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Les Ensablés - La Logique du grain de sable : Louis-René des Forêts, Le Bavard (1946), par Carl Aderhold

« Et notez que je ne vous demande pas de me lire vraiment, mais de m’entretenir dans cette illusion que je suis lu : vous saisissez la nuance ? »

Le 15/05/2016 à 09:00 par Les ensablés

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15/05/2016 à 09:00

Les ensablés

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C’est peu dire que lors de sa parution en 1946, Le Bavard de Louis-René des Forêts (1916-2000) reçut un accueil à peu près nul. « Divertissement intellectuel », « amusant et déconcertant », ce premier roman passa inaperçu. Il fallut attendre sa ressortie en poche en 1963, avec une postface de Maurice Blanchot, pour qu’il devienne un livre référence pour toute une génération d’écrivains, dans la foulée des recherches linguistiques et du Nouveau Roman.

Par Carl Aderhold

Si Le Bavard fut méconnu au lendemain de la Seconde Guerre mondiale alors que la littérature est encore dominée par la veine naturaliste, il fut porté au pinacle par les membres de la revue Tel Quel, dirigée par Philippe Sollers, et tous ceux qui s’attaquaient aux vieilles ficelles du roman et pourfendaient l’intrigue, la psychologie. Mais cette lecture, pour intéressante qu’elle soit, a contribué à faire de cet auteur une sorte d’icône postmoderne qui aurait passé son existence à démontrer que la littérature, et à travers elle le langage, est un « véhicule qui ne véhicule plus rien », « dénuée de toute fin » comme l’écrit Pascal Quignard en quatrième de couverture de la réédition du Bavard dans la collection L’Imaginaire.

Revenu des expériences du Nouveau Roman, de la déconstruction post-moderne de tout texte, le lecteur d’aujourd’hui pourrait voir dans Louis-René des Forêts, un écrivain de laboratoire, abscons, ou du moins peu accessible.

Et il est vrai que d’une certaine manière, son œuvre plaide pour cette vision de l’écrivain. Auteur de deux romans, neuf nouvelles, deux recueils de poèmes, des chroniques musicales et littéraires, de dessins et de peintures, des Forêts fut fortement influencé par Joyce qu’il rencontra et devint également l’un des co-fondateurs en 1967 de la revue L’Éphémère, en compagnie notamment de Michel Bonnefoy, Paul Celan, Michel Leiris et Gaëtan Picon.

Mais ce serait une vision par trop réductrice de son travail, et plus encore tomber dans le piège que des Forêts dénonce lui-même, une (im)posture, l’écrivain qui aurait montré l’inanité de toute fiction, encore une image construite, artifice suprême, artifice indépassable, comme si déconstruire était encore une forme de construction.

Pour saisir la force et la profondeur du Bavard et du questionnement de des Forêts, il faut, je crois, en revenir au contexte de publication de ce livre.

Louis René des Forêts est un homme en prise avec son temps. Très loin de l’image de l’intellectuel enfermé dans sa tour d’ivoire, occupé à réfléchir sur le langage, il s’est engagé dans de nombreux combats qui ont rejailli sur son œuvre. Certes pas de manière directe : il n’est pas un écrivain engagé, mais en l’amenant à poser des questions essentielles sur l’existence et la littérature, questions qui ont parcouru son travail.

Mais revenons au contexte. Après des études de droit et de sciences politiques, il est mobilisé en 1939. Le bouleversement provoqué par la débâcle, l’effondrement de la société française et la violence engendrée par la barbarie nazie, amènent le jeune Louis-René des Forêts à entrer dans la Résistance. Il écrit durant cette période son premier texte, Les Mendiants, paru en 1943. Sont déjà à l’œuvre quelques-uns des thèmes qui hanteront son œuvre. Il s’attaque au romanesque et à ses conventions, en particulier la progression de l’intrigue. Ce recueil est composé de trente-cinq monologues émanant de onze personnages, « onze figures vocales », qui empêchent tout avancée de l’histoire. Mais s’il agit ainsi, ce n’est pas par jeu littéraire mais, me semble-t-il, avec la conviction que le naufrage de l’époque est aussi le naufrage de la littérature dont il lui importe de démasquer l’imposture. C’est dans le même esprit qu’il écrit Le Bavard publié après la guerre.

La violence de l’existence, il l’éprouve à cette époque à trois reprises. En 1940 meurt son père. En 1944, son frère aîné, engagé dans les Forces françaises libres, est tué devant Belfort. En 1945, son ami Jean de Frotté est déporté et fusillé par les nazis. Comment écrire dès lors ? Comment ne pas sentir la profonde inanité de toute parole, de toute écriture ?

« Suis-je un homme, une ombre, ou rien, absolument rien ? » Telle est l’interrogation qui le hante à cette époque.

Le Bavard entend répondre ou du moins explorer cette interrogation dans une démarche proche de celle d’un Beckett pour le théâtre. « Je me regarde souvent dans la glace », ainsi s’adresse le narrateur au lecteur au début du roman. Si ce narrateur n’a rien à dire, juste parler, il cherche malgré tout à dire ce rien. Il révèle au lecteur son histoire : un soir alors qu’il a trop bu, le héros est soudain pris d’une hardiesse inhabituelle. Dans une boite de nuit, il invite une femme superbe à danser, s’exposant à l’hostilité de son cavalier. Il danse un long moment avec elle, sous les regards envieux des autres, avant de l’inviter au bar et de se mettre à lui raconter son âme. Le rire railleur de la belle le pousse à s’enfuir dans les rues jusque dans un jardin public où son rival le rejoint pour lui livrer bagarre.

Le monologue du narrateur est entrecoupé de multiples incises, de digressions, qui noient sans cesse le récit. Une véritable logorrhée, semblable à la garrulité du geai, qui ne cesse de pépier.

« C’est entendu, je suis un bavard, un inoffensif et fâcheux bavard, comme vous l’êtes vous-mêmes, et par surcroît un menteur comme le sont tous les bavards, je veux dire les hommes. » D’aveu en aveu, le narrateur du Bavard embarque son lecteur dans une suite « romanesque », jusqu’à l’aveu final, tout n’était que mensonge, qui annulera tout le récit. L’authenticité de la parole intérieure est indissociable du mensonge.

L’impossibilité de trouver les mots, ou plutôt de prononcer un discours « vrai » face à ces morts proches, le conduit à dénoncer « la parole vaine », la fausseté du langage, à travers le bavardage. La vérité de toute langue semblant être devenue à ses yeux un « pacte avec l’illusion ». Ils sont comme les deux faces d’une même pièce. La langue contient en elle-même sa trahison. C’est le constat terrible auquel arrive Louis-René des Forêts dans ce roman qu’il nomme « ontologique », c’est-à-dire au cœur même de l’être, par opposition à un roman psychologique ou à un roman d’analyse, qui ne seraient qu’une reconstruction artificielle, une parole fausse, le mensonge se cachant derrière les affèteries stylistiques.

On le comprend, ici, la destruction en règle de la littérature, entreprise par Louis-René des Forêts n’est en rien le fruit d’une théorie comme aiment à le croire les adeptes du Nouveau Roman, les zélateurs du structuralisme (qui eux se livreront à la mise en pièce de l’écriture au nom d’une théorie littéraire). Ni jeu, ni pose, mais questionnement sincère, oui sincère – la sincérité de ses doutes, de ses interrogations en fait toute l’exigence et la profondeur – sur le pouvoir du langage.

La tentation du silence, que connaît parfois l’écrivain, non pas l’angoisse de la page blanche, mais la conviction, le bord du gouffre, que seul le silence contient la vérité pleine, sans apprêt ni rétraction, de notre être, hante l’œuvre de des Forêts. Après Le Bavard, il se plonge dans un mutisme certain, presque un renoncement à l’écriture, qu’il ne rompt qu’en partie en 1960 avec la Chambre des Enfants, un recueil de nouvelles. Entretemps, il reste un homme engagé notamment durant la guerre d’Algérie qui le conduit à signer le Manifeste des 121. La mort de sa fille, Elizabeth, à l’âge de 14 ans, en 1965, est un nouveau drame qui le pousse à garder le silence un long moment encore.

« Ce qu’il faut de sanglots pour un air de guitare », écrivait Aragon. Louis-René des Forêts lui ne croyait pas à la souffrance créatrice et plus encore que l’art pouvait rendre cette souffrance sans la trahir. En 1986, dans un recueil de poésie, Poèmes de Samuel Wood, il notait : « Les mots dont chacun use et abuse jusqu’au jour de sa mort / Les a-t-on jamais vus agiter les feuilles, animer un nuage ? »

Carl Aderhold - Mai 2016

Par Les ensablés
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Lorsque la critique d’un livre est aussi intéressante, voire plus, que le livre dont elle parle, lorsqu’on se régale de son style, de son ironie, de sa drôlerie, et si transparaît à travers ses mots l’originalité de l’homme lui-même, alors on peut se dire qu’elle est elle-même œuvre littéraire, et que son auteur est un sacré bonhomme. Voilà la réflexion que je me suis faite après la lecture de ce recueil d’articles de Frédéric Berthet, récemment paru chez La Table Ronde sous le titre L’Impassible. Par Hervé BEL

27/04/2025, 09:00

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Les Ensablés - Happe-Chair de Camille Lemonnier (1844-1913)

Happe-Chair, un titre qui a tout de suite attiré mon attention. Je me trouvais alors dans une des dernières librairies anciennes de la rue Saint-Sulpice (pour combien de temps encore sera-t-elle là ?), dans la bonne odeur des vieux livres, lorsque je suis tombé sur la réédition de 1908 de ce roman de Camille Lemonnier publié une première fois en 1886 chez Kiestmaeckers…  par Hervé Bel. 

13/04/2025, 12:28

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Les Ensablés - Jacques Rivière, Sentiments et critique

À l’occasion du centenaire de sa mort, la collection Bouquins consacre un volume à Jacques Rivière, critique et essayiste, véritable cheville ouvrière de la Nouvelle revue française dont il assura la direction durant plus de 10 ans. Mort prématurément en 1925 à l’âge de 39 ans, celui qui fut à la fois le grand ami et le beau-frère d’Alain Fournier, l’auteur du Grand Meaulnes, révèle par la quantité d’articles qu’il donna à la revue une perspicacité critique étonnante. Sensuelle et inspirée. Par Denis Gombert

30/03/2025, 09:00

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Les Ensablés - Lire sous l'occupation de Jacques Cantier

Le monde des livres sous l’Occupation a déjà été étudié par l’historien Jacques Cantier qui s’était intéressé à la trajectoire de l’une des figures maudites des lettres françaises avec sa biographie de Pierre Drieu La Rochelle (Perrin, 2011). Cette fois, avec Lire sous l’Occupation, publié en 2019 et en poche en 2024 aux Éditions CNRS, il nous présente un panorama global de la lecture entre 1939 et 1945. , par Nicolas Acker.

16/03/2025, 16:50

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Les Ensablés - La femme qui boit de Colette Andris, par Marie Coat

En mars 2023, Gallimard publiait dans sa collection L’imaginaire un grand succès de son catalogue paru en 1929, réédité à huit reprises puis repris en 1934 dans sa collection de poche : La femme qui boit », première oeuvre d’une jeune femme de 29 ans, Pauline Toutey. Par Marie  Coat

02/03/2025, 19:56

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Les Ensablés - Le gaffeur de Jean Malaquais

Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais - quitta la Pologne  à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Cette période de sa vie fut marquée par une grande précarité et  par la volonté farouche de vivre de sa plume. Mobilisé en 1939 puis fait prisonnier, il s'évada et émigra vers le continent américain. Par Isabelle Luciat

16/02/2025, 10:09

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Parle-moi de chez nous : les racines prennent l’avion

Un téléphone sonne, une femme tombe, trois générations retrouvent la parole. Entre Porto Rico et les États-Unis, Jeanine Cummins remonte les silences d’une lignée de femmes. Parle-moi de chez nous (trad. Christine Auché) est une saga généreuse, traversée d’images splendides, qui pèche surtout lorsqu’elle explique ce qu’elle vient de si bien faire sentir.

17/07/2026, 16:23

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Au-dessous du volcan de Malcolm Lowry : une postulation vers le diable

Au-dessous du volcan, de Malcolm Lowry (éditions Gallimard, 1959, traduit de l’anglais par Stephen Spriel avec la collaboration de Clarisse Francillon et de l’auteur) est un roman hors-norme, sulfureux.

17/07/2026, 12:32

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Freida McFadden et les cahiers de vacances : on prend les mêmes et on recommence

Le Dîner, de Freida McFadden (trad. Karine Xaragai), reste en tête des meilleures ventes du 6 au 12 juillet 2026, avec 42.080 exemplaires écoulés. Derrière, La Prof remonte à la deuxième place. Pour le suspense, il faudra repasser : les huit autres titres du Top 10 sont encore des cahiers de vacances.

17/07/2026, 12:31

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Septentrionale : Karim Kattan fait de l’amour le dernier moteur du monde

Un pays jamais nommé s’effondre derrière eux ; devant, toutes les routes filent vers le nord. Dans Septentrionale, Karim Kattan lance Maryam et Joseph à travers une nuit de guerre, de prodiges et de souvenirs. Porté par les trajectoires queer de ses deux protagonistes, ce roman de l’exil mêle argot, visions cosmiques et tendresse sans édulcorer les violences héritées. Une traversée saisissante, parfois freinée par des symboles trop appuyés. Sortie le 4 septembre.

17/07/2026, 10:37

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Elle le mangerait : la grande Frédé a les crocs

Frédérique a 35 ans, quelques centimètres de trop selon les autres, un ex qu’une mesure d’éloignement lui interdit d’approcher et une faim d’amour impossible à rassasier. Lorsque Gabriel la défend dans la rue, elle ne rencontre pas un homme : elle invente un couple. Avec Elle le mangerait, Nicolas Robin signe une comédie noire nerveuse, drôle dans son aveuglement, glaçante dans sa logique. À table, le 27 août.

17/07/2026, 10:37

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Que reste-t-il des idéaux quand un attentat se prépare ?

Jeanne, Eric et Abdallah sont adolescents quand ils forment un groupe de musique : Les Pirouettes Cacahuètes. Ils voulaient fabriquer du son, une matière sauvage pour contrer l’effondrement annoncé, mais jamais le trio n’aurait imaginé alimenter une révolution à venir.

17/07/2026, 09:00

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Saurez-vous distinguer l’auteur de l’intelligence artificielle ?

Antoine Hummel propose un jeu. Son dispositif littéraire caustique entreprend de nous décoller du régime permanent de sollicitation que produisent les algorithmes de plateformes et d’applications.  En se confrontant à YouTube et en laissant s’insinuer l’intelligence artificielle, le texte explore ce que deviennent l’attention, le jugement et la création lorsque la répétition du même et la suggestion algorithmique enclosent notre appréhension du monde. 

17/07/2026, 08:00

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La prochaine guerre mondiale pourrait commencer par l’eau

L’eau est devenue l’or bleu du XXIe siècle, une ressource rare et convoitée, au cœur des équilibres géopolitiques. Dans un monde sous tension, Léa, ingénieure spécialiste du traitement de l’eau, travaille sur des technologies de pointe censées répondre à la pénurie. Lorsque la crise s’intensifie, elle est mobilisée au sein de Blue Corps, une unité internationale chargée de sécuriser les ressources hydriques, considérées comme des infrastructures critiques.

17/07/2026, 07:00

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Les Carnivores : Guillaume Nail écrit un futur qui a les crocs

Après une série de contaminations venues du vivant, les bêtes ont presque disparu, la viande se rationne et le Sanum organise un monde d’interdits, de protocoles et de surfaces désinfectées. Augustin, enfant rescapé d’une forêt interdite, croise Vadim, bureaucrate carniste, masculiniste et futur Guide d’une communauté hors contrôle. Avec Les Carnivores, publié chez Denoël, Guillaume Nail signe un roman brutal, organique, parfois saturé, mais traversé d’une vraie puissance de vision.

16/07/2026, 17:31

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Jim Queen : queer et sentiments

C’est le succès cinématographique du moment : un film d’animation – pour adultes – déjanté, trash et follement irrésistible : Jim Queen, de Marco Nguyen et Nicolas Athané.

16/07/2026, 15:44

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Une étreinte pour un long voyage : une saison en Perse et en prose

16/07/2026, 14:22

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Le petit chien thérapeute : “Le deuil, c’est la mémoire qui s’obstine à battre sous les cendres”

16/07/2026, 14:22

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Dans les ruines de Munich, un tueur traque les jeunes femmes

Un polar sur fond historique qui rappelle beaucoup l'ambiance de la Trilogie Berlinoise de Philip Kerr. À Munich en 1946 sous l'occupation US, les destins de réfugiés, profiteurs, militaires, prisonniers, s'entrecroisent tandis qu'un serial-killer s'attaque à des jeunes femmes.

16/07/2026, 11:21

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Le fabuleux piano : Sonia Devillers fait parler un Érard disparu

En cherchant le piano laissé à Bucarest par sa grand-mère, Sonia Devillers rencontre un autre instrument disparu : un Érard de concert, numéro 68037, acheté par la famille Enoch en 1892, volé par les nazis en 1943 et jamais retrouvé. Dans Le fabuleux piano, publié chez Robert Laffont, elle compose un récit-enquête ample, sensible et très documenté sur les objets spoliés, les morts sans tombeau et la musique comme dépôt de mémoire. Début des gammes, ce 27 août.

16/07/2026, 10:38

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Gaëlle Obiégly, ou l’art de digresser dans Rien à voir

Une narratrice connue sous le nom de Rose de Nuit vend des fiches de lecture, se dispute avec une bibliothèque et repart avec un livre blanc qui n’en est peut-être pas un : Une sculpture. Quand l’artiste Ari Bosochur lui propose de participer à une rétrospective où les œuvres seraient remplacées par leur récit, tout se met à glisser. Gaëlle Obiégly signe un roman brillant, drôle et très mobile sur l’art, la parole, le soin et les vies qu’on tente d’ordonner. Rien à voir, peut-être à lire, ce 20 août.

16/07/2026, 10:33

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Le Mal du pays : Colin Barrett raconte l’Irlande rurale sans misérabilisme

Dans le comté de Mayo où il a grandi, l’Irlandais Colin Barrett pose un regard bienveillant sur l’humanité de ses compatriotes et nous livre un recueil de nouvelles d’une remarquable unité de ton, très rural, très social.

16/07/2026, 10:19

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Ce que le capitalisme doit au racisme et au patriarcat

Pourquoi le capitalisme domine-t-il le monde ? A-t-il toujours existé ? Quels liens entretient-il avec la démocratie, le racisme, le patriarcat ou la crise écologique ?

16/07/2026, 09:00

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Son fiancé vole les 32 millions du Loto et déclenche sa vengeance

Pâquerette a 28 ans. Elle est laborantine, et follement amoureuse de Jean-Benoît, son fiancé, qu’elle considère comme l’homme parfait. Un soir, après sa journée de travail, elle rentre chez elle, avec dans sa poche, un ticket de Loto sur lequel elle a coché tous les numéros qui racontent leur histoire d’amour. Installée devant la télé, elle retient son souffle. Les chiffres tombent… un par un. Jusqu’au dernier : jackpot, trente-deux millions d’euros ! 

 

16/07/2026, 08:00

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Une veuve face aux victimes remontées d’un lac artificiel

Près de l’ancienne mine creusée par les Britanniques, une veuve assiste aux recherches des victimes dans un lac artificiel. Un homme en combinaison plonge puis remonte sans cesse des eaux. Elle tremble à l’idée de ce qu’il pourrait repêcher. Traduit du grec par Nicolas Pallier.

16/07/2026, 07:00

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France-Espagne : la Roja met les Bleus à terre un soir de 14 juillet

Un soir de fête nationale, les Bleus rêvaient d’une troisième finale de Coupe du monde consécutive. À Arlington, dans l’agglomération de Dallas, l’Espagne les a privés de ballon, de souffle et d’avenir : 2-0, sans véritable contestation. Pour raconter cette chute, trois livres : Le Cœur du pélican pour la France, Rouge ou mort pour la Roja et Les Derniers Jours de Roger Federer pour une rencontre dont l’issue s’est dessinée bien avant le coup de sifflet final.

15/07/2026, 21:35

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Le Père-Lachaise surréaliste, d'Étienne Ruhaud

Inauguré en mai 1804 dans l'actuel 20e arrondissement, le Père-Lachaise est devenu en quelques décennies le cimetière le plus réputé de Paris. L'éponyme confesseur du Roi-Soleil n'a jamais dû, de son vivant, imaginer une telle postérité. Par Jacques Lucchesi.

15/07/2026, 15:51

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Je ne suis pas venu apporter la paix : la ferme où tout implose

Dans une ferme isolée d’une vallée pyrénéenne, un patriarche agonise. Ses enfants reviennent, chargés de rancœurs, de secrets, de fatigue et de comptes jamais réglés. Dehors, l’orage cogne. Dedans, Judith tient la maison, Maud prie, les chiens veillent, la fratrie s’observe. Je ne suis pas venu apporter la paix, ou la tragédie familiale noire revue par Nicolas Martin, organique, parfois excessive, mais d’une puissance d’atmosphère rare. À partir du 3 septembre.

15/07/2026, 15:12

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Fille de : Anne Pitteloud démonte le mythe du grand écrivain

À la mort de Christian Monnay, écrivain culte retiré du monde depuis trente ans, sa fille Chloé découvre que ses neuf manuscrits inédits ne contiennent que des pages blanches. Pour préserver sa mère aveugle, puis pour exister enfin comme autrice, elle glisse ses propres romans sous le nom du père. Anne Pitteloud signe une comédie noire, fine et acide sur la filiation, l’imposture et les légendes que fabrique le monde littéraire. Généalogie à découvrir le 21 août.

15/07/2026, 12:15

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Une unique lueur : le retour familier et réjouissant d’Adamsberg

La cuvée Vargas est un bon cru : un roman sans surprise, assez convenu, mais qui ne décevra donc pas les fans d'Adamsberg et de cette auteure, spécialiste des dialogues décalés, un brin déjantés : quand la poésie affleure du sous-jacent au-delà des apparences de notre monde que l'on croit rationnel.

15/07/2026, 11:20

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Le murmure de Jacques Derrida

Loin de se limiter à des réflexions purement linguistiques, Le monolinguisme de l’autre est une critique implacable de l’aliénation culturelle en situation coloniale.

15/07/2026, 10:49

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Comment l’ordre transforme les révolutions en cérémonies

Comme il y a une dialectique de la raison, il y a une dialectique de la mémoire qui métamorphose le souvenir de la révolte en culte de l’ordre, les anniversaires des révolutions en défilés militaires, l’héritage de la Shoah en légitimation d’un État génocidaire ; ainsi s’affrontent les romans nationaux et la tradition des vaincus, le culte des héros et les traces laissées par les sans-nom, les monuments et les remémorations dissidentes.

15/07/2026, 09:00

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Les Désarmantes : Caroline Bouffault imagine une France sans hommes au pouvoir

Avec Les Désarmantes, son troisième roman à paraître le 21 août 2026 aux éditions Fugue, Caroline Bouffault imagine une France devenue une république pacifiste dirigée exclusivement par des femmes, où l’arrivée d’une journaliste étrangère vient révéler les contradictions d’un modèle fondé sur l’exclusion des hommes.

15/07/2026, 07:48

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Ces 10 livres méconnus sauveront votre été avant la rentrée littéraire

À l’approche de la rentrée littéraire, les piles de livres à paraître ne tarderont pas à chasser celles du printemps. Il reste pourtant un mois et demi pour revenir vers des romans, récits et objets littéraires publiés entre janvier et juin 2026, parfois passés sous les radars malgré leur singularité.

14/07/2026, 15:01

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Le mythe de la France sans esclaves s’effondre dans les archives

À la veille de la Révolution française, Paris se pense comme une terre de liberté, régie par le principe selon lequel « il n’y a pas d’esclaves en France ». Pourtant, pour les esclaves venus des colonies chercher refuge dans la capitale, cette promesse se révèle fragile et souvent illusoire. 

14/07/2026, 09:00

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Une communauté protectrice devient peu à peu impossible à quitter

Alors qu’elle prend la route pour tenter de calmer ses angoisses, Coro se retrouve sur des sentiers déserts, sans téléphone portable, frôlant la panne sèche. La nuit progresse, et alors qu’elle s’aventure au bout d’un chemin étroit pour demander de l’aide, elle arrive devant un grand portail noir. Elle va découvrir une demeure isolée, entourée de végétation et peuplée d’animaux. La communauté de femmes qui y vit propose son aide à Coro.

14/07/2026, 08:00

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Celle que je suis

13/07/2026, 16:37

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En Iran, 72 jours de garde à vue deviennent un monument littéraire

Arrêté en Iran le 12 octobre 2022, Olivier Grondeau a passé 887 jours en prison avant sa libération, le 17 mars 2025. Dans Joseph dans la nuit, publié chez L’Iconoclaste, il revient sur ses 72 jours de garde à vue sous l’autorité du ministère du Renseignement. Un récit d’enfermement, de peur et de résistance intérieure, porté par une langue nette, poétique et vibrante, où les rêves, les camarades et Hafez maintiennent un peu de monde au fond du noir.

13/07/2026, 16:18

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Dans le désert du Nevada

Un thriller juridique, ou roman de prétoire, qui détaille le difficile travail des avocats commis d’office pour marchander peines et chefs d’accusation en faveur de leurs clients. Et un polar plus malin qu’il n’y paraît… 

13/07/2026, 12:23

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Villes impériales. Sur les traces de Napoléon Ier et de Napoléon III

13/07/2026, 10:43

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France-Maroc : les Bleus avalent les Lions de l’Atlas

Je vous écris ce matin les yeux fermés (c’est beau la confiance) : cette Coupe du monde outre-Atlantique va me coûter encore quelques nuits sans assez de sommeil. Des cernes, certes, mais qu’au moins je ne dois pas à une peine que la défaite face au Maroc aurait provoquée. Une fatigue victorieuse, avec quelques réserves.

11/07/2026, 12:19

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La collision

11/07/2026, 09:20