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L'invitation au voyage de Thierry Montoriol

Thierry Montoriol est journaliste avant que d’être écrivain. Mais l’amour qu’il porte aux mots, l’enthousiasme et la facilité avec lesquels il leur offre une force et une forme romanesques, ne laissent aucun doute sur son talent littéraire d’authentique conteur. Rencontré à Saint-Malo, au festival Etonnants Voyageurs, il évoque son dernier livre Le baiser de la tortue (Gaïa, 2016), transmet avec saveur sa passion pour la navigation et les récits historiques maritimes. L’écouter, c’est d’emblée, partir à l’aventure. Nul besoin de préparatifs, l’embarquement est immédiat et le plaisir, garanti !

Le 30/05/2016 à 08:30 par Cécile Pellerin

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Publié le :

30/05/2016 à 08:30

Cécile Pellerin

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CP. Comment êtes-vous devenu passionné de navigation maritime et auteur du genre ?

TM. Je suis passionné de navigation depuis toujours. J’ai appris à nager en même temps que j’ai appris à marcher, puis j’ai appris à écrire en même temps que j’ai appris à naviguer. Dans les cinq premières années de ma vie, sur une île dans le golfe du Morbihan.

Avant d’être auteur, je suis surtout lecteur du genre. Mes romanciers sont des auteurs comme Alexander Kent, C.S. Forester, éventuellement Patrick O’Brian et depuis plusieurs années, ces auteurs-là n’écrivent plus. Alors je me suis dit : si je ne peux plus lire ce genre de romans, je vais devoir les écrire moi-même.

CP. Pourriez-vous écrire autre chose ?

TM. Ah oui ! Cela fait trente-cinq ans que j’écris autre chose. Je suis journaliste. Ces dernières années j’ai écrit pour le Parisien le Point, le Magazine Bateaux. J’ai été grand reporter et j’ai eu la chance d’être envoyé à travers le monde pour ce magazine de voile prestigieux. Ce magazine a été vendu il y a plus de trois ans maintenant et, pour moi, s’arrêtèrent alors tous ces voyages aux frais de la princesse sur des bateaux somptueux. À ce moment-là, je réalise que j’en ai un peu assez de cette activité, mais, comme je ne peux pas m’empêcher d’écrire et comme mes auteurs préférés ont la manie déplaisante de s’arrêter d’écrire à un moment où j’ai encore plus de temps pour les lire,  je deviens donc écrivain du genre.

CP. Pourriez-vous, dire quelques mots sur votre nouveau roman « Le baiser de la tortue » ?

TM. C’est un roman à deux pattes, une intrigue policière dont le fondement et le dénouement sont de deux siècles antérieurs à l’enquête. Ce qui me permet d’insérer, dans cette enquête policière, le décor que j’aime le plus, celui de la marine à voiles, fin XVIIIe début XIXe siècle. À cette époque,  les décors, les paysages, les objets, les bateaux sont vraiment somptueux et très plaisants à évoquer. Plaisants à lire aussi, j’espère.

Pour que l’intérêt de mon histoire ne se limite pas au strict roman historique maritime, j’ai ajouté quelque piment (à la Vargas) en pénétrant également un genre plus populaire et plus élargi, celui du roman policier.

J’avais aussi envie de montrer que dans cet univers, que certains prétendent presque exclusivement  réservé aux hommes (et ils commettent là d’ailleurs une énorme maladresse en même temps qu’une injustice), les femmes étaient sacrément présentes, de façon parfois cocasse et plus savoureuse. Importantes sur les bateaux (à l’exclusion de la marine militaire) elles le sont restées d’ailleurs. Voyez Isabelle Autissier, par exemple.

CP. Un roman d’aventures maritimes, chez Gaïa c’est assez inhabituel, non ? Est-ce une volonté d’ouvrir ce genre littéraire spécifique à un plus large public ?

TM. Vous le savez certainement, ce n’est pas moi qui ai choisi. Un auteur choisit rarement son éditeur. C’est plutôt l’inverse. Grâce à une amie, les éditions Actes Sud ont accepté de parcourir mon manuscrit et, par je ne sais quelle cuisine interne ensuite, il s’est retrouvé entre les mains d’Évelyne Lagrange, éditrice chez Gaïa. J’étais absolument ravi, car je n’avais encore fait lire ni même envoyé mon manuscrit à personne. Trois semaines plus tard environ, je recevais un coup de fil de Gaïa.

C’est vrai, j’ai compris que ce n’était pas tout à fait leur ligne éditoriale, mais, à l’instar de certains récits publiés chez Gaïa, je fais voyager mon lecteur. Et dans l’espace et dans le temps.

CP. Votre roman « Le baiser de la tortue”  adopte une tonalité d’un autre siècle (XIXe — début XXe). Quelle était votre intention puisqu’une partie de l’histoire est contemporaine ?

TM. J’aime beaucoup la langue de cette époque, très différente de la nôtre, et je me suis appliqué pour tenter de retrouver notamment le langage des marins de cette période historique.

J’ai aussi la faiblesse de penser que dans la vie que nous menons tout est dicté par une forme de déterminisme assez puissant, quoique plus ou moins occulte, et que ce qui s’est passé, il y a  très, très longtemps, continue par bien des moyens  à influer sur la vie des gens que nous sommes aujourd’hui. Mon ton est là.

Et puis je trouve que juxtaposer deux époques autour d’un sujet central, cela offre pour celui qui l’écrit et j’espère pour celui qui le lit, une perspective assez séduisante. Mais c’est un espoir, pas une volonté.

CP. Ainsi, outre un vocabulaire maritime pointu, votre récit comporte un vocabulaire parfois suranné, parfois en rupture avec l’histoire elle-même, notamment celle qui se situe à l’époque actuelle. Ce style particulier, cette écriture soignée vous ont-ils demandé un long travail d’écriture (voire de réécriture) ? Comment avez-vous procédé ?

TM. Non aucun travail particulier sauf si l’on admet que la lecture d’auteurs de cette époque et sur ce registre-là, est un travail.

Lorsque je fais parler mes personnages avec le vocabulaire de l’époque parfois il m’arrive de le mâtiner un peu d’expressions d’aujourd’hui sinon le lecteur pourrait risquer de décrocher un peu.

Le vocabulaire maritime comme tous les vocabulaires corporatistes a quelque chose de merveilleux. Celui-là est très poétique. Les noms des objets sur un bâtiment à voile, c’est un torrent poétique, assez déroutant. Dépaysant, très exotique. Non seulement le langage de l’époque est beaucoup plus châtié et fleuri que le nôtre (et sans être lourd), mais le vocabulaire spécialement adapté à la marine est aussi très romanesque. Ce qui m’a imposé d’ailleurs un choix difficile. Pour ce roman,  j’ai eu moins recours à ce lexique particulier que lors de mon 2e roman « Sangs mêlés » où certains lecteurs avaient un peu décroché. Je laissais trop aller mon goût pour ce vocabulaire-là. Dans le « baiser de la tortue », un lexique de quelques pages est disponible à la fin du volume. Mon seul moyen (pour ne pas perdre le lecteur) était que l’action elle-même le guide sur la signification du mot. Mais cela n’est pas toujours facile.

CP. Derrière ce roman, se cache assurément  un travail de recherche historique minutieux et très érudit. Comment avez-vous procédé pour mêler avec autant de fluidité, faits historiques et faits imaginaires ?

TM. Alors ça, c’est très facile. Pour traduire des recherches en roman, ce n’est pas une grande difficulté. L’Histoire est souvent romanesque. Le plus difficile, c’est de distinguer parmi les informations recueillies lors de la recherche ce qui est fiable et ce qui l’est moins.

CP. Deux époques, l’une historique, l’autre contemporaine, mais paradoxalement, c’est la plus ancienne qui frappe et convainc par son réalisme. Comment expliquez-vous cela ?

TM. Sans doute parce que son grand âge inspire la curiosité et lorsqu’on lit un roman, on s’y attache, on s’y intéresse plus lorsque c’est la curiosité qui l’emporte sur le plaisir de lire. L’histoire est  assez ancienne, se passe dans un univers très mal connu, celui de  la marine à voile, exotique et étranger pour la plupart des gens. On trouve un pont assez facilement entre les deux.

CP. La force romanesque de vos personnages est d’ailleurs aussi plus convaincante chez les ancêtres de Kervilis ? N’existe-t-il plus de vrais héros ni de vrais aventuriers aujourd’hui ?

TM. Oh que si ! Dans mon métier, j’ai croisé pas mal de grands reporters qui sont de vrais aventuriers. Plus spécialement les photographes. Parce que ce sont les seuls qui ne peuvent pas écrire leur papier dans une chambre d’hôtel à l’abri des mitrailleuses et des différents dangers. Ce sont des aventuriers de l’information.

Ce ne sont plus les aventuriers que j’évoque dans mon roman. En parlant des personnages marins, il y a une vraie continuité entre les  aventuriers navigateurs à voile d’hier et d’aujourd’hui. Par contre, des aventuriers sur les bateaux à moteur, cela n’existe pas. Toute forme d’aventure, passant d’une époque à l’autre, ne s’est pas forcément amoindrie ni n’aurait même disparue. Ce sont juste les bateaux qui ont changé d’aspect. Mais pas le principe, il est resté le même. Pour les navigateurs d’aujourd’hui, il n’y a  sans doute plus cette dimension martiale.

CP. Votre duo d’enquêteurs surprend et amuse, entre Rouletabille et les Dupont (d), bien loin des policiers modernes en tout cas. Ce décalage est-il la marque nostalgique d’une littérature populaire d’aventures aujourd’hui disparue (cf. Alexandre Dumas) ?

TM. Oui. En fait elle n’a pas vraiment disparu parce que nous sommes encore nombreux à lire Alexandre Dumas et je lui réserve une véritable passion et admiration. Tous comme les personnages de Maurice Leblanc sont omniprésents dans mon voyage romanesque. À Rouletabille, je préfère de loin Arsène Lupin ou le comte de Charmerace. Je ne suis pas du tout nostalgique, mais, comme pour les romanciers maritimes qui ont cessé d’écrire et que j’aimais lire, Dumas et Leblanc ont eu la même fâcheuse manie d’arrêter de publier. Donc si j’ai envie de retrouver un tout petit peu des péripéties des personnages que j’adore, il faut désormais que je mette moi-même au charbon. Je suis obligé d’écrire si je veux continuer à lire ce qui m’intéresse.

CP. Votre histoire est à la fois exotique et régionale. Les descriptions de lointaines contrées sont aussi saisissantes et expressives que celles de la Bretagne. Ici ou ailleurs, les paysages sont très visuels, invitent au voyage. Sont-ils issus de voyages personnels ?

TM. Oui tout à fait. Aussi bien pour la Bretagne que pour les îles et les contrées lointaines. Rappelez-vous ! J’ai appris à naviguer en même temps que j’ai appris à écrire et nager en même temps que j’ai appris à marcher. Pour ce qui est de la Bretagne et de l’île aux Moines où se situent le décor de mon action, je connais quasiment par cœur chaque cm² de vagues, de courant et de côtes. Et comme je pratique la mer toute l’année je sais exactement comment les couleurs, les volumes changent, comment les paysages se transforment d’un mois sur l’autre.

L’autre volet, c’est mon métier qui m’y a propulsé. Les Antilles j’ai dû y aller trois, quatre fois, le Venezuela, j’ai dû croiser du côté de la baie de Paria dont je parle beaucoup, j’ai dû y pénétrer deux fois et une fois dans des circonstances assez spectaculaires (que j’évoque d’ailleurs) au moment où les torrents balaient toute la côte et font de ce grand golfe une espèce de compromis entre la mer et les torrents, avec des couleurs extraordinaires. Naviguer en labourant une mer rouge, cela m’est arrivé plusieurs fois.

Les endroits que j’évoque sont des endroits où j’ai beaucoup navigué, sur des bateaux très différents, mais toujours à voile. Donc je n’ai aucun mal à rendre compte de tels décors.

La mer a l’avantage d’être un paysage immortel, immuable, identique à hier. Au Venezuela comme dans le golfe du Morbihan si l’on navigue très tôt le matin, c’est comme naviguer au moment de la création du monde. Rien n’a changé depuis 20 000 ans.

CP. Il y a dans votre récit quelques explications ardues en matière de législation et de politique internationale. N’avez-vous pas redouté, à certains moments, d’égarer votre lecteur ?

TM. C’est d’autant plus difficile à comprendre qu’à l’époque la situation est particulièrement ambiguë, et même carrément déloyale. Je le dis, mais je n’ai peut-être pas assez insisté ou j’aurais dû l’écarter, ça, c’est un choix.

On a aidé les Américains à obtenir leur indépendance vis-à-vis de leurs maîtres, les Anglais. Ce sont quand même les premiers à avoir fait la révolution et non pas la France. La 1re constitution, ce n’est pas la nôtre, c’est la leur et, en même temps, ils ne l’auraient pas obtenue sans le concours de la flotte et d’un monarque Louis XVI. Ce qui est assez cocasse et il est assez difficile de passer outre, car, tout ce qui se passe pendant un siècle dans cette partie du monde dépend de ce contexte politique. En voulant s’émanciper encore plus de leurs anciens maîtres et en voulant s’émanciper tout autant de leurs anciens bienfaiteurs, ces « enfoirés » d’Américains ont essayé de ruiner nos colonies pour prendre notre place. Toute l’activité corsaire de ce moment-là (pendant un siècle) tourne autour de cela et faire l’économie de ces explications, c’était sans doute priver le lecteur d’un élément de compréhension.

Je suis désolé d’apprendre que c’est plutôt un élément de brouillage. C’est un peu géo -politico-militaire, mais c’est poignant. 

CP. Comme tout bon roman d’aventures, votre histoire est ponctuée d’intrigues amoureuses plutôt rocambolesques, parfois même licencieuses, jamais vulgaires, comiques et parodiques. Vous êtes-vous amusé à les écrire ?

TM. J’ai pris un plaisir aussi fou à les écrire que j’espère, mes lecteurs ont pris du plaisir à les lire. Quand j’ai écrit mon deuxième roman (« Sangs mêlés »), je commence un peu mieux à rentrer dans ce métier d’écrivain. Je le rappelle, mon métier n’est pas d’écrire des romans. Ce roman, donc, je l’ai envoyé à plusieurs éditeurs, dont deux grands. J’obtenais deux rendez-vous et, lors de ces deux entretiens, on m’a fait comprendre que mon histoire manquait un peu de sentiments, pour ne pas parler plus crûment.

J’avoue, je ne me suis jamais livré à cet exercice d’écriture (que j’ai trouvé assez savoureux par la suite), mais j’ai décidé alors d’essayer pour ce troisième roman. Et puis voilà, en effet j’y ai pris du plaisir, un plaisir d’écriture, car ce n’est pas facile de décrire des choses comme cela sans être vulgaire. Il faut être un peu excitant, faire approcher le lecteur assez près, d’une réalité charnelle et rigolote. La frontière entre les deux (vulgarité et amusement) est assez mince et on peut très vite basculer de l’un à l’autre.

CP. Le récit des différentes batailles navales relève d’une précision étonnante et bluffante, quasi-cinématographique d’ailleurs. D’où est née cette inspiration ?

TM. Dans le spectacle horrible des guerres qui ne véhicule que des images abominables et révoltantes ; le plus spectaculaire, si l’on ne s’approche pas trop près, c’est la bataille navale. Quand les gens se font la guerre sur terre, ils veulent se tuer, démolir tout ce qu’il y a autour d’eux pour l’ensevelir sous les gravats, l’exploser en charpies. Une brutalité d’une sauvagerie que je trouve vulgaire et pour le coup, déplaisante. Alors que, sur l’eau, c’est très différent. Ce qu’on veut maîtriser, d’abord ce ne sont pas les armes, c’est le décor, ce sont les bateaux. Tout l’art de la guerre sur l’eau ce n’est pas de démolir l’adversaire c’est d’être là où on peut le subjuguer, où on peut le dominer par le placement sur l’eau beaucoup plus que par la force de ses armes ou le talent de ses équipages.

Cette bataille navale-là est assez poétique dans son côté spectaculaire en même temps que c’est probablement une des formes de guerre les plus horribles qui soient. Il est plus épouvantable de se battre sur des bateaux que de se battre, à l’époque j’entends (j’ose, tant pis) même dans les tranchées. Il y a une proximité indispensable, il y a souvent peu, d’échappatoires. C’est moins féroce que violent. De loin, une bataille navale cela peut être très beau, très emportant. (je pense aux fumées, aux bateaux qui tournent, au mouvement de la mer qui bouleverse tout, etc.).

Dans cette histoire, l’un des personnages appartenait à ma famille. Il s’était battu, mais dans la marine royale, mais non corsaire. J’ai entendu ces histoires-là, il y a quelques écrits qui restent. C’est pour le côté « racines », vraisemblable, mais le reste s’appuie beaucoup sur toutes mes lectures, celles de mes maîtres, Forester et Kent, par exemple. Des virtuoses de la peinture des batailles navales. Si on les aime, on est assez habité par eux et parce qu’ils ont fait pour pouvoir essayer ensuite et avec beaucoup de modestie d’adopter leur style dans un registre identique.

CP. Comment faites-vous pour parvenir à ce bel équilibre entre divertissement et instruction, rigueur et légèreté, action et description ? Où se situe votre plus grand plaisir d’écriture ?

TM. Je n’en sais rien. Je n’ai pas de modèle, pas de recette. Cela me vient comme ça et quand ça me prend, mon crayon est un canon. Je suis complètement dedans. Quand un bras est réduit en charpies, c’est mon bras qui souffre. J’ai mal à leur place. Ça me saisit un peu. J’y suis, je suis l’acteur, le gars, c’est moi, je suis trente ou quarante à la fois. Ce n’est pas eux qui m’habitent c’est moi qui les habitent et je me laisse faire.

Le décor de mon boulot, de mon enfance, c’est la mer et la mer, c’est fluide. La mer c’est ma mère donc j’ai adopté sa fluidité. Il n’y a pas de méthode. Mais pour la fluidité entre les deux époques, il y a un travail d’éditeur. Dans un journal, nul ne touchait à mes papiers. Là, c’est différent. Évelyne Lagrange (l’éditrice) m’a demandé de déplacer certaines parties de l’histoire plus en amont, de raccourcir certaines séquences et de les séparer en deux pour mieux équilibrer l’ensemble. C’est à elle qu’il faut rendre hommage. Je me suis soumis à ce « re-travail » avec beaucoup de plaisir. J’ai aussi changé la fin, selon ses conseils. Là encore ce fut une collaboration très pertinente.

CP. Quels sont vos projets à venir ?

TM. Je travaille depuis 10 ans environ sur un ouvrage qui s’appellera Le roi Chocolat. C’est l’histoire de Banania. C’est une histoire d’origine familiale très romanesque et passionnante qui me tient particulièrement à cœur.

Elle commence avec l’histoire d’un journaliste lyrique envoyé spécial en 1910 pour couvrir l’inauguration d’un opéra par le chanteur Caruso, quelque part en Amérique du Sud. À cette époque, le voyage est long et s’effectue à bord d’un grand paquebot. Lorsque ce journaliste-aventurier débarque à Veracruz, au Mexique, c’est le début de la révolution du général Diaz. Il réussit néanmoins à boucler son sujet, mais, lorsqu’il s’apprête à retourner en Europe, la guerre s’est étendue depuis le nord du Venezuela jusqu’aux frontières mexicaines. Avec son chauffeur, il est obligé de faire halte quelques semaines dans un village au Nicaragua à cause du danger et dans l’attente de trouver une ouverture pour regagner la France. Homme blanc, accompagné d’un chauffeur, il est traité avec égard par la population autochtone et nourri avec des mets raffinés (de l’iguane farci aux sauterelles en croûte). Pas forcément séduit par cette nourriture « goûteuse », il est attiré par un type d’aliments donné aux malades, aux femmes, aux travailleurs nombreux qu’il faut nourri à moindres frais. Cela ressemble à de l’eau chaude mélangée à du sucre, de la farine de bananes et du cacao pilé. Cette boisson fortifiante semble profiter à la population et surtout paraît moins âpre à avaler que l’iguane farci.

Finalement, après quelques aventures, il parvient à embarquer et rentre en France. Il retrouve son milieu de petite bourgeoisie moyenne ennuyeuse. Il s’exerce pendant plus d’un an à mettre au point la recette de cette boisson et fonde une petite fabrique qui devient vite une usine. Le succès est fantastique. Lorsque la guerre éclate, ce journaliste devenu entrepreneur a un coup de génie. Très patriote, il décide d’affréter, à ses frais, depuis la gare de l’Est, quatorze wagons de boîtes de Banania sur le Front. Ce qui lui assure une fortune colossale après la guerre. Jusqu’à tout, perdre ou presque. Mais sans jamais renoncer à son esprit d’aventure...

Bibliographie

- 2013 Sangs-Mêlés (Ancre de marine)

- 2016  Le baiser de la tortue (Gaïa)

Ces ouvrages sont disponibles sur http://www.chapitre.com/

Par Cécile Pellerin
Contact : cp@actualitte.com

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09/06/2026, 12:28

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La Goutte créative : une maison indépendante mise sur le livre vivant

Fondée par Charlotte Cruz et Chilly Charly, La Goutte Créative rejoint le réseau de diffusion et de distribution de DG Diffusion. La jeune maison indépendante défend un catalogue à la croisée des sagesses du monde, de l’imaginaire, de la transmission et du développement personnel. Charlotte Cruz y voit surtout un moyen d’élargir la portée d’un projet éditorial fondé sur l’éthique, l’écologie et le lien direct avec les lecteurs.

08/06/2026, 17:01

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Richard Sebag et Patrick Aurignac, anciens du grand banditisme, se racontent

Deux anciens détenus témoignent qu’une autre vie reste possible, même après les foyers, les braquages, les centrales, les années de prison et les retours presque impossibles. Au festival Passeurs de Livres, à Alès, Richard Sebag et Patrick Aurignac présentent chacun un récit autobiographique : Quelques lumières sur le chemin pour le premier, Mes chemins de travers pour le second, tous deux publiés par la maison nîmoise Nombre7. Ils parlent sans fard de leurs parcours, de leurs erreurs, de la violence, mais aussi des mains tendues qui ont permis la sortie.

06/06/2026, 13:00

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Pompier volontaire, autrice, éditrice : l’incroyable trajectoire de Fanny Destenay

Il y a des parcours qui avancent par bifurcations successives, mais toujours dans la même direction. Chez Fanny Destenay, l’énergie frappe d’abord : ancienne professionnelle de l’hôtellerie, passée, entre autres, par les pompiers volontaires, puis par la politique, l’écriture, les réseaux sociaux, les livres jeunesse et désormais l’édition, elle donne l’impression de transformer chaque expérience en terrain d’action.

05/06/2026, 15:10

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“Les Grecs et les Romains nous apprennent l’esprit critique”

Marraine de la 5e édition de Passeurs de Livres, à Alès, Laure de Chantal y revient avec un attachement particulier. Normalienne, agrégée de lettres classiques, directrice de plusieurs collections aux Belles Lettres, autrice de nombreux ouvrages sur l’Antiquité, la mythologie et la langue française, elle voit dans ce festival un lieu où se rejoignent deux fidélités : les livres et les Cévennes.

04/06/2026, 18:11

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Passeurs de Livres : le pari des sciences humaines au cœur des Cévennes

Jeudi 4 juin au matin, avenue Carnot, le festival n’a pas encore ouvert officiellement au public. Les stands achèvent de se monter, certains exposants prennent leurs marques, l’équipe règle les derniers détails techniques - jusqu’à ce compteur de visiteurs qu’il faut encore retrouver pour suivre au plus juste la fréquentation du salon. Malgré l’effervescence des derniers préparatifs, Franck Belloir, directeur du festival Passeurs de Livres, a pris le temps de nous répondre.

04/06/2026, 16:30

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Darwin et les bas-bleus : entretien avec Françoise Lavocat

Paru en mai 2026 aux éditions Station Zapata, Darwin et les bas-bleus, de Françoise Lavocat, nous plonge dans le monde politique et littéraire de la première moitié du XIXe siècle.

02/06/2026, 15:44

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“Je ne regrette aucun message” : Tommaso Debenedetti, 15 ans à inventer la mort d'écrivains

Il affirme être Tommaso Debenedetti, faussaire médiatique passé des fausses interviews littéraires aux fausses annonces de décès d’écrivains. Dans cet entretien (réalisé par email), où l’identité même de l’interlocuteur impose une prudente réserve, il revendique ses canulars comme une enquête permanente sur la crédulité des médias, l’autorité des institutions et la puissance émotionnelle de la mort à l’ère des réseaux sociaux.

02/06/2026, 10:39

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Gilles Francescano veut “offrir au monde de l’imaginaire le plus beau des festivals”

Directeur artistique des Imaginales depuis quatre ans, et acteur de l'événement depuis toujours, Gilles Francescano dresse un premier bilan de cette édition consacrée au thème « Alter ego ». Entre affluence, chaleur exceptionnelle, place de l’autre, relation gémellaire, accessibilité et avenir du festival, il défend une ambition claire : faire des Imaginales un lieu de pensée libre, d’accueil et de circulation entre les auteurs, les publics et la ville.

01/06/2026, 16:07

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Uranium, spectres et totalitarisme : le roman tchèque qui secoue les Imaginales 

Aux Imaginales, la Tchèque Lenka Elbe présentait Uranova, son premier roman, publié en français aux Forges de Vulcain dans une traduction d’Eurydice Antolin. Un livre ambitieux, impressionnant, difficile à ranger dans une seule case : enquête, roman d’amour endeuillé, récit politique, horreur, fantastique, humour noir, mémoire familiale et histoire tchèque s’y contaminent sans cesse. Au centre, une ville réelle : Jáchymov.

31/05/2026, 18:45

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Christopher Bouix, coup de coeur 2026 : “La littérature doit mordre ou griffer”

Coup de cœur des Imaginales 2026, Christopher Bouix arrive à Épinal avec une œuvre déjà multiple : un triptyque d’anticipation sur l’intelligence artificielle et les futurs déshumanisés, un roman d’horreur où les enfants massacrent les adultes, un passé d’auteur jeunesse repéré par Netflix, mais aussi un détour plus ancien par l’Antiquité, les textes grecs et latins, Socrate, la démocratie et les sorcières. Rencontre avec un écrivain qui aime les livres noirs, drôles, mordants, et les questions que le futur pose au présent.

31/05/2026, 14:00

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François Richard : “Vivre est le seul vrai choix”

C’est une épiphanie littéraire. François Richard fait paraître aux éditions du Grand Souffle Division Eidola, le troisième tome de son cycle V I E, qui peut se lire indépendamment des deux précédents bien qu’il en tire les fils narratifs jusqu’au bout de la nuit. Une épiphanie dans laquelle l’auteur manifeste la réalité cachée comme fin de la quête de ses personnages. Exacerbation, comme une bombe à fragmentation, du précepte proustien dans Le Temps retrouvé : « La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c’est la littérature. » Par Olivier Stroh.

29/05/2026, 11:12

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“Un potager résilient, c’est être prêt à devenir autonome le jour où c’est nécessaire”

Après une carrière dans l’industrie du jeu vidéo, Didier Flipo a choisi le maraîchage bio, le sol vivant et la transmission. Avec Le Potager résilient, il propose bien plus qu’un guide de jardinage : une réflexion concrète sur l’autonomie, la résilience et notre rapport au vivant. Entre écologie pratique, production de semences, soin des sols et critique des faux conseils circulant en ligne, il défend une approche patiente, pédagogique et profondément ancrée dans le réel. Un entretien où le potager devient aussi une manière de penser le monde contemporain.

20/05/2026, 14:48

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Pour une édition de proximité : Le Cercle ouvert, publier moins pour mieux lire

Avec Le Cercle ouvert, Mathieu Larnaudie et Bertrand Py défendent une maison à la production resserrée, attentive aux auteurs, aux libraires et aux lecteurs. Adossée à Terre Neuve et donc au groupe Albin Michel, elle publiera ses premiers titres le 20 août 2026 autour d’une idée presque révolutionnaire : moins publier pour mieux accompagner les livres et refaire communauté, sans céder sur le catalogue.

19/05/2026, 17:29

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“Acheter un livre dans une librairie indépendante, c’est presque militant”

À Limoges, la librairie jeunesse Rêv’en Pages, ouverte depuis plus de quarante ans, est en redressement judiciaire. Confrontée à la hausse de ses charges et à la baisse du panier moyen, sa gérante, Rachel Faure-Lencroz, cherche à adapter son fonctionnement : changement de transporteur, projet de librairie mobile, développement de la romance, du young adult et de l’occasion.

 

19/05/2026, 12:13

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Xavier Coste : comment 1984 est devenu “le projet de [sa] vie”

À Palaiseau, les planches de Xavier Coste autour de 1984 et du Journal de 1985 dévoilent les coulisses d’une obsession graphique née à l’adolescence. Dans le cadre du salon Dimension, croquis, originaux et reproductions éclairent la construction d’un univers dystopique où l’adaptation devient affaire d’émotion, de fidélité intérieure et de vision.

 

18/05/2026, 17:15

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Murielle Compère-Demarcy : Artaud, le feu du langage

Originaire de Compiègne, très active dans le milieu littéraire, Murielle Compère-Demarcy, qui signe parfois MCDem, dirige depuis 2022 la collection « Présences d’écriture » aux éditions Douro, et rédige de nombreuses chroniques pour diverses revues. Auteure d’une vingtaine de livres, Murielle Compère-Demarcy semble, entre autres, très marquée par Antonin Artaud, auquel elle consacre Alchimiste du soleil pulvérisé en 2019, recueil publié chez Z4. Par Étienne Ruhaud.

18/05/2026, 10:30

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Palaiseau : comment le salon Dimension veut réconcilier science et littérature

Grégory Hermant, responsable du service événementiel de la ville de Palaiseau, revient sur la troisième édition de Dimension, salon du livre consacré aux liens entre science, science-fiction et vulgarisation. Un rendez-vous encore jeune, mais déjà identifié par son public, ses auteurs et ses partenaires.

13/05/2026, 17:01

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Défaillance de Makassar : la “vulnérabilité croissante” de l'édition indépendante

La situation économique du distributeur-diffuseur Makassar, partenaire d'un grand nombre de maisons d'édition indépendantes, met en danger un grand nombre de structures, qui ne recevront pas de paiement pour des ouvrages vendus. Dans une tribune, le Syndicat de l'édition alternative appelle les pouvoirs publics à agir rapidement pour préserver la bibliodiversité, par la mise en place d'un fonds de soutien exceptionnel.

22/07/2026, 09:29

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Celle qui sait : 12 000 livres imprimés, 3067 vendus… mais une rupture de stock ?

À peine paru, déjà en rupture ? Le thriller Celle qui sait, de Riley Sager, aurait donc provoqué une razzia, à en croire son éditeur, Verso, un label du Seuil. Fort d’un premier tirage de 12.000 petits pains, le roman, traduit par Dominique Haas, comptabilisait 3067 ventes au 12 juillet, d’après les données GfK communiquées par la maison. Mais alors, où sont les quelque 9000 autres volumes ? Petit exercice de mathématiques à l’usage des nostalgiques du cahier de vacances.

21/07/2026, 16:53

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“La littérature est un sport-business : bienvenue dans le mercato le plus opaque du monde”

Et si l’édition fonctionnait comme un jeu de management sportif ? Charles Garatynski compare la sélection des manuscrits au « scouting » footballistique : des milliers de candidats, quelques signatures, des filtres de plus en plus rapides et, souvent, aucun retour.

20/07/2026, 18:11

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La comptine “Il était un petit navire” : autopsie d’un cannibalisme parfaitement évitable

Mon enfant adore Il était un petit navire. Moi aussi, à son âge, j’étais censé apprécier cette histoire maritime pleine d’entrain, dans laquelle un équipage mal préparé envisage de manger un mousse avant même d’avoir vérifié s’il restait une boîte de sardines. Devenu père, me voici contraint de rouvrir le dossier. Et les conclusions sont toujours aussi accablantes. Bande de buses de marins d'eau de baignoire...

18/07/2026, 15:04

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Réduire la lecture à un plaisir ? C'est avant tout “un instrument de liberté”

À force de vouloir sauver la lecture, on finit parfois par l’enfermer dans deux cases : le divertissement agréable ou l’effort salutaire. Dans une tribune publiée par Libération, l’avocat et éditeur Jean-Claude Zylberstein déplace le débat. Les livres lui ont permis de franchir des frontières sociales, professionnelles et intellectuelles. Le plaisir ouvre l’ouvrage ; l’émancipation commence parfois à la page suivante.

16/07/2026, 15:07

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Antiquité : ce que les Anciens avaient compris bien avant Internet et l’IA

Pourquoi l’Antiquité continue-t-elle de nous fasciner ? La question mérite d’être posée car nous savons aujourd’hui que les sociétés antiques étaient loin d’être parfaites. Elles connaissaient les guerres, les inégalités, l’esclavage, les luttes de pouvoir et les violences politiques. Pourtant, plus de deux mille ans après leur disparition, elles continuent d’habiter notre imaginaire collectif. Léa Varachaud publie aux éditions Grancher un essai sur ces rites et ce qu'ils nous apporteraient aujourd'hui encore.

15/07/2026, 15:12

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On a regardé Au fil des années : Prime Video remet l’amour d’été à flot

Prime Video replonge dans les amours d’été avec Au fil des années, adaptation de Tous nos étés, le phénomène de Carley Fortune. Entre deux temporalités, un lac canadien et 10 ans de non-dits, Percy et Sam rejouent la romance de la seconde chance. Fidèle au cœur du roman mais plus libre avec ses personnages secondaires, la série séduit malgré quelques longueurs et des dialogues parfois trop appuyés. Le charme, lui, demeure jusqu’au dernier épisode.

15/07/2026, 11:50

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Le génie de Baudelaire : entre fatalité tragique et modernité poétique

PORTRAIT – Lorsqu’on évoque Charles Baudelaire, on songe aussitôt au poète-alchimiste capable de transmuer la laideur en splendeur et la tristesse en allégresse. Pourtant, derrière la figure emblématique du grand poète se dessine l’ombre d’un homme profondément mélancolique. C’est précisément dans cette affliction de l’âme que le génie baudelairien puise sa force et se déploie avec une intensité si singulière qu’il s’impose comme l’un des grands précurseurs de la poésie moderne, ouvrant la voie tant au symbolisme qu’au surréalisme. De Karim S. Rebeiz.

13/07/2026, 10:27

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La lecture, une gourmandise : des recettes d'enfants pour donner envie de lire

Cet été, je lis ! : entre l’assertion et la promesse faite à soi-même, le ministère de l’Éducation nationale annonce la couleur de sa campagne estivale. Ce 10 juillet, à la Fnac des Ternes, une vingtaine d’élèves, du CM1 à la 6e, ont mis leur imagination aux fourneaux avec l’autrice Aurélie Gerlach. Au menu : inventer un gâteau magique, choisir ses pouvoirs et dresser la liste de ses ingrédients. Os humains compris.

10/07/2026, 15:16

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La Mer Salée, une maison d'édition “aujourd’hui détenue par ses lectrices et lecteurs”

Le secteur du livre, en France, connaît un fort repli économique, provoqué par une baisse générale des ventes de livres et une concentration des achats sur un nombre restreint de titres. Les structures indépendantes, librairies ou maisons d'édition, sont particulièrement vulnérables, si bien que de nouvelles organisations émergent. Sandrine et Yannick Roudaut, co-fondateur.es des Éditions La Mer Salée ont ainsi fait le choix de la structure coopérative, bien commun des lecteurs et lectrices. Ils s'en expliquent dans un texte reproduit ci-dessous en intégralité.

10/07/2026, 10:58

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“Le pilon, si redouté des auteurs, a-t-il un cœur ?”

En juin dernier, François Belley s’inquiétait de ce que les autrices et auteurs modernes entretiennent leur bronzage à grand renfort de selfies : se montrer ou disparaître, cruel avenir. Ou pas. Tout dépend des tempéraments, certainement. L’écrivain pirate marque une pause, pour mieux observer les ravages de l'industrie, sur ses propres ouvrages... Dans la tête du bourreau des livres, ou les états d’âme du pilon.

06/07/2026, 17:28

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Maison des histoires : jouer dans les albums jeunesse

Ouverte le 9 juillet 2025, la seconde Maison des histoires de L’école des loisirs déploie, au 7 cité de la Roquette, douze univers d’albums jeunesse sur deux niveaux. Un musée à jouer où les enfants peuvent courir, grimper, lire, bricoler et, accessoirement, rappeler aux parents pourquoi les bibliothèques municipales ont inventé le chuchotement.

06/07/2026, 17:19

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Facture électronique : l’édition indépendante ne peut pas laisser filer ses flux

À deux mois de l’obligation de réception des factures électroniques, OPlibris et Dilicom défendent un choix d’organisation : intégrer la réforme aux outils des maisons, plutôt que de les laisser dépendre d’un portail extérieur.

04/07/2026, 10:51

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Quand le cloud fait de l'ombre : qui héberge désormais la mémoire culturelle ?

Où vivent vraiment les livres numériques . La Commission européenne estime, à titre préliminaire, que les services cloud AWS et Azure devraient relever du régime renforcé des « contrôleurs d’accès » du Digital Mrkets Act. Le dossier dépasse la concurrence : qui héberge les catalogues, les archives, les liseuses et les usages de lecture ? Voici une sélection de huit ouvrages qui ramènent le cloud à ses serveurs, ses contrats et ses sorties de secours.

 

25/06/2026, 12:56

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Michaël Ferrier, l’écrivain aux semelles de corail

PORTRAIT - Les carnets de voyage de Michaël Ferrier publiés mensuellement dans La Revue des deux mondes se lisent comme  autrefois lorsqu’on s’attachait à un feuilleton littéraire : par épisodes, par haltes, par reprises, avec ce plaisir particulier de retrouver une voix, un rythme, une manière d’entrer dans le monde. De l’Inde à la Guyane, de Pondichéry à Cayenne, il réactive la revue comme lieu d’apparition progressive de la littérature, celle du récit qui avance par fragments, celle de l’aventure donnée non d’un bloc, mais comme une suite précise et vivante.

25/06/2026, 12:17

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Même marché, mêmes règles : ce que la fast fashion explique au livre

En dénonçant le risque d’une loi fast fashion appliquée d’abord aux entreprises françaises, la Fevad soulève une question que l’édition connaît bien : comment réguler les pratiques des grandes plateformes sans faire peser l’essentiel des contraintes sur les acteurs les plus faciles à contrôler ? Dans le livre aussi, la vitesse de production, la rotation des références et la captation de la visibilité déplacent le risque vers les créateurs et les libraires.

25/06/2026, 11:53

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Le webtoon français : une filière en quête de reconnaissance

Protoon, première association professionnelle dédiée au webtoon en France, veut donner une voix collective à une filière encore fragile, mais déjà riche de créateurs, de studios, de plateformes et de lecteurs. Entre succès d’audience, dépendance aux plateformes, précarité des auteurs, manque de données et de reconnaissance institutionnelle, et besoin de formation, récit d'un secteur qui cherche à sortir de l’angle mort pour devenir une véritable industrie culturelle.

24/06/2026, 18:33

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L'urgence de redéfinir “la notion de projet commercial et culturel en librairie”

Librairies : quel avenir au-delà de l’urgence économique ? En trois volets, Évelyne Darmanin, formatrice aux métiers du livre, examine les conditions d’un renouveau. Après la fragilisation économique du secteur, cette série interroge la valeur du conseil, la librairie comme lieu de débat et le projet culturel susceptible de donner sens à l’entreprise. Premier épisode : faire de la relation avec le lecteur une force visible.

24/06/2026, 16:22

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Les librairies, “commerces, d'accord, mais de proximité, de confiance et de relation”

Librairies : quel avenir au-delà de l’urgence économique ? Évelyne Darmanin, auteure de cet article, est sociologue de formation. Elle nous propose une série de trois articles, qui questionnent et interrogent. Alors que les librairies souffrent dans un environnement trop calme, la notion de projet d’entreprise serait plus que jamais nécessaire. Ce premier volet défend une idée simple : la librairie ne se réduit pas à la vente d’un produit dont le prix échappe au libraire. Non, non...

24/06/2026, 16:21

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Librairies : “Il est grand temps de rallumer les consciences”

Librairies : quel avenir au-delà de l’urgence économique ? En trois volets, Évelyne Darmanin, formatrice aux métiers du livre, examine les conditions d’un renouveau. Le premier texte plaçait le conseil et la relation avec le lecteur au cœur de la valeur du métier. Le deuxième défendait la librairie comme espace de dialogue, de circulation des idées et de débat. Ce dernier volet interroge le projet d’entreprise capable d’articuler activité commerciale, transmission professionnelle, ambition culturelle et exigence démocratique.

24/06/2026, 16:15

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Un livre géant brûlé pour les 60 ans de l’Université de Rouen : le symbole qui dérange

Lors des festivités de la Saint-Jean, à Mont-Saint-Aignan, un grand livre en bois a été brûlé pour célébrer les 60 ans de l’Université de Rouen. ActuaLitté donne la parole à plusieurs universitaires, chercheurs et intellectuels, qui s’interrogent sur la portée symbolique d’un tel geste : peut-on célébrer le savoir en mettant en scène la destruction de l’un de ses symboles les plus forts ?

24/06/2026, 12:28

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Censure à Castres : Catherine Pégard interpellée par le Off Avignon

Avignon Festival & Compagnies, qui accompagne le festival Off Avignon, dénonce la déprogrammation à Castres de Passeport, pièce d’Alexis Michalik, par le maire RN Florian Azéma. L’association y voit une décision politique et idéologique, contraire à la liberté de création et de diffusion, et affirme son soutien à l’auteur comme à ses équipes.

23/06/2026, 17:42

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IA : comment améliorer les catalogues de bibliothèque sans numériser les livres ?

Alors que l’IA et le RAG s’imposent comme des pistes pour renouveler la recherche documentaire en bibliothèque universitaire, leur déploiement se heurte à une réalité matérielle et juridique : accès aux textes, numérisation des fonds, droits d’usage et coûts de traitement. Derrière la promesse de catalogues plus intelligents, la question demeure celle de l’autonomie des bibliothèques face aux grandes plateformes. Par Cédric Limousin.

23/06/2026, 16:16

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La canicule à son clim’axe : quand les climatiseurs volent la vedette

Une climatisation défaillante peut transformer un bureau d’espions en plage artificielle. Elle peut aussi obséder un conducteur, accompagner une solitude californienne, dérégler une tour de béton ou servir de voie d’accès à une prise d’otages. Dans les romans, l’air conditionné a sa mécanique, son humeur et parfois son sens du spectacle.

23/06/2026, 15:51

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Au cœur des villages, le salon des écrivains nomades rassemble lecteurs et livres

Depuis cinq ans, le Salon du livre Nomade se déplace de commune en commune en Gironde, avec une idée claire : aller à la rencontre des lecteurs là où ils vivent. Porté par le cercle des Écrivaines de la Table Ronde, il défend une littérature plurielle, des premières publications aux auteurs déjà installés, et fait de la rencontre un geste culturel à part entière.

21/06/2026, 10:55

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Les Éditions au Pluriel : la maison indépendante qui défend une littérature humaine et engagée

Dans le paysage de l’édition indépendante française et à travers ces différentes collections, les Éditions au Pluriel construisent un catalogue singulier Romans, essais, imaginaire, beaux livres ou récits de voyage. C’est un ensemble cohérent, animé par une même exigence : défendre des textes incarnés, accessibles et profondément humains.

19/06/2026, 17:57

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Le livre d’occasion, l’économie circulaire d’une filière linéaire

Dix années de commerce de seconde main, le Label Emmaus invitait à fêter son anniversaire à l'Académie du Climat, ce 18 juin. Un appel, finalement, pour comprendre ce qu’est le réemploie, qui le porte : « 10 ans d’engagement, d’innovation sociale et de coopération au service d’une économie plus juste et circulaire », explique l’organisme. Avec un volet consacré au livre d’occasion – toujours objet de fantasmes…

19/06/2026, 16:36

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Un label pour l’édition indépendante : “Quitte à le faire seul, faisons-le joyeusement”

Alors que Grasset sombre dans l’idéologie, que le mouvement de protestation contre l’instrumentalisation de grandes maisons d’édition au service d’une radicalisation politique et sociale voit le jour, il est grand temps de rendre nos indépendances plus visibles. Je crois en cette urgence, en cette nécessité d’afficher notre fierté (une notion peu mobilisée dans le secteur éditorial) d’être indé. Par Étienne Galliand, éditeur.

19/06/2026, 10:44

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Intelligence artificielle en librairie : le risque de déposséder un métier

Aux Rencontres nationales de la librairie 2026, l’intelligence artificielle s’était invitée dans un double débat : celui de la création, du droit d’auteur et des œuvres, et celui, plus concret, des usages professionnels en librairie. Entre vigilance éthique et outils d’aide au pilotage, l’enjeu consiste à distinguer la menace du remplacement de la promesse d’une assistance pensée au service du métier. Jean-Charles Caplier, directeur commercial chez Dilisco, dépassionne le débat.

17/06/2026, 13:10

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Quand Gaston Bachelard nous aide à comprendre notre obsession pour l’IA

L’intelligence artificielle est généralement présentée comme une révolution technologique. On la décrit comme un ensemble d’algorithmes, de modèles statistiques ou d’infrastructures informatiques. Pourtant, cette définition technique ne suffit pas à expliquer l’intensité des passions qu’elle suscite. Par Bertrand Jouvenot.

17/06/2026, 12:52

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Climat : pourquoi “la lassitude peut vite devenir indifférence”

L’information climatique circule davantage, alerte plus souvent et documente mieux l’ampleur du dérèglement en cours. Pourtant, l’accumulation des faits déclenche parfois l’angoisse, la lassitude ou le repli, au lieu de nourrir l’action. Pour dépasser cette impasse, le monde du livre dispose d’un rôle singulier : faire entendre d’autres récits, d’autres voix, et transformer la prise de conscience en mouvement collectif. Fanny Audibert publie chez Oxus Sortir du déni climatique, entrer en action.

15/06/2026, 13:03

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La librairie indépendante peut-elle rester indépendante si son modèle s’épuise ?

ANALYSE – La question de l’indépendance des commerces du livre se déplace. Au-delà du statut juridique ou du choix éditorial, elle engage désormais la viabilité économique, la fatigue des équipes, l’écologie du livre et les conditions concrètes d’un métier sous tension. Jean-Charles Caplier, directeur commercial chez Dilisco, aborde le sujet frontalement.

15/06/2026, 12:30

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Rentrée littéraire 2026 : les grandes tendances des romans français et étrangers

La grande fête annuelle de la librairie démarrera fin août comme chaque année, avec son lot de romans, les premiers, les francophones, les traductions. Si 277 romans de cette rentrée ont été utilisés pour amorcer la tendance 2026, aucun n'a été blessé (certains furent blessants...). Et s'impose d'emblée un constat : la littérature prend le présent à bras-le-corps, sans distance ni précaution.

15/06/2026, 11:28

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De DSK à Patrick Bruel : violences sexuelles et impunité des puissants

Dans cette tribune, l’essayiste Nasser interroge, à partir de l’affaire Patrick Bruel et d’autres figures publiques mises en cause, la tension entre parole des victimes, présomption d’innocence, prescription judiciaire et responsabilités médiatiques. Un texte d’opinion, polémique et engagé, sur l’impunité supposée des puissants face aux violences sexuelles.

13/06/2026, 08:33

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“Lancer un livre, c’est créer un moment ; l'installer, c’est construire une durée”

ANALYSE – Surproduction, encore et toujours, l'éternelle problématique de l'industrie du livre. Trop de livres, peut-être, probablement – assurément ? Ou bien, pas assez de temps pour que chaque ouvrage vive sa vie dans les points de vente ? Jean-Charles Caplier, directeur commercial chez Dilisco, propose une autre lecture.

13/06/2026, 06:00

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Affaire Lyhanna : du silence des adultes aux mots de Darmanin

Après la mort de Lyhanna, 11 ans, à Fleurance, Gérald Darmanin a reconnu une défaillance de l’institution judiciaire et demandé le réexamen de milliers de plaintes concernant des mineurs. Face à l’émotion nationale, plusieurs livres rappellent ce que la langue politique nomme mal : la durée du trauma, l’emprise, le silence des adultes et la place trop vite retirée aux victimes.

12/06/2026, 12:59