#Bande annonce

“La pop culture, c'est des beaux livres et des action figures” (Rodolphe Lachat, Huginn & Muninn)

En 2010, Rodolphe Lachat fonde les éditions Huginn & Muninn, qui publient des beaux livres en lien avec la culture populaire. Véritables livres-objets, ces ouvrages deviennent des totems sur les étagères des fans de Star Wars, Harry Potter ou Disney. C'est dans les locaux de Media Participations, à qui la maison appartient, entre les piles de livres, les figurines, les cartons et sous l'œil un peu inquiétant du fameux corbeau qui donna son nom à la maison d'édition, que Rodolphe Lachat nous parle du secteur du beau livre, du travail avec les licences, des communautés de fans ou encore du marché du livre américain.

Le 06/06/2017 à 16:52 par Laurène Bertelle

0 Réactions |

Publié le :

06/06/2017 à 16:52

Laurène Bertelle

linkedin mail print
ActuaLitté

Rodolphe Lachat, fondateur des éditions Huginn & Muninn (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

ActuaLitté : Commençons par une petite présentation : comment en êtes-vous arrivé à la création de Huginn & Muninn ?

Rodolphe Lachat : Ça fait très longtemps que je suis dans l'édition, plus d'une quinzaine d'années. J'ai commencé à la Table Ronde, puis j'ai travaillé chez Chroniques et Dargaud et j'ai été directeur éditorial des éditions du CNRS. Par la suite, j'ai souhaité revenir à des univers que je n'avais pas beaucoup traités jusque-là, à savoir le beau livre d'images, et plus particulièrement un sujet qui me semblait à l'époque dévalorisé, la culture populaire.

J'ai donc quitté le CNRS et suis venu proposer mon projet à la direction générale de Media Participations qui m'a fait le grand plaisir d'accepter pratiquement dans l'heure qui a suivi notre réunion. Huginn & Muninn est ainsi né en 2010, avec pour principe de s'attacher donc uniquement à la culture populaire, c'est-à-dire l'exploration de la littérature et du cinéma de genre, des séries télé, de l'animation, de la bande dessinée, principalement dans sa composante comics et mangas, des jouets et des jeux vidéos. C'est à peu près le spectre que nous voulions balayer, avec aussi une touche de musique, principalement métal.

En quoi la culture populaire était-elle dévalorisée?

Rodolphe Lachat : Lorsque je me déplaçais en salons (j'allais beaucoup à la Comic Con de San Diego), je me rendais compte qu'il y avait aux États-Unis, en Italie, en Grande-Bretagne, au Japon, des maisons entièrement dédiées à la culture populaire. Et elle le méritait parce qu'elle était partout : avec l'explosion des effets spéciaux, on a vu l'arrivée des grandes sagas de fantasy, de science-fiction, de superhéros, tout cela arrivait à peu près en même temps au cinéma au début des années 2000, avec Le Seigneur des anneaux, Superman, Spiderman...

Le public s'est de nouveau passionné pour l'univers de l'imaginaire. Partout dans le monde ont éclos des petites maisons dédiées à la culture populaire. À l'époque, on utilisait aussi beaucoup le terme de geek. Nous, on l'utilise avec parcimonie, parce qu'il est un peu galvaudé à mon sens. Il y a une sorte de geek exploitation. Si tout le monde est geek, plus personne ne l'est...

Par ailleurs, en France, on a une véritable tradition de la culture populaire, des feuilletons du XIXe siècle jusqu'à aujourd’hui en passant par les grands héros de polars. Donc d'un côté, la culture populaire est partout, on célèbre les geeks, À Nous Paris titre « le geek c'est chic », il y a des maisons partout dédiées à cette culture pop, mais pas en France. D'où l'idée de Huginn & Muninn.

Combien de titres publiez-vous par an ?

Rodolphe Lachat : Au départ, notre but était de publier 6 à 12 livres par an, maximum 15. Et aujourd'hui, nous en sommes à 120 livres par an. Je pense que nous n'avons pas respecté notre première règle (rires). À partir du moment où on ne respecte pas sa première règle, on s'accorde beaucoup plus de liberté dans plein d'autres domaines. Et ça a bien marché dès les premières années avec 6 titres parus. Nous avions un très beau livre sur l'univers DC Comics pour fêter leurs 60 ans. On était le premier éditeur à faire un beau livre sur cette franchise. Aujourd'hui ça semble normal, mais à l'époque, faire un livre sur les couvertures mythiques de DC Comics semblait un peu étrange pour tout le monde. Ça ne l'était finalement pas tant que ça puisque le livre a été épuisé dès sa sortie. 

Dès la première année, Star Wars a aussi été très présent dans notre ADN : avec L'Encyclopédie LEGO Star Wars, qui a été et continue d'être l'un de nos meilleurs best-sellers, mais aussi un petit coffret figurine Yoda, et un livre en partenariat avec Bragelonne sur Dark Vador, qui était déjà un premier positionnement dans la maison d'édition : avec 8 000 exemplaires vendus 60 €, c'était à la fois du collector et du grand nombre. Tous les exemplaires ont été vendus. 

Ça a rapidement défini ce qu'on voulait faire. On est très vite devenu l'éditeur officiel de nombreuses marques de référence. On a commencé par Lucasfilm qui a eu la bonté de nous faire confiance alors que nous n'étions encore rien, que personne ne nous connaissait. Ça nous a donné une belle carte de visite pour aller voir les autres marques. Petit à petit on est devenu l'éditeur officiel pour les beaux livres de beaucoup de licences Disney (Marvel, Star Wars, Disney Pixar, L'Étrange Noël de Monsieur Jack inclus), mais aussi de pas mal de choses rattachées à Warner Bros et au monde du jeu vidéo, avec Ubisoft et Blizzard, entre autres.

Combien de personnes travaillent pour Huginn & Muninn ?

Rodolphe Lachat : On est le groupe qui a la plus belle rentabilité du monde. Moi j'ai longtemps travaillé tout seul, pendant deux ou trois ans pratiquement, avec quelques stagiaires exceptionnels. Et ensuite, j'ai eu la chance d'engager deux éditrices, Sabrina Lamotte et Amélie Retorre, puis une chef de fabrication. On avait une mentalité très start-up et on continue à l'avoir : on a des petits locaux, on fait nous-mêmes nos cartons... on est 4 ou 5 pour faire 120 livres. Donc on va vite, on travaille beaucoup.

"Huginn & Muninn", ça veut dire quoi ?

Rodolphe Lachat : Huginn et Muninn sont les deux corbeaux du dieu Odin, qui est le plus grand dieu de la mythologique scandinave. Ce sont deux corbeaux qui partaient chaque matin parcourir les neuf mondes et qui revenaient chaque soir dire à Odin ce qu'ils avaient vu et entendu. Par ailleurs, l'un représente la mémoire et l'autre l'imagination. Le côté avant-gardiste de l'un et nostalgique et vintage de l'autre, ça représentait parfaitement les deux aspects que l'on voulait donner à notre catalogue.

Et vous vivez actuellement aux États-Unis ?

Rodolphe Lachat : À partir du moment où ça a très bien fonctionné, cela a éveillé l'appétit d'autres maisons. Progressivement on a vu des éditeurs, parmi les plus grands d'ailleurs, avoir envie de faire de la culture pop. Moi j'ai bien senti que ça allait être compliqué, parce que la politique de mon groupe est raisonnable, c'est-à-dire qu'on ne fait pas de surenchère sur des livres. 

Je suis donc parti m'installer en Californie, à San Francisco, afin d'être plus près des éditeurs là-bas et pour sécuriser les livres, puisque plus de 50 % de notre production est de la traduction de livres issus de 5 principales maisons d'édition anglo-saxonnes, deux au Royaume-Uni (Titan Books, Dorling Kindersley) deux sur la côte ouest (Insight Editions, Chronicle Books) et une sur la côte est (Abram Books). Si je travaille main dans la main avec eux, ça leur est plus difficile de proposer un projet à un autre éditeur français, même si ce Français propose davantage d'argent. Et puis cela me permettait aussi de me rapprocher de tous les ayants droit, puisque les chaînes de production, les majors sont principalement à Hollywood.

C'est donc ce que j'ai fait pendant 4 ans. C'était un peu épuisant, beaucoup de voyages. C'est aussi communiquer avec une équipe qui a 9 heures de décalage horaire, ce qui implique de se lever très tôt et de passer beaucoup de temps au téléphone. On travaillait en 3/8 : quand je me levais, j'avais les questions de mon équipe et tout ce que je devais faire pendant qu'elle dormait. Puis elle arrivait au bureau quand moi je dormais. Ça ne s'arrêtait jamais. C'est aussi pour ça qu'on a pu réaliser autant de livres avec si peu de personnes. Les résultats ont été très vite probants, puisqu'on n'a pas eu à craindre véritablement la concurrence. Depuis, j'ai déménagé à New York pour être plus proche, avoir moins de décalage horaire et pouvoir faire les voyages plus souvent.

Vous travaillez avec beaucoup de licences. Comment gérez-vous les droits d'auteur et les droits de regard des franchises ?

Rodolphe Lachat : Nous faisons principalement du livre officiel, et à partir du moment où c'est officiel, les licences touchent des royalties, entre 8 et 10 %, comme un auteur. En ce qui concerne le droit de regard, il est total, et c'est parfois compliqué. On n'a pas un seul interlocuteur, ou du moins il n'est pas le seul à valider. Il faut demander l'avis du producteur, des acteurs... Il y a une immense chaîne de validation, ce qui rend ces projets très difficiles à monter. Souvent on pense que c'est terminé, mais quelqu'un n'est finalement pas d'accord avec une phrase ou une illustration. Même quand on est en train d'imprimer et qu'ils veulent changer quelque chose, on le fait. 

Pour ces personnes-là, que je respecte par ailleurs, le livre n'est qu'une carte de visite. Ils ne vont pas faire d'argent avec ça. La plupart vont vendre entre 4 000 et 6 000 exemplaires, et pour un studio de production, 8 % de 5 000 exemplaires à 35 €, soit 20.000 $, ça ne va pas révolutionner leur compte d’exploitation. Ce n'est rien comparé à ce que va rapporter la production d'une ligne de T-shirts, de chaussettes, de jouets, qui sont des choses de grande consommation et qui sont surtout très simples à valider : c'est un contrat, une charte graphique qui est exploitée, un dessin par T-shirt, et des T-shirts partout dans le monde ou en France. Un livre, c'est un contrat compliqué, des milliers de clauses, pour arriver à quelque chose qui se vend peu. Donc c'est surtout une carte de visite pour eux, et ils veulent qu'elle soit exceptionnelle. 

Après, il y a des maisons qui ont des cellules Publishing comme Disney. Elles ont à l'intérieur de leur consumer product des personnes formées et dédiées au livre qui parlent à des éditeurs. Mais quand c'est la personne qui s'occupe de tous les produits dérivés, donc à la fois des jouets, des vêtements, des jeux vidéos et des livres, c'est plus compliqué. Généralement elle est seule, et elle a peur de faire une bêtise donc dans le doute, elle préfère dire non. C'est donc beaucoup de travail, de challenges, mais aussi beaucoup de plaisir.

Combien de temps faut-il compter pour réaliser un livre de A à Z ?

Rodolphe Lachat : Il y a des éditeurs qui arrivent à penser sur deux ans, nous on déteste ça. On a ce côté start-up et passionné, qui fait, je crois, notre succès, et l'idée que l'on va se réunir en comité pour parler de projets pour 2019, et qu'on va patiemment tous les mois développer le projet, ce n'est pas possible. Là on vient de signer un livre il y a trois semaines, pour octobre, donc ça fera quatre mois, et c'est possible, on l'a fait plein de fois. Mais un temps agréable pour nous, c'est un an environ. 

On fait généralement plusieurs réunions autour de la foire de Francfort, le grand rendez-vous annuel des professionnels. C'est là où l'on rencontre tous nos homologues. On échange beaucoup, ils nous disent leur projet pour l'année prochaine. Après Francfort, on a déjà une vision à 80 % de ce qu'on va acheter, et à partir de là on réfléchit à ce que l'on va créer.

(Foire de Francfort 2012, Ciclic Livre, CC BY-NC 2.0)

Nous sommes aussi un éditeur très saisonnier. Le beau livre se vend principalement en octobre, novembre et décembre. On essaie de sortir de ça, parce que c'est difficile économiquement : vous sortez beaucoup de livres à la fin de l'année, aucun au début de l'année alors même que l'on a les retombées des mois passés. Là on a un beau livre sur La Belle et la Bête, qui reprend l'histoire du conte jusqu'au film, qui vient de sortir et qui a bien marché. On sent aussi qu'on pourrait sortir un livre sur Harry Potter à n'importe quel moment de l'année et que ça fonctionnerait. Mais à part ces exceptions, on a essayé de sortir d'autres livres moins « faciles » dans les 6 premiers mois de l'année et ça n'a jamais marché ou très peu. 

C'est aussi une question de place. Le libraire, même s'il nous soutient, et il y a une vraie fidélité des librairies pour notre maison, a un certain nombre de mètres carrés. Ce n'est vraiment qu'à la fin de l'année qu'il va trouver de la place pour exposer du beau livre et être capable d'en commander davantage. Le reste de l'année, il peut par exemple commander un seul exemplaire d'un ouvrage.

Comment se distingue le secteur du beau livre en France ?

Rodolphe Lachat : Je ne peux pas parler à la place des éditeurs qui font des beaux livres généralistes. Huginn & Muninn, elle, est une maison qui s'adresse à des niches de passionnés, de collectionneurs : Star Wars, Harry Potter, Games of Thrones, et un peu de métal... ce sont les communautés auxquelles on sait le mieux parler. Ils ne vont peut-être pas tout acheter, mais ils vont acheter beaucoup parce que ce sont des collectionneurs, qu'ils ont besoin d'avoir ces livres, et puis ce sont des livres intéressants qui vont les renseigner sur leur passion.

Ensuite, ce qu'on propose nous, c'est l'anti livre numérique. En fait, je préfère le terme américain pour les beaux livres : « coffee table books », c'est exactement ça. C'est le livre que l'on pose sur sa table basse, qu'on est fier de montrer, qu'on veut regarder tous les jours, qui fait partie de votre décoration, qu'on a besoin de posséder et d'afficher. Je pense que c'est comme cela que les livres de Huginn & Muninn, et plus généralement en France, sont conçus. En plus, beaucoup de nos ouvrages contiennent des plus-produits, des fac-similés, des choses détachables ; il y a un coté livre-objet, livre ludique, petit musée miniature qui fonctionne très bien, qui fait qu'on est capable de mettre entre 35 et 40 € pour l'acquérir, parce que c'est plus qu'un livre.

Nous allions justement aborder le sujet du livre numérique...

Rodolphe Lachat : Donc non, je ne ferai jamais de livre numérique. Je n'en fais pas, je n'en lis pas, je ne sais même pas comment ça fonctionne. C'est surtout pour être sûr qu'aucun patron ne me demanderait de faire du livre numérique que j'ai choisi les beaux livres (rires). On en fera peut-être, parce que ne faut jamais dire jamais, pour les essais et les romans.

On n'est pas radicaux à ce point, mais l'idée du beau livre collector qui serait plus qu'un livre, c'est vraiment ça qui fait la création de Huginn & Muninn.

Votre lectorat est à la fois assez restreint mais il est composé de fans, de passionnés. Comment satisfaire leur exigence ?

Rodolphe Lachat : C'est peut-être un peu cloisonnant de les délimiter de la sorte, mais on a environ trois publics. Le tout public d'abord : du jour au lendemain, on peut se prendre de passion pour une série. Ça pourra durer quelques saisons, on ne sera pas forcément passionné, mais parce qu'on l'aime bien, on peut être capable d'acheter un livre dessus. Ensuite il y a le fan, qui va acheter tout ou presque, parce que ça fait partie de sa vie, c'est pratiquement sa vie. Et enfin, il y a le geek et le multi-fan, qui se passionne pour plusieurs univers : Game of Thrones, How I Met Your Mother, Star Trek, il lit des comics, des mangas, il va au cinéma regarder tous les films de super héros, il aime les jeux vidéos... Donc à tous ces gens-là on doit parler différemment, ou du moins on essaie de le faire.

La communication digitale a été très importante aussi, dès le début. Je me fiche d'un article dans Le Point sur Dark Vador. Je serais tout à fait ravi d'avoir un article dans Le Point sur plein d'autres choses bien sûr, mais le fan de Dark Vador n'en a pas besoin. Quand il y a des communautés bien délimitées comme ça, à partir du moment où j'ai renseigné les bons sites, qui vont relayer l'information sur leurs forums et leurs réseaux sociaux, on n'a pas besoin de plus. En contrepartie, ces fans-là qui relaient nos informations, qui sont nos plus fidèles émissaires, sont exigeants. Ils nous posent des questions, on reçoit un message par heure ou plus sur notre messagerie Facebook. Ils sont toujours très sympathiques. Soit ils nous font remarquer qu'il a des erreurs, soit ils nous interrogent ce qui va sortir. Surtout Harry Potter.

La communauté la plus présente en ce moment c'est Harry Potter, et de loin. Moi je les aime beaucoup, je les trouve très sympathiques. Le fan de Star Wars, qui a vu l'un des premiers films de la trilogie au cinéma, a entre 40 et 50 ans : il a son livre Star Wars régulièrement, depuis 20 ans, donc il est très exigeant. Le fan de Harry Potter, lui, n'a pas grand-chose : uniquement les romans et les films, souvent, il a commencé à lire les romans entre 5 et 10 ans, il a attendu la sortie des romans et des films comme un compte à rebours, si bien qu'Harry Potter a été une part prépondérante de sa vie pendant 10 ans, à une époque où on se forme mentalement. Maintenant qu'il n'y plus de roman à attendre, chacun de nos livres est bien accueilli, avec beaucoup d'intérêt et de gentillesse.

Il y a enfin une communauté renouvelée : les jeunes fans de Disney. Il y avait une communauté de spécialistes de Disney qui ont connu les films du vivant de Walt Disney, qui ont aujourd'hui entre 40 et 60 ans. Et puis il y a toute une génération qui a vu ses premiers films Disney au cinéma, La Belle et la Bête, La Petite Sirène, etc., et enfin celle qui est arrivée avec La Reine des Neiges et autres. C'est une nouvelle communauté très gentille. On avait un peu peur là-dessus parce que Disney, c'est un peu généraliste. Mais nous on savait que c'était un univers de la culture pop important, donc on a signé un deal avec Disney pour être éditeur officiel pour les beaux livres.

Si on se concentre sur les beaux livres sur les séries TV par exemple, comment faire face à l'aspect périssable d'un livre qui parle d'une série qui n'est pas encore terminée ?

Rodolphe Lachat : On en fait très peu, justement pour le problème que vous venez de soulever. Quand on l'a fait, ça ne s'est pas toujours bien passé. Soit on l'a fait de façon très voulue, par exemple avec les Games of Thrones saisons 1 et 2, puis Game of Thrones saisons 3 et 4, et ça a fonctionné. Mais le livre sur les 4 premières saisons de Homeland au contraire, n'a pas marché. Donc maintenant on essaie d'attendre que la série soit terminée. Là par exemple on va sortir un livre sur Vampire Diaries. Mais par contre, même s'il y a une grosse fanbase en France, on ne peut pas sortir maintenant un livre sur Supernatural, ça n'aurait pas de sens. 

C'est aussi d'autant plus difficile aujourd'hui, car l'offre en séries est délirante. Il y a quelques années, les fans de séries pouvaient quasiment tout regarder, aujourd'hui ce n'est pas possible. Même si quelqu'un a été fan d'une série, le risque est grand qu'il passe à autre chose quand elle se termine. On essaie donc de se focaliser sur les séries qui sont cultes ou qui vont le devenir : Buffy, Lost, Twin Peaks, X-Files.

Vous êtes personnellement installé aux

Rodolphe Lachat : On a beaucoup de chance d'avoir un marché français. C'est un marché merveilleux, rempli de plein de petites librairies. Elles sont sauvées grâce à la loi sur le prix unique, qui fait qu'un petit commerçant de la banlieue de Marseille va vendre son livre au même prix qu'Amazon. Ce n'est pas du tout le cas aux États-Unis. Amazon est devenu le premier libraire et de loin, les grandes chaines Barnes & Nobles sont en train de fermer les unes après les autres. Un petit réseau de librairies survit, mais elles deviennent des sortes de showrooms dans lesquels les gens viennent prendre des photos des livres puis rentrent chez eux et vont les commander sur Amazon.

Après, quand un livre a du succès, il peut fonctionner de manière quantitative impressionnante, car la population est très grande. Un immense best-seller va nourrir une maison pendant plusieurs années. Mais à part ces exceptions, faire un livre est très difficile : ça nécessite beaucoup plus de travail, notamment du côté de la diffusion et distribution, du marketing. Tout devient compliqué quand il n'y a plus de libraires. Ce qui n'est heureusement pas le cas en France. Et puis en France, tous les médias sont intéressés par le livre, on a des pages culture, des revues spécialisées, dans la BD par exemple. Ce sont aussi des relais primordiaux que je n'ai pas toujours aux États-Unis.

Comment expliquez-vous que les maisons d'éditions se passionnent de plus en plus pour la culture populaire ?

Rodolphe Lachat : Il n'y a pas une maison d'édition aujourd'hui en France qui ne veuille pas faire de livre sur la pop culture. Alors qu'il y a 6 ou 7 ans, quand j'allais à Francfort, que je voyais mes amis de Chronicle Books et que je leur disais que j'étais intéressé par un de leurs livres sur Superman, ils me disaient « Tu es sûr? ». Aujourd'hui, le même vendeur me court après, en me disant : « J'ai un super livre sur Shazam, j'ai déjà trois offres françaises. » Tout cela s'explique par l'opportuniste, la geek exploitation. Les gens font des livres en fonction de ce qui marche. Comme on a montré que de tels livres pouvaient exister et fonctionner en France, ils veulent faire pareil.

Donc on est un peu gênés par la concurrence, mais pas trop, parce qu'entre-temps on a réussi à acquérir notre légitimité, notamment grâce au lien que l'on entretient avec les libraires. Le problème, quand on est arrivés, c'était le positionnement en librairie. Comme personne ne s'intéressait à ça, les librairies se demandaient où ranger nos livres. Souvent, ils finissaient dans le rayon « cinéma ». Depuis, on a travaillé beaucoup avec notre distribution et les librairies pour qu'ils créent un rayon pop culture. C'est le cas maintenant : la Fnac a commencé à mettre en place une nouvelle signalétique en magasin. Le rayon « beaux arts » s'appelle maintenant « beaux arts et pop culture ». Cultura a également créé un rayon pop culture. Forcément pour nous, c'est plus simple. 

Enfin, il faut parler des créations, d'abord parce qu'on en a besoin. Les traductions, c'est compliqué : on ne peut pas changer la maquette, et pourtant le français est plus long que l'anglais. Donc il y a tout un travail d'adaptation, parce que quand il s'agit d'un roman, on peut ajouter des pages sans problème, mais pas pour un beau livre. On prend donc beaucoup de plaisir à faire nos propres créations. Ça nous aide a assoir notre légitimité, parce qu'on a réussi à réunir tous les spécialistes français de la culture pop, par exemple David Fakrikian qui a signé une biographie de James Cameron, Thomas Olivri, patron du blog Geek Art, qui connait un immense succès avec ses volumes Geek Art, ou encore Alain Carrazé, spécialisé en séries, et Pierre Lambert pour Disney.

On a voulu faire venir cette famille de spécialistes, qui n'était pas orpheline, car elle publiait de temps à autre, mais qui n'avait pas de maison. Tous ces gens-là qui écrivent dans les journaux, qui parlent à la télé depuis des années, maintenant ils travaillent chez nous. Sans prétention de ma part, mais plutôt avec beaucoup de fierté, nous réunissons donc à la fois les spécialistes français, et les plus grands univers de franchises.

Quels sont vos différents projets en ce moment ?

Rodolphe Lachat : On a fait plusieurs expériences, certaines marchent, d'autres non. On aimerait bien développer la papeterie. On a fait un peu de carnets, de calendriers des boîtiers de cartes postales, avec un succès mitigé, contrairement aux États-Unis. Là-bas, les produits de papeterie, le « craft », c'est quelque chose d'immense. Il n'y a pas un magasin où il n'y a pas un rayon papeterie. En France, Moleskine a changé pas mal de choses, mais ça reste très timide par rapport aux gammes incroyables des éditeurs américains. Et pourtant c'est un vrai plaisir d'éditeur de faire des choses de ce type-là.

Après on a Fantask, notre collection d'essais, donc uniquement du livre en noir. Un beau livre c'est bien, mais il n'y a pas beaucoup de texte, c'est beaucoup d'images, et parfois on avait envie d'aller plus loin et il y a des sujets comme Twin Peaks pour lesquelles il y a de longues choses à dire. On a notamment publié des biographies de Pharrell Williams, James Cameron ou Stan Lee.

On a aussi créé nos romans, d'abord avec Marvel, puis avec Aliens. On reste dans les franchises, mais ce sont des histoires inédites, pas des novélisations. Demain on se lancera aussi sûrement dans les jouets et les DVD, le cinéma, « Huginn & Muninn Home Vidéo », mais je n'en dis pas plus... On est au tout début de ça, mais il y a plein de films à redécouvrir, plein de coffrets à inventer, de réalisateurs à mettre en avant. Et puis les jouets, c'est autre chose, mais on y tient beaucoup. La base de la religiosité, c'est un livre sacré et des statues. La religion pop culture, c'est des beaux livres et des action figures.

0 Commentaires

 

Aucun commentaire.

Plus d'articles sur le même thème

ActuaLitté

Gisèle Sapiro : “La question des sensibilités se pose depuis que l’édition existe”

Le monde du livre n'échappe pas à des rapports de force, qui s'expriment aussi bien dans des choix éditoriaux que dans des logiques de concentration, ou encore dans la réception publique de certains livres. La sociologue Gisèle Sapiro, directrice d'études à l'EHESS et directrice de recherche au CNRS, autrice de Peut-on dissocier l'œuvre de l'auteur ? (Seuil, 2020), revient avec nous sur quelques questionnements récents de l'édition, avant son intervention aux Assises internationales de l'édition indépendante, ce mercredi 24 novembre.

23/11/2021, 16:50

ActuaLitté

Samar Haddad : “Les éditrices en Syrie se comptent sur les doigts d'une main”

Du 23 au 26 novembre 2021, l'Alliance internationale des éditeurs indépendants organise les Assises internationales de l'édition indépendante à Pampelune. Liberté d'expression, bibliodiversité, place accordée aux langues « minorées » font notamment partie des sujets abordés au cours de tables rondes, tout comme la place des femmes dans l'édition. Sur ce dernier sujet, Samar Haddad, directrice de la maison d'édition Atlas Publishing, nous livre son expérience en Syrie.

22/11/2021, 13:01

ActuaLitté

Devenir une femme auteur, “c'est s'exposer à une grande violence sociale” (Titiou Lecoq)

Titiou Lecoq, qui a récemment publié Les grandes oubliées — Pourquoi l’Histoire a effacé les femmes (L’iconoclaste), a pu constater l'invisibilisation des autrices de l'histoire littéraire, malgré des parutions et des succès multiples. Alors qu'elle signe la préface pour les éditions Talents hauts de La femme auteur (1802), roman de Félicité de Genlis, qui incitait les femmes à prendre la plume, elle revient avec nous sur les multiples obstacles à une reconnaissance littéraire des autrices.

18/11/2021, 16:08

ActuaLitté

“La littérature est imaginaire”

A Paris, dans le 14ème arrondissement, il existe une librairie appelée La petite Lumière. Le nom vient d’un livre de l’auteur italien Antonio Moresco, qui a tardé à s’affirmer dans le panorama littéraire italien. En France, depuis 2014, il est accueilli avec un grand enthousiasme, de la part de tout le monde : libraires, critiques, lecteurs. Verdier, son éditeur, a sorti en septembre 2021 Les ouvertures, son dernier livre traduit en français. Entretien avec l’auteur et son traducteur Laurent Lombard. 

17/11/2021, 11:15

ActuaLitté

Ken Follett : “L’histoire la plus réaliste que j’aie jamais écrite”

Ken Follett est aujourd’hui considéré comme l’écrivain le plus populaire du monde. Les romans de sa saga, Kingsbridge se sont vendus à 47 millions d’exemplaires. Avec son dernier roman, Pour rien au monde (trad. Odile Demange, Jean-Daniel Brèque, Nathalie Gouyé-Guilbert, Dominique Haas et Christel Gaillard-Paris), il explore une nouvelle voie : celle d’un chaos qui menace, et il ne faudrait pour rien au monde que ce qu’il a imaginé prenne forme…

26/10/2021, 06:45

ActuaLitté

Des livres traduits par des robots : "Quid de la sensibilité ?"

L'éditeur scientifique Springer met désormais à disposition de ses auteurs un outil de traduction automatique, DeepL AI, permettant de traduire articles scientifiques et manuscrits depuis différentes langues vers l'anglais. Plus encore, il devrait traduire des livres en intégralité, qui seront ensuite commercialisés par l'éditeur. Pour le Conseil européen des associations de traducteurs littéraires (CEATL), une telle confiance dans l'intelligence artificielle dénote « un manque flagrant de professionnalisme ».

25/10/2021, 10:31

ActuaLitté

Fils de Zeus, Dionysos s'étonne : “Une brigade des mœurs pour festival, vraiment ?”

LA VRAIE-FAUSSE INTERVIEW – En littérature, la prosopopée consiste à faire parler les morts, les entités divines ou autres abstractions. Joueurs, nous avons invoqué les mânes de Dionysos, dieu accessoirement dédicataire de la première scène antique. En effet, son théâtre à Athènes accueillit les chants rituels préfigurant les tragédies classiques. Ce qui en fait aussi le premier organisateur de manifestations littéraires en Europe. Vous avez dit événementiel ?

14/10/2021, 15:32

ActuaLitté

Agnès Ledig : “J'aime l'image du livre comme un lien de cœur à cœur “

Elle attend souriante : l’heure matinale n’affecte en rien l’immédiate bienveillance. Partager quelques instants avec Agnès Ledig, c’est une mise en danger quand on ne la connaît pas. Elle saisit les nuances, les allusions : elle écoute et l’on perçoit que ses questions ne sont pas des marques d’intérêts feints. Son dernier livre, Se le dire enfin, est sorti en poche en mars dernier (J’ai lu) : mais elle, que nous dira-t-elle finalement ?

12/10/2021, 11:30

ActuaLitté

Jean-Claude Mourlevat : ”Auteur jeunesse, cela m'agace quand c'est méprisant“

Il a remporté le prix Astrid Lindgren, qui allait pour la première fois de son histoire à un auteur français. Cette récompense littéraire et suédoise est souvent présentée comme le Prix Nobel consacrant la littérature pour la jeunesse. Jean-Claude Mourlevat, lauréat 2021 était avec nous à Gradignan, pour le salon Lire en Poche. Opportunité rare…

10/10/2021, 20:29

ActuaLitté

Villon, Rimbaud ou Verlaine, de “sales types” : Crénom, Teulé !

Jean Teulé, président. Voilà qui claque, et aurait peut-être même de la gueule : avec lui, une palanquée de poètes rentrerait à l’Élysée. Mais en attendant que l’écrivain prenne la tête de l’État, c’est à Gradignan qu’il pose ses valises, pour Lire en Poche, comme parrain de l’édition 2021. Rendez-vous pris avec celui qui revendique, comme Aragon, « ce sale type », de n’avoir jamais appris à écrire. En avant la musique.

09/10/2021, 12:05

ActuaLitté

“Le Salon de Turin n’a pas de public : il rassemble une communauté”

#SALTO21 – Une nouvelle fois, les organisateurs du Salon du livre de Turin ont jonglé entre les difficultés, pour que la manifestation piémontaise ait lieu. Son commissaire général, également romancier, Nicola Lagioia, accorde à ActuaLitté un entretien exclusif. Du 14 au 18 octobre, le Lingotto célébrera le livre, la lecture, les auteurs, avec passion.

07/10/2021, 15:22

ActuaLitté

Chroniques de la Lune Noire : “Au départ, c'était un roman... mais j'ai tout perdu”

L'aventure des Chroniques de la Lune noire, saga entamée en 1989 par Olivier Ledroit, au dessin, et François Froideval, ne se résume pas en quelques mots. On notera simplement qu’au commencement, un souci informatique provoqua la perte du roman que Froideval avait entamé. Qu’importe, elles verront tout de même le jour, en BD. 13 ans après le 14e tome, Les Chroniques de la Lune noire, ce sont, en bande dessinée, plus de 559.000 exemplaires vendus (données Edistat). Et un redémarrage s’amorce avec Jeanne-A Debats quand surgit un roman, chez Leha.

29/09/2021, 10:04

ActuaLitté

Région Grand Est : “Encourager les auteurs de l’écrit à la création de projets audiovisuels”

Rapprocher les auteurs de l’écrit du monde audiovisuel, voici le projet que porte la Région Grand Est à travers l’opération Du livre à l’écran. Cinq livres, cinq auteurs, cinq maisons d’édition, et en parallèle, un programme d’accompagnement, avec Daniel Picouly comme parrain : objectif, connecter les filières du livre et du cinéma.

28/09/2021, 09:18

ActuaLitté

Traduire Conceição Evaristo, la Toni Morrison brésilienne

PORTRAIT – Première invitée du festival VoVf, traduire le monde, la traductrice Izabella Borges est venue présenter le recueil de nouvelles Ses Yeux d’eau (Ed. des femmes) et évoquer son autrice, immensément populaire au Brésil, Conceição Evaristo.

27/09/2021, 15:07

ActuaLitté

“Il manque de toute évidence au sein du Goncourt une grande figure morale”

Voilà une semaine que l’histoire se ressasse à l’envi : comment les jurés du prix Goncourt, comment l’Académie tout entière, a pu se faire prendre de la sorte ? Un roman retenu, écrit par le compagnon d’une des membres du jury… et personne pour trouver ce lien étrange. Seule colère du président, quand ladite jurée se fend d’une chronique dans Le Monde, pour sabrer un autre livre retenu dans la liste 2021 ?  

27/09/2021, 12:02

ActuaLitté

Pourquoi le journaliste littéraire redouterait l'internaute critique ? 

Auteur Gallimard, juré Prix Goncourt, auteur d'une étude sur les traducteurs pour le CNL, journaliste, bloggueur et despote éclairé de la République des livres : Pierre Assouline est multi-casquette, solidement implanté dans l'industrie. Dans La revue des médias, il dénigre avec ardeur les réseaux de lecteurs, des « plateformes [qui] sont des sites marchands ». Et finalement, déplore une médiocrité propre à l'époque. Pierre Fremaux, cofondateur de Babelio, apporte les nuances impératives.

15/09/2021, 07:42

ActuaLitté

La Peste d'après Albert Camus inaugure Kazoku, label manga chez Michel Lafon

En 2016, Ki&Hi devint le premier manga des éditions Michel Lafon : 6 tomes et un agenda plus tard, le succès dépasse 1,03 million d’exemplaires (donnée Edistat) sur cinq années. 2021 amorce alors une nouvelle voie : Kazoku, le label manga de la maison. Et pour l’inaugurer, c’est le roman d’Albert Camus, La Peste, adapté par Ryota Kurumado. Une aventure éditoriale peu banale, dont les deux premiers tomes sortiront d’ici 10 jours.

14/09/2021, 11:33

ActuaLitté

Patrick Imbert (Le Sommet des Dieux) : “Chez Taniguchi, je sens toujours une tonalité humaine”

En salles le 22 septembre prochain, Le Sommet des Dieux adapte le récit homonyme de Jirō Taniguchi, en 5 tomes (parus aux éditions Kana dans une traduction de Sylvain Chollet). L'histoire d'une passion vertigineuse pour l'alpinisme, où chaque sommet vaincu n'est qu'un seuil devant le prochain... Entretien avec Patrick Imbert, le réalisateur du long-métrage.

08/09/2021, 16:21

ActuaLitté

Seghers : une rentrée à la recherche du lien entre tradition et modernité

La réorganisation des maisons décidée en octobre 2020 aura conduit Antoine Caro à la tête de Seghers. Une première rentrée littéraire, donc, qui amorce les trois axes de développement — tout en renouant avec l’histoire même de la maison. Poésie, beaux livres, littérature, la transition s’inscrit dans la tradition, celle d’une époque où Pierre Seghers conjuguait les genres et les talents. 

07/09/2021, 11:01

ActuaLitté

Eric Zemmour : “Comment je suis devenu auteur-éditeur”

ENTRETIEN EXCLUSIF – La France n'a pas dit son dernier mot sera le prochain livre d'Éric Zemmour. Une aventure éditoriale qui commence avec une rupture à l’initiative de son ancien éditeur, Albin Michel. Sans maison pour son prochain livre, le polémiste a choisi de monter sa propre société d’édition — Rubempré. Et de confier à Interforum la distribution de ses livres sur le territoire, et dans la francophonie. Il revient avec nous sur cette démarche, plutôt inédite pour un auteur de best-sellers.

25/08/2021, 17:32

ActuaLitté

“Connaître et comprendre : les traducteurs ont toujours eu ce rôle d’explorateurs”

Docteure en littérature française et comparée, Lise Chapuis s’est un beau jour passionnée pour l’italien. Au point de faire métier de traduction. Elle dirige également la collection Selva selvaggia, des éditions L’Arbre vengeur, où, là aussi, elle offre aux lecteurs français de découvrir de nombreuses oeuvres du Bel paese – classiques et contemporaines. Entretien, tout en nuances.

11/08/2021, 10:46

ActuaLitté

BD 20-21 : “La bande dessinée vit une crise de croissance particulièrement aiguë”

L'année de la bande dessinée, imaginée pour l'année 2020 et finalement étendue sur une partie de 2021 en raison de la crise sanitaire, s'est terminée en juin dernier. Voulue par le ministère de la Culture, organisée par le Centre national du livre et la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image, l'opération s'organisait parallèlement à la remise du rapport Racine, très attendue par les auteurs et autrices. Pierre Lungheretti, directeur général de la Cité de la BD, estime que l'année de la BD a permis de mettre en avant la situation des créateurs et de lancer le processus de réformes.

05/08/2021, 17:16

ActuaLitté

Alessio Forgione : un dialecte napolitain qui “s’étend bien au-delà des mots”

Le dernier livre d’Alessio Forgione, Napoli mon amour, est paru en début d’année chez Denoël. Traduit par Lise Caillat, ce roman parcourt une ville où désespoir et solitude s’entremêlent, pour Amoresano. Jusqu’à l’arrivée de Nina. Et soudainement, les rues napolitaines n’ont plus la même saveur. Entretien avec la traductrice.

05/08/2021, 11:54

ActuaLitté

Luca di Fulvio : “Mes personnages veulent suivre leur propre chemin”

Son sourire enjôleur et lutin fascine : rencontrer Luca Di Fulvio, c’est plonger dans le charme d’une autre langue, et dans une littérature d’un autre monde. Les lecteurs qui l’ont découvert avec Le Gang des rêves auront le bonheur de le retrouver dans un roman plus italien cette fois. Conversation avec un dilettante particulièrement attaché à son art…

15/07/2021, 16:46

ActuaLitté

Philipp Weiss : “Nous n’avons pas de langue pour décrire le temps présent”

Pour la rentrée littéraire, certains se satisfont d’un roman. Avec Le grand rire des hommes assis au bord du monde, dans une traduction de l'allemand par Olivier Mannoni, Philipp Weiss s'aventure dans une oeuvre totale : cinq livres, dont un manga, à travers les 1200 pages d'une épopée rare. Rencontre avec cet auteur à l'oeuvre hors norme. 

05/07/2021, 10:38

ActuaLitté

Le livre, bien essentiel : “L’une des plus importantes victoires” de 2020

Près de soixante-dix maisons françaises et italiennes auront pris part aux journées d’échanges organisées à l’initiative de l’Association des éditeurs italiens. Engagé à la tête de cette organisation depuis 2017, Ricardo Franco Levi intervient régulièrement dans nos colonnes, apportant éclairages et interventions sur le marché italien. Depuis Milan, il revient sur ces trois jours, manifestement riches.

24/06/2021, 15:36

ActuaLitté

Entretien avec Emanuela Canali, responsable des droits étrangers de Mondadori Libri

Le site NewItalianBooks, qui promeut les maisons d'édition et la culture italiennes à l'étranger, a réalisé un entretien avec Emanuela Canali, responsable des droits étrangers chez Mondadori Libri. Ce dernier est le groupe de presse le plus influent en Italie. Interrogée par Paolo Grossi, directeur du site, elle revient sur l'influence du livre italien à l'étranger. Par Paolo Grossi.

22/06/2021, 12:25

ActuaLitté

D'Amélie à Mademoiselle Nothomb : “Tu es encore là toi ?!’

Amélie Nothomb rencontrera pour la première fois depuis très longtemps son public ce samedi 12 juin, dans le cadre du Festival Les mots libres à Courbevoie. On sait combien elle entretient un rapport très particulier, dans tous les sens du terme, avec ses lecteurs, et son impatience à l’idée de les revoir n’était pas feinte. En attendant la rentrée littéraire et son prochain titre, Premier Sang, discussion autour de son dernier roman paru, Les aérostats, des monstres et de l’écriture, et de ses lecteurs.

04/06/2021, 11:47

ActuaLitté

Voutch : “Un dessin d’humour, c’est un rébus, entre le texte et le visuel”

Avec une exposition en trois parties, Voutch régalera le public des Mots libres, festival qui s’ouvre ce 1er juin à Courbevoie. Une composition réunissant ses dessins réalisés pour un livre sur les Fables de La Fontaine en 2018, ainsi que des dessins de son dernier album De surprise en surprise. Et puis, des strips, ces petites BD commencées en 2016 sur un blog du Monde, avant de devenir deux livres au Cherche midi.

31/05/2021, 09:13

ActuaLitté

Karl Zéro : l'absence de pub “donne une indépendance éditoriale”

À 59 ans, le journaliste Karl Zéro se lance dans une nouvelle aventure : il vient de lancer avec les éditions Télémaque L’Envers des affaires, un trimestriel décidé à prendre son temps. Une revue consacrée aux grandes enquêtes de notre époque, entre décryptages, analyses et théories. Et qu’il nous présente, avec élégance et sourires.

10/05/2021, 09:10

ActuaLitté

Écouter des bandes dessinées, l'audacieux pari de Blynd

La jeune société de production audiovisuelle Blynd, installée à Lyon, s'est lancée dans un projet relevé : adapter des bandes dessinées au format audio, en s'affranchissant du support graphique. Tim Borne, cofondateur, revient avec nous sur les enjeux et les défis de ces adaptations sonores.

27/04/2021, 14:58

ActuaLitté

La Grange Batelière : éditer “de la littérature populaire dans des livres précieux”

Antoine Cardinale collabore aux Ensablés depuis plusieurs année : cette interview qu'il nous propose a été réalisée suite à la publication d'un livre "oublié" d'Alexandre Dumas, Black, par une maison d'édition courageuse, qui soigne en outre la présentation de ses livres.. Par ailleurs, les Ensablés cherchent également à promouvoir les maisons d'édition pas forcément très connues, mais qui ont le courage de publier des livres... perdus dans les sables.

25/04/2021, 10:23

ActuaLitté

“Le livre résiste partout, en France et en Italie” (Vincent Raynaud)

ENTRETIEN – « Je suis devenu traducteur d’italien parce que c’est l’une des langues que je lisais et quand j’ai commencé, il y a 20 ans, fin 2001, bizarrement il n’y avait pas beaucoup de traducteurs de l’italien. Il y avait d’excellents traducteurs, mais ils n’étaient pas très nombreux », nous explique Vincent Raynaud, qui officie également en espagnol et en anglais. Un entretien croisé entre France et Italie, autour de la littérature et de ses auteurs.

23/04/2021, 14:10

ActuaLitté

Voyage dans la Rome de Gianfranco Calligarich, avec sa traductrice

Voici l’un des textes « intemporels » de la littérature italienne : Le dernier été en ville de Gianfranco Calligarich. Depuis 1973, date de sa parution, l’ouvrage du cinéaste et dramaturge, L'ultima estate in città, était resté inédit en France. Ancré à Rome, dans les années 60, il suit les déboires du jeune milanais Leo Gazzarra, perdu dans une vie privée de sens. Entretien avec la traductrice Laura Brignon.

13/04/2021, 09:51

ActuaLitté

Bientôt morts, vivants en sursis : Pré-Mortem, à découvrir en 6 séries et films

Patrick McSpare vient de faire paraître aux éditions Leha son dernier roman, Pré-Mortem. Ce passionné de mythologie celtique fait toujours naviguer ses univers entre un monde réel et des créatures fantastiques, pas toujours commodes. Dans ce livre, l’humanité tout entière apprend le jour précis de sa mort, lors de l’apparition de Banshees, le 31 octobre. Joyeux Hallloween…

02/04/2021, 09:43

ActuaLitté

Juan Branco : “Il y a encore la possibilité d’une guerre civile dans ce pays”

ENTRETIEN — En 2018, Juan Branco publiait Crépuscule, un ouvrage qui mettait en lumière les puissances à l’œuvre derrière l’ascension d’Emmanuel Macron. Devenu un best-seller, le pamphlet avait accompagné l’élan révolutionnaire des Gilets jaunes. Aujourd’hui, l’avocat dissident publie un nouveau manifeste aux éditions Michel Lafon : Abattre l’Ennemi. Au sein de cette œuvre dont le titre annonce déjà la couleur, c’est une refonte totale de la politique française qui est proposée au lecteur « Ce livre est là pour aider ceux qui le souhaitent à rompre avec le système existant dans les mois et années à venir. »

 

31/03/2021, 15:27

Autres articles de la rubrique À la loupe

ActuaLitté

Des oniomanes et des livres : bande de malades...

Battre le fer tant qu’il est chaud ? Chez un forgeron, ou un maréchal-ferrand, l’expression s’entend sans peine. Généralement, cette invitation à rejeter la procrastination se comprend sans difficulté : le risque est d’accumuler les tâches, au point de se trouver fort dépourvu quand la bise pointera son nez. Dans l’édition, on tarde encore à adopter le terme japonais, tsundoku – qui, littéralement, désigne l’empilation de livres non lus. 

26/11/2021, 17:50

ActuaLitté

Pass sanitaire : des libraires défendent l'accès aux bibliothèques pour tous

Il y a un an, le secteur du livre et le monde de la culture se mobilisaient pour que les librairies restent ouvertes lors du deuxième confinement, autour d'une pétition lancée par François Busnel et un appel commun du Syndicat de la Librairie Française, du Syndicat National de l'Édition et du Conseil Permanent des Écrivains. Aujourd'hui, des bibliothécaires appellent à une quatrième journée de mobilisation nationale ce mercredi 1er décembre, pour permettre à tous les publics et notamment tous les enfants d’accéder aux bibliothèques sans pass sanitaire, et des libraires de toute la France apportent leur soutien à cette lutte.

26/11/2021, 12:39

ActuaLitté

L'écrivain face aux censures et violences de la société civile

Dans le cadre de la célébration du Centenaire du PEN Club français, un colloque s’est tenu à la Bibliothèque nationale de France, le 12 octobre 2021, sur le thème Censures et autocensures : les littératures aujourd’hui. L’ensemble de cette demi-journée, ouverte par Laurence Engel et Antoine Spire, a fait l’objet d’une captation par les services de la BnF. Nous reproduisons avec son aimable autorisation l'intervention d’Antoine Spire, président du PEN Club français.

26/11/2021, 09:34

ActuaLitté

Des retards de livraison en librairie et la chaîne du livre menace d'exploser

La crise du papier et de son approvisionnement continue d’angoisser, à raison. Car avec elle, une autre pénurie sévit : celle des recrutements pour les entrepôts. Emplois mal payés, éprouvants… les candidats ne se bousculent pas au portillon. Et depuis des semaines, les transporteurs ne suivent plus : une carence de chauffeurs routiers est partout observée.

24/11/2021, 15:58

ActuaLitté

Bubble Tea raffinés, patisseries japonaises et mangas : bienvenue au Renard Café

L’épidémie Covid a vu naître de splendides collaborations — certaines aboutissant même à des créations d’entreprises. Tout commence quand, durant le Confinement 2, Romain Gaia, propriétaire de Tomo, maison de dorayaki (les succulentes pâtisseries japonaises) contacte Mickaël Brun-Arnaud, propriétaire de la librairie Le Renard doré, spécialisée dans les manga et la culture japonaise. Un dénominateur commun qui, près d’un an et demi plus tard, débouche sur Le Renard Café… Rencontre avec ces entrepreneurs, sur les lieux du crime.

22/11/2021, 15:19

ActuaLitté

Krisztina Tóth : “La société hongroise est malheureusement malade”

La romancière hongroise Krisztina Tóth aura passé six semaines de résidence d’écriture à Cognac, sous les auspices de Jean Monnet. Elle signe, dans le cadre du Festival des littératures européennes, un texte émouvant et personnel, comme une adresse aux lieux et aux personnes rencontrées. Il est ici reproduit, avec son autorisation (qu’elle soit remerciée) dans son intégralité.

18/11/2021, 19:33

ActuaLitté

Profession : petites (et grandes) mains d'un festival littéraire

Débarquer à la gare, trouver un sosie de George RR Martin qui attend, panneau dans les mains, béret vissé sur la tête et longue barbe débordant sous le masque. « Je suis votre chauffeur », assure-t-il avec le sourire que l’on devine. Marc* est l’un des cinquante bénévoles qui mèneront durant six jours les navettes, l’installation des tables, des décorations et tant d’autres détails. Profession : bénévoles. Option : passionnés.

18/11/2021, 16:25

ActuaLitté

Cotisations URSSAF : des “montants souvent exorbitants” pour les créateurs

À quelques semaines des fêtes, les services de l’État poursuivent leur quête zélée : les artistes auteurs viennent de recevoir des relevés de cotisations hors-sol, après un traitement 2020 passablement défavorable. Outre les éternels dysfonctionnements de l’outil URSSAF, devenus tristement proverbiaux, les demandes formulées s’avèrent imbittables. Dans un communiqué commun de l’intersyndicale, reproduit ici dans son intégralité, les organisations clament leur indignation.

17/11/2021, 09:38

ActuaLitté

Maison du dessin satirique : “S’il te plaît, dessine-moi un serpent de mer…”

Le 15 janvier 2020, à l’occasion de ses vœux à la presse, le Président Macron annonçait la création d’une maison du dessin satirique et du dessin de presse. Depuis, rien, ou presque. L’annonce du lieu choisi pour cette maison devait être faite en janvier 2021, puis au printemps, puis à l’automne et… rien. ActuaLitté mène l’enquête, à la recherche du dessin perdu.

16/11/2021, 11:34

ActuaLitté

Suisse : “Pour le secteur de la culture, le certificat sanitaire est essentiel”

Ce 28 novembre, la Suisse devra s'exprimer sur le renforcement de la loi Covid-19. L'Association professionnelle des autrices et auteurs de Suisse, Ad*S poursuit sa mobilisation et réitère l'appel, finalement fructueux, lancé en mai dernier. Dans une tribune diffusée ci-dessous, l'Ad*S insiste sur les enjeux de la législation pour les créateurs.  

15/11/2021, 13:57

ActuaLitté

Suisse : Gaston Lagaffe, ou la clownerie des antivax (avec un L pour être poli)

EDITO – Révélation : pour le plus grand bonheur des amateurs, le président de la Confédération suisse, Guy Parmelin, compte parmi les Gastonophiles avisés et autres adeptes de la Franquintescence. Et il le démontre. Durant une conférence de presse, le président helvète a employé les grands moyens, ayant recours à l’unique argument audible (et salvateur) quand toute forme d’intelligence a déserté : Gaston Lagaffe. M'enfin ?

11/11/2021, 18:28

ActuaLitté

De Léna Situations à Beigbeder : les nouveaux critères de la qualité littéraire

Vous souvenez-vous ? Il y a un an, la YouTubeuse Lena Situations publiait Toujours plus + = +. Son livre connut un grand succès (355.308 exemplaires, donnée Edistat) et Frédéric Beigbeder écrivit une chronique épicée qui indigna les fans de la jeune plume. Pendant quelques jours, le chroniqueur fut moqué, considéré comme un homme de l’Ancien Monde qui ne supportait pas qu’une influenceuse puisse être n° 1 des ventes. Une interprétation facile, simple variation sur le thème du vieux con contre le jeune con. Par Arthur Constance.

11/11/2021, 10:20

ActuaLitté

Pass sanitaire en bibliothèque : des auteurs et autrices BD “préoccupés” et “solidaires”

Plus d'une centaine d'auteurs et d'autrices de bandes dessinées, dessinateurs, coloristes, scénaristes ou éditeurs et éditrices cosignent une tribune sur le site L'Insatiable. Reproduite ci-dessous, elle appelle à la levée du Pass sanitaire dans les bibliothèques territoriales pour les usagers. Le 10 novembre prochain, des bibliothécaires et d'autres professionnels des services publics culturels participeront à une nouvelle journée d'action nationale, pour pousser les pouvoirs publics à réagir.

08/11/2021, 11:28

ActuaLitté

Pour un accès sans entraves à la Bibliothèque des Abattoirs

Des chercheurs, enseignants et artistes cosignent une tribune collective appelant à une plus grande ouverture de la Bibliothèque des Abattoirs, lieu d'exposition d'art moderne et contemporain de la ville de Toulouse. Un accès réduit à cette dernière lèsera les enseignants, les étudiants, mais aussi les artistes et les amateurs et amatrices d'art, soulignent les signataires.

05/11/2021, 10:34

ActuaLitté

Montreuil : des éditeurs indépendants réclament “une baisse du coût” du SLPJ

La Fédération des éditions indépendantes vient de communiquer à ActuaLitté un courrier adressé aux organisateurs du Salon du livre de Montreuil. Le courrier du président, Dominique Tourte, est ici reproduit dans son intégralité. Il souligne les dysfonctionnements que constate la Fédération, et les impératifs pour les exposants.

03/11/2021, 15:32

ActuaLitté

En Occitanie, une agence pour librairies vise proximité et digital

« Avec la librairie, j’ai repensé mon activité et ma formation première, de graphiste. J’avais quitté mon travail et entamé une formation pour devenir libraire », commence Flore Cutuli Lebertre. Aujourd’hui, après des stages, arrivé post-confinement, elle se lance dans une autre aventure : la communication digitale, pour les librairies d’Occitanie. « J’avais des rêves en tête, sans savoir où j’allais : maintenant, cela se dessine », sourit-elle.

02/11/2021, 11:54

ActuaLitté

“Le petit monde schizophrène de l'Imaginaire“

Auteurs et éditeurs de l’imaginaire — francophones — vivent dans une dimension parallèle au commun des mortels. Une dimension qu’ils sont les seuls à connaître. Par Guilhem Meric. 

29/10/2021, 12:08

ActuaLitté

Ma toute première page, toute, toute première page 

Elles se ressemblent, passé le carton de la couverture, dont le dos gémit dans un mouvement inconnu encore. Ces premières pages passées distraitement, avant de parvenir au sésame : le premier chapitre d’une nouvelle histoire. Ces premières pages, à peine regardées, dégagées du pouce, dans un feuilletage méthodique : une, deux, trois peut-être, quatre rarement, recto-verso méticuleusement évacuées… Ah, ces toutes premières pages.

22/10/2021, 16:31

ActuaLitté

Manuscrits musicaux : le nécessaire rééquilibrage de la relation avec les éditeurs

Le Syndicat français des compositrices et compositeurs de musique contemporaine (SMC) vient de réagir suite à la vente aux enchères de manuscrits de compositrices et compositeurs vivants. Le syndicat dénonce notamment les dérives non-déontologiques entraînées par certaines clauses abusives dans les contrats d’édition musicale et appelle à un rééquilibrage des relations entres les éditeurs et les compositrices et compositeurs.

22/10/2021, 12:50

ActuaLitté

Sexisme, harcèlement : “Moi aussi, j'aurais dû être protégée.”

Institution dans le milieu de l’Imaginaire, le festival d’Épinal représente un moment précieux pour les professionnels. Au point de parvenir à faire la pluie et le beau temps sur des carrières, suivant que l’on soit accepté ou blacklisté. Nombre de livres s’y sont décidés lors de rencontres informelles, tandis qu’au cours de ses quatre journées, la manifestation rassemble une véritable communauté – le Fandom. L’édition 2021, elle, aura marqué un tournant.

21/10/2021, 15:06

ActuaLitté

Rencontres avec ces libraires qui s’en foutent de la rentrée littéraire

REPORTAGE – Avec ses chiffres clinquants, ses stars qui pavoisent, ses nouveautés « jubilatoires » et ses jurys qui polémiquent, la rentrée littéraire devrait tous nous passionner. Et quand on dit “tous”, on pense en premier lieu, bien évidemment, aux libraires. Et pourtant… ActuaLitté est allé à la rencontre de plusieurs commerçants du livre, à Strasbourg. Il s'en dégage comme une odeur d'indifférence pugnace.

18/10/2021, 10:35

ActuaLitté

Lettres du monde : Essentiel !, comme une évidence

Festival des littératures du monde, la prochaine et 18e édition de Lettres du monde se tiendra du 19 au 28 novembre, à travers la métropole bordelaise et la Nouvelle-Aquitaine. Partenaires privilégiés de cet événement où auteurs et lecteurs convergent, les librairies de toute la Région. Cécile Bory, Présidente des Librairies Indépendantes en Nouvelle-Aquitaine et Directrice de la librairie Georges (Talence), nous en dit quelques mots.

15/10/2021, 13:18

ActuaLitté

“L'édition indépendante est une fiction”

L’indépendance éditoriale, entendue comme une liberté de publier, ne se laisse pas définir facilement. Elle est affaire de jugement, d’auteur(e)s, d’éditeurs(trices), selon des critères qui leur appartiennent, et des publics aussi — et de la nature du régime politique en cours. Par Gilles Kujawski, ancien commercial d’Editis, militant à La France Insoumise.

12/10/2021, 12:47

ActuaLitté

“Quand t’auras 12 ans, tu seras privé de bibliothèque”

Depuis les extensions du Pass sanitaire dans les lieux culturels à des tranches d’âge plus jeunes, les phénomènes d’exclusion s’amplifient. Si bien des gens n’avaient pas mesuré ce que ces décisions impliqueraient, voici les effets pervers qui se profilent. Alors qu’une nouvelle mobilisation nationale est annoncée pour mercredi 13 octobre dans les bibliothèques municipales, un collectif de professionnels signe dans nos colonnes une tribune allant dans ce sens diffusée ci-dessous dans son intégralité.

09/10/2021, 10:20

ActuaLitté

Prix du livre et frais de port : “Le marché va en souffrir, pas Amazon”

Arrivée à l’Assemblée nationale pour son adoption, la loi concernant les frais de port fera florès : qui, après l’année 2020, refuserait un projet de soutien aux libraires ? Qui, devant le vorace Amazon, éconduirait l’effort pour rétablir une concurrence saine sur la vente à distance de livres ? En somme, qui aurait intérêt à ce que les frais d’envois postaux d’un livre n’augmentent pas ? De fait… quelques nuances s’imposent.

06/10/2021, 11:33

ActuaLitté

Retraites : quand l'ADAGP a vite fait de jeter les artistes-auteurs en Ehpad

Il suffit parfois d’un message publicitaire bien tourné pour qu’une population entière s’engouffre dans un produit. Et aussi d’un martèlement régulier — comme le savent les enseignants, pour que ça rentre, faut répéter… Mais en d’autres moments, plus sensibles, la réclame fait bondir à s’en enfourner la tête dans l’écran. Le traducteur littéraire et syndicaliste Lionel Evrard nous en donne ici une illustration…

04/10/2021, 16:31

ActuaLitté

Les “opposants politiques” et le régime de Loukachenko en Biélorussie

Les réactions se multiplient pour dénoncer le régime mis en place par Alexandre Loukachenko, président de Biélorussie. Réélu en août 2020, il a marqué son retour par plusieurs attaques portées contre la liberté d’expression. Et plus spécifiquement des associations d’auteurs. L’association professionnelle des autrices et auteurs de Suisse monte à son tour au créneau, dans un texte communiqué à ActuaLitté, ici reproduit en intégralité.

04/10/2021, 12:17

ActuaLitté

Complaintes de la bibliothèque

Ce matin, ton regard était froid et distant. Presque je t’aurais entendu ravaler tes sanglots, quand entrant dans la pièce, tu m’as tourné le dos. Enfin, tu l’aurais certainement souhaité, mais inamovible, tu m’as battu froid. Dans ce silence que je connais, tu m’as laissé déposer ce vélo coutumier, sans broncher. Et après le premier café, timidement, tu as geint : « Tu ne me regardes plus comme avant ! » Mince : ma bibliothèque parle ?

01/10/2021, 13:59

ActuaLitté

Hommage aux traducteurs et aux traductrices, artistes du verbe depuis plus de deux millénaires

La journée mondiale de la traduction (30 septembre) pourrait sans problème être renommée journée mondiale des traducteurs et des traductrices. Ceux-ci sont souvent peu visibles derrière leur art alors qu’ils contribuent au savoir et à la culture depuis plus de deux millénaires. Leur apport est immense, au passé comme au présent. 

30/09/2021, 09:59

ActuaLitté

Des ministres de la Culture francophones s'engagent à “promouvoir l’accès au livre”

Les 23 et 24 septembre derniers, des ministres de la Culture de plusieurs États francophones ont participé aux États généraux du livre en langue française, échangeant avec les professionnels du secteur pour élaborer une stratégie visant à dynamiser le secteur et la circulation du livre dans l'espace francophone. Parallèlement, les ministres de la Culture de 9 États francophones cosignent une déclaration, reproduite ci-dessous en intégralité.

28/09/2021, 16:34

ActuaLitté

Comment lire un roman écrit par une voiture ? 
La doxa littéraire face à l’Intelligence artificielle

Dans son roman de 2002, Exemplaire de démonstration, Philippe Vasset vantait ironiquement les vertus du Scriptgenerator, un logiciel rédacteur de best-sellers paramétrable par l’éditeur en fonction d’un public cible. En 2016, avec Ada, Antoine Bello imaginait à son tour une intelligence artificielle spécialisée dans le roman sentimental. Il se trouve que ces fictions de robots-écrivains sont de moins en moins improbables. Par Pascal Mougin, université Paris-Saclay.

27/09/2021, 09:48

ActuaLitté

Crise à l'Academie : du prix Goncourt au prix d’amis ?

Tout cela ne manque pas de piquant, il faut le croire... Récuser un membre du jury, quand c’est une femme ? La chose passerait mal – le Goncourt n’en compte que trois, sur ses dix membres. Se récuser, quand on a possiblement franchi la ligne rouge ? Les statuts de l’Académie, modifiés en 2008, n’en font pas expressément état. Pour autant, les dernières révélations de France Inter sur un possible conflit d'intérêt interrogent le lecteur. La Littérature, certes, mais à tout prix ?

23/09/2021, 07:29

ActuaLitté

“Un libraire doit-il vendre le livre d’Eric Zemmour ?”

Voilà une semaine maintenant que La France n’a pas dit son dernier mot est disponible dans les différents points de vente et en ligne. Un succès revendiqué par l’auteur du Destin français, dont la mise en place dépassait les 150.000 exemplaires. Avec un cas de conscience qui se pose chez les libraires : vendre ou ne pas vendre Éric Zemmour. Marc Georges, qui dirige La Demeure du livre, à La Perrière (Orne), intervient dans nos colonnes avec quelques réflexions à partager.

20/09/2021, 09:04

ActuaLitté

Babel, Sisyphe et Tantale dans un bateau : mettre le Horla à la rentrée littéraire

Outre le raccourcissement désormais flagrant des journées, les aléas météorologiques qui contraignent à troquer bermudas et t-shirts pour jeans et chemises, tout va bien madame la Marquise. Alors d’où me vient cette langueur que Verlaine n’aurait pas boudée ? Une anémie qui ne doit rien à mes globules rouges, merci pour eux, et pourtant sévit, jour après jour… La réponse était dans l’énoncé. Ou plutôt, sur le bureau d’en face…

18/09/2021, 13:01

ActuaLitté

Raphaël Glucksmann : “La politique souffre d’abord d’une absence de littérature”

ÉVÉNEMENT – Au fil des éditions, les Bibliothèques idéales de Strasbourg voient de plus en plus grand. Cette année, malgré les complications épidémiques, « les Livres ont pris le pouvoir », bel et bien : 200 écrivains, intellectuels, acteurs et musiciens ont investi la capitale alsacienne pendant 10 jours pour faire de ces rencontres un rendez-vous incontournable de la vie culturelle d’abord strasbourgeoise, ensuite alsacienne, bientôt française. Retour d’expérience. 

15/09/2021, 17:33

ActuaLitté

Dicker, Zemmour et Sattouf : comment l'indépendance des auteurs effraie l'édition

Dicker, Zemmour, Sattouf : trois noms significatifs dans l’édition puisqu’ils pèsent à eux seuls plusieurs millions d'euros de chiffre d’affaires. Ils ont tous opté pour un changement de paradigme, mais réellement en rupture avec l’industrie du livre jusqu’à lors connue ? Pour point commun, un outil de diffusion et distribution qui leur ouvrira les portes des libraires, grandes surfaces culturelles et autres enseignes… Bref, les points de vente du livre. Un schéma disruptif, supposément, qui provoque des sueurs froides dans l’ensemble du milieu. Panique à Saint-Germain ?

10/09/2021, 11:52