste : “Ni oubli ni pardon”

Depuis des mois maintenant, le monde de la culture et de la création ne cesse de hurler  à la mort. La sienne. Mille fois, du plus humble au plus célèbre, les créateurs, auteurs ou interprètes, dans une unanimité inédite, ont répété partout que fermer durablement les lieux de spectacles, de monstration, de vente, était un désastre. Désastre culturel, désastre économique, désastre personnel, désastre social, désastre psychologique, désastre à tous les étages. Par Yves Frémion, écrivain animateur de PEPS-Culture.

09/02/2021, 11:10

ActuaLitté

Les Sept Péchés capitaux, entre “parfum d’éternité et aperçu d’anthropologie”

7... chiffre sacré, mystique, évocateur s’il en est ! Il se trouve tout aussi bien associé aux merveilles du monde antique, qu’aux péchés capitaux. À ce titre, sept écrivains ont été mis au défi : produire un texte, libre, s’emparant de l’un de ces péchés sur un mode contemporain, dans le cadre d’une aventure collective et totalement incarnée. La collection regroupant leurs œuvres vient de sortir aux éditions du Cerf, sous l'appellation, Les Sept Péchés capitaux. 

06/02/2021, 12:55

ActuaLitté

Moniteurs étudiants : entre la “procédure” et la “bienveillance", Paris 3 balance

Ce mardi 2 février, les moniteurs étudiants de la bibliothèque Sainte-Barbe, rattachée à l'université Sorbonne Nouvelle — Paris 3, débrayaient une nouvelle fois, accompagnés par des bibliothécaires permanents et des professeurs de l'université. Alors que la crise sanitaire frappe de plein fouet les étudiants, ils réclament le maintien de leur rémunération en cas de confinement et de fermeture de l'établissement. Une partie du personnel de la bibliothèque les soutient et réclame plus de moyens.

05/02/2021, 17:41

ActuaLitté

Gabriel Matzneff publie Vanessavirus, son ultime livre

EXCLUSIF – Ce mois de janvier ne manque définitivement pas de rebondissements : alors que le titre de Camille Kouchner, La familia grande, vient de sortir en grand format, sa parution fait écho à la sortie en poche du Consentement, l’ouvrage de Vanessa Springora. L’éditrice avait dénoncé avec force les actes de Gabriel Matzneff, et toute la complaisance autour du personnage. Quelque peu oublié des médias, l’auteur n’a pour autant pas quitté la plume. Et s'apprête même à publier son prochain titre, Vanessavirus.

02/02/2021, 09:30

ActuaLitté

Financement, structure, Livre Paris : les Grandes espérances 2021 du SNE

Livre Paris 2020 compte parmi les premiers salons victime de la crise sanitaire. Pas de manifestation pour la capitale française, et pas de revenus pour le Syndicat national de l’édition, coorganisateur avec Reed Expositions France. Au cours des dernières semaines, les messages promotionnels n’ont pourtant pas manqué, rassurants ou tentant de l'être. Ainsi, la programmation se dévoile pour partie : l’Inde reste le pays à l’honneur, quand le monde d’après servira de fil rouge à l'ensemble. 

27/01/2021, 16:20

ActuaLitté

Et si se remettre à lire était aussi génial qu'arrêter de fumer ?

Personne n’a raté l’intervention du ministre de la Santé : avec l’arrivée du variant britannique – qui n’a rien d’un patient anglais – se profile un reconfinement. Ces mesures durcies, en regard d’un couvre-feu déjà plombant, résonnent avec les propos de décembre dernier : nous étions avertis. Alors, comment préparer cette prochaine période de disette, quand on a abandonné la lecture ? Aujourd’hui, petit traité d’optimisme.

22/01/2021, 17:26

ActuaLitté

“Les romans épuisés, oubliés que je souhaite publier furent des histoires d’amour pour moi”

À la tête de la rubrique Les Ensablés, Hervé Bel s'efforce chaque semaine de redécouvrir un ouvrage injustement oublié et perdu dans le flot des années et des nouvelles parutions. Parfois, un éditeur se décide à rendre justice à ces livres, en leur offrant une nouvelle vie. Cette semaine, rencontre avec Philippe Guyot-Jeannin, libraire et éditeur dans le Jura. Il a créé les Éditions de la Belle étoile, qui ont récemment attiré l'oeil de notre chroniqueur.

21/01/2021, 11:45

ActuaLitté

Conspiration des imbéciles ? Amazon, accusé à son tour : Apple s'esclaffe

Amazon paierait-il enfin sa position dominante sur le marché du livre – numérique, papier ou audio ? En tout cas, l’histoire semble vilainement se répéter alors que le vendeur et cinq groupes éditoriaux américains sont accusés d’entente. La même procédure que celle endurée en 2013 par Apple entraînera-t-elle les mêmes effets ? Ou dévoile-t-elle une vaste fumisterie en matière de droit ?

18/01/2021, 12:16

ActuaLitté

Lisimachio, le PDG de Hachette Livre qui voulut racheter Amazon

Jean-Louis Lisimachio a laissé une profonde empreinte sur le groupe Hachette Livre, qu’il quitta brutalement en mai 2003. Depuis, il vit quelque part entre les massifs alpins et Nice, « désintéressé de ce qui concerne l’édition et au courant de tout ». Ses anciens collaborateurs décrivent une personnalité fascinante, admirée ou haïe. Incontestablement, l’ex-PDG de Hachette filiale de Lagardère, avant qu’elle ne soit renommée Lagardère Publishing, a marqué plus que son époque. Une figure d’autant plus intrigante qu’elle ne frayait pas avec le gotha littéraire, bien au contraire.

14/01/2021, 14:20

ActuaLitté

Auteurs : “Si vous n’êtes pas à la table, c’est que vous êtes au menu.”

Début décembre, l’auteur et illustrateur Henri Fellner faisait parvenir à ActuaLitté et au CSPLA (ou inversement), un courrier passablement désabusé. Le Conseil supérieur de la propriété littéraire et artistique, organisme chargé d’éclairer le ministère de la Culture sur des points de droit, venait de renouveler la liste des membres de sa commission consultative. Et au grand dam de l’écrivain, les représentants directs des auteurs faisaient défaut. Voici donc une seconde missive, plus claire peut-être...

12/01/2021, 12:13

ActuaLitté

Hélène Gaudy : une écriture, un abri

PORTRAIT – Chaque année, l’association de libraires Initiales édite un texte inédit d’un écrivain, dont le travail est suivi pas à pas. Avec le projet de mieux le ou la faire connaître à leurs lectrices et lecteurs. Hélène Gaudy a trouvé sa place naturellement et a offert le texte Névés. Née en 1979 à Paris, elle a étudié à l’École supérieure des arts décoratifs de Strasbourg. Autrice de divers articles et nouvelles parus dans des ouvrages et albums collectifs ou des revues, elle a également publié des romans et albums pour la jeunesse et des livres d’art. Elle est membre du collectif Inculte et vit à Paris. 

12/01/2021, 11:07

ActuaLitté

La chaîne du livre face à la crise sanitaire, dans neuf régions françaises

Dès le début de la pandémie, les agences régionales du livre ont conseillé les acteurs concernés, mais se sont aussi lancées dans des consultations, pour rester au plus près des besoins. La Fédération interrégionale du livre et de la lecture propose une synthèse des actions et réactions du monde du livre, dans neuf régions françaises, au cours de la tumultueuse année 2020.

11/01/2021, 16:50

ActuaLitté

Résonances de femmes : trilogie en poche du postféminisme

PORTRAIT – Pourquoi le post-féminisme en poche sous la forme d’une trilogie embrassant plusieurs décennies de combats ? Parce qu’une édition ramassée révèle la densité d’un déploiement, l’intensité d’un engagement indéfectible au fil des années, la concision d’un message doté de la force d’un mouvement : le MLF, mouvement de libération des femmes, dont Antoinette Fouque a été la cofondatrice en 1968.

11/01/2021, 09:58

ActuaLitté

Pour 2021, on peut aussi croiser les doigts

« J’ai accompli de délicieux voyages, embarqué sur un mot… » Peut-être notre époque nécessite-t-elle un peu plus d’un mot unique pour accomplir de fantastiques périples. Parce que les sollicitations ne manquent pas, dès lors qu’internet propose un foisonnement d’œuvres, autant qu’une multitude de raisons de faire autre chose que lire. Pour autant, que cette année 2021 soit placée sous des augures de Balzac ne fera de mal à personne… Sauf qu'il n'est pas seul à prophétiser.

01/01/2021, 18:42

ActuaLitté

Utopia, Mauvais Livres et FVE : trois éditeurs nés pendant la pandémie

Ouvrir une maison d’édition pendant la pandémie ? Ce qui pourrait sembler un pari complètement fou est devenu une réalité pour trois maisons d’édition italiennes. Et la surprise… c’est que ça marche. Utopia, Mauvais Livres et FVE : voici les noms de trois maisons d’édition, situées dans deux villes différentes — Milan et Rome — et qui, malgré des identités très spécifiques, ont beaucoup de choses en commun : toutes les trois indépendantes, elles ont débuté leur activité pendant le confinement, et, depuis leurs premières parutions, ont rencontré un bon succès auprès du public.

30/12/2020, 16:15

ActuaLitté

Les voeux du Syndicat des éditeurs passent des chocolats à la soupe

L’année 2021 commencera avec la traditionnelle présentation des vœux du Syndicat national de l’édition. Mais, contraintes sanitaires obligent, ils se dérouleront par internet — et en visioconférence avec l’interview réorganisée de son président, Vincent Montagne. Pour nombre de librairies, subitement invitées à cette Grand-Messe, quelque chose cloche. Simple : un télescopage entre le syndicat patronal et le média le moins indépendant de la profession.

28/12/2020, 17:55

ActuaLitté

Les Yeux qui pétillent : la jolie promesse d’une librairie valenciennoise

En septembre dernier, Céline Dereims a ouvert une librairie généraliste et indépendante, en plein cœur de Valenciennes. Baptisée Les Yeux qui pétillent, celle-ci a vu le jour dans le cadre d’une reconversion professionnelle, savamment conjuguée avec une passion de longue date pour la lecture.

28/12/2020, 10:04

ActuaLitté

“S'emparer des jouets laissés par Lovecraft était très plaisant” (Alex Nikolavitch)

Arkham, 1941. Le corps déchiqueté du détective Mike Danjer est retrouvé au milieu d'un monceau de papiers. Il pourrait s'agir à première vue d'un banal meurtre en chambre close. L'examen des feuillets souillés, un dossier qu'il avait constitué au fil d'une très longue enquête, démontre qu'il avait mis au jour un indicible complot. Dans le Dossier Arkham, Alex Nikolavitch nous embarque dans une aventure lovecraftienne passionnante. Et nous en dévoile ici les arcanes.

28/12/2020, 09:41

ActuaLitté

“Une petite page pour l’Homme, une grande page pour l’Humanité” : Joyeux Noël 

Au terme d’une année pas vraiment conciliante, les fêtes vécues sous contrainte, à l’image des mois passés, apportent un petit souffle. L’occasion pour toute la rédaction de vous les souhaiter excellentes – autant que faire se pourra. En tout cas, de partager avec chacune et chacun un moment pour remercier nos lecteurs de leur présence, à nos côtés.

24/12/2020, 23:59

ActuaLitté

Book d’Oreille, une nouvelle voie pour le livre

PORTRAIT – Passionné par le son, par la voix et par la littérature, Olivier Carpentier poursuit depuis 2009 une entreprise de développement du livre audio. Le Lillois se considère comme un libraire indépendant. Sa société Book d’Oreille propose aujourd’hui une nouvelle solution pour le prêt numérique de livres audio, à destination des bibliothèques et médiathèques.

24/12/2020, 11:08

ActuaLitté

L'Iconopop, pour plus de poésie : “Nous sommes l’allumette”

L’Iconopop est la nouvelle collection de L’Iconoclaste. Plus que de poésie, il y est question d’une parole qui vibre, qu’on lit et qui se vit à la scène, dans la rue, dans un pré, sur la toile... qu’importe ! Juste des mots sans tabou à déguster, à crier, à partager. Partout et surtout pas dans les sages cercles d’initiés. Un duo éditorial de choc se charge de coucher sur papier l’électricité contenue dans ces rumeurs éclatantes : Cécile Coulon, romancière, poète, et Alexandre Bord, ancien camarade libraire.

22/12/2020, 08:00