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Pour un service numérique public du livre et des littératures

Sous forme de lettre ouverte adressée à Fleur Pellerin, Jean-Marc Bastardy dresse le bilan de six années d’expérimentations numériques. Autant d’enseignements, de pratique, de tentatives et d’analyses plus opérationnelles que théoriques, qui aboutissent à un cri d’alerte. En cause, l’inertie des pouvoirs publics qui lui semble « réellement fautive compte tenu de l’importance des enjeux ». 

Le 09/12/2015 à 09:47 par La rédaction

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09/12/2015 à 09:47

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ActuaLitté, CC BY SA 2.0

Pour un service numérique public du livre et des littératures

Lettre ouverte à Madame la Ministre de la Culture

Madame la Ministre,

En France, c’est bien connu, nous n’avons pas de pétrole, mais nous avons des idées (souvent fumeuses) formulées par des centaines d’experts et de rapporteurs spécialisés dans le « y-a-qu’à-faut-qu’on » ; en marge de cette agitation politique, administrative et médiatique, nous avons des créateurs plus discrets et des entrepreneurs plus silencieux, mais ces derniers manquent cruellement de financements ; ne disposant pas de l’entregent nécessaire, ils peinent à faire aboutir des projets concrets qui bénéficieraient pourtant à l’intérêt général.

Si l’on rajoute à cette situation une absence criante de volonté et de courage politiques, la paralysie d’affronter les lobbys en présence ou les structures intermédiaires chargées de la politique du livre, ainsi qu’une persistance en la croyance de paradigmes obsolètes, on ne peut s’étonner vraiment de l’inaction coupable qui vient de faire perdre à la filière du livre, et donc à une branche fondamentale de l’économie française, plus de deux décennies de retard dans la révolution numérique, pourtant formidable opportunité de libération des créateurs et des citoyens.

Pour bien comprendre cet immobilisme suicidaire et l’effet retard de notre prise de conscience, il faut savoir identifier les causes, les comprendre ; surtout ne pas avoir peur de les nommer. Et ne pas oublier d’esquisser, cela va de soi, les solutions concrètes, opérationnelles qui permettraient enfin de remédier à cette impéritie pour tenter de rattraper le temps perdu vis-à-vis d’envahisseurs — les fameux GAFA — dont la boulimie n’a plus aucune limite. Il ne s’agit pas seulement de sauver l’avenir d’une filière et de ses acteurs, il s’agit d’une lutte de survie pour préserver notre culture et sa langue.

Si le cadre de cette lettre ne permet pas de rentrer dans les détails, si l’histoire socioéconomique de ce rendez-vous manqué reste à écrire – les travaux de certains historiens, comme Jean-Yves Mollier, méritent cependant d’être lus avec beaucoup d’attention —, il semble utile d’évoquer les freins majeurs à cette modernisation indispensable.

Le but de ce courrier, vous l’aurez compris, n’est pas de trouver de nouveaux amis dans les couloirs du ministère, mais plutôt de dire publiquement, enfin, ce que beaucoup murmurent trop bas.

Une industrie sclérosée, aux aguets, affolée par la libération des auteurs

Le joli terme de « maison d’édition » fait partie de cette mystique du champ littéraire issue de notre héritage des religions « du livre ». La réalité industrielle, vous le savez, est beaucoup moins glamour  : 10 groupes intégrants tous les maillons de la chaîne du livre assurent 80  % du C.A. consolidé du secteur ; parmi eux, deux seulement captent plus de la moitié des revenus. Or l’émergence du numérique remettait non seulement en cause cette position dominante, mais posait un problème presque essentialiste  : quel devenir pour une filière si intégrée ? 

D’une part, la diffusion numérique, en levant en effet le principal frein de la rencontre entre un auteur et son lectorat rendait les intermédiaires de moins en moins indispensables sur un plan technique (libraires compris). D’autre part, elle permettait d’envisager une redistribution plus équitable de la valeur, notamment au bénéfice de l’auteur qui, paradoxalement, est toujours resté le maillon faible — comprendre « le plus maltraité » — de l’ancien écosystème (rappelons que seulement 400 créateurs en France vivent plus ou moins bien de leur art alors que les auteurs nourrissent toute une industrie et beaucoup d’actionnaires qui se soucient peu des littératures).

C’est donc dans une lutte contre sa propre disparition que s’est lancée la profession en ordre dispersé, non seulement en reportant longtemps la réflexion stratégique de sa propre évolution, mais, surtout, en bloquant, via les instances interprofessionnelles dont elle détient le contrôle, toute initiative pouvant menacer ses intérêts particuliers.

Un oligopole obsédé par le maintien de la rente

Le modèle industriel existant est largement organisé par une cavalerie financière sur le commerce des produits matériels. À ce titre, nous avons d’ailleurs été le dernier secteur à bénéficier de dérogations exceptionnelles dans la réforme nationale des délais de paiement et ceci afin de prévenir l’écroulement du système (de l’imprimerie à la librairie).

Tout analyste sérieux ou contrôleur de gestion le reconnaît  : la part lucrative des grands groupes éditoriaux dépend de la notion de flux  : on gagne de l’argent non pas sur l’édition des livres à proprement parler, mais sur le flux de la commercialisation de leurs supports matériels (« livres imprimés » par exemple) et les services lucratifs qui sont facturés aux libraires tout au long de la chaîne logistique « offerte » par les filiales de diffusion-distribution appartenant à ces mêmes groupes.

L’idée de perdre ce prodigieux pactole fut l’une des causes les plus importantes de la réticence des grands opérateurs à s’engager dans un modèle alternatif qui ne promettait à terme que la destruction de cette principale « valeur ». D’où leur engouement pour la croissance externe et la concentration  : « du flux, du flux, du flux ! » Pour ne prendre qu’un seul exemple, la notion si lucrative d’office, ne pourra pas trouver sa place dans le modèle numérique.

Il fallut donc attendre l’aiguillon de plus en plus douloureux d’Amazon pour obliger les acteurs à sortir de leur apparente apathie.

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La plaie du corporatiste

Cette résistance au changement fut accentuée par l’inertie ou l’incompétence des instances représentatives qui, bien évidemment, furent — sont toujours — paralysées par les conflits d’intérêts. Difficile en effet de servir l’intérêt général tout en préservant les avantages concurrentiels du groupe que l’on sert. Pour le dire de manière plus imagée, le MEDEF ne s’est jamais soucié des problèmes des TPE ; il ne faut donc pas s’attendre à ce que le SNE prenne en compte les problématiques de la petite édition ou que le SFL se soucie réellement des difficultés de la très petite librairie.

Prenons un exemple très simple, mais très révélateur pour comprendre le peu d’engouement à développer des outils interprofessionnels performants. Pour commercialiser un livre, il faut disposer d’un numéro ISBN. Tout éditeur en herbe connaît la difficulté à acquérir les premiers numéros ISBN et la durée extravagante de cette attribution (une première demande peut aller jusqu’à… trois semaines). Ce service de base est pourtant géré par l’interprofession puisque Electre remplit ce rôle pour le compte de l’AFNIL. Il suffit donc de se rendre sur le site Internet de l’AFNIL pour constater la capacité d’un opérateur à rendre complexe un processus extrêmement simple qui devrait être totalement automatisé depuis des années.

Un proverbe admet que « celui qui peut le plus peut le moins » ; l’inversion de cette proposition est rarement constatée. C’est pourquoi les échecs des projets interprofessionnels se sont succédé les uns après les autres. On sait avec quel zèle, quelles compétences et quels succès furent menés et soutenus les dernières expériences conjointes, qu’il s’agisse d’aider à la diffusion-distribution de l’édition indépendante ou de permettre aux librairies les plus fragiles d’accéder aux outils de la vente à distance  : le pathétique fiasco de Calibre reste à écrire ; celui non moins dévastateur de 1001libraires — belle idée au demeurant — souhaiterait se faire oublier définitivement.

Dans le domaine des bibliothèques, notre PNB actuel ne peut pas encore être établi avec exactitude, mais il souffre d’une absence criante de transparence sur sa gouvernance et ses processus. Qui plus est, le monopole de fait qu’il pourrait établir devient fort préoccupant. De son côté, le projet FeniXX (ReLire) semble mieux piloté : espérons que les leçons du passé seront retenues. Pour faire un juste bilan, la CLIL et Prisme apparaissent comme deux réussites, bien que datées. Mais ces créations furent dictées à l’origine par des intérêts bien spécifiques  : rendre plus facile et moins cher l’acheminement physique des livres de certains éditeurs vers les libraires de province...

Il est donc tout à fait surprenant que les systèmes d’information, de gestion ou de logistique des gros opérateurs fonctionnement parfaitement bien isolément ; mais que toute tentative de mutualisation technologique se solde par une catastrophe. Mauvaise volonté, incompétence des pilotes, enthousiasme réfréné ?

Les intérêts de quelques-uns versus l’intérêt général

Ce corporatisme exacerbé parvient cependant à imposer des choix lourds de conséquences pour l’ensemble de la filière, options qui aboutissent la plupart du temps à des erreurs stratégiques dont l’économie culturelle française peinera à se relever.

La loi sur le prix unique du livre numérique illustre bien à elle seule cette maladie du corporatisme agissant, puisque l’objectif de cette loi, malgré les arguments fallacieux ou dilatoires mis en avant devant la représentation nationale, fut de défendre la rente de quelques-uns au détriment de l’intérêt général. Cette loi permet en effet aux groupes d’édition de maintenir in fine une marge de diffusion-distribution qui n’est absolument plus justifiée par les services fournis ; elle empêche ipso facto une meilleure ventilation des revenus, notamment en direction des auteurs. C’est une pure loi de lobbying, conservatrice, qui conforte une situation déjà asymétrique, empêche de dynamiser le marché, continue à paupériser les auteurs et permet d’institutionnaliser un enrichissement sans cause au profit des gros opérateurs. 

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Un deuxième exemple, tout aussi parlant, met en exergue l’absence de vision prospective (commune) conservant l’usage et le commerce des livres électroniques. Auparavant tétanisés par Amazon, les grands groupes sont désormais victimes du « complexe Amazonien ». Ils veulent tellement imiter le modèle original qu’ils ambitionnent aujourd’hui de le battre sur son propre terrain. Devant le succès du Kindle, nos dinosaures persistent à vouloir développer des formats numériques propriétaires et même des liseuses spécifiques dont, on le sait, l’avenir appartient pourtant au passé.

Société ouverte versus société fermée

Il ne faut pas être sorti d’une grande école pour savoir que la liseuse va devenir très bientôt un écran en trop, que seuls le développement et l’amélioration d’un format ouvert comme l’ePub, de mieux en mieux adapté aux écrans existants, permettraient de proposer une offre dynamique. La fenêtre de tir – et elle commence à se refermer — résidait vraiment dans ce format car la convergence vers l’ePub nous aurait permis de disposer d’un avantage concurrentiel dans le domaine des livres électroniques, en laissant Amazon s’accrocher pour quelques années encore à son format AZW.

Les réticences françaises concernant le mouvement Open Access qui touche les publications scientifiques procèdent de la même volonté de puissance  : conserver les avantages acquis des gros éditeurs, consolider ce que j’ai appelé dans un essai à paraître  : « le cartel de la rente ».

Quant à la multiplicité des plateformes de distribution pour les formats électroniques, cette tendance frôle la démarche suicidaire et démontre, contre tous les beaux discours de salon ou de convention, l’absence de stratégie commune, notamment depuis la mise en sommeil de MO3T dont la conduite de projet désastreuse reste, à ce jour, la meilleure illustration de l’incapacité de concurrents à travailler sur des normes communes. Même en cas de danger avéré, même pour contrer un ennemi commun. Les intérêts commerciaux et stratégiques individuels sont si divergents qu’ils n’arrivent pas à être solubles par temps de crise. N’ayons crainte  : nos champions excellents toujours à négocier des ententes commerciales illicites.

Malgré l’échec ou la paralysie de nombreux projets, la confiance que l’État place dans ces initiatives interprofessionnelles déclarées comme les seules légitimes en vertu d’une notion particulière de représentativité, empêche par ailleurs le déploiement d’autres solutions alternatives plus agiles et beaucoup moins corporatistes. 

Or, nous le savons bien  : seule la mutualisation à cadence forcée permettrait de lutter efficacement contre la concurrence anglo-saxonne.

Une coupable collusion des services de l’État

Être juge et partie semble donc être le principal écueil à toute stratégie collective cohérente désormais indispensable pour contenir les volontés hégémoniques des GAFA. Un jour viendra où l’on réhabilitera Le Chapelier et son analyse désormais pertinente sur les corps intermédiaires  : « Il n’est permis à personne d’inspirer aux citoyens un intérêt intermédiaire, de les séparer de la chose publique par un esprit de corporation ».

Cet « esprit de corporation » s’immisce malheureusement dans les structures qui dépendent de l’État. Il est vrai que le problème déborde le cadre de la filière du livre, c’est un mal national que l’on retrouve dans toutes les branches de l’industrie de notre pays compte tenu d’une histoire particulière du capitalisme français, des relations incestueuses et des liens de consanguinité qui existent toujours entre grands capitaines d’industrie, banquiers d’affaires et hauts fonctionnaires de l’État.

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Pour s’en convaincre, il suffit d’examiner par exemple la constitution de la commission « économie numérique » du Centre national du livre – entreprise publique, rappelons-le tout de même, et principal instrument de soutien à l’activité littéraire dans notre pays – et constater que le cordon ombilical qui relie le CNL à l’industrie dominante rend toute indépendance absolument impossible. La décision, en 2010, de rendre le CNL autonome de son ministère de tutelle relève du même type d’inconséquence que celle celle qui a consisté à rendre une banque centrale libérée du pouvoir politique. C’est priver les citoyens d’une grande partie de leur souveraineté et de leur possibilité d’action.

Il n’y a qu’en France où nous trouvons normal qu’un président de commission d’un organisme public – quelles que soient par ailleurs ses compétences propres, il ne s’agit pas d’un problème de personne — soit également le patron d’un grand groupe d’édition, le responsable du développement numérique dudit groupe, le vice-président de la commission numérique du principal syndicat de l’édition, le président d’une importante plateforme de distribution, etc. Non, vraiment, personne n’y trouve rien à redire.

Certes quelques figurants plus institutionnels permettent de revendiquer haut et fort l’indépendance des décisions. Ethique et déontologie seraient sauves en apparence. Mais ne restera dupe que celui qui l’a décidé. Le poids des éditeurs dans cette instance permettra de mieux comprendre pourquoi le CNL ne souhaite plus soutenir les projets relatifs à des plateformes de distribution. Il ne s’agit pas seulement de faire oublier l’échec de 1001libraires, il s’agit surtout de préserver le juteux marché des intérêts représentés autour de la table. En oubliant au passage de préciser que le développement de certaines de ces plateformes propriétaires a reçu des subventions publiques substantielles.

L’égalité des moyens, c’est toujours bon pour les autres, ceux qui pensent que « la concurrence libre et non faussée » est un concept réel.

Le syndrome de la petite case  : carcan versus agilité

Une société aussi hiérarchisée et fermée que la nôtre ne peut envisager le processus créatif qu’en opérant une classification nosographique. Ainsi toutes les aides éventuelles du CNL ou du ministère ne peuvent être affectées que si le projet présenté arrive à se ranger sagement dans une case administrative assez étroite. Et si, par miracle, le projet innovant parvient à s’y faufiler, il faudra encore que la structure porteuse réunisse toutes les conditions contraignantes qui se rajoutent aux prérequis conceptuels.

Les quatre aides allouées par la commission « économie numérique » du CNL le démontrent assez bien  : hors des cases, point de salut  ! Le hic – il semble même de taille en l’espèce —, c’est que l’innovation, son substrat, se situe en dehors du champ du connu, hors des conventions, des formulaires préétablis et des petites cases administratives. Schizophrénie de l’action publique ?

Un financement tout simplement impossible

Pour ne rien arranger, dans les hautes sphères du pouvoir, on a un peu de mal à conjuguer ensemble la révolution numérique et l’avenir de la filière du livre. Certes, dans tous les ministères, on a déjà adopté la panoplie et les codes de la Geekerie, on singe ses concepts et sa langue, on fanfaronne à coup de tweets écrits dans une novlangue de moins en moins compréhensible, mais qui donne l’illusion de la modernité et de l’efficacité.

C’est d’ailleurs assez simple  : à ce rythme, la langue française sera devenue une langue morte dans quelques décennies. Plus de grec, plus de latin, plus de français  : vive les barbarismes pour continuer à penser  ! 

Alors, imaginer les formes de la révolution numérique dans notre branche, dans ce territoire où rôde l’exception culturelle française, ça complique bigrement le sujet, surtout lorsque se cumulent au corporatisme et à la timidité de l’action… les erreurs d’analyse.

Mais tout cela, vous le savez bien sûr, vous qui fûtes un temps ministre déléguée aux PME, à l’Innovation et à l’Économie numérique et que j’avais sollicité à l’époque pour la Librairie francophone.

La Culture est le parent pauvre des investissements dits d’avenir. Il suffit de se rendre sur le site de BPIFrance pour bien s’en rendre compte. Le HTML  5 et le CSS3 ont remplacé le vieux codage des pages de l’antique Oséo, mais, malgré le nouveau plumage, le ramage est resté le même. Si l’envie incongrue de soumettre un projet de type culturel aux équipes de BPIFrance vous prenait subitement, il y aurait de fortes chances que vous soyez reçus par de jeunes ingénieurs spécialisés en… résistance des matériaux. Cela ne s’invente pas  : vous l’aurez compris, Madame la Ministre, je parle d’une expérience vécue.

Quant aux Business Angels, cette divine espèce que l’on vénère maintenant comme les Héros des temps modernes et dans lesquels l’État place désormais notre Salut, leur angélisme ne va pourtant pas jusqu’à investir dans un domaine où la prise de risque ne saurait être calculée par des algorithmes. 

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Le mythe des intermédiaires financiers efficients

Cette première difficulté à trouver des ressources pour financer les projets culturels innovants est accentuée par le paradigme du marché autorégulateur qui s’est imposé dans la tête des décideurs politiques ou les agents de la haute administration. Que ce postulat soit nuancé par une vision social-démocrate n’y change rien parce qu’il est tout simplement faux.

On croit toujours, en haut lieu, qu’il suffit de jouer les entremetteurs pour que le marché se décide à financer soudainement l’innovation et les entreprises culturelles. Or tous les analystes le savent, les chiffres sont connus, même notre Banque Nationale (eh, oui, elle existe toujours  !) le répète à l’envi  : en France, et d’une manière générale en Europe, contrairement au modèle anglo-saxon de référence, le financement des petites entreprises est assuré majoritairement par le crédit bancaire.

Or le secteur bancaire ne sait pas financer les activités atypiques, notamment culturelles et encore moins immatérielles. « Garanties  ? Garanties  ? Garanties  ?  » L’immatériel n’est pas un fonds de commerce et peut tarder à se transformer en actifs rassurants. En vingt-cinq ans, Madame la Ministre, j’ai créé plus d’une dizaine de petites entreprises culturelles  ; or, je n’ai jamais obtenu un seul financement sans offrir de très sérieuses garanties personnelles. La dernière fut… ma maison. Voilà la réalité quotidienne des TPE et des PME culturelles et le principal obstacle qui empêche le dynamisme de nos créateurs de se déployer.

État, es-tu vraiment là  ?

C’est donc avec raison que Loïc Rivière, délégué général de l’AFDEL, soulignait très récemment qu’« en France, on ne soutient pas assez les start-ups de la culture ». Sans l’aide appuyée de l’État, sans outils de financement spécifiques, le développement d’une industrie culturelle majeure dans le numérique restera voué à l’échec. 

Et il ne s’agit pas d’allouer des subventions supplémentaires, il ne s’agit pas d’alourdir la fiscalité des contribuables, mais bien de se substituer à un système financier défaillant qui ne remplit plus sa fonction et refuse obstinément de jouer le jeu d’une prise de risque minimale malgré les avantages exorbitants qui ont été concédés aux établissements de crédit par la BCE.

Il est donc grand temps de créer un fonds d’investissement public, financé par l’épargne et garanti par la Caisse des Dépôts, exclusivement réservé à l’amorçage et au développement des TPE culturelles (fonds propres inclus par le biais de prises de participation temporaires). Quant aux PME, l’action discrétionnaire de rares fonds spécialisés comme Média (géré justement par BPIFrance) doit être très largement étendue même si, concernant cette structure spécifique, les arbitrages et certaines décisions d’investissement posent de vraies questions sur l’emploi des ressources à la lecture du périmètre d’intervention qui définit son objet. La Cour des comptes resterait sans doute dubitative devant certains choix opérés par les dirigeants de cette entité.

Le serpent de mer de la librairie indépendante

Un deuxième credo – presque une prise d’otage — freine toute politique intelligente en matière numérique et la mise en place de dispositifs opérationnels efficaces  : la certitude que le réseau de la librairie pourra garder à terme sa densité actuelle. Tout le monde sait bien que le commerce de détail physique de la librairie indépendante n’est pas promis à un grand avenir et que, à plus ou moins brève échéance, plus de 70  % des commerces de proximité tireront le rideau (à moins d’une adaptation drastique des prestations offertes).

Pour le dire plus trivialement, les simples « vendeurs de livres  » disparaîtront  ; seuls les lieux offrant une valeur ajoutée en services et de véritables prestations culturelles survivront. On peut le regretter — et je le regrette personnellement —, mais détourner le regard n’empêchera pas le réel d’imposer sa dure loi.

Plutôt que de prendre acte de cette évolution, les pouvoirs publics préfèrent persister dans l’attitude de l’autruche et les discours qui ne fâchent personne. La création du label LiR poursuivait la noble ambition de permettre une transition du secteur par une transformation intelligente de certains commerces indépendants. Dans les faits — et il s’agit là encore d’un secret de polichinelle –, la plupart des aides à la librairie indépendante servent à financer un déficit chronique de trésorerie, c’est-à-dire à faire subventionner par le contribuable la lente agonie d’un système. Le mal est même beaucoup plus insidieux puisqu’en favorisant ainsi, artificiellement, les stocks de livres, ces aides servent en réalité les intérêts des… groupes d’édition les plus puissants. Retour à la case départ.

Pour redynamiser ou soutenir la petite librairie indépendante, outre des aides structurelles bien ciblées, des opérations de création de trafics dans les points de vente comme celle que j’avais initiée en 2010 avec « J’aime mon libraire  » semblerait préférable à d’onéreuses campagnes de communication œcuméniques qui ne produisent aucun résultat concret.

Un service numérique public du livre et des littératures

L’exception culturelle française peut-elle autoriser l’inaction  ? Peut-elle justifier une cécité des pouvoirs publics et une inaction irresponsable  ? Peut-elle, au nom de l’excuse des corps intermédiaires, des erreurs d’analyse et d’alibis dialectiques trop faciles, imposer à l’État l’immobilisme, la seule posture du rôle d’arbitre, le déni de ses responsabilités  ? Et, par la même occasion, continuer à laisser grand ouvert le boulevard du numérique aux seuls GAFA pour les décennies à venir  ?

La solution semble s’imposer d’elle-même et l’intervention active de l’État n’est plus une option discutable. S’Il n’est évidemment pas question de tracer ici les lignes d’une politique générale de développement (durable) de la filière prenant en compte l’intérêt général, il ne semble pas inutile d’esquisser pour le moins le cadre d’un dispositif d’urgence pour le versant numérique.

La première évidence, d’ailleurs réitérée par de nombreux rapports, est que seule la mutualisation forcée des moyens et des ressources, conduite par un État stratège devenu pleinement acteur du changement pourrait permettre de rattraper notre retard en ce domaine, en proposant une offre globale du livre et de la lecture via une porte d’entrée unique.

On se demande bien pourquoi il ne pourrait pas exister, pour un champ d’activités aussi important pour notre culture (au sens anthropologique) et notre économie, un service public de la diffusion et de la distribution des livres tout comme il existe un service public de l’information (radiophonique ou télévisuelle). A moins de considérer que les littératures, les livres, la langue française et in fine la pensée elle-même ne sont que de vulgaires marchandises que nous devons nous résoudre à abandonner au marché.

Il est tout à fait étonnant que nous nous évertuions à croire que la solution aux défis de cette profonde mutation sera apportée par les seuls opérateurs privés. L’histoire nous apprend qu’il n’en fut jamais ainsi et que, par nature, une entreprise privée n’est pas préoccupée par le bien commun.

L’architecture d’un futur service public numérique du livre et de la lecture doit s’articuler autour de deux pôles fondamentaux et synergiques  : d’une part une plateforme intelligente de diffusion-distribution mutualisée  ; d’autre part un écosystème d’informations culturelles permettant également de créer un trafic vers le premier dispositif.

Une plateforme publique, performante et innovante, de diffusion-distribution

S’appuyant pour partie sur l’existant (je pense ici, notamment, au HUB et au PNB de Dilicom), cette offre technologique et commerciale consolidée, multicanal et multiformat proposera au client final ou à l’usager une offre globalisante à forte valeur ajoutée  : achat direct du livre physique ou électronique (en format ouvert  !), réservation et emprunt dans sa bibliothèque municipale de proximité, accès aux ressources de la BNF oud e Gallica, etc. Sans rentrer dans les détails, il s’agit en réalité d’un hub offrant un véritable service public aux lecteurs, facilitant les passerelles entre les différents opérateurs et leurs propres systèmes d’informations, privés ou publics.

Elle permettrait aussi d’accompagner plus en douceur la transition et la modernisation des secteurs les plus fragiles de la filière. Par exemple, le soutien à la petite librairie indépendante, dans le cadre d’un achat de livre physique, pourrait être envisagé malgré l’absence de prestation effective de la part du libraire  : en fonction de la géolocalisation de l’acheteur, la marge consentie par l’éditeur (moins les frais de gestion) serait automatiquement reversée au compte du libraire le plus proche du domicile du client, même si cette librairie ne dispose pas d’un outil de vente à distance ou n’intervient pas dans la transaction et la livraison du livre physique. Voilà un mode intelligent de « subvention », me semble-t-il, puisqu’il ne devrait rien coûter au contribuable. 

De fait, cet opérateur public deviendrait une sorte de diffuseur-distributeur-libraire délégué réalisant une agrégation générale, en centralisant et facilitant l’accès aux offres disponibles depuis une seule interface, mais tout en préservant l’indépendance de chacun.

Un écosystème d’informations littéraires de référence

Le deuxième pôle serait constitué par un écosystème numérique d’informations culturelles sur les littératures (construit en partenariat avec les autres acteurs publics de la culture), calqué peu ou prou sur le concept d’In-Folio. Ce dispositif de sites en étoile, outre son contenu informatif, serait destiné à occuper le « territoire numérique » francophone et à créer le trafic le plus large possible vers la plateforme de services.

Investissements, professionnalisme, persévérance et constance

On peut retourner le problème dans tous les sens  : malgré les échecs précédents — et l’on sait que dans notre pays les tentatives ratées peuvent coûter très chers —, malgré la récente décision du CNL de plus intervenir dans le financement de plateformes technologiques, seule l’existence d’un tel outil mutualisé, géré par une entreprise publique, développée dans les règles de l’art et couplée à une offre de services innovants et hautement performants peut permettre de rivaliser contre les « pure players » d’aujourd’hui et de demain.

Il ne s’agit nullement de fusionner ou de s’ingérer chez les opérateurs privés, mais bien de rendre effective une mutualisation d’intérêts grâce à une stratégie collective de salut public conduite et mise en œuvre, de manière volontaire et vigoureuse, par l’État.

Il ne me semble pas inutile de rappeler au terme de cette lettre qu’Amazon est resté déficitaire pendant sa première décennie d’exercices  ; que, aujourd’hui encore, malgré une valorisation extravagante, l’endettement et l’investissement seuls lui permettent de gagner tous les jours des parts de marché. Oui, lorsque l’on doit investir pour l’avenir, la perspective du temps long s’avère utile.

Faire respecter la loi et combattre les pratiques de concurrence déloyale

Lorsque, en 2010, je lançais — sans aucun soutien des « corps intermédiaires » pourtant sollicités — l’opération « La Pause… Amazon » pour alerter le grand public sur les mauvaises pratiques de cet opérateur, je ne me doutais pas que ce mouvement aboutirait à une loi (du 8 juillet 2014) qui serait ipso facto contournée par le principal intéressé (suivi par la majorité des distributeurs en ligne). Car facturer l’envoi d’un ouvrage 0,01 cent d’euro, ce n’est pas seulement une insulte faite à la République, c’est un abus de droit manifeste, au sens que revêt cette notion fiscale très particulière.

L’État pourrait donc se porter partie civile dans cette affaire de contournement de la loi, comme il pourrait proposer également depuis un certain temps déjà une loi européenne qui, bénéficiant à l’ensemble des pays membres, permettrait d’éviter une « optimisation fiscale » qui n’est rien d’autre qu’un vol manifeste de richesses nationales et une spoliation de l’intérêt général  ; qui, de plus, créant une distorsion évidente de concurrence, ne fait que pénaliser et affaiblir nos propres entreprises.

On se demande pourquoi une loi aussi simple et aussi juste, qui instituerait une imposition du C.A. en fonction du pays de livraison et non plus en fonction de la territorialité du siège social de l’entreprise concernée, n’a pas encore été proposée au parlement européen  ! 

Ces justes rentrées fiscales cumulées aux arriérés dus encore par Amazon au Trésor français (l’absence de zèle de ce dernier à recouvrer sa créance laisse d’ailleurs perplexe lorsque l’on connaît la facilité des voies d’exécution conférée aux services fiscaux par le législateur) permettraient sans trop de difficultés de financer plus que largement les outils nécessaires à la survie et la protection de notre secteur culturel.

Oui, Madame la Ministre, parce que les littératures sont un bien commun, nous ne pouvons pas abandonner leur avenir à la seule économie privée ni à la vieille loi de Say.

Oui, Madame la Ministre, il est grand temps que l’État se réveille enfin  !

Je vous prie de croire en mes sentiments les plus respectueux.

Jean-Marc Bastardy est créateur et éditeur de biens culturels. Venu du monde du marketing et de la communication hors-média, spécialiste en direction de projets et nouvelles technologies, passionné par toutes les cultures, il crée notamment L’Autre Éditions en 2009. Il se prépare à lancer en 2016 In-Folio, un portail numérique des littératures qui relèverait plutôt, selon lui, d’une véritable action de service public. 

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Il y a un an, le secteur du livre et le monde de la culture se mobilisaient pour que les librairies restent ouvertes lors du deuxième confinement, autour d'une pétition lancée par François Busnel et un appel commun du Syndicat de la Librairie Française, du Syndicat National de l'Édition et du Conseil Permanent des Écrivains. Aujourd'hui, des bibliothécaires appellent à une quatrième journée de mobilisation nationale ce mercredi 1er décembre, pour permettre à tous les publics et notamment tous les enfants d’accéder aux bibliothèques sans pass sanitaire, et des libraires de toute la France apportent leur soutien à cette lutte.

26/11/2021, 12:39

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Krisztina Tóth : “La société hongroise est malheureusement malade”

La romancière hongroise Krisztina Tóth aura passé six semaines de résidence d’écriture à Cognac, sous les auspices de Jean Monnet. Elle signe, dans le cadre du Festival des littératures européennes, un texte émouvant et personnel, comme une adresse aux lieux et aux personnes rencontrées. Il est ici reproduit, avec son autorisation (qu’elle soit remerciée) dans son intégralité.

18/11/2021, 19:33

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Cotisations URSSAF : des “montants souvent exorbitants” pour les créateurs

À quelques semaines des fêtes, les services de l’État poursuivent leur quête zélée : les artistes auteurs viennent de recevoir des relevés de cotisations hors-sol, après un traitement 2020 passablement défavorable. Outre les éternels dysfonctionnements de l’outil URSSAF, devenus tristement proverbiaux, les demandes formulées s’avèrent imbittables. Dans un communiqué commun de l’intersyndicale, reproduit ici dans son intégralité, les organisations clament leur indignation.

17/11/2021, 09:38

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Suisse : “Pour le secteur de la culture, le certificat sanitaire est essentiel”

Ce 28 novembre, la Suisse devra s'exprimer sur le renforcement de la loi Covid-19. L'Association professionnelle des autrices et auteurs de Suisse, Ad*S poursuit sa mobilisation et réitère l'appel, finalement fructueux, lancé en mai dernier. Dans une tribune diffusée ci-dessous, l'Ad*S insiste sur les enjeux de la législation pour les créateurs.  

15/11/2021, 13:57

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Pass sanitaire en bibliothèque : des auteurs et autrices BD “préoccupés” et “solidaires”

Plus d'une centaine d'auteurs et d'autrices de bandes dessinées, dessinateurs, coloristes, scénaristes ou éditeurs et éditrices cosignent une tribune sur le site L'Insatiable. Reproduite ci-dessous, elle appelle à la levée du Pass sanitaire dans les bibliothèques territoriales pour les usagers. Le 10 novembre prochain, des bibliothécaires et d'autres professionnels des services publics culturels participeront à une nouvelle journée d'action nationale, pour pousser les pouvoirs publics à réagir.

08/11/2021, 11:28

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Pour un accès sans entraves à la Bibliothèque des Abattoirs

Des chercheurs, enseignants et artistes cosignent une tribune collective appelant à une plus grande ouverture de la Bibliothèque des Abattoirs, lieu d'exposition d'art moderne et contemporain de la ville de Toulouse. Un accès réduit à cette dernière lèsera les enseignants, les étudiants, mais aussi les artistes et les amateurs et amatrices d'art, soulignent les signataires.

05/11/2021, 10:34

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Montreuil : des éditeurs indépendants réclament “une baisse du coût” du SLPJ

La Fédération des éditions indépendantes vient de communiquer à ActuaLitté un courrier adressé aux organisateurs du Salon du livre de Montreuil. Le courrier du président, Dominique Tourte, est ici reproduit dans son intégralité. Il souligne les dysfonctionnements que constate la Fédération, et les impératifs pour les exposants.

03/11/2021, 15:32

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Manuscrits musicaux : le nécessaire rééquilibrage de la relation avec les éditeurs

Le Syndicat français des compositrices et compositeurs de musique contemporaine (SMC) vient de réagir suite à la vente aux enchères de manuscrits de compositrices et compositeurs vivants. Le syndicat dénonce notamment les dérives non-déontologiques entraînées par certaines clauses abusives dans les contrats d’édition musicale et appelle à un rééquilibrage des relations entres les éditeurs et les compositrices et compositeurs.

22/10/2021, 12:50

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“L'édition indépendante est une fiction”

L’indépendance éditoriale, entendue comme une liberté de publier, ne se laisse pas définir facilement. Elle est affaire de jugement, d’auteur(e)s, d’éditeurs(trices), selon des critères qui leur appartiennent, et des publics aussi — et de la nature du régime politique en cours. Par Gilles Kujawski, ancien commercial d’Editis, militant à La France Insoumise.

12/10/2021, 12:47

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“Quand t’auras 12 ans, tu seras privé de bibliothèque”

Depuis les extensions du Pass sanitaire dans les lieux culturels à des tranches d’âge plus jeunes, les phénomènes d’exclusion s’amplifient. Si bien des gens n’avaient pas mesuré ce que ces décisions impliqueraient, voici les effets pervers qui se profilent. Alors qu’une nouvelle mobilisation nationale est annoncée pour mercredi 13 octobre dans les bibliothèques municipales, un collectif de professionnels signe dans nos colonnes une tribune allant dans ce sens diffusée ci-dessous dans son intégralité.

09/10/2021, 10:20

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Les “opposants politiques” et le régime de Loukachenko en Biélorussie

Les réactions se multiplient pour dénoncer le régime mis en place par Alexandre Loukachenko, président de Biélorussie. Réélu en août 2020, il a marqué son retour par plusieurs attaques portées contre la liberté d’expression. Et plus spécifiquement des associations d’auteurs. L’association professionnelle des autrices et auteurs de Suisse monte à son tour au créneau, dans un texte communiqué à ActuaLitté, ici reproduit en intégralité.

04/10/2021, 12:17

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Des ministres de la Culture francophones s'engagent à “promouvoir l’accès au livre”

Les 23 et 24 septembre derniers, des ministres de la Culture de plusieurs États francophones ont participé aux États généraux du livre en langue française, échangeant avec les professionnels du secteur pour élaborer une stratégie visant à dynamiser le secteur et la circulation du livre dans l'espace francophone. Parallèlement, les ministres de la Culture de 9 États francophones cosignent une déclaration, reproduite ci-dessous en intégralité.

28/09/2021, 16:34

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Comment lire un roman écrit par une voiture ? 
La doxa littéraire face à l’Intelligence artificielle

Dans son roman de 2002, Exemplaire de démonstration, Philippe Vasset vantait ironiquement les vertus du Scriptgenerator, un logiciel rédacteur de best-sellers paramétrable par l’éditeur en fonction d’un public cible. En 2016, avec Ada, Antoine Bello imaginait à son tour une intelligence artificielle spécialisée dans le roman sentimental. Il se trouve que ces fictions de robots-écrivains sont de moins en moins improbables. Par Pascal Mougin, université Paris-Saclay.

27/09/2021, 09:48

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En Afghanistan, “les créateurs sont pourchassés, risquent la torture et la mort”

La progression et le retour des talibans au pouvoir, à la faveur du retrait des forces internationales de l'Afghanistan, inquiètent le monde entier. Le devenir des libertés individuelles semble plus que jamais menacé dans le pays, et le Pen club français, qui défend la liberté d'expression, appelle le gouvernement français à prendre des mesures d'accueil fortes.

24/08/2021, 09:31

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Biélorussie : la France doit “déclencher une initiative internationale” contre Loukachenko

L'anniversaire de la réélection contestée d'Alexandre Loukachenko à la présidence de la Biélorussie d'août 2020 fut marqué par la dissolution du Centre PEN national, qui lutte pour la liberté d'expression des écrivains. Le triste symbole d'un régime autoritaire qui s'installe et perdure : le Club PEN français, dans un courrier à Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, exhorte celui-ci à l'action. Nous reproduisons ci-dessous le texte envoyé, en intégralité.

16/08/2021, 10:44

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Le Pass sanitaire : “Bombe à fragmentation pour la lecture publique”

Déjà préoccupés depuis la publication du décret d’application, les établissements de lecture publique s’inquiètent plus encore de voir la législation poindre. L’accord trouvé par la Commission mixte paritaire sur le projet de loi sanitaire laisse planer plus d’inquiétudes encore. L’interassociation des bibliothèques et bibliothécaires diffuse un message d’alerte, ici reproduit dans son intégralité.

26/07/2021, 18:44

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La loi Climat et résilience briderait inutilement “l’activité de l’industrie papetière”

La « Convention citoyenne pour le climat » est, depuis sa création, présentée comme un moyen pour accélérer la lutte contre le changement climatique. LObjectif premier : réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40 % d’ici 2030, partout en France. Bien qu’engagée dans cet effort vers une industrie plus « verte », l’Union Française des Industries des Cartons, Papiers et Celluloses a exprimé ses inquiétudes. Nous publions ici leur réaction dans son intégralité.

22/07/2021, 13:17

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Maroc : le procès Radi et Stitou dévoile “une gouvernance par la terreur”

Reporters Sans Frontières parlent d’un « procès de la honte » après que le verdict ait été rendu : la justice marocaine condamne Omar Radi et Imad Stitou au terme d’une « procédure entachée d’irrégularité ». Accusés de viol, d’espionnage ou encore de non-dénonciation d’un crime, la cour de Casablanca n’a pas fait dans la demi-mesure. Jean-Philippe Domecq, Président au PEN Club français du Comité des écrivains persécutés livre ici un texte pétri d’indignation.

21/07/2021, 14:53

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Aux auteurs biélorusses, “nous redisons notre admiration” (Pen Club français)

Les citoyens, militants de la démocratie et auteurs biélorusses viennent de subir une nouvelle vague répressive, en Biélorussie. Sur ordre du président Alexandre Loukachenko, plusieurs centaines d'organisations non gouvernementales ont été visées par des perquisitions, le 14 juillet dernier. Parmi celles-ci, l'Union des écrivains biélorusses et le Pen Club local. Le Pen Club français exprime sa solidarité, dans nos colonnes.

19/07/2021, 09:47

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Les auteurs existent-ils vraiment ?

Avons-nous réellement progressé depuis le bureau de législation dramatique par Beaumarchais, précurseur de la Sacd ou de la Sacem ? Nous en sommes toujours à « Compose Le Boléro ou Born to be alive… scénarise un block-buster… Sois téléchargé un million de fois ou tais-toi ! » ! par Olivier Cohen, membre du conseil syndical de la Ligue des auteurs professionnels.

15/07/2021, 12:23

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“Nous sommes des centaines, chaque année, à rencontrer élèves et étudiants”

La Maison des écrivains est soutenue par les auteurs et les autrices qui la font vivre, qui travaillent avec son équipe au quotidien, et qui rencontrent, avec elle, leurs lecteurs, notamment grâce aux actions importantes, uniques au plan national, que conduit la Maison pour l'éducation artistique et culturelle. Une lettre ouverte au Président de la République le rappelle au moment où celui-ci vient, ce 17 juin, de déclarer vouloir faire de la lecture une grande cause nationale.

14/07/2021, 09:23

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“40 ans après la loi Lang, c’est toute la chaîne du livre qu’il faut sécuriser”

Parce qu'un peu d'histoire ne fait jamais de mal, surtout à une époque de contre-vérités rapidement disséminées, Gilles Kujawski, ancien commercial d’Editis, militant à La France Insoumise nous propose un retour dans le temps. Et de ramener de ce voyage quelques éléments pour éclairer le présent. Voire, qui sait : trouver des perspectives pour consolider la chaîne du livre dans son ensemble.  

10/07/2021, 10:14

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“En réalité, Milan Kundera écrivait déjà en français dans ses romans tchèques”

Paru en italien en 2013, puis aux éditions Gallimard en avril 2014, La fête de l’insignifiance fait désormais l’objet d’une édition en tchèque. Anna Kareninová — traductrice éminente et reconnue — a la responsabilité de rendre les textes de Milan Kundera en tchèque. Elle signe également la postface de cette édition (dans une traduction opérée par Anna Kubišta). Les éditions Atlantis, qui ont publié ce livre en 2020, nous offrent ainsi un regard inédit, personnel et complexe sur le travail même de traduction.

06/07/2021, 13:50

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Feel good books ? “Est-ce que Sagan, Duras, écrivaient pour faire du bien ?”

Écrire ne m'a jamais fait manger.J'ai fait ce que l'on appelle délicatement des "succès d'estime", ce qui veut dire que je n'ai eu aucune critique négative - quelle chance !-  mais que mes livres se sont vendus au mieux à 2000 ex. Tout cela en étant publiée par de belles maisons. Par Cathy Galliegue.

01/07/2021, 09:09

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Amis auteurs, “ne nous trompons pas de combat”

Avant même le rapport Racine, remis en janvier 2020 au ministre de la Culture, qui reconnaissait la paupérisation des artistes-auteurs, ces derniers alertaient sur une baisse de leurs revenus et une dégradation de leurs conditions de travail et de vie. Selon Paola Appelius, traductrice littéraire et présidente de l'Association des traducteurs littéraires de France, les préoccupations ont été entendues, et le travail d'amélioration a bel et bien commencé. Nous reproduisons ci-dessous sa lettre ouverte aux auteurs.

29/06/2021, 09:04

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Rentrée littéraire : la critique, le lecteur, le libraire et le quatre-quart

Encore deux mois de patience avant de trouver sur les tables de librairies, dans les dossiers ventrus de la presse, les titres de la prochaine rentrée littéraire. Alors parleront auteurs, éditeurs, journalistes, parfois quelques lecteurs dont la notoriété médiatique fera croire à une influence réelle sur les envies mouvantes des lecteurs. Qui mieux qu'un libraire, artisan besogneux de cette grand'messe dont il ne retirera lui-même ni lauriers ni couronne, pour poser un regard distancié, frondeur, amusé, bienveillant sur ce rituel que d'aucuns conspuent à loisir, avant que de s'y sacrifier ?

27/06/2021, 11:04

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Chris Ware : “Aux États-Unis, la BD n'est même pas considérée comme un art”

Grand Prix de la ville d'Angoulême 2021, l'auteur américain Chris Ware rejoint un panthéon qui réunit déjà Emmanuel Guibert, Rumiko Takahashi, Katsuhiro Ōtomo, Art Spiegelman ou encore François Schuiten. Dans une lettre reproduite ci-dessous, il salue l'affection et la déférence que la France consacre au 9e art.

23/06/2021, 10:28

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La lecture dans les établissements de santé, “espace d’intimité, d’évasion, de liberté”

La Fédération interrégionale du livre et de la lecture (Fill) s'engage dans une vaste opération de rapprochement entre les professionnels de la santé et ceux de la lecture publique, pour multiplier les projets culturels autour du livre et de la lecture dans les établissements de santé. Nous reproduisons ci-dessous le plaidoyer de la fédération, destiné à convaincre de l'importance cruciale de la lecture dans le parcours de soins.

18/06/2021, 15:06

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FIBD : les Autrices et Auteurs en Action “demandent maintenant des actes”

Le collectif AAA (Autrices et Auteurs en Action) entend attirer l'attention des pouvoirs publics sur les suites données au rapport Racine sur la condition des auteurs, qu'il estime « enterré ». Après une proposition de boycott du Festival international de la bande dessinée d'Angoulême 2021, le collectif a proposé un vote pour Bruno Racine, pour le Grand Prix. Vote qui ne sera pas comptabilisé, a confirmé l'organisation. Le collectif prend acte, mais demande à présent au festival de démontrer son soutien aux auteurs, lors de la prochaine édition. Nous reproduisons le courrier de réponse au FIBD ci-dessous.

09/06/2021, 14:49

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Les auteurs de Suisse s'expriment en faveur de la loi Covid-19 

La Suisse doit prochainement s’exprimer sur une législation et les débats vont bon train. Le secteur de la Culture touché au même titre que d’autres reste en demande d’actions. Et le collectif Suisse Culture, dont l’association des auteurs partage le message, demande donc que la loi Covid-19 fasse l’unanimité. « Qui dit non à la loi Covid-19 rend impossible tout soutien aux branches les plus durement touchées : la culture, l’événementiel, la gastronomie et le sport. » Leur appel est ici reproduit dans son intégralité.

31/05/2021, 17:01

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Affaire Marsan : huit autrices de Bragelonne “rappellent la société à ses obligations”

Une enquête de Mediapart, en avril dernier, a fait état des témoignages d'une vingtaine de femmes, qui pointaient le comportement « déplacé » de l'éditeur Stéphane Marsan, directeur du groupe Bragelonne, dans un cadre professionnel, à l'occasion de réunions ou lors de festivals. Depuis, la société n'a pas réagi publiquement, et aucune mesure ne semble avoir suivi ces révélations. Huit autrices de livres publiés par le groupe rappellent la société à ses obligations, menaçant de reprendre leurs droits sur leurs créations. Nous reproduisons ci-dessous, en intégralité, leurs revendications et leur lettre ouverte.

28/05/2021, 09:00

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En Biélorussie, la liberté d'expression et l'opposition en danger

Le détournement d'un avion de ligne par un appareil militaire, pour arrêter l'opposant et journaliste Roman Protassevitch, constitue le dernier « coup d'éclat » du régime autoritaire d'Alexandre Loukachenko. Depuis les résultats des élections présidentielles de 2020, contestés par une partie de la population, la répression s'intensifie. Le PEN Club français fait part de son inquiétude pour la liberté d'expression, dans un texte que nous reproduisons ci-dessous.

27/05/2021, 09:26

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Perdue en mer de Chine ? Roselyne Bachelot face à ses contradictions

Voilà quelques jours, la ministre de la Culture se lançait dans d’hasardeuses comparaisons : d’un côté les tensions en mer de Chine, de l’autre celles entre organisations représentatives des artistes-auteurs, qui seraient plus ardues à résoudre que les premières. Les intéressés — les artistes-auteurs, pas les Chinois… — ont décidé de répondre à Roselyne Bachelot, considérant que le mépris avait des limites… Leur texte est ici proposé dans son intégralité. 

17/05/2021, 15:21

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Des oniomanes et des livres : bande de malades...

Battre le fer tant qu’il est chaud ? Chez un forgeron, ou un maréchal-ferrand, l’expression s’entend sans peine. Généralement, cette invitation à rejeter la procrastination se comprend sans difficulté : le risque est d’accumuler les tâches, au point de se trouver fort dépourvu quand la bise pointera son nez. Dans l’édition, on tarde encore à adopter le terme japonais, tsundoku – qui, littéralement, désigne l’empilation de livres non lus. 

26/11/2021, 17:50

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L'écrivain face aux censures et violences de la société civile

Dans le cadre de la célébration du Centenaire du PEN Club français, un colloque s’est tenu à la Bibliothèque nationale de France, le 12 octobre 2021, sur le thème Censures et autocensures : les littératures aujourd’hui. L’ensemble de cette demi-journée, ouverte par Laurence Engel et Antoine Spire, a fait l’objet d’une captation par les services de la BnF. Nous reproduisons avec son aimable autorisation l'intervention d’Antoine Spire, président du PEN Club français.

26/11/2021, 09:34

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Des retards de livraison en librairie et la chaîne du livre menace d'exploser

La crise du papier et de son approvisionnement continue d’angoisser, à raison. Car avec elle, une autre pénurie sévit : celle des recrutements pour les entrepôts. Emplois mal payés, éprouvants… les candidats ne se bousculent pas au portillon. Et depuis des semaines, les transporteurs ne suivent plus : une carence de chauffeurs routiers est partout observée.

24/11/2021, 15:58

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Gisèle Sapiro : “La question des sensibilités se pose depuis que l’édition existe”

Le monde du livre n'échappe pas à des rapports de force, qui s'expriment aussi bien dans des choix éditoriaux que dans des logiques de concentration, ou encore dans la réception publique de certains livres. La sociologue Gisèle Sapiro, directrice d'études à l'EHESS et directrice de recherche au CNRS, autrice de Peut-on dissocier l'œuvre de l'auteur ? (Seuil, 2020), revient avec nous sur quelques questionnements récents de l'édition, avant son intervention aux Assises internationales de l'édition indépendante, ce mercredi 24 novembre.

23/11/2021, 16:50

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Bubble Tea raffinés, patisseries japonaises et mangas : bienvenue au Renard Café

L’épidémie Covid a vu naître de splendides collaborations — certaines aboutissant même à des créations d’entreprises. Tout commence quand, durant le Confinement 2, Romain Gaia, propriétaire de Tomo, maison de dorayaki (les succulentes pâtisseries japonaises) contacte Mickaël Brun-Arnaud, propriétaire de la librairie Le Renard doré, spécialisée dans les manga et la culture japonaise. Un dénominateur commun qui, près d’un an et demi plus tard, débouche sur Le Renard Café… Rencontre avec ces entrepreneurs, sur les lieux du crime.

22/11/2021, 15:19

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Samar Haddad : “Les éditrices en Syrie se comptent sur les doigts d'une main”

Du 23 au 26 novembre 2021, l'Alliance internationale des éditeurs indépendants organise les Assises internationales de l'édition indépendante à Pampelune. Liberté d'expression, bibliodiversité, place accordée aux langues « minorées » font notamment partie des sujets abordés au cours de tables rondes, tout comme la place des femmes dans l'édition. Sur ce dernier sujet, Samar Haddad, directrice de la maison d'édition Atlas Publishing, nous livre son expérience en Syrie.

22/11/2021, 13:01

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Profession : petites (et grandes) mains d'un festival littéraire

Débarquer à la gare, trouver un sosie de George RR Martin qui attend, panneau dans les mains, béret vissé sur la tête et longue barbe débordant sous le masque. « Je suis votre chauffeur », assure-t-il avec le sourire que l’on devine. Marc* est l’un des cinquante bénévoles qui mèneront durant six jours les navettes, l’installation des tables, des décorations et tant d’autres détails. Profession : bénévoles. Option : passionnés.

18/11/2021, 16:25

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Devenir une femme auteur, “c'est s'exposer à une grande violence sociale” (Titiou Lecoq)

Titiou Lecoq, qui a récemment publié Les grandes oubliées — Pourquoi l’Histoire a effacé les femmes (L’iconoclaste), a pu constater l'invisibilisation des autrices de l'histoire littéraire, malgré des parutions et des succès multiples. Alors qu'elle signe la préface pour les éditions Talents hauts de La femme auteur (1802), roman de Félicité de Genlis, qui incitait les femmes à prendre la plume, elle revient avec nous sur les multiples obstacles à une reconnaissance littéraire des autrices.

18/11/2021, 16:08

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“La littérature est imaginaire”

A Paris, dans le 14ème arrondissement, il existe une librairie appelée La petite Lumière. Le nom vient d’un livre de l’auteur italien Antonio Moresco, qui a tardé à s’affirmer dans le panorama littéraire italien. En France, depuis 2014, il est accueilli avec un grand enthousiasme, de la part de tout le monde : libraires, critiques, lecteurs. Verdier, son éditeur, a sorti en septembre 2021 Les ouvertures, son dernier livre traduit en français. Entretien avec l’auteur et son traducteur Laurent Lombard. 

17/11/2021, 11:15

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Maison du dessin satirique : “S’il te plaît, dessine-moi un serpent de mer…”

Le 15 janvier 2020, à l’occasion de ses vœux à la presse, le Président Macron annonçait la création d’une maison du dessin satirique et du dessin de presse. Depuis, rien, ou presque. L’annonce du lieu choisi pour cette maison devait être faite en janvier 2021, puis au printemps, puis à l’automne et… rien. ActuaLitté mène l’enquête, à la recherche du dessin perdu.

16/11/2021, 11:34

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Suisse : Gaston Lagaffe, ou la clownerie des antivax (avec un L pour être poli)

EDITO – Révélation : pour le plus grand bonheur des amateurs, le président de la Confédération suisse, Guy Parmelin, compte parmi les Gastonophiles avisés et autres adeptes de la Franquintescence. Et il le démontre. Durant une conférence de presse, le président helvète a employé les grands moyens, ayant recours à l’unique argument audible (et salvateur) quand toute forme d’intelligence a déserté : Gaston Lagaffe. M'enfin ?

11/11/2021, 18:28

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De Léna Situations à Beigbeder : les nouveaux critères de la qualité littéraire

Vous souvenez-vous ? Il y a un an, la YouTubeuse Lena Situations publiait Toujours plus + = +. Son livre connut un grand succès (355.308 exemplaires, donnée Edistat) et Frédéric Beigbeder écrivit une chronique épicée qui indigna les fans de la jeune plume. Pendant quelques jours, le chroniqueur fut moqué, considéré comme un homme de l’Ancien Monde qui ne supportait pas qu’une influenceuse puisse être n° 1 des ventes. Une interprétation facile, simple variation sur le thème du vieux con contre le jeune con. Par Arthur Constance.

11/11/2021, 10:20

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En Occitanie, une agence pour librairies vise proximité et digital

« Avec la librairie, j’ai repensé mon activité et ma formation première, de graphiste. J’avais quitté mon travail et entamé une formation pour devenir libraire », commence Flore Cutuli Lebertre. Aujourd’hui, après des stages, arrivé post-confinement, elle se lance dans une autre aventure : la communication digitale, pour les librairies d’Occitanie. « J’avais des rêves en tête, sans savoir où j’allais : maintenant, cela se dessine », sourit-elle.

02/11/2021, 11:54

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“Le petit monde schizophrène de l'Imaginaire“

Auteurs et éditeurs de l’imaginaire — francophones — vivent dans une dimension parallèle au commun des mortels. Une dimension qu’ils sont les seuls à connaître. Par Guilhem Meric. 

29/10/2021, 12:08

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Ken Follett : “L’histoire la plus réaliste que j’aie jamais écrite”

Ken Follett est aujourd’hui considéré comme l’écrivain le plus populaire du monde. Les romans de sa saga, Kingsbridge se sont vendus à 47 millions d’exemplaires. Avec son dernier roman, Pour rien au monde (trad. Odile Demange, Jean-Daniel Brèque, Nathalie Gouyé-Guilbert, Dominique Haas et Christel Gaillard-Paris), il explore une nouvelle voie : celle d’un chaos qui menace, et il ne faudrait pour rien au monde que ce qu’il a imaginé prenne forme…

26/10/2021, 06:45

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Des livres traduits par des robots : "Quid de la sensibilité ?"

L'éditeur scientifique Springer met désormais à disposition de ses auteurs un outil de traduction automatique, DeepL AI, permettant de traduire articles scientifiques et manuscrits depuis différentes langues vers l'anglais. Plus encore, il devrait traduire des livres en intégralité, qui seront ensuite commercialisés par l'éditeur. Pour le Conseil européen des associations de traducteurs littéraires (CEATL), une telle confiance dans l'intelligence artificielle dénote « un manque flagrant de professionnalisme ».

25/10/2021, 10:31

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Ma toute première page, toute, toute première page 

Elles se ressemblent, passé le carton de la couverture, dont le dos gémit dans un mouvement inconnu encore. Ces premières pages passées distraitement, avant de parvenir au sésame : le premier chapitre d’une nouvelle histoire. Ces premières pages, à peine regardées, dégagées du pouce, dans un feuilletage méthodique : une, deux, trois peut-être, quatre rarement, recto-verso méticuleusement évacuées… Ah, ces toutes premières pages.

22/10/2021, 16:31

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Sexisme, harcèlement : “Moi aussi, j'aurais dû être protégée.”

Institution dans le milieu de l’Imaginaire, le festival d’Épinal représente un moment précieux pour les professionnels. Au point de parvenir à faire la pluie et le beau temps sur des carrières, suivant que l’on soit accepté ou blacklisté. Nombre de livres s’y sont décidés lors de rencontres informelles, tandis qu’au cours de ses quatre journées, la manifestation rassemble une véritable communauté – le Fandom. L’édition 2021, elle, aura marqué un tournant.

21/10/2021, 15:06

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Rencontres avec ces libraires qui s’en foutent de la rentrée littéraire

REPORTAGE – Avec ses chiffres clinquants, ses stars qui pavoisent, ses nouveautés « jubilatoires » et ses jurys qui polémiquent, la rentrée littéraire devrait tous nous passionner. Et quand on dit “tous”, on pense en premier lieu, bien évidemment, aux libraires. Et pourtant… ActuaLitté est allé à la rencontre de plusieurs commerçants du livre, à Strasbourg. Il s'en dégage comme une odeur d'indifférence pugnace.

18/10/2021, 10:35

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Lettres du monde : Essentiel !, comme une évidence

Festival des littératures du monde, la prochaine et 18e édition de Lettres du monde se tiendra du 19 au 28 novembre, à travers la métropole bordelaise et la Nouvelle-Aquitaine. Partenaires privilégiés de cet événement où auteurs et lecteurs convergent, les librairies de toute la Région. Cécile Bory, Présidente des Librairies Indépendantes en Nouvelle-Aquitaine et Directrice de la librairie Georges (Talence), nous en dit quelques mots.

15/10/2021, 13:18

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Fils de Zeus, Dionysos s'étonne : “Une brigade des mœurs pour festival, vraiment ?”

LA VRAIE-FAUSSE INTERVIEW – En littérature, la prosopopée consiste à faire parler les morts, les entités divines ou autres abstractions. Joueurs, nous avons invoqué les mânes de Dionysos, dieu accessoirement dédicataire de la première scène antique. En effet, son théâtre à Athènes accueillit les chants rituels préfigurant les tragédies classiques. Ce qui en fait aussi le premier organisateur de manifestations littéraires en Europe. Vous avez dit événementiel ?

14/10/2021, 15:32

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Agnès Ledig : “J'aime l'image du livre comme un lien de cœur à cœur “

Elle attend souriante : l’heure matinale n’affecte en rien l’immédiate bienveillance. Partager quelques instants avec Agnès Ledig, c’est une mise en danger quand on ne la connaît pas. Elle saisit les nuances, les allusions : elle écoute et l’on perçoit que ses questions ne sont pas des marques d’intérêts feints. Son dernier livre, Se le dire enfin, est sorti en poche en mars dernier (J’ai lu) : mais elle, que nous dira-t-elle finalement ?

12/10/2021, 11:30

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Jean-Claude Mourlevat : ”Auteur jeunesse, cela m'agace quand c'est méprisant“

Il a remporté le prix Astrid Lindgren, qui allait pour la première fois de son histoire à un auteur français. Cette récompense littéraire et suédoise est souvent présentée comme le Prix Nobel consacrant la littérature pour la jeunesse. Jean-Claude Mourlevat, lauréat 2021 était avec nous à Gradignan, pour le salon Lire en Poche. Opportunité rare…

10/10/2021, 20:29

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Villon, Rimbaud ou Verlaine, de “sales types” : Crénom, Teulé !

Jean Teulé, président. Voilà qui claque, et aurait peut-être même de la gueule : avec lui, une palanquée de poètes rentrerait à l’Élysée. Mais en attendant que l’écrivain prenne la tête de l’État, c’est à Gradignan qu’il pose ses valises, pour Lire en Poche, comme parrain de l’édition 2021. Rendez-vous pris avec celui qui revendique, comme Aragon, « ce sale type », de n’avoir jamais appris à écrire. En avant la musique.

09/10/2021, 12:05

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“Le Salon de Turin n’a pas de public : il rassemble une communauté”

#SALTO21 – Une nouvelle fois, les organisateurs du Salon du livre de Turin ont jonglé entre les difficultés, pour que la manifestation piémontaise ait lieu. Son commissaire général, également romancier, Nicola Lagioia, accorde à ActuaLitté un entretien exclusif. Du 14 au 18 octobre, le Lingotto célébrera le livre, la lecture, les auteurs, avec passion.

07/10/2021, 15:22

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Prix du livre et frais de port : “Le marché va en souffrir, pas Amazon”

Arrivée à l’Assemblée nationale pour son adoption, la loi concernant les frais de port fera florès : qui, après l’année 2020, refuserait un projet de soutien aux libraires ? Qui, devant le vorace Amazon, éconduirait l’effort pour rétablir une concurrence saine sur la vente à distance de livres ? En somme, qui aurait intérêt à ce que les frais d’envois postaux d’un livre n’augmentent pas ? De fait… quelques nuances s’imposent.

06/10/2021, 11:33

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Retraites : quand l'ADAGP a vite fait de jeter les artistes-auteurs en Ehpad

Il suffit parfois d’un message publicitaire bien tourné pour qu’une population entière s’engouffre dans un produit. Et aussi d’un martèlement régulier — comme le savent les enseignants, pour que ça rentre, faut répéter… Mais en d’autres moments, plus sensibles, la réclame fait bondir à s’en enfourner la tête dans l’écran. Le traducteur littéraire et syndicaliste Lionel Evrard nous en donne ici une illustration…

04/10/2021, 16:31

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Complaintes de la bibliothèque

Ce matin, ton regard était froid et distant. Presque je t’aurais entendu ravaler tes sanglots, quand entrant dans la pièce, tu m’as tourné le dos. Enfin, tu l’aurais certainement souhaité, mais inamovible, tu m’as battu froid. Dans ce silence que je connais, tu m’as laissé déposer ce vélo coutumier, sans broncher. Et après le premier café, timidement, tu as geint : « Tu ne me regardes plus comme avant ! » Mince : ma bibliothèque parle ?

01/10/2021, 13:59

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Hommage aux traducteurs et aux traductrices, artistes du verbe depuis plus de deux millénaires

La journée mondiale de la traduction (30 septembre) pourrait sans problème être renommée journée mondiale des traducteurs et des traductrices. Ceux-ci sont souvent peu visibles derrière leur art alors qu’ils contribuent au savoir et à la culture depuis plus de deux millénaires. Leur apport est immense, au passé comme au présent. 

30/09/2021, 09:59

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Chroniques de la Lune Noire : “Au départ, c'était un roman... mais j'ai tout perdu”

L'aventure des Chroniques de la Lune noire, saga entamée en 1989 par Olivier Ledroit, au dessin, et François Froideval, ne se résume pas en quelques mots. On notera simplement qu’au commencement, un souci informatique provoqua la perte du roman que Froideval avait entamé. Qu’importe, elles verront tout de même le jour, en BD. 13 ans après le 14e tome, Les Chroniques de la Lune noire, ce sont, en bande dessinée, plus de 559.000 exemplaires vendus (données Edistat). Et un redémarrage s’amorce avec Jeanne-A Debats quand surgit un roman, chez Leha.

29/09/2021, 10:04

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Région Grand Est : “Encourager les auteurs de l’écrit à la création de projets audiovisuels”

Rapprocher les auteurs de l’écrit du monde audiovisuel, voici le projet que porte la Région Grand Est à travers l’opération Du livre à l’écran. Cinq livres, cinq auteurs, cinq maisons d’édition, et en parallèle, un programme d’accompagnement, avec Daniel Picouly comme parrain : objectif, connecter les filières du livre et du cinéma.

28/09/2021, 09:18

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Traduire Conceição Evaristo, la Toni Morrison brésilienne

PORTRAIT – Première invitée du festival VoVf, traduire le monde, la traductrice Izabella Borges est venue présenter le recueil de nouvelles Ses Yeux d’eau (Ed. des femmes) et évoquer son autrice, immensément populaire au Brésil, Conceição Evaristo.

27/09/2021, 15:07

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“Il manque de toute évidence au sein du Goncourt une grande figure morale”

Voilà une semaine que l’histoire se ressasse à l’envi : comment les jurés du prix Goncourt, comment l’Académie tout entière, a pu se faire prendre de la sorte ? Un roman retenu, écrit par le compagnon d’une des membres du jury… et personne pour trouver ce lien étrange. Seule colère du président, quand ladite jurée se fend d’une chronique dans Le Monde, pour sabrer un autre livre retenu dans la liste 2021 ?  

27/09/2021, 12:02

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Crise à l'Academie : du prix Goncourt au prix d’amis ?

Tout cela ne manque pas de piquant, il faut le croire... Récuser un membre du jury, quand c’est une femme ? La chose passerait mal – le Goncourt n’en compte que trois, sur ses dix membres. Se récuser, quand on a possiblement franchi la ligne rouge ? Les statuts de l’Académie, modifiés en 2008, n’en font pas expressément état. Pour autant, les dernières révélations de France Inter sur un possible conflit d'intérêt interrogent le lecteur. La Littérature, certes, mais à tout prix ?

23/09/2021, 07:29

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“Un libraire doit-il vendre le livre d’Eric Zemmour ?”

Voilà une semaine maintenant que La France n’a pas dit son dernier mot est disponible dans les différents points de vente et en ligne. Un succès revendiqué par l’auteur du Destin français, dont la mise en place dépassait les 150.000 exemplaires. Avec un cas de conscience qui se pose chez les libraires : vendre ou ne pas vendre Éric Zemmour. Marc Georges, qui dirige La Demeure du livre, à La Perrière (Orne), intervient dans nos colonnes avec quelques réflexions à partager.

20/09/2021, 09:04

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Babel, Sisyphe et Tantale dans un bateau : mettre le Horla à la rentrée littéraire

Outre le raccourcissement désormais flagrant des journées, les aléas météorologiques qui contraignent à troquer bermudas et t-shirts pour jeans et chemises, tout va bien madame la Marquise. Alors d’où me vient cette langueur que Verlaine n’aurait pas boudée ? Une anémie qui ne doit rien à mes globules rouges, merci pour eux, et pourtant sévit, jour après jour… La réponse était dans l’énoncé. Ou plutôt, sur le bureau d’en face…

18/09/2021, 13:01