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Laurent Bettoni : “L'autopublication redonne plus de poids à l'auteur”

Laurent Bettoni est un vieux de la vieille de l'autopublication. C'est lui qui le dit : les auteurs indépendants le considèrent comme un « papy » dans le secteur, une référence. Pourtant, c'est Robert Laffont qui publie son premier livre, Ma place au paradis, en 2005. S'il s'est tourné vers l'indépendance et la diffusion sur Amazon via Kindle Direct Publishing, c'est un peu par nécessité, constatant que l'édition traditionnelle n'offre que peu de chances aux jeunes auteurs. Laurent Bettoni se lance aujourd'hui dans la création d'un label éditorial, Les Indés, qui cherche également, à sa manière, à proposer une nouvelle voie pour les auteurs et l'édition.

Le 05/05/2016 à 10:26 par Antoine Oury

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Publié le :

05/05/2016 à 10:26

Antoine Oury

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ActuaLitté

© shut up & play the books 

ActuaLitté : Votre nom est associé depuis longtemps à l'autopublication, voire au Kindle d'Amazon. Vous vous en êtes bien sorti ?

Laurent Bettoni : Je m'en suis plutôt bien sorti, et ce qui était intéressant pour les journalistes, c'est que je venais de l'édition traditionnelle. C'était une sorte de paradoxe : pour les lecteurs, c'était "rassurant" d'acheter le livre d'un auteur qui venait de l'édition traditionnelle, de chez Robert Laffont. C'était Écran total, et, avec Amazon, on s'aidait mutuellement : eux me donnaient une visibilité que je n'avais jamais acquise dans l'édition traditionnelle, et moi je leur apportais un crédit, quelque part.

J'ai commencé avec un premier succès début 2012, Écran total, et comme nous étions très peu à l'époque, mon nom a vite circulé. À l'époque, il n'y avait pas de concurrence, mais aujourd'hui, si tu veux être classé dans le Top 100, c'est beaucoup plus difficile, je pense qu'il faut plafonner à 50 ventes par jour.

Ce qui est amusant, c'est qu'au moment où j'ai été un tout petit peu connu dans l'édition indé, l'édition traditionnelle s'est intéressée à moi, sans que je sache s'il y a vraiment eu un lien de causalité. Marabooks Poche, une marque du groupe Hachette, s'est intéressée à moi pour un polar, et à peu près à cette même époque, les éditions Don Quichotte m'ont contacté pour un roman de littérature jeunesse qui est devenu Arthus Bayard et les Maîtres du temps. Ensuite, j'ai publié Mauvais garçon chez Don Quichotte et là je suis en train de boucler un autre roman pour Marabout/Hachette, qui devrait paraître en février 2017.

La porosité et le passage entre l'autopublication et l'édition traditionnelle se font donc au bénéfice de l'auteur ?

Laurent Bettoni : Effectivement, et il donne même plus de poids à l'auteur : le meilleur exemple que j'ai en tête, c'est Agnès Martin-Lugand. Je l'ai suivi en accompagnement littéraire : il y a 3 ans, elle m'a présenté un manuscrit, qui s'appelait Reste avec moi et qui est devenu ensuite Les gens heureux lisent et boivent du café, un titre que j'avais trouvé bien plus efficace. Son livre était au départ un pavé de 450 pages pour lequel j'avais senti le potentiel, mais son refus par les éditeurs ne m'avait pas étonné. On a bossé le truc pendant un an et demi et je l'ai représenté en autopublication, puisqu'elle ne voulait plus traiter avec les éditeurs. Il a fait un carton dès décembre 2013 et Michel Laffont l'a appelé. Je suis allé négocier avec elle le contrat, et j'ai obtenu des pourcentages et des conditions de folie, parce qu'elle était en position de force, avec plusieurs dizaines de milliers de ventes à son actif.

On a un peu l'impression que la publication chez un éditeur “traditionnel” reste le Graal, y compris pour les auteurs indépendants. Pourquoi ces derniers ne restent-ils pas indépendants ?

Laurent Bettoni : Dans l'esprit des gens, en France, l'auteur qui est indé est encore un looser, il y a encore ce côté bricolage, amateur, l'auteur qui s'est fait refuser partout, et qui est donc mauvais. Évidemment, dans l'autopublication, tout n'est pas bon, au contraire même, il n'y a qu'un faible pourcentage de bons textes, mais c'est comme dans l'édition traditionnelle. Et ce n'est pas parce que le texte n'est pas sélectionné par un éditeur qu'il est forcément mauvais.

Mais c'est quelque chose qui a encore beaucoup d'importance dans l'esprit d'un auteur ?

Laurent Bettoni : D'après ce que j'entends auprès d'auteurs indés qui ont eu du succès, je crois, parce qu'ils ont tous envie de venir chez un vrai éditeur. Mais la différence, c'est qu'ils peuvent alors le faire dans de bonnes conditions : certains arrivent même à conserver leurs droits numériques ou leurs droits d'adaptation audiovisuelle, voire à négocier la durée de cession, comme je l'avais fait pour Agnès Martin-Lugand. C'était inimaginable il y a encore quelques mois, à présent la donne change : le rapport de force auteur/éditeur est un peu inversé, à condition d'avoir eu un succès en autopublication. Il ne faut toutefois pas se faire d'illusions : un auteur indé publié chez un éditeur traditionnel ne décide plus de grand-chose, ni dans la promo ni dans le timing.

D'où vient cette mauvaise réputation de l'autopublication ?

Laurent Bettoni : Il y a eu un tel message au départ, de la part des éditeurs tradis, qui freinaient des quatre fers et ont amalgamé le tout avec Amazon. Syndicat National de l'Édition, libraires, chroniqueurs, journalistes, professionnels, tous ont tiré à boulets rouges sur l'autopublication. Et, à présent, ces mêmes grands éditeurs viennent faire leur marché parmi les auteurs sur Amazon. Ils viennent récupérer les best-sellers, le système clone le système, et une fois les best-sellers récupérés, que reste-t-il pour les autres auteurs ?

Premier prix Amazon de l'autoédition

Au premier Prix Amazon de l'autoédition (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

D'après moi, le pire du pire qui puisse arriver à un auteur indé, c'est de faire un succès en autopublication, d'être repéré par un éditeur traditionnel et de publier chez lui, puis de faire un flop et d'être rejeté dans la nature. Ça, c'est le risque pour un auteur, qui serait définitivement vu comme un looser absolu ensuite. Mais si tu arrives à montrer que tu es un peu bankable, l'autopublication, à double tranchant, peut t'aider ensuite.

Pensez-vous qu'autopublication et édition seront considérées à égalité, en terme d'attention médiatique du moins ?

Laurent Bettoni : À force de se professionnaliser, je pense que les auteurs indépendants vont finir par gagner leurs lettres de noblesse, un peu comme ce qu'il se passe dans le secteur musical. Aujourd'hui, ce sont clairement, d'après moi, les musiciens indés qui apportent le meilleur son, le plus d'innovations. Dans le cinéma aussi, avec le festival de Sundance par exemple. À mon sens, cela peut le faire aussi pour l'écriture.

Nous sommes dans un système éditorial qui est un peu en bout de course, un peu formaté : il n'y a plus d'innovations ou de prise de risques, parce que les éditeurs ont des marges à tenir, des seuils de rentabilité. On tend à la bestsellerisation, et finalement, soit ton livre se vend à 500 exemplaires, soit il s'en vend des camions. Ce que l'on appelait le ventre mou avant tend à disparaître : il n'y a plus d'auteurs qui vendent entre 5000 et 20.000 exemplaires.

La seule chose qui ne change pas dans ce système, c'est le tirage : quand tu tires à 9000 exemplaires et que tu n'en vends que 500, malgré les reins solides, ça refroidit moralement et financièrement. Du coup, les éditeurs rechignent à investir ou à faire confiance à des auteurs qui n'ont pas fait leurs preuves. Et c'est un cercle vicieux : tant que tu n'investis pas sur un auteur, surtout au niveau de la promotion, il ne sera pas connu, et une fois qu'il t'aura fait 3 romans vendus à 50 exemplaires chacun, tu ne le publieras plus.

L'absence de statut pour les auteurs indépendants est-elle préjudiciable ?

Laurent Bettoni : Avec Audrey Alwett, autrice de BD et créatrice du label Bad Wolf, on planche sur un vrai statut d'auteur qui inclurait les auteurs indépendants. Remplir sa déclaration de revenus, c'est un véritable casse-tête pour les auteurs : faut-il les déclarer en revenus, en BNC...? Personne ne sait vraiment. De plus, en l'absence de statut, les auteurs indés sont interdits de syndicats pour le moment.

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

Grâce au label et au paiement en droits d'auteur, ils ont le statut d'auteur, ce qui leur permet de s'inscrire à la SGDL, peut-être de cotiser aux AGESSA à condition d'avoir 8000 € annuels de droits d'auteur... Mais les auteurs indépendants sont dans une situation souvent pire que les auteurs traditionnels... Et ça me fait mal au cœur d'entendre ces derniers parfois décrier leurs collègues alors qu'ils font le même travail.

Vous exercez le métier d'accompagnateur littéraire, en quoi consiste-t-il ?

Laurent Bettoni : J'exerce ce métier depuis 2011 et il y a deux cas de figure parmi mes clients : l'auteur qui vient simplement avec une idée de roman — et c'est plus facile, en fait, de travailler comme cela : nous discutons des personnages, des ressorts dramatiques, de la construction de l'histoire, en cours particulier... Cela se fait la plupart du temps sur Internet, ce qui est assez pratique, mais aussi en direct. En quelques semaines, nous constituons un séquencier qui servira de guide à l'auteur lorsqu'il écrira ses chapitres. L'auteur m'envoie chapitre après chapitre, et je travaille avec lui le style, les dialogues, le registre de langue...

Le second cas de figure c'est quand un auteur a déjà écrit son livre et qu'il a besoin d'un diagnostic dessus. La plupart du temps, on repart de zéro, parce que la structure doit toujours être retravaillée. Au moins six mois sont nécessaires dans tous les cas, mais les durées dépendent selon les auteurs : si c'est prolongé, nous refaisons un contrat de prestation.

Parallèlement à l'accompagnement littéraire, je propose d'autres prestations, la création de la couverture, la rédaction du texte de la 4e de couverture, l'impression papier et numérique.

Ce métier semble s'être énormément développé avec l'indépendance des auteurs...

Laurent Bettoni : Effectivement, et je conseille aux auteurs qui ont recours à des accompagnateurs littéraires de réclamer leur CV avant tout. Parce que dans ce secteur aussi, il y a à boire et à manger : j'ai vu des services, des tarifs, des forfaits, de prétendus grands professionnels qui en réalité ont fait trois piges dans un journal ou sont des profs de Français... Des gens qui n'ont jamais écrit une œuvre de fiction, ce qui me semble quand même indispensable pour ce genre de travail. Les auteurs savent où ils entrent en faisant appel à mes services : j'en suis à mon 8e roman, pendant 2 ans j'ai dirigé les éditions de La Bourdonnaye, je fais de l'editing freelance pour des groupes éditoriaux, du rewriting, du ghostwriting...

Et ça paye, pour les auteurs : Les méduses ont-elles sommeil ? de Louisiane C. Dor va paraître chez Gallimard, les droits d'adaptation des Gens heureux lisent et boivent du café d'Agnès Martin-Lugand ont été achetés par Weinstein...

Pourquoi créer le label Les Indés à côté de cette activité d'accompagnateur littéraire ?

Laurent Bettoni : Simplement parce que les gens que j'ai accompagnés ne rentrent pas forcément dans ma ligne éditoriale, ou dans mes goûts. Et puis, sur un plan éthique, faire travailler quelqu'un sur un roman et le faire payer pour ça, avant finalement de le publier, c'est un peu comme éditer un livre à compte d'auteur... Cela ne m'est arrivé qu'une fois : une auteure m'avait sollicité pour une simple expertise alors que je travaillais chez La Bourdonnaye, et finalement je lui ai demandé de pouvoir publier son livre.

Et j'ai voulu créer Les Indés comme un label éditorial qui se mettrait au service de l'auteur : le travail éditorial est fait comme n'importe quelle maison — ce n'est pas un label de pote — et le rythme de publication s'en ressent, avec en moyenne un livre publié par mois. En 2016, nous allons avoir une dizaine de textes publiés.

De quelle manière le label se met-il “au service des auteurs” ?

Laurent Bettoni : Le concept que je défends, c'est que les auteurs peuvent partir du jour au lendemain s'ils ont un contrat chez un “grand éditeur” : en fait, je reprends vraiment le concept du label musical qui va aider les jeunes groupes à émerger avant de les laisser partir s'ils rencontrent un label plus important.

Notre intérêt, c'est celui d'avoir vraiment aidé à faire découvrir un auteur, mais aussi de devenir agent s'il y a transaction : dans ce cas, le label perçoit une commission d'agent équivalente à 15 % des droits couverts par le futur contrat en France, et 20 % des droits couverts par le futur contrat à l'étranger. Idéalement, j'aimerais que ces pourcentages ne soient pas pris sur celui de l'auteur, mais cela dépendra de l'éditeur final.

J'encourage plutôt les auteurs à partir de chez moi s'ils pensent avoir mieux ailleurs, et je pourrais même être force de propositions. Ce point est très clair, et il est inscrit dans le contrat. Finalement, avec cette possibilité très ouverte, les auteurs n'ont pratiquement plus envie de partir. Par ailleurs, ce contrat est résiliable à tout moment sans motif particulier, sur simple courrier de la part de l'auteur ou de la maison Les Indés, et l'auteur récupère évidemment tous ses droits.

Beaucoup de peine, beaucoup d'espoir, beaucoup d'amour de Brigitte Hache,

parmi les premières parutions des Indés

Quelle est la durée de cession des droits consentie par l'auteur lorsqu'il signe avec Les Indés ?

Laurent Bettoni : Lorsqu'un auteur avec les Indés, il signe trois contrats : un pour le papier, un pour le numérique, et un pour l'éventuelle adaptation audiovisuelle. Il cède ses droits pour une période d'un an, quand cette période s'étend jusqu'à 70 ans après sa mort dans une maison d'édition traditionnelle. Le contrat est renouvelable par tacite reconduction au bout d'un an, pour une nouvelle période d'un an dans les mêmes conditions.

Je trouve que la durée de cession actuelle est beaucoup trop longue, surtout à l'ère du numérique, et je n'ai jamais compris en quoi cela protégeait l'auteur, et pas un seul éditeur n'a su m'expliquer pourquoi cela me protégeait. Je trouve préférable que l'auteur soit responsable et qu'il puisse gérer lui-même ses droits. Un auteur ne touche déjà pas beaucoup, autour de 10 % sur ses livres, mais plus vers 5 ou 8 % en réalité, alors si en plus on ne décide de rien et on ne gère pas nos droits... Attention, je ne dis pas non plus que tous les éditeurs maltraitent les auteurs.

Quels sont les pourcentages de rémunération ?

Laurent Bettoni : Les auteurs perçoivent 15 % sur le prix hors taxe pour l'exemplaire papier, et 25 % du prix hors taxe pour l'exemplaire numérique, ce qui correspond peu ou prou à 50 % des bénéfices. Le label est inscrit aux AGESSA, et les auteurs sont donc bien payés en droits d'auteur. Par ailleurs, les auteurs touchent leurs droits tous les mois, car je ne peux pas leur donner d'à-valoir, et je pense que je ne pourrais jamais leur en donner au vu de la résiliation à tout moment du contrat que je propose.

L'absence d'à-valoir n'est-elle pas préjudiciable pour les auteurs ?

Laurent Bettoni : Pour la plupart des auteurs, les à-valoir sont nécessaires, mais je me suis déjà demandé s'ils ne coûtaient pas parfois la place d'un auteur dans une maison d'édition. Si un éditeur donne 5 ou 6000 € d'à-valoir et ne rentre pas dans ses frais, au bout de 2 ou 3 essais, il ne sera pas reconduit dans la maison. D'un autre côté, ce système reste indispensable, car un auteur met souvent plusieurs mois à écrire un livre. Si les à-valoir ne couvrent évidemment pas cette durée-là, ils donnent une certaine confiance : l'éditeur croit suffisamment en l'auteur pour lui donner cette somme.

Finalement, je me demande si ce n'est pas cher payé. Je préférerais un vrai statut d'intermittent, quelque chose comme cela, parce qu'entre deux livres, un auteur n'est pas payé, contrairement à un comédien entre deux pièces. En revanche, s'il n'y avait plus d'à-valoir, il serait indispensable que les auteurs soient payés tous les mois.

Quelles sont les conditions pour le contrat de cession de droits audiovisuels ?

Laurent Bettoni : Je vais démarcher les producteurs, qui peuvent aussi contacter l'auteur en direct, mais c'est encore assez rare. En terme de pourcentage, c'est 50/50. Chez un éditeur traditionnel, on propose en général 20 % à l'auteur, il est possible de négocier 30 %, mais au-delà, c'est pratiquement inatteignable. Si le projet est apporté par l'auteur, il récupérera 70 % pour lui et 30 % iront aux Indés.

Pourquoi avoir choisi le système de l'impression à la demande ?

Laurent Bettoni : J'ai hésité, et puis je me suis dit que ce qui tuait les maisons d'édition, petites ou plus grandes, c'était la diffusion. Parce que lorsque les retours des ouvrages en librairie reviennent, c'est mort. Et pour qu'un livre soit diffusé correctement en librairie, il faut de gros tirages, une mise en place pas inférieure à 6000 exemplaires, à mon avis, pour que le livre soit vu. Et ça, je n'ai pas les moyens : c'est pour ça que je ne suis pas une maison d'édition, mais un label.

Je peux offrir le livre papier à mes lecteurs et auteurs, mais je ne peux pas faire un tirage de 9000 exemplaires avec une mise en place de 6000, ce ne serait pas honnête auprès de l'auteur de lui faire croire que son livre sera vu comme ça.

Centre d'impression à la demande - PoD Hachette Maurepas

Machines d'impression à la demande (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

Pour l'impression à la demande, qui m'a paru la meilleure solution, je passe par Hachette et Lightning Source qui impriment et distribuent les livres à l'international et en France sous 48 heures. Après, si un libraire veut commander 5 ou 6 exemplaires d'un titre, il peut tout à fait le faire. De notre côté, nous essayons de contacter un maximum de librairies pour les démarcher. Et puis, éviter le pilon des livres, j'y tenais, moralement, et c'est écoresponsable.

Pour terminer, pouvez-vous nous présenter l'équipe des Indés ?

Laurent Bettoni : Anne Chevalier travaille également comme éditrice avec moi, et nous avions déjà collaboré au sein de La Bourdonnaye. Elle réalise aussi notre charte graphique et nos maquettes et s'occupe des droits étrangers, que nous essayons de vendre auprès d'agents littéraires. Christophe Mangelle se charge de la communication digitale, qu'il assure aussi pour Au fil de la nuit, Robert Laffont, Michel Lafon, Flammarion, des artistes et des personnalités...

Sur ce plan, nous allons miser sur des chroniqueurs web, des blogueurs, des booktubeuses en priorité... Nous allons adopter la stratégie inverse de l'édition traditionnelle : on mise sur un succès en numérique pour ensuite faire vendre le papier, et cela permettra aussi de montrer que papier et numérique sont complémentaires.

Par Antoine Oury
Contact : ao@actualitte.com

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En octobre 2025, la députée Sophie Taillé-Polian (Écologiste et Social, Val-de-Marne), vice-présidente de la Commission des affaires culturelles et de l'éducation de l'Assemblée nationale, déposait une proposition de loi cherchant à empêcher « la constitution de monopoles économiques dans les secteurs des médias et de l'édition ». Elle revient pour nous, à l'occasion d'un entretien, sur les motivations derrière ce texte, pensé en réponse à un phénomène qui « représente un danger pour notre démocratie ».

25/02/2026, 10:10

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Science et âme : sommes-nous seulement notre cerveau ?

À un mois du rendez-vous parisien, La Conscience & l’Invisible, qui se tiendra au Grand Rex, voit son programme et ses intervenants susciter curiosité et intérêt. Dans la continuité des précédentes éditions conçues de concert, les éditions Guy Trédaniel s’associent à l’essayiste et conférencier Jean Staune. Cette rencontre rassemblera un large auditoire autour d’une interrogation qui résiste aux certitudes — ce que “nous” sommes, et ce qui, peut-être, subsiste lorsque le cerveau s’éteint.

23/02/2026, 15:31

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Prix Les Visionnaires 2026 : des romans pour éclairer le présent et interroger l’avenir

Bibliothécaire à la médiathèque Jean Rousselot, à Guyancourt (Yvelines), Grégory Launay est membre du jury du Prix Les Visionnaires 2026. À travers ce prix littéraire et territorial, il défend une vision de la lecture comme outil de médiation, de réflexion sur le monde contemporain et de dialogue avec les différents publics.

17/02/2026, 15:54

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Luciana Peker : “Aimer mieux, c’est aimer sans hiérarchie ni soumission”

La Saint-Valentin déborde de cœurs rouges, mais sous le vernis sucré, Luciana Peker tranche dans la chair du mythe romantique. Son enquête dissèque l’amour comme un champ de bataille intime, saturé d’héritages politiques, de domination feutrée et de déséquilibres affectifs. Entre désir sincère et architecture sociale, elle dévoile une cartographie du sentiment où le pouvoir circule, s’infiltre et modèle les corps, les choix et les silences, loin du conte amoureux vendu comme universel.

17/02/2026, 09:35

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Agents littéraires : la mutation silencieuse qui transforme la carrière des écrivains

C’est un petit séisme auquel a assisté l’édition voilà une semaine : après la publication d’une quinzaine d’ouvrages et près d’un million de livres vendus, Patricia Darré décidait de collaborer avec Mickaël Palvin fondateur de l’agence littéraire Héraklès. Pourquoi ce choix, quand la notoriété et la réussite sont avérées ? Et que dit cette relation nouvelle de l’époque ?

13/02/2026, 17:01

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Les Passantes : des vies effacées qui éclairent l’Histoire

Comme les éditions Anacharsis misent sur les vies effacées, l’historien Philippe Braunstein ouvre le bal de cette collection si brassensienne. Et l’intéressé (Philippe, pas Georges) d’attaquer d’emblée un détail éditorial : « Donc je peux dire tout de suite que je suis furieux de la couverture qui a été faite, parce que ça n’a aucun rapport avec Venise, ni avec un noble vénitien, ni avec un ambassadeur, et ils ont inventé un portrait qui n’existe pas. »

09/02/2026, 17:19

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Bernard Werber : “L'imagination est un artisanat qui réclame une certaine rigueur”

Depuis quelques semaines, Bernard Werber s’installe comme un horloger mystique prêt à disséquer l’imaginaire humain et la littérature, à travers un podcast qu'il a monté. Ici, pas de nostalgie confortable : place au moteur brut, à l’idée nue, au monde qui naît sous le scalpel narratif. Entre méthode d’atelier et pulsion de création, il démonte la fiction pièce par pièce, puis la relance comme une machine vivante prête à happer l’auditeur.

06/02/2026, 14:11

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Beyrouth Paradise de David Hury : “Tout le monde a quelque chose à cacher à Beyrouth“

Beyrouth s’accroche aux branches du cèdre du Liban comme par miracle, ce pays reste un mystère pour Marwan Khalil, désormais à la retraite. Sa pension de flic n’étant pas suffisante, il a ouvert dans son quartier, un cabinet de détective privé. Pas de quoi vivre dans le luxe, mais bien assez pour s’acheter de quoi fumer et mettre de l’essence dans sa bonne vieille Alfa dans laquelle, dans ce nouvel opus, il écoute les cassettes de Chris de Burgh en boucle. 

02/02/2026, 10:53

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“Proposer des livres à petit prix, c’est une belle mission”

Un livre à petit prix posé entre des chargeurs de téléphone, des timbres et des chariots de supermarché : la scène a quelque chose de trivial et de politique à la fois. Avec le rachat d’Expodif et de Temps Livre, Maxilivres revendique une vision industrielle de la lecture : faire circuler des millions d’ouvrages hors des circuits consacrés, capter l’achat d’impulsion, épouser les contraintes budgétaires et transformer l’économie circulaire en moteur culturel.

29/01/2026, 10:00

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Radiographie du Brésil : “On vit encore aujourd’hui les résultats de chaque mauvais choix”

Plonger dans Eldorado, c’est embarquer à l’arrière d’un camion brinquebalant, quelque part entre une saga familiale, une radiographie politique et un western tropical sans héros. Marcello Quintanilha raconte le Brésil comme on raconte une cicatrice : sans pathos, avec précision, en laissant affleurer la colère, la tendresse et les regrets. Un roman graphique comme une confession à ciel ouvert, où l’histoire intime devient un procès-verbal du siècle.

23/01/2026, 16:00

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Lire les images : le pari du livre de photographie en bibliothèque

Bibliothécaire à la médiathèque L’Odyssée de Lomme, Mario Alonso retrace, dans cet entretien, la création d’un rayon consacré au livre de photographie, les choix de médiation qui l’accompagnent et l’évolution du regard du public sur ce type d’ouvrages. Il revient sur sa manière d’aborder la photographie comme un langage narratif, sur l’importance de l’éducation à l’image et les raisons qui le conduisent à intervenir lors de la prochaine journée professionnelle dédiée au livre photo, organisée à Amiens.

22/01/2026, 10:14

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Toujours vient la nuit : l'art poétique de Robert E. Howard, créateur de Conan le Barbare

Ce 22 janvier parait la première édition intégrale bilingue des poèmes de Robert E. Howard (1906-1936), intitulée Toujours vient la nuit/Always Comes Evening. Imaginée par Mecanic Books, cette publication jette une nouvelle lumière — assez noire — sur l'œuvre du créateur de Conan le Barbare et de Solomon Kane, en présentant ses poèmes traduits par François Truchaud et Patrice Louinet. Les éditeurs reviennent sur cet ouvrage insolite, au façonnage audacieux, sublimé par les illustrations d'Antoine Leisure.

22/01/2026, 09:57

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Format, papier, rythme : le travail invisible derrière les livres photo

Dans l’édition photographique, le livre n’est jamais un simple contenant. Format, papier, rythme des pages, respiration des images : tout concourt à transformer une série de photographies en un objet lisible, manipulable, partageable. Ce travail de mise en forme, souvent invisible pour le lecteur, est pourtant au cœur de la création éditoriale. Designer graphique spécialisée en identité visuelle et typographie, autrice et enseignante, Lucie Baratte en a fait son terrain de pratique et de réflexion, notamment à travers sa collaboration de longue date avec les éditions Light Motiv.

22/01/2026, 07:16

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Congo-Brazzaville : “Nos histoires méritent d’être imprimées, lues et transmises”

Au Congo, Jevic Josué Otiléon, fondateur de Centrale Comics, est le lauréat du Prix Lili 2025, mais c’est aussi un auteur, dessinateur, entrepreneur, acteur engagé, rêveur, passeur et bâtisseur. Une belle personnalité, calme et attentive aux autres, qui construit un catalogue ambitieux en accompagnant patiemment ses auteurs de BD. Propos recueillis par Agnès Debiage (ADCF Africa).

19/01/2026, 12:34

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Des États généraux aux États généreux : les auteurs Grasset prennent leur avenir en main

Était-ce un jour historique ? Ce 13 mai avait des accents d’appel du 18 juin : une volonté de résistance, de libération, quand tout un pan de l’industrie du livre mesure « à quel point c’est un rapport de force ». Ces États généraux de l'édition, conséquence du licenciement d’Olivier Nora ont en effet engendré un mouvement hors norme : des centaines auteurs décidés à quitter leur maison, contre la figure du croque-mitaine, Vincent Bolloré.

13/05/2026, 17:43

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Gibert Joseph : “La routine a anesthésié l’esprit commerçant des libraires”

Après l’« affaire Nora » et le placement en redressement judiciaire de Gibert Joseph, Francis Kapétanovic, fondateur des éditions Abak, interroge l’effet ciseaux qui frappe les librairies indépendantes — baisse des ventes de livres neufs, hausse des coûts fixes — et les pistes possibles pour sortir de l’ornière. ActuaLitté lui donne la parole.

13/05/2026, 17:18

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Philip Roth et Franz Kafka contre la démocratie au guichet de Donald Trump

Deux fronts obsèdent actuellement l’administration Trump : une poussée fédérale vers des scrutins gérés localement et une pression accrue sur les universités, des visas étudiants aux données d’admission. Ces affaires, ancrées dans le droit électoral et académique ouvrent cependant une question de lecture : que deviennent des vies quand l’État transforme le contrôle en procédure, l’arbitraire en formulaire et le soupçon en méthode ?

12/05/2026, 12:48

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Au Maroc, le chantier qui scandalise archéologues et défenseurs du patrimoine

Le sociologue Mustapha Saha et l'archéologue Youssef Bokbot alertent sur le devenir de Sijilmassa, ancienne cité caravanière du Tafilalet et haut lieu de la mémoire maghrébine. Face à un projet d’aménagement touristique et muséal jugé destructeur, ils dénoncent une atteinte irréversible aux vestiges encore enfouis. Le texte plaide pour l’arrêt du chantier, la poursuite des fouilles archéologiques et une approche respectueuse des équilibres historiques, écologiques et humains du site.

11/05/2026, 14:44

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L’odeur des livres ardéchois ne plairait-elle pas aux Parisiens ?

Depuis l’Ardèche, Fabienne De Dyn défend une édition indépendante, lente et vivante, trop souvent ignorée par Paris. Un appel à ouvrir les librairies, les chroniques et les salons aux livres venus des territoires.

11/05/2026, 14:32

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Les livres qui veulent vous réparer vous détruisent

L'auteur Charles Garatynski interroge l’essor d’une littérature dite thérapeutique, pensée pour réparer, rassurer ou réconcilier le lecteur avec lui-même. À rebours des promesses de consolation, il défend une littérature de l’inconfort, capable non de guérir la souffrance, mais de lui donner une forme, une langue et une dignité.

11/05/2026, 13:35

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TikTok, enfance et attention : qui raconte encore l’adolescence ?

Le signalement de TikTok au parquet de Paris par le ministère de l’Éducation, dans un contexte mondial de restrictions d’accès aux réseaux sociaux pour les mineurs, pose une question plus ancienne que l’algorithme : qui raconte encore l’adolescence ? Face à l’écran infini, les romans réinstallent la chambre, l’ennui, la honte, le désir, le regard des autres et le temps long, fragile, de la formation de soi, loin des réponses administratives. 

07/05/2026, 14:38

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“Pas de liberté de création sans indépendance éditoriale”

La fronde des auteurs et autrices des éditions Grasset choqués par le limogeage du PDG Olivier Nora, ordonné par l'actionnaire Vincent Bolloré, a ouvert tout un champ de réflexion et d'interrogations quant au manque de protections des écrivains face aux maisons d'édition et leurs propriétaires. Les membres de la Scam et les lauréats et lauréates du Prix Albert Londres affirment leur solidarité, dans un texte reproduit ci-dessous.

07/05/2026, 13:13

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Affaire Grasset : pourquoi 617 artistes-auteurs réclament une “nouvelle loi Jean Zay” ?

ENQUÊTE — La crise qui secoue Grasset a déclenché un mouvement inédit d’auteurs. Mais elle révèle surtout une histoire plus longue : celle d’un rendez-vous manqué pour les auteurs, depuis 1936, avec des droits sociaux et professionnels que les éditeurs ont contribué à empêcher.

07/05/2026, 11:41

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Écrire un roman ? Je n'attendais que ça

9 Octobre 2018 : Un brin soûl de quelques mignonnettes de whisky enchaînées dans l’avion — bien loin tout de même des outrances d’Ange Delagrive, je rissole sur le tarmac de l’aéroport international de Fa’a'ā en attendant mes bagages. Par Arnaud Garnier.

06/05/2026, 11:07

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Éditeur “référent”, cession de 10 ans maximum... Comment éviter une nouvelle affaire Grasset

Le limogeage d'Olivier Nora, ex-PDG de Grasset, par Vincent Bolloré a mis en lumière la puissance de l'actionnaire, mais aussi la faiblesse de l'auteur dans la relation contractuelle avec une maison ou un groupe d'édition. Dans un texte reproduit ci-dessous, le Conseil Permanent des Écrivains (CPE) appelle les pouvoirs publics à agir pour renforcer le droit d'auteur, via plusieurs mesures.

05/05/2026, 12:14

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IA : “Un secteur économique se construit sur le pillage généralisé” des oeuvres

Après l’adoption unanime, le 8 avril, d’une proposition de loi instaurant une présomption d’utilisation des contenus culturels par les fournisseurs d’IA, 81 organisations de la culture, de la presse et de la création interpellent les députés. Elles défendent un marché de licences volontaires, fondé sur l’autorisation, la transparence et la rémunération, face à ce qu’elles décrivent comme un pillage généralisé des œuvres protégées.

05/05/2026, 10:38

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Du sanglier au surimi : Astérix passe à table chez Fleury Michon

Contrairement à une idée reçue, Hachette ne fait pas bouillir la marmite en vendant l’image d’Asterix à l’industrie agroalimentaire : elle était déjà sur le feu. En héritant d’un personnage compatible avec la consommation de masse, le groupe l’a simplement inscrit dans une exploitation plus systématique. Le banquet est devenu une stratégie de licensing qui cette année sert les intérêts d'une société spécialisée en préparations charcutières...

04/05/2026, 16:53

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Pourquoi le Tarot de Wirth fascine-t-il encore ?

Réduit à la divination, le tarot de Wirth perd sa singularité. Redessiné il y a un siècle par l’occultiste Oswald Wirth, ce jeu puise dans l’Égypte ancienne, la kabbale, le pythagorisme et l’alchimie. Autrice du livre Lire le tarot avec l'Oswald Wirth (éditions Trajectoire) Régine Brzesc-Colonges en éclaire chaque arcane, entre traditions initiatiques, mythes et symboles, pour rappeler la portée spirituelle d’un tarot pensé comme science de l’âme.

04/05/2026, 16:34

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Les algorithmes et l'IA réduisent les horizons de nos bibliothèques

La Commission européenne s'est intéressée à la découvrabilité des œuvres au sein de l'environnement numérique, concept qu'elle explore dans un épais rapport de 300 pages. Une partie dédiée au livre pointe le risque que font courir réseaux sociaux, plateformes de vente et autres algorithmes pour la diversité linguistique et la variété des œuvres et artistes mis en avant.

04/05/2026, 16:01

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Quand les milliardaires commercialisent leur futur, la SF en dévoile les pièges

Elon Musk, Sam Altman, Mark Zuckerberg et Jeff Bezos ne vendent plus seulement des technologies. Ils imposent des infrastructures qui redessinent l’espace, l’attention, les corps et la mémoire. Face à cette privatisation du futur, la science-fiction et l’anticipation offrent une contre-enquête : leurs romans montrent ce que l’innovation masque lorsqu’elle devient pouvoir, marché et langage commun, jusque dans l’industrie du livre.

04/05/2026, 15:36

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Comment l’édition jeunesse endure les campagnes de censure de livres

Aux États-Unis, les interdictions de livres ne relèvent plus d’incidents locaux isolés. Voilà des années que l’American Library Association et de PEN America décrivent une censure structurée, portée par des groupes de pression, des élus et des décisions administratives. Ses effets touchent les bibliothèques, les écoles, les auteurs et l’édition jeunesse, désormais confrontée à un risque économique direct.

02/05/2026, 14:51

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Ce que les guerres de Poutine, Trump et Netanyahu laissent aux vivants

Trump, Poutine, Netanyahu, Macron, Merz, Kagame, von der Leyen. Vous qui faites la guerre, la prolongez, la financez, ou en préparez de nouvelles. Vous qui lisez des projections de pertes acceptables. Certains d'entre vous, du moins. Il existe des hommes et des femmes qui ont regardé en face ce que vous produisez. Pas depuis un bureau. Ce sont des romanciers.

02/05/2026, 09:52

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La maison de Kenneth White déchire ses héritiers à Trébeurden

À Trébeurden, l’avenir de la maison de Kenneth White oppose deux visions de son héritage. D’un côté, le légataire, la mairie et Stéphane Bigeard défendent un projet culturel à redéfinir, porté par une nouvelle structure. De l’autre, l’Institut international de géopoétique, par la voix de Régis Poulet, exige le respect strict des volontés de l’écrivain et la création d’une maison d’artistes à Gwenved. Entre enjeux patrimoniaux, querelles associatives et incertitudes juridiques, le dossier reste loin d’être tranché.

30/04/2026, 16:02

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IA : la présomption d’utilisation des oeuvres attendue à l’Assemblée nationale

Une proposition de loi visant à instaurer une présomption d’utilisation des œuvres par les systèmes d’intelligence artificielle, dans un contexte de débats sur l’entraînement des IA à partir de contenus culturels protégés, doit encore être inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale. Le Syndicat national de l’édition (SNE) souscrit à une tribune collective appelant les députés à examiner sans délai ce texte, déjà adopté par le Sénat. 

28/04/2026, 10:27

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Témoignage : le démantèlement d'une librairie, vu de l'intérieur

Au cœur d'une époque particulièrement anxiogène, la fermeture d'une librairie pourrait passer inaperçue. L'événement n'est toutefois pas anodin, parce que la librairie n'est pas un commerce comme les autres. À l'heure où les difficultés s'accumulent pour le secteur, le témoignage publié ci-dessous vient rappeler ce que ces commerces ont de si spécial, et ce que l'on perd, collectivement, avec l'abaissement définitif du rideau.

28/04/2026, 09:39

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La coopérative éditoriale, réponse à la déferlante Bolloré

La crise ouverte chez Éditions Grasset, après l’éviction d’Olivier Nora dans un contexte de reprise par Vincent Bolloré, suscite une riposte politique et intellectuelle. Trois acteurs liés aux Éditions Syllepse et au Réseau Bastille avancent une hypothèse radicale : transformer l’éditeur en coopérative pour préserver le pluralisme.

27/04/2026, 16:41

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Le manque d'envie, principal obstacle à la lecture ?

La question taraude de plus en plus de professionnels du livre, dans le monde entier : comment expliquer la baisse de l'intérêt pour lecture, souvent observée à travers l'ensemble de la population ? Une enquête de l'Ifop, consacrée aux pratiques culturelles des Français, suggère une absence d'envie pour la lecture, plus qu'un manque de temps ou d'argent.

27/04/2026, 16:05

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La crise chez Grasset “révèle des déséquilibres structurels anciens”

Le licenciement d'Olivier Nora par Vincent Bolloré et le mouvement de départ de plusieurs centaines d'auteurs de la maison d'édition Grasset, en guise de protestation, a jeté la lumière sur la fragilité de l'indépendance éditoriale. La Ligue des auteurs professionnels et la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse rappellent, dans un texte publié ci-dessous, que les créateurs restent bien peu protégés face à la puissance des groupes éditoriaux.

27/04/2026, 16:02

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10 idées reçues sur l’édition qui sabordent votre projet de livre

Publier un livre reste entouré d’illusions tenaces, entre promesses de succès fulgurant et doutes paralysants. À rebours de ces représentations, Nathalie Philippe démonte, avec précision et sans complaisance, les principaux mythes qui freinent ou déforment le passage à l’écriture. De la légitimité à l’autoédition, l'éditrice et fondatrice de La Sirène aux Yeux Verts éditions remet l'église au centre du village. 

26/04/2026, 19:03

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“Défendre le livre c’est défendre la liberté de penser et de créer”

L'industrie du livre deviendra-t-elle enfin un échosystème ? Un espace collectif, commun, en mesure de faire corps pour assurer sa pérennité. Jérôme Sion, président de L'Agence Unique, Occitanie Culture adresse à ActuaLitté une tribune exhortant les professionnels à « garantir leur liberté collective ». Une adresse autant qu'un espoir.

24/04/2026, 20:32

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Le 23 avril, journée mondiale du livre : il faut célébrer “le droit d’y accéder”

Ce 23 avril marque la journée mondiale du livre, l'occasion d'en ouvrir un et de profiter des bienfaits de la lecture. Mais cette activité reste très limitée pour les personnes atteintes d'une déficience visuelle, qui ne peuvent pas lire des ouvrages imprimés d'une manière standardisée. La Fédération des Aveugles et Amblyopes de France rappelle, dans un texte reproduit ci-dessous, les obstacles auxquels ils font face, ainsi que le manque de volonté politique pour lever ces barrières.

23/04/2026, 15:56

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Après Grasset, où aller ? 4000 éditeurs indépendants prêts à accueillir les auteurs

Partir, oui, mais où ? La Fédération interrégionale du livre et de la lecture (Fill) annonce son soutien aux nombreux auteurs et autrices souhaitant quitter leur maison pour rejoindre les « 4000 maisons d’édition indépendantes » et faire vivre autrement le livre et la création. Quitter les grandes maisons pour une édition plus indépendante : tel est le pari de la Fill.

22/04/2026, 12:08

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Artistes-auteurs : le ministère de la Culture “dénature le sens” du vote de l’Assemblée nationale

En janvier, l’intersyndicale réunissant une trentaine d’organisations réagissait déjà à un courrier de l’URSSAF : « Artistes-auteurs : ce qui change pour votre protection sociale en 2026 ! ». Quelques mois plus tard, le ministère de la Culture présente un projet de décret d’application de la réforme, vivement contesté par les organisations, qui y voient un détournement du vote des députés. Le texte de l'organisation est reproduit en intégralité ci-dessous.

22/04/2026, 11:06

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Esthétique du dévoilement : faire politiquement de la littérature

Le travail de Michael Roch s’inscrit dans celui d'une génération d’auteurs cherchant à renouveler les formes narratives pour mieux rendre compte des réalités politiques et culturelles du monde contemporain. Dans ce texte, il défend une « esthétique du dévoilement » qui rompt avec les formes héritées et revendique une littérature qui nomme, explicite et engage le lecteur face aux mécanismes de domination.

21/04/2026, 16:22

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Contrats d’auteur : les écrivains réclament une réforme face à la concentration

Le Conseil permanent des écrivains (CPE) alerte sur les effets de la concentration croissante dans l’édition, relancée par l’éviction d’Olivier Nora chez Grasset. Dans une tribune reproduite ci-dessous, l’organisation appelle à adapter le cadre légal et à rouvrir les discussions avec les éditeurs, notamment sur les contrats d’auteur, la durée des cessions de droits et le respect du droit moral.

21/04/2026, 16:03

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“L’enfance est précieuse et fragile, la littérature essentielle” : les auteurs Grasset Jeunesse inquiets

Un collectif d'auteurs des éditions Grasset Jeunesses se mobilise à travers une tribune pour soutenir « la liberté de création [qui] est indispensable aux bons livres ». Alors que la maison fait l'objet d'une attention médiatique à la hauteur de ce qu'elle traverse, ActuaLitté publie leur texte en intégralité.

21/04/2026, 15:31

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Clause de conscience : “Il s’avère impératif que le gouvernement s'engage”

Exclusif – Vice-présidente du Sénat, membre de la commission culture, éducation et communication, la sénatrice Sylvie Robert (Ille-et-Vilaine, groupe Socialiste, Écologiste et Républicain) appelle aussi de ses vœux, après les événements au sein du groupe Hachette, à la création d'une clause de conscience pour les auteurs. Mais cet ajout au contrat d'édition ne pourra se faire rapidement qu'avec le soutien du gouvernement, qu'elle interpelle par un courrier à Catherine Pégard, ministre de la Culture. Il est reproduit ci-dessous, en intégralité.

21/04/2026, 08:35

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Les festivals littéraires montent au créneau après le départ d’Olivier Nora

Les responsables de festivals et manifestations littéraires réunis au sein du réseau RELIEF prennent la parole après l’éviction d’Olivier Nora. Dans un texte collectif, ils expriment leur attachement au rôle des éditeurs dans la chaîne du livre et leur inquiétude face aux conséquences pour les équipes. Ils rappellent l’importance du lien construit avec les auteurs et le public, dans un contexte de fragilisation de la lecture. Une prise de position qui souligne aussi les équilibres du monde éditorial contemporain.

20/04/2026, 16:12

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Grasset : face à “la mise au pas”, la CFDT réclame des “garanties d'indépendance éditoriale”

L'interventionnisme de Vincent Bolloré dans les entreprises dont il est le propriétaire n'est pas une nouveauté. Mais, en limogeant le PDG des éditions Grasset, le milliardaire réactionnaire a rendu plus visibles les risques que fait courir la financiarisation de l'édition sur l'organisation des maisons et leur production. Dans un texte reproduit ci-dessous, la CFDT Livre-Édition appelle le Syndicat national de l'Édition et les pouvoirs publics à agir, sans tarder.

20/04/2026, 11:52

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“Entendre le peuple ? Mais à quoi bon : nous savions très bien ce qu’il lui fallait”

Sous couvert de réforme administrative, la transformation annoncée de la Sécurité sociale des artistes-auteurs ravive un vieux soupçon : celui d’un pouvoir qui consulte sans jamais infléchir ses décisions. Entre continuité assumée des pratiques, marginalisation des représentants élus et contournement du cadre législatif, le récit d’une modernisation tourne à la critique d’un système fermé sur lui-même. Lady En Passant quelque chose à nous en dire.

19/04/2026, 14:34