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“La conscience de la présence et du travail du traducteur a évolué chez les lecteurs” (ATLF)

Les traducteurs ne comptent pas pour du beurre : c'est un peu l'idée que cherche à faire passer l'ATLF, Assocation des Traducteurs Littéraires de France. Si ce message circule de mieux en mieux dans le monde du livre et en dehors, la défense des droits des traducteurs est bien sûr sans répit. Entretien avec Corinna Gepner, présidente de l'ATLF.

Le 13/06/2016 à 10:48 par Antoine Oury

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Publié le :

13/06/2016 à 10:48

Antoine Oury

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ActuaLitté

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

ActuaLitté : Vous êtes présidente de l'ATLF, Association des Traducteurs Littéraires de France. Quelle est votre histoire avec cette organisation ?

Corinna Gepner : Je suis entrée assez rapidement à l'ATLF quand j'ai commencé à faire de la traduction, parce que j'ai ressenti le besoin d'appartenir à une communauté professionnelle, mais aussi parce qu'il y avait un certain nombre d'informations que je recherchais — je venais du salariat et ne savais pas du tout en quoi consistait le statut d'auteur. Au bout de quelques années, j'ai jugé qu'il était temps de “réciproquer” : j'ai donc proposé mes services de relecture à la revue TransLittérature, puis on m'a invitée à assister aux séances du conseil d'administration. Et là, on m'a proposé de me présenter. C'est aujourd'hui ma 5e année au CA de l'ATLF, dont j'ai été la secrétaire générale puis la trésorière pendant 2 ans.

Qu'est-ce que l'ATLF vous a apporté en tant que traductrice ?

Corinna Gepner : D'abord, être mieux informée. Ensuite, c'est tout un apprentissage de défendre ses droits, ce n'est jamais une chose facile. Même lorsqu'on a le savoir nécessaire pour négocier avec son éditeur, c'est toujours compliqué, c'est une situation psychologique qui n'est pas évidente : je pense qu'on a plus d'assise, dès lors qu'on fait partie d'une organisation professionnelle. Et cela donne aussi une conscience différente de son métier et de soi, de sa place dans la chaîne du livre. Au bout d'un moment, on exerce d'une manière différente, avec plus de confiance.

Quel est votre parcours de traductrice ?

Corinna Gepner : Cela fait un peu plus de 15 ans que je suis dans la traduction littéraire : ce n'était pas mon métier à l'origine, mais j'y suis venue par amour de la littérature et avec un bagage linguistique familial, l'allemand. Hasards, rencontres et opportunités m'ont permis de me découvrir une passion pour ce métier. Je traduis essentiellement de la fiction. Je fais aussi des lectures pour des maisons, et je leur apporte également des projets. J'essaie de garder cette marge d'initiative qui me paraît intéressante, et je crois que c'est un des rôles importants du traducteur que d'apporter des textes aux éditeurs.

Estimez-vous que, aujourd'hui encore, la représentation du traducteur est insuffisante ?

Corinna Gepner : C'est assez variable : j'ai la chance de travailler avec des éditeurs pour lesquels le traducteur n'est pas un “soutier”, ils ont conscience que nous effectuons un véritable travail littéraire. Cela étant, ce n'est pas toujours le cas et j'ai parfois eu du mal à faire comprendre que ma tâche n'était pas celle d'une simple transposition d'une langue dans une autre.

Avec nos partenaires institutionnels, il n'y a aucun problème, le traducteur a toute sa place. Le CNL, par exemple, est un de nos plus grands soutiens, et c'est grâce à lui qu'il y a eu des avancées majeures, notamment en ce qui concerne la rémunération du traducteur. Maintenant, quand un éditeur demande une aide pour la traduction d'un livre, il doit payer au moins 21 € le feuillet de 25 lignes x 60 signes. Ce tarif plancher est pour nous d'une grande aide dans nos négociations avec les éditeurs.

C'est dans les médias et les sites marchands que le traitement est très inégal : je constate que le traducteur figure parfois en bonne place, mais que souvent il est totalement ignoré, par exemple dans la presse écrite ou audiovisuelle, sur les sites marchands et même sur certains sites d'éditeurs. L'exemple le plus flagrant en est peut-être l'absence du nom du traducteur dans les communiqués annonçant les prix accordés à des livres de littérature étrangère... En ce domaine rien n'est jamais acquis et nous faisons un travail de veille constante pour signaler ces manquements... mais aussi remercier ceux qui ne nous oublient pas.

Centre national du livre - Livre Paris 2016

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

Dans quelle mesure le Centre National du Livre reste-t-il un soutien important à la traduction ?

Corinna Gepner : Le CNL nous subventionne depuis longtemps et de manière extrêmement fidèle. Au-delà de l'apport financier — crucial pour nous —, il est un interlocuteur de choix, qui a à cœur de soutenir nos actions et de nous aider à concrétiser certains projets. Cet accompagnement est une chance exceptionnelle.

Plus généralement, la politique de subvention du CNL permet à bon nombre de livres étrangers d'être traduits et publiés en France dans des conditions financières plus aisées. Ce dispositif est assez unique en son genre et bien des pays nous l'envient.

À quoi ressemble la population des traducteurs en France ?

Corinna Gepner : Précisons tout d'abord que le terme “traducteur” recouvre des réalités assez diverses : il y a les traducteurs libéraux, dits “techniques” ou “pragmatiques”, qui ont un statut de travailleur indépendant, et les traducteurs d'édition, dits “littéraires”, qui ont un statut d'auteur. Les traducteurs-adaptateurs de l'audiovisuel, les traducteurs pour le théâtre, mais aussi un certain nombre d'autres activités (traduction de catalogues de musée, de contenus non commerciaux de sites Internet...), relèvent aussi du régime des auteurs. Ce n'est pas toujours simple de savoir à quelle catégorie on appartient pour un travail donné, et donc à quel régime on devra cotiser, d'autant que l'on peut travailler dans des domaines divers de manière concomitante. L'ATLF aide les traducteurs à comprendre comment une même activité (la traduction) se pratique de plusieurs manières différentes aux yeux des administrations.

S'agissant des traducteurs littéraires, il existe une distinction entre les “assujettis” et les “affiliés” à l'AGESSA, la sécurité sociale des auteurs. Les assujettis représentent la majorité de la population des traducteurs. Annuellement, ils ne touchent pas suffisamment de droits d'auteur pour pouvoir être affiliés à l'AGESSA, c'est-à-dire cotiser pour leur retraite. Il peut s'agir d'un traducteur qui publie une traduction de temps en temps, d'un universitaire qui traduit occasionnellement ou de quelqu'un qui travaille un peu plus régulièrement, mais n'a pas de revenus suffisants pour devenir affilié, le seuil étant fixé à 900 fois la valeur horaire brute du SMIC — cela représente grosso modo 8700 € sur l'année. Le nombre de traducteurs dits assujettis tournait autour de 4000 en 2013.

Cette distinction devrait être corrigée à l'occasion de la réforme du régime social des auteurs prévue pour prendre effet au 1er janvier 2019, et offrira à tout traducteur littéraire la possibilité de se constituer des droits à la retraite dès le premier euro perçu, mais lui imposera une augmentation de ses cotisations de 6,75 %.

Pour ce qui est des traducteurs affiliés, l'AGESSA a des chiffres plus précis, qui montrent une tendance à la hausse : en 2007, on en comptait 876 et en 2013, ils étaient 1115. C'est plutôt positif, mais cela entraîne aussi une concurrence accrue sur le marché du travail. Un certain nombre d'entre eux ont un emploi par ailleurs et ne vivent donc pas que de la traduction. Notons que l'ATLF compte 1100 adhérents, ce qui signifie que nous sommes aussi nombreux que les traducteurs affiliés. Même si cela ne recouvre pas exactement les mêmes personnes, cela montre que nous sommes représentatifs de la profession.

Comment a évolué la rémunération des traducteurs en France ?

Corinna Gepner : Selon les chiffres de l'AGESSA, le revenu annuel moyen des traducteurs affiliés était de 24.099 € en 2007, il est passé à 22.366 € en 2013.

Chaque année, l'ATLF réalise auprès de ses adhérents une enquête rémunération qui nous permet de mesurer les fourchettes de tarifs et de voir quelle est l'évolution d'une année sur l'autre. Nous prenons en compte la langue, la spécialité, le type de rémunération (à-valoir et droits proportionnels, forfait), le pourcentage de rémunération pour l'exploitation numérique... En 2004, on constatait pour l'anglais une fourchette entre 19,50 et 21,50 € pour un feuillet 25x60, et puis, à partir de 2009, on assiste à une baisse, la fourchette s'est réduite (19-21 €). Depuis cette date, les tarifs stagnent, c'est-à-dire baissent par rapport à l'inflation.

Cette baisse relative ou réelle de nos revenus est liée à la fois aux tarifs du feuillet et à un certain nombre de facteurs : la hausse des cotisations sociales, l'apparition d'une taxe de 0,35 % pour la formation continue et un prélèvement supplémentaire consécutif à la mise en place d'une retraite complémentaire depuis 2004, qui est cela dit une grande avancée pour nous.

Euro

(Quinn Dombrowski, CC BY-SA 2.0)

Une revalorisation du prix du feuillet est-elle envisageable ?

Corinna Gepner : Négocier une revalorisation du prix du feuillet est une chose relativement difficile, et nous sommes assez peu nombreux à l'obtenir. De plus, les tarifs au feuillet dépendent des langues : une langue dite “rare” permettra d'obtenir des tarifs au feuillet plus élevés, mais il y a moins de travail. Il faut également être clair sur ce que l'on entend par “feuillet”, qui est l'unité de calcul de la rémunération des traducteurs littéraires. Le feuillet dactylographié historique de 25 lignes X 60 signes s'entend espaces et blancs compris. L'arrivée du comptage informatique en tranches de 1500 signes (qui ne prend pas en compte les blancs) a perverti ce mode de calcul, débouchant sur une érosion de l'ordre de 15 à 30 % de nos rémunérations. Les traducteurs doivent donc être attentifs à l'unité de calcul utilisée lorsqu'il est question de prix du feuillet.

Dans ces conditions, négocier reste délicat. Rappelons néanmoins que les livres traduits représentent actuellement 18 % du nombre total de titres publiés, et 22 % du chiffre d'affaires des éditeurs. Il s'agit donc d'une part non négligeable de la production éditoriale. Nous jouons ainsi un rôle important dans le paysage éditorial et l'on pourrait souhaiter qu'il soit mieux rémunéré. Sachant en outre qu'il existe des disparités de rémunération en fonction du type de texte traduit : la littérature jeunesse, par exemple, ou la littérature de genre sont moins bien payées que la littérature générale.

Notons enfin que, si les cotisations sociales des auteurs connaissent une hausse constante, la cotisation du diffuseur, elle, n'a quasiment pas augmenté depuis la création de l'AGESSA à la fin des années 1970 : elle est passée de 1 % à 1,1 %. C'est l'auteur qui supporte l'essentiel du poids des cotisations.

La rémunération via les droits proportionnels a-t-elle évoluée ?

Corinna Gepner : Nous assistons là aussi à une dégradation : pendant un moment, ils tournaient autour de 2 à 3 % dans le meilleur des cas, et il y avait une pratique de droits dégressifs, ce qui signifie que le traducteur touchait par exemple 3 % jusqu'à amortissement de l'à-valoir de façon à accélérer celui-ci, puis 1 % après l'amortissement. Certains éditeurs les pratiquent encore, mais c'est devenu bien plus rare. Aujourd'hui, les droits proportionnels se situent autour de 1 %, voire moins, à 0,5 %.

La même situation se retrouve-t-elle pour les exemplaires numériques ?

Corinna Gepner : Pour les exemplaires numériques, dont le prix est inférieur à celui des livres imprimés, nous aurions pu a priori attendre un pourcentage plus élevé, qui nous aurait permis de conserver une rémunération équivalente, d'autant que le coût de fabrication de l'ouvrage est moindre. En réalité, nous sommes sur les mêmes pourcentages. Parfois, nous arrivons à monter à 2, 3, voire 5 %, mais cela reste une exception.

Qu'en est-il des conditions de travail, et notamment des délais laissés aux traducteurs littéraires ?

Corinna Gepner : En ce qui me concerne — et mon expérience rejoint celle d'un certain nombre de mes collègues —, j'ai des éditeurs qui me laissent vraiment le temps de travailler un texte, c'est-à-dire entre 8 et 10 mois, et d'autres qui mettent la pression en réduisant le plus possible ce laps de temps. Cela étant, c'est aussi le reflet de l'évolution des conditions de travail des éditeurs, qui se répercute sur l'ensemble des maillons de la chaîne. L'augmentation de la production, les durées d'exploitation plus réduites, la recherche du best-seller font partie de ces politiques éditoriales qui font que les délais de travail se réduisent.

On peut noter, de façon générale, que la combinaison délais courts et faible prix au feuillet se retrouve souvent pour la traduction des littératures de genre (littérature sentimentale, young adult...), dont les lecteurs sont de gros consommateurs et où l'offre des éditeurs est plus fréquemment renouvelée. D'où l'intérêt pour les traducteurs de ces littératures d'adhérer à une organisation professionnelle comme l'ATLF pour être en mesure de mieux se défendre.

De nouvelles pratiques ont aussi émergées, comme les scantrad pour les mangas, ces traductions réalisées la nuit même de la sortie au Japon... Comment l'ATLF fait-elle face à de tels bouleversements dans le métier de traducteur ?

Corinna Gepner : Ce genre de pratiques se retrouve aussi dans l'audiovisuel avec la traduction “sauvage” de séries télévisées sur le Net en dehors des réseaux et des circuits habituels de sous-titrage. Ce n'est pas un phénomène nouveau. Ce qui est nouveau, en revanche, c'est que, dans ces domaines-là, les traducteurs professionnels se voient désormais eux aussi imposer des rythmes de travail de plus en plus rapides, parfois pour court-circuiter ces pratiques extra-éditoriales.

Il me semble que ce n'est pas à nous de prendre position sur ces questions, c'est plutôt aux éditeurs de veiller au grain. Nous pouvons rappeler la nature du travail de traduction et le fait qu'un travail de qualité et des gens compétents sont nécessaires, mais nous ne pouvons pas aller plus loin.

Quelles actions mène l'ATLF pour la visibilité des traducteurs ?

Corinna Gepner : Depuis 2 ans maintenant, l'ATLF se rend davantage en région : avec le soutien de la FILL (Fédération interrégionale du livre et de la lecture) et des centres régionaux du livre et autres agences locales, nous intervenons dans des journées d'information sur la traduction, dans des festivals ou des salons, en organisant des joutes de traduction par exemple. Ce que je constate, c'est que les lecteurs sont très intéressés par ces questions, et sont très avides d'informations à ce sujet. La conscience de la présence et du travail du traducteur a vraiment évolué de façon positive chez les lecteurs.

Sans oublier les opérations de plus en plus systématiques que nous menons sur les réseaux sociaux, par courrier ou par mail auprès des médias, des éditeurs, des jurys de prix littéraires, des festivals... afin d'attirer l'attention sur la mention du nom des traducteurs, sans qui la littérature étrangère ne serait pas accessible.

ETL, École de Traduction Littéraire - CNL (Centre national du Livre) - Salon du Livre de Paris 2015

L'École de Traduction Littéraire sur le stand du CNL au Salon du Livre de Paris 2015

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

L'ATLF s'est également très tôt intéressée à la formation initiale des traducteurs littéraires à l'université. Elle est à l'origine de la création du premier DESS de traduction littéraire à Paris 7, il y a près de vingt-cinq ans. Nous sommes nombreux à intervenir dans les masters. Côté formation continue, n'oublions pas le programme Goldschmidt à l'intention des jeunes traducteurs de ou vers l'allemand ; la Fabrique des traducteurs animée par l'association ATLAS au collège des traducteurs à Arles ; et l'École de traduction littéraire, créée par Olivier Mannoni sous l'égide du CNL et maintenant gérée par l'Asfored. L'ETL est indépendante de l'ATLF, mais les membres de cette dernière sont invités à intervenir dans la formation. L'ATLF porte une très grande attention à la formation des traducteurs — et aux débouchés qu'elle leur offre.

Qu'en est-il de la réforme du RAAP, très décriée ?

Corinna Gepner : Cette réforme est désormais sur les rails et dans l'ensemble elle est moins mal perçue maintenant qu'elle ne l'a été au départ.

Les réactions exprimées ont permis d'organiser des réunions de concertation entre le conseil d'administration du RAAP et les associations d'auteurs, et donc de tempérer certaines mesures. Nous ne pouvions pas revenir sur le principe, car nous étions contraints par la législation : pour ne pas être requalifié en régime d'assurance, il fallait adopter un principe de proportionnalité et abandonner le choix de classe de cotisations. Ensuite, nous avons dû évaluer le taux de retenue qui pouvait assurer un complément de retraite décent aux auteurs, tout en veillant à ce que la Caisse ne se retrouve pas déficitaire. Ce sont les fameux 8 %. Il y avait un équilibre à trouver.

La réforme du RAAP était une évolution inévitable et nous avons essayé — car je fais partie du conseil d'administration du RAAP — de la mener au mieux. Nous avons ainsi pris des mesures d'accompagnement pour que cela ne se traduise pas, pour ceux qui souhaitent une transition aménagée, par un basculement immédiat vers les 8 %. Ce sera une montée en charge progressive sur 4 ans, mais ceux qui le désirent pourront déjà être prélevés à 8 %. Cela étant, lorsqu'on parle d'un prélèvement de 8 % sur les droits d'auteur perçus, en réalité l'auteur n'en acquitte que 4 % puisque la moitié est prise en charge par la Sofia.

Pourquoi cette réforme a-t-elle été si mal reçue ?

Corinna Gepner : Pour certains, la situation est un peu particulière : comme nous ne bénéficions de cette retraite complémentaire que depuis 2004, le dispositif de la Sofia nous permettait d'investir de manière plus intensive pour nous constituer une retraite complémentaire, dans le peu de temps que nous avions. Pour les auteurs qui arrivent sur le marché, il est plus difficile de se plier à ces nouvelles conditions. Cela dit, en dessous d'un certain seuil de revenus (8700 €, c'est-à-dire 900 fois la valeur horaire brute du SMIC), on est exonéré de cotisations.

Cette retraite complémentaire est un grand acquis social pour nous, qui nous aligne sur les autres professions. En même temps, cela se traduit par le fait qu'il faut débourser, bien sûr. Et cela peut être problématique étant donné le caractère aléatoire de nos revenus, qui par ailleurs ne sont pas très élevés en moyenne. S'y ajoute une lassitude certaine à voir les prélèvements augmenter, les revenus stagner quand ils ne baissent pas. C'est à la faveur de ce genre d'événement qu'on peut être amené à se poser de manière brutale la question de la viabilité de son activité...

L'ATLF propose-t-elle un accompagnement juridique aux auteurs ?

Corinna Gepner : L'accompagnement juridique s'est renforcé ces dernières années en raison d'une demande croissante et nous venons de salarier, à temps partiel, un des juristes de la Société des gens de lettres. C'est une solution profitable à l'ATLF comme à la SGDL, car ce qui concerne les traducteurs permet de développer une vision plus large des problématiques qui touchent les auteurs dans leur ensemble. Je suis entrée en tant que traductrice au comité de la SGDL, j'en suis devenue la vice-présidente aux Affaires culturelles, ce qui symboliquement me paraît important.

L'autopublication s'est fortement développée ces dernières années, ainsi que la demande de traductions de la part d'auteurs indépendants. Quelle est l'action de l'ATLF sur ces sujets ?

Corinna Gepner : Il s'agit d'une question complexe, que de plus en plus de traducteurs nous posent, car ils sont sollicités. Nous avons un certain nombre de recommandations, de façon à protéger le traducteur, à faire en sorte qu'il soit rémunéré pour le travail de traduction et qu'il garde les droits sur son texte au cas où le livre trouverait un éditeur dans le pays concerné. C'est une question récurrente, sur laquelle nous allons devoir nous pencher.

Literary Translation Centre - London Book Fair 2015

Le “Literary Translation Centre” à la Foire de Londres 2015, sponsorisé, entre autres, par Amazon

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

Amazon a développé une politique aggressive pour se faire une place sur le marché de la traduction, quelle est la position de l'ATLF vis-à-vis du géant ?

Corinna Gepner : Cécile Deniard, vice-présidente de l'ATLF et vice-présidente du CEATL (Conseil européen des associations de traducteurs littéraires), s'est intéressée à la question et a rencontré les responsables d'Amazon. Je dirais que dans le meilleur des cas nous pouvons inciter Amazon à infléchir ses pratiques : ainsi, à la suite de la lettre ouverte que nous avons adressée à AmazonCrossing et aux discussions qui ont eu lieu au niveau européen, Amazon a modifié son contrat type en supprimant certaines des clauses les plus contestables. Mais sa politique ne changera pas et si cette société semble se montrer plus convenable avec les auteurs et les traducteurs, ce n'est que pour mieux se substituer aux autres acteurs de la chaîne du livre (éditeurs, libraires...). Donc la vigilance est de rigueur.

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“S'emparer des jouets laissés par Lovecraft était très plaisant” (Alex Nikolavitch)

Arkham, 1941. Le corps déchiqueté du détective Mike Danjer est retrouvé au milieu d'un monceau de papiers. Il pourrait s'agir à première vue d'un banal meurtre en chambre close. L'examen des feuillets souillés, un dossier qu'il avait constitué au fil d'une très longue enquête, démontre qu'il avait mis au jour un indicible complot. Dans le Dossier Arkham, Alex Nikolavitch nous embarque dans une aventure lovecraftienne passionnante. Et nous en dévoile ici les arcanes.

28/12/2020, 09:41

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L'Iconopop, pour plus de poésie : “Nous sommes l’allumette”

L’Iconopop est la nouvelle collection de L’Iconoclaste. Plus que de poésie, il y est question d’une parole qui vibre, qu’on lit et qui se vit à la scène, dans la rue, dans un pré, sur la toile... qu’importe ! Juste des mots sans tabou à déguster, à crier, à partager. Partout et surtout pas dans les sages cercles d’initiés. Un duo éditorial de choc se charge de coucher sur papier l’électricité contenue dans ces rumeurs éclatantes : Cécile Coulon, romancière, poète, et Alexandre Bord, ancien camarade libraire.

22/12/2020, 08:00

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Michèle Benbunan : avec Vivendi, Editis “est présent dans tous les univers médias”

« Voilà un an, Editis était place d’Italie, avec une fin d’année marquée en France par de nombreux évènements, très perturbants pour l’activité... » Michèle Benbunan, directrice générale du groupe aux 49 maisons d’édition, boucle une première année dense. Elle revient avec nous sur ces 12 mois passés.

07/12/2020, 11:27

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Les libraires des Pays de la Loire prennent le virage de la vente en ligne

ENTRETIEN – Les librairies des Pays de la Loire opèrent une transition numérique majeure, avec ce second confinement. L’association au service des librairies indépendantes des Pays de la Loire, ALIP, a observé un envol des chiffres de vente liés au click and collect.

17/11/2020, 16:32

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“L'univers de Pagnol représente la vie normale, celle qu'on ne peut avoir en ce moment”

Après avoir adapté en bandes dessinées les quatre ouvrages du cycle des Souvenirs d’enfance, les éditions Grand Angle poursuivent leur entreprise : en tout, 15 bandes dessinées sont déjà sorties dans la collection. C'est à présent avec la pièce Marius que la maison poursuit son travail autour de l'oeuvre de l’écrivain provençal. À l’occasion de la sortie du second volume de la série, nous nous sommes entretenus avec Nicolas Pagnol, petit-fils de Marcel, et garant des ayants droit de l’œuvre familiale. 

05/11/2020, 16:02

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“Les prix littéraires sont des éléments-clés de la vie du livre” (Olivier Bessard-Banquy)

Des prix, pour tous, et presque tout. Les jurys des grandes récompenses d’automne ont décidé de reporter leurs annonces, pour soutenir la librairie. Derrière cette décision, une stratégie économique est à l’oeuvre. L’universitaire français, Olivier Bessard-Banquy, spécialiste des lettres et de l'édition contemporaine décrypte avec nous cette position.

31/10/2020, 09:11

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L'agence littéraire britannique Curtis Brown se tourne vers les auteurs français

EXCLUSIF – Curtis Brown est l’une des plus anciennes agences littéraires britanniques, fondée en 1899 par Albert Curtis Brown. Depuis, la structure a amplement dépassé le cadre de la représentation d’auteurs, pour déborder sur d’autres secteurs culturels. Francophones toutes deux, Roxane Edouard et Claire Nozieres, vont lancer un pont entre la perfide Albion et l’Hexagone. 

07/10/2020, 10:06

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Marc Levy : “Avec Facebook, Mark Zuckerberg est un Goebbels moderne”

ENTRETIEN – C’est arrivé la nuit, le dernier roman de Marc Levy, traite tout à la fois de manipulation des masses par l’extrême droite, de montée des populismes, de l’infox dispersée abondamment sur les réseaux sociaux… et du scandale de l’insuline. Un nouveau genre, qu’explore le romancier ? Pas tant que cela.

30/09/2020, 17:37

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Liban : regards croisés d'éditeurs, “l'édition est le secteur le plus affecté”

Sept éditeurs indépendants au Liban témoignent, dans une série d’interviews réalisées en partenariat avec l’Alliance internationale des éditeurs indépendants, qui en assure également la traduction. Ces regards croisés permettent de mieux mesurer la situation où chacun se trouve. ActuaLitté propose ce document inédit en exclusivité.

29/09/2020, 14:42

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Stéphane Bern : “Je me ferai toujours le défenseur des bibliothèques ”

Il n’est pas homme à polémiques, pas plus que politicien. Mais attaqué sur « une regrettable maladresse », Stéphane Bern sort de sa réserve. « Je me ferai toujours le défenseur des bibliothèques », indique-t-il à ActuaLitté. Qu’on se le tienne pour dit.

21/09/2020, 07:15

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Et si la librairie de demain était coopérative, mutualiste, écocitoyenne ?

Deux années pour que le projet voie finalement le jour en 2021. La librairie Gibert Joseph du IIe arrondissement de Paris changera bientôt de mains, autant que de perspective. Un projet de Scop se met en place avec pour nom la coopérative des idées, porté par Renny Aupetit.

16/09/2020, 18:30

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Prévenir les catastrophes patrimoniales : “Le temps et l'argent se font rares”

Plusieurs catastrophes patrimoniales de grande envergure, notamment l'incendie de la Cathédrale Notre-Dame de Paris, ont dernièrement attiré l'attention médiatique et suscité l'émotion populaire. Mais ces événements sont malheureusement assez fréquents : le Groupe d'Aide en cas de Sinistre Patrimonial (GASP), en Normandie, apporte ressources et aides pour prévenir ou limiter ces catastrophes. Anthony Zurawski, chargé de mission au sein de La Fabrique de patrimoines, revient sur les activités du GASP.

03/09/2020, 11:57

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De la plantation à la fabrication de papier : ouverture d’une ferme papetière

Papetiers d’art depuis plus de cinq ans, Laurence et Bruno Pasdeloup se sont lancés dans une nouvelle aventure : ouvrir leur papeterie paysanne. Située dans le hameau de Puyberaud (Creuse), la propriété de près d’un hectare leur permettra de cultiver leurs propres matières premières et d’accueillir collaborateurs et curieux, souhaitant mettre « la main à la pâte ». 

26/08/2020, 14:18

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Île Maurice : la crise Covid a multiplié les “entraves à la liberté d’expression”

Éditrice et fondatrice de la maison Atelier des nomades, à l’ile Maurice, Corinne Fleury raconte l’incidence de la crise sanitaire sur son métier. Après 10 années de parutions, avec son conjoint Anthony Vallet, la réalité devient complexe. Et comme on le constate, l’un des enjeux actuels est celui des atteintes aux libertés d’éditer... qui sont malmenées. 

19/08/2020, 11:19

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La Gazette du Sorcier, deux décennies avec Harry Potter

Animer un site web consacré à une seule œuvre témoigne d'une certaine constance, et le faire pendant vingt ans, d'une passion dévorante. La Gazette du Sorcier, un des principaux sites francophones consacrés à Harry Potter, célèbre en 2020 deux décennies d'informations et de créations autour de l'univers créé par J.K. Rowling. 

17/08/2020, 10:33

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“La valeur des bibliothèques ne se mesure pas uniquement sur du quantitatif”

Baisse de la fréquentation et, surtout des inscriptions : la dernière édition de l'enquête « Pratiques culturelles des Français », assurée par le ministère de la Culture, apportait des chiffres assez peu réjouissants pour les bibliothécaires. L'Association des Bibliothécaires de France (ABF) appelle toutefois à relativiser ces données, par la voix de sa présidente Alice Bernard.

03/08/2020, 12:15

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Leha rachète Lynks : “L’imaginaire et la jeunesse vont très bien ensemble”

EXCLUSIF – Le monde de la jeunesse et de l’imaginaire se croisent souvent, et s’apprécient désormais un peu plus. Quelques semaines avant la rentrée littéraire, les Editions Leha – qui publient Pierre Bordage, Steven Erikson ou encore Philippe Tessier – vont reprendre les Editions Lynks. Une nouvelle corde pour l’arc de la jeune Leha.

31/07/2020, 19:00

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Mélanie Leblanc inscrit sa poésie dans les pages, sur les murs et les corps

Mélanie Leblanc aime à disséminer. En dehors des luminaires, des vitrines et des potirons ou, récemment, lors de l’exposition Relier au musée Mallarmé, sur le corps des visiteurs, elle écrit sur papier et publie. Disons qu’elle est une variété de liseron qui fait feu de tous supports. Dès qu’ils sont à sa portée, ses tiges volubiles s’y enroulent. Sa poésie est le liseron bleu, variété cultivée qui ne renie pas ses origines sauvages, le volubilis. Une forme certaine de liberté ne renonçant à explorer aucune direction.

30/07/2020, 11:36

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“Internet ne change pas la poésie, mais en modifie l’accès et la diffusion”

Président du Pen Club français entre 2005 et 2012, et désormais président d’honneur, Sylvestre Clancier aime les mots comme tout poète. Impliqué dans la vie poétique sur le territoire, mais également dans la philosophie — qu’il a enseignée au Québec — il répond à ActuaLitté. Littérature, poésie et bien d’autres au menu.

27/07/2020, 11:46

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Histoire de l’ebook #3 - Les débuts de Gallica, bibliothèque numérique de la BnF

Gallica est inauguré en octobre 1997 avec des textes et des images du XIXe siècle francophone, « siècle de l’édition et de la presse moderne, siècle du roman mais aussi des grandes synthèses historiques et philosophiques, siècle scientifique et technique ». Gallica élargit ensuite son champ d’action et devient rapidement l’une des grandes bibliothèques numériques mondiales.

16/06/2021, 13:19

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Histoire de l’ebook #2 - Gabriel, portail des bibliothèques nationales européennes

Mis en ligne en janvier 1997, Gabriel est un portail trilingue (anglais, allemand, français) offrant un point d’accès unique aux services internet des bibliothèques nationales européennes. Sans les patients efforts de Gabriel (et de l’European Library), la bibliothèque numérique européenne Europeana n’aurait peut-être jamais vu le jour dix ans plus tard.

15/06/2021, 09:29

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Librairie Les mots à la bouche : transmettre culture et héritage LGBT+, inlassablement

Nouvellement installée dans le XIe arrondissement de Paris, la librairie LGBT+ Les mots à la bouche lançait ce 31 mai un crowdfunding pour changer son modèle économique et devenir une société coopérative. Avec 40.000 euros réunis en à peine trois jours, les membres de la SCOP sont aujourd’hui assurés de pouvoir reprendre l'entreprise. Une façon pour le lieu de continuer à vivre aux mains d’une nouvelle génération de libraires engagés, ayant à cœur de prolonger l’héritage LBGT. Mais aussi de proposer une littérature qui raconte ses luttes et son histoire.

14/06/2021, 18:01

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Histoire de l’ebook #1 - Le PDF, format pionnier lancé par Adobe

L’ebook aura bientôt 50 ans. Non, il ne fait pas son âge. Mais pour mieux contextualiser son existence, ActuaLitté vous propose de retrouver une série d’articles, rédigés par Marie Lebert, pour bien mener les célébrations. Peu après les débuts du web en 1990, la société Adobe lance en juin 1993 le format PDF (Portable Document Format), tout comme l’Acrobat Reader (gratuit, pour lire les PDF) et l’Adobe Acrobat (payant, pour créer les PDF).

14/06/2021, 09:51

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La justice pardonne-t-elle les critiques élogieuses de livres dangereux pour la santé ?

La justice nous porte souvent vers les confins du sublime, dans une langue magique. La Cour de Justice de l’Union européenne, régulièrement évoquée dans nos colonnes, donne l’occasion d’un petit sourire, voire d’un clin d’œil, facétieux. En effet, l’arrêt dans l’affaire C-65/20 autoriserait, selon un de nos lecteurs, que les mauvais livres — indigestes pour l’esprit — puissent malgré tout être encensés. Attention, mauvaise foi et bonne humeur exigées…

10/06/2021, 12:52

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FIBD : les Autrices et Auteurs en Action “demandent maintenant des actes”

Le collectif AAA (Autrices et Auteurs en Action) entend attirer l'attention des pouvoirs publics sur les suites données au rapport Racine sur la condition des auteurs, qu'il estime « enterré ». Après une proposition de boycott du Festival international de la bande dessinée d'Angoulême 2021, le collectif a proposé un vote pour Bruno Racine, pour le Grand Prix. Vote qui ne sera pas comptabilisé, a confirmé l'organisation. Le collectif prend acte, mais demande à présent au festival de démontrer son soutien aux auteurs, lors de la prochaine édition. Nous reproduisons le courrier de réponse au FIBD ci-dessous.

09/06/2021, 14:49

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Les auteurs de Suisse s'expriment en faveur de la loi Covid-19 

La Suisse doit prochainement s’exprimer sur une législation et les débats vont bon train. Le secteur de la Culture touché au même titre que d’autres reste en demande d’actions. Et le collectif Suisse Culture, dont l’association des auteurs partage le message, demande donc que la loi Covid-19 fasse l’unanimité. « Qui dit non à la loi Covid-19 rend impossible tout soutien aux branches les plus durement touchées : la culture, l’événementiel, la gastronomie et le sport. » Leur appel est ici reproduit dans son intégralité.

31/05/2021, 17:01

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Affaire Marsan : huit autrices de Bragelonne “rappellent la société à ses obligations”

Une enquête de Mediapart, en avril dernier, a fait état des témoignages d'une vingtaine de femmes, qui pointaient le comportement « déplacé » de l'éditeur Stéphane Marsan, directeur du groupe Bragelonne, dans un cadre professionnel, à l'occasion de réunions ou lors de festivals. Depuis, la société n'a pas réagi publiquement, et aucune mesure ne semble avoir suivi ces révélations. Huit autrices de livres publiés par le groupe rappellent la société à ses obligations, menaçant de reprendre leurs droits sur leurs créations. Nous reproduisons ci-dessous, en intégralité, leurs revendications et leur lettre ouverte.

28/05/2021, 09:00

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En Biélorussie, la liberté d'expression et l'opposition en danger

Le détournement d'un avion de ligne par un appareil militaire, pour arrêter l'opposant et journaliste Roman Protassevitch, constitue le dernier « coup d'éclat » du régime autoritaire d'Alexandre Loukachenko. Depuis les résultats des élections présidentielles de 2020, contestés par une partie de la population, la répression s'intensifie. Le PEN Club français fait part de son inquiétude pour la liberté d'expression, dans un texte que nous reproduisons ci-dessous.

27/05/2021, 09:26

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Pass Culture : unique réussite d'un Emmanuel Macron tout schuss ?

L’éducation et la culture étaient les pans prioritaires du programme d’Emmanuel Macron candidat à la présidence. Et sur le second point, la mesure probablement la plus novatrice consistait à copier le Bonus Cultura mis en place par Matteo Renzi, Premier ministre italien, en octobre 2016. Baptisé par les équipes Macron Pass Culture, il promettait un bifton numérique de 500 € aux jeunes atteint de majorité, pour des dépenses folles en biens culturels…

21/05/2021, 17:05

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Des dessins inédits de Milan Kundera exposés à Paris

« Par mes expériences et mes goûts je suis centre-européen […], mais au milieu de ma vie, ma femme et moi avons émigré en France. Cet événement est le plus décisif de toute mon existence : il est la clef de ma vie et de mon travail », écrivait Milan Kundera. Français, Tchèque, et Centre-européen, l’écrivain est au cœur d’une exposition organisée par le Centre tchèque de Paris, offrant un regard inédit sur les dessins de l’auteur.

21/05/2021, 10:25

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Perdue en mer de Chine ? Roselyne Bachelot face à ses contradictions

Voilà quelques jours, la ministre de la Culture se lançait dans d’hasardeuses comparaisons : d’un côté les tensions en mer de Chine, de l’autre celles entre organisations représentatives des artistes-auteurs, qui seraient plus ardues à résoudre que les premières. Les intéressés — les artistes-auteurs, pas les Chinois… — ont décidé de répondre à Roselyne Bachelot, considérant que le mépris avait des limites… Leur texte est ici proposé dans son intégralité. 

17/05/2021, 15:21

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Marcel Proust devenu auteur de science-fiction

Chercher, Pierre-Carl Langlais adore : il s’est lancé dans des études en histoire de la presse, mobilisant les ressources de l’Intelligence Artificielle pour analyser des corpus entiers. Et au fil des morceaux de code, s’est intéressé à l’outil GPT-2 – logiciel de traitement automatique du langage, produit par OpenAI (société de Elon Musk). « À partir d’un corpus, on propose à la machine un début de phrase, et elle génère le texte qui suit. On peut ainsi croiser deux types de textes, pour emprunter un style à l’un et un univers à l’autre », nous explique le post-doctorant.

13/05/2021, 16:24

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HoomBand : lectures et ambiances pour les angoissés du sommeil

TEST – Le soleil revient, repart, les terrasses restent vides, les pro et anti-vaccins s’empoignent… tout cela donne envie de faire une belle sieste. Mais difficile de s’endormir avec un tel vacarme en bruit de fond ? Taratata, ActuaLitté vous a dégoté un petit gadget presque sexy, qui aide à l’endormissement. Une sorte d’assistant-conteur, capable de vous plonger dans une ambiance sonore, ou une œuvre, afin de favoriser le sommeil. En avant.

10/05/2021, 16:40

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“Essentiel c’est-à-dire absolument nécessaire” : des libraires privés d'activité

Malgré les menaces de la crise sanitaire, le retour des beaux jours ouvre des perspectives plus heureuses, avec une reprise d'activité. Certains libraires, notamment ceux proposant des livres d'occasion, se trouvent toutefois privés de participation aux marchés en extérieur. Une situation incompréhensible, portée à la connaissance de la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, par Frédéric Mignon et Pascale Chassang, libraires à la Librairie Sans Nom, au Mans, dans une lettre ouverte publiée dans nos colonnes, en intégralité.

07/05/2021, 14:56

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Une loi sur les bibliothèques, “un marqueur fort et une opportunité”

Déposée au Sénat le 3 février dernier, la proposition de loi de Sylvie Robert (Ille-et-Vilaine), relative aux bibliothèques et au développement de la lecture publique, a bien sûr attiré l'attention des professionnels du secteur. Trois associations professionnelles saluent cette proposition de loi dans un communiqué, reproduit intégralement ci-dessous.

07/05/2021, 11:29

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Rembourser l'avance perçue : quand l'éditeur devient banquier des auteurs

Il plane dans l’atmosphère comme une odeur de faillites rances, dans certaines maisons d’édition. Au point que leurs dirigeants imaginent toutes les manœuvres à leur portée pour récupérer un peu d’argent — une fois la liquidation prononcée. Plusieurs témoignages concordants font état de demandes, parfois adressées par l’intermédiaire d’avocats, réclamant la restitution d’avances sur droits. Au moins deux structures y ont récemment eu recours, provoquant l’inquiétude des auteurs concernés. 

07/05/2021, 11:23

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Institut du service public : les conservateurs généraux des bibliothèques volontaires

Dans la foulée de l'Association des directrices et directeurs des bibliothèques municipales et groupements intercommunaux des villes de France, l'Association française des directeurs et personnels de direction des bibliothèques universitaires et de la documentation plaide pour une intégration des conservateurs généraux des bibliothèques au sein du futur Institut du service public (ISP). Nous reproduisons le texte de l'association ci-dessous.

06/05/2021, 11:24

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“Oui, on le savait. Mais personne n’a rien dit, surtout par peur”

Le 21 avril dernier, un article de Médiapart dévoilait les nombreux témoignages de professionnelles. Chacune pointait, dans ses relations, le responsable éditorial des éditions Bragelonne, Stéphane Marsan. Après la vague de révélations viennent les interrogations, les inquiétudes, les attentes. Adrien Tomas, auteur de fantasy, avait vivement réagi, et accepte de nous confier son texte. Le voici publié dans son intégralité.

04/05/2021, 11:32

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#MeToo dans l'édition : “Je suis Jeanne”, une témoin se dévoile

« Je suis Jeanne, l’une des témoins cités sous pseudo par Médiapart dans son enquête du 21 avril 2021. M. Marsan a répondu à cet article en identifiant les témoins, les unes après les autres, dans un exercice d’intimidation qui doit figurer dans un chapitre du Nécronomicon. Dans l’un des derniers paragraphes et sous couvert d’éloges contrits, il rend mon identité publique en citant Albin Michel, ma maison d’édition. Déjà, tout le monde s’en fout, de mon identité, donc joke’s on you. » Par Marguerite Imbert.

01/05/2021, 12:50

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En ce 1er mai, “Hommage à tous mes collègues précaires”

Marie Lebert est traductrice et auteure. Depuis des années, elle propose dans nos colonnes des réflexions sur les métiers du livre, l'évolution numérique de l'objet et bien d'autres. Son dernier dossier, Portraits de traductrices et traducteurs du passé portait l'accent sur l'un des rôles invisibles et cruciaux de l'édition. Aujourd'hui, elle souhaite rendre un hommage « à tous mes collègues précaires ». 

01/05/2021, 11:12

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Haute fonction publique : les conservateurs des bibliothèques attentifs

Après la suppression de l'École nationale d'administration (ENA), Emmanuel Macron propose une réforme de la haute fonction publique, avec pour principale mesure la « fonctionnalisation » de l’Inspection générale des Finances (IGF), de l’Inspection générale de l’Administration (IGA) et de l’Inspection générale des Affaires sociales (Igas). Les conservateurs et conservatrices des bibliothèques saisissent l'occasion pour demander une prise en considération de certaines revendications, portées par l'Association des directrices et directeurs des bibliothèques municipales et groupements intercommunaux des villes de France (ADBGV), dont nous reproduisons le texte ci-dessous.

29/04/2021, 16:20

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Harcèlement sexuel : soutien à "celles et ceux qui osent témoigner publiquement" 

Dans le contexte de l'enquête menée par Médiapart publiée le 21 avril dernier, où plusieurs autrices, auteurs et anciens salariés de la maison d'édition Bragelonne témoignent d'une attitude déplacée de Stéphane Marsan, directeur des éditions. Une pétition a été initiée sur le site de Chance.org par Lionel Evrard pour mettre fin à cette « omerta ». Nous reproduisons ici ses propos, dans leur intégralité. 

28/04/2021, 17:40

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Archives : le déménagement qui interroge

Le ministère de la Culture a récemment annoncé le dépôt des archives municipales de Troyes et des archives de Troyes Champagne Métropole aux Archives départementales de l’Aube, dans le cadre des dispositions prévues par le Code du patrimoine. Cette situation, inédite à cette échelle, soulève des questions sur la responsabilité et l’investissement des collectivités envers leur patrimoine archivistique, ainsi que le détaille l'Association des archivistes français dans une tribune, ici reproduite en intégralité.

23/04/2021, 09:21

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“Face à la détresse scolaire des étudiants, faire de l’enseignement supérieur une priorité”

Devant l'ampleur de la crise sanitaire, le groupe des éditeurs universitaires du Syndicat national de l'édition lance un appel, voire un cri d'alerte. Leur message est ici reproduit dans son intégralité. 

19/04/2021, 09:33

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Égypte : un chercheur détenu pour son travail sur les droits des femmes

74 organisations non gouvernementales internationales cosignent une tribune pour exiger la libération de l'étudiant et chercheur égyptien Ahmed Samir Santawy. Le 1er février dernier, il a été interpelé alors qu'il rendait visite à sa famille en Égypte, et reste aujourd'hui en détention provisoire, pour des motifs non expliqués. Nous reproduisons ci-dessous le texte des ONG, en intégralité.

16/04/2021, 16:57

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Québec : le devenir des écrivains au coeur des préoccupations

L’Union des écrivaines et écrivains québécois fait état de la publication de deux sondages convergents. Le premier, auprès de la population du Québec, le second auprès des écrivains, mais tous deux font état d’une prise de conscience et d’un réel soutien aux artistes. Nous reproduisons ici leur tribune, dans son intégralité. 

16/04/2021, 13:29

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Les bibliothèques universitaires demandent “une offre riche et diversifiée” d'ebooks

Les bibliothèques françaises des établissements de l’Enseignement Supérieur et des écoles de management, soutenues par le consortium Couperin, qui négocie les accès aux œuvres au format numérique, demandent dans une tribune un accès plus large et économiquement viable aux catalogues numériques des éditeurs. Nous reproduisons ci-dessous, en intégralité, leur texte.

15/04/2021, 16:58

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Covid : fatigue et inquiétude gagnent des bibliothèques

Depuis le 28 novembre, les bibliothèques, aux côtés des services d'archives et centres de documentation, font partie des seuls lieux culturels de proximité à être ouverts au public, malgré le contexte sanitaire. Ce sort réservé aux établissements de lecture publique, qui reconnaît leur caractère essentiel, en vient toutefois à peser sur certains professionnels des bibliothèques, qui craignent pour leur santé et soulignent une fatigue générale. À ce contexte viennent souvent s'ajouter des revendications plus larges, sur les conditions de travail.

09/04/2021, 16:32

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Roselyne Bachelot et l'Observatoire des métiers : “Un problème de méthode”

ActuaLitté reproduit ici une lettre ouverte de l’intersyndicale signée par 20 organisations professionnelles d’artistes-auteurs. Datée du 8 avril, elle concerne l’une des rares promesses de la ministre Roselyne Bachelot sur un Observatoire des métiers. Une annonce qui semble déjà fortement compromise compte tenu de la méthodologie du ministère, analysent-elles.

08/04/2021, 10:19

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“L'émotion suscitée par les événements les plus minuscules” : hommage à Gil Jouanard

Gil Jouanard est mort le 25 mars dernier à l'âge de 83 ans. Directeur de la Maison du Livre et des Écrivains pendant deux décennies, à l'origine de nombreux événements littéraires, le poète s'investissait considérablement dans la vie de l'écrit. L'écrivain Antoine Spire, président du PEN Club français, lui rend hommage dans un texte que nous reproduisons ci-dessous.

07/04/2021, 14:37

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“Le poids parfaitement illégitime de la commandite” d'Arnaud Lagardère

En tant qu’actionnaires minoritaires des Éditions Calmann-Lévy aux côtés de Hachette Livre, Éliane et Christopher Calmann-Lévy ont pris acte du départ d’Arnaud Nourry qui présidait aux destinées de Hachette Livre depuis 18 années. Dans un message communiqué à ActuaLitté, ils évoquent cette rupture, pour l’ex-PDG passé de « l’homme fort » au « maillon faible ».

03/04/2021, 17:24

ActuaLitté

Ouverture des bibliothèques : “Aucune solution unique ne saurait être imposée”

Après les annonces présidentielles de ce mercredi 31 mars, les mêmes questions reviennent, du côté des professionnels des bibliothèques. Encore une fois, les associations interprofessionnelles apporteront des réponses, mais l'Association des Bibliothécaires de France (ABF) tient à avertir les autorités de la situation et des difficultés actuelles. Nous reproduisons ci-dessous le message de l'organisation.

02/04/2021, 14:47

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Avec ou sans pandémie, le difficile accès aux livres des détenus français

La pandémie de Covid-19 aura fait vivre à l'ensemble de la population l'expérience du confinement, de la privation de liberté et des difficultés qui les accompagnent. Parmi ces dernières, l'accès aux livres et à la lecture. Pour les détenus des prisons françaises, ce droit reste très difficile à faire appliquer, les progrès sont timides et le statu quo souvent de mise. La crise sanitaire, évidemment, n'améliore pas les conditions.

02/04/2021, 11:53

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Antonio Tabucchi, “le plus italien des écrivains portugais”

Écrivain, certes, mais aussi traducteur de Fernando Pessoa en italien, Antonio Tabucchi a lié avec le Portugal une relation particulière. Enseignant tout à la fois la langue et la littérature lusophone, à Sienne, il est décédé à Lisbonne en mars 2012. Comme si quelque chose devait s’écrire ainsi. Clelia Bettini, de l’université de Coimbra, faculté de Lettres, nous en offre un portrait inédit.

01/04/2021, 16:33

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“Opacité, manipulation et atteinte aux droits syndicaux des artistes-auteurs”

L'intersyndicale des artistes-auteurs apprend aujourd'hui, le 29 mars, que la Direction générale de la création artistique du ministère de la Culture (DGCA) a convié les organismes de gestion collective et diffuseurs à des « groupes de travail utilisateurs, en visioconférence, sur la nomenclature de revenus d’artistes auteurs à laquelle travaille le ministère de la Culture et qui servira de base à la nouvelle interface informatique de déclaration des revenus d’artistes auteurs ». Nous reproduisons ici l'intégralité de leur texte.  

29/03/2021, 16:58