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Les Ensablés - Notes de voyage de Laurent Jouannaud: A cheval !... "La Jument verte" de Marcel Aymé (1902-1967)

Mon cher Hervé, je viens de lire La Jument verte, le roman de Marcel Aymé (1902-1967) dont je connaissais Les Contes du chat perché qui sont une réussite à la fois poétique et réaliste. Ce titre accrocheur résiste à l’usure du temps. Je crois qu’on a mis ce roman en film, et je sais, pour la voir régulièrement,  qu’une jument verte grandeur nature décore une aire de repos sur l’autoroute A 39, au sud de Dôle, car Marcel Aymé a passé sa jeunesse dans cette région. Une jument verte, ça n’existe pas plus qu’une licorne ou un mouton à cinq pattes, et je m’attendais à une histoire poétique ou fantastique. Ce n’est pas ça du tout : La jument verte ne raconte pas la vie et les aventures d’une cavale verte, ce titre est un canular.

Le 30/10/2016 à 09:00 par Les ensablés

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Publié le :

30/10/2016 à 09:00

Les ensablés

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Par Laurent Jouannaud

La jument verte meurt dès la page 14, et sans faire de bruit : « Deux ans plus tard, la jument tomba malade, se traîna un mois languissante, et puis creva. » Elle était née dès la première ligne du roman : « Au village de Claquebue naquit un jour une jument verte, non pas de ce vert pisseux qui accompagne la décrépitude chez les carnes de poil blanc, mais d’un joli vert de jade. » Cette jument verte aura été une curiosité, on vient la voir de partout. Nous sommes sous le Second Empire, et l’Empereur lui-même passe la voir : « Une jument verte ? dit-il, ce doit être aussi rare qu’un ministre vertueux. » Elle aura fait indirectement la fortune de son propriétaire, Jules Haudouin, car la célébrité, quelle qu’elle soit, profite au  commerce. Une fois la jument morte, le lecteur n’en entendra plus parler, sauf qu’elle a été immortalisée par un peintre. C’est cette jument peinte que Marcel Aymé fait penser et parler. Le tableau reste dans la famille, chez Jules Haudouin, « entre le portrait de l’Empereur et celui de Canrobert », puis passe chez son fils Ferdinand.

Ce roman est la chronique politique et sexuelle du village de Claquebue, quelque part en France, à l’époque où calotins et républicains, se partageant la France après le Second Empire, s’opposent pour gagner la mairie, la députation ou la présidence. Les Haudouin et leurs alliés, républicains,  sont contre les Maloret et leurs alliés, calotins. Cette rivalité n’empêche pas l’union sacrée  sur quelques thèmes : « Vive la France ! Vive l’armée ! Vive la Patrie ! Vive l’Alsace-Lorraine ! Vive le Drapeau ! A bas l’Allemagne ! A bas l’Angleterre ! » Le ton annonce Clochemerle, le roman de Gabriel Chevallier, qui paraîtra en 1934. Les différences d’opinion s’aiguisent car le maire va mourir, sa succession s’ouvre, chaque parti a son candidat. Dans Clochemerle, la polémique tourne autour d’un urinoir à construire devant l’église, ici tout tourne autour d’une lettre compromettante que le facteur Déodat a égarée en se bagarrant contre une troupe d’enfants. Cette lettre ridiculisait la famille Haudouin en trahissant un secret de famille : leur mère y était violée en douceur par un prussien en 1870. Qui a la lettre ? On la cherche. Les Haudouin croient que les Maloret ont mis la main dessus.

Le clan Haudouin, c’est Jules, le père, et les deux fils, Honoré et Ferdinand, le troisième fils Alphonse, étant un bon à rien parti à la ville. Honoré a repris la ferme et les champs ; Ferdinand est vétérinaire. Les deux frères se détestent mais sauvent toujours les apparences car la famille, c’est sacré. Ferdinand, d’ailleurs, en son cœur, est tenté par la religion sans oser le dire, car la tradition familiale l’oblige à l’anticléricalisme. Il serait prêt à s’allier avec les Maloret  pour partager le pouvoir, Honoré s’y refuse absolument.

Ces différences politiques se doublent d’un comportement sexuel différent, et c’est tout le sujet du roman : Marcel Aymé raconte avec une impudeur étonnante la vie sexuelle des deux familles et du village. L’observateur le plus perspicace, c’est la jument verte mise en peinture. Dans la salle à manger, ce tableau en a vu et entendu ! L’auteur nous explique que le peintre, ayant obtenu pendant son travail les faveurs d’une servante, « recueillit sur sa palette l’essence de son plaisir » et s’en servit pour son tableau. Voilà qui explique l’érotisation de la jument peinte : « Une humanité douloureusement concupiscente hantait l’apparence de ma chair ; l’appel de la luxure faisait lever dans mon imagination des rêves lourds et brûlants, des tumultes de priapées. »

Cette bavarde jument peut comparer : « J’ai connu quatre générations de Haudouin, la première à son âge mûr, la dernière à son matin. Pendant soixante-dix ans, j’ai vu les Haudouin à l’œuvre d’amour, chacun y apportant les ressources d’un tempérament original. » Elle analyse : «  La vie érotique est si étroitement liée à des habitudes domestiques, à des croyances, à des intérêts, qu’elle est toujours conditionnée, jusqu’à concurrence des initiatives individuelles, par un mode d’existences qui peut être celui d’une famille. » C’est une sexologue avant la lettre : « Il se pratiquait à Claquebue quatorze manières de faire l’amour, que le curé n’approuvait pas toutes. » La jument peinte note la liberté des garçons avant l’âge d’homme : «  Les garçons communiaient dans une curiosité presque sans frein de tout ce qui pouvait satisfaire leurs instincts sexuels. Ils formaient un troupeau lascif et sans mystère, pareils à de jeunes dieux rustiques dont les ébats ne sont pas bridés par le souci de subsister durement. » Cette liberté va loin : « Les manifestations érotiques des garçons n’étaient pas seulement  verbales ou mimées. Le champ de leur curiosité était sans limite, ils s’intéressaient aussi bien au sodomisme et autres dépravations qu’à la simple tradition familiale. » Alexis, le fils d’Honoré, est particulièrement éveillé : « Alexis avait observé que la raie des fesses se présente pareille chez les filles et les garçons. Le jour où le garde le surprit à en administrer la preuve à un berger de son âge, il jugea que la mesure était dépassée de ce coup-là et courut avertir son père. »

La jument voit loin, elle annonce Freud : « A Claquebue, les familles étaient quatre-vingt-quinze. Il y avait les Dur, les Corenpot, les Rousselier, les Haudouin, les Maloret, les Messelon… La haine ou l’amitié, d’une famille à l’autre, se donnaient divers prétextes : d’intérêt, d’opinions politiques, religieuses. En réalité, ces sentiments reflétaient surtout certaines dispositions sensuelles. A Claquebue, les convictions sincères, religieuses ou politiques, naissaient dans le bas du ventre. »

Cette jument peinte, cosmopolite car elle a été exposée un peu partout en Europe, souligne la sexualité pauvre des villes : « Ça les travaille tantôt dans la cervelle, tantôt dans le cœur noble, le plus souvent entre la jarretière et la ceinture, et ce n’est qu’une poussière de désirs, une succession d’agonies, une poursuite sans fin. Ils ont de petites envies qu’ils accrochent un peu partout, dans la rue, dans les plis d’une robe qui passe, dans leurs maisons, au spectacle, dans les ateliers, dans les bureaux, dans les livres, dans les encriers ». Bref, le désir est partout, mais en miettes, et il n’est satisfait nulle part : « Dans les grandes villes, il n’y a pas de concupiscence, mais rien qu’une envie confuse de faire l’amour, de ne pas rester sur sa fringale d’amour. » Tandis qu’à Claquebue, à la campagne, « le désir restait bandé ».

On ne sait si le fait que ces réflexions viennent d’une jument  les disqualifie ou les renforce. L’auteur s’amuse-t-il de nous ? Sérieux, pas sérieux ? Pourquoi a-t-il besoin de cette jument comme truchement ? C’est la marque du livre et le style de Marcel Aymé. C’est ce qu’on peut appeler son humour pince-sans-rire, un humour qui se caractérise par « l’air très sérieux pris par l’auteur d’une blague », selon Wikipédia, qui donne en exemple de pince-sans-rire Jean Yanne, Raymond Devos, Pierre Dac…et Dieudonné ! J’admire en tout cas l’art de l’auteur : il n’y a pas un mot qui ne soit parfaitement acceptable. On comprend, on voit, il suffit de traduire. Voici un exemple : « Après qu’elle eut guidé et mis en place le militaire, elle sentit une promesse de douceur dans sa chair en sommeil. » 

A Claquebue, il y a deux catégories sexuelles tranchées. Ceux qui jouissent sans honte, plutôt républicains, et ceux qui jouissent dans le tourment. Seuls ces derniers font de bons catholiques, le curé de Claquebue le sait bien, c’est un connaisseur de la nature humaine. On lui dit tout en confession, il ne condamne jamais, il n’interdit rien. « Le curé de Claquebue, à qui rien n’échappait, fermait les yeux tant qu’il pouvait sur la turbulence de ses jeunes paroissiens. » Il se contente de rappeler que le temps et l’énergie consacrés à la sexualité sont autant de temps et d’énergie qu’on enlève à la terre : « Le mieux qu’on ait à faire, le plus commode, en calculant bien, est encore de s’abstenir tant qu’on peut. » Voilà qui parle aux âpres paysans de Claquebue.

Honoré Haudouin, c’est la sexualité heureuse et cosmique : « L’étreinte semblait être pour lui une simple ponctuation qu’il mettait dans un grand rêve lascif où vagabondaient les images d’un univers de sa fantaisie. Quand Honoré caressait sa femme, il invitait les blés de la plaine, la rivière et les bois du Raisart. » Du côté des Maloret, c’est le sexe sans fioritures : les pères y dépucellent leurs filles de génération en génération, le Zèphe a perpétué la tradition avec sa fille Marguerite qui ne lui en veut pas d’ailleurs.

Mais foin des classifications ! Tout s’embrouille chez Marcel Aymé ! Ferdinand, le frère d’Honoré, vit la sexualité comme une honte : « Pour racheter sa perversité toute platonique, il s’efforçait à la chasteté. D’ailleurs, lorsqu’il accomplissait ses devoirs d’époux, la peur le coupait, ou bien lui laissait un remords si lourd qu’il ne pouvait trouver le sommeil. » Juliette Haudouin, la fille d’Honoré, est amoureuse de Noël Maloret. Marguerite, qui couche avec un député qui l’entretient, aimerait bien faire tomber Honoré qui n’est pas insensible à ses charmes. Les enfants de Ferdinand, quand les deux familles se retrouvent, risquent d’être contaminés par la liberté de leurs cousins qui assistent, par exemple, tout émus à la saillie : « Quand Honoré avait saisi la flèche du taureau et qu’il l’avait guidée vers la vulve chaude, un murmure d’admiration était venu de toutes les lèvres ».

De façon générale, on couche de tous les côtés. Honoré couche avec sa servante : « C’était un usage respectable que la servante doublât l’épouse pour le plaisir du maître, et Adélaïde n’y vit jamais à redire sérieusement. »  Et Adélaïde, nous raconte la jument, a succombé à un homme de passage. Elle s’en confesse au curé, qui lui envoie désormais tous les voyageurs dans l’espoir de briser la belle entente conjugale des Haudouin.

Le roman se termine sans me convaincre. Les Maloret attirent Juliette chez eux, avec l’intention de lui faire son affaire. Le Zèphe et son fils Noël la pressent, elle est peut-être d’accord (« Sans impatience, mais complice et heureuse, elle laissait passer entre ses lèvres une plainte légère qui semblait une invite »), ils la tiennent : « Juliette, fermant les yeux, la gorge soulevée par un sanglot de honte et de plaisir, attendait la défaite ». Mais le facteur Déodat frappe à la porte juste à ce moment-là : « Il faut faire attention, petite. » Marguerite, la fille du Zèphe, vient s’offrir à Honoré : « Il sentit sur son cou la tendre rondeur des deux bras, et fut tout près de se laisser aller. Alors, par dessus l’épaule de la fille, il regarda vers la fenêtre et il vit loin sur la plaine. Il vit la plaine et le travail qu’il avait mené dans la plaine, à côté de l’Adélaïde et des enfants. » Brave Honoré ! Il résiste à la tentation.

Mais il a retrouvé la fameuse lettre et peut faire payer leurs vilenies aux Maloret. Quelques jours plus tard, il se rend chez eux, il  y a une bagarre et le pacifique Honoré met les deux hommes K.O. Il enferme le Zèphe dans l’armoire et pousse Noël, le fils, sous le lit. Et il couche sous nos yeux avec Anaïs, la femme du Zèphe, la mère de la Marguerite qu’il a repoussée quelques jours avant. Et celle-ci n’attendait que ça depuis des années : « Ah ! tu sais bien dire toi… » L’auteur insiste : « Il la porta sur le haut lit de plume, heureux qu’elle fût aussi lourde dans ses bras. A leurs tendres plaintes répondaient des plaintes étouffées, d’une douceur enveloppante. Venues de l’armoire et de dessous le lit, elles semblaient sourdre de tous les coins de la cuisine, et chaque fois qu’Haudouin caressait l’Anaïs, la maison des Maloret gémissait tout entière. » Drôle et poétique ? Ou lourd et sexiste ? Rabelaisien, trouvent certains.

L’édition folio ne donne ni introduction ni notes, je pars à la pêche sur internet pour en savoir plus sur le livre et son auteur. J’apprends que le succès a été immédiat, succès de scandale, évidemment. 76 000 exemplaires sont vendus en deux ans. Marcel Aymé acquiert la réputation de pornographe mais ses facéties « surréalistes » (une jument verte, un tableau vivant, la barbe d’une statue qui pousse, les morts du cimetière qui parlent) déroutent une partie du public. A sa sœur aînée, Camille, qui s’est offusqué des licences qu’il s’est octroyées partout avec la morale traditionnelle, il écrit : « À vrai dire, je n’avais pas pensé que les « propos » [de la jument] te choqueraient. Je m’étais flatté de pouvoir parler avec une saine liberté des questions sexuelles, sans recourir aux descriptions grassement lubriques de L’Amant de Lady Chatterley ou du Dieu des corps qui semblent avoir été écrits exprès pour exciter les gamins de seize ans. »

Si j’avais été éditeur, j’aurais conseillé à Marcel Aymé de revoir sa copie et de la mettre un peu plus aux normes réalistes, et j’aurais eu tort : c’est Gaston Gallimard lui-même qui a soutenu un Marcel Aymé hésitant. Gallimard aimait ce texte, il y croyait, il avait raison, il connaissait bien son public.

La Jument verte a paru en 1933. Cette année-là paraissait La Condition humaine. En 1932 avait paru Voyage au bout de la nuit. En 1935 paraîtrait Que ma joie demeure. Trois grands livres. Et l’Europe commençait à bouillir. Le roman de Marcel Aymé ridiculise la politique quand Malraux en fait une tragédie, ses méchants n’ont pas la noirceur désespérée de ceux de Céline, ni ses paysans la lumineuse foi de chez Giono. Mon cher Hervé, je suis peut-être trop sérieux, pas assez rabelaisien, trop peu gaulois, pour apprécier La Jument verte. Ce roman n’est pas mon genre.

Je lis que Marcel Aymé refusa la légion d’honneur (« Je les prierais qu'ils voulussent bien, leur Légion d'honneur, se la carrer dans le train, comme aussi leurs plaisirs élyséens ») et l’Académie française. Il  a beaucoup écrit, trois gros volumes en Pléiade ! Je n’en ai pas fini avec lui. J’ai envie de lire Travelingue, livre sulfureux, paraît-il, publié au mauvais moment, en 1941…


Roman de Jules Romains, paru en 1928.

Par Les ensablés
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Le monde des livres sous l’Occupation a déjà été étudié par l’historien Jacques Cantier qui s’était intéressé à la trajectoire de l’une des figures maudites des lettres françaises avec sa biographie de Pierre Drieu La Rochelle (Perrin, 2011). Cette fois, avec Lire sous l’Occupation, publié en 2019 et en poche en 2024 aux Éditions CNRS, il nous présente un panorama global de la lecture entre 1939 et 1945. , par Nicolas Acker.

16/03/2025, 16:50

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Les Ensablés - La femme qui boit de Colette Andris, par Marie Coat

En mars 2023, Gallimard publiait dans sa collection L’imaginaire un grand succès de son catalogue paru en 1929, réédité à huit reprises puis repris en 1934 dans sa collection de poche : La femme qui boit », première oeuvre d’une jeune femme de 29 ans, Pauline Toutey. Par Marie  Coat

02/03/2025, 19:56

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Les Ensablés - Le gaffeur de Jean Malaquais

Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais - quitta la Pologne  à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Cette période de sa vie fut marquée par une grande précarité et  par la volonté farouche de vivre de sa plume. Mobilisé en 1939 puis fait prisonnier, il s'évada et émigra vers le continent américain. Par Isabelle Luciat

16/02/2025, 10:09

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Les Ensablés - Le Boucher des Hurlus de Jean Meckert

Jean Meckert (alias Jean Amila, 1910-1995) est mort il y a trente ans… Pas tout à fait mort, car ses romans ont continué d’être réédités et nous n’avons pas manqué d'en parler dans nos colonnes (1). Cette fois, c’est la courageuse Ronces éditions (2) qui republie Le boucher des hurlus paru chez Gallimard en 1982 et signé du nom Jean Amila qu’il avait adopté pour ses romans publiés dans la Série Noire. Par Hervé BEL

02/02/2025, 19:38

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Les Ensablés - L'inconstante de Marie de Régnier

Fille de José Marie de Heredia, épouse du poète Henri de Régnier, Marie de Régnier n’eût peut-être d’autre choix que de devenir une femme de lettres. Mais en adoptant un nom d’homme tout de même, société corsetée oblige ! C’est ainsi que Marie de Régnier entama très tôt une carrière littéraire au confluent de deux siècles, à la période de la Belle Epoque, sous le nom de de Gérard d’Houville, puis de Gérardine (la renommée de Caroline Rémy, dite Séverine, étant peut-être passée par là). Par Denis Gombert.

19/01/2025, 09:00

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Les Ensablés - Autour des trônes que j’ai vus tomber (1921), de la princesse Louise de Belgique

L’Avenue Louise est l’une des plus importantes artères de Bruxelles. On oublie souvent qu’elle fut dédiée à la princesse Louise (1858-1924), fille aînée de Léopold II, le roi bâtisseur qui rénova la ville. Et l’on a tout autant perdu le souvenir de l’histoire rocambolesque et tragique de sa déchéance au sein des cours européennes de son temps... Ces mémoires romancés offrent au lecteur les confessions rares d’une princesse égarée par le destin. Par Louis Morès.

05/01/2025, 09:00

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Les Ensablés - Mes amis d'Emmanuel Bove, centenaire d'un chef-d'oeuvre

On ne pouvait pas laisser s’achever cette année 2024 sans célébrer les cent ans d’un des chefs-d’œuvre romanesques du XXe siècle. Des chefs-d’œuvre, la littérature française en a produit son lot, et les centenaires à venir ne manqueront pas : en 2026, ce sera Les Faux-monnayeurs, en 2032, Voyage au bout de la nuit, en 2038, La Nausée, etc. Mais les auteurs ensablés aussi ont leurs grands et petits chefs-d’œuvre, dont certains ont été chroniqués ici même : L’Enfant à la balustrade, Les Javanais, par exemple. Et maintenant Mes Amis d’Emmanuel Bove : avis à ceux qui ne l’auraient pas encore lu. Par François Ouellet.

15/12/2024, 16:14

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Les Ensablés - Le Poil de la bête de René-Jean Clot

Un peu avant l'excellent Elisabeth que nous avons chroniqué , les éditions Le Passeur avaient réédité en 2023 le roman Le poil de la bête  de René-Jean Clot (1913-1997). Une fois de plus, soyons reconnaissants à cet éditeur d’oser ainsi remettre au goût du jour des auteurs injustement oubliés. René-Jean Clot l’est inexplicablement. Par Hervé Bel

01/12/2024, 09:00

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Les Ensablés - Jabadao (1951) de Anne de Tourville

Lorsqu’il y a tout juste vingt ans, Anne de Tourville  (1910-2004) décéda à 94 ans, elle était bien oubliée du monde littéraire et l’est encore à ce jour. Elle avait pourtant remporté le Prix Femina en 1951 avec son roman «Jabadao» devançant entre autres, dès le deuxième tour, Louise de Vilmorin et Michel de Saint Pierre. Par Marie Coat

11/11/2024, 09:40

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Les Ensablés - L'invitation chez les Stirl, de Paul Gadenne

La vie de Paul Gadenne (1907-1956) a été marquée par l'épreuve de la maladie qui le contraint à abandonner une prometteuse carrière de professeur de lettres classiques et à séjourner périodiquement au sanatorium de Praz-Coutant, en Savoie (cadre de son premier roman « Siloé », objet d'un précédent article). Paul Gadenne termina ses jours à Cambo-Les-Bains, station thermale du pays basque reconvertie dans les années 30 en centre de cure pour les tuberculeux. Par Isabelle Luciat.

27/10/2024, 09:00

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Les Ensablés - La Conspiration de Paul Nizan (1905-1940), par Nicolas Acker

Non, Paul Nizan (1905-1940) ne fut pas seulement l’auteur d’un incipit resté célèbre et redécouvert par la jeunesse étudiante de mai 1968. « J’avais 20 ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie ». Cette « accroche » solennelle cache hélas un peu trop une oeuvre hybride passionnante. Mort en soldat à 35 ans en 1940, il fut jeté aux oubliettes de l’Histoire, répudié par ses camarades communistes. 

Par Nicolas Acker

13/10/2024, 18:34

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Les Ensablés - Octave Feuillet (1821-1890), un parfum de province

On ne lit plus Octave Feuillet (1821-1890), auteur à très grand succès du Second Empire et favori de lˊImpératrice Eugénie ; seul son nom sur la plaque bleue dˊune rue tranquille et banale du XVIème arrondissement, où habitaient de bons amis, m’a un jour rendu curieux de le connaître.
Les titres de ses romans ont l’odeur des armoires à linge bourgeoises, encaustique et lavande : « La Petite Comtesse » (1856), « Histoire de Sybille » (1862), « Julia de Trécoeur » (1872), voire réminiscents de la Comtesse de Ségur « Le Roman dˊun jeune homme pauvre » (1858)… Par Herbert Dune.

29/09/2024, 09:00

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Les Ensablés - La Revanche (1925) d'André Thérive

Paru en 1925, puis réédité dans une édition illustrée en 1930, La Revanche d’André Thérive (de son vrai nom Roger Puthoste) est un livre qui parle de la vieillesse, de la sénilité, de la mort, et surtout de la mesquinerie des vivants… Rien qui puisse a priori attirer le lecteur « feel good » Mais le style est magnifique, avec, l’air de rien, une musique enchanteresse. Quant à la fin du roman, autant le dire, elle est sublime. Soudain, après le crépuscule, c’est la lumière qui surgit, d’autant plus incandescente qu’elle est environnée d’ombres..
 
Par Hervé BEL. 

15/09/2024, 09:00

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Les Ensablés – André Beucler, Vu d’Allemagne

Romancier, auteur d’une quinzaine d’ouvrages dont La Fleur qui chante, chroniqué pour Les Ensablés par François Ouellet, André Beucler est un homme aux multiples talents. Il s’intéresse ainsi au cinéma, pour lequel il écrit plusieurs scénarios et même réalise quelques films. Mais Beucler brille aussi dans un tout autre exercice, le journalisme. De par ses contraintes notamment en termes de longueur et de style, l’article de journal s’apparente à l’art de la nouvelle ou du découpage en scènes du cinéma, un art dans lequel Beucler s’épanouit avec une aisance et un brio remarquables. Par Carl Aderhold.

25/08/2024, 09:00

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Les Ensablés – Elisabeth de Raymonde Vincent (1908-1985)

Après la réédition du chef-d’œuvre Campagne (prix Femina 1937) dont même Le Monde s’est fait largement l’écho en 2023, les éditions Le Passeur republient aujourd’hui Élisabeth, troisième roman de Raymonde Vincent. Comme Marguerite Audoux (voir notre article sur Marie-Claire), elle fut un phénomène littéraire, s’avérant capable d’écrire un grand livre aussitôt remarqué et publié, alors qu’elle avait été illettrée pendant toute son enfance. Par Hervé BEL.

04/08/2024, 09:29

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Les Ensablés - Rafales, de Roger Vercel (1894-1957)

Encore connu des cinéphiles pour les adaptations au cinéma de ses romans  Remorques (adapté par Jean Grémillon) et Capitaine Conan (prix Goncourt 1934, adapté par Bertrand Tavernier), Roger Vercel est un remarquable écrivain de récits maritimes, inspirés de témoignages  de marins, recueillis à Dinan, ville où il vécut et exerça le métier de professeur de lettres. Par Isabelle Luciat

14/07/2024, 09:00

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Les enfants de la Creuse, page éprouvante de la sombre histoire coloniale de l'État français

Une lecture éprouvante, à l'image du destin de Rose, mais un salutaire devoir de mémoire avec le rappel de l'histoire récente de l'île de La Réunion et de la sinistre affaire des « enfants de la Creuse ».

15/01/2026, 13:04

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Le Voile des illusions : le roman qui vous fait douter de l’amour… et de vous-même

Il y a des romans qui happent sans élever la voix. Et ça secoue. Le Voile des illusions (trad. Carine Chichereau) sera à ajouter au compte : le texte avance, et c’est nous qu’il déshabille. Anna, à quarante-cinq ans, enquête sur sa propre trajectoire — non pour dresser un dossier, mais pour comprendre la part souterraine des choix.

15/01/2026, 11:03

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Amour, marginalité, liberté : Billie Holiday comme vous ne l’avez jamais lue

Je suis une idiote de t’aimer (trad. Laura Alcoba) est un ensemble de nouvelles incandescent, parfois excessif, toujours sincère. Il revendique ses débordements, ses contradictions, ses élans incontrôlés. C’est un livre qui parle d’amour, oui, mais surtout de survie, de filiation choisie, de beauté trouvée là où personne ne pensait la chercher. Des portraits d'héroïnes inoubliables, avec peut-être le plus frappant : celui de Billie Holiday.

15/01/2026, 10:32

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La Résidence, un roman pour comprendre la colonisation de l’Afrique du Nord

Avec La Résidence, Laurent Crassat, dont le livre paraît le 6 février 2026, propose un roman historique solidement documenté qui explore l’histoire européenne de la colonisation de l’Afrique du Nord entre 1830 et 1925, en mettant en regard la violence de la conquête algérienne et la mise en place plus feutrée du protectorat marocain, tout en dévoilant les ressorts politiques, militaires et financiers d’une domination aux effets durables.

15/01/2026, 08:17

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Une bande dessinée jeunesse au cœur de la mythologie nordique

Skara est une jeune viking qui a reçu à la naissance un talent rare et divin : le don du Loup. Ce don fait d’elle une redoutable guerrière pouvant tenir tête à n’importe qui malgré son jeune âge ! Après la mort de sa mère, tuée par des pillards, Skara, emportée par la colère et le désespoir, incendie accidentellement un temple sacré d’Odin. 

15/01/2026, 07:00

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Vous ne lirez plus jamais l’Histoire du Cambodge de la même manière : Une main vers le ciel

Impossible de rester simple spectateur devant Une main vers le ciel : Jean-Christophe Boccou vous attrape par le col et vous installe, d’emblée, dans la tête de Khieu, seize ans, Phnom Penh, avril 1975. « La guerre est finie ? Tu n’y crois pas beaucoup. Tu n’y crois pas du tout. » « Les doctrines changent, les mains aussi, mais il y a toujours une lame, et une gorge coupable à trancher – au nom de la justice, au nom de la sauvegarde du régime, au nom du nom. »  À paraître le 5 février. Par Jérôme Bosch.

14/01/2026, 16:19

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Intervalles

14/01/2026, 16:00

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La France qui bosse (et qu’on ne regarde plus) : dans L’Usine, la chaîne avale toute

On ouvre L’Usine de Robin Conche comme on entrouvre une porte coupe-feu : l’air y est épais, la lumière blafarde, et pourtant ça accroche. Francis Painsec, vingt-six ans, s’allonge sur son canapé rouge et regarde son déficit comme un écran de fin du monde : « Il est écrit en rouge – 1 600 €. » Puis, presque bravache : « Ça va. »

14/01/2026, 11:54

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Loin du Mékong

14/01/2026, 11:39

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Julien Denormandie et Érik Orsenna imaginent la révolte silencieuse d’un sol que l’humanité n’écoute plus

Publié au Seuil et attendu en librairie le 6 février, Le Chant du sol est un conte écologique signé Julien Denormandie, ingénieur agronome et ancien ministre, avec une préface d’Érik Orsenna, membre de l’Académie française, qui imagine la révolte silencieuse de ce sol que l’humanité croit connaître mais qu’elle n’écoute plus, dans un récit engagé où la fiction devient un outil pour alerter sur notre rapport au vivant.

14/01/2026, 08:18

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Un thriller coréen sur une leçon particulière qui tourne au règlement de comptes

Avec Leçon particulière, roman de Sulmi Bak traduit du coréen par Marion Gilbert et publié aux éditions HarperCollins le 18 février, l’autrice sud-coréenne signe un premier livre sombre et tendu, construit comme une descente méthodique au cœur de la cruauté humaine, où une jeune professeure particulière s’immisce dans la vie d’un adolescent pour l’obliger à affronter une vérité dont les conséquences s’annoncent glaçantes.

14/01/2026, 07:00

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Vins d'Orient. 4000 ans d'ivresse

13/01/2026, 18:09

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Nicolas Le Clerc, chirurgien des âmes rurales dans Aurore

Il suffit de quelques pages à Aurore pour installer un climat de tension sourde, presque organique. Un appel nocturne, un réveil brutal : « Le téléphone laisse échapper deux courtes sonneries et Mélanie l’a déjà saisi, par réflexe. » En quelques lignes, le lecteur est plongé dans une mécanique d’urgence, rythmée par l’épuisement et la responsabilité. Le roman s’ouvre sur cette cadence heurtée, qui ne cessera plus de structurer le récit. À paraître le 6 février.

 

13/01/2026, 15:29

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Beyrouth Paradise : le polar du black-out

Avant même le premier corps, il y a une panne. Et quelle panne… « Soixante-treize heures d’affilée, ça fait tout de même un peu long pour une seule et même coupure de courant. » Le ton est donné : sec, drôle, lucide. À Beyrouth, l’électricité n’est pas un confort ; c’est une humeur nationale. « Routine absurde qui rythme leurs journées, à lui comme aux deux millions d’habitants de la capitale. » À paraître le 5 février.

13/01/2026, 11:28

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“il était une fois une fille qui devint invisible afin que ses mots ne le soient pas.“

En ce début d’année, difficile de passer à côté de ce roman à double temporalité qui traite de la place de la femme dans le monde des lettres et du théâtre en particulier.

13/01/2026, 09:00

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Brasileiras, voix de femmes sous la dictature brésilienne

Devant le magnétophone de Maryvonne Lapouge et Clélia Pisa, ces femmes nous plongent au cœur de la condition féminine dans un Brésil où les inégalités sociales, le racisme structurel, la violence de genre et la colonisation des femmes à l’intérieur du pays marquent profondément le quotidien.

13/01/2026, 08:00

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Croire un auteur pour sa notoriété : déconstruire les figures d'autorité

Partant du constat que nous accordons spontanément du crédit au nom posé en haut d’une couverture ou en bas d’un tableau, Samah Karaki analyse comment certaines figures d’autorité constituent une fiction cognitive, un mécanisme mental auquel notre cerveau est spontanément enclin. 

13/01/2026, 07:00

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Histoire du Maghreb de la fin du XVIIIe siècle aux Printemps arabes

12/01/2026, 18:22

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Neuf clés, une maison, un secret : Philip Gray piège son lecteur, non sans une certaine jubilation

De bons personnages, une bonne histoire, dans ce roman policier à énigme déguisé en romance à l'eau de rose : Philip Gray joue les faux-monnayeurs et nous offre une lecture facile et 100% plaisir qui devrait plaire au plus grand nombre. La maison aux neuf serrures, traduit par Elodie Leplat, se déguste, tout bonnement.

12/01/2026, 17:18

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Endormir l'orage de Natacha Wolinski : conjurer le sort du destin.

Le devoir des vivants est de penser aux morts pour qu’ils ne disparaissent pas tout à fait. C’est ce que fait admirablement Natacha Wolinski dans un texte mémoire sur son père et sa famille. Chaque jour, elle va au Palais de Justice, « un Etna » difficile à gravir, mais nécessaire, afin de suivre le procès des assassins de Charlie Hebdo. 

12/01/2026, 17:02

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Nettle

12/01/2026, 17:00

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“Personne n’a intérêt à ce que les femmes prennent leur liberté”

Il y a des romans qui commencent par une scène, et d’autres par une obsession. Dans Leurs désirs immenses, Léa Lhermet ouvre directement la vanne : « Au départ, il y a les femmes. » Et tout suit, comme une marée. « Les femmes m’envahissent, prennent possession, me gavent, m’étourdissent. » On est happé : une voix vive, parfois mordante, qui explore sans faux-semblants ce que les lignées transmettent — et ce qu’elles étouffent.

12/01/2026, 10:49

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L’Enfant du vent des Féroé : un roman où la nature parle plus fort que les hommes

Dès les premières pages, L’Enfant du vent des Féroé impose un territoire, une voix, une respiration. Le roman ne commence pas par une action, mais par un lieu qui parle. « Et puis il y a moi, Gjógv. Un village de carte postale au toponyme imprononçable. » Le décor devient narrateur, conscience diffuse, mémoire minérale. Le lecteur comprend vite qu’ici, l’histoire humaine sera indissociable des éléments.

12/01/2026, 10:45

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Un destin hors normes : Simona Kossak dans Le Souffle de la forêt

Il est des livres qui ne racontent pas une vie : ils l’approchent à pas feutrés, comme on entre dans une clairière en retenant son souffle. Le Souffle de la forêt relève de cette catégorie rare. Simonetta Greggio n’écrit pas sur Simona Kossak ; elle marche à ses côtés, dans une prose habitée, charnelle, attentive au moindre frémissement. Dès les premières pages, le ton est donné : « Elle n’a que la peau, les os et un nom de famille. » Tout est là : la nudité, la résistance, l’essentiel. À paraître le 21 janvier.

12/01/2026, 09:34

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Ambition politique dans un territoire contrôlé

Dans un Mexique ravagé par la violence et les cartels, un homme honnête croit pouvoir devenir maire. Mais, dans le même temps, il va découvrir l’amour de sa vie, un amour scandaleux. Humour ravageur, suspense, un roman de passion pure sur la morale des apparences. 

12/01/2026, 07:00

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Cynique, film noir et merdification du net : ce que les livres disent du monde d’aujourd’hui

Du film noir classique aux dérives du capitalisme numérique, de la philosophie antique aux figures spirituelles du XXᵉ siècle, la Booksletter de la semaine explore les grandes tensions de notre modernité à la lumière des livres. Au sommaire : Assurance sur la mort, archétype du film noir hollywoodien ; l’« enshittification » d’Internet selon Cory Doctorow ; Diogène, cynique radical ; Edith Stein, philosophe et martyre ; et une plongée dans l’économie criminelle contemporaine. 

10/01/2026, 10:06

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Daniel Mendelsohn face aux crises du monde contemporain dans Entrelacs

Entrelacs. Entretiens réunit Daniel Mendelsohn, Adrien Zirah et Déborah Bucchi dans un volume publié aux éditions Seuil et attendu en librairie le 6 février, qui donne à lire une série d’échanges approfondis autour de l’œuvre et de la pensée de l’écrivain américain, entre héritages antiques et juifs, récits personnels et lectures des grands textes, dessinant le portrait d’un auteur pour qui l’intime dialogue sans cesse avec l’histoire et la littérature. Traduit de l'anglais par Adrien Zirah.

10/01/2026, 08:00

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La Sage-Femme et la Rivière : une narration aussi captivante que déstabilisante

La Sage-Femme et la Rivière, roman d’Ariel Lawhon traduit par Sarah Tardy, paraîtra le 11 février 2026 aux éditions HarperCollins. Dans ce nouveau récit historique, l’autrice explore un passé instable, traversé de secrets, de mensonges et de vérités dissimulées, où l’histoire elle-même semble se dérober sous les pas du lecteur.

10/01/2026, 07:03

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Bernie Gunther en cases et en bulles : La Trilogie berlinoise renaît en BD

Voici une relecture en images de la fameuse Trilogie Berlinoise, quand Philip Kerr nous entraînait aux côtés du détective Bernie visiter les sombres coulisses du Berlin nazi. Avec fidélité au texte original, ces deux premiers albums de Pierre Boisserie et François Warzala redonnent une nouvelle jeunesse à ces polars devenus légendes.

09/01/2026, 15:58

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La Sphère, ou le vertige d’une justice sans pardon et d’une morale sous algorithme

En 2039, la prison n’existe plus. Les criminels sont désormais condamnés à la Sphère, un purgatoire psychique piloté par une intelligence artificielle, où ils doivent affronter leurs fautes jusqu’à obtenir une possible rédemption. Ange Barol, analyste brillante et conceptrice du système, croit avoir inventé une justice plus humaine que l’enfermement. 

09/01/2026, 12:44

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Sophie Avon raconte l’enfance sans fard dans Les filles

Il y a des romans qui ne cherchent pas à faire événement, mais qui avancent à pas feutrés, comme on entre dans une mémoire qu’on croyait close. Les filles s’ouvre ainsi, sans fracas, sur une rentrée scolaire au début des années 1970, lorsque deux enfants franchissent un portail noir, « serrées l’une contre l’autre ». Rien d’extraordinaire, en apparence. Pourtant, dès ces premières lignes, quelque chose se noue. Une intensité discrète, mais tenace. 

09/01/2026, 12:27

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Meilleures ventes : qui a volé la potion magique d’Astérix ?

Pour démarrer 2026, La Femme de ménage ne se contente pas de dominer : elle écrase tout sur son passage. Ou plutôt, elle balaie le classement (du 29 décembre au 4 janvier). Les trois marches du podium sont occupées par une seule et même autrice, infatigable depuis plus d’un an : Freida McFadden.

 

09/01/2026, 12:25

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La maison du bonheur

09/01/2026, 11:18

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J’t’aime encore : avec Roxane Bouchard quand l’amour ordinaire devient extraordinaire

Il suffit parfois de quelques mots, répétés comme un mantra fragile, pour faire vaciller toutes les certitudes. J’t’aime encore part de là. D’un aveu simple, presque banal, mais chargé d’un vertige immense. Dès l’ouverture, le lecteur est happé par cette voix qui s’adresse à un « vous » complice, embarqué dans une traversée intime du couple, du temps qui passe et des rêves qu’on réaménage plutôt qu’on n’abandonne. À paraître le 6 février.

09/01/2026, 10:47

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Nicole Caligaris interroge le chaos du temps dans Le gogol

Avec Le gogol, roman à paraître le 19 février aux éditions Verticales, Nicole Caligaris met en scène la rencontre improbable entre un homme débordant de paroles et une femme silencieuse, dans un bar parisien où un manteau devient le réceptacle d’histoires entremêlées et de temporalités disloquées, dessinant le portrait de deux existences suspendues au bord du présent.

 

09/01/2026, 08:43

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De la France à Hong Kong, les fantasmes et les contradictions de l’exil

Avec Les Nouveaux Territoires, roman de Grace Ly publié aux éditions HarperCollins et paru le 11 février, l’autrice plonge le lecteur dans un Hong Kong en ébullition, théâtre d’un parcours intime et politique, où une jeune femme en rupture cherche à se réapproprier son histoire, son identité et sa liberté.

 

09/01/2026, 07:00