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Les Ensablés - "Les dimanches de Jean Dézert" de Jean de La Ville de Mirmont (1886-1914)

Cher Hervé, j’ai découvert Jean de la Ville de Mirmont il y a peu et par hasard. Je feuilletais une anthologie de poèmes sur le voyage, un livre que je reprends souvent . Entre Larbaud et Leconte de Lisle, il y avait La Ville de Mirmont.

Le 27/11/2016 à 09:00 par Les ensablés

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Publié le :

27/11/2016 à 09:00

Les ensablés

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Par Laurent Jouannaud

Les textes choisis m’ont touché et le titre du recueil d’où ils provenaient est magnifique : « L’Horizon chimérique ». Je venais de découvrir un auteur dont l’œuvre est mince car il a peu vécu : il est mort en 1914, à vingt-huit ans, enseveli par un obus dans une tranchée. Enseveli, enterré, ensablé.

Vaisseaux, nous vous aurons aimés en pure perte ;

Le dernier de vous tous est parti sur la mer.

Le couchant emporta tant de voiles ouvertes

Que ce port et mon cœur sont à jamais déserts.

La mer vous a rendu à votre destinée

Au delà du rivage où s’arrêtent nos pas.

Nous ne pouvions garder vos âmes enchaînées ;

Il vous faut des lointains que je ne connais pas.

Je suis de ceux dont les désirs sont sur la terre.

Le souffle qui vous grise emplit mon cœur d’effroi,

Mais votre appel, au fond des soirs, me désespère,

Car j’ai de grands départs inassouvis en moi.

Il y a de beaux vers dans ce texte : le premier, qui est une apostrophe aux bateaux que l’auteur a aimés, et le second qui annonce qu’ils sont partis. Un port sans navires, oui, cette image est juste. Les sociologues parlent de « désenchantement du monde », le poète dit simplement : il n’y a plus de navires dans les ports. Plus moyen d’embarquer, plus moyen de voyager, départs impossibles, il n’y a plus d’ailleurs.

La Ville est né dans un port, Bordeaux. Il n’est ni marin, ni fils de marin, ni même pécheur à la ligne. En Aquitaine, en Normandie, en  Bretagne, il y a des paysans qui vivent au bord de l’océan et sont des hommes de la terre, ne sachant même pas nager. Tel est l’auteur : il n’est jamais parti, il n’a jamais embarqué. Les deux poètes qu’il révère sont partis : Rimbaud, le nomade, et Baudelaire, embarqué de force à 20 ans par sa famille pour aller à Calcutta. La Ville aime la mer et les bateaux, mais sans y toucher et sans plus y croire. Le monde est clos désormais, on n’en sort pas en se déplaçant. La Ville n’a ni l’âme ni le pied marin : c’est un terrien.

A la dernière strophe, le premier vers compte douze syllabes en douze mots pour imiter le piétinement de cet homme qui ne quittera jamais le plancher. Pas d’envols, pas de voyages. Terre à terre. Il lui reste pourtant, lancinant, le regret d’une autre vie. Il entend l’appel du large mais cette corne sonne pour rien. Autrement dit, La Ville de Mirmont a dépassé Baudelaire (« Le voyage »), Rimbaud (« Le bateau ivre ») et Mallarmé (« Brise marine »). Le monde a perdu ses couleurs, ici comme là-bas, partout. Le dernier vers confirme à la fois cette nostalgie et cette impossibilité, l’horizon est une chimère, on n’y atteint jamais :

Car j’ai de grands départs inassouvis en moi.

Après cette découverte, j’ai fait des recherches sur Jean de La Ville de Mirmont .

Il écrivait donc des poèmes. En mai 1913, il confiait à sa mère : « Je continue à travailler. Je fais des vers en quantité. Je finirai bien par avoir du talent, à force. » Son dernier poème date de 1914, il avait 28 ans, ce n’était plus un adolescent, il allait partir à la guerre :

Cette fois mon cœur, c’est le grand voyage,

Nous ne savons pas quand nous reviendrons.

Serons-nous plus fiers, plus fous ou plus sages ?

Qu’importe mon cœur, puisque nous partons.

Il a publié quelques textes en revue, mais c’est sa mère qui a édité post mortem L’Horizon chimérique, en 1920. Ces textes ne présentent, me semble-t-il, aucune innovation formelle et à la même époque, Apollinaire ou Cendrars seront beaucoup plus novateurs. En mars 1909, il écrit fort lucidement à Louis Piéchaud : « Ce que j’ai écrit jusqu’ici ne représente que l’aimable banalité poétique dont quiconque est capable à 20 ans. » Mais La Ville a l’âme poétique : il est angoissé par le monde et l’existence. Vivant à la « Belle Époque » (progrès technique, prospérité, démocratie, paix), installé depuis 1908 à Paris Ville lumière, au moment où les mélodies de Debussy et la palette de Renoir chantent la beauté du monde, il ne ressent qu’ennui et regrets. Il a instinctivement dépassé l’exotisme superficiel, les leurres de la révolte politique ou les aberrations de la débauche. Le poète n’accuse personne et ne se plaint qu’à lui-même :

Nous voulons vivre dans les marges ;

Il ne faut pas nous déranger.

Promenons-nous de long en large

Et sifflotons des airs légers.

C’est un sentiment de vacuité inexplicable, « les rêves sont morts dans les grandes cités ». Vivoter comme nous le faisons, est-ce vivre ? Pour certaines âmes, l’absolue formule rimbaldienne les percute de plein fouet : « La vraie vie est absente ». Et ce ne sont pas des voyages de pacotille - encore moins du tourisme !- qui la fera revenir. S’il commet quelques vers ensoleillés ( « Je me suis embarqué sur un vaisseau qui danse » ou « Voilà ! Je suis parti plus loin que les Antilles »), le poète signe la fin de l’illusion exotique : La Ville ne nous invite pas au voyage. Il n’a d’ailleurs jamais voyagé. Je lis qu’il a regretté de ne pouvoir faire l’Ecole Navale à cause de sa myopie. C’est là un cliché : il n’est pas besoin d’être officier de marine pour embarquer. La Ville n’a pas voulu voyager  : à quoi bon ? 

Cette inutilité de vivre, La Ville l’incarne dans la figure de Jean Dézert, le personnage d’un court roman qu’il publie en 1914, juste avant sa mort : Les Dimanches de Jean Dézert (Jean Bergue éditeur, Paris, 1914), tiré à trois cents exemplaires. Le 11 octobre 1912, il écrit à sa mère : « J’ai imaginé un petit roman qui m’amuserait beaucoup. Le héros de l’histoire serait absurde et tout à fait dans mes goûts. » Le 3 novembre, il précise : « Je mettrai là, si je peux, toute l’horreur des foules dominicales, toute la médiocrité d’existence des petits employés qui font du patin à roulettes et assistent aux concours de bicyclettes au bois de Vincennes. Ce ne sera pas du tout un roman naturaliste, mais une sorte de fantaisie à double sens sur ces gens dont Cervantès disait qu’ils servent à augmenter le nombre des personnes qui vivent. »

De fait, ce texte de moins de cent pages, organisé en quatre parties (Définition de Jean Dézert, Journées, L’aventure, Après tout) reste énigmatique. Il est achevé sans l’être. Voici la dernière ligne : « Le dimanche suivant, Léon Duborjal disait à Jean Dézert… » A suivre, en quelque sorte ? Oui, Jean Dézert suivra la pente sur laquelle il glisse déjà, un plan lissé, presque horizontal, sans aspérités ni virages. Jean Dézert mène une parfaitement définie. Une définition est une matrice qui sert à former des exemplaires en quantité, en masse, aussi semblables que possible les uns aux autres. Il est le pion d’un jeu dans lequel il n’a pas choisi d’entrer, dont il n’a pas choisi les règles, mais ces règles, il les suit sans rechigner.

La Ville décrit par bribes les règles de cette société. « Le dimanche, c’est toute la vie de Jean Dézert. » Les jours ouvrés doivent bien exister, mais on n’en parle pas, c’est un travail sans intérêt : « Son travail n’occupe guère sa pensée. Il employé au « Ministère de l’Encouragement au bien, Direction du Matériel ». De quel bien peut-il donc s’agir ? Ce n’est pas précisé, mais on comprend qu’il vaut mieux bien se tenir dans ce monde-là. Jean Dézert ne se fait pas remarquer : « Vous ne le distingueriez pas de la foule », « Sa vie n’offre rien que de très ordinaire, en apparence. »

Il existe et vit, c’est certain, mais à ras de terre : « Ses yeux ne quittent pas la terre, ses regards ne s’élèvent pas au-dessus de ce monde, où, si certains sont acteurs et d’autres spectateurs, lui n’est que figurant. » Jean Dézert n’est pas encore un être sans conscience, il n’est pas encore tout à fait intégré, désintégré, mécanisé, déshumanisé. On a l’impression qu’il se souvient d’une autre vie possible. Il écrit en effet des poésies quand il s’ennuie au bureau, « puis l’inspiration s’arrête court, épuisée, il n’insiste pas ». Il tient épisodiquement un journal : « Néant », écrit-il pour le 10 octobre.  Il feuillette les livres chez les bouquinistes de la Seine. Il achète La morale de Confucius dont une phrase l’a séduit : « Lorsqu’on ne peut apporter à un mal aucun remède, il est inutile d’en chercher. » Il n’empêche qu’il vote aux élections municipales.

« Jean Dézert n’est pas ambitieux. Jean Dézert n’est pas envieux, même de ceux qui détiennent la vérité. Jean Dézert est un résigné. » Il vit comme la société lui demande de vivre et il se déclarerait peut-être heureux le dimanche. N’est-on pas heureux, par définition et sur commande, les jours fériés ? Il ne s’ennuie pas car il se fait un programme d’activités, au choix, parmi les distractions que lui vantent des  prospectus publicitaires. Voici un des ses dimanches : piscine et massage, coiffeur, flânerie, restaurant (non fumeur), flânerie, visite à une cartomancienne (« se méfier d’une femme aux cheveux noirs »), cinéma (où il s’endort), achat du quotidien du soir, repas vers 7 heures (2fr 75, pain à discrétion) et une conférence gratuite à  La Pharmacie du Nord, près de la gare du Nord. Au retour, il se fait aborder, mais, dit-il, « la chose n’est pas prévue sur mon emploi du temps », ni dans son budget. Voilà un dimanche bien rempli. Jean Dézert ne connaît ni l’angoisse ni le spleen. Michel Suffran parle à propos de ce roman de « tragique sans tragédie » . C’est exactement la vie que mène Jean Dézert : il ne se plaint de rien, pas de révolte, pas de dépression, pas de grand malheur ni de grande douleur.

 Il a un ami : « Léon Duborjal est l’ami de Jean Dézert, parce que tous deux mangent le soir au même endroit depuis près de trois ans. « L’un parle, l’autre écoute », et après le repas on se quitte. Léon se veut original, mais Jean n’est pas dupe : « Au fond, nous sommes pareils l’un et l’autre. Seulement, lui, il ne s’en doute pas. » Jean aura une fiancée, il faut donc qu’il croie un peu à l’amour, au sexe, à la famille. L’aventure tourne court, il avait pourtant joué le jeu : rencontre au Jardin des Plantes, conversations, fleurs, présentation aux parents, presque des fiançailles (« Elvire, inutile et charmante Elvire, pourquoi pas vous plutôt qu’une autre ? »). Il croit à l’amour, plus par convention que par passion : on s’aime, on se marie (« J’aurai une robe blanche », dit Elvire), on procrée, les vies se multiplient, telle est la loi d’airain de la nature et de la société. Mais Elvire change d’avis. Jean n’insiste pas. Dans ces cas-là, on va voir les filles, on noie son chagrin, ou on se suicide : « Il importe donc d’agir en conséquence et de jouer mon rôle selon les règles admises. » Il va voir les filles, il boit et enfin, il se retrouve à minuit sur un des ponts de la Seine, prêt au grand saut. Mais non, cet acte ne servirait à rien : « Il rentra se coucher, car cela même, un suicide, lui semblait inutile, se sachant de nature interchangeable dans la foule et vraiment incapable de mourir tout à fait. » A vie inutile, mort inutile.

La Ville est presque le personnage qu’il vient de décrire, ils ont le même prénom. A Paris, il est employé dans un ministère, vit exactement comme les autres et compte aussi peu que son héros : « Des gens partent, des gens reviennent, des gens naissent et des gens meurent. Le nombre d’âmes reste le même. » Mais Jean Dézert ne sait pas qu’il vit une vie indigne. Une vie indigne d’un homme libre ? indigne d’un homme responsable ? indigne d’un être pensant ? indigne d’un être aimant ? Il est difficile de dire en quoi les vies que nous menons sont indignes, mais La Ville de Mirmont a bien ce sentiment-là : il est plus conscient que son personnage.

A ce propos, il faudrait citer en entier l’admirable lettre du 25 janvier 1914, envoyée à son père. Permettez-moi, cher Hervé, d’en donner un long passage : « J’en arrive à ma situation personnelle. Que serai-je à 50 ans ? Mon Dieu, si je vis encore, j’espère être un honnête homme et un homme honnête. Le rang que j’occuperai alors dans mon métier servile m’importe peu. Mes ambitions sont ailleurs. Elles ne résident point, néanmoins, dans une carrière de « gens de lettres ». Pour ma part, je m’occupe de littérature pendant mes heures de liberté et en dehors de tout souci de gain ou de succès.

Lorsque le fantôme de la trentième année viendra me visiter, je lui dirai ceci : Oui, j’ai perdu pas mal d’années de ma jeunesse à des travaux sans joie. Nous vivons dans un siècle où chacun doit gagner sa vie, dans un siècle à mains, comme on l’a défini assez bien. J’en ai pris tristement mon parti. En revanche, j’ai employé mes loisirs à me cultiver, à me développer intellectuellement le plus possible, malgré les circonstances. Je ne souhaite que d’arriver un jour à m’estimer moi-même.

La notoriété s’acquiert aujourd’hui par des procédés dont je ne me sens pas capable. On lance un livre de la même manière qu’on a lancé les pastilles Géraudel ou le cacao Bensdorp. Je manque des qualités nécessaires. J’aspire uniquement à faire de la bonne ouvrage , comme disent les ouvriers consciencieux. Y parviendrai-je ? L’important est de le tenter. L’art a sa récompense en soi. » Avec, bien sûr, le doute : « J’aurai pu, du moins, donner une partie de mon temps à ce que je crois être ma raison de vivre, et je saurai si j’ai quelque chose dans le ventre. » (Lettre du 16 novembre 1912)

Ce que Jean Dézert ne sait pas, et que La Ville ne sait pas non plus quand il écrit son roman, c’est qu’ils mourront à la guerre… Leur vie fade et sans résistance les a conduits à l’abattoir, comme des moutons. Je n’en tire aucune conclusion, mais il y a de quoi réfléchir, bien sûr.

La Ville de Mirmont aura été lucide et honnête, son courage s’est avéré dans les tranchées. Michel Houellebecq lui a rendu hommage : « También hay un caso de genio escondido, el único que conozco, que es el de Jean de La Ville de Mirmont » (Interview au quotidien El Pais, 8 novembre 2010). « Jean de La Ville de Mirmont est un génie méconnu », dit l’auteur qui a si bien décrit la médiocrité contemporaine. Un génie ? Peut-être, oui. Il y a en La Ville, et dans Jean Dézert, quelque chose de ses deux grands contemporains, Pessoa (1888-1935) et Kafka (1883-1924), petits fonctionnaires, morts inconnus, mais qui ont eu le temps de laisser des chef d’œuvres dans leurs tiroirs. 

Post-scriptum:

Deux romans récents ont pris Jean de La Ville de Mirmont pour personnage.

1) Strangulation (Gallimard, 2008), de Mathieu Larnaudie. Je n’ai pas lu ce roman. Voici ce qu’en dit son auteur : « La Ville est le contemporain de l’une des périodes d’agitation et d’expérimentations artistiques, poétiques, littéraires, les plus denses de l’Histoire, et il passe à côté, il passe en dessous, littéralement : chaque jour, pour aller travailler, il passait sur le trottoir du boulevard Saint-Germain au pied de l’immeuble où habitait Apollinaire, et où se tramaient les révolutions esthétiques que l’on sait. Lui s’en fout. Il écrit des poèmes plutôt jolis, moyennement inspirés, assez musicaux, dans une veine baudelairienne éculée, plus de cinquante ans après le procès des Fleurs du Mal. Et puis, au milieu de cette production anachronique, il balance un petit roman très dense, très moderne, très en avance sur ton temps, pour le coup, ces Dimanches de Jean Dézert. On a beaucoup dit qu’il préfigurait la littérature de l’absurde… Voilà donc un personnage en qui s’incarne un rapport complexe à son époque, fait d’absence à soi, au monde, à l’Histoire en train de se faire, et de fulgurances qui le traversent, de points de jonction improbables. » (http://d-fiction.fr/2011:12/ entretien-avec-mathieu-larnaudie/) C’est très bien vu.

2) Dans Bleus horizons (Gallimard, 2013), Jérôme Garcin imagine qu’un compagnon de régiment de La Ville a survécu. Cet homme, Louis Gémon, brisé par la guerre, se fait le porte-parole de son ami mort, se dévoue à son œuvre et vit jusqu’en 1941 dans l’ombre du défunt. Jérôme Garcin utilise la correspondance de La Ville et suit de près les détails connus sur la publication posthume de l’œuvre. Louis Gémon rencontre la mère de La Ville, son ami Mauriac, Gabriel Fauré qui a mis en musique quelques-uns de ses poèmes, Bernard Grasset qui a édité ses œuvres en 1929. Garcin rend bien le ton de l’avant-guerre (« Nous étions invincibles. Dieu que nous étions bêtes. »), décrit la famille de La Ville (l’ombre du père, l’amour pour la mère) et son ambition (« échapper à son milieu, à sa famille, à son confort et à son bonheur précaire »), avec la littérature comme seule maîtresse.


Cent poèmes pour ailleurs. Anthologie établie et présentée par Claude Michel Cluny, Orphée La Différence, 1991, Paris. Claude Cluny (1930-2015), ensablé lui aussi, a beaucoup fait pour la poésie, en écrivant lui-même et en dirigeant la magnifique collection « Orphée », chez La Différence.

Pour connaître Jean de La Ville de Mirmont, son époque et ses amis, il faut lire  Sur une génération perdue. Les écrivains de Bordeaux et de la Gironde au début du XXe siècle. Préface de François Mauriac, que Michel Suffran a publié en 2005, Editions Le Festin, Bordeaux. Michel Suffran est aussi l’éditeur des Œuvres complètes. Poèmes-récits-Correspondance de Jean de La Ville de Mirmont, chez Champ Vallon, Seyssel, 1992. Les Cahiers rouges de Grasset ont repris son œuvre  poétique en 2006, les éditions Cent pages ont repris son roman Les Dimanches de Jean Dézert en 2008.

La Ville a pris une fois le bateau, pour se rendre de Bordeaux au Havre. Il nous en reste une formidable lettre de trois pages adressée à sa mère (août 1912) où il raconte la tempête. Voici la dernière ligne : « Je n’ai jamais fait un si beau voyage. » Mais il n’a pas recommencé.

Sur une génération perdue, p. 108.

Par Les ensablés
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Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais  (1908-1998) - quitta la Pologne à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Mobilisé en 1939, il fut fait prisonnier, puis parvint à s'évader. Juif et apatride, il partagea alors l'existence précaire de nombre de personnes réfugiées à Marseille dans l'espoir d'obtenir un visa. Grâce à l'aide de son ami Gide, il obtint ce précieux sésame et gagna les Etats-Unis où il vécut plusieurs années, enseignant la littérature. Malaquais n'a publié que trois romans : « Les Javanais » (prix Renaudot 1939),  « Le Gaffeur » (publié en 1953), tous deux objets de précédents articles et  « Planète sans visa », grand roman de la France sous l'occupation, publié en 1947 et qu'il remania jusqu'à ses derniers jours. Ce roman de plus de 500 pages a été réédité en 1999 après sa mort.

25/05/2025, 09:41

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Les Ensablés - La Saint-Michel et le Pont Euxin d'Anne Lacroix, par François Ouellet

Anne Lacroix (1897-1982) n’aurait publié qu’un seul roman, La Saint-Michel et le Pont-Euxin chez Grasset en janvier 1933. À cette date, elle a déjà commencé un deuxième roman, Rézle (et même annoncé un troisième titre, Les Bergers d’Arcadie), soumis en décembre de la fin de cette même année pour le Prix du roman du Temps ; les quelques voix qu’elle récolte seront insuffisantes pour qu’elle obtienne ce prix qui consiste dans la publication du roman dans les pages du quotidien. Mais, cinq ans plus tard, en mars 1938, Rézle paraîtra en feuilleton dans Le Temps. Il ne semble pas que la carrière d’Anne Lacroix ait connu d’autres développements. Par François Ouellet.

11/05/2025, 09:00

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Les Ensablés - L'Impassible de Frédéric Berthet (1954-2003)

Lorsque la critique d’un livre est aussi intéressante, voire plus, que le livre dont elle parle, lorsqu’on se régale de son style, de son ironie, de sa drôlerie, et si transparaît à travers ses mots l’originalité de l’homme lui-même, alors on peut se dire qu’elle est elle-même œuvre littéraire, et que son auteur est un sacré bonhomme. Voilà la réflexion que je me suis faite après la lecture de ce recueil d’articles de Frédéric Berthet, récemment paru chez La Table Ronde sous le titre L’Impassible. Par Hervé BEL

27/04/2025, 09:00

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Les Ensablés - Happe-Chair de Camille Lemonnier (1844-1913)

Happe-Chair, un titre qui a tout de suite attiré mon attention. Je me trouvais alors dans une des dernières librairies anciennes de la rue Saint-Sulpice (pour combien de temps encore sera-t-elle là ?), dans la bonne odeur des vieux livres, lorsque je suis tombé sur la réédition de 1908 de ce roman de Camille Lemonnier publié une première fois en 1886 chez Kiestmaeckers…  par Hervé Bel. 

13/04/2025, 12:28

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Les Ensablés - Jacques Rivière, Sentiments et critique

À l’occasion du centenaire de sa mort, la collection Bouquins consacre un volume à Jacques Rivière, critique et essayiste, véritable cheville ouvrière de la Nouvelle revue française dont il assura la direction durant plus de 10 ans. Mort prématurément en 1925 à l’âge de 39 ans, celui qui fut à la fois le grand ami et le beau-frère d’Alain Fournier, l’auteur du Grand Meaulnes, révèle par la quantité d’articles qu’il donna à la revue une perspicacité critique étonnante. Sensuelle et inspirée. Par Denis Gombert

30/03/2025, 09:00

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Les Ensablés - Lire sous l'occupation de Jacques Cantier

Le monde des livres sous l’Occupation a déjà été étudié par l’historien Jacques Cantier qui s’était intéressé à la trajectoire de l’une des figures maudites des lettres françaises avec sa biographie de Pierre Drieu La Rochelle (Perrin, 2011). Cette fois, avec Lire sous l’Occupation, publié en 2019 et en poche en 2024 aux Éditions CNRS, il nous présente un panorama global de la lecture entre 1939 et 1945. , par Nicolas Acker.

16/03/2025, 16:50

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Les Ensablés - La femme qui boit de Colette Andris, par Marie Coat

En mars 2023, Gallimard publiait dans sa collection L’imaginaire un grand succès de son catalogue paru en 1929, réédité à huit reprises puis repris en 1934 dans sa collection de poche : La femme qui boit », première oeuvre d’une jeune femme de 29 ans, Pauline Toutey. Par Marie  Coat

02/03/2025, 19:56

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Les Ensablés - Le gaffeur de Jean Malaquais

Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais - quitta la Pologne  à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Cette période de sa vie fut marquée par une grande précarité et  par la volonté farouche de vivre de sa plume. Mobilisé en 1939 puis fait prisonnier, il s'évada et émigra vers le continent américain. Par Isabelle Luciat

16/02/2025, 10:09

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Les Ensablés - Le Boucher des Hurlus de Jean Meckert

Jean Meckert (alias Jean Amila, 1910-1995) est mort il y a trente ans… Pas tout à fait mort, car ses romans ont continué d’être réédités et nous n’avons pas manqué d'en parler dans nos colonnes (1). Cette fois, c’est la courageuse Ronces éditions (2) qui republie Le boucher des hurlus paru chez Gallimard en 1982 et signé du nom Jean Amila qu’il avait adopté pour ses romans publiés dans la Série Noire. Par Hervé BEL

02/02/2025, 19:38

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Les Ensablés - L'inconstante de Marie de Régnier

Fille de José Marie de Heredia, épouse du poète Henri de Régnier, Marie de Régnier n’eût peut-être d’autre choix que de devenir une femme de lettres. Mais en adoptant un nom d’homme tout de même, société corsetée oblige ! C’est ainsi que Marie de Régnier entama très tôt une carrière littéraire au confluent de deux siècles, à la période de la Belle Epoque, sous le nom de de Gérard d’Houville, puis de Gérardine (la renommée de Caroline Rémy, dite Séverine, étant peut-être passée par là). Par Denis Gombert.

19/01/2025, 09:00

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Les Ensablés - Autour des trônes que j’ai vus tomber (1921), de la princesse Louise de Belgique

L’Avenue Louise est l’une des plus importantes artères de Bruxelles. On oublie souvent qu’elle fut dédiée à la princesse Louise (1858-1924), fille aînée de Léopold II, le roi bâtisseur qui rénova la ville. Et l’on a tout autant perdu le souvenir de l’histoire rocambolesque et tragique de sa déchéance au sein des cours européennes de son temps... Ces mémoires romancés offrent au lecteur les confessions rares d’une princesse égarée par le destin. Par Louis Morès.

05/01/2025, 09:00

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Les Ensablés - Mes amis d'Emmanuel Bove, centenaire d'un chef-d'oeuvre

On ne pouvait pas laisser s’achever cette année 2024 sans célébrer les cent ans d’un des chefs-d’œuvre romanesques du XXe siècle. Des chefs-d’œuvre, la littérature française en a produit son lot, et les centenaires à venir ne manqueront pas : en 2026, ce sera Les Faux-monnayeurs, en 2032, Voyage au bout de la nuit, en 2038, La Nausée, etc. Mais les auteurs ensablés aussi ont leurs grands et petits chefs-d’œuvre, dont certains ont été chroniqués ici même : L’Enfant à la balustrade, Les Javanais, par exemple. Et maintenant Mes Amis d’Emmanuel Bove : avis à ceux qui ne l’auraient pas encore lu. Par François Ouellet.

15/12/2024, 16:14

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Les Ensablés - Le Poil de la bête de René-Jean Clot

Un peu avant l'excellent Elisabeth que nous avons chroniqué , les éditions Le Passeur avaient réédité en 2023 le roman Le poil de la bête  de René-Jean Clot (1913-1997). Une fois de plus, soyons reconnaissants à cet éditeur d’oser ainsi remettre au goût du jour des auteurs injustement oubliés. René-Jean Clot l’est inexplicablement. Par Hervé Bel

01/12/2024, 09:00

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Les Ensablés - Jabadao (1951) de Anne de Tourville

Lorsqu’il y a tout juste vingt ans, Anne de Tourville  (1910-2004) décéda à 94 ans, elle était bien oubliée du monde littéraire et l’est encore à ce jour. Elle avait pourtant remporté le Prix Femina en 1951 avec son roman «Jabadao» devançant entre autres, dès le deuxième tour, Louise de Vilmorin et Michel de Saint Pierre. Par Marie Coat

11/11/2024, 09:40

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Les Ensablés - L'invitation chez les Stirl, de Paul Gadenne

La vie de Paul Gadenne (1907-1956) a été marquée par l'épreuve de la maladie qui le contraint à abandonner une prometteuse carrière de professeur de lettres classiques et à séjourner périodiquement au sanatorium de Praz-Coutant, en Savoie (cadre de son premier roman « Siloé », objet d'un précédent article). Paul Gadenne termina ses jours à Cambo-Les-Bains, station thermale du pays basque reconvertie dans les années 30 en centre de cure pour les tuberculeux. Par Isabelle Luciat.

27/10/2024, 09:00

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Les Ensablés - La Conspiration de Paul Nizan (1905-1940), par Nicolas Acker

Non, Paul Nizan (1905-1940) ne fut pas seulement l’auteur d’un incipit resté célèbre et redécouvert par la jeunesse étudiante de mai 1968. « J’avais 20 ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie ». Cette « accroche » solennelle cache hélas un peu trop une oeuvre hybride passionnante. Mort en soldat à 35 ans en 1940, il fut jeté aux oubliettes de l’Histoire, répudié par ses camarades communistes. 

Par Nicolas Acker

13/10/2024, 18:34

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Les Ensablés - Octave Feuillet (1821-1890), un parfum de province

On ne lit plus Octave Feuillet (1821-1890), auteur à très grand succès du Second Empire et favori de lˊImpératrice Eugénie ; seul son nom sur la plaque bleue dˊune rue tranquille et banale du XVIème arrondissement, où habitaient de bons amis, m’a un jour rendu curieux de le connaître.
Les titres de ses romans ont l’odeur des armoires à linge bourgeoises, encaustique et lavande : « La Petite Comtesse » (1856), « Histoire de Sybille » (1862), « Julia de Trécoeur » (1872), voire réminiscents de la Comtesse de Ségur « Le Roman dˊun jeune homme pauvre » (1858)… Par Herbert Dune.

29/09/2024, 09:00

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Les Ensablés - La Revanche (1925) d'André Thérive

Paru en 1925, puis réédité dans une édition illustrée en 1930, La Revanche d’André Thérive (de son vrai nom Roger Puthoste) est un livre qui parle de la vieillesse, de la sénilité, de la mort, et surtout de la mesquinerie des vivants… Rien qui puisse a priori attirer le lecteur « feel good » Mais le style est magnifique, avec, l’air de rien, une musique enchanteresse. Quant à la fin du roman, autant le dire, elle est sublime. Soudain, après le crépuscule, c’est la lumière qui surgit, d’autant plus incandescente qu’elle est environnée d’ombres..
 
Par Hervé BEL. 

15/09/2024, 09:00

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Les Ensablés – André Beucler, Vu d’Allemagne

Romancier, auteur d’une quinzaine d’ouvrages dont La Fleur qui chante, chroniqué pour Les Ensablés par François Ouellet, André Beucler est un homme aux multiples talents. Il s’intéresse ainsi au cinéma, pour lequel il écrit plusieurs scénarios et même réalise quelques films. Mais Beucler brille aussi dans un tout autre exercice, le journalisme. De par ses contraintes notamment en termes de longueur et de style, l’article de journal s’apparente à l’art de la nouvelle ou du découpage en scènes du cinéma, un art dans lequel Beucler s’épanouit avec une aisance et un brio remarquables. Par Carl Aderhold.

25/08/2024, 09:00

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Les Ensablés – Elisabeth de Raymonde Vincent (1908-1985)

Après la réédition du chef-d’œuvre Campagne (prix Femina 1937) dont même Le Monde s’est fait largement l’écho en 2023, les éditions Le Passeur republient aujourd’hui Élisabeth, troisième roman de Raymonde Vincent. Comme Marguerite Audoux (voir notre article sur Marie-Claire), elle fut un phénomène littéraire, s’avérant capable d’écrire un grand livre aussitôt remarqué et publié, alors qu’elle avait été illettrée pendant toute son enfance. Par Hervé BEL.

04/08/2024, 09:29

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Un téléphone échangé, une vie dévoilée : Delphine de Vigan explore l'intimité numérique

Je suis Romane Monnier intrigue par son point de départ d’une banalité trompeuse : un téléphone échangé par erreur à la fin d’une soirée ordinaire. Rien de spectaculaire, et pourtant tout bascule. Delphine de Vigan s’empare de ce minuscule incident pour ouvrir une faille, puis une brèche, dans le quotidien de son personnage principal. 

20/01/2026, 16:38

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Ce que savent les arbres : doute, science et survivance

Le roman Les vœux Flottants de Marie B.Levy s’ouvre sur une disparition brutale : celle de Myron, biologiste engagé dans des recherches sensibles, dont l’avion s’abîme en mer alors qu’il rentre d’un déplacement professionnel.

20/01/2026, 16:37

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Blizzard islandais et disparitions : quand la randonnée vire au cauchemar

Sur un glacier d'Islande, une randonnée tourne mal. Vraiment mal. Ni les sauveteurs, ni le lecteur, ne sont au bout de leurs surprises avec ce thriller psychologique glacé.

20/01/2026, 15:19

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Un chien arrive : une splendide autobiographie à hauteur de museau

Tout commence par un rêve. Ou plutôt par sa perte. « Il y a presque dix ans, j’ai rêvé d’un chien que je n’avais pas, et que je perdais. » D’emblée, le texte place le lecteur dans une zone de frottement entre imaginaire et vécu, entre anticipation et deuil. Ce chien rêvé, aimé « douloureusement », précède le chien réel. Il l’annonce. Il le prépare. 

20/01/2026, 14:19

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Un cadavre sous la glace : quand une sage-femme défie la justice des hommes

Ici, nul simple récit judiciaire ni d’une fresque historique décorative. Tout commence par une vision saisissante, presque cinématographique : « Le corps dérive vers l’aval. Mais, en cette fin de novembre, les eaux de la Kennebec commencent à geler. » Le lecteur est happé par cette image figée, par ce cadavre prisonnier de la glace, déjà promesse d’un drame où la nature, la violence humaine et la vérité vont s’entrelacer. À paraître le 11 février.

20/01/2026, 11:50

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Le crime n’a pas dit son dernier mot

De retour au village de Gourdon, Nico est renvoyé à son passé et aux meurtres non élucidés qui ont secoué le village trente ans plus tôt. Le prédateur qui sévissait à l’époque court toujours. La menace plane encore. D’autant qu’un mystérieux témoin distille des indices inquiétants. Personnage à part entière, la nature provençale colore cette intrigue de ses ombres et lumières.

20/01/2026, 08:00

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Quand un mage timide tombe amoureux d’un pirate rebelle

Esteban, étudiant appliqué mais maladroit, rêve d’intégrer la caste des mages d’élite de Verama. Un jour, il tombe sur Luis, pirate rebelle et excentrique, qui n’en ferait qu’à sa tête s’il n’était pourchassé par un redoutable monstre marin. 

20/01/2026, 07:00

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Une bibliothèque idéale pour un auteur qui détestait les idéaux (Nietzsche)

« Le lecteur dont j'attends quelque chose doit réunir trois qualités : être calme et lire sans hâte; ne pas toujours s'interposer, lui et sa « culture» ; enfin, ne pas s'attendre à un tableau de résultats. »

19/01/2026, 18:33

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Oubliés sur une île : l’affaire vraie qui glace encore aujourd’hui

Les éditions de l'Aube inaugurent une nouvelle série où une histoire vraie, un fait divers du passé, devient témoin de son époque par l'analyse du traitement qu'en firent les journaux et l'opinion.

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Une femme sur le toit, roman social et poétique de Souad Benkirane

C'est une quête maternelle à couper le souffle. Dès l’exergue emprunté à Simone Weil — « Nous ne possédons rien au monde – car le hasard peut tout nous ôter — sinon le pouvoir de dire “je”. » —, le roman donne le ton : une histoire de dignité, de survie et d’identité. À paraître le 5 février.

19/01/2026, 12:14

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Analyse spectrale du Proche-Orient

Dans la multiplicité et la complexité de leurs formes, les violences qui défigurent le visage du Proche- Orient ont une histoire. Celle-ci ne se limite aucunement à « l’authenticité religieuse des Orientaux et leur ferveur », comme le veut un certain orientalisme tardif, ni à l’attrait pour la brutalité qui serait inhérent à la « psyché arabe », selon une vision néocolonialiste saturant encore le débat public.

19/01/2026, 11:05

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La Fabrique du merveilleux : le roman africain qui réinvente le rêve

Quand le rêve gouverne le réel : voilà comment La Fabrique du merveilleux pose ses ambitions : raconter un monde où le rêve n’est pas une échappatoire, mais une force structurante. L’auteur pose son décor avec une clarté presque philosophique : « Lony, le monde qui nous habite, est beaucoup plus vaste… Il nous est accessible uniquement par le rêve. »

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La Trilogie chronolytique : la SF française des années 1970 en un volume

La Trilogie chronolytique, de Michel Jeury, paraît en librairie le 26 février et réunit trois romans majeurs de la science-fiction française, Le Temps incertain, Les Singes du temps et Soleil chaud, poisson des profondeurs. Publié par la maison d’édition mentionnée dans ton dossier, cet ensemble explore les dérèglements du temps, les futurs totalitaires et les mutations technologiques à travers une écriture visionnaire qui a marqué durablement le genre.

19/01/2026, 08:00

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Quand Thétis supplante Homère : une épopée féministe contemporaine

Aux éditions du Seuil, dans la collection « Pierres vives », Thétis de Christine Spianti paraît le 20 février. Dans ce roman ample et singulier, l’autrice réinvente l’Iliade en déplaçant le regard vers Thétis, mère d’Achille, pour faire entendre une épopée contemporaine portée par la compassion, la voix des femmes et des oubliés, des rives de la Grèce antique aux luttes actuelles.

 
 

19/01/2026, 07:00

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L’Allemagne vacille : les coulisses d’un modèle industriel en train de s’effondrer

Cette semaine, la Booksletter explore les lignes de fracture du monde contemporain. De la crise du capitalisme rhénan aux promesses vertigineuses du quantique, des vulnérabilités invisibles de l’Internet sous-marin aux voix de la diaspora vénézuélienne, les livres révèlent ce que l’actualité brute ne dit pas. Un parcours exigeant à travers idées, sciences et combats pour la liberté de publier.

17/01/2026, 09:07

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Comment habiller un garçon : Cyrille Martinez explore la mode comme roman d’apprentissage

Comment habiller un garçon, nouveau roman de Cyrille Martinez, paraît aux éditions Verticales le 19 février et poursuit une exploration littéraire de la jeunesse et de ses rites, en racontant l’initiation d’un jeune homme à la mode masculine à travers l’apprentissage collectif d’une bande d’étudiants provençaux, entre quête de style, construction de soi et détournement des codes sociaux.

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Après Kim Jiyoung, Cho Nam-Joo poursuit son autopsie de la société coréenne

Avec Miss Kim, Cho Nam-Joo poursuit son exploration implacable de la condition féminine en Corée du Sud à travers huit portraits de femmes, dans un roman traduit du coréen par Pierre Bisiou et Choi Kyung-Ran, à paraître le 5 février aux éditions Robert Laffont. De l’enfance à la vieillesse, ces trajectoires intimes exposent les violences, les discriminations et les contradictions auxquelles les femmes sont confrontées, dessinant en creux le visage d’une société entière.

17/01/2026, 07:10

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Comment Hollywood étouffe ses scandales : un polar sans filtre

Nouvelle figure du polar Angelino, Jordan Harper nous entraîne dans les coulisses des célébrités et des puissants, ceux qui sont au-dessus des lois grâce à une armée de gardes du corps, avocats, communicants, chargés de leur tisser une toile protectrice et de leur façonner une impunité où tous les vices sont permis. Convaincant et dérangeant.

16/01/2026, 15:22

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MeToo ? Bad Hombre démonte les mécanismes modernes de la dénonciation

Vite, très vite, Bad Hombre (trad. Aloïse Denis) s’annonce comme un livre impossible à ranger sur une étagère rassurante. Ni manifeste, ni confession pure, ni pamphlet idéologique, l’essai de Pola Oloixarac avance à découvert, assumant ses zones de trouble et ses contradictions. « Ceci étant une histoire vraie, elle se doit d’inclure une confession. » Cette phrase inaugurale devient pacte de lecture : ici, rien ne sera simple ni confortable. L’autrice s’expose, non pour se justifier, mais pour comprendre.

16/01/2026, 12:03

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Pierre Lemaitre tient ses belles promesses et s’empare du top des ventes

Certains auteurs tiennent parole, dès le titre de l'œuvre : Pierre Lemaitre signe ainsi une entrée fracassante sur le marché. Il se place au sommet des meilleures ventes dès la première semaine, apportant un souffle nouveau à un classement qui ronronnait depuis plusieurs mois. Passage en revue du palmarès des derniers jours (du 05/01 au 11/01)...

 

16/01/2026, 11:36

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L’Avant-poste : le roman qui transforme la frontière en poison

Il suffit de quelques pages pour comprendre que L’Avant-poste (trad. Raphaëlle Pache) n’est pas un simple roman d’anticipation. C’est un territoire. Un monde clos, poisseux, saturé de brouillard et de non-dits, où l’Histoire a reculé jusqu’à se figer. D’emblée, Glukhovsky plante le décor avec force : « L’immense pont s’enfonce dans une vase glauque, dans un épais brouillard empoisonné, s’y dissout peu à peu et disparaît complètement. » Tout est là : la frontière, l’interdit, la peur de ce qui se trouve “de l’autre côté”.  

16/01/2026, 10:33

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Accréditée : plongée inédite au cœur de la Macronie

Oubliez les dorures, les poignées de main chorégraphiées et les communiqués aseptisés : Accréditée vous propulse dans l’arrière-boutique du pouvoir, là où ça sue, ça ruse et ça verrouille. Ania Nussbaum écrit comme on infiltre un bunker, carnet en bandoulière et lucidité en alerte maximale. Ici, l’Élysée n’est pas un symbole, mais une machine nerveuse, parfois parano, souvent fascinante. Un livre qui ne murmure pas : il observe, il note, il appuie là où ça fait mal.

16/01/2026, 10:30

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Elle menait une vie discrète, jusqu’au jour où tout a dérapé

Une employée modèle, roman de Jean-Christophe Tixier publié chez Albin Michel et attendu en librairie le 11 février, met en scène une femme ordinaire dont l’existence réglée bascule lorsqu’elle décide de sauver son frère menacé, déclenchant un engrenage clandestin où la transgression devient peu à peu une manière d’exister.

16/01/2026, 08:00

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Une Russie coupée du monde au cœur de L’Avant-poste

Avec L’Avant-poste, roman de Dmitry Glukhovsky traduit du russe par Raphaëlle Pache et publié chez Robert Laffont, l’auteur de Metro 2033 plonge le lecteur dans une Russie de l’après, ravagée par une guerre civile et coupée de son propre centre, où un jeune homme isolé dans un poste-frontière rêve d’un monde auquel plus personne n’ose accéder. En librairie le 5 février, ce récit d’anticipation explore l’attente, l’enfermement et la peur de l’inconnu à travers un suspense tendu et politique.

16/01/2026, 07:00

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Les enfants de la Creuse, page éprouvante de la sombre histoire coloniale de l'État français

Une lecture éprouvante, à l'image du destin de Rose, mais un salutaire devoir de mémoire avec le rappel de l'histoire récente de l'île de La Réunion et de la sinistre affaire des « enfants de la Creuse ».

15/01/2026, 13:04

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Le Voile des illusions : le roman qui vous fait douter de l’amour… et de vous-même

Il y a des romans qui happent sans élever la voix. Et ça secoue. Le Voile des illusions (trad. Carine Chichereau) sera à ajouter au compte : le texte avance, et c’est nous qu’il déshabille. Anna, à quarante-cinq ans, enquête sur sa propre trajectoire — non pour dresser un dossier, mais pour comprendre la part souterraine des choix.

15/01/2026, 11:03

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Amour, marginalité, liberté : Billie Holiday comme vous ne l’avez jamais lue

Je suis une idiote de t’aimer (trad. Laura Alcoba) est un ensemble de nouvelles incandescent, parfois excessif, toujours sincère. Il revendique ses débordements, ses contradictions, ses élans incontrôlés. C’est un livre qui parle d’amour, oui, mais surtout de survie, de filiation choisie, de beauté trouvée là où personne ne pensait la chercher. Des portraits d'héroïnes inoubliables, avec peut-être le plus frappant : celui de Billie Holiday.

15/01/2026, 10:32

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La Résidence, un roman pour comprendre la colonisation de l’Afrique du Nord

Avec La Résidence, Laurent Crassat, dont le livre paraît le 6 février 2026, propose un roman historique solidement documenté qui explore l’histoire européenne de la colonisation de l’Afrique du Nord entre 1830 et 1925, en mettant en regard la violence de la conquête algérienne et la mise en place plus feutrée du protectorat marocain, tout en dévoilant les ressorts politiques, militaires et financiers d’une domination aux effets durables.

15/01/2026, 08:17

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Une bande dessinée jeunesse au cœur de la mythologie nordique

Skara est une jeune viking qui a reçu à la naissance un talent rare et divin : le don du Loup. Ce don fait d’elle une redoutable guerrière pouvant tenir tête à n’importe qui malgré son jeune âge ! Après la mort de sa mère, tuée par des pillards, Skara, emportée par la colère et le désespoir, incendie accidentellement un temple sacré d’Odin. 

15/01/2026, 07:00

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Vous ne lirez plus jamais l’Histoire du Cambodge de la même manière : Une main vers le ciel

Impossible de rester simple spectateur devant Une main vers le ciel : Jean-Christophe Boccou vous attrape par le col et vous installe, d’emblée, dans la tête de Khieu, seize ans, Phnom Penh, avril 1975. « La guerre est finie ? Tu n’y crois pas beaucoup. Tu n’y crois pas du tout. » « Les doctrines changent, les mains aussi, mais il y a toujours une lame, et une gorge coupable à trancher – au nom de la justice, au nom de la sauvegarde du régime, au nom du nom. »  À paraître le 5 février. Par Jérôme Bosch.

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Intervalles

14/01/2026, 16:00

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La France qui bosse (et qu’on ne regarde plus) : dans L’Usine, la chaîne avale toute

On ouvre L’Usine de Robin Conche comme on entrouvre une porte coupe-feu : l’air y est épais, la lumière blafarde, et pourtant ça accroche. Francis Painsec, vingt-six ans, s’allonge sur son canapé rouge et regarde son déficit comme un écran de fin du monde : « Il est écrit en rouge – 1 600 €. » Puis, presque bravache : « Ça va. »

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Julien Denormandie et Érik Orsenna imaginent la révolte silencieuse d’un sol que l’humanité n’écoute plus

Publié au Seuil et attendu en librairie le 6 février, Le Chant du sol est un conte écologique signé Julien Denormandie, ingénieur agronome et ancien ministre, avec une préface d’Érik Orsenna, membre de l’Académie française, qui imagine la révolte silencieuse de ce sol que l’humanité croit connaître mais qu’elle n’écoute plus, dans un récit engagé où la fiction devient un outil pour alerter sur notre rapport au vivant.

14/01/2026, 08:18

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Un thriller coréen sur une leçon particulière qui tourne au règlement de comptes

Avec Leçon particulière, roman de Sulmi Bak traduit du coréen par Marion Gilbert et publié aux éditions HarperCollins le 18 février, l’autrice sud-coréenne signe un premier livre sombre et tendu, construit comme une descente méthodique au cœur de la cruauté humaine, où une jeune professeure particulière s’immisce dans la vie d’un adolescent pour l’obliger à affronter une vérité dont les conséquences s’annoncent glaçantes.

14/01/2026, 07:00

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Vins d'Orient. 4000 ans d'ivresse

13/01/2026, 18:09