Les Ensablés - "Le plus grand péché" d'André Thérive (1891-1967)

Ce n'est pas la première fois que les Ensablés abordent ici l'oeuvre d'André Thérive (ici), linguiste (auteur d'un ouvrage au titre prémonitoire: Le Français, langue morte?), romancier, critique littéraire renommé ("Chroniqueur majeur de son temps", selon Jérôme Mizoz*) et créateur, avec Lemonnier du "Prix populiste" (ici) que reçut le cher Eugène Dabit pour son Hôtel du Nord. Voici un nouveau roman de Thérive Le plus grand péché paru chez Grasset en 1924, et qui fut honoré par le Prix Balzac de la même année, dans la fameuse collection "Les Cahiers verts".

Le 06/03/2016 à 00:00 par Les ensablés

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06/03/2016 à 00:00

Les ensablés

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Par Hervé Bel

Autant le dire tout de suite, cher lecteur, c'est un roman raté qui aurait pu être formidable. Pourtant, connaissant déjà le talent de Thérive, on commence à le lire avec un préjugé favorable. Les cinquante premières pages qui dressent le portrait du personnage principal, sont réussies. On s'attache en effet au Héros, un officier du nom de Vallade, stationné dans la petite ville de Bergues où il attend patiemment que le temps passe. Ce pourrait être le Désert de Buzzati et le rivage des Syrtes.

Et le style de Thérive, comme souvent, a du souffle, du rythme. Qu'on en juge plutôt : Il se mit à penser à la mort. Non pas à celle de son père, mais à la sienne, la seule véritable. Il avait une faculté surprenante d'en percevoir la réalité jusqu'à la hantise. Cela datait de sa dix-septième année, où la terreur l'en obsédait, rompait son sommeil, tous les nuits. Alors il avait peur de dormir sur le dos comme les cadavres, il avait peur de regarder ses mains comme si le sang eût cessé d'y courir, il avait peur des ténèbres, comme si elles dussent être définitives, et de la lumière comme si elle allait s'éteindre à tout moment (...) ses croisées donnaient sur le cimetière; derrière son lit, le mur était mitoyen avec l'église même, où d'étranges bruits nocturnes s'entendaient (...) Léonard n'osait fermer ses persiennes après le soleil tombé, ni souffler sa chandelle. Il y avait un grand lit vide auprès du sien dans la chambre d'amis du presbytère rustique. Ce lit marquait sa blancheur dans les ténèbres, et il semblait qu'un mort y dormît, comme certes des morts avaient fait dans ce meuble vénérable... (page 31).

Ce Vallade, dès son plus jeune âge, est hanté par l'idée de sa propre mort. Il s'imagine mort, avec un corps qui continuerait, tout en pourrissant, de se savoir exister. Vision de cauchemar qui l'éveille la nuit. Thérive songe à Baudelaire assurément.

Certe, ils doivent trouver les vivants bien ingrats,
A dormir, comme ils font, chaudement dans leurs draps,
Tandis que, dévorés de noires songeries,
Sans compagnon de lit, sans bonnes causeries,
Vieux squelettes gelés travaillés par le ver,
Ils sentent s'égoutter les neiges de l'hiver
Et le siècle couler, sans qu'amis ni famille
Remplacent les lambeaux qui pendent à leur grille.

A l'aune de cette terreur, la perspective de la mort avec ses aspects pratiques (ce cercueil où l'on finira grignoté par le ver), rend toute idée de la vie insupportable, car si l'on déteste l'ombre (la mort), alors il faut haïr le soleil (la vie) qui la produit. C'est l'image qu'utilise un drôle de Hollandais que Vallade rencontre à l'hôtel où il vit. Il s'appelle Buysse et reconnaît aussitôt en Vallade un élu capable de comprendre sa philosophie héritée du jansénisme, du manichéisme et des Cathares. Pour rappel, ces derniers, au 13ème siècle, préchaient l'inanité de la vie et la nécessité de ne plus procréer, et même de ne plus participer à aucune manifestation de la vie sociale. Engendrer, c'était encore perpétuer le mal et la mort. En quelque sorte, la Mort est comme un feu qui brûle la vie. Plus on l'alimente en vie, et plus la Mort triomphe.

Le plus grand péché est donc de croire en la vie et d'enfanter. Il faut s'éloigner de la femme pour rechercher la solitude, le renoncement, la résignation. Mourir à soi-même déjà, en quelque sorte, et pouvoir ainsi affronter la mort qui vient en l'étant déjà. Vallade écoute sans broncher les propos de l'inconnu, reconnaît dans ses paroles ce qu'il a toujours pensé, lui enfant déjà taciturne, méprisé par son père et ignoré par sa mère malade.

Lui si seul, trouve en Buysse, homme excité, excessif, fanatique même, un confident complaisant, un guide, un maître qui l'engage à démissionner de l'armée et retourner vivre à Saint-Cirgues, en Corrèze. Là-bas, il pourra vivre seul, avec sa petite soeur revenue du couvent, et qu'il prévient de son retour en l'engageant à ne pas se marier, à fuir l'amour... Vallade s'exécute aussitôt, ce qui est pour le moins surprenant.

Dès lors, le roman devient un huit-clos dont le décor est le manoir où le frère et la soeur ont échoué, au milieu des forêts et des campagnes désertes. On songe à Emily Brontë à certains moments, d'autres fois à Maupassant. Evidemment, dans cet exil, l'histoire n'est pas finie, tant pour Vallade que pour sa soeur. Et un drame couve, assez beau je dois dire, et que je vous laisse découvrir. Car la fin n'est pas heureuse, et c'est assez plaisant à lire en nos temps modernes où un livre doit absolument finir bien, sauf à désespérer la foule.

Pourquoi, au bout du compte, malgré l'histoire, est-ce raté? .

Une réponse évidente, Le plus grand péché comporte trop de théories, trop de références. Ce que pense Vallade de la vie, il n'était pas utile de l'appuyer par les prédications de Buysse. Mais, le croirait-on, André Thérive veut montrer qu'il sait, qu'il connaît ses hérésies sur le bout des doigts! Il copie (consciemment?) son maître Huysmanns qui, à partir de "A Rebours", mais surtout de sa conversion devint illisible à force d'érudition inutile. Pour le lecteur peu au fait des arguties théologiques, on se perd un peu dans le récit de l'Eglise d'Utrecht, son opposition à l'Immaculée Conception. Tout ça pour expliquer la résolution de Vallade...

Il y a dans le processus d'écriture une phase très plaisante dont il faut se méfier: la documentation. Pendant des semaines, l'auteur hante la toile et les bibliothèques. Il accumule des connaissances, et la tentation est grande d'en faire profiter le lecteur, et d'y réfléchir en même temps qu'on écrit. Or, le roman n'est pas ni un essai, ni un récit d'histoire, ni philosophie, ni un ouvrage de sociologie. Il est autre chose: il montre plus qu'il ne démontre; il suggère plus qu'il n'explicite. Le roman, c'est l'homme dans sa quintessence. Art difficile que de parvenir à la révéler sans fatras philosophique, et qui fait qu'il y a très peu de bons romans.

Le deuxième élément qui explique que Le plus grand péché soit raté, c'est -que Thérive me pardonne, lui qui est si subtil dans tant d'autres romans!-, c'est l'utilisation de personnages dont l'intervention soudaine bouleverse du tout au tout le personnage central. Vallade change en effet d'un seul coup. Il était certes déprimé, pessimiste. Le voilà soudain résolu et décidé à répandre la théorie de Buysse. Buysse, d'ailleurs, assez peu crédible.

Pourtant, le thème était là, qui aurait pu rendre le texte passionnant qui ne peut que nous toucher. Nous aussi, parfois, l'on sent cette inutilité de vivre, cette tristesse insondable à songer à ce qui nous attend: la séparation, la souffrance, la disparition, la corruption de la chair, et ces jours qui n'apportent jamais ce que l'on désire. Pourquoi vivre, alors? Pourquoi s'attacher? Le mieux serait de fuir... Impossible pourtant.

Thérive, pour une fois, a raté son coup, malgré les belles pages que comporte ce roman.

* Dans "L'âge du roman parlant", Jérôme Meizoz, Droz, 2001, avec une préface de Bourdieu.

Hervé Bel

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Les Ensablés - "La Maternelle" de Léon Frapié (1863-1949)

Parue en 1904, "La Maternelle" obtint le prix Goncourt au deuxième tour de scrutin, face, notamment, à Charles-Louis Philippe (que nos lecteurs des Ensablés connaissent bien) et Emile Guillaumin (pourtant favori avec son roman "La vie d'un simple"). Son auteur, Léon Frapié, était employé à l'hôtel de ville de Paris et marié à une institutrice qu'il avait beaucoup interrogée pour écrire ce roman étonnant, à mi-chemin entre la fiction et le documentaire. Il n'a pas perdu de son actualité quant aux questions qu'il pose sur l'école. Il vient de reparaître grâce aux éditions L'Eveilleur.

08/03/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Anna" d'André Thérive

Chers lecteurs des Ensablés, La Thébaïde publie ces jours-ci un des romans que je place parmi les meilleurs. Jusqu'à ce jour, il n'avait pas été réédité. Nous en avions déjà parlé en 2014: il s'agit d'Anna. Précipitez-vous si vous aimez Maupassant, Flaubert et Huysmans (dont d'ailleurs Thérive était un spécialiste). Il vous faut d'autant plus vous procurer ce texte exceptionnel qu'il est préfacé par notre excellent ami, collaborateur des Ensablés, François Ouellet qui, depuis des années, pour notre plaisir, explore la littérature française des années 30.

23/02/2020, 09:00

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Les Ensablés - “Histoire artistique des ordres mendiants”, de Louis Gillet (1876-1943)

« …dans le silence de ce jour naissant, je veux regarder le monde avec des yeux remplis d’amour »
Saint François d’Assise

Ce livre est un cours d’histoire de l’art que l’auteur donna à l’Institut catholique de Paris. Il est composé de dix leçons, qui suivent le développement des formes artistiques qu’inspirèrent les ordres mendiants du XIIIème siècle au milieu du XVIIème siècle ; le titre répond de l’austérité du sujet, mais il paraît utile de redonner vie à cette étude, en particulier lorsque l’occasion se trouve de mesurer l’état d’ignorance qui règne sur cette matière.

09/02/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Le rire de Caïn" de José-André Lacour (1919-2005)

Comment est-il possible que ce livre ait échappé à ma vigilance ? A sa parution, en 1980, je n'avais pas encore 20 ans, mais je lisais déjà beaucoup. Sans doute a-t-il été signalé dans quelque journal et l'ai-je ignoré parce qu'à l'époque je ne lisais que des classiques, et qu'en plus ce Rire de Caïn était un roman d'un Belge obscur, un certain José-André Lacour. De la littérature belge, je ne connaissais que Simenon et Rodenbach, ce qui m'allait assez, et depuis je n'ai gère progressé, ajoutant simplement à ma liste Armel Job... Mais la Petite Vermillon (la Table ronde) m'a envoyé récemment ce "Rire de Caïn" réédité pour le centenaire de son auteur, et je l'ai lu... C'est admirable de bout en bout!

26/01/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Monsieur Ripois et la Némésis" de Louis Hémon

Don Juan: subst. masc. Séducteur, le plus souvent libertin et sans scrupule (définition du Trésor de la langue française). Même s'il n'est pas un libertin, Monsieur Ripois, le héros du roman de Louis Hémon (1880-1913), est assurément un don Juan. Il séduit les femmes qu'il rencontre et les exploite sans scrupule. Mais, contrairement à son auguste ancêtre, Monsieur Ripois n'a aucune classe; il ne s'attaque qu'aux petites ouvrières, puis aux femmes fragiles, celles qu'il est certain de pouvoir conquérir et exploiter.

12/01/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Visage perdu" de Roger Vercel, par Carl Aderhold

Visage perdu est l’un des derniers romans de Roger Vercel, paru en 1953, quatre ans avant sa mort. L’auteur de Remorques (qui a déjà fait l’objet d’une chronique sur les Ensablés) et de Capitaine Conan retrouve ici un thème qui lui est cher. Le courage qu’il faut pour affronter le quotidien.

29/12/2019, 09:00

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La révolution que l’on attendait est arrivée, le réenchantement du territoire

BONNES FEUILLES - Nous avons changé. La maladie, la mort, la solitude, la peur du chômage et le désir de transformer nos vies sont partout. Nous avons vécu local et planétaire, télétravail et livraisons, mais aussi respect, nouveau ou renforcé, pour les soignants, les caissiers, les livreurs, les agriculteurs... et défiance accrue face aux décideurs et aux immenses bureaucraties publiques. 

14/05/2021, 10:05

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La couleur de l'agonie de Gisèle Pineau

BONNES FEUILLES – Une trentaine d'années après le viol sauvage qu'ils ont commis, sept hommes voient se dessiner le visage de la vengeance et la couleur de l'agonie. La mort leur court après telle une ombre sans pardon.

13/05/2021, 12:57

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Nicole Bordeleau : S’aimer, malgré tout ou la vie de famille

BONNES FEUILLES – Un voyage à travers trois époques, trois générations. Des vies d’hommes et de femmes qui oscillent entre raison et folie, mais qui partagent la même quête, celle d’être aimés, malgré tout. Que faire lorsqu’on se retrouve au cœur d’une vie qui ne nous ressemble plus ? Tous les jours, c’est la brûlante question que se pose Édith, une jeune femme brillante à qui tout semble réussir, mais qui souffre au plus profond de son âme. 

13/05/2021, 09:48

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Les Enfants sont rois, d'un royaume qui n'existe pas 

ROMAN FRANCOPHONE - Vingt ans après l’apparition de la téléréalité sur les petits écrans français, treize depuis l’arrivée de Facebook sur la toile francophone, Delphine De Vigan s’interroge. Les enfants sont rois décortique l’influence de ces médias sur nos quotidiens, le tout porté par un polar haletant. Dans ce roman, ce sont deux mondes qui entrent en collision : celui de Mélanie Claux, star des réseaux sociaux dont la petite fille est enlevée, et Clara Roussel, jeune policière solitaire qui prend part à l’enquête. 

13/05/2021, 09:38

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Lucja, de Coji Inada, premier manga inédit du catalogue Vega-Dupuis

Un titre inédit, cela se célèbre. Les éditions Vega-Dupuis, résultant du rachat du premier par le second, officialisé en janvier dernier, annoncent donc leur premier venu. Avec mille précautions : d’abord, ne pas confondre ce Coji Inada avec le Koji Inada de Dragon Quest – La Quête de Dai et Beet the Vandel Buster. Rien à voir. Ensuite…

12/05/2021, 18:00

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Amélie Nothomb, fidèle à la rentrée littéraire avec Premier sang

L’habitude est bien ancrée, chez Albin Michel, autant que pour la romancière : un nouvel ouvrage, chaque année, pour accompagner la rentrée littéraire. Celle de 2021 ne dérogera pas à la règle : rendez-vous le 19 août pour découvrir le nouveau livre d’Amélie Nothomb, Premier sang.

11/05/2021, 17:01

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Les héroïques : leçon de vie sur un lit d'hôpital 

ROMAN FRANCOPHONE - Avec Les Héroïques (Grasset), Paulina Dalmayer signe une réjouissante ode à la vie. Confinée sur son lit d'hôpital, Wanda se souvient du temps de la chape de plomb soviétique, quand elle ne rêvait que d'émancipation et d'Occident. Déjà en 1967, dans le taxi qui la mène au concert des Rolling Stones au Palais de la culture et de la science de Varsovie, elle a le pressentiment que quelque part, elle ignore où, « la mort doit être moins pénible que dans un lit d'hôpital ». 

11/05/2021, 14:28

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Les carnets de l'apothicaire : Intrigues et poisons dans la Cité interdite

MANGA - Mao Mao est servante à la cour intérieure, le quartier des concubines de la Cité impériale chinoise. Elle qui a été emmenée ici de force ne rêve que de faire profil bas pour être renvoyée le plus vite possible. Mais voilà que Jinshi, un beau et mystérieux intendant, la remarque. Entre vivre sa passion pour les préparations médicinales et éviter les intrigues, Mao Mao va devoir trouver l’équilibre…

10/05/2021, 16:42

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Les Danseurs de l’aube : il faut être deux pour être soi  

ROMAN FRANCOPHONE - « Le duende ne vient pas s’il ne voit pas de possibilité de mort, s’il n’est pas sûr qu’elle va rôder autour de la maison, s’il n’est pas certain qu’elle va secouer ces branches que nous portons tous et que l’on ne peut pas, que l’on ne pourra jamais consoler. […] L’ange et la muse s’échappent avec un violon ou un compas, mais le duende vous blesse ». Ce duende dont parle Garcia Lorca (Jeu et Théorie du duende, éditions Allia), à la fois don, feu sacré, sortilège et démon, intraduisible en français, est au cœur du très beau roman de Marie Charrel, Les Danseurs de l’aube (éditions de L’Observatoire), en lice pour le prix de l’Instant. 

10/05/2021, 16:17

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Nitassinan de Julien Gravelle, une ode à la réconciliation 

ROMAN FRANCOPHONE - L'an 1963, en des « lieux qui n'avaient pas encore les noms qu'on leur connaît aujourd'hui ». Des lieux que les autochtones identifiaient sous un vocable générique, Nitassinan, qui signifiait « notre terre ». Une terre couverte de bois et, pendant tout un long hiver froid et rude, aussi couverte de neige. Et de glace qui prenait ensemble les rivières et les lacs.

10/05/2021, 08:37

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L'Ami de Tiffany Tavernier : ondes de choc 

ROMAN FRANCOPHONE - Après Roissy, Tiffany Tavernier revient chez Sabine Wespieser avec un roman d’une puissance hors du commun : L’Ami. Elle y met en scène la chute d’un homme, Thierry, après avoir appris que son voisin et meilleur ami n’est autre que Guy Delric, violeur et tueur en série, recherché depuis des années. Une nouvelle fois, l’auteure prête sa plume à l’invisible, à ce que l’on ne peut voir que de l’intérieur. Plein de la douleur muette, de la solitude que l’on s’impose et de la muraille que le silence vient sournoisement ériger entre l’homme et ses semblables.

07/05/2021, 10:20

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Trois nuits dans la vie de Berthe Morisot : virtuoses miniatures  

ROMAN FRANCOPHONE - Tout a l’air minuscule dans ce texte. La taille : à peine une centaine de pages. Le sujet : quelques heures de l’existence d’une peintre parfois injustement jugée mineure. Le style : asséché. Et, paradoxalement, c’est cette petitesse qui fait la grandeur de ce livre. Trois nuits dans la vie de Berthe Morisot de Mika Biermann est en lice pour le Prix de l'Instant.  

06/05/2021, 15:54

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Simon Johannin, la poésie de l’instant

POESIE - Personne n’a jamais dit que la poésie était morte. Empoussiérée, reléguée voire oubliée, en revanche, sans doute. Aussi, les lecteurs de romans ne sont pas toujours lecteurs de poésie — et inversement. Les auteurs de romans ne sont pas tous quant à eux, tant s’en faut, des poètes. Simon Johannin, si. Le deuxième recueil de poèmes de Simon Johannin a paru en octobre dernier aux éditions Allia. Nous sommes maintenant nos êtres chers est en lice pour le Prix de l'Instant.  

06/05/2021, 09:04

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Les amants de Jésus : de la position des missionnaires 

ROMAN FRANCOPHONE - Cette histoire est l’histoire somme toute banale d’un jeune homme qui se cherche. Une histoire de chemins à prendre, de choix à faire, qui va amener notre narrateur de 20 ans - bègue, chétif, n’ayant aucune confiance en lui, issu d’une famille provinciale que l’on devine plutôt conservatrice - à essayer de se construire. 

05/05/2021, 14:56

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Trencadis : Niki de Saint Phalle, mosaïque d'une funambule 

ROMAN FRANCOPHONE - Nom de code : Trencadis. Agent en opération : Caroline Deyns. Objectif de la mission : échafauder une anti-biographie de Niki de Saint Phalle. Protocole : infiltration, observation, interrogatoire des proches et retraitement des informations. « Agent Deyns, la femme sur la photo est votre cible. Ne vous fiez pas à l’apparente candeur de son visage, il s’agit au contraire d’un individu extrêmement difficile à identifier, à cerner, à manipuler. » Ce genre d’incipit, tout droit sorti d’un épisode de Mission Impossible, sied plutôt bien au projet de Caroline Deyns. Trencadis est en lice pour le Prix de l'Instant. 

05/05/2021, 11:51

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Ovibos le survivant de l'Arctique : faire front commun 

ESSAI - Ouvrage original que celui de Rémy Marion qui, par-delà la disparition déjà ancienne de Robert Gessain, nous offre un ouvrage écrit « à quatre mains » en l'absence même de l'un des deux auteurs ! Robert Gessain était un anthropologue qui a longtemps traîné ses guêtres au Groenland où il a étudié les us et coutumes des peuples du Grand Nord, ce qui lui a valu de découvrir et connaître « Ovibos », ce mammifère aux allures préhistoriques qui peuple des régions où dire que la vie est rude, sinon dure, est un euphémisme, et auquel il a consacré un ouvrage éponyme de référence paru en 1981, cinq ans seulement avant la disparition de son auteur. 

05/05/2021, 10:16

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Benjamin Carle et David Lopez, c'est par où la sortie de l'usine ?

BANDE DESSINEE - En 2017, les ouvriers de GM&S, entreprise sous-traitante pour l'industrie automobile installée dans la Creuse, préviennent qu'ils vont faire sauter leur usine si un plan de relance n'est pas trouvé rapidement. Menace en l'air ou énergie du désespoir chez des ouvriers poussés à bout ? Benjamin Carle a longuement enquêté sur place pour se forger un avis solidement informé et réaliser un documentaire. Quelques années plus tard, un album de BD part à la rencontre de quatre syndicalistes qui ont tenu tête contre vents et marées, et propose une relecture particulièrement pertinente de la mutation du secteur secondaire en France et de la lente, mais inexorable, désindustrialisation du territoire.

03/05/2021, 16:12

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Les Œuvres complètes d’Esparbec publiées aux éditions de La Musardine 

BONNES FEUILLES - Esparbec, décédé en 2020, est l’auteur-phare des éditions La Musardine. Qualifié par Jean-Jacques Pauvert de « dernier des pornographes », c’est aussi la meilleure vente ces dernières années du rayon littérature érotique. Par cette édition monumentale (12 volumes d’environ 800 pages, publiés entre 2021 et 2025), la maison d'édition veut montrer que l’œuvre d’Esparbec a toute sa place en littérature.

03/05/2021, 15:39

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 Jojo L'Affreux, le monstre pas si monstrueux 

ALBUM JEUNESSE - Comme son père et son grand-père avant lui, Jojo l'Affreux a un seul but dans la vie : être la terreur des enfants ! Faire partie d'une famille d'Effaroucheurs professionnels, ce n'est pas rien ! Gonflé à bloc, Jojo l'Affreux pose ses valises dans la chambre d'un petit garçon, et se met au travail. Il grogne, rugit, grimace, montre ses dents, fait craquer ses os... Mais rien ne se passe. 

30/04/2021, 11:57

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Le poète Jean-Guy Pilon est décédé

Poète originaire du Québec, Jean-Guy Pilon est décédé ce 28 avril à l’âge de 90 ans. L’Académie des Lettres du Québec lui rend hommage dans un texte parvenu à ActuaLitté. Le voici reproduit dans son intégralité.

30/04/2021, 09:12

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Sale Bourge, l'origine de la violence 

ROMAN FRANCOPHONE - À la sortie du tribunal, Pierre, le narrateur, apprend qu’il est condamné à quatre mois de prison avec sursis pour violences conjugales, assortis d’une mise à l’épreuve de dix-huit mois et d’une injonction de soins. Il a trente-trois ans. Ainsi débute le récit d’un triste fait divers. Sale bourge, premier roman de Nicolas Rodier, fait partie des cinq livres finalistes du Prix de L’Instant. 

29/04/2021, 15:58

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Paresse pour tous d'Hadrien Klent : travailler trois heures par jour, utopie ou réalité ? 

BONNES FEUILLES - Et si on ne travaillait plus que trois heures par jour ? Telle est la proposition iconoclaste d’Émilien Long, prix Nobel d’économie français, dans son essai Le Droit à la paresse au XXIe siècle. Très vite le débat public s’enflamme autour de cette idée, portée par la renommée de l’auteur et la rigueur de ses analyses. Et si un autre monde était possible ? Débordé par le succès de son livre, poussé par ses amis, Émilien Long se jette à l’eau : il sera le candidat de la paresse à l’élection présidentielle.

29/04/2021, 15:33

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Un vagabond dans la langue de Matthieu Mével : l'indicible réponse 

ROMAN FRANCOPHONE - Il est des ouvrages qui soudainement retiennent votre attention au sein d’une production littéraire particulièrement abondante, aux titres souvent éphémères et que l’on finit par oublier par nécessité ou par manque de temps parfois, sans feindre toutefois qu’ils existeront sans vous, cheminant par d’autres voies de traverse, et qui finalement pour certains d’entre eux, ils finiront par émerger quelque part ou pas. Cela semble désormais le jeu d’ailleurs ! Drôle de loterie en vérité, peu enviable admettons-le ! Parmi la dizaine de livres reçus ces dernières semaines, l’un d’entre eux a particulièrement retenu mon attention, et intitulé majestueusement Un vagabond dans la langue, d’un dénommé Matthieu Mével, dont on apprend dans la quatrième de couverture, qu’il est écrivain, metteur en scène, donc naturellement comédien, auteur de cinq ouvrages à ce jour, vivant principalement à Rome.

29/04/2021, 11:39

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« Au fil des émotions » : 4e édition du concours d’écriture UNICEF

UNICEF France, en partenariat avec Le Livre de Poche, donne la parole aux 15-20 ans, en leur proposant de participer à son grand concours d’écriture 2021, sur le thème « Au fil des émotions », parrainé par la chanteuse et romancière Olivia Ruiz.

28/04/2021, 15:15

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Les survivants : l'Australie, souffle coupé 

BONNES FEUILLES - Après Canicule et Lost Man, le nouveau polar de l’Australienne Jane Harper, Les Survivants, est plus sauvage et trépidant que jamais. Kieran Elliott, trentenaire vivant à Sidney, retourne en basse saison dans sa ville natale d’Evelyn Bay, minuscule station balnéaire de Tasmanie. Ce court séjour familial fait aussitôt resurgir des souvenirs douloureux. 

27/04/2021, 11:27

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Une saison douce : migrants, miroirs de nous-mêmes

ROMAN ETRANGER - Autrefois, c'était un vrai village avec son maire, son terrain de football, sa gare… Un petit village sarde ni beau, ni laid mais bien agréable, pas tout près mais pas si éloigné que cela non plus de la mer. Un village vivant.

27/04/2021, 11:15

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Bastien, ours de la nuit : l'envers du décor 

ALBUM JEUNESSE - Sébastien est SDF. Le soir, alors que le froid fige une ville triste, il cherche des cartons, matelas de fortune, et s’endort sur le trottoir. Bastien, s’éveille alors, rêve de Sébastien en forme d’ours, et arpente les rues à la découverte de la faune qui l’habite à cette heure avancée de la nuit. Ludovic Flamant et Sara Gréselle nous convient à une marche bucolique au travers des ruelles obscures de la cité endormie.

27/04/2021, 11:12

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Racisme et jeux vidéo : décoloniser les esprits, manette en main ?

Produit culturel de premier ordre, le jeu vidéo ne peut pas échapper à un regard critique sur sa charge politique et sociale. Dans Racisme et jeu vidéo, Mehdi Derfoufi propose une recherche qui lit l'histoire du jeu vidéo par le prisme des études postcoloniales et décoloniales, pour questionner les enjeux de création, de production et de réception.

26/04/2021, 12:14

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Un jour ce sera vide : On est très sérieux quand on a 10 ans

ROMAN FRANCOPHONE - Un jour ce sera vide d'Hugo Lindenberg faisait partie des 36 titres de la dernière rentrée littéraire sélectionnés par les libraires pour le Prix Libraires en Seine 2021, qui vient d'annoncer sa sélection finale. Un premier roman étonnant de grâce et de maîtrise.

24/04/2021, 17:00

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Les Graciées : polaire chasse aux sorcières

ROMAN ETRANGER - Les Graciées de Kiran Millwood Hargrave fait partie des 36 titres de la dernière rentrée littéraire sélectionnés par les libraires pour le Prix Libraires en Seine 2021. Une merveilleuse saga historique pleine de poésie, de fougue et d'exaltation.

24/04/2021, 17:00

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Ce qu'il faut de nuit, ce qu'ils doivent aux jours

ROMAN FRANCOPHONE - Ce qu'il faut de nuit de Laurent Petitmangin fait partie des 36 titres de la dernière rentrée littéraire sélectionnés par les libraires pour le Prix Libraires en Seine 2021. Multi-récompensé, ce premier roman trouve auprès des libraires un écho très particulier. 

24/04/2021, 17:00

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Chavirer de Lola Lafon : la grande leçon 

ROMAN FRANCOPHONE – Chavirer de Lola Lafon fait partie des 36 titres de la dernière rentrée littéraire sélectionnés par les libraires pour le Prix Libraires en Seine 2021. Un grand roman sensible et juste, physique et social, efficace et bouleversant.

24/04/2021, 17:00

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Ce qu'il faut de nuit de Laurent Petitmangin, d'un père à ses fils

ROMAN FRANCOPHONE - C'est l'histoire d'un père qui élève seul ses deux fils. Les années passent et les enfants grandissent. Ils choisissent ce qui a de l'importance à leurs yeux, ceux qu'ils sont en train de devenir. Ils agissent comme des hommes. Et pourtant, ce ne sont encore que des gosses. C'est une histoire de famille et de convictions, de choix et de sentiments ébranlés, une plongée dans le cœur de trois hommes. Ce qu'il faut de nuit de Laurent Petitmangin fait partie des 5 titres sélectionnés pour le Prix des Libraires 2021.

23/04/2021, 15:22

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Liv Maria de Julia Kerninon, une femme secrète 

ROMAN FRANCOPHONE - Son nom est Liv Maria Christensen. Enfant solitaire née sur une île bretonne, entre une mère tenancière de café et un père marin norvégien, Liv Maria est ballotée par les évènements de la vie, de Berlin à l'Amérique latine. Quand finalement, elle s'ancre dans une famille paisible, en Irlande, elle reste une femme insaisissable, même pour ses proches. Comment se tenir là, dans cette vie, avec le souvenir de toutes celles d’avant ? Liv Maria de Julia Kerninon fait partie des 5 titres sélectionnés pour le Prix des Libraires 2021.

23/04/2021, 15:08

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Le Dit du Mistral d'Olivier Mak Bouchard : amitié, légendes et archéologie 

ROMAN FRANCOPHONE - Après une nuit de violent orage, un homme voit toquer à la porte de sa maison de campagne Monsieur Sécaillat, le vieux paysan d’à côté. Qu’est-ce qui a pu pousser ce voisin secret, bourru, généralement si avare de paroles, à venir jusqu’à lui ? L’homme lui apporte la réponse en le conduisant dans leur champ mitoyen : emporté par la pluie violente et la terre gorgée d’eau, un pan entier d’un ancien mur de pierres sèches s’est éboulé. Or, au milieu des décombres et de la glaise, surgissent par endroits de mystérieux éclats de poterie. Intrigués par leur découverte, les deux hommes vont décider de mener une fouille clandestine, sans se douter que cette décision va chambouler leur vie. Le Dit du Mistral d'Olivier Mak Bouchard fait partie des 5 titres sélectionnés pour le Prix des Libraires 2021.

23/04/2021, 14:58

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Héritage de Miguel Bonnefoy, une fresque familiale entre histoire et voyage

ROMAN FRANCOPHONE - La maison de la rue Santo Domingo à Santiago du Chili, cachée derrière ses trois citronniers, a accueilli plusieurs générations de la famille des Lonsonier, arrivés des coteaux du Jura. Bien des années plus tard, un drame sanglant frappera les Lonsonier. Emportés dans l’oeil du cyclone, ils voleront ensemble vers leur destin avec, pour seul héritage, la légende mystérieuse d’un oncle disparu. Héritage de Miguel Bonnefoy fait partie des 5 titres sélectionnés pour le Prix des Libraires 2021.

23/04/2021, 14:45