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L'invitation au voyage de Thierry Montoriol

Thierry Montoriol est journaliste avant que d’être écrivain. Mais l’amour qu’il porte aux mots, l’enthousiasme et la facilité avec lesquels il leur offre une force et une forme romanesques, ne laissent aucun doute sur son talent littéraire d’authentique conteur. Rencontré à Saint-Malo, au festival Etonnants Voyageurs, il évoque son dernier livre Le baiser de la tortue (Gaïa, 2016), transmet avec saveur sa passion pour la navigation et les récits historiques maritimes. L’écouter, c’est d’emblée, partir à l’aventure. Nul besoin de préparatifs, l’embarquement est immédiat et le plaisir, garanti !

Le 30/05/2016 à 08:30 par Cécile Pellerin

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30/05/2016 à 08:30

Cécile Pellerin

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CP. Comment êtes-vous devenu passionné de navigation maritime et auteur du genre ?

TM. Je suis passionné de navigation depuis toujours. J’ai appris à nager en même temps que j’ai appris à marcher, puis j’ai appris à écrire en même temps que j’ai appris à naviguer. Dans les cinq premières années de ma vie, sur une île dans le golfe du Morbihan.

Avant d’être auteur, je suis surtout lecteur du genre. Mes romanciers sont des auteurs comme Alexander Kent, C.S. Forester, éventuellement Patrick O’Brian et depuis plusieurs années, ces auteurs-là n’écrivent plus. Alors je me suis dit : si je ne peux plus lire ce genre de romans, je vais devoir les écrire moi-même.

CP. Pourriez-vous écrire autre chose ?

TM. Ah oui ! Cela fait trente-cinq ans que j’écris autre chose. Je suis journaliste. Ces dernières années j’ai écrit pour le Parisien le Point, le Magazine Bateaux. J’ai été grand reporter et j’ai eu la chance d’être envoyé à travers le monde pour ce magazine de voile prestigieux. Ce magazine a été vendu il y a plus de trois ans maintenant et, pour moi, s’arrêtèrent alors tous ces voyages aux frais de la princesse sur des bateaux somptueux. À ce moment-là, je réalise que j’en ai un peu assez de cette activité, mais, comme je ne peux pas m’empêcher d’écrire et comme mes auteurs préférés ont la manie déplaisante de s’arrêter d’écrire à un moment où j’ai encore plus de temps pour les lire,  je deviens donc écrivain du genre.

CP. Pourriez-vous, dire quelques mots sur votre nouveau roman « Le baiser de la tortue » ?

TM. C’est un roman à deux pattes, une intrigue policière dont le fondement et le dénouement sont de deux siècles antérieurs à l’enquête. Ce qui me permet d’insérer, dans cette enquête policière, le décor que j’aime le plus, celui de la marine à voiles, fin XVIIIe début XIXe siècle. À cette époque,  les décors, les paysages, les objets, les bateaux sont vraiment somptueux et très plaisants à évoquer. Plaisants à lire aussi, j’espère.

Pour que l’intérêt de mon histoire ne se limite pas au strict roman historique maritime, j’ai ajouté quelque piment (à la Vargas) en pénétrant également un genre plus populaire et plus élargi, celui du roman policier.

J’avais aussi envie de montrer que dans cet univers, que certains prétendent presque exclusivement  réservé aux hommes (et ils commettent là d’ailleurs une énorme maladresse en même temps qu’une injustice), les femmes étaient sacrément présentes, de façon parfois cocasse et plus savoureuse. Importantes sur les bateaux (à l’exclusion de la marine militaire) elles le sont restées d’ailleurs. Voyez Isabelle Autissier, par exemple.

CP. Un roman d’aventures maritimes, chez Gaïa c’est assez inhabituel, non ? Est-ce une volonté d’ouvrir ce genre littéraire spécifique à un plus large public ?

TM. Vous le savez certainement, ce n’est pas moi qui ai choisi. Un auteur choisit rarement son éditeur. C’est plutôt l’inverse. Grâce à une amie, les éditions Actes Sud ont accepté de parcourir mon manuscrit et, par je ne sais quelle cuisine interne ensuite, il s’est retrouvé entre les mains d’Évelyne Lagrange, éditrice chez Gaïa. J’étais absolument ravi, car je n’avais encore fait lire ni même envoyé mon manuscrit à personne. Trois semaines plus tard environ, je recevais un coup de fil de Gaïa.

C’est vrai, j’ai compris que ce n’était pas tout à fait leur ligne éditoriale, mais, à l’instar de certains récits publiés chez Gaïa, je fais voyager mon lecteur. Et dans l’espace et dans le temps.

CP. Votre roman « Le baiser de la tortue”  adopte une tonalité d’un autre siècle (XIXe — début XXe). Quelle était votre intention puisqu’une partie de l’histoire est contemporaine ?

TM. J’aime beaucoup la langue de cette époque, très différente de la nôtre, et je me suis appliqué pour tenter de retrouver notamment le langage des marins de cette période historique.

J’ai aussi la faiblesse de penser que dans la vie que nous menons tout est dicté par une forme de déterminisme assez puissant, quoique plus ou moins occulte, et que ce qui s’est passé, il y a  très, très longtemps, continue par bien des moyens  à influer sur la vie des gens que nous sommes aujourd’hui. Mon ton est là.

Et puis je trouve que juxtaposer deux époques autour d’un sujet central, cela offre pour celui qui l’écrit et j’espère pour celui qui le lit, une perspective assez séduisante. Mais c’est un espoir, pas une volonté.

CP. Ainsi, outre un vocabulaire maritime pointu, votre récit comporte un vocabulaire parfois suranné, parfois en rupture avec l’histoire elle-même, notamment celle qui se situe à l’époque actuelle. Ce style particulier, cette écriture soignée vous ont-ils demandé un long travail d’écriture (voire de réécriture) ? Comment avez-vous procédé ?

TM. Non aucun travail particulier sauf si l’on admet que la lecture d’auteurs de cette époque et sur ce registre-là, est un travail.

Lorsque je fais parler mes personnages avec le vocabulaire de l’époque parfois il m’arrive de le mâtiner un peu d’expressions d’aujourd’hui sinon le lecteur pourrait risquer de décrocher un peu.

Le vocabulaire maritime comme tous les vocabulaires corporatistes a quelque chose de merveilleux. Celui-là est très poétique. Les noms des objets sur un bâtiment à voile, c’est un torrent poétique, assez déroutant. Dépaysant, très exotique. Non seulement le langage de l’époque est beaucoup plus châtié et fleuri que le nôtre (et sans être lourd), mais le vocabulaire spécialement adapté à la marine est aussi très romanesque. Ce qui m’a imposé d’ailleurs un choix difficile. Pour ce roman,  j’ai eu moins recours à ce lexique particulier que lors de mon 2e roman « Sangs mêlés » où certains lecteurs avaient un peu décroché. Je laissais trop aller mon goût pour ce vocabulaire-là. Dans le « baiser de la tortue », un lexique de quelques pages est disponible à la fin du volume. Mon seul moyen (pour ne pas perdre le lecteur) était que l’action elle-même le guide sur la signification du mot. Mais cela n’est pas toujours facile.

CP. Derrière ce roman, se cache assurément  un travail de recherche historique minutieux et très érudit. Comment avez-vous procédé pour mêler avec autant de fluidité, faits historiques et faits imaginaires ?

TM. Alors ça, c’est très facile. Pour traduire des recherches en roman, ce n’est pas une grande difficulté. L’Histoire est souvent romanesque. Le plus difficile, c’est de distinguer parmi les informations recueillies lors de la recherche ce qui est fiable et ce qui l’est moins.

CP. Deux époques, l’une historique, l’autre contemporaine, mais paradoxalement, c’est la plus ancienne qui frappe et convainc par son réalisme. Comment expliquez-vous cela ?

TM. Sans doute parce que son grand âge inspire la curiosité et lorsqu’on lit un roman, on s’y attache, on s’y intéresse plus lorsque c’est la curiosité qui l’emporte sur le plaisir de lire. L’histoire est  assez ancienne, se passe dans un univers très mal connu, celui de  la marine à voile, exotique et étranger pour la plupart des gens. On trouve un pont assez facilement entre les deux.

CP. La force romanesque de vos personnages est d’ailleurs aussi plus convaincante chez les ancêtres de Kervilis ? N’existe-t-il plus de vrais héros ni de vrais aventuriers aujourd’hui ?

TM. Oh que si ! Dans mon métier, j’ai croisé pas mal de grands reporters qui sont de vrais aventuriers. Plus spécialement les photographes. Parce que ce sont les seuls qui ne peuvent pas écrire leur papier dans une chambre d’hôtel à l’abri des mitrailleuses et des différents dangers. Ce sont des aventuriers de l’information.

Ce ne sont plus les aventuriers que j’évoque dans mon roman. En parlant des personnages marins, il y a une vraie continuité entre les  aventuriers navigateurs à voile d’hier et d’aujourd’hui. Par contre, des aventuriers sur les bateaux à moteur, cela n’existe pas. Toute forme d’aventure, passant d’une époque à l’autre, ne s’est pas forcément amoindrie ni n’aurait même disparue. Ce sont juste les bateaux qui ont changé d’aspect. Mais pas le principe, il est resté le même. Pour les navigateurs d’aujourd’hui, il n’y a  sans doute plus cette dimension martiale.

CP. Votre duo d’enquêteurs surprend et amuse, entre Rouletabille et les Dupont (d), bien loin des policiers modernes en tout cas. Ce décalage est-il la marque nostalgique d’une littérature populaire d’aventures aujourd’hui disparue (cf. Alexandre Dumas) ?

TM. Oui. En fait elle n’a pas vraiment disparu parce que nous sommes encore nombreux à lire Alexandre Dumas et je lui réserve une véritable passion et admiration. Tous comme les personnages de Maurice Leblanc sont omniprésents dans mon voyage romanesque. À Rouletabille, je préfère de loin Arsène Lupin ou le comte de Charmerace. Je ne suis pas du tout nostalgique, mais, comme pour les romanciers maritimes qui ont cessé d’écrire et que j’aimais lire, Dumas et Leblanc ont eu la même fâcheuse manie d’arrêter de publier. Donc si j’ai envie de retrouver un tout petit peu des péripéties des personnages que j’adore, il faut désormais que je mette moi-même au charbon. Je suis obligé d’écrire si je veux continuer à lire ce qui m’intéresse.

CP. Votre histoire est à la fois exotique et régionale. Les descriptions de lointaines contrées sont aussi saisissantes et expressives que celles de la Bretagne. Ici ou ailleurs, les paysages sont très visuels, invitent au voyage. Sont-ils issus de voyages personnels ?

TM. Oui tout à fait. Aussi bien pour la Bretagne que pour les îles et les contrées lointaines. Rappelez-vous ! J’ai appris à naviguer en même temps que j’ai appris à écrire et nager en même temps que j’ai appris à marcher. Pour ce qui est de la Bretagne et de l’île aux Moines où se situent le décor de mon action, je connais quasiment par cœur chaque cm² de vagues, de courant et de côtes. Et comme je pratique la mer toute l’année je sais exactement comment les couleurs, les volumes changent, comment les paysages se transforment d’un mois sur l’autre.

L’autre volet, c’est mon métier qui m’y a propulsé. Les Antilles j’ai dû y aller trois, quatre fois, le Venezuela, j’ai dû croiser du côté de la baie de Paria dont je parle beaucoup, j’ai dû y pénétrer deux fois et une fois dans des circonstances assez spectaculaires (que j’évoque d’ailleurs) au moment où les torrents balaient toute la côte et font de ce grand golfe une espèce de compromis entre la mer et les torrents, avec des couleurs extraordinaires. Naviguer en labourant une mer rouge, cela m’est arrivé plusieurs fois.

Les endroits que j’évoque sont des endroits où j’ai beaucoup navigué, sur des bateaux très différents, mais toujours à voile. Donc je n’ai aucun mal à rendre compte de tels décors.

La mer a l’avantage d’être un paysage immortel, immuable, identique à hier. Au Venezuela comme dans le golfe du Morbihan si l’on navigue très tôt le matin, c’est comme naviguer au moment de la création du monde. Rien n’a changé depuis 20 000 ans.

CP. Il y a dans votre récit quelques explications ardues en matière de législation et de politique internationale. N’avez-vous pas redouté, à certains moments, d’égarer votre lecteur ?

TM. C’est d’autant plus difficile à comprendre qu’à l’époque la situation est particulièrement ambiguë, et même carrément déloyale. Je le dis, mais je n’ai peut-être pas assez insisté ou j’aurais dû l’écarter, ça, c’est un choix.

On a aidé les Américains à obtenir leur indépendance vis-à-vis de leurs maîtres, les Anglais. Ce sont quand même les premiers à avoir fait la révolution et non pas la France. La 1re constitution, ce n’est pas la nôtre, c’est la leur et, en même temps, ils ne l’auraient pas obtenue sans le concours de la flotte et d’un monarque Louis XVI. Ce qui est assez cocasse et il est assez difficile de passer outre, car, tout ce qui se passe pendant un siècle dans cette partie du monde dépend de ce contexte politique. En voulant s’émanciper encore plus de leurs anciens maîtres et en voulant s’émanciper tout autant de leurs anciens bienfaiteurs, ces « enfoirés » d’Américains ont essayé de ruiner nos colonies pour prendre notre place. Toute l’activité corsaire de ce moment-là (pendant un siècle) tourne autour de cela et faire l’économie de ces explications, c’était sans doute priver le lecteur d’un élément de compréhension.

Je suis désolé d’apprendre que c’est plutôt un élément de brouillage. C’est un peu géo -politico-militaire, mais c’est poignant. 

CP. Comme tout bon roman d’aventures, votre histoire est ponctuée d’intrigues amoureuses plutôt rocambolesques, parfois même licencieuses, jamais vulgaires, comiques et parodiques. Vous êtes-vous amusé à les écrire ?

TM. J’ai pris un plaisir aussi fou à les écrire que j’espère, mes lecteurs ont pris du plaisir à les lire. Quand j’ai écrit mon deuxième roman (« Sangs mêlés »), je commence un peu mieux à rentrer dans ce métier d’écrivain. Je le rappelle, mon métier n’est pas d’écrire des romans. Ce roman, donc, je l’ai envoyé à plusieurs éditeurs, dont deux grands. J’obtenais deux rendez-vous et, lors de ces deux entretiens, on m’a fait comprendre que mon histoire manquait un peu de sentiments, pour ne pas parler plus crûment.

J’avoue, je ne me suis jamais livré à cet exercice d’écriture (que j’ai trouvé assez savoureux par la suite), mais j’ai décidé alors d’essayer pour ce troisième roman. Et puis voilà, en effet j’y ai pris du plaisir, un plaisir d’écriture, car ce n’est pas facile de décrire des choses comme cela sans être vulgaire. Il faut être un peu excitant, faire approcher le lecteur assez près, d’une réalité charnelle et rigolote. La frontière entre les deux (vulgarité et amusement) est assez mince et on peut très vite basculer de l’un à l’autre.

CP. Le récit des différentes batailles navales relève d’une précision étonnante et bluffante, quasi-cinématographique d’ailleurs. D’où est née cette inspiration ?

TM. Dans le spectacle horrible des guerres qui ne véhicule que des images abominables et révoltantes ; le plus spectaculaire, si l’on ne s’approche pas trop près, c’est la bataille navale. Quand les gens se font la guerre sur terre, ils veulent se tuer, démolir tout ce qu’il y a autour d’eux pour l’ensevelir sous les gravats, l’exploser en charpies. Une brutalité d’une sauvagerie que je trouve vulgaire et pour le coup, déplaisante. Alors que, sur l’eau, c’est très différent. Ce qu’on veut maîtriser, d’abord ce ne sont pas les armes, c’est le décor, ce sont les bateaux. Tout l’art de la guerre sur l’eau ce n’est pas de démolir l’adversaire c’est d’être là où on peut le subjuguer, où on peut le dominer par le placement sur l’eau beaucoup plus que par la force de ses armes ou le talent de ses équipages.

Cette bataille navale-là est assez poétique dans son côté spectaculaire en même temps que c’est probablement une des formes de guerre les plus horribles qui soient. Il est plus épouvantable de se battre sur des bateaux que de se battre, à l’époque j’entends (j’ose, tant pis) même dans les tranchées. Il y a une proximité indispensable, il y a souvent peu, d’échappatoires. C’est moins féroce que violent. De loin, une bataille navale cela peut être très beau, très emportant. (je pense aux fumées, aux bateaux qui tournent, au mouvement de la mer qui bouleverse tout, etc.).

Dans cette histoire, l’un des personnages appartenait à ma famille. Il s’était battu, mais dans la marine royale, mais non corsaire. J’ai entendu ces histoires-là, il y a quelques écrits qui restent. C’est pour le côté « racines », vraisemblable, mais le reste s’appuie beaucoup sur toutes mes lectures, celles de mes maîtres, Forester et Kent, par exemple. Des virtuoses de la peinture des batailles navales. Si on les aime, on est assez habité par eux et parce qu’ils ont fait pour pouvoir essayer ensuite et avec beaucoup de modestie d’adopter leur style dans un registre identique.

CP. Comment faites-vous pour parvenir à ce bel équilibre entre divertissement et instruction, rigueur et légèreté, action et description ? Où se situe votre plus grand plaisir d’écriture ?

TM. Je n’en sais rien. Je n’ai pas de modèle, pas de recette. Cela me vient comme ça et quand ça me prend, mon crayon est un canon. Je suis complètement dedans. Quand un bras est réduit en charpies, c’est mon bras qui souffre. J’ai mal à leur place. Ça me saisit un peu. J’y suis, je suis l’acteur, le gars, c’est moi, je suis trente ou quarante à la fois. Ce n’est pas eux qui m’habitent c’est moi qui les habitent et je me laisse faire.

Le décor de mon boulot, de mon enfance, c’est la mer et la mer, c’est fluide. La mer c’est ma mère donc j’ai adopté sa fluidité. Il n’y a pas de méthode. Mais pour la fluidité entre les deux époques, il y a un travail d’éditeur. Dans un journal, nul ne touchait à mes papiers. Là, c’est différent. Évelyne Lagrange (l’éditrice) m’a demandé de déplacer certaines parties de l’histoire plus en amont, de raccourcir certaines séquences et de les séparer en deux pour mieux équilibrer l’ensemble. C’est à elle qu’il faut rendre hommage. Je me suis soumis à ce « re-travail » avec beaucoup de plaisir. J’ai aussi changé la fin, selon ses conseils. Là encore ce fut une collaboration très pertinente.

CP. Quels sont vos projets à venir ?

TM. Je travaille depuis 10 ans environ sur un ouvrage qui s’appellera Le roi Chocolat. C’est l’histoire de Banania. C’est une histoire d’origine familiale très romanesque et passionnante qui me tient particulièrement à cœur.

Elle commence avec l’histoire d’un journaliste lyrique envoyé spécial en 1910 pour couvrir l’inauguration d’un opéra par le chanteur Caruso, quelque part en Amérique du Sud. À cette époque, le voyage est long et s’effectue à bord d’un grand paquebot. Lorsque ce journaliste-aventurier débarque à Veracruz, au Mexique, c’est le début de la révolution du général Diaz. Il réussit néanmoins à boucler son sujet, mais, lorsqu’il s’apprête à retourner en Europe, la guerre s’est étendue depuis le nord du Venezuela jusqu’aux frontières mexicaines. Avec son chauffeur, il est obligé de faire halte quelques semaines dans un village au Nicaragua à cause du danger et dans l’attente de trouver une ouverture pour regagner la France. Homme blanc, accompagné d’un chauffeur, il est traité avec égard par la population autochtone et nourri avec des mets raffinés (de l’iguane farci aux sauterelles en croûte). Pas forcément séduit par cette nourriture « goûteuse », il est attiré par un type d’aliments donné aux malades, aux femmes, aux travailleurs nombreux qu’il faut nourri à moindres frais. Cela ressemble à de l’eau chaude mélangée à du sucre, de la farine de bananes et du cacao pilé. Cette boisson fortifiante semble profiter à la population et surtout paraît moins âpre à avaler que l’iguane farci.

Finalement, après quelques aventures, il parvient à embarquer et rentre en France. Il retrouve son milieu de petite bourgeoisie moyenne ennuyeuse. Il s’exerce pendant plus d’un an à mettre au point la recette de cette boisson et fonde une petite fabrique qui devient vite une usine. Le succès est fantastique. Lorsque la guerre éclate, ce journaliste devenu entrepreneur a un coup de génie. Très patriote, il décide d’affréter, à ses frais, depuis la gare de l’Est, quatorze wagons de boîtes de Banania sur le Front. Ce qui lui assure une fortune colossale après la guerre. Jusqu’à tout, perdre ou presque. Mais sans jamais renoncer à son esprit d’aventure...

Bibliographie

- 2013 Sangs-Mêlés (Ancre de marine)

- 2016  Le baiser de la tortue (Gaïa)

Ces ouvrages sont disponibles sur http://www.chapitre.com/

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Seghers : une rentrée à la recherche du lien entre tradition et modernité

La réorganisation des maisons décidée en octobre 2020 aura conduit Antoine Caro à la tête de Seghers. Une première rentrée littéraire, donc, qui amorce les trois axes de développement — tout en renouant avec l’histoire même de la maison. Poésie, beaux livres, littérature, la transition s’inscrit dans la tradition, celle d’une époque où Pierre Seghers conjuguait les genres et les talents. 

07/09/2021, 11:01

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Eric Zemmour : “Comment je suis devenu auteur-éditeur”

ENTRETIEN EXCLUSIF – La France n'a pas dit son dernier mot sera le prochain livre d'Éric Zemmour. Une aventure éditoriale qui commence avec une rupture à l’initiative de son ancien éditeur, Albin Michel. Sans maison pour son prochain livre, le polémiste a choisi de monter sa propre société d’édition — Rubempré. Et de confier à Interforum la distribution de ses livres sur le territoire, et dans la francophonie. Il revient avec nous sur cette démarche, plutôt inédite pour un auteur de best-sellers.

25/08/2021, 17:32

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“Connaître et comprendre : les traducteurs ont toujours eu ce rôle d’explorateurs”

Docteure en littérature française et comparée, Lise Chapuis s’est un beau jour passionnée pour l’italien. Au point de faire métier de traduction. Elle dirige également la collection Selva selvaggia, des éditions L’Arbre vengeur, où, là aussi, elle offre aux lecteurs français de découvrir de nombreuses oeuvres du Bel paese – classiques et contemporaines. Entretien, tout en nuances.

11/08/2021, 10:46

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BD 20-21 : “La bande dessinée vit une crise de croissance particulièrement aiguë”

L'année de la bande dessinée, imaginée pour l'année 2020 et finalement étendue sur une partie de 2021 en raison de la crise sanitaire, s'est terminée en juin dernier. Voulue par le ministère de la Culture, organisée par le Centre national du livre et la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image, l'opération s'organisait parallèlement à la remise du rapport Racine, très attendue par les auteurs et autrices. Pierre Lungheretti, directeur général de la Cité de la BD, estime que l'année de la BD a permis de mettre en avant la situation des créateurs et de lancer le processus de réformes.

05/08/2021, 17:16

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Alessio Forgione : un dialecte napolitain qui “s’étend bien au-delà des mots”

Le dernier livre d’Alessio Forgione, Napoli mon amour, est paru en début d’année chez Denoël. Traduit par Lise Caillat, ce roman parcourt une ville où désespoir et solitude s’entremêlent, pour Amoresano. Jusqu’à l’arrivée de Nina. Et soudainement, les rues napolitaines n’ont plus la même saveur. Entretien avec la traductrice.

05/08/2021, 11:54

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Luca di Fulvio : “Mes personnages veulent suivre leur propre chemin”

Son sourire enjôleur et lutin fascine : rencontrer Luca Di Fulvio, c’est plonger dans le charme d’une autre langue, et dans une littérature d’un autre monde. Les lecteurs qui l’ont découvert avec Le Gang des rêves auront le bonheur de le retrouver dans un roman plus italien cette fois. Conversation avec un dilettante particulièrement attaché à son art…

15/07/2021, 16:46

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Philipp Weiss : “Nous n’avons pas de langue pour décrire le temps présent”

Pour la rentrée littéraire, certains se satisfont d’un roman. Avec Le grand rire des hommes assis au bord du monde, dans une traduction de l'allemand par Olivier Mannoni, Philipp Weiss s'aventure dans une oeuvre totale : cinq livres, dont un manga, à travers les 1200 pages d'une épopée rare. Rencontre avec cet auteur à l'oeuvre hors norme. 

05/07/2021, 10:38

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Le livre, bien essentiel : “L’une des plus importantes victoires” de 2020

Près de soixante-dix maisons françaises et italiennes auront pris part aux journées d’échanges organisées à l’initiative de l’Association des éditeurs italiens. Engagé à la tête de cette organisation depuis 2017, Ricardo Franco Levi intervient régulièrement dans nos colonnes, apportant éclairages et interventions sur le marché italien. Depuis Milan, il revient sur ces trois jours, manifestement riches.

24/06/2021, 15:36

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Entretien avec Emanuela Canali, responsable des droits étrangers de Mondadori Libri

Le site NewItalianBooks, qui promeut les maisons d'édition et la culture italiennes à l'étranger, a réalisé un entretien avec Emanuela Canali, responsable des droits étrangers chez Mondadori Libri. Ce dernier est le groupe de presse le plus influent en Italie. Interrogée par Paolo Grossi, directeur du site, elle revient sur l'influence du livre italien à l'étranger. Par Paolo Grossi.

22/06/2021, 12:25

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D'Amélie à Mademoiselle Nothomb : “Tu es encore là toi ?!’

Amélie Nothomb rencontrera pour la première fois depuis très longtemps son public ce samedi 12 juin, dans le cadre du Festival Les mots libres à Courbevoie. On sait combien elle entretient un rapport très particulier, dans tous les sens du terme, avec ses lecteurs, et son impatience à l’idée de les revoir n’était pas feinte. En attendant la rentrée littéraire et son prochain titre, Premier Sang, discussion autour de son dernier roman paru, Les aérostats, des monstres et de l’écriture, et de ses lecteurs.

04/06/2021, 11:47

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Voutch : “Un dessin d’humour, c’est un rébus, entre le texte et le visuel”

Avec une exposition en trois parties, Voutch régalera le public des Mots libres, festival qui s’ouvre ce 1er juin à Courbevoie. Une composition réunissant ses dessins réalisés pour un livre sur les Fables de La Fontaine en 2018, ainsi que des dessins de son dernier album De surprise en surprise. Et puis, des strips, ces petites BD commencées en 2016 sur un blog du Monde, avant de devenir deux livres au Cherche midi.

31/05/2021, 09:13

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Karl Zéro : l'absence de pub “donne une indépendance éditoriale”

À 59 ans, le journaliste Karl Zéro se lance dans une nouvelle aventure : il vient de lancer avec les éditions Télémaque L’Envers des affaires, un trimestriel décidé à prendre son temps. Une revue consacrée aux grandes enquêtes de notre époque, entre décryptages, analyses et théories. Et qu’il nous présente, avec élégance et sourires.

10/05/2021, 09:10

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Écouter des bandes dessinées, l'audacieux pari de Blynd

La jeune société de production audiovisuelle Blynd, installée à Lyon, s'est lancée dans un projet relevé : adapter des bandes dessinées au format audio, en s'affranchissant du support graphique. Tim Borne, cofondateur, revient avec nous sur les enjeux et les défis de ces adaptations sonores.

27/04/2021, 14:58

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La Grange Batelière : éditer “de la littérature populaire dans des livres précieux”

Antoine Cardinale collabore aux Ensablés depuis plusieurs année : cette interview qu'il nous propose a été réalisée suite à la publication d'un livre "oublié" d'Alexandre Dumas, Black, par une maison d'édition courageuse, qui soigne en outre la présentation de ses livres.. Par ailleurs, les Ensablés cherchent également à promouvoir les maisons d'édition pas forcément très connues, mais qui ont le courage de publier des livres... perdus dans les sables.

25/04/2021, 10:23

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“Le livre résiste partout, en France et en Italie” (Vincent Raynaud)

ENTRETIEN – « Je suis devenu traducteur d’italien parce que c’est l’une des langues que je lisais et quand j’ai commencé, il y a 20 ans, fin 2001, bizarrement il n’y avait pas beaucoup de traducteurs de l’italien. Il y avait d’excellents traducteurs, mais ils n’étaient pas très nombreux », nous explique Vincent Raynaud, qui officie également en espagnol et en anglais. Un entretien croisé entre France et Italie, autour de la littérature et de ses auteurs.

23/04/2021, 14:10

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Voyage dans la Rome de Gianfranco Calligarich, avec sa traductrice

Voici l’un des textes « intemporels » de la littérature italienne : Le dernier été en ville de Gianfranco Calligarich. Depuis 1973, date de sa parution, l’ouvrage du cinéaste et dramaturge, L'ultima estate in città, était resté inédit en France. Ancré à Rome, dans les années 60, il suit les déboires du jeune milanais Leo Gazzarra, perdu dans une vie privée de sens. Entretien avec la traductrice Laura Brignon.

13/04/2021, 09:51

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Bientôt morts, vivants en sursis : Pré-Mortem, à découvrir en 6 séries et films

Patrick McSpare vient de faire paraître aux éditions Leha son dernier roman, Pré-Mortem. Ce passionné de mythologie celtique fait toujours naviguer ses univers entre un monde réel et des créatures fantastiques, pas toujours commodes. Dans ce livre, l’humanité tout entière apprend le jour précis de sa mort, lors de l’apparition de Banshees, le 31 octobre. Joyeux Hallloween…

02/04/2021, 09:43

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Juan Branco : “Il y a encore la possibilité d’une guerre civile dans ce pays”

ENTRETIEN — En 2018, Juan Branco publiait Crépuscule, un ouvrage qui mettait en lumière les puissances à l’œuvre derrière l’ascension d’Emmanuel Macron. Devenu un best-seller, le pamphlet avait accompagné l’élan révolutionnaire des Gilets jaunes. Aujourd’hui, l’avocat dissident publie un nouveau manifeste aux éditions Michel Lafon : Abattre l’Ennemi. Au sein de cette œuvre dont le titre annonce déjà la couleur, c’est une refonte totale de la politique française qui est proposée au lecteur « Ce livre est là pour aider ceux qui le souhaitent à rompre avec le système existant dans les mois et années à venir. »

 

31/03/2021, 15:27

Autres articles de la rubrique À la loupe

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Des oniomanes et des livres : bande de malades...

Battre le fer tant qu’il est chaud ? Chez un forgeron, ou un maréchal-ferrand, l’expression s’entend sans peine. Généralement, cette invitation à rejeter la procrastination se comprend sans difficulté : le risque est d’accumuler les tâches, au point de se trouver fort dépourvu quand la bise pointera son nez. Dans l’édition, on tarde encore à adopter le terme japonais, tsundoku – qui, littéralement, désigne l’empilation de livres non lus. 

26/11/2021, 17:50

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Pass sanitaire : des libraires défendent l'accès aux bibliothèques pour tous

Il y a un an, le secteur du livre et le monde de la culture se mobilisaient pour que les librairies restent ouvertes lors du deuxième confinement, autour d'une pétition lancée par François Busnel et un appel commun du Syndicat de la Librairie Française, du Syndicat National de l'Édition et du Conseil Permanent des Écrivains. Aujourd'hui, des bibliothécaires appellent à une quatrième journée de mobilisation nationale ce mercredi 1er décembre, pour permettre à tous les publics et notamment tous les enfants d’accéder aux bibliothèques sans pass sanitaire, des libraires de toute la France apportent leur soutien à cette lutte.

26/11/2021, 12:39

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L'écrivain face aux censures et violences de la société civile

Dans le cadre de la célébration du Centenaire du PEN Club français, un colloque s’est tenu à la Bibliothèque nationale de France, le 12 octobre 2021, sur le thème Censures et autocensures : les littératures aujourd’hui. L’ensemble de cette demi-journée, ouverte par Laurence Engel et Antoine Spire, a fait l’objet d’une captation par les services de la BnF. Nous reproduisons avec son aimable autorisation l'intervention d’Antoine Spire, président du PEN Club français.

26/11/2021, 09:34

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Des retards de livraison en librairie et la chaîne du livre menace d'exploser

La crise du papier et de son approvisionnement continue d’angoisser, à raison. Car avec elle, une autre pénurie sévit : celle des recrutements pour les entrepôts. Emplois mal payés, éprouvants… les candidats ne se bousculent pas au portillon. Et depuis des semaines, les transporteurs ne suivent plus : une carence de chauffeurs routiers est partout observée.

24/11/2021, 15:58

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Bubble Tea raffinés, patisseries japonaises et mangas : bienvenue au Renard Café

L’épidémie Covid a vu naître de splendides collaborations — certaines aboutissant même à des créations d’entreprises. Tout commence quand, durant le Confinement 2, Romain Gaia, propriétaire de Tomo, maison de dorayaki (les succulentes pâtisseries japonaises) contacte Mickaël Brun-Arnaud, propriétaire de la librairie Le Renard doré, spécialisée dans les manga et la culture japonaise. Un dénominateur commun qui, près d’un an et demi plus tard, débouche sur Le Renard Café… Rencontre avec ces entrepreneurs, sur les lieux du crime.

22/11/2021, 15:19

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Krisztina Tóth : “La société hongroise est malheureusement malade”

La romancière hongroise Krisztina Tóth aura passé six semaines de résidence d’écriture à Cognac, sous les auspices de Jean Monnet. Elle signe, dans le cadre du Festival des littératures européennes, un texte émouvant et personnel, comme une adresse aux lieux et aux personnes rencontrées. Il est ici reproduit, avec son autorisation (qu’elle soit remerciée) dans son intégralité.

18/11/2021, 19:33

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Profession : petites (et grandes) mains d'un festival littéraire

Débarquer à la gare, trouver un sosie de George RR Martin qui attend, panneau dans les mains, béret vissé sur la tête et longue barbe débordant sous le masque. « Je suis votre chauffeur », assure-t-il avec le sourire que l’on devine. Marc* est l’un des cinquante bénévoles qui mèneront durant six jours les navettes, l’installation des tables, des décorations et tant d’autres détails. Profession : bénévoles. Option : passionnés.

18/11/2021, 16:25

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Cotisations URSSAF : des “montants souvent exorbitants” pour les créateurs

À quelques semaines des fêtes, les services de l’État poursuivent leur quête zélée : les artistes auteurs viennent de recevoir des relevés de cotisations hors-sol, après un traitement 2020 passablement défavorable. Outre les éternels dysfonctionnements de l’outil URSSAF, devenus tristement proverbiaux, les demandes formulées s’avèrent imbittables. Dans un communiqué commun de l’intersyndicale, reproduit ici dans son intégralité, les organisations clament leur indignation.

17/11/2021, 09:38

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Maison du dessin satirique : “S’il te plaît, dessine-moi un serpent de mer…”

Le 15 janvier 2020, à l’occasion de ses vœux à la presse, le Président Macron annonçait la création d’une maison du dessin satirique et du dessin de presse. Depuis, rien, ou presque. L’annonce du lieu choisi pour cette maison devait être faite en janvier 2021, puis au printemps, puis à l’automne et… rien. ActuaLitté mène l’enquête, à la recherche du dessin perdu.

16/11/2021, 11:34

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Suisse : “Pour le secteur de la culture, le certificat sanitaire est essentiel”

Ce 28 novembre, la Suisse devra s'exprimer sur le renforcement de la loi Covid-19. L'Association professionnelle des autrices et auteurs de Suisse, Ad*S poursuit sa mobilisation et réitère l'appel, finalement fructueux, lancé en mai dernier. Dans une tribune diffusée ci-dessous, l'Ad*S insiste sur les enjeux de la législation pour les créateurs.  

15/11/2021, 13:57

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Suisse : Gaston Lagaffe, ou la clownerie des antivax (avec un L pour être poli)

EDITO – Révélation : pour le plus grand bonheur des amateurs, le président de la Confédération suisse, Guy Parmelin, compte parmi les Gastonophiles avisés et autres adeptes de la Franquintescence. Et il le démontre. Durant une conférence de presse, le président helvète a employé les grands moyens, ayant recours à l’unique argument audible (et salvateur) quand toute forme d’intelligence a déserté : Gaston Lagaffe. M'enfin ?

11/11/2021, 18:28

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De Léna Situations à Beigbeder : les nouveaux critères de la qualité littéraire

Vous souvenez-vous ? Il y a un an, la YouTubeuse Lena Situations publiait Toujours plus + = +. Son livre connut un grand succès (355.308 exemplaires, donnée Edistat) et Frédéric Beigbeder écrivit une chronique épicée qui indigna les fans de la jeune plume. Pendant quelques jours, le chroniqueur fut moqué, considéré comme un homme de l’Ancien Monde qui ne supportait pas qu’une influenceuse puisse être n° 1 des ventes. Une interprétation facile, simple variation sur le thème du vieux con contre le jeune con. Par Arthur Constance.

11/11/2021, 10:20

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Pass sanitaire en bibliothèque : des auteurs et autrices BD “préoccupés” et “solidaires”

Plus d'une centaine d'auteurs et d'autrices de bandes dessinées, dessinateurs, coloristes, scénaristes ou éditeurs et éditrices cosignent une tribune sur le site L'Insatiable. Reproduite ci-dessous, elle appelle à la levée du Pass sanitaire dans les bibliothèques territoriales pour les usagers. Le 10 novembre prochain, des bibliothécaires et d'autres professionnels des services publics culturels participeront à une nouvelle journée d'action nationale, pour pousser les pouvoirs publics à réagir.

08/11/2021, 11:28

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Pour un accès sans entraves à la Bibliothèque des Abattoirs

Des chercheurs, enseignants et artistes cosignent une tribune collective appelant à une plus grande ouverture de la Bibliothèque des Abattoirs, lieu d'exposition d'art moderne et contemporain de la ville de Toulouse. Un accès réduit à cette dernière lèsera les enseignants, les étudiants, mais aussi les artistes et les amateurs et amatrices d'art, soulignent les signataires.

05/11/2021, 10:34

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Montreuil : des éditeurs indépendants réclament “une baisse du coût” du SLPJ

La Fédération des éditions indépendantes vient de communiquer à ActuaLitté un courrier adressé aux organisateurs du Salon du livre de Montreuil. Le courrier du président, Dominique Tourte, est ici reproduit dans son intégralité. Il souligne les dysfonctionnements que constate la Fédération, et les impératifs pour les exposants.

03/11/2021, 15:32

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En Occitanie, une agence pour librairies vise proximité et digital

« Avec la librairie, j’ai repensé mon activité et ma formation première, de graphiste. J’avais quitté mon travail et entamé une formation pour devenir libraire », commence Flore Cutuli Lebertre. Aujourd’hui, après des stages, arrivé post-confinement, elle se lance dans une autre aventure : la communication digitale, pour les librairies d’Occitanie. « J’avais des rêves en tête, sans savoir où j’allais : maintenant, cela se dessine », sourit-elle.

02/11/2021, 11:54

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“Le petit monde schizophrène de l'Imaginaire“

Auteurs et éditeurs de l’imaginaire — francophones — vivent dans une dimension parallèle au commun des mortels. Une dimension qu’ils sont les seuls à connaître. Par Guilhem Meric. 

29/10/2021, 12:08

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Ma toute première page, toute, toute première page 

Elles se ressemblent, passé le carton de la couverture, dont le dos gémit dans un mouvement inconnu encore. Ces premières pages passées distraitement, avant de parvenir au sésame : le premier chapitre d’une nouvelle histoire. Ces premières pages, à peine regardées, dégagées du pouce, dans un feuilletage méthodique : une, deux, trois peut-être, quatre rarement, recto-verso méticuleusement évacuées… Ah, ces toutes premières pages.

22/10/2021, 16:31

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Manuscrits musicaux : le nécessaire rééquilibrage de la relation avec les éditeurs

Le Syndicat français des compositrices et compositeurs de musique contemporaine (SMC) vient de réagir suite à la vente aux enchères de manuscrits de compositrices et compositeurs vivants. Le syndicat dénonce notamment les dérives non-déontologiques entraînées par certaines clauses abusives dans les contrats d’édition musicale et appelle à un rééquilibrage des relations entres les éditeurs et les compositrices et compositeurs.

22/10/2021, 12:50

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Sexisme, harcèlement : “Moi aussi, j'aurais dû être protégée.”

Institution dans le milieu de l’Imaginaire, le festival d’Épinal représente un moment précieux pour les professionnels. Au point de parvenir à faire la pluie et le beau temps sur des carrières, suivant que l’on soit accepté ou blacklisté. Nombre de livres s’y sont décidés lors de rencontres informelles, tandis qu’au cours de ses quatre journées, la manifestation rassemble une véritable communauté – le Fandom. L’édition 2021, elle, aura marqué un tournant.

21/10/2021, 15:06

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Rencontres avec ces libraires qui s’en foutent de la rentrée littéraire

REPORTAGE – Avec ses chiffres clinquants, ses stars qui pavoisent, ses nouveautés « jubilatoires » et ses jurys qui polémiquent, la rentrée littéraire devrait tous nous passionner. Et quand on dit “tous”, on pense en premier lieu, bien évidemment, aux libraires. Et pourtant… ActuaLitté est allé à la rencontre de plusieurs commerçants du livre, à Strasbourg. Il s'en dégage comme une odeur d'indifférence pugnace.

18/10/2021, 10:35

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Lettres du monde : Essentiel !, comme une évidence

Festival des littératures du monde, la prochaine et 18e édition de Lettres du monde se tiendra du 19 au 28 novembre, à travers la métropole bordelaise et la Nouvelle-Aquitaine. Partenaires privilégiés de cet événement où auteurs et lecteurs convergent, les librairies de toute la Région. Cécile Bory, Présidente des Librairies Indépendantes en Nouvelle-Aquitaine et Directrice de la librairie Georges (Talence), nous en dit quelques mots.

15/10/2021, 13:18

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“L'édition indépendante est une fiction”

L’indépendance éditoriale, entendue comme une liberté de publier, ne se laisse pas définir facilement. Elle est affaire de jugement, d’auteur(e)s, d’éditeurs(trices), selon des critères qui leur appartiennent, et des publics aussi — et de la nature du régime politique en cours. Par Gilles Kujawski, ancien commercial d’Editis, militant à La France Insoumise.

12/10/2021, 12:47

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“Quand t’auras 12 ans, tu seras privé de bibliothèque”

Depuis les extensions du Pass sanitaire dans les lieux culturels à des tranches d’âge plus jeunes, les phénomènes d’exclusion s’amplifient. Si bien des gens n’avaient pas mesuré ce que ces décisions impliqueraient, voici les effets pervers qui se profilent. Alors qu’une nouvelle mobilisation nationale est annoncée pour mercredi 13 octobre dans les bibliothèques municipales, un collectif de professionnels signe dans nos colonnes une tribune allant dans ce sens diffusée ci-dessous dans son intégralité.

09/10/2021, 10:20

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Prix du livre et frais de port : “Le marché va en souffrir, pas Amazon”

Arrivée à l’Assemblée nationale pour son adoption, la loi concernant les frais de port fera florès : qui, après l’année 2020, refuserait un projet de soutien aux libraires ? Qui, devant le vorace Amazon, éconduirait l’effort pour rétablir une concurrence saine sur la vente à distance de livres ? En somme, qui aurait intérêt à ce que les frais d’envois postaux d’un livre n’augmentent pas ? De fait… quelques nuances s’imposent.

06/10/2021, 11:33

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Retraites : quand l'ADAGP a vite fait de jeter les artistes-auteurs en Ehpad

Il suffit parfois d’un message publicitaire bien tourné pour qu’une population entière s’engouffre dans un produit. Et aussi d’un martèlement régulier — comme le savent les enseignants, pour que ça rentre, faut répéter… Mais en d’autres moments, plus sensibles, la réclame fait bondir à s’en enfourner la tête dans l’écran. Le traducteur littéraire et syndicaliste Lionel Evrard nous en donne ici une illustration…

04/10/2021, 16:31

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Les “opposants politiques” et le régime de Loukachenko en Biélorussie

Les réactions se multiplient pour dénoncer le régime mis en place par Alexandre Loukachenko, président de Biélorussie. Réélu en août 2020, il a marqué son retour par plusieurs attaques portées contre la liberté d’expression. Et plus spécifiquement des associations d’auteurs. L’association professionnelle des autrices et auteurs de Suisse monte à son tour au créneau, dans un texte communiqué à ActuaLitté, ici reproduit en intégralité.

04/10/2021, 12:17

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Complaintes de la bibliothèque

Ce matin, ton regard était froid et distant. Presque je t’aurais entendu ravaler tes sanglots, quand entrant dans la pièce, tu m’as tourné le dos. Enfin, tu l’aurais certainement souhaité, mais inamovible, tu m’as battu froid. Dans ce silence que je connais, tu m’as laissé déposer ce vélo coutumier, sans broncher. Et après le premier café, timidement, tu as geint : « Tu ne me regardes plus comme avant ! » Mince : ma bibliothèque parle ?

01/10/2021, 13:59

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Hommage aux traducteurs et aux traductrices, artistes du verbe depuis plus de deux millénaires

La journée mondiale de la traduction (30 septembre) pourrait sans problème être renommée journée mondiale des traducteurs et des traductrices. Ceux-ci sont souvent peu visibles derrière leur art alors qu’ils contribuent au savoir et à la culture depuis plus de deux millénaires. Leur apport est immense, au passé comme au présent. 

30/09/2021, 09:59

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Des ministres de la Culture francophones s'engagent à “promouvoir l’accès au livre”

Les 23 et 24 septembre derniers, des ministres de la Culture de plusieurs États francophones ont participé aux États généraux du livre en langue française, échangeant avec les professionnels du secteur pour élaborer une stratégie visant à dynamiser le secteur et la circulation du livre dans l'espace francophone. Parallèlement, les ministres de la Culture de 9 États francophones cosignent une déclaration, reproduite ci-dessous en intégralité.

28/09/2021, 16:34

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Comment lire un roman écrit par une voiture ? 
La doxa littéraire face à l’Intelligence artificielle

Dans son roman de 2002, Exemplaire de démonstration, Philippe Vasset vantait ironiquement les vertus du Scriptgenerator, un logiciel rédacteur de best-sellers paramétrable par l’éditeur en fonction d’un public cible. En 2016, avec Ada, Antoine Bello imaginait à son tour une intelligence artificielle spécialisée dans le roman sentimental. Il se trouve que ces fictions de robots-écrivains sont de moins en moins improbables. Par Pascal Mougin, université Paris-Saclay.

27/09/2021, 09:48

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Crise à l'Academie : du prix Goncourt au prix d’amis ?

Tout cela ne manque pas de piquant, il faut le croire... Récuser un membre du jury, quand c’est une femme ? La chose passerait mal – le Goncourt n’en compte que trois, sur ses dix membres. Se récuser, quand on a possiblement franchi la ligne rouge ? Les statuts de l’Académie, modifiés en 2008, n’en font pas expressément état. Pour autant, les dernières révélations de France Inter sur un possible conflit d'intérêt interrogent le lecteur. La Littérature, certes, mais à tout prix ?

23/09/2021, 07:29

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“Un libraire doit-il vendre le livre d’Eric Zemmour ?”

Voilà une semaine maintenant que La France n’a pas dit son dernier mot est disponible dans les différents points de vente et en ligne. Un succès revendiqué par l’auteur du Destin français, dont la mise en place dépassait les 150.000 exemplaires. Avec un cas de conscience qui se pose chez les libraires : vendre ou ne pas vendre Éric Zemmour. Marc Georges, qui dirige La Demeure du livre, à La Perrière (Orne), intervient dans nos colonnes avec quelques réflexions à partager.

20/09/2021, 09:04

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Babel, Sisyphe et Tantale dans un bateau : mettre le Horla à la rentrée littéraire

Outre le raccourcissement désormais flagrant des journées, les aléas météorologiques qui contraignent à troquer bermudas et t-shirts pour jeans et chemises, tout va bien madame la Marquise. Alors d’où me vient cette langueur que Verlaine n’aurait pas boudée ? Une anémie qui ne doit rien à mes globules rouges, merci pour eux, et pourtant sévit, jour après jour… La réponse était dans l’énoncé. Ou plutôt, sur le bureau d’en face…

18/09/2021, 13:01

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Raphaël Glucksmann : “La politique souffre d’abord d’une absence de littérature”

ÉVÉNEMENT – Au fil des éditions, les Bibliothèques idéales de Strasbourg voient de plus en plus grand. Cette année, malgré les complications épidémiques, « les Livres ont pris le pouvoir », bel et bien : 200 écrivains, intellectuels, acteurs et musiciens ont investi la capitale alsacienne pendant 10 jours pour faire de ces rencontres un rendez-vous incontournable de la vie culturelle d’abord strasbourgeoise, ensuite alsacienne, bientôt française. Retour d’expérience. 

15/09/2021, 17:33

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Dicker, Zemmour et Sattouf : comment l'indépendance des auteurs effraie l'édition

Dicker, Zemmour, Sattouf : trois noms significatifs dans l’édition puisqu’ils pèsent à eux seuls plusieurs millions d'euros de chiffre d’affaires. Ils ont tous opté pour un changement de paradigme, mais réellement en rupture avec l’industrie du livre jusqu’à lors connue ? Pour point commun, un outil de diffusion et distribution qui leur ouvrira les portes des libraires, grandes surfaces culturelles et autres enseignes… Bref, les points de vente du livre. Un schéma disruptif, supposément, qui provoque des sueurs froides dans l’ensemble du milieu. Panique à Saint-Germain ?

10/09/2021, 11:52