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Pour un service numérique public du livre et des littératures

Sous forme de lettre ouverte adressée à Fleur Pellerin, Jean-Marc Bastardy dresse le bilan de six années d’expérimentations numériques. Autant d’enseignements, de pratique, de tentatives et d’analyses plus opérationnelles que théoriques, qui aboutissent à un cri d’alerte. En cause, l’inertie des pouvoirs publics qui lui semble « réellement fautive compte tenu de l’importance des enjeux ». 

Le 09/12/2015 à 09:47 par La rédaction

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09/12/2015 à 09:47

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ActuaLitté, CC BY SA 2.0

Pour un service numérique public du livre et des littératures

Lettre ouverte à Madame la Ministre de la Culture

Madame la Ministre,

En France, c’est bien connu, nous n’avons pas de pétrole, mais nous avons des idées (souvent fumeuses) formulées par des centaines d’experts et de rapporteurs spécialisés dans le « y-a-qu’à-faut-qu’on » ; en marge de cette agitation politique, administrative et médiatique, nous avons des créateurs plus discrets et des entrepreneurs plus silencieux, mais ces derniers manquent cruellement de financements ; ne disposant pas de l’entregent nécessaire, ils peinent à faire aboutir des projets concrets qui bénéficieraient pourtant à l’intérêt général.

Si l’on rajoute à cette situation une absence criante de volonté et de courage politiques, la paralysie d’affronter les lobbys en présence ou les structures intermédiaires chargées de la politique du livre, ainsi qu’une persistance en la croyance de paradigmes obsolètes, on ne peut s’étonner vraiment de l’inaction coupable qui vient de faire perdre à la filière du livre, et donc à une branche fondamentale de l’économie française, plus de deux décennies de retard dans la révolution numérique, pourtant formidable opportunité de libération des créateurs et des citoyens.

Pour bien comprendre cet immobilisme suicidaire et l’effet retard de notre prise de conscience, il faut savoir identifier les causes, les comprendre ; surtout ne pas avoir peur de les nommer. Et ne pas oublier d’esquisser, cela va de soi, les solutions concrètes, opérationnelles qui permettraient enfin de remédier à cette impéritie pour tenter de rattraper le temps perdu vis-à-vis d’envahisseurs — les fameux GAFA — dont la boulimie n’a plus aucune limite. Il ne s’agit pas seulement de sauver l’avenir d’une filière et de ses acteurs, il s’agit d’une lutte de survie pour préserver notre culture et sa langue.

Si le cadre de cette lettre ne permet pas de rentrer dans les détails, si l’histoire socioéconomique de ce rendez-vous manqué reste à écrire – les travaux de certains historiens, comme Jean-Yves Mollier, méritent cependant d’être lus avec beaucoup d’attention —, il semble utile d’évoquer les freins majeurs à cette modernisation indispensable.

Le but de ce courrier, vous l’aurez compris, n’est pas de trouver de nouveaux amis dans les couloirs du ministère, mais plutôt de dire publiquement, enfin, ce que beaucoup murmurent trop bas.

Une industrie sclérosée, aux aguets, affolée par la libération des auteurs

Le joli terme de « maison d’édition » fait partie de cette mystique du champ littéraire issue de notre héritage des religions « du livre ». La réalité industrielle, vous le savez, est beaucoup moins glamour  : 10 groupes intégrants tous les maillons de la chaîne du livre assurent 80  % du C.A. consolidé du secteur ; parmi eux, deux seulement captent plus de la moitié des revenus. Or l’émergence du numérique remettait non seulement en cause cette position dominante, mais posait un problème presque essentialiste  : quel devenir pour une filière si intégrée ? 

D’une part, la diffusion numérique, en levant en effet le principal frein de la rencontre entre un auteur et son lectorat rendait les intermédiaires de moins en moins indispensables sur un plan technique (libraires compris). D’autre part, elle permettait d’envisager une redistribution plus équitable de la valeur, notamment au bénéfice de l’auteur qui, paradoxalement, est toujours resté le maillon faible — comprendre « le plus maltraité » — de l’ancien écosystème (rappelons que seulement 400 créateurs en France vivent plus ou moins bien de leur art alors que les auteurs nourrissent toute une industrie et beaucoup d’actionnaires qui se soucient peu des littératures).

C’est donc dans une lutte contre sa propre disparition que s’est lancée la profession en ordre dispersé, non seulement en reportant longtemps la réflexion stratégique de sa propre évolution, mais, surtout, en bloquant, via les instances interprofessionnelles dont elle détient le contrôle, toute initiative pouvant menacer ses intérêts particuliers.

Un oligopole obsédé par le maintien de la rente

Le modèle industriel existant est largement organisé par une cavalerie financière sur le commerce des produits matériels. À ce titre, nous avons d’ailleurs été le dernier secteur à bénéficier de dérogations exceptionnelles dans la réforme nationale des délais de paiement et ceci afin de prévenir l’écroulement du système (de l’imprimerie à la librairie).

Tout analyste sérieux ou contrôleur de gestion le reconnaît  : la part lucrative des grands groupes éditoriaux dépend de la notion de flux  : on gagne de l’argent non pas sur l’édition des livres à proprement parler, mais sur le flux de la commercialisation de leurs supports matériels (« livres imprimés » par exemple) et les services lucratifs qui sont facturés aux libraires tout au long de la chaîne logistique « offerte » par les filiales de diffusion-distribution appartenant à ces mêmes groupes.

L’idée de perdre ce prodigieux pactole fut l’une des causes les plus importantes de la réticence des grands opérateurs à s’engager dans un modèle alternatif qui ne promettait à terme que la destruction de cette principale « valeur ». D’où leur engouement pour la croissance externe et la concentration  : « du flux, du flux, du flux ! » Pour ne prendre qu’un seul exemple, la notion si lucrative d’office, ne pourra pas trouver sa place dans le modèle numérique.

Il fallut donc attendre l’aiguillon de plus en plus douloureux d’Amazon pour obliger les acteurs à sortir de leur apparente apathie.

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La plaie du corporatiste

Cette résistance au changement fut accentuée par l’inertie ou l’incompétence des instances représentatives qui, bien évidemment, furent — sont toujours — paralysées par les conflits d’intérêts. Difficile en effet de servir l’intérêt général tout en préservant les avantages concurrentiels du groupe que l’on sert. Pour le dire de manière plus imagée, le MEDEF ne s’est jamais soucié des problèmes des TPE ; il ne faut donc pas s’attendre à ce que le SNE prenne en compte les problématiques de la petite édition ou que le SFL se soucie réellement des difficultés de la très petite librairie.

Prenons un exemple très simple, mais très révélateur pour comprendre le peu d’engouement à développer des outils interprofessionnels performants. Pour commercialiser un livre, il faut disposer d’un numéro ISBN. Tout éditeur en herbe connaît la difficulté à acquérir les premiers numéros ISBN et la durée extravagante de cette attribution (une première demande peut aller jusqu’à… trois semaines). Ce service de base est pourtant géré par l’interprofession puisque Electre remplit ce rôle pour le compte de l’AFNIL. Il suffit donc de se rendre sur le site Internet de l’AFNIL pour constater la capacité d’un opérateur à rendre complexe un processus extrêmement simple qui devrait être totalement automatisé depuis des années.

Un proverbe admet que « celui qui peut le plus peut le moins » ; l’inversion de cette proposition est rarement constatée. C’est pourquoi les échecs des projets interprofessionnels se sont succédé les uns après les autres. On sait avec quel zèle, quelles compétences et quels succès furent menés et soutenus les dernières expériences conjointes, qu’il s’agisse d’aider à la diffusion-distribution de l’édition indépendante ou de permettre aux librairies les plus fragiles d’accéder aux outils de la vente à distance  : le pathétique fiasco de Calibre reste à écrire ; celui non moins dévastateur de 1001libraires — belle idée au demeurant — souhaiterait se faire oublier définitivement.

Dans le domaine des bibliothèques, notre PNB actuel ne peut pas encore être établi avec exactitude, mais il souffre d’une absence criante de transparence sur sa gouvernance et ses processus. Qui plus est, le monopole de fait qu’il pourrait établir devient fort préoccupant. De son côté, le projet FeniXX (ReLire) semble mieux piloté : espérons que les leçons du passé seront retenues. Pour faire un juste bilan, la CLIL et Prisme apparaissent comme deux réussites, bien que datées. Mais ces créations furent dictées à l’origine par des intérêts bien spécifiques  : rendre plus facile et moins cher l’acheminement physique des livres de certains éditeurs vers les libraires de province...

Il est donc tout à fait surprenant que les systèmes d’information, de gestion ou de logistique des gros opérateurs fonctionnement parfaitement bien isolément ; mais que toute tentative de mutualisation technologique se solde par une catastrophe. Mauvaise volonté, incompétence des pilotes, enthousiasme réfréné ?

Les intérêts de quelques-uns versus l’intérêt général

Ce corporatisme exacerbé parvient cependant à imposer des choix lourds de conséquences pour l’ensemble de la filière, options qui aboutissent la plupart du temps à des erreurs stratégiques dont l’économie culturelle française peinera à se relever.

La loi sur le prix unique du livre numérique illustre bien à elle seule cette maladie du corporatisme agissant, puisque l’objectif de cette loi, malgré les arguments fallacieux ou dilatoires mis en avant devant la représentation nationale, fut de défendre la rente de quelques-uns au détriment de l’intérêt général. Cette loi permet en effet aux groupes d’édition de maintenir in fine une marge de diffusion-distribution qui n’est absolument plus justifiée par les services fournis ; elle empêche ipso facto une meilleure ventilation des revenus, notamment en direction des auteurs. C’est une pure loi de lobbying, conservatrice, qui conforte une situation déjà asymétrique, empêche de dynamiser le marché, continue à paupériser les auteurs et permet d’institutionnaliser un enrichissement sans cause au profit des gros opérateurs. 

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Un deuxième exemple, tout aussi parlant, met en exergue l’absence de vision prospective (commune) conservant l’usage et le commerce des livres électroniques. Auparavant tétanisés par Amazon, les grands groupes sont désormais victimes du « complexe Amazonien ». Ils veulent tellement imiter le modèle original qu’ils ambitionnent aujourd’hui de le battre sur son propre terrain. Devant le succès du Kindle, nos dinosaures persistent à vouloir développer des formats numériques propriétaires et même des liseuses spécifiques dont, on le sait, l’avenir appartient pourtant au passé.

Société ouverte versus société fermée

Il ne faut pas être sorti d’une grande école pour savoir que la liseuse va devenir très bientôt un écran en trop, que seuls le développement et l’amélioration d’un format ouvert comme l’ePub, de mieux en mieux adapté aux écrans existants, permettraient de proposer une offre dynamique. La fenêtre de tir – et elle commence à se refermer — résidait vraiment dans ce format car la convergence vers l’ePub nous aurait permis de disposer d’un avantage concurrentiel dans le domaine des livres électroniques, en laissant Amazon s’accrocher pour quelques années encore à son format AZW.

Les réticences françaises concernant le mouvement Open Access qui touche les publications scientifiques procèdent de la même volonté de puissance  : conserver les avantages acquis des gros éditeurs, consolider ce que j’ai appelé dans un essai à paraître  : « le cartel de la rente ».

Quant à la multiplicité des plateformes de distribution pour les formats électroniques, cette tendance frôle la démarche suicidaire et démontre, contre tous les beaux discours de salon ou de convention, l’absence de stratégie commune, notamment depuis la mise en sommeil de MO3T dont la conduite de projet désastreuse reste, à ce jour, la meilleure illustration de l’incapacité de concurrents à travailler sur des normes communes. Même en cas de danger avéré, même pour contrer un ennemi commun. Les intérêts commerciaux et stratégiques individuels sont si divergents qu’ils n’arrivent pas à être solubles par temps de crise. N’ayons crainte  : nos champions excellents toujours à négocier des ententes commerciales illicites.

Malgré l’échec ou la paralysie de nombreux projets, la confiance que l’État place dans ces initiatives interprofessionnelles déclarées comme les seules légitimes en vertu d’une notion particulière de représentativité, empêche par ailleurs le déploiement d’autres solutions alternatives plus agiles et beaucoup moins corporatistes. 

Or, nous le savons bien  : seule la mutualisation à cadence forcée permettrait de lutter efficacement contre la concurrence anglo-saxonne.

Une coupable collusion des services de l’État

Être juge et partie semble donc être le principal écueil à toute stratégie collective cohérente désormais indispensable pour contenir les volontés hégémoniques des GAFA. Un jour viendra où l’on réhabilitera Le Chapelier et son analyse désormais pertinente sur les corps intermédiaires  : « Il n’est permis à personne d’inspirer aux citoyens un intérêt intermédiaire, de les séparer de la chose publique par un esprit de corporation ».

Cet « esprit de corporation » s’immisce malheureusement dans les structures qui dépendent de l’État. Il est vrai que le problème déborde le cadre de la filière du livre, c’est un mal national que l’on retrouve dans toutes les branches de l’industrie de notre pays compte tenu d’une histoire particulière du capitalisme français, des relations incestueuses et des liens de consanguinité qui existent toujours entre grands capitaines d’industrie, banquiers d’affaires et hauts fonctionnaires de l’État.

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Pour s’en convaincre, il suffit d’examiner par exemple la constitution de la commission « économie numérique » du Centre national du livre – entreprise publique, rappelons-le tout de même, et principal instrument de soutien à l’activité littéraire dans notre pays – et constater que le cordon ombilical qui relie le CNL à l’industrie dominante rend toute indépendance absolument impossible. La décision, en 2010, de rendre le CNL autonome de son ministère de tutelle relève du même type d’inconséquence que celle celle qui a consisté à rendre une banque centrale libérée du pouvoir politique. C’est priver les citoyens d’une grande partie de leur souveraineté et de leur possibilité d’action.

Il n’y a qu’en France où nous trouvons normal qu’un président de commission d’un organisme public – quelles que soient par ailleurs ses compétences propres, il ne s’agit pas d’un problème de personne — soit également le patron d’un grand groupe d’édition, le responsable du développement numérique dudit groupe, le vice-président de la commission numérique du principal syndicat de l’édition, le président d’une importante plateforme de distribution, etc. Non, vraiment, personne n’y trouve rien à redire.

Certes quelques figurants plus institutionnels permettent de revendiquer haut et fort l’indépendance des décisions. Ethique et déontologie seraient sauves en apparence. Mais ne restera dupe que celui qui l’a décidé. Le poids des éditeurs dans cette instance permettra de mieux comprendre pourquoi le CNL ne souhaite plus soutenir les projets relatifs à des plateformes de distribution. Il ne s’agit pas seulement de faire oublier l’échec de 1001libraires, il s’agit surtout de préserver le juteux marché des intérêts représentés autour de la table. En oubliant au passage de préciser que le développement de certaines de ces plateformes propriétaires a reçu des subventions publiques substantielles.

L’égalité des moyens, c’est toujours bon pour les autres, ceux qui pensent que « la concurrence libre et non faussée » est un concept réel.

Le syndrome de la petite case  : carcan versus agilité

Une société aussi hiérarchisée et fermée que la nôtre ne peut envisager le processus créatif qu’en opérant une classification nosographique. Ainsi toutes les aides éventuelles du CNL ou du ministère ne peuvent être affectées que si le projet présenté arrive à se ranger sagement dans une case administrative assez étroite. Et si, par miracle, le projet innovant parvient à s’y faufiler, il faudra encore que la structure porteuse réunisse toutes les conditions contraignantes qui se rajoutent aux prérequis conceptuels.

Les quatre aides allouées par la commission « économie numérique » du CNL le démontrent assez bien  : hors des cases, point de salut  ! Le hic – il semble même de taille en l’espèce —, c’est que l’innovation, son substrat, se situe en dehors du champ du connu, hors des conventions, des formulaires préétablis et des petites cases administratives. Schizophrénie de l’action publique ?

Un financement tout simplement impossible

Pour ne rien arranger, dans les hautes sphères du pouvoir, on a un peu de mal à conjuguer ensemble la révolution numérique et l’avenir de la filière du livre. Certes, dans tous les ministères, on a déjà adopté la panoplie et les codes de la Geekerie, on singe ses concepts et sa langue, on fanfaronne à coup de tweets écrits dans une novlangue de moins en moins compréhensible, mais qui donne l’illusion de la modernité et de l’efficacité.

C’est d’ailleurs assez simple  : à ce rythme, la langue française sera devenue une langue morte dans quelques décennies. Plus de grec, plus de latin, plus de français  : vive les barbarismes pour continuer à penser  ! 

Alors, imaginer les formes de la révolution numérique dans notre branche, dans ce territoire où rôde l’exception culturelle française, ça complique bigrement le sujet, surtout lorsque se cumulent au corporatisme et à la timidité de l’action… les erreurs d’analyse.

Mais tout cela, vous le savez bien sûr, vous qui fûtes un temps ministre déléguée aux PME, à l’Innovation et à l’Économie numérique et que j’avais sollicité à l’époque pour la Librairie francophone.

La Culture est le parent pauvre des investissements dits d’avenir. Il suffit de se rendre sur le site de BPIFrance pour bien s’en rendre compte. Le HTML  5 et le CSS3 ont remplacé le vieux codage des pages de l’antique Oséo, mais, malgré le nouveau plumage, le ramage est resté le même. Si l’envie incongrue de soumettre un projet de type culturel aux équipes de BPIFrance vous prenait subitement, il y aurait de fortes chances que vous soyez reçus par de jeunes ingénieurs spécialisés en… résistance des matériaux. Cela ne s’invente pas  : vous l’aurez compris, Madame la Ministre, je parle d’une expérience vécue.

Quant aux Business Angels, cette divine espèce que l’on vénère maintenant comme les Héros des temps modernes et dans lesquels l’État place désormais notre Salut, leur angélisme ne va pourtant pas jusqu’à investir dans un domaine où la prise de risque ne saurait être calculée par des algorithmes. 

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Le mythe des intermédiaires financiers efficients

Cette première difficulté à trouver des ressources pour financer les projets culturels innovants est accentuée par le paradigme du marché autorégulateur qui s’est imposé dans la tête des décideurs politiques ou les agents de la haute administration. Que ce postulat soit nuancé par une vision social-démocrate n’y change rien parce qu’il est tout simplement faux.

On croit toujours, en haut lieu, qu’il suffit de jouer les entremetteurs pour que le marché se décide à financer soudainement l’innovation et les entreprises culturelles. Or tous les analystes le savent, les chiffres sont connus, même notre Banque Nationale (eh, oui, elle existe toujours  !) le répète à l’envi  : en France, et d’une manière générale en Europe, contrairement au modèle anglo-saxon de référence, le financement des petites entreprises est assuré majoritairement par le crédit bancaire.

Or le secteur bancaire ne sait pas financer les activités atypiques, notamment culturelles et encore moins immatérielles. « Garanties  ? Garanties  ? Garanties  ?  » L’immatériel n’est pas un fonds de commerce et peut tarder à se transformer en actifs rassurants. En vingt-cinq ans, Madame la Ministre, j’ai créé plus d’une dizaine de petites entreprises culturelles  ; or, je n’ai jamais obtenu un seul financement sans offrir de très sérieuses garanties personnelles. La dernière fut… ma maison. Voilà la réalité quotidienne des TPE et des PME culturelles et le principal obstacle qui empêche le dynamisme de nos créateurs de se déployer.

État, es-tu vraiment là  ?

C’est donc avec raison que Loïc Rivière, délégué général de l’AFDEL, soulignait très récemment qu’« en France, on ne soutient pas assez les start-ups de la culture ». Sans l’aide appuyée de l’État, sans outils de financement spécifiques, le développement d’une industrie culturelle majeure dans le numérique restera voué à l’échec. 

Et il ne s’agit pas d’allouer des subventions supplémentaires, il ne s’agit pas d’alourdir la fiscalité des contribuables, mais bien de se substituer à un système financier défaillant qui ne remplit plus sa fonction et refuse obstinément de jouer le jeu d’une prise de risque minimale malgré les avantages exorbitants qui ont été concédés aux établissements de crédit par la BCE.

Il est donc grand temps de créer un fonds d’investissement public, financé par l’épargne et garanti par la Caisse des Dépôts, exclusivement réservé à l’amorçage et au développement des TPE culturelles (fonds propres inclus par le biais de prises de participation temporaires). Quant aux PME, l’action discrétionnaire de rares fonds spécialisés comme Média (géré justement par BPIFrance) doit être très largement étendue même si, concernant cette structure spécifique, les arbitrages et certaines décisions d’investissement posent de vraies questions sur l’emploi des ressources à la lecture du périmètre d’intervention qui définit son objet. La Cour des comptes resterait sans doute dubitative devant certains choix opérés par les dirigeants de cette entité.

Le serpent de mer de la librairie indépendante

Un deuxième credo – presque une prise d’otage — freine toute politique intelligente en matière numérique et la mise en place de dispositifs opérationnels efficaces  : la certitude que le réseau de la librairie pourra garder à terme sa densité actuelle. Tout le monde sait bien que le commerce de détail physique de la librairie indépendante n’est pas promis à un grand avenir et que, à plus ou moins brève échéance, plus de 70  % des commerces de proximité tireront le rideau (à moins d’une adaptation drastique des prestations offertes).

Pour le dire plus trivialement, les simples « vendeurs de livres  » disparaîtront  ; seuls les lieux offrant une valeur ajoutée en services et de véritables prestations culturelles survivront. On peut le regretter — et je le regrette personnellement —, mais détourner le regard n’empêchera pas le réel d’imposer sa dure loi.

Plutôt que de prendre acte de cette évolution, les pouvoirs publics préfèrent persister dans l’attitude de l’autruche et les discours qui ne fâchent personne. La création du label LiR poursuivait la noble ambition de permettre une transition du secteur par une transformation intelligente de certains commerces indépendants. Dans les faits — et il s’agit là encore d’un secret de polichinelle –, la plupart des aides à la librairie indépendante servent à financer un déficit chronique de trésorerie, c’est-à-dire à faire subventionner par le contribuable la lente agonie d’un système. Le mal est même beaucoup plus insidieux puisqu’en favorisant ainsi, artificiellement, les stocks de livres, ces aides servent en réalité les intérêts des… groupes d’édition les plus puissants. Retour à la case départ.

Pour redynamiser ou soutenir la petite librairie indépendante, outre des aides structurelles bien ciblées, des opérations de création de trafics dans les points de vente comme celle que j’avais initiée en 2010 avec « J’aime mon libraire  » semblerait préférable à d’onéreuses campagnes de communication œcuméniques qui ne produisent aucun résultat concret.

Un service numérique public du livre et des littératures

L’exception culturelle française peut-elle autoriser l’inaction  ? Peut-elle justifier une cécité des pouvoirs publics et une inaction irresponsable  ? Peut-elle, au nom de l’excuse des corps intermédiaires, des erreurs d’analyse et d’alibis dialectiques trop faciles, imposer à l’État l’immobilisme, la seule posture du rôle d’arbitre, le déni de ses responsabilités  ? Et, par la même occasion, continuer à laisser grand ouvert le boulevard du numérique aux seuls GAFA pour les décennies à venir  ?

La solution semble s’imposer d’elle-même et l’intervention active de l’État n’est plus une option discutable. S’Il n’est évidemment pas question de tracer ici les lignes d’une politique générale de développement (durable) de la filière prenant en compte l’intérêt général, il ne semble pas inutile d’esquisser pour le moins le cadre d’un dispositif d’urgence pour le versant numérique.

La première évidence, d’ailleurs réitérée par de nombreux rapports, est que seule la mutualisation forcée des moyens et des ressources, conduite par un État stratège devenu pleinement acteur du changement pourrait permettre de rattraper notre retard en ce domaine, en proposant une offre globale du livre et de la lecture via une porte d’entrée unique.

On se demande bien pourquoi il ne pourrait pas exister, pour un champ d’activités aussi important pour notre culture (au sens anthropologique) et notre économie, un service public de la diffusion et de la distribution des livres tout comme il existe un service public de l’information (radiophonique ou télévisuelle). A moins de considérer que les littératures, les livres, la langue française et in fine la pensée elle-même ne sont que de vulgaires marchandises que nous devons nous résoudre à abandonner au marché.

Il est tout à fait étonnant que nous nous évertuions à croire que la solution aux défis de cette profonde mutation sera apportée par les seuls opérateurs privés. L’histoire nous apprend qu’il n’en fut jamais ainsi et que, par nature, une entreprise privée n’est pas préoccupée par le bien commun.

L’architecture d’un futur service public numérique du livre et de la lecture doit s’articuler autour de deux pôles fondamentaux et synergiques  : d’une part une plateforme intelligente de diffusion-distribution mutualisée  ; d’autre part un écosystème d’informations culturelles permettant également de créer un trafic vers le premier dispositif.

Une plateforme publique, performante et innovante, de diffusion-distribution

S’appuyant pour partie sur l’existant (je pense ici, notamment, au HUB et au PNB de Dilicom), cette offre technologique et commerciale consolidée, multicanal et multiformat proposera au client final ou à l’usager une offre globalisante à forte valeur ajoutée  : achat direct du livre physique ou électronique (en format ouvert  !), réservation et emprunt dans sa bibliothèque municipale de proximité, accès aux ressources de la BNF oud e Gallica, etc. Sans rentrer dans les détails, il s’agit en réalité d’un hub offrant un véritable service public aux lecteurs, facilitant les passerelles entre les différents opérateurs et leurs propres systèmes d’informations, privés ou publics.

Elle permettrait aussi d’accompagner plus en douceur la transition et la modernisation des secteurs les plus fragiles de la filière. Par exemple, le soutien à la petite librairie indépendante, dans le cadre d’un achat de livre physique, pourrait être envisagé malgré l’absence de prestation effective de la part du libraire  : en fonction de la géolocalisation de l’acheteur, la marge consentie par l’éditeur (moins les frais de gestion) serait automatiquement reversée au compte du libraire le plus proche du domicile du client, même si cette librairie ne dispose pas d’un outil de vente à distance ou n’intervient pas dans la transaction et la livraison du livre physique. Voilà un mode intelligent de « subvention », me semble-t-il, puisqu’il ne devrait rien coûter au contribuable. 

De fait, cet opérateur public deviendrait une sorte de diffuseur-distributeur-libraire délégué réalisant une agrégation générale, en centralisant et facilitant l’accès aux offres disponibles depuis une seule interface, mais tout en préservant l’indépendance de chacun.

Un écosystème d’informations littéraires de référence

Le deuxième pôle serait constitué par un écosystème numérique d’informations culturelles sur les littératures (construit en partenariat avec les autres acteurs publics de la culture), calqué peu ou prou sur le concept d’In-Folio. Ce dispositif de sites en étoile, outre son contenu informatif, serait destiné à occuper le « territoire numérique » francophone et à créer le trafic le plus large possible vers la plateforme de services.

Investissements, professionnalisme, persévérance et constance

On peut retourner le problème dans tous les sens  : malgré les échecs précédents — et l’on sait que dans notre pays les tentatives ratées peuvent coûter très chers —, malgré la récente décision du CNL de plus intervenir dans le financement de plateformes technologiques, seule l’existence d’un tel outil mutualisé, géré par une entreprise publique, développée dans les règles de l’art et couplée à une offre de services innovants et hautement performants peut permettre de rivaliser contre les « pure players » d’aujourd’hui et de demain.

Il ne s’agit nullement de fusionner ou de s’ingérer chez les opérateurs privés, mais bien de rendre effective une mutualisation d’intérêts grâce à une stratégie collective de salut public conduite et mise en œuvre, de manière volontaire et vigoureuse, par l’État.

Il ne me semble pas inutile de rappeler au terme de cette lettre qu’Amazon est resté déficitaire pendant sa première décennie d’exercices  ; que, aujourd’hui encore, malgré une valorisation extravagante, l’endettement et l’investissement seuls lui permettent de gagner tous les jours des parts de marché. Oui, lorsque l’on doit investir pour l’avenir, la perspective du temps long s’avère utile.

Faire respecter la loi et combattre les pratiques de concurrence déloyale

Lorsque, en 2010, je lançais — sans aucun soutien des « corps intermédiaires » pourtant sollicités — l’opération « La Pause… Amazon » pour alerter le grand public sur les mauvaises pratiques de cet opérateur, je ne me doutais pas que ce mouvement aboutirait à une loi (du 8 juillet 2014) qui serait ipso facto contournée par le principal intéressé (suivi par la majorité des distributeurs en ligne). Car facturer l’envoi d’un ouvrage 0,01 cent d’euro, ce n’est pas seulement une insulte faite à la République, c’est un abus de droit manifeste, au sens que revêt cette notion fiscale très particulière.

L’État pourrait donc se porter partie civile dans cette affaire de contournement de la loi, comme il pourrait proposer également depuis un certain temps déjà une loi européenne qui, bénéficiant à l’ensemble des pays membres, permettrait d’éviter une « optimisation fiscale » qui n’est rien d’autre qu’un vol manifeste de richesses nationales et une spoliation de l’intérêt général  ; qui, de plus, créant une distorsion évidente de concurrence, ne fait que pénaliser et affaiblir nos propres entreprises.

On se demande pourquoi une loi aussi simple et aussi juste, qui instituerait une imposition du C.A. en fonction du pays de livraison et non plus en fonction de la territorialité du siège social de l’entreprise concernée, n’a pas encore été proposée au parlement européen  ! 

Ces justes rentrées fiscales cumulées aux arriérés dus encore par Amazon au Trésor français (l’absence de zèle de ce dernier à recouvrer sa créance laisse d’ailleurs perplexe lorsque l’on connaît la facilité des voies d’exécution conférée aux services fiscaux par le législateur) permettraient sans trop de difficultés de financer plus que largement les outils nécessaires à la survie et la protection de notre secteur culturel.

Oui, Madame la Ministre, parce que les littératures sont un bien commun, nous ne pouvons pas abandonner leur avenir à la seule économie privée ni à la vieille loi de Say.

Oui, Madame la Ministre, il est grand temps que l’État se réveille enfin  !

Je vous prie de croire en mes sentiments les plus respectueux.

Jean-Marc Bastardy est créateur et éditeur de biens culturels. Venu du monde du marketing et de la communication hors-média, spécialiste en direction de projets et nouvelles technologies, passionné par toutes les cultures, il crée notamment L’Autre Éditions en 2009. Il se prépare à lancer en 2016 In-Folio, un portail numérique des littératures qui relèverait plutôt, selon lui, d’une véritable action de service public. 

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UkraineUnderAttack - Depuis plus de deux mois, l’Ukraine lutte contre l’invasion russe menée par Poutine. Le Pen Club français, qui défend la liberté des auteurs, fait état des centaines de crimes contre des lieux culturels, et du bilan humain qui ne cesse de s’allonger. Nous reproduisons ci-dessous la lettre de l’organisation.

04/05/2022, 12:39

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Une ballade pour Robbie

Le romancier et écrivain américain Robert Goolrick, auteur de Féroces et d'Une femme simple et honnête, est décédé ce 29 avril, à l’âge de 73 ans. Les éditions Anne Carrière saluent aujourd'hui un auteur sensible et amoureux de la France, notamment distingué par le Prix Fitzgerald 2015 pour La Chute des princes. Stephen Carrière a fait parvenir à ActuaLitté un texte, en hommage. Le voici proposé dans son intégralité.

04/05/2022, 11:47

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Perpétuité pour Osman Kavala et urgence à sanctionner la Turquie

La condamnation de l'homme d'affaires et éditeur Osman Kavala à la prison à vie par un tribunal turc a été perçue comme une nouvelle étape dans la répression de l'opposition par le régime de Recep Tayyip Erdoğan. La Ligue des droits de l’Homme (LDH) et la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) demandent à Emmanuel Macron d'intervenir pour sa libération ou pour sanctionner la Turquie.

28/04/2022, 14:56

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Condamnation d'Osman Kavala : un “verdict injuste” pour le PEN Club

La condamnation à la prison à vie du mécène et éditeur Osman Kavala, prononcée ce lundi 25 avril par un tribunal turc, a représenté une nouvelle manifestation de la répression de l'opposition par le gouvernement de Recep Tayyip Erdoğan. Le PEN Club français, comme d'autres organisations internationales, dénonce cette parodie de justice destinée à faire taire tous les opposants au régime. Nous reproduisons ci-dessous le texte qu'ils nous ont communiqué, en intégralité.

27/04/2022, 09:30

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Élection présidentielle : “Plus qu’un choix de société, un choix de civilisation”

#Presidentielle2022 — Le débat entre les deux candidats passé, la prochaine échéance de l'élection présidentielle n'est autre que le second tour, ce dimanche 24 avril. Une partie du monde de la culture s'est exprimé sur les dangers de l'extrême droite, et les élus de Fédération Nationale des Collectivités territoriales pour la Culture (FNCC) invitent à leur tour à bien peser les conséquences du vote. Tout en appelant, dans la tribune reproduite ci-dessous, à plus de budget pour la culture.

22/04/2022, 09:39

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À quand un vrai “Marché des droits” en France ?

L’Alliance des agents littéraires français (AALF) profite de l’occasion qui lui est donnée pour ouvrir le débat : du 22 au 24 avril, s’ouvre le Festival du livre de Paris, destiné au public. En parallèle, un marché de vente de droits, réunissant éditeurs étrangers et français s’est organisé. Il exclut cependant les agents littéraires, pourtant parmi les premiers concernés. Dans une tribune communiquée à ActuaLitté, l’AALF relève quelques points qui interrogent. Leur texte est ici proposé dans son intégralité.

21/04/2022, 12:34

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De Kyiv à Paris, deux éditeurs entrent en résistance contre Poutine

UkraineUnderAttack – Les éditions Medusa (Kyiv) et Syllepse (Paris) ont communiqué à ActuaLitté une déclaration commune. Cette dernière pose les bases d'une collaboration entre les deux structures, pour résister à l'oppression et l'invasion russes. Leur texte, sous forme d'un quasi Manifeste, est proposé ci-dessous en intégralité. 

20/04/2022, 16:59

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Festival littéraire ou cluster : “La pandémie n’est pas terminée”

Les manifestations littéraires reprennent, et les risques de contamination Covid avec elles. Un collectif d’une centaine d’auteurs signe une tribune pour rappeler les impératifs sanitaires et s'engage à ne plus participer aux événements qui ne mettraient pas œuvre des mesures simples.. Du bon sens et ce, pour la protection du plus grand nombre. Leur texte est ici publié dans son intégralité. 

18/04/2022, 22:34

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Des lecteurs de la BnF pointent une “dégradation définitive du service public”

Lecteurs, lectrices et personnel de la Bibliothèque nationale de France se sont accordés pour dénoncer de nouvelles conditions d'accueil du public, qui changent notamment les modalités de communication des documents. La direction a avancé des arguments dans nos colonnes, mais l'opposition persiste et signe. Elle déplore une « fin de non-recevoir » adressée par la direction à l'Association des lecteurs et usagers de la Bibliothèque nationale de France (ALUBnF), en refusant de recevoir l'organisation lors d'un comité technique, ce 14 avril.

15/04/2022, 15:18

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Les auteurs montent au créneau pour leurs revenus

Officialisée par les services de Valois, la mission confiée au professeur de droit Pierre Sirinelli aura pour objet d’aborder la question de la rémunération, entre auteurs et éditeurs. Une déclaration de la Société des Gens de Lettres et de l’Association des Traducteurs Littéraires de France savoure ce qui ressemble à une victoire : « Les demandes des auteurs ont été entendues », indiquent les associations. Leur message est ici présenté dans son intégralité.

14/04/2022, 12:46

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“Ensemble, c'est mieux” : entre manifestations littéraires, une nécessaire solidarité

LAM2022 – Travailler avec des partenaires, Le Livre à Metz sait faire et développe un bon nombre de ses actions en collaboration avec des institutions locales depuis plusieurs années. Claire de Guillebon, responsable de la programmation de l'événement qui se tiendra du 8 au 10 avril 2022, expose ici les bases d'un projet fédérateur et collectif.

29/03/2022, 15:30

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Ukraine : “Nous sommes prêts à accueillir ceux qui n'ont que leur plume et leur voix”

UkraineUnderAttack - Depuis 20 jours et lancement de l'invasion russe de l'Ukraine, l'émotion internationale reste vive, et les soutiens à la population et au pays agressés très forts. Le Pen Club français, qui défend la liberté d'expression des auteurs, assure les écrivains ukrainiens de son soutien, mais refuse toute « censure culturelle » à l'égard des créateurs russes. Nous reproduisons ci-dessous le texte de l'organisation. 

15/03/2022, 10:16

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ImagiNon : des auteurs de BD s'opposent au parc d'attractions Imagiland

À la veille du festival d'Angoulême, une tribune contre Imagiland, projet de parc d'attractions sur le thème de la BD, a été signée par 51 auteurs et autrices de BD. Parmi les signataires, Lewis Trondheim, Catherine Meurisse, Marion Montaigne, Manuele Fior ou encore François Bégaudeau. Cette tribune est à l'initiative du collectif ImagiNon, qui s'oppose depuis l'été 2020 à la construction du parc sur la ville de La Couronne (16). Le texte est retranscrit ici dans son intégralité.

14/03/2022, 14:24

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Appel à manifester pour protéger une langue française en danger

C’est un grand rendez-vous qui est donné, ce 20 mars à 14 h, et devant l’un des bâtiments les plus emblématiques peut-être, le Panthéon. Pourquoi cette manifestation ? Eh bien, les attaques perpétrées contre la langue française que dénonce le Haut Conseil international de la Langue française et de la Francophonie. Interpellant les gouvernements, l'organisation appelle à « proclamer leur rejet de l’arrachage de la langue française et réclamer un sursaut civilisationnel urgent ».

14/03/2022, 00:29

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Sécurité sociale : des auteurs désormais démunis

Le gouvernement a diminué par décret la protection sociale des artistes-auteurs et autrices qui en ont le plus besoin, indique un collectif d'organisations d'artistes-auteurs dans une lettre ouverte. Ils appellent donc au rétablissement du bouclier social pour les artistes-auteurs et autrices. Leur courrier est ici présenté dans son intégralité.

11/03/2022, 11:18

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Bibliothèques, lecture publique : quelles ambitions pour les présidentielles ?

#Presidentielle2022 — 12 candidats sont donc officiellement lancés dans l'élection présidentielle 2022. L'actualité chargée, par la guerre en Ukraine, bien sûr, mais aussi et toujours par la pandémie, laisse peu de place aux débats. L'association des bibliothécaires de France (ABF) adresse une lettre ouverte aux candidats et candidates pour connaitre leurs propositions en matière de lecture publique, que nous reproduisons en intégralité ci-dessous.

07/03/2022, 15:59

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“Chacun fait ce qu'il peut pour aider à sauver notre peuple, notre Ukraine”

UkraineUnderAttack – Les gestes de solidarité à l'égard du peuple ukrainien passent par de multiples choses, parfois avec de toutes petites initiatives. Mais chacune à sa manière apporte un peu plus à l'édifice. Alain Serres, directeur des éditions Rue du monde, a fait parvenir à ActuaLitté un courrier, pour expliquer son engagement. Ainsi que le témoignage de deux auteurs de sa maison, Romana Romanyshin et Andriy Lesiv.

07/03/2022, 10:35

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“L’avenir des éditeurs indépendants russes semble bien sombre”

UkraineUnderAttack – Depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine, les manifestations ou actes de soutien à l'égard des Ukrainiens se multiplient. À l'international, mais aussi depuis la Russie, pays agresseur, où l'ensemble de la population russe ne soutient pas les décisions guerrières de Vladimir Poutine, bien au contraire. Avec son autorisation, nous reproduisons ci-dessous la déclaration de Vitali Ziusko, éditeur et fondateur de la maison d’édition de livres jeunesse russe KompasGuide.

05/03/2022, 08:30

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Ukraine : les bibliothécaires français s'engagent à diffuser “une information vérifiée”

UkraineUnderAttack — Dans le conflit ouvert par la Russie contre l'Ukraine, au coeur de l'Europe, le sentiment d'impuissance est parfois grand. Il est pourtant possible d'aider le peuple ukrainien agressé : l'Association des bibliothécaires de France appelle ainsi la profession à se mobiliser pour diffuser « une information vérifiée » sur le conflit. Nous reproduisons ci-dessous en intégralité le communiqué de l'ABF. 

01/03/2022, 15:43

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Les auteurs de Suisse solidaires “de la toute jeune démocratie ukrainienne”

UkraineUnderAttack – Les combats se poursuivent en Ukraine, alors que l’armée russe intensifie son action. Un important convoi de véhicules militaires a été observé ce 1er février, non loin de la capitale Kyiv. Malgré les premiers pourparlers, le conflit ne semble pas s’apaiser. Les condamnations et sanctions se multiplient contre la Russie, sans pour autant tempérer la volonté de Moscou.

01/03/2022, 08:56

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“Décoloniale, écologique, féministe, libre, sociale et solidaire” : une bibliodiversité à défendre

Des éditeurs et éditrices du monde entier se sont réunis à Pampelune-Iruñea, en novembre dernier, pour les Assises internationales de l’édition indépendante, organisées par EDITARGI (Association des éditeurs indépendants de Navarre) et l’Alliance internationale des éditeurs indépendants. L'événement a aussi été l'occasion d'adopter la Déclaration de Pampelune, qui rappelle les engagements pour « une édition indépendante décoloniale, écologique, féministe, libre, sociale et solidaire ». Nous reproduisons ci-dessous cette déclaration.

25/02/2022, 15:33

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Festival littéraire annulé, auteurs à moitié payés ?

« Pas de garanties pour une rémunération des auteurs et autrices jeunesse à 100 % en cas d’annulation des salons. » Dans un courrier adressé à ses membres, la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse revient sur une problématique que l'on pensait réglée : celle du maintien du paiement des auteurs invités pour une manifestation, même en cas d'annulation. Leur communication est ici reproduite dans son intégralité.

24/02/2022, 10:45

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#StopBolloré : “La tradition démocratique est aujourd’hui menacée”

Ils sont issus des milieux d’avocats et juristes et se présentent comme des lanceurs d’alerte. On y retrouve également des figures. Le collectif StopBolloré pointe du doigt les dérives de la concentration, désignant spécifiquement le patron du groupe Vivendi, mais déployant une vigilance plus large. Ce 16 février, ils tiennent une conférence pour dénoncer toutes les dérives qu'engendre ce regroupement des pouvoirs dans les mains de quelques-uns.

16/02/2022, 00:21

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En Algérie, une multiplication des “mesures attentatoires à l’État de droit”

En Algérie, le mouvement populaire désigné sous le nom de « Hirak » (« mouvement »), réclamait en 2019 le départ d'Abdelaziz Bouteflika, resté 19 ans à la tête de l'État. Après le départ de ce dernier, les citoyens avaient dénoncé la mainmise de l'armée et des anciens responsables, qui prolongeaient finalement le régime contesté. Le contexte sanitaire a permis aux autorités de sévir, en visant directement les manifestants et opposants. Le Pen Club français, dans un texte reproduit ci-dessous, appelle à la libération des opposants et prisonniers politiques.

15/02/2022, 09:55

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L'édition indépendante appelle “à lutter pour la défense de la bibliodiversité”

L'association L'Autre livre multiplie les interventions depuis quelques semaines : réunissant des structures d'édition indépendantes, loin des salons parisiens, elle avait déjà annoncé sa volonté de cannibaliser le Festival du Livre de Paris. Un geste empli de panache, dans la veine de Cyrano de Bergerac. Mais désormais, l'organisation appuie ses positions concernant la fusion Edithachette.

14/02/2022, 09:16

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Bibliothèques : la suspension du passe nécessaire à “la reconquête de nos publics”

Quelques heures après l'annonce de la fin de l'obligation de port du masque dans les bibliothèques, dès le 28 février prochain, l'interprofession appelle les pouvoirs publics à « programmer rapidement » la suspension des contrôles des passes sanitaire et vaccinal, « afin de pouvoir enfin travailler à la reconquête de nos publics ». Nous reproduisons ci-dessous le communiqué de l'interprofession.

12/02/2022, 07:02

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Présidentielle : des autrices et auteurs de BD s'adressent aux candidats et candidates

#Presidentielle2022 — Déplorant un faible intérêt témoigné pour les questions culturelles par les candidats et candidates, à quelques semaines des deux tours de l'élection présidentielle, le collectif AAA (Autrices Auteurs en Action) a rédigé une lettre ouverte à leur intention. Nous la reproduisons ci-dessous, en intégralité.

07/02/2022, 16:01

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La lecture comme facteur d'inclusion sociale : le manifeste de l'Alliance pour la lecture

Suivant l'annonce du gouvernement, qui a fait de la lecture une Grande cause nationale pour l'année 2021-2022, 70 associations, organismes et fédérations se sont coordonnés pour obtenir, ensemble, le Label Grande cause nationale attribué par le Premier ministre. L'objectif ? Rendre encore plus efficace le plaidoyer pour la lecture. Nous reproduisons ci-dessous le manifeste de cette Alliance pour la lecture.

01/02/2022, 11:35

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La stratégie Audible auprès des éditeurs : “Aidez-nous à éliminer la concurrence”

Depuis quelques années maintenant, la filiale Audiolivre d’Amazon a posé le pied en France, les achats de droits d’adaptation fleurissent. Audible travaille activement à développer ce marché, de même que Kindle tentait de structurer celui de l’ebook voilà quelques années. Volonté hégémonique reproduite, en changeant de support, les mêmes causes provoqueraient les mêmes effets… 

31/01/2022, 11:55

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Bibliothèques : les mesures sanitaires risquent “de rompre durablement un lien social”

Depuis le mois d'août 2021, les bibliothèques et médiathèques territoriales, en France, doivent se plier à des impératifs de contrôle, tant pour les usagers que pour les agents, du passe sanitaire et, à présent, du passe vaccinal. Ces restrictions d'accès à la lecture publique ne sont pas sans conséquences, préviennent les élus de la Fédération nationale des collectivités territoriales pour la culture (FNCC). Nous reproduisons ci-dessous leur communication, en intégralité.

28/01/2022, 12:12

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Censure, gratuité, formation : les bibliothèques désormais protégées par la loi

Promulguée avec une étonnante rapidité, la loi Bibliothèques, aussi dite Robert, du nom de la députée Sylvie Robert qui l’a portée, fut une avancée que la profession a savourée. Pour autant, nuance l’interprofession, plusieurs points nécessitent d’être éclaircis. Et de se dire prête à prendre part aux échanges qu’ils impliqueront.

26/01/2022, 15:03

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Festival du livre de Paris : en 2022, ce sera sans les Régions

FLP2022 – On savait qu’autour du Festival du livre de Paris, il y avait de l’eau dans le gaz entre les organisateurs et les éditeurs indépendants. Empêchés, pour des raisons tarifaires, de prendre part à l’événement, ces derniers déploraient « un coup sévère porté à l’édition indépendante ». Dans un courrier commun, porté par la Fédération interrégionale du livre et de la lecture, ils annoncent la couleur : Paris se fera sans les régions.

20/01/2022, 17:43

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Plus de 600 acteurs de la culture dénoncent la politique sanitaire, “outil puissant de division”

Corinne Masiero, Alain Damasio, Edmond Baudoin, Dominique A, Alexandre Jardin... L’appel à sortir du silence lancé par des bibliothécaires le 14 janvier dernier, et que nous avions relayé, semble avoir été entendu. Plus de 600 artistes, professionnels et professionnelles du secteur culturel (dont nombre d’acteurs du livre) s’associent pour dénoncer une politique sanitaire « dangereuse » et stigmatisante.

18/01/2022, 12:39

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Joyce, anniversaires, expo virtuelles : le Centre Culturel Irlandais dans tous ses états  

Riche saison 2022 pour le Centre Culturel Irlandais (CCI) : installé dans l’ancien Collège des Irlandais au coeur du Quartier Latin, l'organisme célèbre cette année le centenaire de la publication du plus célèbre des romans irlandais du XXe siècle, Ulysse (Trad. Jacques Aubert) de James Joyce, l’indépendance de l’Irlande, et surtout les 20 ans de ce centre dédié à la culture du pays d’Edna O’Brien. A cette occasion, l’institution inaugure cette semaine un module d’expositions virtuelles : 8 propositions inédites pour permettre de découvrir les collections patrimoniales du centre, entre imprimés datant du XVe au XIXe siècle, manuscrits ou encore archives historiques. 

20/05/2022, 13:08

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“La Comédie du Livre – Dix jours en mai continue d'écrire son histoire”

Imaginée au milieu des années 80 par des libraires qui rêvaient de rencontres au grand air, la Comédie du Livre à Montpellier a connu, au cours des 37 dernières années, de nombreuses métamorphoses. Attentive à l’évolution des pratiques, à celle des attentes du public, des autrices et auteurs, des libraires, des éditeurs, la manifestation a su se réinventer régulièrement, étoffer sa programmation, accueillir des écrivains venus du monde entier. Par Régis Penalva Directeur littéraire et artistique.

19/05/2022, 11:27

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L'incroyable histoire du vin, le jeu : grains de raisin et vendanges s'emmêlent 

Le jeu de société, un temps oublié, revient sur le devant de la scène : soirées, bars à jeux et parties en tout genre font de cette activité un passe-temps de plus en plus plébiscité. Les Arènes surfent sur la vague avec ludicité et pédagogie : un nouveau jeu de plateau, L'incroyable Histoire du Vin, nous apprendra l'histoire du vin... en s'amusant. Pas même besoin de modération. De quoi profiter d'une partie, sans se refuser un verre ou deux.

19/05/2022, 08:01

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Valoriser la présence web pour ne pas “occulter le savoir-faire de l'éditeur”

Voilà bien longtemps, dans une galaxie bien éloignée de l’internet que nous pratiquons aujourd’hui, surgissait un site : Le Domaine de Gorn. Cet espace, fut développé par un passionné autour de la bande dessinée éponyme de Tiburce Oger, parue en 1992. Matthieu Moreau, comme d’autres à cette époque, constatait le peu d’engouement des éditeurs pour la Toile. Alors, avec une approche communautaire, le voici parti en vadrouille.

18/05/2022, 10:05

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Belgheis Jafari-Alavi : “Dans la culture persane, la poésie fait partie du quotidien”

ENTRETIEN – Belgheis Jafari-Alavi, enseignante-chercheuse, officie à l'INALCO, l'Institut national des Langues et Civilisations orientales, où elle enseigne la langue persane. Durant son cursus de recherche, elle a étudié la culture orale persane, et en particulier de l'Afghanistan, pour en détailler certains thèmes récurrents, notamment celui de l'exil.

17/05/2022, 11:00

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Ce cafard qui surgit à la fin d'un livre, ou le mal de lire

La lecture, remède contre le stress, plus personne ne le nie. D’autant que la science l'affirme : les bienfaits de cette activité sur le cerveau font l’objet d’études multipliées — l’imagerie cérébrale aidant les chercheurs dans leur démarche. Qu’une œuvre suscite également des émotions, les plus diverses, se comprend par certains mécanismes. Mais pourquoi, une fois l’ouvrage achevé, garde-t-on en soi une certaine mélancolie ?

17/05/2022, 09:15

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Écrivains : de joyeux lurons aux espoirs aussi hauts qu’un gratte-ciel

Le Graal dans l’édition, c’est d’être publié dans une maison d’édition respectable ni à compte d’auteur, encore moins sur Amazon. Certes, ils sont légions à voir leur manuscrit refusé, et par paresse souvent, ou par urgence, se précipitent tels les figurants de la littérature. Ils ne risquent pas pour la plupart d’en devenir les acteurs. Il faut choisir. Quant au Graal, on finit par l’oublier, on veut tout, le beurre, l’argent du beurre, la fermière et sa ferme. Par Gilles Paris.

16/05/2022, 13:04

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Crise du papier : “On est pris en otage par ces hausses de prix" 

#PenuriePapier - En marge du Prix Maison de la Presse, remis ce mardi 10 mai au siège de la SGDL, crise du papier et difficultés dans l'édition sont sur toutes les lèvres. Sophie de Baere, lauréate, et Constance Trapenard, son éditrice, se réjouissent des retombées de la récompense sur l'avenir des Ailes Collées. Toutefois, Arnaud Ayrolles, président fondateur du groupe NAP, estime que l'augmentation du coût des matières premières reste une vraie préoccupation. 

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Nathalie Bauer : l'expérience d'un italien atypique et international

ENTRETIEN – Elle vient de traduire le roman de Fabio Bacà pour les éditions Gallimard, Une chance insolente : Nathalie Bauer entretient avec l’italien une relation nécessairement passionnée, pour avoir fait métier de donner voix aux auteurs et autrices du Bel Paese. Et les projets ne manquent pas en cette année 2022.

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Webtoon : piccoma, “l'ambition de faire lire un petit peu tous les jours”

Depuis maintenant un mois et demi, la plateforme de webtoons piccoma Europe est disponible pour les utilisateurs français. Hyung-Rae Kim, président de la filiale européenne d'une des principales applications manga du monde, a accepté de répondre à quelques questions. Une façon de faire le point alors que l’application iOS est disponible – et bientôt, une solution directement accessible sur navigateur.

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Eszter T. Molnar : “La langue est une partie importante de la personnalité”  

FLP2022 - Parmi les stands d’éditeurs, comme à chaque édition, le salon de Paris, devenu festival, offre une tribune aux littératures nationales. À côté d’un pavillon grec et ukrainien, s’est installé le stand hongrois. Entre agrégation de maisons et uniformité, sous la bannière de la langue de Sandor Marai. L’occasion pour l’écrivaine Eszter T. Molnar de nous présenter son premier roman traduit en français chez Actes Sud, Teréz, ou la mémoire du corps, mais également d’évoquer la littérature hongroise contemporaine avec Zoltán Jeney, qui a monté l’emplacement.

11/05/2022, 15:47

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“Il est possible de proposer de nouvelles expériences littéraires”

Les genres de l’imaginaire se prêtent extrêmement bien au transmédia. Voilà longtemps que le Japon l’a compris – un peu moins longtemps que manga et anime sont acceptés comme d’authentiques véhicules culturels en France. Voilà longtemps, aussi, que les pays anglo-saxons nous abreuvent de films, de jeux vidéo, de romans tirés de licences, quand ce n’est pas l’inverse. Par l’équipe Pangar Studio.

10/05/2022, 17:46

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“Le renouvellement des générations joue en faveur de l'Imaginaire”, Lloyd Chéry

ENTRETIEN – En quelques années, il s’est imposé comme le journaliste incontournable dans le domaine de l’Imaginaire. Depuis ses premières armes de lecteur, à son passage en bibliothèque, Lloyd Chéry en a fait une signature. Créateur du podcast C’est plus que de la SF, il récidivera prochainement avec une nouvelle émission : C’est plus que de la Fantasy. Car tout cela, c'est plus que de la passion...

09/05/2022, 11:24

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Médiateur du livre : “Ce qui compte, c’est la clarté du cadre juridique”

Le Médiateur du livre, autorité indépendante chargée de traiter les litiges concernant le prix unique du livre entre les acteurs du secteur, a récemment fait le bilan d'une année 2021 bien chargée, et des prochains mois de 2022 qui s'annoncent tout aussi studieux. Le Médiateur et ses services comptent d'ailleurs communiquer plus souvent et largement sur leurs actions : Jean-Philippe Mochon, titulaire du poste, a répondu à nos questions.

02/05/2022, 09:55

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L'art délicat de la désinformation, cette “arme de guerre”

UkraineUnderAttack – La désinformation, comme arme de destruction massive : cette idée revient en force avec le conflit en Ukraine. Une forme de guerre moins coûteuse, qu’expose depuis une dizaine d’années le chef d’État major des forces russes, le général Valeri Gerasimov. Mais en remontant le fil de l’histoire même du terme, on retrouve un écrivain d’origine russe, qui en avait fait un thème majeur de ses romans : Vladimir Volkoff.

27/04/2022, 16:49

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Michaela Pavlátová : “En Afghanistan, l’intimité est très importante”

ENTRETIEN - Adaptation du roman Freshta de Petra Procházkova, le film d'animation My Sunny Maad sera diffusé dans les salles de cinéma sous le titre Ma Famille Afghane dès ce mercredi 27 avril. Herra, jeune femme d’origine tchèque, quitte tout pour épouser Nazir, désireux de retourner en Afghanistan. Le film, qui suit le regard d'une femme européenne dans un pays aux traditions diamétralement opposées, est notamment nommé aux Golden Globes. Sa réalisatrice, Michaela Pavlátová, nous a accordé un entretien. 

26/04/2022, 16:02

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“Ainsi disparaît cette sagesse de ne plus avoir de guerre sur le continent européen”

UkraineUnderAttack – Le Pen club français poursuit ses attaques et déclarations contre le régime de Vladimir Poutine. Cette fois, c'est en citant Léon Trotski que l'organisme de défense de la liberté d'expression, accompagne ses réflexions. « Peut-être ne vous intéressez-vous pas à la guerre, mais elle s’intéresse à vous. » Leur texte est ici proposé dans son intégralité.

                                                                                                          

26/04/2022, 08:00

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Strasbourg Capitale du livre ? “Cette candidature s’est imposée à nous”  

ENTRETIEN - La maire de Strasbourg a profité du premier jour du nouveau Festival de Paris, le 22 avril, pour annoncer la candidature de sa ville au label Capitale du livre de l’UNESCO. À cette occasion, ActuaLitté a pu s’entretenir avec Jeanne Barseghian, afin d'évoquer avec elle les atouts de la ville du Bas-Rhin et tracer les contours du projet porté par la mairie écologiste. Si la préfecture alsacienne est choisie, elle deviendra la première ville française à recevoir ce label. 

25/04/2022, 16:20

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Le livre d'occasion à l'âge des grandes plateformes

ENTRETIEN - Engagé dans des recherches sur le marché du livre depuis une quinzaine d'années, le sociologue Vincent Chabault dévoile cinq ans d'études sur le livre d'occasion avec Le livre d'occasion. Sociologie d'un commerce en transition. Dans la continuité de son livre précédent, Eloge du magasin : contre l'amazonisation, sorti en 2020 aux éditions Gallimard,  le maître de conférences et chercheur au CNRS s'attelle à décrire un marché en constante évolution depuis une trentaine d'années – et sa nécessaire transition vers le numérique.

22/04/2022, 09:51

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Pierre Buraglio : “J'ai mis ma maison dans celle de Balzac”

EXPOSITION — La maison de Balzac accueille du 13 avril au 4 septembre prochain l’exposition Buraglio à l’épreuve de Balzac. Sous forme de carte blanche à Pierre Buraglio et à travers une quarantaine d’œuvres préexistantes, mais aussi inédites, le parcours réécrit Balzac sous l’œil de celui qui est surnommé « le peintre sans pinceau ».

20/04/2022, 10:54

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La résurrection de Gaston Lagaffe “trahit la volonté d’un auteur”

Mi-mars, Dupuis dévoilait le retour du Héros Sans Emploi, Gaston Lagaffe, création d’André Franquin. Le dessinateur québécois Delaf se voyait confier une délicate mission de poursuite de l’œuvre. Mais rapidement, la fille de l’auteur, Isabelle Franquin, a décidé de s’interposer, et d’attaquer en justice, faisant valoir son droit moral dans la procédure.

20/04/2022, 09:47

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Marine Le Pen, “des pressions inédites et dangereuses” sur la presse

Ce 24 avril interviendra le second et dernier tour de l’élection présidentielle. Face à face, un revival de 2017, avec Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Or, le PEN Club français manifeste dans nos colonnes différentes préoccupations en regard du traitement de la presse. Et du travail de journaliste.

15/04/2022, 11:54

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“La fatigue d'esprit de Descartes n'a pas grand-chose à voir avec celle de l'ouvrier”

LAM2022 - L'historien Georges Vigarello a construit une bonne partie de ses recherches - et de sa bibliographie - autour du corps, de la manière dont les sociétés et les personnes le considèrent, parce que, selon ses propres termes, « faire l’histoire du corps montre autre chose que le corps ». Son Histoire de la fatigue (Seuil, 2020) dresse ainsi une considération changeante des sociétés à l'égard de cette dernière...

15/04/2022, 11:17

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Une chevauchée de quelques instants avec Craig Johnson

Du 8 au 10 avril dernier, se tenait, comme d’habitude hors les périodes d’aléas sanitaires, entre l’Église Sainte Croix et le Conservatoire National de Musique à Bordeaux, une belle manifestation mettant à l’honneur le livre et nombre de tous ceux qui sont les acteurs de son rayonnement local : L’Escale du Livre. 

15/04/2022, 09:58

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Champollion ou la renaissance des Pharaons  

Environ 1500 ans : c’est le nombre d'années qui séparent la dernière inscription hiéroglyphique connue, et le déchiffrage de cette écriture énigmatique par Champollion. Après plus d’un millénaire de silence, la langue figurative avait été reléguée au rang de symboles hermétiques – porte vers des secrets ensevelis. Du 12 avril au 24 juillet, la BnF propose une exposition en forme d'initiation ludique et savante à la « méthode Champollion ». L’occasion de redonner corps à une des civilisations les plus fascinantes que la terre ait jamais portées. Une exposition qu’a pu visiter ActuaLitté en avant-première. 

13/04/2022, 15:30

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“Tout le tragique du XXe siècle se lit sur le visage” de Milan Kundera

LAM2022 — Connue pour ses enquêtes publiées par le journal Le Monde, consacrées à des figures littéraires ou non, Ariane Chemin s'est arrêtée au festival Le Livre à Metz pour évoquer le livre dans lequel elle tente d'approcher Milan Kundera - sans jamais le rencontrer. Disparu volontaire depuis près de 40 ans, l'écrivain tchèque vivant à Paris incarne pour elle « l'histoire tragique du XXe siècle ».

11/04/2022, 11:09

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“On ne trouve jamais sa place tout seul” (Claire Marin)

LAM2022 — « Même pas peur ! » proclamait fièrement le festival Le Livre à Metz. Inventer sa propre vie peut faire partie des défis que nous lancent la société, les proches et le regard porté de l'extérieur. La philosophe Claire Marin, après avoir étudié les ruptures, s'intéresse à cette définition de soi dans Être à sa place: Habiter sa vie, habiter son corps, publié aux éditions de l'Observatoire.

10/04/2022, 19:33

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“Le féminisme est devenu très mainstream, ce qui peut être un problème”

LAM2022 - Invitée du festival Le Livre à Metz, l'autrice allemande Julia Korbik sortait d'une résidence à la Maison Robert Schuman, à Scy-Chazelles, non loin de Metz. Elle a pu travailler avec des habitants de la commune et des alentours, mais aussi parfaire sa maitrise du français en l'écrivant, ou encore poursuivre des travaux sur Unica Zürn. Rencontre avec l'autrice qui a remis en avant Simone de Beauvoir avec Oh, Simone ! (traduit par Julie Tirard, La Ville Brûle).

10/04/2022, 19:28

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“L'Odyssée est un roman d’aventures, mais aussi un texte très contemplatif”

LAM2022 – Mariette Navarro est la lauréate du prix littéraire Frontières – Léonora Miano 2022. Pourtant, son roman se déroule sur les mers, dans un cargo où les marins s'agitent : les vagues, les embruns, les étoiles, c'est pour les poètes. Eux traversent l'Atlantique dans un voyage extrêmement structuré. Jusqu'à un événement... inapproprié dans la vie de ces hommes et leur commandante.

 

09/04/2022, 15:26

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France et Italie, sœurs jumelles de l’édition

En prévision du Festival Italissimo, qui se déroule du 6 au 10 avril à Paris, une table ronde a eu lieu le 4 avril 2022 à l’Institut italien de Culture à Paris – L’édition en France et en Italie : problématiques, transformations et traductions. Diego Marani, l’actuel directeur a rappelé les paroles d'Umberto Eco, « la traduction est la langue de l’Europe ». « Le rêve », souligne encore Marani, est celui d’un « monde bilingue avec une distribution commune. »

06/04/2022, 17:02

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Exploding Kittens : si tu aimes les chatons, ils ne te le rendront pas...

JEU D'APÉRO – De par son succès lors d’une campagne de financement participatif – 8,7 millions $… – et avec plus de 10 millions d’exemplaires écoulés, Exploding Kittens DEVAIT figurer parmi les jeux que la rédaction expérimente. Nous avons traîné, depuis juillet 2015, et arrivant amplement après la bataille, nous n’aurons rien de plus à ajouter – tout a déjà été dit. Fort bien, et tant pis : on a tout de même envie de vous en parler !

04/04/2022, 09:22

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“Les auteurs sont peut-être tous narcissiques, mais pas à Metz !”

LAM2022 – La romancière Fabienne Jacob comptera parmi les invités du festival Le Livre à Metz, qui se déroulera du 8 au 10 avril 2022. Partenaire de l’événement, ActuaLitté donne aujourd’hui la parole à l’auteure, qui entretient avec l’événement une relation forte. Et plus largement encore, avec la ville elle-même.

01/04/2022, 10:34

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Du métavers aux multivers propriétaires : le piège de la cage dorée

Marvel et DC Comics partagent cette notion d’univers fictifs coexistants et susceptibles de se croiser : le Multivers. Des dimensions parallèles, peuplées d’êtres semblables sans être identiques, se déclinent pour mieux assurer la commercialisation d’histoires. Pendant ce temps, dans les monstrueux ordinateurs d’entreprises de tech, se développent des métavers, réalités virtuelles prochaines, comme autant d’El Dorado. Or, à l’époque de la ruée vers l’or, seuls les vendeurs de pioches firent vraiment fortune…

31/03/2022, 11:19

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“C'est demain que nous partons”, des lettres pour raconter l'indicible

À l'occasion du 80e anniversaire de la rafle du Vel d'Hiv, au sous-sol de son bâtiment inauguré en septembre 2012, le mémorial de la Shoah de Drancy présente de nouveaux trésors, les lettres d’internés des camps de Drancy et du Loiret, du Vel d’hiv à Auschwitz. C'est demain que nous partons est une exposition à découvrir du 27 mars au 22 décembre 2022, et raconte l'histoire de la Shoah différemment.

29/03/2022, 15:47

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“Mon premier amoureux était Charles Bronson”

J’avais prévu de l’épouser pour mes 10 ans. Ses beaux yeux un peu bridés me laissaient croire que j’avais une chance, vu que j’avais les mêmes. Mais en moins bleus. Et en moins beaux, aussi. Steve McQueen, je savais que c’était sans espoir. Par Nébine Dominguez.

25/03/2022, 15:57

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La Russie en guerre contre l'Ukraine, ou Ivan le Terrible vs Woody Allen

UkraineUnderAttack – Voici un texte rédigé par l'écrivain Emmanuel Ruben, agrégé de géographie et ancien directeur de la maison Julien Gracq. À l'occasion d'un colloque consacré à l'Ukraine, il a proposé la lecture de ce récit devant quelque 300 étudiants réunis à l'université Lyon 3, sur le campus de la Manufacture des tabacs (Lyon 8e). Il nous l'a fait parvenir.

25/03/2022, 14:21