Les Ensablés - Notes de voyage de L. Jouannaud: "L’Epervier de Maheux" (1972), de Jean Carrière (1928-2005)

Ce roman fit l’heur et le malheur de son auteur. Il lui apporta le Prix Goncourt, mais après la fortune et la gloire, vinrent la dépression, les drames personnels et la stérilité littéraire : « Le prix Goncourt est un gâteau couvert de mouches et bourré de fèves sur lesquelles on se casse les dents. » [1] Le succès fut exceptionnel : deux millions d’exemplaires vendus en France, une quinzaine de traductions.

Le 26/02/2017 à 09:00 par Les ensablés

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26/02/2017 à 09:00

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Par Laurent Jouannaud

L’auteur raconte la vie d’une famille qui survit puis s’éteint dans les  Cévennes, dans le Haut-Pays, un pays « brutal ». C’est un roman très noir. Les Reilhan vivent à Maheux, un lieu-dit, en bordure de forêt. La nature y est impitoyable : il n’y a presque que deux saisons, l’été trop sec et l’hiver trop froid. Carrière décrit longuement le ciel, les forêts, la neige, la montagne : et en effet, tout dépend des conditions climatiques plus ou moins clémentes, plus ou moins propices à l’homme. Ils ont un champ de blé, des chèvres et coupent du bois. Ils vendent des champignons, des fromages, du gibier. On se nourrit principalement de châtaignes. Le père, le Taciturne, né en 1895, a réussi à se marier de justesse. Sa femme, dont le père était alcoolique et les frères mineurs de fond, a cru échapper à la misère en épousant ce montagnard. Elle déchantera, mais tiendra le coup. Elle aura deux fils, Abel en 1922 et Joseph-Samuel en 1931.

Après la guerre, la famille subit un premier revers grave en 1948 quand Joseph-Samuel se casse une jambe, cet hiver qui fut si froid, « les flammes auxquelles on tendait les mains semblaient purement décoratives ». Désormais, pour le même nombre de bouches à nourrir, il y a deux bras en moins. Pour sa convalescence, l’infirme a besoin de se refaire une santé : les économies y passent. Il est alors décidé que Joseph quittera la montagne, vivra à Florac chez le pasteur qui a besoin d’ « un secrétaire ou quelque chose dans ce genre ». Il ne rentrera qu’en fin de semaine, ensuite très rarement.

Et puis le père meurt : il avait encore les quelques notions de religion qui permettent d’expliquer le monde. Dieu quitte la maison avec lui.  Il meurt en paix, dans la nature, dans son champ de blé de la Grand-Terre, usé sans doute mais en accord avec le décor, si on peut dire : « Comme toute cette agitation pour vivre ou survivre comptait pour peu de chose ! La preuve : il n’en restait presque rien. »  On découvrira son corps au bout de trois jours. Cette belle mort et l’enterrement du cadavre décomposé permettent à Jean Carrière de mettre dans la bouche du docteur Stéphan, le médecin du canton, celui qui accouche, soigne et délivre le permis d’inhumer sans se faire payer par les pauvres, une longue méditation philosophique sur l’ « irréelle réalité » de l’existence humaine, c’est-à-dire que rien ne sert à rien.

A partir de ce de moment-là, Abel est le héros de l’histoire. Il réussit à se marier avec Marie Despuech, la Noiraude, qui risquait bien de rester vieille fille. Elle quitte Mazel-de-Mort, le dernier village avant Maheux, pour monter vivre chez Abel et sa mère. Cette nouvelle famille ne prendra pas : la Noiraude met au monde un enfant qui meurt aussitôt. La mère décline vite, elle perd la boule, elle pourrait mettre le feu, il faut l’enfermer au grenier : « ni folle, ni saine, entre deux eaux, dans ce mélange hideux de la vérité et du délire. Trente ans d’attente déçue, de souffrance, d’espérances détruites. » Et la nature vient donner le coup de grâce au couple, la nature qui ne se donne pas pour rien, à laquelle il faut tout arracher : la source tarit pendant un été féroce qui a vidé les citernes. Abel décide alors de chercher l’eau au cœur de la roche. Il achète de la poudre et creuse une galerie dans le flanc de la montagne qui doit bien garder sa sève quelque part. C’est un travail de titan : creuser, piocher, sortir les gravats, étayer. Trois mètres, cinq mètres, trente mètres, cinquante mètres. La Noiraude le regarde faire : « Lui ne pensait plus qu’à sa galerie, sacrifiait tout à cette tâche démente, et elle, lui obéissait, entrait dans son jeu avec cette passivité sinistre qu’on destine aux fous et que leurs lubies et leur cruauté imposent. »

Pourtant, à une dizaine de kilomètres plus bas, il y a de l’eau au village de Saint-Flavien. Abel descend en chercher avec une citerne qu’il remonte avant la grande chaleur du jour. Lui et sa femme pourraient s’installer chez le père de la Noiraude : il y a de l’eau, une bonne terre, de la place. Mais Abel refuse de descendre. La civilisation n’est pas loin. D’ailleurs, Julien, le jeune frère, a choisi de descendre. De la petite ville des Cévennes, il est même parti en Suisse et travaille dans une librairie protestante sur la recommandation du pasteur : il y vit heureux comme on est heureux dans les villes. Il suffirait de descendre de quelques kilomètres pour vivre mieux, là où vivent le facteur, le pasteur, le médecin. Abel refuse : il préfère se battre contre la montagne. Sa femme finira par redescendre chez son père : « Tu te crèves, tu te crèves, pendant ce temps les autres s’enrichissent, on donne des primes à droite et à gauche, et nous restons là, à attendre que le ciel nous verse sa corne d’abondance. Des fois je me demande si tu n’es pas fou. » Et lui mourra enseveli dans sa galerie, accident ou suicide, peu importe : « Ecrasé comme une noix dans Sa main ; vaincu parce qu’il faut que tout le monde soit vaincu et que Sa volonté soit faite. » La majuscule ne renvoie plus exactement à Dieu, mais au mystère de l’existence, au destin, à la vie, à l’absurde.

Ces personnages ont existé, dit l’auteur, le roman se veut réaliste. Abel Reilhan est mort en 1954, apprend-on à la dernière page. En 1972, quand paraît le roman, on peut penser que ce fait divers appartient au passé et que ce récit est dépassé grâce au progrès, à la civilisation, à l’état-providence. Comme l’écrit l’auteur dans une courte préface, ces cas extrêmes sont des exceptions. Mais le succès formidable du roman et sa force toujours actuelle montrent que Jean Carrière a raconté une histoire éternelle. D’abord, cette effrayante vie de misère malgré un incessant labeur est encore celle des hommes du Tiers-Monde : on y vit sans eau courante, sans électricité, sans éducation, la faim au ventre dès l’enfance et pour toujours. Et même ici, la misère existe, cachée, honteuse, supportable sans doute, mais toujours ignoble. L’auteur semble par moments exiger la qualité de vie pour tous au nom de l’humanité, mais son roman n’est pas un hymne à la civilisation moderne et au progrès technique. Le bonheur de Julien  est bien plus terne que le malheur de son frère aîné. Voici ce que lui-même en dit : « Vivre vieux, quelle importance ? Mais au moins vivre autrement que je ne vis, en ayant combattu au niveau de la vie, et pas comme moi, cloué à vendre des livres dans une boutique d’arrière-province, et à respirer, tous les soirs surtout l’été l’odeur de la défaite, d’une sorte d’indélébile trahison. » C’est ce que le médecin athée a appelé « l’enfer de la paix. »

L’auteur demande cette qualité de vie pour tous, c’est une question sociale, mais il donne à penser que ça ne suffit pas à justifier  une existence, c’est une question métaphysique. Il aurait suffi à Abel Reilhan de descendre de quelques kilomètres, de s’installer chez son beau-père. Il a refusé de quitter sa terre et ses coutumes, ce que son frère a accepté de faire. Bref, c’est un sédentaire, pas un nomade, il est « de la vieille race des hommes-arbres ». Mais c’est aussi un solitaire : son beau-père lui a tendu la main, il l’a refusée. Que peut donc un homme seul ? Rien. Il aurait fallu descendre avec les autres, au début du siècle. Abel, avec sa vieille pétoire qui n’a que soixante mètres de portée, tire en vain sur l’épervier qui tourne autour de Maheux, au lieu d’emprunter le fusil de son beau-père.

Rester ou partir ? Partir, est-ce trahir ? Trahir pour survivre, est-ce vraiment une trahison ? Vaut-il mieux suivre une illusion jusqu’au bout ou renoncer aux illusions ? Qui est le plus fort, qui faut-il admirer, celui qui croit à l’impossible ou celui qui accepte la réalité ? Car accepter la réalité, c’est rester fidèle à l’essence matérielle, « minérale », de l’homme. Jean Carrière hésite. Nous aussi. On ne dira pas qu’il aime ses personnages qui vivent par moments moins noblement que des bêtes, mais il les respecte, il ne condamne personne. Telle est la bête humaine, esclave de l’univers et supérieure à lui puisqu’elle est consciente de son esclavage, « roseau pensant », comme l’a dit Pascal.   

 « J’ai payé cher la gloire d’un instant. » [2] Instant glorieux que ce 21 novembre 1972, vers une heure de l’après-midi, quand on lui attribue le Goncourt : « Le succès s’abattait sur moi comme un rapace ». Ensuite, Jean Carrière a connu l’insomnie, l’angoisse, le harcèlement médiatique, la tentation du suicide, l’alcool, les médicaments. Au centre de sa difficulté à vivre, il y a l’impossibilité d’écrire. Comment faire aussi bien que L’Epervier ? Comment ne pas refaire L’Epervier ? Comment ne pas décevoir son public et ses pairs ? Comment être à la hauteur des ses modèles (Giono, Gracq, Faulkner) ? « Le découragement me prit : je n’aurais jamais assez de talent pour faire oublier la gloire imméritée que m’avait obtenue la chance plus que le mérite. J’étais décidé à ne plus mettre les pieds à Paris, à me terrer dans mon trou, à me taire tant que je n’estimerais pas disposer de moyens qui fussent à la hauteur de mes ambitions. » [3] Il aurait peut-être suffi de dire à Jean Carrière que bien des auteurs, des grands, des classiques, n’ont écrit qu’un seul grand livre, qu’un seul chef d’œuvre. Un grand livre, c’est déjà beaucoup en une vie.

Laurent Jouannaud - Février 2017


[1] Jean Carrière, Le prix d’un Goncourt (1987), p.19.

[2] Ibidem, p. 230.

[3] Ibidem, p. 159

1 Commentaire

 

HOLVOET

06/02/2021 à 18:31

Je tiens à vous remercier pour cet article que j'ai lu, bien sûr, avec un vif intérêt.
A chaque fois que je lis l'Epervier de Maheux, c'est toujours avec un bonheur intense (doublé, je l'avoue, de mélancolie) tant l'écriture de Jean Carrière est musicale et picturale.
Ce même talent d'artiste-poète se retrouve (à une hauteur égale) dans la seconde partie de La Caverne des Pestiférés : les Aires de Comeizas.
La France a perdu en 2005 l'un de ses grands écrivains. Jean Carrière est pour moi un classique.

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Les Ensablés - Heureux les pacifiques de Raymond Abellio (1907-1986)

En janvier 1947, les éditions du Portulan publièrent un épais volume au titre biblique, « Heureux les pacifiques », que la critique accueillit avec force éloges, n’hésitant pas à parler de «roman fracassant et excitant » (Pierre de Boisdeffre), de « roman d’une génération » (Maurice Nadeau), tous se montrant impressionnés par  la justesse d’un tableau riche et complexe d’une époque charnière (1934-1945): ainsi Pierre Descaves, selon lequel ce roman est « sans aucun doute, le document le plus important, le plus impressionnant qui nous ait été donné depuis quinze ans, sur l’état d’une jeunesse que guettait le conflit de 1939-1940 et les années, noires et rouges, des refus ou des abandons ». Par Marie Coat

30/04/2023, 16:45

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Les Ensablés - Le renard à l'anneau d'or, de Nelly Kristink    

Mariève a vingt-trois ans lorsqu’elle épouse Gilles, de dix ans son aîné. Ce mariage la conduit à s’installer chez lui, dans un domaine forestier des Hautes Fagnes, à l’est de la Belgique. Le manoir du Rondbuisson, situé à l’orée du bois, est la résidence de quelques personnages rustiques et gentiment intrigants. Tout semble en place pour assurer le confort de Mariève, dans un cocon où l’on ressent plus qu’ailleurs le rythme envoûtant des saisons. Mais pourquoi n’y semble-t-elle pas heureuse ? C’est l’histoire de la lente dégradation d’un amour s’abîmant au grattage de l’écorce. Par Louis Morès. 

10/04/2023, 09:47

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Les Ensablés - Jeunes femmes en uniforme, de Terreska Torrès

« Elles sont les premières. Cinq filles. Jeunes, timides, heureuses, excités, cœurs battants et prêtes à mourir pour la France. » Nous sommes en 1940. La France vient de perdre la guerre. À Londres, la France libre sous l’impulsion du général de Gaulle fait ses premiers pas. Pour la première fois, les femmes prennent part au conflit sous l’uniforme français. Un Corps féminin de Volontaires de la France libre est créé, dans lequel s’enrôlent les héroïnes de ce roman, ainsi que son autrice, Tereska Torrès. Par Carl Aderhold.

26/03/2023, 17:17

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Les Ensablés - Kikou Yamata (1897-1975), la Japolyonnaise

Qui se souvient aujourd’hui de Kikou Yamata, une écrivaine née à Lyon en 1897 d’un père japonais et d’une mère française et décédée en 1975 à Genève ? Étonnante et attachante figure, auteure d’une œuvre importante. Par François Ouellet

12/03/2023, 10:00

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Les Ensablés - Génération hussards, de Marc Dambre

En septembre 2022, Marc Dambre, spécialiste de Roger Nimier, a publié chez Perrin une somme passionnante (je pèse mes mots) intitulée Génération hussards, en référence à une mouvance littéraire des années 50. L’occasion d’aborder avec lui non seulement la vie et la production littéraire des « hussards » les plus connus, mais aussi d’en (re)découvrir d’autres, dont Stephen Hecquet, objet d’un récent article des Ensablés, et de revisiter trente années de vie culturelle française. Par Hervé Bel

20/02/2023, 09:56

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Les Ensablés - Henry Thoreau sauvage, de Léon Bazalgette

Emmanuel Bluteau m’a envoyé ce livre, Henri Thoreau sauvage, qu’il vient de rééditer dans sa maison d’édition, la Thébaïde, avec ce petit mot : « Voilà un vrai ensablé ! ». Par Hervé Bel.

05/02/2023, 09:00

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Les Ensablés - Deutschland de René Trintzius (1898-1953)

Quiconque vous demanderait ce qu’évoque pour vous le nom de Trinztius, vous resteriez coi ou chercheriez en vain du côté des érudits anversois de la Renaissance. Bien oublié aujourd’hui, René Trintzius fut très connu dans le monde des lettres de la première moitié du siècle dernier. Né en 1898 dans une famille bourgeoise de Rouen -son père était un architecte renommé- il abandonna très en amont une carrière de magistrat pour se consacrer dans un premier temps au journalisme, puis rapidement à l’écriture de pièces de théâtre et de romans. Par Marie Coat

22/01/2023, 09:00

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Les Ensablés - Malpertuis (1943) de Jean Ray (1887-1964)

Au carrefour de ruelles obscures se dresse Malpertuis. Quentin Moretus Cassave, le maître de cette grande maison, s’éteint sur son lit de mort et fait lire à sa famille réunie les articles de son testament. Pour recevoir l’héritage, les héritiers doivent s’engager à venir vivre au sein de ce lieu rempli de mystères et seul le dernier d’entre eux recevra la fortune. Le dernier ? Dans cette demeure hantée peuplée d’une faune étrange et où le temps s’étire à la croisée des mondes, les périls sont immenses. Jean-Jacques Grandsire, un jeune neveu de Cassave, nous confie avec effroi les heurts et malheurs de Malpertuis. Un chef-d’œuvre du fantastique belge à redécouvrir. Par Louis Morès. 

08/01/2023, 09:00

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Les Ensablés - une biographie de Marie Borrély (1890-1963)

J’ai parlé, il y a quelques mois dans cette chronique, de Maria Borrély (1890-1963), une romancière d’exception de la Haute-Provence. Voici qu’une belle biographie vient de lui être consacrée par Danièle Henky aux éditions Le Papillon rouge, Maria Borrély. La Vie d’une femme éblouie. La biographe, qui a commencé à s’intéresser à Maria Borrély au début des années 2000, a pu avoir accès aux archives de l’écrivaine, se nourrir des souvenirs de Pierre Borrély, le cadet des deux fils de l’écrivaine, qu’elle a maintes fois rencontré, travailler aux premières rééditions avec Paulette Borrély, la femme de Pierre. Par François Ouellet

25/12/2022, 09:00

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Les Ensablés - La baie des Wallons (1991) de Viviane Dumont

Dernier tome d’une trilogie de romans historiques suivant sur trois générations l’histoire d’une famille aux XVIe et XVIIe siècles dans les Provinces-Unies et les Pays-Bas espagnols, La Baie des Wallons relate les aventures du jeune Tristan de Noirfontaine, un orphelin seul héritier de sa lignée ne rêvant que d’exploration au point de s’embarquer dans un navire à la conquête du Nouveau Monde. C’est avec enthousiasme qu’il participera àl’émergence d’une nouvelle ville et d’une société lui offrant une vie pleine de promesses, à condition de faire preuve de prudence et de ne pas oublier ses racines.

Par Louis Morès.

11/12/2022, 09:00

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Les Ensablés - Adieu mes quinze ans de Claude Campagne

Un chef-d’œuvre de la littérature jeunesse : Adieu mes quinze ans fut en 1960 un véritable phénomène éditorial : plus de 650.000 exemplaires écoulés. Le livre fut traduit en 11 langues et adapté en un feuilleton de 10 épisodes qui fit les beaux jours de l’ORTF au tout début des années 70. Il faut croire que ce roman sur l’adolescence possédait quelque chose de particulier qui avait pu toucher toute une génération. Elle se retrouvait dans le portrait de Fanny, l’héroïne du roman qui voyait du jour au lendemain sa vie bousculée avec l’apparition de deux êtres et d’un secret. Mais quoi ? Par Denis Gombert

27/11/2022, 11:34

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Laurent de Sutter : pourquoi décevoir est un plaisir ?  

Parmi les nombreuses punchlines de Baudelaire, l’une évoque « le plaisir aristocratique de déplaire » dans la pratique du mauvais goût. Un autre dandy, Oscar Wilde, confessait : « Je vis dans la terreur de ne pas être incompris. » Certains y verront les postures de deux esthètes à l’esprit adolescent, une chose reste certaine : pour la plupart, décevoir est la pire chose… Alors pourquoi l’inverse d’un plaisantin, Gilles Deleuze, a affirmé, en réponse à un critique, « décevoir est un plaisir » ?

17/05/2024, 19:33

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L'histoire de la femme qui a développé le vaccin contre la Covid-19

Katalin Karikó est un nom que l'on entend rarement, voire jamais. Et pourtant, elle a considérablement contribué à l'élaboration du vaccin contre la Covid-19. Un rôle qui lui a valu le prix Nobel de médecine 2023. Ne jamais renoncer, c'est l'oeuvre d'une femme qui a toujours cru en elle et qui, sacrifice sur sacrifice, a réalisé ses rêves.

17/05/2024, 18:33

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Jeux de cartes : une histoire qui s’écrit avec des livres

S’il ne semble rien n’y avoir de plus commun que de jouer avec des cartes (à jouer précisément !), ces petits bouts de carton ont pourtant une longue histoire derrière eux. A l’heure du numérique, et des jeux de cartes virtuels, il est peut-être temps d’en revenir au début de cette passion presque universelle et ludique.

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Virginie Grimaldi et Franck Thilliez : deux fois, plutôt qu'une

On a l’impression de voir double en observant ce qui se passe : trois doublés et pas des moindres, pour cette semaine 19 (6-12 mai), à commencer par Virginie Grimaldi. La romancière place Une belle vie en poche en tête des ventes hebdomadaires (19.154 ex.) et ajoute Plus grand que le ciel, sa nouveauté, juste après (16.536 ex.). Le ton est donné.

17/05/2024, 09:35

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Secrets, solitude et survie : plongée dans l’Amérique de 1915

BONNES FEUILLES – 1915 : Adelaide est désormais sans recours. Un secret effroyable a emporté ses parents, la forçant à s'exiler loin de la Californie, marquée par l'empreinte de la damnation.

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Le goût du zen. Recueil de propos et d'anecdotes

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La Traversée de Paris : des JO 2024 sous Prozac

Depuis le film de 1956 avec Louis de Funès et Bourville, qu'est ce qui a changé dans La traversée de Paris ? Les pistes cyclables peut-être ? Les métro blindés et leurs odeurs nauséabondes ? Les embouteillages ? Les engueulades entre cyclistes et automobilistes à chaque carrefour ?

16/05/2024, 17:02

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La Sonde et la Taille, la dernière aventure de Conan

Laurent Mantese, professeur de philosophie, fait une entrée époustouflante sur la scène de l'imaginaire francophone avec La Sonde et la Taille, dernière aventure de Conan le barbare, à l'apogée de son déclin. Un texte par Les mots délivrent.

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Meurtre des jumelles Slade, qui est le coupable ?

BONNES FEUILLES – Melissa Slade avait tout pour elle : une beauté éclatante, un conjoint attentionné et de ravissantes jumelles. Toutefois, son existence idéale s’est effondrée en un instant, quand elle s'est retrouvée au cœur d’un procès pour l’assassinat de ses filles. Un roman de Diane Jeffrey, traduit de l’anglais par Jean Esch.

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La mer, théâtre d'humanité et de désespoir

Les taxis seraient-ils ces bateaux humanitaires (qui sillonnent la Méditerranée pour tenter de sauver des émigrants expédiés, par des passeurs sans scrupules, sur des embarcations inadaptées vers des Édens présumés sur l’autre rive) que nombre de politiques de tous bords et de toutes nationalités ont décidé d’affubler de ce qualificatif dégradant, pour justifier leurs positions délétères et pour dévaloriser, sinon décrédibiliser, les actions de sauvetages en mer ?

 

15/05/2024, 16:34

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Offrir un livre pour témoigner de sa gratitude

Quand on nous a rendu service, quand on nous a reçu avec sympathie et délicatesse, et dans tant d’occasions où l’on a bénéficié de la générosité des autres, on peut tout simplement faire le choix d’un livre en forme de remerciement. C’est un cadeau qui sera sans doute toujours bien reçu.

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Parfois, mieux vaut être un Somnambule…

Homme à tout faire, Will Bear est un homme au passé compliqué et solitaire. Il effectue des courses parfois louches, souvent dangereuses, pour le compte d'une organisation puissante dont il ne sait pas grand-chose.  Comment en est-il arrivé là ? C’est une autre histoire. Celle qui nous intéresse, la voici : un jour, alors qu’il est en pleine mission, un coup de téléphone inattendu chamboule sa vie. Une jeune femme affirme être sa fille biologique. 

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L'opacité comme paysage, avec Michael Jordan chez FRMK

Deux personnages pénètrent dans une zone sauvage contrôlée par l’armée. Au milieu d’une nature désolée, ils errent, munis d’un appareil servant à capter les énergies telluriques. Un nouvel ouvrage signé Michael Jordan, traduit de l'allemand par Julie Degaumin.

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Formidable : Jack Lang comme on ne l'a jamais lu

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Poutine face à Kirill : un duel pour le pouvoir

BONNES FEUILLES  – Un nouveau roman d’espionnage au cœur de la Russie, dans lequel Poutine et Kirill se livrent une bataille acharnée pour le pouvoir. L’auteur Sergueï Olegovitch Jirnov, ancien ancien officier du KGB soviétique, promet un grand frisson. 

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Dublin : une ville marquée par la modernité littéraire

La capitale de l’Irlande, hier encore marquée par un riche passé industriel, a profondément changé de visage depuis le début des années 90, avec la montée en puissance du secteur des technologies de l’information et de la communication. La ville garde, néanmoins, également, un aspect artistique et patrimonial important. 

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Un petit enfant joue dans la cour de récré quand des grenades volent dans sa direction. Heureusement, la maîtresse vigilante les renvoie à l'expéditeur d'un habile coup de pelle à sable. Bienvenue dans la maternelle la plus sécurisée du monde. Les criminels reconvertis qui y travaillent parviendront-ils à trouver l’amour ? Une comédie décalée sur fonds d’explosions et de fusillades. 

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BONNES FEUILLES  – Exclu du rôle de prince dans une pièce théâtrale scolaire en raison de sa couleur de peau, Fio Jasmin a été profondément marqué par cet épisode. Des années plus tard, il devient un grand séducteur. 

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Des livres pour tout savoir sur les fondateurs de PayPal

La révolution PayPal est associée à des noms désormais extrêmement célèbres. Si le plus connu d’entre eux reste Elon Musk, il faut savoir qu’il n’était pas à l’origine du projet, mais fondateur, de son côté, d’une société de banque en ligne dénommée X.com. 

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Coup de foudre, après la fin du monde

Conte post-apocalyptique, Once upon a time at the end of the world (trad. Julien Di Giacomo) raconte la rencontre entre Maceo et Mezzy, deux adolescents aussi esseulés l’un que l’autre. L’alliance de la carpe et du lapin, dans un univers où l’une mangeait plutôt du rat et l’autre des confiseries…

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Marie-Adélaïde de Savoie, l'éphémère duchesse au cœur des intrigues royales

« Qui fut donc Marie-Adélaïde de Savoie, mère de Louis XV ? » Telle est la question à laquelle essaie de répondre l’historienne Elisabetta Lurgo en publiant la biographie de la duchesse de Bourgogne chez Perrin, Marie-Adélaïde de Savoie - Duchesse de Bourgogne, mère de Louis XV.

13/05/2024, 11:20

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Thilliez exhume les sordides secrets du grand Nord canadien

2016. Le Grand Nord du Canada. Celui dont l’accès ressemble aux cercles concentriques de l’enfer dantesque. Ces villes si éloignées de la civilisation, qu'elles incarnent l'ultime étape avant la fin du monde. Et des températures négatives hors norme. Telles qu’orteils et doigts ne connaissent pas même le stade des engelures : ils tombent directement… 

12/05/2024, 19:03

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BuzzKill, héros sans pouvoirs s'il n'est pas drogué ou ivre

Je confesse une réelle passion, survenue voilà quelques mois, pour le scénariste Donny Cates. Assez peu intéressé (en tout cas pour le moment), par le travail d’auteur qu’il a pu réaliser dans les grandes maisons de comics, j’ai remonté le cours des œuvres publiées chez Dark Horse Comics et Images Comics. Motif ? Elles ont déployé les bases d’un univers personnel et extrêmement puissant.

12/05/2024, 13:06

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Les secrets de la jeunesse enfin dévoilés 

BONNES FEUILLES – Vieillir en pleine forme, sans recourir aux médicaments, le plus longtemps possible ?  Le Dr Christophe de Jaeger, grâce à ses compétences en médecine et en recherche, a élaboré une stratégie claire et exhaustive pour maintenir sa santé à tout âge.

12/05/2024, 08:00

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Luis, l'homme qui jouait de l'air

BONNES FEUILLES – Vincent, que tous nomment Luis en hommage à Armstrong, excelle dans une forme rare d’art musical : il joue de la trompette sans l’instrument. Mais le virtuose se confronte rapidement aux jugements liés à son obésité. S’ensuit une balade introspective.

12/05/2024, 07:30

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À Strasbourg, des expérimentations médicales sur les prisonniers

BONNES FEUILLES - Un an après l'invasion de la France par la Wehrmacht en 1940, le camp de concentration de Natzweiler est établi en Alsace, alors annexée par l'Allemagne, en mai 1941, sous les ordres de Heinrich Himmler, Reichsführer-SS. 

11/05/2024, 08:30

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La vraie histoire des corsaires, de Surcouf au Sea Shepherd

BONNES FEUILLES - Dominique Le Brun, écrivain renommé spécialiste du monde maritime, explore dans son dernier ouvrage la saga captivante des corsaires. 

11/05/2024, 07:30

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Churchill et le D-Day : les secrets du Débarquement  

BONNES FEUILLES - Ce nouvel ouvrage apporte un éclairage original sur l'histoire des préparatifs secrets du Débarquement de Normandie, en exploitant les archives personnelles de Winston Churchill. 

11/05/2024, 06:30

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Vampiriser des planètes entières pour rester éternellement jeune

Dans l’univers de Valiant, que propose l’éditeur Bliss, Gilad occupe une place particulière : celle de soldat immortel – aka Le Guerrier Éternel – présent depuis la nuit des temps (et peut-être même dès l’aurore de la nuit des temps…). Il protège l’Humanité, certes, mais avant tout le géomancien. Dans cet épisode, c’est plutôt LA géomancienne… Tama, que l’Impératrix Virago a décidé de dévorer. Parce qu’elle est comme ça, Virago, elle bâfre de l’énergie vitale…

10/05/2024, 17:47

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De fiction et de larmes virtuelles : La Clé USB, de J.P. Toussaint

Son titre l’indique : le premier volet du nouveau cycle romanesque de Jean-Philippe Toussaint, La Clé USB, paru en 2019, est une nouvelle version du livre sur rien dont rêvait Flaubert. Par Galien Sarde. 

10/05/2024, 16:47