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Les Ensablés - "Faubourg Saint-Antoine" de Tristan Rémy (1897-1977) par François Ouellet

Le parcours littéraire de Tristan Rémy est indissociable des luttes politiques des années 1930. D’origine populaire, il a grandi dans le quartier populaire de la Chapelle, dans le 18e arrondissement de Paris, et est très tôt un collaborateur de la presse de gauche. Il publie régulièrement dans Le Peuple et dans L’Humanité, où il fait paraître un premier conte en 1917 et, dix ans plus tard en feuilleton, son premier roman, Milo de la zone, édité l’année suivante sous le titre Porte Clignancourt dans la collection des « Prosateurs français contemporains » que dirige Jean-Richard Bloch chez Rieder. Au début des années 1920, il se lie d’amitié avec Henry Poulaille, avec qui il milite pour la défense d’une littérature prolétarienne tout en travaillant à la Gare du Nord. 

Le 22/01/2017 à 09:00 par Les ensablés

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22/01/2017 à 09:00

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Sa place dans l’histoire littéraire est en réalité assez exemplaire des zones de tensions esthétiques et idéologiques entre le roman prolétarien, le roman populiste et le roman communiste, qui sont les grandes structures narratives à l’intérieur desquelles se répartissent de nombreux écrivains de gauche de l’époque. Si la manière de Tristan Rémy en fait malgré lui un romancier populiste, il a néanmoins été, avec Henry Poulaille et Marc Bernard, une des figures dominantes du Groupe des écrivains prolétariens créé en 1932, avant de joindre, deux ans plus tard, les rangs de l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires, placée sous l’autorité du Parti communiste. De fait, il y a un certain écart esthétique entre un roman comme Porte Clignancourt (1928), qui relate la vie misérable de quelques personnages dans le quartier de Saint-Ouen, et La Grande Lutte (Éditions sociales internationales, 1937), un roman précurseur des grèves de juin 1936. Porte Clignancourt n’est pas à proprement parler un roman prolétarien, et cela peut expliquer la tiédeur de Poulaille à son égard, comme en témoigne la critique qu’il en fait dans Nouvel-Âge littéraire (Valois, 1930). La réticence de Poulaille peut étonner, mais ce serait oublier que Rémy se tenait lui-même à une certaine distance des écrivains prolétariens, auxquels il reprochera d’être retenus davantage par « leurs histoires personnelles » que par « la grande histoire que le prolétariat doit remplir dans le monde ». C’est le saut vers cette grande histoire que fait Rémy avec La Grande Lutte, dont Paul Nizan écrira dans L’Humanité : « Chaque parole importante des personnages comporte la référence à l’avenir que comporte tout climat épique. Le lien de la réalité présente et de l’avenir qu’elle exige est sans doute le secret du réalisme socialiste. » Mais ce roman communiste est à part dans l’œuvre de l’écrivain, comme l’engagement littéraire de Rémy auprès de Poulaille reste problématique.

Pour ma part, je tiens le talent littéraire de Tristan Rémy trop évident, trop incontestable, pour le limiter par des définitions. D’ailleurs, cela vaudrait aussi pour le Poulaille du Pain quotidien (1931), même si la pratique de Rémy, contrairement au chef de l’École prolétarienne, échappe à l’écriture autobiographique. L’œuvre de Rémy fait montre d’une écriture fine et sûre de ses moyens, elle témoigne d’une vision largement naturaliste, mais dans le sens le plus sobre du terme, sans recherche des grands effets. Écrivain d’on ne sait quelle gauche, Rémy est surtout un romancier remarquable qui se lit encore aujourd’hui avec plaisir et profit.

Publié en 1936 chez Gallimard, Faubourg Saint-Antoine est très proche par l’esprit du naturalisme de Porte Clignancourt et du diptyque que forment à la Librairie Valois (dans la collection de Poulaille, « Les Romans du Nouvel âge ») À l’ancien tonnelier (1931) et Sainte-Marie des flots (1932). Quatrième roman de l’auteur, Faubourg Saint-Antoine a reçu le Prix du roman populiste en 1936. On peut penser que l’insertion du roman dans le catalogue Gallimard a joué favorablement. En outre, une publicité de l’éditeur dans l’organe socialiste Le Populaire, en juillet 1936, place Faubourg Saint-Antoine parmi « les livres récents pour les amis du Front populaire », aux côtés notamment des Massacres de Paris de Jean Cassou, de Train de vies d’Eugène Dabit et du Cheval de Troie de Nizan. Le roman est incidemment dédié à Léon Deffoux, spécialiste du naturalisme (il avait publié une étude remarquée en 1929) et membre du jury du Prix du roman populiste. Ce même Deffoux avait accueilli dans L’Œuvre, journal auquel il collaborait, le « Manifeste » du roman populiste de Léon Lemonnier en août 1929. Chroniquant lui-même Faubourg Saint-Antoine dans Les Nouvelles littéraires, Deffoux insiste sur l’identification naturelle du romancier à son sujet : « La démarche, le style, l’accent, l’odeur de son livre ne doivent rien au carnet de notes. C’est par sa sincérité directe qu’il nous touche et que ses observations donnent à réfléchir. » À cet égard, c’est bien le populisme tel que le définissent Lemonnier et Thérive qu’évoque ce roman.

Faubourg Saint-Antoine est divisé en deux parties qui ont un lien extrêmement ténue entre elles : le quartier habité par les personnages. On pourrait parler de deux longues nouvelles. Cette forme romanesque peut rappeler L’Hôtel du Nord (1929), d’Eugène Dabit, où l’hôtel sert de point de jonction où se croisent divers personnages. Cela même si Rémy estimait injustement que le roman de Dabit « est un mauvais livre et que tout son succès vient de ce que ses bonshommes et bonnes femmes sont des saligauds, des cocus, des maquereaux et généralement des ivrognes ». Il reste que cette structure narrative, qui s’impose au détriment du point de vue dominant du roman bourgeois, est assez propre au roman prolétarien ou plus largement au roman de gauche de l’époque, où la solidarité ouvrière s’imbrique dans un roman à focalisation partagée. On la trouve aussi bien chez le Poulaille de Ils étaient quatre (1925) que chez le Nizan du Cheval de Troie (1935).

La première partie a pour centre l’atelier d’ébénisterie de M. Binquet, qui vient d’embaucher comme contremaître son beau-frère, Oscar, un ancien pâtissier au chômage que son inexpérience prive du respect auquel il aurait droit de la part des ouvriers. À la suite d’une violente altercation entre lui et Charles Jutelet, un apprenti qui loge chez le patron, nous suivons les déambulations de ce dernier dans la ville, car il a quitté l’atelier et songe à ne plus y revenir. Ses pas le conduiront chez ses parents, où le hasard fait qu’on vient d’enterrer son frère André, qu’il n’a guère connu. Oscar viendra lui-même y chercher Charles, le ramenant à l’atelier sans rien lui reprocher, ce qui fait réfléchir l’apprenti : « C’est un ébéniste d’occasion qui parle, pense Charles. Peut-être un pâtissier de malheur aussi. Mais dans la vie, si l’on veut que l’humanité continue, c’est pas l’ouvrier seulement qu’il faut voir, mais l’homme. » La vie ouvrière reprendra, elle continuera d’avoir ses drames, ses malentendus, ses difficultés économiques, dont Rémy fait un portrait ni tout blanc ni tout noir, mais simplement très humain.

La seconde partie, plus élaborée, tourne autour de la mère Milou, la concierge, et de la relation entre Armande, une jeune fille du quartier, et Fabert, un sous-officier de la coloniale. Armande, qui a frayé avec les prostituées mais cherche à stabiliser sa vie, propose à Fabert de l’épouser. Deux ans plus tard, alors que sa proposition n’a pas abouti, Armande revoit Fabert et se donne à lui. Mais elle le quitte subitement quand elle le soupçonne (à tort) d’avoir une relation avec une ancienne amie à elle, une prostituée qu’elle déteste. Un jour la mère Milou découvre un enfant sur le seuil de sa porte : tous ignorent que cet enfant est celui d’Armande, mais cela fait l’affaire de la concierge qui, après avoir toujours prétendu qu’elle avait une fille, réussit enfin à donner quelque crédibilité à son histoire en prétextant que sa fille lui a confié son enfant. Six ans plus tard, la mère Milou étant décédée, Armande revient trouver Fabert, devenu comptable chez les Binquet. Il l’a trop attendue et a trop souffert, lui explique-t-il, pour recommencer à neuf et vivre avec elle. Croyant l’attendrir en lui avouant qu’il est le père de son enfant, Fabert n’en souffre que davantage. « Mais que vous soyez partie, que vous ayez laissé cet enfant, mon enfant aussi, là tout près, sans me prévenir, sans me rien dire, pendant des années, Armande, c’est trop. C’est trop de méchanceté de votre part, pour moi qui n’en méritait pas tant. »

Romancier des quartiers populaires, Rémy recourt largement à l’argot. C’était à ses yeux une façon de renouveler le roman, comme il le disait dans un entretien : « C’est que, voyez-vous, je crois au renouvellement du langage par les apports du fond paysan et ouvrier. La langue littéraire est pour moi une chose morte, ossifiée. Tandis que si j’entends un de mes voisins de la porte Clignancourt appeler une culotte de golf une “culotte à provisions » ou les chaussettes de sports des “chaussettes à col rabattu”, alors je sens que quelque chose de neuf et de riche m’est offert. » Sans avoir l’impact qu’il a chez Céline, l’argot ajoute à l’observation du détail vrai et à l’aplomb de l’image qui caractérisent l’écriture de Tristan Rémy et qui en font un représentant émouvant de la littérature du peuple des années 1930. Après la guerre, il se fera historien de la culture populaire, consacrant une série d’ouvrages au cirque et une biographie au chansonnier Jean Baptiste Clément.

François Ouellet

Janvier 2017

Par Les ensablés
Contact : contact@actualitte.com

2 Commentaires

 

Claude Friolet

12/04/2023 à 12:11

Merci de ce bel article, intelligent et nuancé, qui redonne vie au Tristan Rémy romancier, trop peu reconnu et trop vite oublié.

claude saint yre

07/02/2026 à 17:47

Bel eloge de mon grand-pere.!

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Le propre du « petit maître » est d’être discret. Un temps, il s’impose, il plaît... Puis disparaît, écrasé sous les poids des « grands ». C’est que l’on ne peut pas retenir tout le monde. J’ai mes « petits maîtres » favoris, et l’un d’eux, vous le savez peut-être, car j’en ai déjà parlé, s’appelle Henri Duvernois. Récemment, dans un vide-grenier, perdu dans un amas de livres vendus un euro chacun, je suis tombé sur son roman « La Reine battue » publié sur papier alfa bouffant dans la belle collection de luxe Le livre de demain, où le texte s’orne de gravures. Je l’ai acheté évidemment, sachant à l’avance que je ne serais pas déçu. Par Hervé Bel.

14/09/2025, 10:00

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Les Ensablés - La Pierre angulaire, de Zoé Oldenbourg

Zoé Oldenbourg (1916-2002) fut longtemps associée aux succès d’édition de grandes fresques médiévales. Son premier livre, Argile et Cendres (1946) qui suit les péripéties d’un petit seigneur partant pour les croisades, impressionna tellement par sa précision et son ampleur qu’on y vit un potentiel Goncourt. Le couronnement arrivera finalement en 1953 avec son second roman La Pierre angulaire qui remporte le Prix Femina. Zoé Oldenbourg y expose les tableaux contrastés d’un Moyen-Âge où même les âmes les plus abjectes vivent dans l’espérance du salut éternel. Par Nicolas Acker.

31/08/2025, 09:00

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Les Ensablés - La vierge et le taureau, de Jean Meckert

Les éditions Joëlle Losfeld poursuivent avec bonheur la réédition des romans de Jean Meckert  (1910-1995). Le dernier en date, La vierge et le taureau, occupe une place à part dans l’œuvre de Meckert. D’abord parce qu’il s’agit du dernier publié sous son propre nom. S’il continue à publier par la suite, ce sera désormais sous le pseudonyme de Jean Amila, bien connu des amateurs de romans policiers. Dernier roman de Meckert donc, La vierge et le taureau est aussi entouré d’une légende noire qui fait de ce livre, une sorte d’ouvrage maudit qui a donné libre cours à de nombreuses spéculations. Par Carl Aderhold

17/08/2025, 09:00

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Les Ensablés - Le wagon à vaches (1953), de Georges Hyvernaud

Sa prose noire et acérée rappelle Raymond Guérin. Son ironie pessimiste penche du côté d’Emmanuel Bove. Le phrasé rageur est célinien. Nous sommes en 1953 lorsque Georges Hyvernaud publie son deuxième récit le Wagon à vaches. On y retrouve la veine existentialiste, sans le torse bombé de l’intellectuel engagé. Par Nicolas Acker.

27/07/2025, 09:00

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Les Ensablés - La fin de la IIIe République, de Emmanuel Berl

Paru en 1968 dans la célèbre collection de Gallimard, « Les trente journées qui ont fait la France », La fin de la IIIerépublique est republiée quelques années plus tard dans une autre collection intitulée «Témoins». Ce passage révèle bien à la fois la nature de cet ouvrage mais aussi celle de son auteur, Emmanuel Berl (1892-1976). S’il est aujourd’hui tombé dans l’oubli (tout juste certains se souviennent qu’il fut le mari de la chanteuse Mireille), il a pourtant marqué la vie intellectuelle des années 1930 par ses positions que ses biographes qualifient volontiers d’inclassables. Par Carl Aderhold

06/07/2025, 10:45

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Les Ensablés - Le roi dort, de Charles Braibant

« Nos pays ne sont pas beaux...mais il y a en eux une espèce de grandeur calme et comme un peu dédaigneuse qui est beaucoup plus captivante que la beauté ». Ainsi Charles Braibant (1889-1976), Champenois de lignée et de coeur, décrit-il sa région d’élection dans son roman Le roi dort qui, s’il rata de peu le prix Goncourt, fut couronné du Renaudot en 1933. Par Marie Coat

 

22/06/2025, 09:00

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Les Ensablés - La peau et les os de Georges Hyvernaud

Dans la fosse commune de l’oubli, Georges Hyvernaud n’a non seulement rien fait pour l’éviter - en ne publiant que deux livres de son vivant - mais y a sauté à pieds joints. La Peau et les os (1949), court mais édifiant récit de sa captivité pendant la seconde guerre mondiale, puis Le Wagon à Vaches (1953), roman implacable de l’impossible réadaptation à une vie dite normale, prouvent que l’écrivain avait pris le parti non négociable d’une vérité humaine très difficile à vendre. Par Nicolas ACKER.

08/06/2025, 19:15

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Les Ensablés - Planète sans visa, de Jean Malaquais

Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais  (1908-1998) - quitta la Pologne à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Mobilisé en 1939, il fut fait prisonnier, puis parvint à s'évader. Juif et apatride, il partagea alors l'existence précaire de nombre de personnes réfugiées à Marseille dans l'espoir d'obtenir un visa. Grâce à l'aide de son ami Gide, il obtint ce précieux sésame et gagna les Etats-Unis où il vécut plusieurs années, enseignant la littérature. Malaquais n'a publié que trois romans : « Les Javanais » (prix Renaudot 1939),  « Le Gaffeur » (publié en 1953), tous deux objets de précédents articles et  « Planète sans visa », grand roman de la France sous l'occupation, publié en 1947 et qu'il remania jusqu'à ses derniers jours. Ce roman de plus de 500 pages a été réédité en 1999 après sa mort.

25/05/2025, 09:41

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Les Ensablés - La Saint-Michel et le Pont Euxin d'Anne Lacroix, par François Ouellet

Anne Lacroix (1897-1982) n’aurait publié qu’un seul roman, La Saint-Michel et le Pont-Euxin chez Grasset en janvier 1933. À cette date, elle a déjà commencé un deuxième roman, Rézle (et même annoncé un troisième titre, Les Bergers d’Arcadie), soumis en décembre de la fin de cette même année pour le Prix du roman du Temps ; les quelques voix qu’elle récolte seront insuffisantes pour qu’elle obtienne ce prix qui consiste dans la publication du roman dans les pages du quotidien. Mais, cinq ans plus tard, en mars 1938, Rézle paraîtra en feuilleton dans Le Temps. Il ne semble pas que la carrière d’Anne Lacroix ait connu d’autres développements. Par François Ouellet.

11/05/2025, 09:00

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Chacun : avancer, coûte que coûte

Le matin du 6 janvier 2024, « [q]uinze jours après le solstice d’hiver », Rose est allée faire du kayak dans les eaux vives de l'Ariège, de très bonne heure, comme elle en a l’habitude. Sauf qu’elle n’est jamais revenue. Et qu’aucun corps n’a été retrouvé en aval, poussé par le courant alors que le kayak, brisé en deux, oui. Tout comme sa voiture, quelques kilomètres plus haut. Depuis 2 ans, Paul guette son retour.  

16/10/2026, 14:37

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Ce roman prétend vous lire pendant que vous le lisez

Tout débute avec un petit délit. En avril, je racontais dans un éditorial avoir sauté des passages d’un livre audio. Une attachée de presse québécoise l’a lu, puis m’a écrit : cette petite histoire de liberté prise avec un texte lui rappelait VOIX, de Laurent Caron-Laramée. Qu’une lectrice professionnelle ait trouvé dans mes aventures de zappeur une parenté littéraire m’honore. La modestie m’interdit d’en conclure que j’avais inventé quoi que ce soit. Restait une obligation : ouvrir le roman et, cette fois, ne rien sauter.

16/10/2026, 12:41

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Qui mieux que Freida McFadden pour supplanter Sarah Knafo en tête des ventes ?

Le changement, c’est maintenant… ou presque. Après cinq semaines de Sarah Knafo, quel soulagement de retrouver Freida McFadden en tête des meilleures ventes ! Reste que la compagne d’Éric Zemmour a déjà écoulé plus de 266.000 exemplaires de son Casse du siècle (Fayard). Lourde tâche pour l’Américaine : faire oublier cet épisode.

 

 

16/10/2026, 11:22

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Didier Meïr Long : dix ans moine, une vie à se réinventer

Ancien moine bénédictin, consultant chez McKinsey et dirigeant dans le numérique, Didier Meïr Long a connu plusieurs vies avant de revenir au judaïsme de ses ancêtres corses. Dans Nos métamorphoses (La Sirène aux Yeux Verts), il interroge ces changements qui bouleversent nos certitudes et redessinent notre identité.

16/10/2026, 06:30

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À la cour du roi, une jeune femme mi-elfe cherche à retrouver sa liberté

Courtisane dans une cité royale où sa différence ne passe pas inaperçue, Moorna voit son quotidien basculer lorsqu’une ancienne menace refait surface. Avec Moorna – Fille de sangs mêlés, S. K. Rostedt entraîne son héroïne dans une fantasy où les intrigues de cour pourraient bien lui offrir une chance de conquérir sa liberté, traduit du finnois par Fantine Brunel, aux éditons Robert Laffont. 

 

15/10/2026, 07:30

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Trois frères, une prophétie : Nincemon Fallé lance une épopée fantastique

Séparés à la naissance pour empêcher une prophétie de se réaliser, trois frères grandissent loin les uns des autres sur un continent ravagé par une brume rouge. Avec Nés des mêmes cendres, Nincemon Fallé ouvre une saga de fantasy nourrie par les mythologies africaines, où le destin de trois hommes pourrait décider de celui d’un peuple entier, aux éditions JC Lattès.

15/10/2026, 06:30

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Oratorio

14/10/2026, 19:18

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Elles ne mouraient pas toutes

14/10/2026, 18:47

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Quand les monstres raisonnent mieux que les hommes : la fantasy de Lee Young-do

Les monstres ont parfois plus de bon sens que les humains. Encore faut-il les laisser parler. Chez Lee Young-do, les géants à tête de coq se montrent susceptibles, les Nagas vivent au voisinage de l’immortalité, les Tokkebis manient le feu et l’humour avec une désinvolture désarmante. Chacun possède ses rites, ses blessures et, surtout, une excellente raison de se méfier des autres. Après Le Cœur des Nagas, le deuxième volume de L’Oiseau qui boit des larmes (trad. Kette Amoruso) reprend sa course sans mode d’emploi : l’étrangeté est ici le quotidien. 

14/10/2026, 17:33

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Corinne Luchaire : star oubliée que l’Occupation a engloutie

Bagneux. Du béton, de la boue, quelques plantes en plastique. Voilà pour la dernière demeure d’une actrice qui éblouit le cinéma français d’avant-guerre. Cédric Meletta commence par marcher parmi les morts ; il a l’œil du cinéphile, l’ironie du flâneur et une passion manifeste pour les détails qui gâchent les belles légendes. « On vous a tassée là par souci logistique. » Une adresse insolente, qui restitue en réalité une présence sans masquer l’époque qui l’a défigurée. Sur les écrans le 22 octobre.

14/10/2026, 14:07

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Trump face à Caligula, Poutine face à Tibère : le miroir des tyrans

Les portes de la galerie s’ouvrent. Caligula entre ; Donald Trump occupe déjà la scène. Néron trouve un partenaire du côté de Jair Bolsonaro ; Tibère croise Vladimir Poutine dans un couloir où l’on parle bas. Mais Delphine Jouenne ne prétend pas livrer une histoire comparée des institutions, tant s'en faut. Couronnements le 22 octobre.

14/10/2026, 13:49

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Élie et Élisée Reclus : deux frères pour refaire le monde

Deux frères partent voir la mer. Ils ne sont pas encore les noms célèbres de la géographie et de l’anarchisme ; ils ont surtout emporté « plus de livres de Proudhon, Leroux et Oken que de quoi bivouaquer ». La Méditerranée les attend quelque part après les chemins du Midi. Ils marchent, refont la société, marchent davantage. Cette escapade racontée par Hubert Prolongeau donne la mesure de leur liberté : connaître la terre, pour eux, suppose déjà de désobéir. A découvrir le 4 novembre.

14/10/2026, 13:41

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À la grâce des fous : un cadavre et des fantômes

À L’Anse-à-Beaufils, les fous de Bassan piquent vers la mer. Sur la terre ferme, quelqu’un est mort. Et les secrets, eux, remontent. Cette fois, c’est Antoine Vaugeois, critique d’art assez mordant pour s’être fabriqué une collection d’ennemis. La biennale d’art attire son monde ; ateliers et brasserie brassent autant de rancunes que de conversations. Sortie le 23 octobre.

14/10/2026, 13:16

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Que peut-on transmettre à un adolescent qui n’a peut-être plus beaucoup de temps à vivre ?

Dans Le Monde de Noé, Pierre Antoine imagine une nuit en taxi à travers Paris, au cours de laquelle une tante de 62 ans raconte l’histoire du monde à son neveu de 17 ans, atteint d’un lymphome. Un roman sur la connaissance, les secrets de famille et la fragilité de la vie, à paraître le 4 novembre chez City Éditions.

14/10/2026, 07:30

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Raphaël Sigal explore les liens entre naissance, lait et mémoire dans Au commencement, le lait

Avec Au commencement, le lait, Raphaël Sigal part de la naissance de son fils et des tâtonnements de l’allaitement pour interroger une matière aussi vitale qu’ambiguë. Entre corps, langage et histoire, l’auteur remonte des origines de l’humanité aux tragédies du XXe siècle, dans une réflexion sur ce que nous transmettons à nos enfants.

 

14/10/2026, 06:30

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Nantes Calling, une chanson des temps passés

Après La vie des spectres, Patrice Jean a écrit un nouveau chef-d’œuvre. Jean est un romancier du XIXème siècle égaré deux siècles après. A tour de rôle, il se mue en Balzac et Flaubert, c’est saisissant. Il est peu de dire qu’il est là où le roman est né ! Stay free est en réalité un roman-fleuve contenant en son sein trois romans d’initiation et de formation, marqués par des séquences, des tiroirs littéraires et des entrelacs. J’ai lu ce livre comme je regarde un film au cinéma. J’en admire sa trame romanesque, son esprit feuilletonnesque, et ses ramifications.

13/10/2026, 19:00

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Demba : Daniel Picouly redonne une voix aux Amazones du Dahomey

Un homme mort dans une case africaine en carton-pâte. Une guerrière qui attend son roi. Et Marseille, en avril 1906, occupée à célébrer une Exposition coloniale où l’on exhibe l’ailleurs sous prétexte de le connaître. Daniel Picouly n’a besoin que de quelques pages pour tout faire entrer en collision. « Mon-roi revient ! » clame Demba. Mais qui revient vraiment, lorsque le royaume a disparu, que les compagnons sont tombés et que les vainqueurs réécrivent jusqu’au nom des vaincus ?

13/10/2026, 17:45

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Sarah Marquis : ce que les crocodiles lui ont appris sur la vie

La nuit, une chienne pousse sa maîtresse hors du lit. Dehors, la neige tient les sapins sous sa garde ; l’animal renifle, hésite, reprend son chemin. Sarah Marquis attend. Elle, l’exploratrice qui a traversé des déserts et marché parmi les crocodiles, découvre dans cette promenade minuscule une manière de vivre : laisser à l’autre son allure. Voilà une belle entrée dans L’Art de boire le thé avec les crocodiles. On y vient pour l’aventure ; on y reste pour ces moments où l’exploit consent à se taire.

13/10/2026, 14:41

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L’Échelle de Judith : plonger pour mieux remonter

L’écriture de Galien Sarde a toujours exploré le désir en l’abordant par la lumière – qui ne va pas sans ombre – et par une architecture à la fois précise et complexe, celle de ses romans, celle du cadre où ils se déroulent. Cité souterraine, pas de vis forant les bas-fonds ou piscine-lagon, cœur pulsant d’une villa luxueuse, espaces où se croisent, s’aiment et se déchirent des personnages qui ne prennent chair, qui ne font corps que dans leur écrin, celui-ci finissant, tel un coquillage, par épouser leurs formes organiques. Par Anne-Catherine Blanc.

12/10/2026, 17:45

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La rage et la tendresse de Philippe Mouazan : le portrait d’un homme libre

On ne nait pas seulement d’une famille, en venant au monde on accepte l’héritage des éléments qui nous entourent, et quand on est breton, la nature fait partie intégrante de l’identité. Xavier Grall, journaliste, poète, né à Landerneau, est monté à la capitale pour être journaliste, puis, l’appel de la terre d’origine a été trop forte, et a décidé un jour de partir avec femme et enfants rejoindre les tempêtes d’hiver, l’iode et ses racines.

12/10/2026, 17:30

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Un imprévu de Michel Layaz : fatuité quand tu nous tiens…

Il suffit parfois d’un grain de sable ou un concours de circonstances, pour que notre quotidien et nos croyances qui le motivent en soient chamboulés. Erik Dogam est le PDG d’un grand groupe phytosanitaire et sa vie ne laisse aucune part au hasard et à l’improvisation.

12/10/2026, 17:16

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Sur la Nationale 7, la route des vacances vire au cauchemar

Un suspense psychologique et automobile qui fait défiler une série d'accidents et de disparitions tout au long de la fameuse Route Nationale 7. Un roman noir entre nostalgie, filiation et quête du passé, construit sur une mise en abyme ingénieuse.

12/10/2026, 16:00

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Quand l’argent transforme la dette en mode de vie

Publié une première fois en 1992, L’argent et la mort d’Emmanuel Loi revient en librairie. Dans cet essai consacré au crédit, à l’assurance et aux mécanismes économiques qui façonnent les comportements, l’auteur interroge la manière dont la dette et la consommation finissent par redéfinir l’individu lui-même.

 

12/10/2026, 07:04

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Gabrielle et la malle sanglante : une affaire criminelle aux débuts de la police scientifique

À l’été 1889, la disparition d’un huissier parisien puis la découverte de son corps dans une malle mettent la France en émoi. Serge Quadruppani revient sur cette affaire qui passionna la presse de la Belle Époque et fit entrer la police scientifique dans une nouvelle ère.

12/10/2026, 06:05

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Trump, Volga, dette publique : cinq livres pour comprendre le monde

Chaque semaine, la Booksletter, relancée par l’association Les Amis de Books, explore les livres publiés dans le monde. Essais, enquêtes et romans y éclairent l’histoire, la politique, les sociétés et leurs contradictions. Dans cette édition, cinq ouvrages invitent à remonter le cours de la Volga, à revisiter les méthodes de Roy Cohn, à comprendre les mobilisations populaires, à retrouver des résistantes basques et à interroger la dette publique.

11/10/2026, 12:15

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Ce que ma mère a laissé derrière elle : les secrets d’une mère révélés après sa mort

Après la mort de sa mère, Jade découvre une vieille photographie représentant une jeune femme souriante aux côtés d’un homme inconnu. À partir de ce cliché, elle se lance sur les traces d’un passé familial qu’elle pensait connaître, entre secrets enfouis et histoire contemporaine de la Corée. Traduit du coréen par Yeong-Hee Lim.

10/10/2026, 07:30

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Imago je suis : une voix poétique face aux désillusions du monde

Dans Imago je suis, Dan Yodwira donne voix à une narratrice confrontée à la perte de ses illusions et à ses propres contradictions. Entre colère et espoir, elle cherche un chemin vers la liberté et une possible renaissance.

10/10/2026, 06:30

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Timika

09/10/2026, 20:04

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Les morsures du silence

09/10/2026, 20:03

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Le grand voyage

09/10/2026, 20:02

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Juno et Legs

09/10/2026, 20:01

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Sarah Knafo reste en tête des ventes, Thélyson Orélien grimpe malgré la polémique

Pour la cinquième semaine consécutive, Sarah Knafo conserve la première place des meilleures ventes de livres en France. Du 28 septembre au 4 octobre 2026, Le Casse du siècle (Fayard) enregistre 37.294 ventes supplémentaires. Derrière l'eurodéputée, One Piece reste deuxième, tandis que Thélyson Orélien monte sur le podium.

09/10/2026, 12:22

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Grop d'Erik Svetoft : bizarre, vous avez dit bizarre

Certains auteurs ne se contentent pas d'inventer des histoires ou de rendre compte de l'état du monde : ils utilisent la puissance de la bande dessinée pour donner naissance à un univers qui n'existe nulle part ailleurs, forgé dans un alliage unique de dessins, de situations, de personnages, de de tempo et de dialogues. De livre en livre, les lecteurs explorent cet espace hors du temps et de la géographie qui leur semble de plus en plus familier. Erik Svetoft est sans nul doute un de ces artistes puissants, dont l’œuvre, de titre en titre, forge un univers qui ne ressemble à aucun autre et certainement pas au nôtre.

09/10/2026, 11:50

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Le Chœur ukrainien : quand l’exil trouve une voix commune

Avant de trouver sa place dans le chœur, Coralie Grimand cherche où poser sa voix. Française, amoureuse depuis l’adolescence de la littérature russe, elle rejoint une chorale ukrainienne au début de l’invasion. La guerre ne lui retire ni Pouchkine ni Dostoïevski ; elle rend cet amour inconfortable.

09/10/2026, 10:30

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Vital : une psy face au deuil d’un patient

Dans une mansarde du 11e arrondissement de Paris, une psychologue reçoit des patients aux parcours singuliers. Jusqu’au jour où la mort de l’un d’eux, tué le 13 novembre 2015, bouleverse son rapport à son métier et la conduit à franchir certaines limites.

 

09/10/2026, 07:30

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À la grâce des fous : un meurtre au cœur des fantômes de la Gaspésie

À L’Anse-à-Beaufils, près de Percé, un homme est retrouvé mort en pleine saison touristique. Son passé sulfureux lui avait valu de nombreux ennemis. Tandis que l’enquête commence, les souvenirs des villages disparus de Gaspésie refont surface.

 

09/10/2026, 06:15