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Romance érotique : “Nous sommes dans une littérature photoshopée”

Journaliste et auteure spécialisée dans les questions de sexualité, Camille Emmanuelle s'est retrouvée à écrire des romances érotiques, celles qui fleurissent sur les tables des libraires et dans les tops Amazon. Elle a découvert un monde de clichés et d'images éculées, qui ont peu à voir avec la littérature du cul : Camille Emmanuelle publie un pamphlet pour dénoncer un genre simpliste, qui doit évoluer pour ne pas devenir encore plus stupide... ou dangereux.

Le 15/03/2017 à 14:13 par Antoine Oury

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Publié le :

15/03/2017 à 14:13

Antoine Oury

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ActuaLitté

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

ActuaLitté : Comment s'est déroulée votre entrée dans l'univers de la romance érotique ?

Camille Emmanuelle : Je suis pigiste, journaliste, un peu auteure, mes revenus ne sont pas vraiment réguliers et j'essaye d'y remédier. J'avais écrit des nouvelles pornographiques pour La Musardine, et j'avais adoré le faire. Une copine m'avait aiguillé sur une maison d'édition de livres type Harlequin qui cherchait de nouveaux auteurs. Après un test, pour lequel je devais écrire une scène de rencontre et une scène de sexe, je me retrouve avec de nombreuses corrections : je décrivais une femme qui se masturbait devant un homme. D'emblée, on m'a dit : « Cela ne se fait pas. » En 2014, on me dit ça. À l'inverse, La Musardine avait un credo de liberté absolue, avec pour seule règle : « Il faut que ça fasse bander, il faut que ça fasse mouiller. »

Ils m'ont embauché, à la condition d'écrire sous un pseudo qui pouvait être repris par la maison en cas de fin de la collaboration : on m'a écrit une biographie d'auteure américaine, je devais produire deux sagas de 6 tomes au rythme d'un court roman [environ 80 pages] par mois, voire deux par mois l'été, car la consommation des lectrices est plus soutenue au cours de cette période.

Au départ, j'étais plutôt contente : on me paye pour écrire. Qui plus est, je touchais un à-valoir de 1500 € par livre, soit 1500 € par mois. D'ailleurs, en mai 2016, les à-valoir ont été amortis, et j'ai touché 5000 € de droits d'auteur, ce qui signifie que les livres se sont très bien vendus puisque les 1500 € X 12 ont déjà été récupérés par l'éditeur. Pour des livres vendus 4 € et des poussières, cela s'est très bien vendu. Et les contrats étaient très bien faits, je ne me suis pas fait avoir par cette petite maison d'édition qui se fait tout de même beaucoup d'argent. Mais ces sommes m'ont motivée pour publier ce pamphlet, même si, quelque part, on pourra dire que je mords la main qui m'a nourrie.

Dans votre livre, vous évoquez un véritable système stalinien d'édition...

Camille Emmanuelle : En effet, c'est un système dans lequel l'éditeur maîtrise aussi bien le fond que la forme.

J'étais d'accord pour écrire de la littérature de genre et je savais qu'il s'agissait de romances érotiques, j'avais lu 50 Nuances, Beautiful Bastards et quelques autres titres pour me renseigner sur le genre. Mais j'ai réalisé, au fil de l'écriture des livres, que nous n'étions pas dans quelque chose de si innocent que ça. On me demandait vraiment de prendre des lectrices pour des imbéciles, des gamines, des clientes, et pas des lectrices.

En tant que féministe, par ailleurs, il devenait extrêmement compliqué pour moi de répéter que l'homme doit être dominant, blanc, ultra-riche, un peu sombre et inquiétant mais en même temps hyper romantique... La fille, elle, se sent jolie mais c'est grâce à l'homme qu'elle réalise qu'elle est belle, elle prend du plaisir pour la première fois avec ce milliardaire, ils ne baisent que dans des draps en soie, des jets privés et des hôtels 5 étoiles. Répéter ces schémas sur 12 romans, c'est insupportable.

Évidemment, les lectrices ne sont pas dupes : elles savent qu'elles téléchargent des histoires de milliardaires, mais je ne sais pas si elles se rendent compte à quel point c'est formaté par des gens qui se font de l'argent en servant une littérature prémâchée voire prédigérée.

Camille Emmanuelle (© Guillaume Landry)

En tant qu'auteure, la situation était-elle difficile à vivre ?

Camille Emmanuelle : Il n'y avait rien de préjudiciable dans mon contrat, au niveau juridique, car j'étais une prestataire, à part le fait qu'ils m'envoient 12.000 mails de corrections pour caractériser les faits et gestes des personnages (« dit-elle en rougissant », « la regarda d'un air étonné ») ou encore me rappeler de vérifier chaque faits et gestes, de la distance entre deux villes aux prix des hôtels à Miami.

Je ne me suis pas sentie exploitée, même si j'avais cette impression d'être une prolétaire de la littérature érotique. J'ai discuté avec d'autres auteurs qui vivaient exactement la même chose : elles sont des femmes de 45 ans qui vivent à la campagne, et on les présente dans leur biographie comme de jeunes filles de 25 ans qui vivent à Los Angeles ! J'ai eu quelques réunions avec les éditeurs, énormément de mails, mais jamais de téléphone. Écrire deux livres par mois, l'été, relevait par contre d'une cadence effrénée. À la fin, j'écrivais 5 chapitres en 5 jours, mais je ne me relisais même plus, car je savais que je serais énormément relue et corrigée.

Le travail éditorial est au niveau zéro, car il est automatique, mais en même temps, il est fait avec un grand soin...

Camille Emmanuelle : Oui, parce qu'il faut que le texte soit lisse, packagé, le travail d'édition n'est pas fait pour rendre le texte meilleur. On critique beaucoup, depuis quelques années, l'utilisation de Photoshop dans les magazines, ces corps lissés, mais là nous sommes face à une littérature Photoshoppée, dans laquelle on relit tout pour que pas un seul poil ne dépasse du string de la jeune étudiante ingénue.

L'éditrice recadre sans arrêt votre imaginaire, votre écriture, mais d'où lui viennent ces modèles, ces schémas qu'elle impose ?

Camille Emmanuelle : Du marketing, directement : ils ont simplement appliqué les outils du marketing à la romance érotique. J'ai travaillé à un moment donné dans la communication, et je connais ces outils : on profile le consommateur, on estime qu'il ne comprendra pas tel ou tel élément dans une campagne de pub, qu'il faut rester terre-à-terre et simpliste... Il suffit de regarder la production publicitaire pour les comparer : on fait la promotion de la femme jeune, blanche, mince, musclée, élégante, discrète... La presse féminine, aussi, n'est faite que de ce personnage.

Mon coup de gueule, c'est que lorsque c'est dans Vogue ou Elle, nous sommes habitué.e.s, à la limite, à ce personnage. Cette fois, il s'agit de littérature érotique, quand même ! Ils sont en train, dans les rayons des librairies et sur Internet, de prendre toute la place de la littérature érotique. Aujourd'hui, on tape « littérature érotique » sur Google, on tombe sur Anna Todd. Et pas sur Françoise Rey, ou Anaïs Nin ou même des auteures contemporaines comme Octavie Delvaux. Plein de gens pensent que la littérature érotique, c'est EL James et Anna Todd.

Comme vous l'expliquez, 50 Shades, a posteriori, semble presque hyper subversif en raison de son côté « SM » ?

Camille Emmanuelle : Bien sûr, car j'ai écrit des petits frères et des petites soeurs de Fifty Shades : on ne mettait pas de SM, déjà, pour que ça ne ressemble pas trop à Fifty Shades, mais même dans les positions sexuelles, la description de leur rencontre, des jeux de pouvoirs entre l'homme et la femme dans les romances que j'ai écrites, j'étais encore plus soft que Fifty Shades.

Est-il possible de mettre quelque chose de soi, comme un écrivain, dans ce type de romans ?

Camille Emmanuelle : Comme je l'ai expliqué, il y a eu une sorte d'entretien, assez long, fait de tests, comme dans une grande société, avant de travailler vraiment sur les romans. Le début de l'écriture du premier roman a aussi été celui d'une histoire d'amour avec l'homme qui est aujourd'hui mon mari. Nous nous sommes mariés après 6 mois de relation, à Las Vegas... Pour le coup, c'est une histoire d'amour très rapide, je ne m'y attendais pas. Tout ce qui est le côté sentimental, romantique, même si c'est un peu conte de fées dans ce type de romance, les clichés du coeur qui bat plus vite, de la personne que l'on rencontre sans s'y attendre, ces clichés que l'on peut vivre quand même, après tout, j'y mettais du mien en les écrivant.

Le côté histoire d'amour ne me dérange pas : j'en ai lu énormément, y compris du XIXe et du XXe siècle, j'aime beaucoup la littérature féminine amoureuse, je suis aussi une sentimentale.

Là, ce que je dénonce, c'est le cadre dans lequel se passent systématiquement ces histoires d'amour, celui de l'ultra-luxe et de la thune : il n'y a pas une histoire sans Louboutin, sac Chanel et hôtel en Tanzanie. Pour moi c'est compliqué de mettre en permanence ce décor derrière l'amour. D'autant plus que ce décor est considéré comme glamour selon les canons de la presse féminine et du marketing et que le sexe est toujours propre. Nous avons là le genre d'héroïne qui, lorsqu'elle picole, est pompette, jamais bourrée.On véhicule, avec de type d'ouvrages, ceux qui les écrivent, les éditent et les lisent, des stéréotypes de genres, entre les hommes et les femmes, une image de la femme, élégante, douce, romantique, sentimentale, et exclusivement cela. Elles ne jurent pas, ne se cassent pas la gueule...

Pourquoi pas, sauf que selon moi, la littérature en général et la littérature érotique, c'est un espace où l'on peut sortir de ces stéréotypes qu'on nous balance déjà dans la société. La littérature érotique, ce sont des personnages qui sont peu familiers, comme dans Baise-moi de Despentes, même si ce n'est pas un livre érotique, Putain de Nelly Arcand ou Histoire d'O : des filles parfois naïves, parfois dominatrices, mais surtout une écriture avec beaucoup de tensions et de violences... Si l'on regarde les sagas que j'ai signéessu au début et à la fin, la jeune fille a simplement appris quelle était sa valeur grâce à un milliardaire.

Le plaisir que je prends à lire de la littérature érotique et pornographique, c'est notamment d'avoir des personnages féminins - pas forcément trash, punk ou rock'n'roll - mais des personnages qui ont différents moi et qui m'apportent une autre vision de la féminité, et de ce que c'est que d'être une femme qui jouit. Et là, la femme qui jouit elle me fait chier, mes héroïnes elles jouissent comme des gamines... Quand des 18-25 ans lisent ce type de romans, elles lisent qu'on jouit par pénétration au bout de 4 minutes, ça ne se passe pas que comme cela un orgasme.

Cette écriture dénuée de tout élément subversif a-t-elle fini par contaminer votre propre écriture ?

Camille Emmanuelle : Je n'ai pas écrit de fiction depuis. Au milieu de l'année, après avoir écrit toute une saga, j'ai eu un peu peur : j'écrivais des articles pour Brain ou L'Obs, mais je me suis dit que j'allais avoir du mal à écrire autrement. Je ne pourrais plus écrire « bander », mais « sentir une excitation sous son pantalon - Hugo Boss, évidemment ».

J'ai fait un petit test à ce moment-là, j'ai réécrit une nouvelle porno pour La Musardine, dans Osez 20 histoires de coup de foudre sexuel, et j'ai pris énormément de plaisir à écrire cette nouvelle. C'est l'histoire d'un escort qui rencontre une escorte dans un hôtel, mais tous deux ignorent leur activité. Et leur relation sexuelle se fait hors du cadre habituel, dans une grande liberté. Pour cette nouvelle, j'ai pu écrire « sperme », décrire comment la fille mouillait... Ce n'est pas tant pour l'explicite des mots - même si cela compte - que pour l'attitude des personnages. Dans les romances érotiques, l'homme bande tout le temps, il n'est jamais faible, or, je trouve que le passage de la puissance à la fragilité est aussi excitant dans l'acte sexuel, le fait que l'on enlève son masque social. Quand j'écrivais les passages érotiques dans ces romances, le fait que la personnalité et l'attitude sexuelles de ces personnages ne bougent pas, c'est difficile à écrire.

Ces livres érotiques ne seraient-ils pas le pendant féminin du porno pour les hommes, qui pourrait focaliser sur des schémas de sexualité biaisés, restreints ?

Camille Emmanuelle : Je pense qu'il y a effectivement une influence. Le porno en soi n'est pas critiquable, je trouve, surtout qu'il y a des pornographies, et pas un porno : depuis 10 ans, il y a pas mal de pornos alternatifs ou amateurs ou féministes qui se font. On peut voir du porno différent aujourd'hui.

On critique, et je pense à juste titre, l'accès gratuit, quotidien et sans limites, à ces vidéo pornos sur les Tubes et leur influence sur la fantasmatique, sur les jeunes et leur sexualité. Il n'y a jamais eu d'études précises là-dessus, et c'est bien dommage.

Ces propos sont souvent tenus à des fins militantes, pour réclamer l'interdiction du porno, mais je pense en effet qu'il y a un impact, mais nous ne l'avons pas encore mesuré. Pour être tout à fait honnête, il y a certaines périodes dans ma vie où j'ai regardé beaucoup de porno, et cela a eu un impact, c'est sûr, sur mes fantasmes. D'ailleurs, au moment où j'ai arrêté d'en regarder, mes fantasmes étaient différents.Par rapport à cette littérature, il serait étrange de penser qu'une lectrice de 25 ou 40 ans qui lit une ou deux romances par mois - et qui ne lit souvent que ça, car il s'agit la plupart du temps d'une littérature que l'on consomme exclusivement - ne sera pas influencée par ces lectures.

Mon livre porte essentiellement sur la production, pas sur la réception, mais cette question vaut la peine d'être posée. D'ailleurs, une étude récente a été faite, psycho-sociale, selon laquelle les lectrices de 50 Nuances avaient intégré des codes de sexisme.

Ce que véhiculent finalement ces romances érotiques, c'est une image de la femme soumise à l'homme ?

Camille Emmanuelle : C'est assez malin pour ça, car il y a un vernis contemporain sur ces récits au message très archaïque. On n'est pas non plus dans le bouquin américain des années 40 et 50 avec la femme au foyer : dans son attitude, l'héroïne ne se laisse pas trop faire, son rêve n'est quand même pas de rencontrer un médecin veuf comme dans les livres Harlequin, il y a quelques années. On est sur une jeune fille qui veut avoir une vie professionnelle, par exemple. Ils sont quand même un peu adaptés aux codes post-révolution sexuelle et post-féminisme. Mais cette image reste malgré tout hyper réac.

Que faut-il, dans ce cas, pour faire un bon récit érotique ?

Camille Emmanuelle : Il faut poser la question à Stéphane Rose, directeur de collection de la série Osez... à La Musardine, mais pour avoir pas mal discuté avec lui, je peux dire qu'il faut que ce soit excitant, qu'on évite les clichés, les métaphores... Mais il faut qu'il y ait une histoire, pas qu'il s'agisse d'une simple description crue de l'acte sexuel. Il faut des personnages que l'on n'ait pas trop lu auparavant, une originalité... Ce qui, en soi, fait partie des critères de chaque maison d'édition ! Et là, c'était l'inverse dans les romans érotiques que j'écrivais : c'est une littérature de reconnaissance, dans laquelle il ne faut pas de surprises.

Si l'érotique a été phagocyté par cette littérature lisse, cela signifie-t-il qu'il faut chercher dans le hardcore pour trouver de bons textes ?

Camille Emmanuelle : Effectivement, la romance érotique a bouffé le rayon littérature érotique. Mais la différence entre littérature érotique et littérature pornographique est assez floue : ce qui est pornographique pour l'un est érotique pour l'autre... Si les 3/4 des scènes sont des scènes de sexe, pour moi c'est de la littérature pornographique. S'il y a une histoire et que, au sein de ces histoires, il y a des scènes de sexe, pour moi c'est de l'érotique, c'est comme cela que je les distingue.

Mais, aujourd'hui, lire un poème d'Apollinaire, c'était pornographique à l'époque, mais aujourd'hui, c'est érotique, même si c'est cru. Sade, cela reste pornographique. Anaïs Nin, à l'époque c'était considéré comme pornographique, aujourd'hui, je considère cela comme de l'érotique. Esparbec, par exemple, c'est clairement pornographique. Le temps modifie aussi les perceptions de ces textes.

Avez-vous l'impression qu'il y a aujourd'hui plus de limites dans ce que les éditeurs se permettent de publier ?

Camille Emmanuelle : Au début, l'arrivée du mommy porn, de la romance érotique, de la new romance, j'ai pris ça pour une bonne nouvelle, même si je trouvais que c'était écrit avec les pieds.

Je trouve qu'en fait, ce n'est pas une bonne nouvelle, cela a pris la place dans les rayons de la littérature érotique, et la seule bonne nouvelle, c'est que, comme me l'a expliqué le libraire de La Musardine, librairie spécialisée dans l'érotique, il y a quand même des lectrices qui ont débarqué en demandant : « J'ai lu 50 Nuances, qu'est-ce que je peux avoir d'autre ? » Et là, le libraire retrouve son rôle de prescripteur, il va sortir autre chose que Beautiful Bastards. Cela n'arrive pas souvent, mais ça arrive.

La Musardine, soirée bande dessinée à la librairie

La librairie La Musardine, à Paris (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

Pour revenir sur la question du recul dans la liberté des éditeurs, il faut savoir que Françoise Rey écrivait sans pseudonyme alors qu'elle était prof au collège, dans les années 1970-80, et elle est même passée chez Pivot, il me semble. Aujourd'hui, ce ne serait plus possible : une prof de collège qui écrit des textes de cul se fait virer, et sans aucun doute harceler sur les réseaux sociaux. Qui plus est, vu les sujets des textes de Françoise Rey, elle serait sûrement soupçonnée de pédophilie.

La romance érotique autopubliée serait-elle, à l'inverse, un nouveau moyen de libération sexuelle ?

Camille Emmanuelle : Effectivement, une auteure qui a envie de s'aventurer là-dedans aura peut-être moins de barrières qu'auparavant. J'ai entendu parler de ce site, Wattpad, sur lequel des jeunes filles de 14-15 ans écrivent des textes qu'une communauté peut noter et mettre en avant, comme une sorte d'Instagram de l'écriture. Il y a beaucoup de romances érotiques sur ce site, signées par des lectrices de ce style de romans, qui imitent ce style. Ce qui n'empêche pas d'être formaté, cela dit.

Mais ce pamphlet est aussi l'occasion de demander si ce genre va évoluer, et je pense qu'il peut évoluer à mon avis. Pour moi, la série télévisée de meufs a largement évolué ces 10 dernières années : de Sex and the City, qui était déjà une évolution par rapport aux séries à l'eau de rose, à Girls, c'est une véritable révolution. Et pourtant, on est sur des codes de séries de meufs, avec une bande de copines... Mais tout d'un coup, dans Girls, il y a une fille qui a des poils et un petit ventre, il y a une fille qui est tellement excitée par son rendez-vous qu'elle va se masturber dans les toilettes du restau... Pour la représentation de la sexualité féminine, c'est une révolution. Il y a aussi Transparent, avec des personnages lesbiens et trans qui ne sont pas caricaturaux. La série a fait cette révolution post-féministe, en respectant des codes précis mais en les tordant. J'espère que dans la littérature érotique il va y avoir aussi ce twist. Le souci, c'est qu'il y a aussi du faux girl power, ce qui est déjà mieux, cela dit, que pas du tout de girl power.

Je n'attends pas de la littérature érotique qu'elle soit féministe, pas du tout. Un auteur comme Esparbec, beaucoup de féministes ont hurlé contre lui, parce que les femmes sont maltraitées, sexuellement, les mecs les utilisent avant de les jeter. Mais, l'homme qui a l'air dominant, se retrouve à la fin comme un benêt. Les femmes ont l'air faibles, mais elles utilisent en réalité la libido masculine à leur avantage. Je n'attends pas que la littérature érotique respecte des codes ou un certain quota de minorités ou d'handicapés, je veux de la liberté et des personnages très différents !

Votre livre risque de provoquer de vives réactions au de la communauté romance, non ?

Camille Emmanuelle : C'est déjà le cas, puisqu'après un article de Elle, il y a eu une réaction des lectrices, de la communauté, très violente et très sexiste. Elles se sont senties agressées, ont assuré que ce que j'écrivais était faux et le débat a très vite dérivé sur le terrain de la liberté d'expression, en mode « laissez-nous lire de la romance érotique ».

Et cela a très vite dérivé : on en était au point de poster des photos d'hommes bodybuildés avec en commentaire « Comme ça je n'ai pas le droit de le trouver canon ? » Je n'ai jamais interdit personne de fantasmer sur un milliardaire ou sur un mec musclé, je ne critique pas des fantasmes, mon ouvrage décrypte les coulisses de cette écriture. J'alerte avant tout sur cette production massive, culturelle et populaire, que des milliers de jeunes femmes lisent en ce moment : ce serait peut-être utile de savoir ce que c'est informer, décrypter, analyser de l'intérieur, je pense que c'est bien.

J'ai souvent entendu, aussi, dans ces débats : « Puisque c'est populaire et que cela a du succès, il ne faut pas le critiquer, sinon on est snob. » Sauf que je trouve que cette posture est condescendante. S'interdire d'analyser un phénomène parce qu'il est populaire et plutôt consommé par des gens de classe moyenne. Je trouve cela bien plus condescendant que de mettre les mains dans le cambouis pour analyser cette littérature. C'est comme pour le porno : essayons de voir pourquoi Jacquie et Michel fonctionne, alors que c'est de la merde. Essayons de voir pourquoi Cyril Hanouna ça cartonne, pourquoi les gens continuent d'aller à McDo alors que les méfaits de la malbouffe sont connus.Lorsque l'on est féministe au XXIe siècle, on est malheureusement assez habituée à ce genre de réactions, mais le fait qu'elles proviennent de femmes est assez contrariant.

Pour terminer, quelques conseils pour du bon porno écrit et filmé ?

Camille Emmanuelle : J'ai mon Enfer, dans lequel je garde mes ouvrages de cul : un que j'adore, publié aussi à La Musardine, s'appelle Histoires pornographiques, des nouvelles signées par Valentine Abé, un pseudo. C'est fabuleux, très bien écrit et très excitant, une écriture féminine du XXIe siècle, pornographique. J'étais un peu triste, car c'est un one shot pour elle, elle ne continuera pas sa carrière d'auteure porno. Pour ne pas citer que La Musardine, les éditions Blanche publient également des textes de qualité.

Pour les films pornographiques, on peut se tourner vers Erika Lust, notamment XConfessions. Ce sont des vidéos assez courtes, filmées d'après les fantasmes que les internautes publient et que la cinéaste sélectionne : il y a des trucs bi, des trucs SM, des trucs hétéros...

Ça se trouve sur YouPorn ?

Camille Emmanuelle : Non, la qualité, ça se paye : 3 € pour une bonne branlette, ce n'est pas cher, quand on y pense.

Camille Emmanuelle, Lettre à celle qui lit mes romances érotiques, et qui devrait arrêter tout de suite, Les Échappés.

Par Antoine Oury
Contact : ao@actualitte.com

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À l’occasion de la 24ᵉ édition des Petites Fugues, festival littéraire itinérant qui parcourt la Bourgogne–Franche-Comté du 17 au 29 novembre, nous avons interrogé Aymée Rogé, directrice de la DRAC, et Bertrand Veau, vice-président de la Région en charge de la culture. Dans cet entretien croisé, ils expliquent pourquoi l’itinérance reste un outil majeur d’égalité culturelle, comment le festival irrigue l’ensemble du territoire — rural comme urbain — et pourquoi le livre doit être protégé dans un paysage dominé par les écrans.

20/11/2025, 18:44

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“Les endormis rêvent qu’ils ne rêvent pas” : la frontière du réel selon Joëlle Pétillot

Paru le 6 novembre 2025 aux éditions Fables fertiles, Chergui est le tout nouvel ouvrage de la novelliste, poète et romancière Joëlle Pétillot. C’est l'histoire, nous indique la quatrième de couverture, « d'une cité ocre et blanche, posée en plein désert comme un bijou sur du sable » ; celle d’un « sommeil étrange » ; de rêves, de passion, de désir fou, de soif de vengeance, de violence du secret...

20/11/2025, 15:27

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Le livre numérique accessible, une révolution pour les lecteurs dyslexiques

L’accessibilité, il y a ceux qui la fabriquent et ceux qui en bénéficient. ActuaLitté est allé à la rencontre de Mélissa Castilloux, consultante spécialisée. Avant de se consacrer aux enjeux du livre numérique accessible, elle-même est concernée par la dyslexie et la dysorthographie. Elle témoigne, tant comme lectrice que professionnelle.

20/11/2025, 11:30

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"Mange tes grands hommes, stupide roman national"

Avec L’Empire n’a jamais pris fin, Pacôme Thiellement démonte le roman national pour lui substituer un autre récit : celui des « sans rois », des régicides, des poètes visionnaires et des vies étranges qui traversent l’histoire de « ce territoire que nous nous sommes habitués à appeler la France ». Un voyage érudit et halluciné, de Rabelais à la Révolution, où l’on comprend comment notre passé continue d’empoisonner – ou de libérer – notre présent.

17/11/2025, 18:22

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Festival Un week-end à l’Est : Brigitte Bouchard dévoile son cap

Du 18 novembre au 1ᵉʳ décembre, Un week-end à l’Est consacre son édition à Bucarest, invitée à Paris pour deux semaines d’intenses rencontres artistiques. Brigitte Bouchard, directrice du festival, veut y révéler « ce lien très fort entre la Roumanie et la France ».

14/11/2025, 13:24

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Lettres du Monde 2025 : la lumière comme fil conducteur

La prochaine édition s’ouvre sur un mot simple et chargé d’histoire : lumières. « Le mot lumières donne titre à l’édition 2025 », confie Cécile Quintin, directrice du festival. Ce choix résonne autant avec l’héritage des Lumières — ouverture, connaissance, partage — qu’avec une aspiration plus intime : « Il y a peut-être une petite lumière qui s’allumera dans le cœur et dans les esprits de certains », grâce à ces rencontres d’auteur.rices venu.es d’ailleurs. Dans « un monde un peu brutal », la littérature, ici, se veut éclat et refuge.

12/11/2025, 16:17

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"Les traducteurs ont la mission d’offrir aux lecteurs un regard nouveau sur une culture"

Le roman Évocation d’un mémorial à Venise (Présence Africaine, 2023), de l’universitaire et écrivain marocain, Khalid Lyamlahi, vient d’être traduit en roumain, par la traductrice Alexandra Ionel. Paru sous le titre Memorial la Veneția, aux éditions Casa Cărţii de Ştiinţă à Cluj, en Roumanie, le roman est désormais en quête de nouveaux lectrices et lecteurs. Propos recueillis par Karim El Haddady. 

12/11/2025, 10:56

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Carole Zalberg, entre Buenos Aires et le 7 octobre : la littérature comme refuge

Carole Zalberg, présidente de la Sofia depuis juillet 2025, est avant tout une écrivaine. Elle publie Au soir venu, La Branche argentine, un roman où l’intime et l’Histoire se nouent : un père qui s’efface, une branche familiale apparue à Buenos Aires, les échos d'une dictature, une judaïté douloureuse - et la littérature comme recours. Un roman sur « le bégaiement de l’Histoire » et « l’infinie capacité de réinvention ».

10/11/2025, 18:01

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Un perdant sublime : dans les pas d’Émile Clermont, romancier fauché par la guerre

Le roman biographique a un double avantage : le premier est de découvrir la vie d’un auteur connu ou non, et le deuxième, de lire cette vie comme un roman. Un perdant superbe, de Thierry Poyet (Chum éditions) offre ce double avantage avec un petit plus : une approche de l’Histoire par ceux qui l‘ont vécu. Propos recueillis par Christian Dorsan. 

04/11/2025, 10:58

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Les coulisses d’OPlibris : “L’autonomie ne suffit pas, il faut la solidarité” – Éric Sevault

Dans un bureau partagé où se croisent éditeurs indépendants, militants du texte et artisans du code, le collectif Smolny poursuit son aventure d’édition libre. Rencontre avec Éric Sevault, qui raconte comment la maison s’est engagée dans l’aventure d’OPlibris, le logiciel coopératif imaginé pour moderniser la gestion éditoriale… sans renier ses principes.

30/10/2025, 11:12

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Mirinae Lee : "Je suis coréenne… et j’ai pourtant écrit en anglais"

Paru chez Phébus, traduit de l’anglais par Lou Gonse, le premier roman de Mirinae Lee arrive en France après avoir été dans la sélection du Women’s Prize for Fiction 2024 et lauréat du William Saroyan International Prize for Writing. Il tresse la grande histoire coréenne et l’art très humain de survivre par le récit. Voici, à partir de notre échange, son autoportrait et les coulisses d’un livre « roman‑en‑nouvelles » porté par une héroïne… mangeuse de terre.

29/10/2025, 16:56

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"L’avenir des langues régionales se joue désormais à l’école"

Il y a peu, ActuaLitté rendait compte du rapport du Sénat alertant sur une « disparition imminente » des langues régionales. La sénatrice de Loire-Atlantique Karine Daniel, co-rapporteure de la mission sénatoriale d’évaluation de la loi Molac (protection et promotion des langues régionales), revient avec nous sur les travaux conduits aux côtés de Max Brisson.

27/10/2025, 17:52

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Les coulisses d’OPlibris : “Mutualiser, c’est gagner du temps” – Chloé Pathé

Au fil des Assises de l’édition indépendante, Chloé Pathé découvre OPlibris : une plateforme née du terrain, conçue pour alléger la gestion quotidienne et donner des outils communs aux éditeurs indépendants. Entre rigueur et solidarité, la fondatrice d’Anamosa y voit plus qu’un logiciel : une manière de transformer la mutualisation en politique éditoriale, de gagner du temps sans perdre en liberté, et de faire du collectif une force concrète face aux vents contraires.

22/10/2025, 17:05

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Sylvain Forge : “La technologie ne donne pas de sens, elle offre des distractions”

L’homme a toujours été préoccupé par la mort. Quel sens donner à sa vie quand on ne connait pas l’échéance, et si nous connaissions celle-ci, que ferions-nous du temps restant ? Oracle est une application qui vend cette information à ses clients et si certains acceptent ou changent de vie, d’autres adoptent un comportement violent.

17/10/2025, 15:23

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“Écrire est un artisanat” : entretien avec Pierre Jourde

Connu pour son approche critique des auteurs contemporains, mais aussi pour ses récits intimistes, comme Pays perdu (L’Esprit des Péninsules, 2003), Pierre Jourde est également docteur ès Lettres, spécialisé dans l’œuvre de Huysmans, fin connaisseur des écrivains décadentistes. Rien de surprenant, donc, à ce que ce nouveau et volumineux roman prenne place à la fin d’un XIXème siècle marqué par un positivisme étouffant, mais aussi par un retour à l’occulte, au mystère. Un entretien mené par Étienne Ruhaud.

16/10/2025, 10:35

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Oser Dostoïevski : trois ans avec les Frères Karamazov

S’attaquer à un monument - certains diront le plus grand roman du monde - il faut oser. Après André Markowicz, dont la traduction des Frères Karamazov chez Actes Sud demeure une référence depuis 2001, et Emma Lavigne, qui a livré la sienne pour Gallmeister, c’est au tour de Sophie Benech de se confronter au géant russe. La traductrice signe chez Zulma une nouvelle version de ce texte vertigineux, résultat de près de trois années de travail.

15/10/2025, 17:31

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Mariana Enríquez : “Ce monde est profondément bizarre”

Mariana Enríquez vient de publier, toujours aux éditions du Sous-Sol (trad. Anne Plantagenet), Un lieu ensoleillé pour personnes sombres. Avec ce recueil de nouvelles hantées par l'absence, les fantômes, et marquées en sous-terrain par une réalité brutale, elle confirme sa place parmi les auteurs et autrices qui comptent dans la littérature mondiale contemporaine. De passage en France pour la promotion du livre, elle a échangé avec nous sur l'étrangeté du quotidien, sa vision de l'écriture, les fantômes et la musique.

15/10/2025, 16:03

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Cosey : “Je préfère une histoire d’amour à un complot intergalactique”

Dans un café de la rue Vieille-du-Temple, Cosey parle doucement, presque à mi-voix. Il pèse chaque mot comme s’il dessinait encore, sur la nappe de papier, les contours d’un souvenir. Son regard se pose parfois sur la tasse, parfois au loin. Il évoque Yiyun, sa nouvelle bande dessinée publiée au Lombard, avec la même précision tranquille qu’il accorde à ses planches : un geste lent, mesuré, presque méditatif.

14/10/2025, 11:25

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Nicolas Framont : “Il faut que la classe dominante ait peur”

Évoquer Luigi Mangione, ce jeune beau gosse devenu symbole, après l’assassinat d’un PDG américain, c’est s’aventurer sur une ligne de crête, là où la colère sociale flirte avec la violence politique. Où beaucoup préfèrent détourner le regard, Nicolas Framont, cofondateur de la revue Frustration, choisit d’y plonger. Dans Saint Luigi, il affronte ce geste sans complaisance, avec un style direct. Un texte fort, à la fois nourri par des faits édifiants et par son propre parcours — entre l’accompagnement de la fin de vie de sa grand-mère, et son expérience de conseiller parlementaire.

13/10/2025, 11:09

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Le Verdict, de Franz Kafka, traduit par Jean-Philippe Toussaint : l’éclipse du monde

Par une nouvelle version parue chez Minuit (octobre 2025), Jean-Philippe Toussaint nous offre du Verdict un texte hypnotique où sa langue redouble celle de Kafka à la faveur d’une clarté portée au carré par le jeu de la traduction, si l’on veut. Cela est d’autant plus vrai qu’à la nouvelle en question succèdent des mots de l’auteur-traducteur lui-même, en forme de commentaire lumineux.

13/10/2025, 10:53

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“La fiction permet de rendre visibles ceux qu’on a oubliés”

Il parle d’une voix douce, presque retenue, comme si chaque mot devait d’abord traverser la mémoire avant d’atteindre le présent. Alexandre Courban ne revendique pas un passé, il le reconstruit, patiemment, avec les outils de l’historien et la sensibilité du romancier. Chez lui, l’histoire n’est pas une matière figée : elle palpite encore sous la surface du récit.

13/10/2025, 10:23

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L’IA est-elle aussi intelligente et artificielle qu’on le dit?

Face à l’essor rapide de l’intelligence artificielle, l’Association nationale des éditeurs de livres presse Ottawa d’adopter un cadre solide pour protéger la création et la souveraineté culturelle. Dans un mémoire remis au Comité du patrimoine canadien, l’ANEL met en garde contre les dérives technologiques et plaide pour des politiques publiques qui placent les droits des auteurs et autrices au cœur de la régulation.

09/12/2025, 16:39

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Lecture, audio, hybridation : chez Vivlio, Loriane Sauvageon défie les géants américains

PORTRAIT – Dans les bureaux de Vivlio, entre deux étagères de liseuses et quatre de bouquins, ActuaLitté a rencontré Loriane Sauvageon. Elle occupe un poste clef dans l'entreprise : customer success manager [responsable de la satisfaction clientèle, NdR]. Et le succès est bien au rendez-vous.

09/12/2025, 15:32

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Épuisement, précarité, sacrifices : l’envers du décor de la création jeunesse

« Je vis à peu près de mon métier, car je pédale sans m’arrêter. » Comme de nombreuses autrices, Amandine Laprun fait face à une réalité implacable : produire, encore et encore, sous peine de n’avoir plus de ressources. Pour cela et bien plus encore, la perspective de la loi Continuité de revenus représente la possibilité d’une respiration. Elle le raconte dans une tribune confiée à ActuaLitté.

09/12/2025, 15:00

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“Nous sommes sans voix” : pourquoi la France a expulsé l’autrice italienne Elena Mistrello ?

Invitée au festival BD Colomiers pour présenter Syndrome Italie, l’autrice italienne Elena Mistrello a été expulsée dès son arrivée à l’aéroport de Toulouse, le 21 novembre 2025. Agnès Tricoire, Présidente de l'Observatoire de la liberté de création, a fait parvenir à ActuaLitté un courrier adressé au préfet de la Haute-Garonne, interpellant sur cette situation des plus incongrues. 

08/12/2025, 12:46

ActuaLitté

Imaginer des mondes que la science finit par construire : l’incroyable pouvoir des néologismes

D’où viennent les mots qui façonnent notre imaginaire technologique ? Des laboratoires, des auteurs de science-fiction… ou d’un espace trouble entre les deux ? Le mémoire Néologismes, entre fiction et réalité explore précisément cette zone de frottement où se rencontrent écrivains visionnaires et ingénieurs bien réels. Une question traverse ces pages comme un fil rouge : comment les néologismes circulent-ils entre inventions fictives et réelles, jusqu’à parfois se répondre, se nourrir, se transformer ?

08/12/2025, 10:50

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Trois ans de travail envolés : la réalité du métier d'autrice en 2025

Autrice-dessinatrice depuis 2003, reconnue en France et à l’étranger, Élodie Durand a vu en 2025 deux contrats annulés et trois années de travail disparaître, révélant la précarité structurelle des artistes-auteur·ices. Son témoignage rappelle combien le projet de loi sur la continuité de revenus est essentiel pour garantir des conditions de création dignes et durables.

08/12/2025, 10:19

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3 € pour lire : mythes et réalités d’une “taxe sur la lecture”, sur fond de crise du livre

Enquête et contre-enquête... La tribune d'Amazon incriminant les frais de port obligatoires détaille un constat alarmiste : depuis l’entrée en vigueur de la loi Darcos, les lecteurs paieraient 3 € à chaque commande inférieure à 35 €, une « taxe sur la lecture », affirme Amazon France qui aurait déjà coûté plus de 100 millions d’euros aux lecteurs. Mais le discours du directeur général mérite d’être nuancé — voire contesté — à plusieurs égards.

08/12/2025, 06:30

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Frais de port à 3 € : la mesure qui fait chuter la lecture en France ?

Depuis l’entrée en vigueur de la loi Darcos fin 2021, les commandes en ligne de livres neufs de moins de 35 € sont systématiquement assorties d’un minimum de 3 € de frais de port — un surcoût désormais inscrit dans l’acte d’achat. Deux ans plus tard, cette mesure destinée à « rééquilibrer la concurrence » entre plateformes numériques et librairies physiques apparaît comme une taxe invisible sur la lecture.

08/12/2025, 05:00

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Derrière Les Humanoïdes associés, la mystérieuse galaxie Giger

La dégringolade des Humanoïdes associés et du groupe américain Humanoids a choqué les milieux de la bande dessinée et de la science-fiction. Cependant, ces liquidations successives ne semblent pas remettre en question l’activité éditoriale de la structure, entre un calendrier de nouvelles parutions et le maintien de Métal hurlant en kiosques. La conséquence d’un montage économique et financier basé sur une foisonnante galaxie d’entreprises…

05/12/2025, 15:18

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“À ce niveau d’effondrement, j’aurais accepté n’importe quoi”

TÉMOIGNAGE - « OnlyFans ou le Bois de Boulogne. Ce sont là mes dernières options. Je suis éditrice. Voici mon histoire. Elle est authentique. » Épisode 5. J’ai presque honte de l’admettre, mais en ouvrant ce mail, j’ai d’abord cru que mon ordinateur se prenait pour un poète. Ce n’était ni un spam, ni une relance, ni l’éternel cordialement recyclé : une convocation. Une vraie. Pour moi.

05/12/2025, 12:32

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“On meurt de faim en écrivant” : pourquoi la France abandonne ses créateurs

La question de la continuité de revenus pour les artistes-auteurs s’impose aujourd’hui comme l’un des enjeux majeurs de la politique culturelle. Malgré l’existence d’un statut juridique spécifique, confirmé notamment par les constats du Rapport Racine en 2020 sur la fragilité économique du secteur, les créateurs restent soumis à des rémunérations irrégulières, dépendantes des avances, des droits perçus ou des résidences obtenues. 
 

05/12/2025, 12:13

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Henri Fellner : “On a passé toute notre vie dans un écosystème dysfonctionnel, illégal”

Lorsqu’Henri Fellner raconte son premier jour à l’AGESSA, pour préparer sa retraite, il est presque soulagé de « faire les choses dans les règles ». Il vient d’entrer dans le monde professionnel par la grande porte : des collaborations avec Bayard, des dessins publiés dans des journaux sérieux, un environnement éditorial structuré. Bref, le scénario idéal pour un artiste de bonne volonté. Pourtant, la scène qui se déroule ce jour-là est d’une absurdité glaçante.

05/12/2025, 10:38

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Pierre Drachline : dix ans après, le souvenir intact d’un éditeur hors normes

Dix ans après la disparition de Pierre Drachline, ses collègues du Cherche midi lui rendent un hommage vibrant, à la mesure de son exigence littéraire et de sa liberté d’esprit. Éditeur entier, intransigeant et profondément humain, il a marqué ceux qu’il accompagnait par son regard acéré et son sens de la vérité des mots. Un héritage vivant selon eux, qui continue d’éclairer celles et ceux qui font la littérature aujourd’hui.

04/12/2025, 12:14

ActuaLitté

À Lyon, Angers ou Le Creusot, les braderies de bibliothèques font recette

Le dimanche 16 novembre dernier se déroulait la braderie de la Bibliothèque municipale de Lyon (BmL), un rendez-vous annuel depuis trois ans où, cette année, 25.000 livres, CD, vinyles et albums, 441 boîtes-livres et jeux étaient proposés à des prix allant de 1 à 5 €. Le franc succès rencontré par l'événement, qui a attiré au total 3700 visiteurs, contre 2500 l'année dernière, n'est pas un cas isolé.

03/12/2025, 16:42

ActuaLitté

Droit de réponse : “Le Groupe Nosoli a engagé une transformation profonde de son modèle”

ActuaLitté a fait état, le 21 novembre dernier, de plusieurs opérations sur le capital de la société Decitre par le groupe Nosoli, également propriétaire du Furet du Nord. Malgré nos efforts, nous n'avions pas pu obtenir de commentaires de la part de Nosoli avant la parution de l'article. Christophe Desbonnet, président de Nosoli, a demandé un droit de réponse, que nous lui accordons ci-dessous.

02/12/2025, 09:50

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Pandora Hearts : quand le manga fait sa comédie (musicale)

Pandora Hearts, l’incontournable shōjo fantastique de Jun Mochizuki, bien que terminé depuis dix ans, s’offre une adaptation en comédie musicale jouée avec un réel succès à Tokyo en ce mois de novembre. Ce format chanté, en direct sur scène, connaît un succès croissant au Japon, où de plus en plus de succès éditoriaux se retrouvent interprétés par des acteurs-chanteurs cosplayés à la perfection. Reportage à Tokyo.

02/12/2025, 09:50

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Les Humanoïdes associés : récit d'un crash intergalactique et transatlantique

En matière de BD et de science-fiction, difficile de faire plus mythique que Les Humanoïdes associés, maison d'édition fondée en 1974 par Moebius, Philippe Druillet, Jean-Pierre Dionnet et Bernard Farkas. Portée par le vaisseau Métal hurlant, revue qui a influencé des générations de créateurs, elle a connu une existence mouvementée, faite de succès historiques et d'échecs tout aussi retentissants. Le dernier en date, en 2025, a tout emporté sur son passage.

01/12/2025, 12:25

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Les librairies indépendantes “sont, et doivent rester libres de leurs prises de position”

Dégradations de vitrines, menaces, sanctions économiques... Depuis quelques semaines, les librairies indépendantes françaises sont visées en raison de leurs prises de position ou des ouvrages qu'elles proposent. L'Association Librairies Indépendantes en Nouvelle-Aquitaine (LINA) s'inquiète de ce climat délétère et appelle les pouvoirs publics à agir pour soutenir la profession.

01/12/2025, 10:49

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“Cocktails tièdes et promesses vides : l’édition enterre ses illusions au Salon du livre”

TÉMOIGNAGE - « OnlyFans ou le Bois de Boulogne. Ce sont là mes dernières options. Je suis éditrice. Voici mon histoire. Elle est authentique. » Épisode 4. J’ai donc sauté dans le terrier du lapin blanc. C’est étonnant : aucune poussière magique ne tapisse le hall d’entrée. Juste une épaisse moquette au sol, de  grossiers néons et ce brouhaha. Bienvenue au Salon du livre, vestibule officiel du Purgatoire. 

29/11/2025, 15:16

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Artaud dans le désert algérien : ce que Zemmour ne comprendra jamais

Cette année-là, tout s’est mis à trembler. L’Europe se crispe comme une bête acculée. L’Allemagne d’Adolphe Hitler transforme la haine en ministère, et en France, le 6 février manque de renverser la République. Les ligues d’extrême droite déferlent sur la Concorde, veulent déborder la Chambre, les tirs claquent : quinze morts, des centaines de blessés. Le pays comprend soudain que le coup d’État n’est plus un fantasme, mais un film déjà storyboardé, presque tourné. Par Ilios Chailly.

28/11/2025, 19:05

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Witkacy ou la Forme Pure : l’art en état de crise permanente

Stanisław Ignacy Witkiewicz, dit Witkacy (1885-1939) est un « génie multiple » selon les mots d’Alain van Crugten. Peintre, dramaturge, romancier, photographe, mais aussi théoricien, il n’a cessé de penser l’art en des termes radicaux : ni instrument moral, ni relais politique, ni traduction psychologique. Par Charles Garatynski.

28/11/2025, 18:44

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“Nous ne transigerons pas” : des voix s’élèvent contre les attaques en librairie

Le 27 novembre au soir, plus de 250 personnes se sont rassemblées place de la République, à Paris, pour dénoncer la multiplication d’attaques, d’intimidations et de campagnes de harcèlement visant des librairies indépendantes. 

28/11/2025, 14:21

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“J’ai gagné à la loterie de l’édition… mais rien n’a changé”

Incroyable. Voilà ce que je me suis dit en voyant les premières mentions de ce projet de loi sur la continuité de revenus pour les artistes-auteurs. Incroyable au sens premier : je ne pouvais pas y croire. Par Benjamin Adam.

28/11/2025, 10:00

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“Il me reste 8 jours de travail” : compte à rebours d’une libraire en perte de repères

Voici le retour d'Elsa, notre libraire favorite, à la plume légère même au plus sérieux des sujets. Billet d'humeur d'une libraire, c'est sa chronique à retrouver dans les colonnes de ActuaLitté, par temps froid, pour se réchauffer. Et inversement.

28/11/2025, 09:07

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Quand l’édition indépendante se fédère : l’essor du salon L’Autre Livre

Du 21 au 23 novembre 2025, le Salon L’Autre Livre a investi la Mairie du 5ᵉ, réunissant près d’une centaine de maisons d’édition. Un déplacement qui marque une ouverture plus large pour l’édition indépendante, décidée à maintenir un espace commun. Entre rencontres, lectures et échanges, les éditeurs ont souligné la vitalité et la solidarité d’un secteur toujours fragile.

27/11/2025, 16:22

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Redécouvrir la nuit : un monde vivant que la lumière efface

Et si l'on explorait la nuit ? Longtemps, la nuit a existé en soi. Aujourd’hui, elle est vaincue, illuminée. Le noir est devenu clair-obscur. La technique ne suffit pas à expliquer ce passage civilisationnel. Coauteur avec Franck Rollier de Nuit. L’obscurité sous un jour nouveau - Une balade nocturne et mystérieuse dans la nature (éditions de Terran) Bernard Farinelli nous invite à ouvrir les yeux sur des richesses insoupçonnées.

27/11/2025, 09:00

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Illustrateurs et auteurs : une précarité qui use le corps et l’esprit

« Et puis un autre danger, c’est un danger d’une nature plus psychologique, c’est le dérèglement que peut entraîner la solitude, que peut entraîner la fatigue nerveuse qui résulte de cette vie au jour le jour, où vous n’êtes jamais sûr du lendemain. Vous passez constamment par des états extrêmes… d’extrême enthousiasme, d’extrême soucis, d’extrême fatigue. Il y a une fatigue nerveuse très forte. » Nicolas Bouvier, à propos de son premier voyage. Tribune signée par Henri Fellner.

26/11/2025, 11:00

ActuaLitté

Sécuriser la création : un enjeu vital pour les artistes-auteurs

Dans un paysage culturel où les créateurs cumulent souvent les activités pour survivre, les obstacles administratifs et financiers freinent l’émergence de nouvelles voix. Une réforme ambitieuse pourrait enfin garantir des conditions de travail permettant de créer sans s’épuiser. Par Thomas Fouchault, auteur, éditeur, et président de la Ligue des Auteurs Professionnels depuis 2023.

26/11/2025, 10:31

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Lorsque Vivlio s’impose : l’exception culturelle tech à la française

PORTRAIT - Des lecteurs, des vrais, pour qui les ouvrages ne se résument pas à des fichiers – quand bien même ils les bichonnent. ActuaLitté a rencontré les équipes de Vivlio, pour découvrir leur Inoubliable. Cette semaine, au tour de David Dupré, le président exécutif, de se prêter au jeu.

25/11/2025, 09:42

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Les retours en enfance de Colette et Maurice Ravel

Maurice, on est là ! Crie notre guide dans la toute petite maison à Monfort-l’Amaury. Nous montons les quelques marches du perron, elle ouvre avec les clefs la porte de la maison de Maurice Ravel, qui avec sa forme géométriquement curieuse, comme l’a dit Manuel Rosenthal, fait penser à une tranche de Camembert mal taillée. 

25/11/2025, 07:40

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Subvention bloquée par la droite : Paris Librairies dénonce une manœuvre politique

L’association Paris Librairies dénonce le rejet, au Conseil de Paris, du dispositif de 500.000 € destiné à soutenir quarante librairies indépendantes de la capitale. Elle pointe une manœuvre politique qui fragilise un secteur déjà en grande difficulté et cible une librairie pour sa ligne éditoriale. Dans un contexte de pressions, de vandalisme et d’intimidations, elle appelle à réinscrire la mesure à l’ordre du jour de décembre et à défendre le pluralisme démocratique.

24/11/2025, 15:19

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Librairies indépendantes : face à l’assaut du numérique, quelles stratégies ?

ANALYSE – À l’ère de l’omnicanal et des médias sociaux, le commerce se métamorphose : derrière le magasin physique se dessinent de nouveaux modèles économiques, des logistiques repensées et une concurrence élargie à l’échelle mondiale. Pour les librairies, en particulier, cette révolution numérique ne constitue ni une simple rupture ni une menace, mais bien un levier potentiel d’innovation, à condition de conjuguer identité locale, expertise culturelle et nouveaux usages. Par Joel Diatezo.

24/11/2025, 10:48

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285 autrices et auteurs de BD renoncent à Angoulême

Une tribune collective lancée par des autrices, créatrices et professionnel·le·s de la bande dessinée vient secouer l’Festival international de la bande dessinée d'Angoulême (FIBD). Elle dénonce avec force la « crise » que traverse le festival, tant sur le plan des conditions de travail que de la gouvernance de l’organisateur 9e Art+ — et revendique un changement radical, à la fois culturel et institutionnel.

22/11/2025, 15:32

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Armelle et Mirko enchantent : plongée magique dans cet univers

La rencontre entre Armelle, tortue paisible au museau curieux, et Mirko, luciole intrépide, s’est déclinée au fil de quatre albums poétiques. Chacun explore un pan différent de cette amitié singulière, avec un dessin lumineux qui joue des transparences et des éclats pastel. L’exposition qu'offre le festival BD Boum ne se contente pas d’accrocher des originaux : elle recompose un univers.

22/11/2025, 09:59

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“Ce n’est pas contre toi, c’est juste que ta maison coule” : les auteurs quittent le navire

TÉMOIGNAGE - « OnlyFans ou le Bois de Boulogne. Ce sont là mes dernières options. Je suis éditrice. Voici mon histoire. Elle est authentique. » Victoire. Épisode 3. Poursuivre ce récit devient essentiel. Remerciements éternels à celles et ceux qui m’accompagnent et me soutiennent. Et tout autant pour les haineux qui me dézinguent. Prenez ma place, pour essayer.

21/11/2025, 16:31

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Comment BD Boum attire plus de 2000 élèves en une seule journée

À Blois, les allées du BD Boum bruissent de chuchotements émerveillés : des centaines d’élèves, venus de toute l’académie, s’arrêtent devant les stands, happés par les récits dessinés. Entre curiosité spontanée et apprentissage en mouvement, le festival montre une fois encore comment la bande dessinée peut devenir un formidable outil pédagogique — et un terrain d’aventures pour toutes les classes.

21/11/2025, 13:22