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Les Ensablés - "Les dimanches de Jean Dézert" de Jean de La Ville de Mirmont (1886-1914)

Cher Hervé, j’ai découvert Jean de la Ville de Mirmont il y a peu et par hasard. Je feuilletais une anthologie de poèmes sur le voyage, un livre que je reprends souvent . Entre Larbaud et Leconte de Lisle, il y avait La Ville de Mirmont.

Le 27/11/2016 à 09:00 par Les ensablés

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Publié le :

27/11/2016 à 09:00

Les ensablés

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Par Laurent Jouannaud

Les textes choisis m’ont touché et le titre du recueil d’où ils provenaient est magnifique : « L’Horizon chimérique ». Je venais de découvrir un auteur dont l’œuvre est mince car il a peu vécu : il est mort en 1914, à vingt-huit ans, enseveli par un obus dans une tranchée. Enseveli, enterré, ensablé.

Vaisseaux, nous vous aurons aimés en pure perte ;

Le dernier de vous tous est parti sur la mer.

Le couchant emporta tant de voiles ouvertes

Que ce port et mon cœur sont à jamais déserts.

La mer vous a rendu à votre destinée

Au delà du rivage où s’arrêtent nos pas.

Nous ne pouvions garder vos âmes enchaînées ;

Il vous faut des lointains que je ne connais pas.

Je suis de ceux dont les désirs sont sur la terre.

Le souffle qui vous grise emplit mon cœur d’effroi,

Mais votre appel, au fond des soirs, me désespère,

Car j’ai de grands départs inassouvis en moi.

Il y a de beaux vers dans ce texte : le premier, qui est une apostrophe aux bateaux que l’auteur a aimés, et le second qui annonce qu’ils sont partis. Un port sans navires, oui, cette image est juste. Les sociologues parlent de « désenchantement du monde », le poète dit simplement : il n’y a plus de navires dans les ports. Plus moyen d’embarquer, plus moyen de voyager, départs impossibles, il n’y a plus d’ailleurs.

La Ville est né dans un port, Bordeaux. Il n’est ni marin, ni fils de marin, ni même pécheur à la ligne. En Aquitaine, en Normandie, en  Bretagne, il y a des paysans qui vivent au bord de l’océan et sont des hommes de la terre, ne sachant même pas nager. Tel est l’auteur : il n’est jamais parti, il n’a jamais embarqué. Les deux poètes qu’il révère sont partis : Rimbaud, le nomade, et Baudelaire, embarqué de force à 20 ans par sa famille pour aller à Calcutta. La Ville aime la mer et les bateaux, mais sans y toucher et sans plus y croire. Le monde est clos désormais, on n’en sort pas en se déplaçant. La Ville n’a ni l’âme ni le pied marin : c’est un terrien.

A la dernière strophe, le premier vers compte douze syllabes en douze mots pour imiter le piétinement de cet homme qui ne quittera jamais le plancher. Pas d’envols, pas de voyages. Terre à terre. Il lui reste pourtant, lancinant, le regret d’une autre vie. Il entend l’appel du large mais cette corne sonne pour rien. Autrement dit, La Ville de Mirmont a dépassé Baudelaire (« Le voyage »), Rimbaud (« Le bateau ivre ») et Mallarmé (« Brise marine »). Le monde a perdu ses couleurs, ici comme là-bas, partout. Le dernier vers confirme à la fois cette nostalgie et cette impossibilité, l’horizon est une chimère, on n’y atteint jamais :

Car j’ai de grands départs inassouvis en moi.

Après cette découverte, j’ai fait des recherches sur Jean de La Ville de Mirmont .

Il écrivait donc des poèmes. En mai 1913, il confiait à sa mère : « Je continue à travailler. Je fais des vers en quantité. Je finirai bien par avoir du talent, à force. » Son dernier poème date de 1914, il avait 28 ans, ce n’était plus un adolescent, il allait partir à la guerre :

Cette fois mon cœur, c’est le grand voyage,

Nous ne savons pas quand nous reviendrons.

Serons-nous plus fiers, plus fous ou plus sages ?

Qu’importe mon cœur, puisque nous partons.

Il a publié quelques textes en revue, mais c’est sa mère qui a édité post mortem L’Horizon chimérique, en 1920. Ces textes ne présentent, me semble-t-il, aucune innovation formelle et à la même époque, Apollinaire ou Cendrars seront beaucoup plus novateurs. En mars 1909, il écrit fort lucidement à Louis Piéchaud : « Ce que j’ai écrit jusqu’ici ne représente que l’aimable banalité poétique dont quiconque est capable à 20 ans. » Mais La Ville a l’âme poétique : il est angoissé par le monde et l’existence. Vivant à la « Belle Époque » (progrès technique, prospérité, démocratie, paix), installé depuis 1908 à Paris Ville lumière, au moment où les mélodies de Debussy et la palette de Renoir chantent la beauté du monde, il ne ressent qu’ennui et regrets. Il a instinctivement dépassé l’exotisme superficiel, les leurres de la révolte politique ou les aberrations de la débauche. Le poète n’accuse personne et ne se plaint qu’à lui-même :

Nous voulons vivre dans les marges ;

Il ne faut pas nous déranger.

Promenons-nous de long en large

Et sifflotons des airs légers.

C’est un sentiment de vacuité inexplicable, « les rêves sont morts dans les grandes cités ». Vivoter comme nous le faisons, est-ce vivre ? Pour certaines âmes, l’absolue formule rimbaldienne les percute de plein fouet : « La vraie vie est absente ». Et ce ne sont pas des voyages de pacotille - encore moins du tourisme !- qui la fera revenir. S’il commet quelques vers ensoleillés ( « Je me suis embarqué sur un vaisseau qui danse » ou « Voilà ! Je suis parti plus loin que les Antilles »), le poète signe la fin de l’illusion exotique : La Ville ne nous invite pas au voyage. Il n’a d’ailleurs jamais voyagé. Je lis qu’il a regretté de ne pouvoir faire l’Ecole Navale à cause de sa myopie. C’est là un cliché : il n’est pas besoin d’être officier de marine pour embarquer. La Ville n’a pas voulu voyager  : à quoi bon ? 

Cette inutilité de vivre, La Ville l’incarne dans la figure de Jean Dézert, le personnage d’un court roman qu’il publie en 1914, juste avant sa mort : Les Dimanches de Jean Dézert (Jean Bergue éditeur, Paris, 1914), tiré à trois cents exemplaires. Le 11 octobre 1912, il écrit à sa mère : « J’ai imaginé un petit roman qui m’amuserait beaucoup. Le héros de l’histoire serait absurde et tout à fait dans mes goûts. » Le 3 novembre, il précise : « Je mettrai là, si je peux, toute l’horreur des foules dominicales, toute la médiocrité d’existence des petits employés qui font du patin à roulettes et assistent aux concours de bicyclettes au bois de Vincennes. Ce ne sera pas du tout un roman naturaliste, mais une sorte de fantaisie à double sens sur ces gens dont Cervantès disait qu’ils servent à augmenter le nombre des personnes qui vivent. »

De fait, ce texte de moins de cent pages, organisé en quatre parties (Définition de Jean Dézert, Journées, L’aventure, Après tout) reste énigmatique. Il est achevé sans l’être. Voici la dernière ligne : « Le dimanche suivant, Léon Duborjal disait à Jean Dézert… » A suivre, en quelque sorte ? Oui, Jean Dézert suivra la pente sur laquelle il glisse déjà, un plan lissé, presque horizontal, sans aspérités ni virages. Jean Dézert mène une parfaitement définie. Une définition est une matrice qui sert à former des exemplaires en quantité, en masse, aussi semblables que possible les uns aux autres. Il est le pion d’un jeu dans lequel il n’a pas choisi d’entrer, dont il n’a pas choisi les règles, mais ces règles, il les suit sans rechigner.

La Ville décrit par bribes les règles de cette société. « Le dimanche, c’est toute la vie de Jean Dézert. » Les jours ouvrés doivent bien exister, mais on n’en parle pas, c’est un travail sans intérêt : « Son travail n’occupe guère sa pensée. Il employé au « Ministère de l’Encouragement au bien, Direction du Matériel ». De quel bien peut-il donc s’agir ? Ce n’est pas précisé, mais on comprend qu’il vaut mieux bien se tenir dans ce monde-là. Jean Dézert ne se fait pas remarquer : « Vous ne le distingueriez pas de la foule », « Sa vie n’offre rien que de très ordinaire, en apparence. »

Il existe et vit, c’est certain, mais à ras de terre : « Ses yeux ne quittent pas la terre, ses regards ne s’élèvent pas au-dessus de ce monde, où, si certains sont acteurs et d’autres spectateurs, lui n’est que figurant. » Jean Dézert n’est pas encore un être sans conscience, il n’est pas encore tout à fait intégré, désintégré, mécanisé, déshumanisé. On a l’impression qu’il se souvient d’une autre vie possible. Il écrit en effet des poésies quand il s’ennuie au bureau, « puis l’inspiration s’arrête court, épuisée, il n’insiste pas ». Il tient épisodiquement un journal : « Néant », écrit-il pour le 10 octobre.  Il feuillette les livres chez les bouquinistes de la Seine. Il achète La morale de Confucius dont une phrase l’a séduit : « Lorsqu’on ne peut apporter à un mal aucun remède, il est inutile d’en chercher. » Il n’empêche qu’il vote aux élections municipales.

« Jean Dézert n’est pas ambitieux. Jean Dézert n’est pas envieux, même de ceux qui détiennent la vérité. Jean Dézert est un résigné. » Il vit comme la société lui demande de vivre et il se déclarerait peut-être heureux le dimanche. N’est-on pas heureux, par définition et sur commande, les jours fériés ? Il ne s’ennuie pas car il se fait un programme d’activités, au choix, parmi les distractions que lui vantent des  prospectus publicitaires. Voici un des ses dimanches : piscine et massage, coiffeur, flânerie, restaurant (non fumeur), flânerie, visite à une cartomancienne (« se méfier d’une femme aux cheveux noirs »), cinéma (où il s’endort), achat du quotidien du soir, repas vers 7 heures (2fr 75, pain à discrétion) et une conférence gratuite à  La Pharmacie du Nord, près de la gare du Nord. Au retour, il se fait aborder, mais, dit-il, « la chose n’est pas prévue sur mon emploi du temps », ni dans son budget. Voilà un dimanche bien rempli. Jean Dézert ne connaît ni l’angoisse ni le spleen. Michel Suffran parle à propos de ce roman de « tragique sans tragédie » . C’est exactement la vie que mène Jean Dézert : il ne se plaint de rien, pas de révolte, pas de dépression, pas de grand malheur ni de grande douleur.

 Il a un ami : « Léon Duborjal est l’ami de Jean Dézert, parce que tous deux mangent le soir au même endroit depuis près de trois ans. « L’un parle, l’autre écoute », et après le repas on se quitte. Léon se veut original, mais Jean n’est pas dupe : « Au fond, nous sommes pareils l’un et l’autre. Seulement, lui, il ne s’en doute pas. » Jean aura une fiancée, il faut donc qu’il croie un peu à l’amour, au sexe, à la famille. L’aventure tourne court, il avait pourtant joué le jeu : rencontre au Jardin des Plantes, conversations, fleurs, présentation aux parents, presque des fiançailles (« Elvire, inutile et charmante Elvire, pourquoi pas vous plutôt qu’une autre ? »). Il croit à l’amour, plus par convention que par passion : on s’aime, on se marie (« J’aurai une robe blanche », dit Elvire), on procrée, les vies se multiplient, telle est la loi d’airain de la nature et de la société. Mais Elvire change d’avis. Jean n’insiste pas. Dans ces cas-là, on va voir les filles, on noie son chagrin, ou on se suicide : « Il importe donc d’agir en conséquence et de jouer mon rôle selon les règles admises. » Il va voir les filles, il boit et enfin, il se retrouve à minuit sur un des ponts de la Seine, prêt au grand saut. Mais non, cet acte ne servirait à rien : « Il rentra se coucher, car cela même, un suicide, lui semblait inutile, se sachant de nature interchangeable dans la foule et vraiment incapable de mourir tout à fait. » A vie inutile, mort inutile.

La Ville est presque le personnage qu’il vient de décrire, ils ont le même prénom. A Paris, il est employé dans un ministère, vit exactement comme les autres et compte aussi peu que son héros : « Des gens partent, des gens reviennent, des gens naissent et des gens meurent. Le nombre d’âmes reste le même. » Mais Jean Dézert ne sait pas qu’il vit une vie indigne. Une vie indigne d’un homme libre ? indigne d’un homme responsable ? indigne d’un être pensant ? indigne d’un être aimant ? Il est difficile de dire en quoi les vies que nous menons sont indignes, mais La Ville de Mirmont a bien ce sentiment-là : il est plus conscient que son personnage.

A ce propos, il faudrait citer en entier l’admirable lettre du 25 janvier 1914, envoyée à son père. Permettez-moi, cher Hervé, d’en donner un long passage : « J’en arrive à ma situation personnelle. Que serai-je à 50 ans ? Mon Dieu, si je vis encore, j’espère être un honnête homme et un homme honnête. Le rang que j’occuperai alors dans mon métier servile m’importe peu. Mes ambitions sont ailleurs. Elles ne résident point, néanmoins, dans une carrière de « gens de lettres ». Pour ma part, je m’occupe de littérature pendant mes heures de liberté et en dehors de tout souci de gain ou de succès.

Lorsque le fantôme de la trentième année viendra me visiter, je lui dirai ceci : Oui, j’ai perdu pas mal d’années de ma jeunesse à des travaux sans joie. Nous vivons dans un siècle où chacun doit gagner sa vie, dans un siècle à mains, comme on l’a défini assez bien. J’en ai pris tristement mon parti. En revanche, j’ai employé mes loisirs à me cultiver, à me développer intellectuellement le plus possible, malgré les circonstances. Je ne souhaite que d’arriver un jour à m’estimer moi-même.

La notoriété s’acquiert aujourd’hui par des procédés dont je ne me sens pas capable. On lance un livre de la même manière qu’on a lancé les pastilles Géraudel ou le cacao Bensdorp. Je manque des qualités nécessaires. J’aspire uniquement à faire de la bonne ouvrage , comme disent les ouvriers consciencieux. Y parviendrai-je ? L’important est de le tenter. L’art a sa récompense en soi. » Avec, bien sûr, le doute : « J’aurai pu, du moins, donner une partie de mon temps à ce que je crois être ma raison de vivre, et je saurai si j’ai quelque chose dans le ventre. » (Lettre du 16 novembre 1912)

Ce que Jean Dézert ne sait pas, et que La Ville ne sait pas non plus quand il écrit son roman, c’est qu’ils mourront à la guerre… Leur vie fade et sans résistance les a conduits à l’abattoir, comme des moutons. Je n’en tire aucune conclusion, mais il y a de quoi réfléchir, bien sûr.

La Ville de Mirmont aura été lucide et honnête, son courage s’est avéré dans les tranchées. Michel Houellebecq lui a rendu hommage : « También hay un caso de genio escondido, el único que conozco, que es el de Jean de La Ville de Mirmont » (Interview au quotidien El Pais, 8 novembre 2010). « Jean de La Ville de Mirmont est un génie méconnu », dit l’auteur qui a si bien décrit la médiocrité contemporaine. Un génie ? Peut-être, oui. Il y a en La Ville, et dans Jean Dézert, quelque chose de ses deux grands contemporains, Pessoa (1888-1935) et Kafka (1883-1924), petits fonctionnaires, morts inconnus, mais qui ont eu le temps de laisser des chef d’œuvres dans leurs tiroirs. 

Post-scriptum:

Deux romans récents ont pris Jean de La Ville de Mirmont pour personnage.

1) Strangulation (Gallimard, 2008), de Mathieu Larnaudie. Je n’ai pas lu ce roman. Voici ce qu’en dit son auteur : « La Ville est le contemporain de l’une des périodes d’agitation et d’expérimentations artistiques, poétiques, littéraires, les plus denses de l’Histoire, et il passe à côté, il passe en dessous, littéralement : chaque jour, pour aller travailler, il passait sur le trottoir du boulevard Saint-Germain au pied de l’immeuble où habitait Apollinaire, et où se tramaient les révolutions esthétiques que l’on sait. Lui s’en fout. Il écrit des poèmes plutôt jolis, moyennement inspirés, assez musicaux, dans une veine baudelairienne éculée, plus de cinquante ans après le procès des Fleurs du Mal. Et puis, au milieu de cette production anachronique, il balance un petit roman très dense, très moderne, très en avance sur ton temps, pour le coup, ces Dimanches de Jean Dézert. On a beaucoup dit qu’il préfigurait la littérature de l’absurde… Voilà donc un personnage en qui s’incarne un rapport complexe à son époque, fait d’absence à soi, au monde, à l’Histoire en train de se faire, et de fulgurances qui le traversent, de points de jonction improbables. » (http://d-fiction.fr/2011:12/ entretien-avec-mathieu-larnaudie/) C’est très bien vu.

2) Dans Bleus horizons (Gallimard, 2013), Jérôme Garcin imagine qu’un compagnon de régiment de La Ville a survécu. Cet homme, Louis Gémon, brisé par la guerre, se fait le porte-parole de son ami mort, se dévoue à son œuvre et vit jusqu’en 1941 dans l’ombre du défunt. Jérôme Garcin utilise la correspondance de La Ville et suit de près les détails connus sur la publication posthume de l’œuvre. Louis Gémon rencontre la mère de La Ville, son ami Mauriac, Gabriel Fauré qui a mis en musique quelques-uns de ses poèmes, Bernard Grasset qui a édité ses œuvres en 1929. Garcin rend bien le ton de l’avant-guerre (« Nous étions invincibles. Dieu que nous étions bêtes. »), décrit la famille de La Ville (l’ombre du père, l’amour pour la mère) et son ambition (« échapper à son milieu, à sa famille, à son confort et à son bonheur précaire »), avec la littérature comme seule maîtresse.


Cent poèmes pour ailleurs. Anthologie établie et présentée par Claude Michel Cluny, Orphée La Différence, 1991, Paris. Claude Cluny (1930-2015), ensablé lui aussi, a beaucoup fait pour la poésie, en écrivant lui-même et en dirigeant la magnifique collection « Orphée », chez La Différence.

Pour connaître Jean de La Ville de Mirmont, son époque et ses amis, il faut lire  Sur une génération perdue. Les écrivains de Bordeaux et de la Gironde au début du XXe siècle. Préface de François Mauriac, que Michel Suffran a publié en 2005, Editions Le Festin, Bordeaux. Michel Suffran est aussi l’éditeur des Œuvres complètes. Poèmes-récits-Correspondance de Jean de La Ville de Mirmont, chez Champ Vallon, Seyssel, 1992. Les Cahiers rouges de Grasset ont repris son œuvre  poétique en 2006, les éditions Cent pages ont repris son roman Les Dimanches de Jean Dézert en 2008.

La Ville a pris une fois le bateau, pour se rendre de Bordeaux au Havre. Il nous en reste une formidable lettre de trois pages adressée à sa mère (août 1912) où il raconte la tempête. Voici la dernière ligne : « Je n’ai jamais fait un si beau voyage. » Mais il n’a pas recommencé.

Sur une génération perdue, p. 108.

Par Les ensablés
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Au rebours des titres à rallonge péniblement explicites dont raffolent certains plumitifs contemporains, il en est d’intrigants et mystérieux qui suscitent curiosité et envie de lire. Ainsi des ouvrages d’Henri Béraud (1885-1958), qui avait indubitablement l’art de trousser des titres originaux, du Martyre de l’obèse au Flâneur salarié, en passant par La croisade des longues figures ou le surprenant Vitriol de Lune.

Par Marie Coat

01/03/2026, 09:00

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Les Ensablés - L'insaisissable, de Liane de Pougy (1869-1950)

La vie de Liane de Pougy, de son vrai nom Anne-Marie Chassaigne (1869-1950), est une œuvre à programme, passant du vice au luxe, du luxe à la vie spirituelle. Elle est l’une des grandes courtisanes de la Belle Époque avant de devenir écrivaine puis tertiaire dominicaine. Issue d’un milieu modeste, danseuse puis demi-mondaine adulée du Tout-Paris, elle incarna la somptuosité, l’esprit et la liberté scandaleuse de la fin du XIXᵉ siècle, fréquentant artistes, aristocrates et écrivains. Elle connut une célébrité éclatante grâce à ses romans et journaux à clé. Après la Première Guerre mondiale, elle se retira progressivement du monde, se rapprocha du catholicisme et termina sa vie dans la prière, à Lausanne, laissant l’image paradoxale d’une femme passée de l’érotisme mondain à l’ascèse religieuse.

Par Nicolas Kinosky     

15/02/2026, 17:17

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Les Ensablés - Les hommes sont pressés, de Juliette Pary

Née Julia Gourfinkel en 1903 à Odessa, mais venue en France à la suite de la Révolution russe de 1917, Juliette Pary  (1903-1950) a été une journaliste de gauche pour divers périodiques (Marianne, Regards, Le Journal Juif, etc.) à l’époque du Front populaire, menant des reportages parmi les milieux populaires, traitant des questions sociales ; traductrice notamment de Stefan Zweig et d’Hermann Hesse, d’Agatha Christie et de romans populaires américains pour la revue hebdomadaire Confidences ; auteure elle-même de polars désopilants et d’un remarquable roman non moins burlesque, Les Hommes sont pressés, paru chez Gallimard au printemps 1934. Par François Ouellet.

31/01/2026, 13:29

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Les Ensablés - Caserne 1900, de Léon Werth (1878-1958)

Si Léon Werth fit scandale en 1919 après la publication de sa charge antimilitariste Clavel soldat et Clavel chez les majors (objets d'un précédent article des Ensablés) il reste dans les mémoires comme le dédicataire du Petit Prince dont la page de garde affiche: A Léon Werth quand il était petit garçon». Et c'est bien ainsi qu'il apparaît sur la photographie qui orne la couverture de son Caserne 1900 réédité en 1993 par les éditions Viviane Hamy.POar Isabelle Luciat.

18/01/2026, 09:00

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Les Ensablés - La Billebaude, de Henri Vincenot

Le premier article des Ensablés de cette année 2026 (16 ans d'existence)  est consacré à la réédition d’un roman que les lecteurs de moins de vingt ans ne peuvent pas connaître : « La Billebaude » (1978), du bourguignon Henri Vincenot (1912-1985) dont le passage à Apostrophes (heureux temps !) assura la gloire dès 1976. Une fois de plus, ce sont les éditions Le Passeur qui prennent l’initiative de cette publication, après avoir, l’année dernière, réédité l’admirable Campagne de Raymonde Vincent… Par Hervé BEL.

04/01/2026, 09:00

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Les Ensablés - Les demi-vierges, de Marcel Prévost, par Jean-Marc Quaranta

Romancier à succès des années 1890-1920, Marcel Prévost (1862-1941) partage avec Marcel Proust son prénom et l’étymologie de son nom. Altération locale du substantif prévôt, le patronyme de Proust a été parfois confondu avec celui de cet autre Marcel, alors plus connu que lui et dont le nom semblait comme « une faute d’impression du » sien, comme il l’écrit en 1912 à Louis de Robert[1]. La postérité a réglé la question et donné raison au cadet : Prévost est complètement oublié, ensablé, quant à Proust chacun le connaît, beaucoup le lisent encore et sa place dans l’histoire de la littérature – comme fondement du Nouveau Roman et de l’autofiction – n’est plus à faire. Par Jean-Marc Quaranta

21/12/2025, 09:00

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Les Ensablés - Il y a cinquante ans décédait Pierre Bost

J’écris cet article au moment où je termine l’écriture d’une biographie de Pierre Bost, écrivain, journaliste, scénariste. On pourra la lire ultérieurement. En attendant, relisons l’écrivain, dont le 6 décembre 2025 a marqué le 50e anniversaire de sa disparition. Par François Ouellet.

07/12/2025, 17:00

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Les Ensablés - Les Réveillés de la vie et Les Irréductibles de Zoé Oldenbourg

Avec Les réveillés de la vie (1956) et Les Irréductibles (1958), Zoé Oldenbourg (1916-2002) retrace l’histoire d’un amour impossible. De la fin des années 1930 à l’aube des années 1950, Elie et Stéphanie se cherchent et se fuient dans une valse-hésitation cruellement heurtée par la guerre. Semblable à son premier diptyque médiéval qu’il l’avait révélée, la romancière-historienne projette ici ses personnages dans la lumière contemporaine du XXe siècle où s’étirent encore les ombres portées du Moyen Age et ses dilemmes spirituels.

Par Nicolas Acker.

23/11/2025, 10:00

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Les Ensablés - Huysmans vivant d'Agnès Michaux

Bravo à Agnès Michaux d’avoir osé s’attaquer à Huysmans dans son épais volume publié au Cherche Midi il y a peu ! Il fallait le faire ! « Huysmans vivant » est la première biographie depuis celle de Robert Baldick publiée en 1958 (chez Denoël). Vieil admirateur du romancier, je me la suis procurée aussitôt, curieux de voir comment cette romancière (La fabrication des chiens) et spécialiste de la fin du XIXème siècle a pu traiter ce sujet vaste et ardu. En effet, aborder la vie de Huysmans, c'est aussi évoquer tout un pan de la littérature du XIXeme siècle.
Par Hervé Bel

09/11/2025, 09:00

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Les Ensablés - La Maternelle de Léon Frapié

Que reste-t-il de nos Goncourts ? Nombre d’heureux lauréats de ce prix littéraire tant convoité ne sont pas passés à la postérité et leurs romans sont aujourd’hui bien ignorés... Entre les oubliettes où ils churent et le Panthéon des auteurs consacrés, se maintiennent bon an mal an quelques romanciers dont la notoriété subit certes des éclipses, mais dont on redécouvre périodiquement l’intérêt. Par Marie Coat

 

26/10/2025, 09:00

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Les Ensablés - Le tout sur le tout, de Henri Calet (1904-1956)

Henri Calet (de son vrai nom Raymond Barthelmess) n'est pas un inconnu pour Les Ensablés qui l'ont abondamment célébré, notamment au travers de son roman majeur Monsieur Paul (publié en 1950). C'est que l'homme qui se devine au travers d'une œuvre largement autobiographique, est éminemment énigmatique et attachant, se caractérisant, selon les termes de son biographe Michel P. Schmitt par « un fin humour allié à la peine de vie la plus noire » . Dans l'un des articles que Les Ensablés lui ont consacrés, il est dit que « La vie de Calet fut riche en aventures dans sa première moitié, beaucoup moins dans la seconde ».

Par Isabelle Luciat.

12/10/2025, 09:00

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Les Ensables - Les modérés, d'Abel Bonnard

Le parcours d’Abel Bonnard  (1883-1968) est l’un des plus surprenants parmi les écrivains du XXe siècle. Son destin intellectuel et politique est un précipité d’ambiguïtés, de compromissions et de fulgurances. Par Nicolas Kinosky 

28/09/2025, 10:42

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Les Ensablés - La Reine battue, d'Henri Duvernois

Le propre du « petit maître » est d’être discret. Un temps, il s’impose, il plaît... Puis disparaît, écrasé sous les poids des « grands ». C’est que l’on ne peut pas retenir tout le monde. J’ai mes « petits maîtres » favoris, et l’un d’eux, vous le savez peut-être, car j’en ai déjà parlé, s’appelle Henri Duvernois. Récemment, dans un vide-grenier, perdu dans un amas de livres vendus un euro chacun, je suis tombé sur son roman « La Reine battue » publié sur papier alfa bouffant dans la belle collection de luxe Le livre de demain, où le texte s’orne de gravures. Je l’ai acheté évidemment, sachant à l’avance que je ne serais pas déçu. Par Hervé Bel.

14/09/2025, 10:00

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Les Ensablés - La Pierre angulaire, de Zoé Oldenbourg

Zoé Oldenbourg (1916-2002) fut longtemps associée aux succès d’édition de grandes fresques médiévales. Son premier livre, Argile et Cendres (1946) qui suit les péripéties d’un petit seigneur partant pour les croisades, impressionna tellement par sa précision et son ampleur qu’on y vit un potentiel Goncourt. Le couronnement arrivera finalement en 1953 avec son second roman La Pierre angulaire qui remporte le Prix Femina. Zoé Oldenbourg y expose les tableaux contrastés d’un Moyen-Âge où même les âmes les plus abjectes vivent dans l’espérance du salut éternel. Par Nicolas Acker.

31/08/2025, 09:00

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Les Ensablés - La vierge et le taureau, de Jean Meckert

Les éditions Joëlle Losfeld poursuivent avec bonheur la réédition des romans de Jean Meckert  (1910-1995). Le dernier en date, La vierge et le taureau, occupe une place à part dans l’œuvre de Meckert. D’abord parce qu’il s’agit du dernier publié sous son propre nom. S’il continue à publier par la suite, ce sera désormais sous le pseudonyme de Jean Amila, bien connu des amateurs de romans policiers. Dernier roman de Meckert donc, La vierge et le taureau est aussi entouré d’une légende noire qui fait de ce livre, une sorte d’ouvrage maudit qui a donné libre cours à de nombreuses spéculations. Par Carl Aderhold

17/08/2025, 09:00

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Les Ensablés - Le wagon à vaches (1953), de Georges Hyvernaud

Sa prose noire et acérée rappelle Raymond Guérin. Son ironie pessimiste penche du côté d’Emmanuel Bove. Le phrasé rageur est célinien. Nous sommes en 1953 lorsque Georges Hyvernaud publie son deuxième récit le Wagon à vaches. On y retrouve la veine existentialiste, sans le torse bombé de l’intellectuel engagé. Par Nicolas Acker.

27/07/2025, 09:00

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Les Ensablés - La fin de la IIIe République, de Emmanuel Berl

Paru en 1968 dans la célèbre collection de Gallimard, « Les trente journées qui ont fait la France », La fin de la IIIerépublique est republiée quelques années plus tard dans une autre collection intitulée «Témoins». Ce passage révèle bien à la fois la nature de cet ouvrage mais aussi celle de son auteur, Emmanuel Berl (1892-1976). S’il est aujourd’hui tombé dans l’oubli (tout juste certains se souviennent qu’il fut le mari de la chanteuse Mireille), il a pourtant marqué la vie intellectuelle des années 1930 par ses positions que ses biographes qualifient volontiers d’inclassables. Par Carl Aderhold

06/07/2025, 10:45

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Les Ensablés - Le roi dort, de Charles Braibant

« Nos pays ne sont pas beaux...mais il y a en eux une espèce de grandeur calme et comme un peu dédaigneuse qui est beaucoup plus captivante que la beauté ». Ainsi Charles Braibant (1889-1976), Champenois de lignée et de coeur, décrit-il sa région d’élection dans son roman Le roi dort qui, s’il rata de peu le prix Goncourt, fut couronné du Renaudot en 1933. Par Marie Coat

 

22/06/2025, 09:00

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Les Ensablés - La peau et les os de Georges Hyvernaud

Dans la fosse commune de l’oubli, Georges Hyvernaud n’a non seulement rien fait pour l’éviter - en ne publiant que deux livres de son vivant - mais y a sauté à pieds joints. La Peau et les os (1949), court mais édifiant récit de sa captivité pendant la seconde guerre mondiale, puis Le Wagon à Vaches (1953), roman implacable de l’impossible réadaptation à une vie dite normale, prouvent que l’écrivain avait pris le parti non négociable d’une vérité humaine très difficile à vendre. Par Nicolas ACKER.

08/06/2025, 19:15

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Les Ensablés - Planète sans visa, de Jean Malaquais

Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais  (1908-1998) - quitta la Pologne à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Mobilisé en 1939, il fut fait prisonnier, puis parvint à s'évader. Juif et apatride, il partagea alors l'existence précaire de nombre de personnes réfugiées à Marseille dans l'espoir d'obtenir un visa. Grâce à l'aide de son ami Gide, il obtint ce précieux sésame et gagna les Etats-Unis où il vécut plusieurs années, enseignant la littérature. Malaquais n'a publié que trois romans : « Les Javanais » (prix Renaudot 1939),  « Le Gaffeur » (publié en 1953), tous deux objets de précédents articles et  « Planète sans visa », grand roman de la France sous l'occupation, publié en 1947 et qu'il remania jusqu'à ses derniers jours. Ce roman de plus de 500 pages a été réédité en 1999 après sa mort.

25/05/2025, 09:41

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Les Ensablés - La Saint-Michel et le Pont Euxin d'Anne Lacroix, par François Ouellet

Anne Lacroix (1897-1982) n’aurait publié qu’un seul roman, La Saint-Michel et le Pont-Euxin chez Grasset en janvier 1933. À cette date, elle a déjà commencé un deuxième roman, Rézle (et même annoncé un troisième titre, Les Bergers d’Arcadie), soumis en décembre de la fin de cette même année pour le Prix du roman du Temps ; les quelques voix qu’elle récolte seront insuffisantes pour qu’elle obtienne ce prix qui consiste dans la publication du roman dans les pages du quotidien. Mais, cinq ans plus tard, en mars 1938, Rézle paraîtra en feuilleton dans Le Temps. Il ne semble pas que la carrière d’Anne Lacroix ait connu d’autres développements. Par François Ouellet.

11/05/2025, 09:00

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Autant que l’amour : sept autrices mettent l’amitié à l’épreuve

L’amitié a longtemps occupé, dans les récits, la place de la relation qui va de soi : solide, secondaire, moins spectaculaire que l’amour. Autant que l’amour refuse précisément ce confort. Sous la direction de Charlotte Pudlowski, six textes de non-fiction signés par sept autrices regardent ce lien là où il protège, déçoit, domine, libère ou recommence. 

08/10/2026, 10:22

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L’oiseau qui boit des larmes T2 : une fantasy coréenne entre meurtre et lutte de pouvoir

Dans un monde partagé entre quatre peuples, la mort d’un jeune Naga lors d’un rituel va bouleverser un fragile équilibre. Accusé à tort, Ryun Pei fuit vers le nord, où il doit rejoindre une escorte composée de représentants de chacun des peuples. Traduit du coréen par Kette Amoruso.

08/10/2026, 07:30

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Quand le mari est auteur de polars, le crime parfait devient une possibilité

Une joggeuse disparaît sans laisser de trace. Son mari, écrivain de romans policiers, devient le principal suspect. Cinq ans plus tard, la découverte d’ossements humains relance une affaire que certains auraient préféré voir enterrée. Avec The Crime Writer, Diane Jeffrey mêle enquête, secrets de famille et fascination pour le crime parfait.

08/10/2026, 06:00

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Un polar survolté où son héroïne Abigail Boone fait une entrée fracassante, au propre comme au figuré

Premier roman du britannique Dominic Nolan : On a parlé de Dominic Nolan l'an passé avec un sacré roman, White City, un polar inscrit dans sa fresque socio-historique sur le Londres des années passées, qui lui a valu notoriété et succès depuis Vine Street. Le revoici dans un registre plus classique, avec J'étais Abigail Boone qui fut son premier roman publié en 2019 en VO. Un second épisode mettant en scène l’héroïne amnésique Abigail Boone (After Dark - 2020 en VO) n'a pas encore été traduit en français.

07/10/2026, 17:38

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Le Boléro de nos vies : ce que nous héritons des générations précédentes

Les Uns et les Autres raconte en effet beaucoup de choses. Des histoires d’amour. Des séparations. Des ambitions. Des rencontres. Des enfants. Des morts. Mais le film raconte surtout que nous vivons des vies personnelles à l’intérieur d’une Histoire qui, elle, ne nous demande jamais notre avis. Propos recueillis par Jean-Charles Bettan, psychanalyste à Cannes.

 

07/10/2026, 16:35

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Bernard-Henri Lévy : on ne se souvient jamais deux fois de la même façon

Dès le préambule, la subjectivité du philosophe est impossible à séparer de ce qu’il raconte. Mais comment écrire ses mémoires partagés avec ce que l’on a vu, ceux que l’on a rencontrés, les causes que l’on a défendues ou abandonnées, les conflits que l’on a traversés ou atténués, et surtout les noms qui nous ont influencés ? Tout cela compose peu à peu le tableau d’une époque qui n’existe plus tout à fait, mais aussi l’image d’un homme dont l’identité elle-même est déjà un récit.

07/10/2026, 12:19

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Tiphaine Raffier : mourir sous le regard des autres

Un micro derrière un Vermeer. Une chaise médicalisée qui résiste au montage. Un chronomètre autour du cou. Une cassette qu’on ne sait plus faire jouer. Et, au milieu, Laure, revenue dans la maison familiale de Morsan pour y vivre ses derniers jours. Tiphaine Raffier installe L’Hors-Présence ou Chimères du pays de Morsan avec une précision clinique, puis laisse tout se dérégler. 

 

07/10/2026, 10:00

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Esquisse d’une serial killer : derrière la Diabolique, une enquête dérangeante

Le titre désigne déjà un piège. Esquisse d’une serial killer (trad. Pierre-Mong Lim) promet le monstre, la mécanique du crime, peut-être le frisson confortable du true crime. Hu Mu-ching fait exactement l’inverse. Elle revient vers Lin Yu-ju, condamnée à mort à Taïwan pour trois meurtres et très vite figée par les médias sous un surnom : la Diabolique. Ébauche prévue le 15 octobre.

06/10/2026, 17:59

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Le souci de vivre : parler de la mort pour donner du sens à l’absurde

Il y a des livres qu’on offre sans raison particulières, juste pour faire plaisir, petit format, une centaine de pages, un prix raisonnable, un livre qui pique notre curiosité ; vous connaissez toutes et tous ce genre de livre qu’on lit en une après-midi et qui laisse une empreinte importante par la suite. Le souci de vivre d’Olivier Carré fait partie de ces livres qui reste longtemps en mémoire tant il parle d’un sujet auquel nous tous aurons à faire face un jour ou l’autre : la mort. 

06/10/2026, 17:57

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Lola Lafon enferme quatre amis dans un aéroport sous tension

Une valise, un mot, une fracture politique : voici la nouvelle pièce de Lola Lafon. Une valise dépasse de quelques centimètres et, avec elle, tout déborde. Dans une salle d’embarquement, quatre amis d’une quarantaine d’années devraient partir en vacances. Décollage (ou pas), le 15 octobre.

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Sur la route du retour de Franck Maubert : révéler la nudité désolée

Il y a un principe dans la vie sur lequel il est difficile d’y revenir : on ne peut pas donner l’amour que l'on n’a pas reçu. Pour Franck Maubert, l’amour non reçu vient de cette mère distante, froide, qui le place durant sa petite enfance chez un couple vivant dans une ferme, puis viendra le reprendre pour le laisser à ses parents, couple âgé qui se désintéresse de lui avant de le conduire contrainte chez elle. De cette enfance heureuse en campagne, l’auteur découvrira la joie du silence et une quête mystique dans les églises.

06/10/2026, 15:12

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Le Parfum des feuilles de thé : quitter Tokyo pour recommencer

Tokyo s’éloigne, la route monte, le béton cède aux pentes de Shizuoka. Mayumi et Akane ont trente-cinq ans, sont amoureuses et décident de reprendre la plantation de thé du grand-père d’Akane, affaibli par un AVC. Sur le papier, tout ressemble au fantasme contemporain du grand départ : quitter la ville, retrouver la terre, repartir de zéro. Infusion dès le 15 octobre.

06/10/2026, 14:06

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Voyage avec un âne : ce que Modestine change au récit de Stevenson

Il part à pied pour se remettre d’un chagrin, s’équipe beaucoup trop, achète une ânesse pour porter le tout et découvre presque aussitôt qu’elle n’a aucun goût pour les itinéraires bien tracés. Voyage avec un âne dans les Cévennes tient depuis 1879 sur ce délicieux désaccord entre un homme qui veut avancer et Modestine, qui préfère brouter. Parution le 15 octobre

06/10/2026, 13:32

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Toute la famille a eu de la chance : Auschwitz au bout du couloir

Philippe Schwartz commence par se méfier de sa propre mémoire. C’est une excellente manière d’entrer dans Toute la famille a eu de la chance. « Aujourd’hui, j’ai conscience d’enjoliver. J’en fais une légende. » Le narrateur ne promet donc ni archive pure ni reconstitution infaillible. Sortie le 15 octobre.

06/10/2026, 12:55

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Mom Alone : la maternité solo, sans filtre et sans mode d’emploi

Il y a les livres sur la parentalité, avec leurs principes, leurs méthodes, leurs lendemains mieux organisés. Et puis il y a 17 h 30. Le travail n’est pas fini, les enfants reviennent dans le cadre, le dîner se rapproche et quelqu’un pense soudain : « Purée... Il est déjà 17h30 ! » Quelques cases plus loin tombe le verdict : « J’ai rien foutu. » Mom Alone habite exactement cet espace-là : celui où les bonnes intentions se froissent au contact du réel.

05/10/2026, 17:30

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Peut-on vendre un rein ? Cinq livres pour interroger nos certitudes

Cette semaine, la Booksletter explore cinq livres qui déplacent le regard sur l’histoire, la morale et nos sociétés : l’économie quotidienne de la Rome antique, les grandes expéditions britanniques en Antarctique, l’humour noir face à la mort, les marchés jugés moralement « répugnants » et le poids de l’époque dans les trajectoires criminelles. Cinq lectures pour éclairer autrement des questions anciennes et très contemporaines, sans simplifier.

03/10/2026, 11:13

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La fille aux huit vagins, et autres histoires postporno

Dans ce recueil de cinq nouvelles toutes plus originales les unes que les autres, Agnieszka Szpila, autrice du très remarqué Hexes, également traduit et publié par Notabilia, imagine de nouvelles manières de désirer pour repenser notre rapport au monde, à l’altérité et à la littérature, qu’elle soit lue ou écrite. Par Emma Tholozan.

03/10/2026, 09:00

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Phébus ressort La boîte en os, un roman gothique aussi fascinant que dérangeant

À l’occasion de son cinquantenaire, la maison Phébus publie une édition collector d’un de ses romans emblématiques : La boîte en os, d’Antoinette Peské. Un nouvel écrin pour un petit bijou de la littérature du XXe siècle. Par Emma Tholozan.

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Grandir comme la nuit

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La dislocation

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Soif d’idéal : Rocheteau raconte ce qui reste après les matchs

Dominique Rocheteau avance par souvenirs, visages, sensations et fidélités. Trente récits plutôt qu’une autobiographie chronologique : le dispositif lui va bien et forme cette Soif d’idéal. Il préfère le lien au palmarès, l’émotion au monument. Dès les premières pages, la ligne est donnée : « L’émotion avant tout. » Le ton ne variera guère, direct, pudique, sans désir de régler des comptes. Sortie le 8 octobre. 

02/10/2026, 13:13

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Malgré l’abordage de One Piece, Sarah Knafo règne sur les ventes de livres

Jamais deux sans trois… ou quatre ? Sarah Knafo refuse visiblement de rendre la médaille d’or : Le Casse du siècle (Fayard) reste numéro un avec 42.023 ventes sur la semaine et 201.985 exemplaires cumulés.

 

02/10/2026, 11:00

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Comment expliquer la liberté aux enfants ?

Être libre, est-ce faire tout ce que l’on veut ? Avec Vive la liberté !, Sybille Hein aborde cette grande question à hauteur d’enfant, en partant de situations concrètes pour aider les plus jeunes à comprendre ce que signifie être libre, mais aussi les limites et les responsabilités qui l’accompagnent. Traduit et adapté de l’allemand par Camille Logoz.

02/10/2026, 07:00

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Quand être "ami des Juifs" devient un phénomène à interroger

Alors que l’antisémitisme connaît une progression mondiale depuis le 7 octobre 2023, un autre phénomène attire l’attention : le philosémitisme. Dans Les Nouveaux philosémites, Edith Bruder réunit sociologues, politologues et théologiens pour enquêter sur celles et ceux qui se revendiquent « amis des Juifs », « compagnons de route d’Israël », voire « presque juifs ».

02/10/2026, 06:00

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Une photo, deux visages, 70 ans de mystère

Un véritable polar photographique qui met en scène les journalistes mais aussi en filigrane les insurgés hongrois de 1956 : tous ont été les témoins d'événements historiques qui ont façonné notre monde. Mais cette enquête (trop) minutieuse finit par lasser.

01/10/2026, 17:30

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De la gare du Nord aux hauteurs de Belleville, six voix pour un Paris vivant

Belleville n’est pas un décor dans Bellevilles. C’est une matière vivante : une pente qui coupe le souffle, une terrasse trop pleine, un café où les fidélités se renégocient, un escalier qui sépare deux vies, un trottoir où l’on peut croiser sa propre jeunesse. Samih Amar Tran construit son livre comme une promenade à six voix. Alma, Landrot, Marie, Omar, Jim et Romy prennent tour à tour possession du quartier, chacun avec son rythme, ses angles morts et sa manière de s’y accrocher. Tour du quartier, le 4 novembre.

 

01/10/2026, 14:00

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Cher Voltaire : quand Madame du Deffand ferraillait avec le philosophe

Deux vieillards s’écrivent comme d’autres croisent le fer. L’un règne depuis Ferney sur l’Europe des idées ; l’autre, aveugle, tient encore salon à Saint-Joseph et refuse de céder sur le goût, l’esprit ou l’art de s’ennuyer. Cher Voltaire restitue moins un échange sage entre deux monuments qu’un commerce vif, capricieux, traversé de silences, de susceptibilités, de nouvelles du monde et d’une commune hantise du vide. Dès 1764, Voltaire le constate : « Notre commerce à tâtons devient vif, Madame. » 

01/10/2026, 13:37

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Alien Clay : sur une planète-prison, la science devient une arme de liberté

Il ne faut jamais commencer une histoire par un réveil. Adrian Tchaikovsky le sait, son narrateur aussi, et Alien Clay (trad. Gilles Goullet) commence donc exactement ainsi : après trente ans de sommeil interstellaire et quelques secondes avant une chute vers une planète carcérale. « Il ne faut jamais commencer une histoire par un réveil, à ce qu’il paraît », observe Arton Daghdev. Alien Clay sortiral le 4 novembre 2026. Science, catastrophe et sarcasme : le roman vient de trouver son carburant.

01/10/2026, 13:01

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Retrouvés après 45 ans, les cahiers d’une adolescente des années 70 ressurgissent

Entre 1974 et 1976, Martine Faustin tient un journal intime alors qu’elle est pensionnaire à l’Institution Saint Paul de Thiviers, en Dordogne. À quatorze ans, elle y consigne ses amitiés, ses premières histoires d’amour, ses colères et ses envies de liberté. En 2021, elle retrouve par hasard ces trois cahiers, dont elle avait oublié l’existence.

01/10/2026, 09:27

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Amitié entre femmes : quand les liens choisis connaissent aussi la tempête

Longtemps reléguée derrière l’amour et la famille, l’amitié est aujourd’hui célébrée comme un lien choisi, plus libre et plus durable. Mais est-elle vraiment plus simple ? 

01/10/2026, 08:58

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Monaco n’a pas toujours ressemblé à une carte postale

Palais princier, casino, yachts et palmiers : l’image de Monaco semble évidente. Avec Monaco, l’histoire inconnue, Pierre Abramovici entreprend de regarder derrière cette façade et de faire ressurgir 150 ans d’une histoire monégasque faite de luttes de pouvoir, de guerres, d’Occupation et d’épisodes restés dans l’ombre.

01/10/2026, 08:57

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Boire, aimer, écrire : transformer l’ivresse en poésie

Le titre promet la bouteille de trop, l’ivresse qui déborde, peut-être même la gueule de bois. Christophe Esnault cherche pourtant ailleurs. Dans Si le vin ne te rend pas génial, essaye une autre bouteille, le verre n’est ni décor ni prétexte à célébrer la cuite : il ouvre une brèche. Une bouteille, un millésime, un prix, puis la pensée part. Vers les amis, les femmes aimées, le père vieillissant, les écrivains, les chansons, les morts. Vers cette question surtout, ressassée jusqu’à l’obsession : comment demeurer vivant quand la tentation de disparaître rôde dans les marges ?

30/09/2026, 17:55

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Furia

30/09/2026, 16:15

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La Pleureuse : Camilla Läckberg rouvre un secret vieux de trente ans à Fjällbacka

La Pleureuse (trad. Susanne Juul - Andréas Saint Bonnet) s’ouvre dans l’étouffement. Une jeune fille lutte, perd le contrôle de son corps, tente de comprendre ce qui lui arrive. Une phrase suffit à installer la menace : « Elle ne voulait pas mourir. » Camilla Läckberg ne cherche pas encore l’énigme ; elle impose d’abord une sensation. Puis Fjällbacka retrouve son quotidien, ses restaurants, ses familles, ses plaisanteries, ses habitudes. Sous cette normalité, pourtant, quelque chose attend depuis trente ans. 

30/09/2026, 14:00

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Maboule : délicieux périple de transmission

Maboule est trobairitz. Elle collecte les rumeurs, les regards et les soupirs, puis les change en histoires. De villes en villages, elle sème ces récits récoltés ou entièrement inventés. Venant tout droit de Villedor, où elle a été élevée par ses deux  mamans – en fait elle en a quatre, longue histoire –, elle échange une fable contre un repas ou une couchette. 

30/09/2026, 13:04

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Abdeljalil Lahjomri : les livres, ces compagnons qui refusent d’obéir

Abdeljalil Lahjomri n’empile pas des comptes rendus : il compose une autobiographie de lecteur. Les Compagnons indociles avance par rencontres, retours, désaccords et fidélités, comme si une bibliothèque pouvait devenir le journal d’une conscience. Dès l’introduction, une phrase donne la mesure du projet : « Les livres sont des compagnons d’éternité. » Le titre ajoute aussitôt ce qui empêche toute dévotion tranquille : ces compagnons résistent, irritent, déçoivent, obligent à relire. L’ouvrage se construit dans cet écart entre attachement et liberté critique. A paraître le 8 octobre.

30/09/2026, 13:00