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“La pop culture, c'est des beaux livres et des action figures” (Rodolphe Lachat, Huginn & Muninn)

En 2010, Rodolphe Lachat fonde les éditions Huginn & Muninn, qui publient des beaux livres en lien avec la culture populaire. Véritables livres-objets, ces ouvrages deviennent des totems sur les étagères des fans de Star Wars, Harry Potter ou Disney. C'est dans les locaux de Media Participations, à qui la maison appartient, entre les piles de livres, les figurines, les cartons et sous l'œil un peu inquiétant du fameux corbeau qui donna son nom à la maison d'édition, que Rodolphe Lachat nous parle du secteur du beau livre, du travail avec les licences, des communautés de fans ou encore du marché du livre américain.

Le 06/06/2017 à 16:52 par Laurène Bertelle

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Publié le :

06/06/2017 à 16:52

Laurène Bertelle

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ActuaLitté

Rodolphe Lachat, fondateur des éditions Huginn & Muninn (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

ActuaLitté : Commençons par une petite présentation : comment en êtes-vous arrivé à la création de Huginn & Muninn ?

Rodolphe Lachat : Ça fait très longtemps que je suis dans l'édition, plus d'une quinzaine d'années. J'ai commencé à la Table Ronde, puis j'ai travaillé chez Chroniques et Dargaud et j'ai été directeur éditorial des éditions du CNRS. Par la suite, j'ai souhaité revenir à des univers que je n'avais pas beaucoup traités jusque-là, à savoir le beau livre d'images, et plus particulièrement un sujet qui me semblait à l'époque dévalorisé, la culture populaire.

J'ai donc quitté le CNRS et suis venu proposer mon projet à la direction générale de Media Participations qui m'a fait le grand plaisir d'accepter pratiquement dans l'heure qui a suivi notre réunion. Huginn & Muninn est ainsi né en 2010, avec pour principe de s'attacher donc uniquement à la culture populaire, c'est-à-dire l'exploration de la littérature et du cinéma de genre, des séries télé, de l'animation, de la bande dessinée, principalement dans sa composante comics et mangas, des jouets et des jeux vidéos. C'est à peu près le spectre que nous voulions balayer, avec aussi une touche de musique, principalement métal.

En quoi la culture populaire était-elle dévalorisée?

Rodolphe Lachat : Lorsque je me déplaçais en salons (j'allais beaucoup à la Comic Con de San Diego), je me rendais compte qu'il y avait aux États-Unis, en Italie, en Grande-Bretagne, au Japon, des maisons entièrement dédiées à la culture populaire. Et elle le méritait parce qu'elle était partout : avec l'explosion des effets spéciaux, on a vu l'arrivée des grandes sagas de fantasy, de science-fiction, de superhéros, tout cela arrivait à peu près en même temps au cinéma au début des années 2000, avec Le Seigneur des anneaux, Superman, Spiderman...

Le public s'est de nouveau passionné pour l'univers de l'imaginaire. Partout dans le monde ont éclos des petites maisons dédiées à la culture populaire. À l'époque, on utilisait aussi beaucoup le terme de geek. Nous, on l'utilise avec parcimonie, parce qu'il est un peu galvaudé à mon sens. Il y a une sorte de geek exploitation. Si tout le monde est geek, plus personne ne l'est...

Par ailleurs, en France, on a une véritable tradition de la culture populaire, des feuilletons du XIXe siècle jusqu'à aujourd’hui en passant par les grands héros de polars. Donc d'un côté, la culture populaire est partout, on célèbre les geeks, À Nous Paris titre « le geek c'est chic », il y a des maisons partout dédiées à cette culture pop, mais pas en France. D'où l'idée de Huginn & Muninn.

Combien de titres publiez-vous par an ?

Rodolphe Lachat : Au départ, notre but était de publier 6 à 12 livres par an, maximum 15. Et aujourd'hui, nous en sommes à 120 livres par an. Je pense que nous n'avons pas respecté notre première règle (rires). À partir du moment où on ne respecte pas sa première règle, on s'accorde beaucoup plus de liberté dans plein d'autres domaines. Et ça a bien marché dès les premières années avec 6 titres parus. Nous avions un très beau livre sur l'univers DC Comics pour fêter leurs 60 ans. On était le premier éditeur à faire un beau livre sur cette franchise. Aujourd'hui ça semble normal, mais à l'époque, faire un livre sur les couvertures mythiques de DC Comics semblait un peu étrange pour tout le monde. Ça ne l'était finalement pas tant que ça puisque le livre a été épuisé dès sa sortie. 

Dès la première année, Star Wars a aussi été très présent dans notre ADN : avec L'Encyclopédie LEGO Star Wars, qui a été et continue d'être l'un de nos meilleurs best-sellers, mais aussi un petit coffret figurine Yoda, et un livre en partenariat avec Bragelonne sur Dark Vador, qui était déjà un premier positionnement dans la maison d'édition : avec 8 000 exemplaires vendus 60 €, c'était à la fois du collector et du grand nombre. Tous les exemplaires ont été vendus. 

Ça a rapidement défini ce qu'on voulait faire. On est très vite devenu l'éditeur officiel de nombreuses marques de référence. On a commencé par Lucasfilm qui a eu la bonté de nous faire confiance alors que nous n'étions encore rien, que personne ne nous connaissait. Ça nous a donné une belle carte de visite pour aller voir les autres marques. Petit à petit on est devenu l'éditeur officiel pour les beaux livres de beaucoup de licences Disney (Marvel, Star Wars, Disney Pixar, L'Étrange Noël de Monsieur Jack inclus), mais aussi de pas mal de choses rattachées à Warner Bros et au monde du jeu vidéo, avec Ubisoft et Blizzard, entre autres.

Combien de personnes travaillent pour Huginn & Muninn ?

Rodolphe Lachat : On est le groupe qui a la plus belle rentabilité du monde. Moi j'ai longtemps travaillé tout seul, pendant deux ou trois ans pratiquement, avec quelques stagiaires exceptionnels. Et ensuite, j'ai eu la chance d'engager deux éditrices, Sabrina Lamotte et Amélie Retorre, puis une chef de fabrication. On avait une mentalité très start-up et on continue à l'avoir : on a des petits locaux, on fait nous-mêmes nos cartons... on est 4 ou 5 pour faire 120 livres. Donc on va vite, on travaille beaucoup.

"Huginn & Muninn", ça veut dire quoi ?

Rodolphe Lachat : Huginn et Muninn sont les deux corbeaux du dieu Odin, qui est le plus grand dieu de la mythologique scandinave. Ce sont deux corbeaux qui partaient chaque matin parcourir les neuf mondes et qui revenaient chaque soir dire à Odin ce qu'ils avaient vu et entendu. Par ailleurs, l'un représente la mémoire et l'autre l'imagination. Le côté avant-gardiste de l'un et nostalgique et vintage de l'autre, ça représentait parfaitement les deux aspects que l'on voulait donner à notre catalogue.

Et vous vivez actuellement aux États-Unis ?

Rodolphe Lachat : À partir du moment où ça a très bien fonctionné, cela a éveillé l'appétit d'autres maisons. Progressivement on a vu des éditeurs, parmi les plus grands d'ailleurs, avoir envie de faire de la culture pop. Moi j'ai bien senti que ça allait être compliqué, parce que la politique de mon groupe est raisonnable, c'est-à-dire qu'on ne fait pas de surenchère sur des livres. 

Je suis donc parti m'installer en Californie, à San Francisco, afin d'être plus près des éditeurs là-bas et pour sécuriser les livres, puisque plus de 50 % de notre production est de la traduction de livres issus de 5 principales maisons d'édition anglo-saxonnes, deux au Royaume-Uni (Titan Books, Dorling Kindersley) deux sur la côte ouest (Insight Editions, Chronicle Books) et une sur la côte est (Abram Books). Si je travaille main dans la main avec eux, ça leur est plus difficile de proposer un projet à un autre éditeur français, même si ce Français propose davantage d'argent. Et puis cela me permettait aussi de me rapprocher de tous les ayants droit, puisque les chaînes de production, les majors sont principalement à Hollywood.

C'est donc ce que j'ai fait pendant 4 ans. C'était un peu épuisant, beaucoup de voyages. C'est aussi communiquer avec une équipe qui a 9 heures de décalage horaire, ce qui implique de se lever très tôt et de passer beaucoup de temps au téléphone. On travaillait en 3/8 : quand je me levais, j'avais les questions de mon équipe et tout ce que je devais faire pendant qu'elle dormait. Puis elle arrivait au bureau quand moi je dormais. Ça ne s'arrêtait jamais. C'est aussi pour ça qu'on a pu réaliser autant de livres avec si peu de personnes. Les résultats ont été très vite probants, puisqu'on n'a pas eu à craindre véritablement la concurrence. Depuis, j'ai déménagé à New York pour être plus proche, avoir moins de décalage horaire et pouvoir faire les voyages plus souvent.

Vous travaillez avec beaucoup de licences. Comment gérez-vous les droits d'auteur et les droits de regard des franchises ?

Rodolphe Lachat : Nous faisons principalement du livre officiel, et à partir du moment où c'est officiel, les licences touchent des royalties, entre 8 et 10 %, comme un auteur. En ce qui concerne le droit de regard, il est total, et c'est parfois compliqué. On n'a pas un seul interlocuteur, ou du moins il n'est pas le seul à valider. Il faut demander l'avis du producteur, des acteurs... Il y a une immense chaîne de validation, ce qui rend ces projets très difficiles à monter. Souvent on pense que c'est terminé, mais quelqu'un n'est finalement pas d'accord avec une phrase ou une illustration. Même quand on est en train d'imprimer et qu'ils veulent changer quelque chose, on le fait. 

Pour ces personnes-là, que je respecte par ailleurs, le livre n'est qu'une carte de visite. Ils ne vont pas faire d'argent avec ça. La plupart vont vendre entre 4 000 et 6 000 exemplaires, et pour un studio de production, 8 % de 5 000 exemplaires à 35 €, soit 20.000 $, ça ne va pas révolutionner leur compte d’exploitation. Ce n'est rien comparé à ce que va rapporter la production d'une ligne de T-shirts, de chaussettes, de jouets, qui sont des choses de grande consommation et qui sont surtout très simples à valider : c'est un contrat, une charte graphique qui est exploitée, un dessin par T-shirt, et des T-shirts partout dans le monde ou en France. Un livre, c'est un contrat compliqué, des milliers de clauses, pour arriver à quelque chose qui se vend peu. Donc c'est surtout une carte de visite pour eux, et ils veulent qu'elle soit exceptionnelle. 

Après, il y a des maisons qui ont des cellules Publishing comme Disney. Elles ont à l'intérieur de leur consumer product des personnes formées et dédiées au livre qui parlent à des éditeurs. Mais quand c'est la personne qui s'occupe de tous les produits dérivés, donc à la fois des jouets, des vêtements, des jeux vidéos et des livres, c'est plus compliqué. Généralement elle est seule, et elle a peur de faire une bêtise donc dans le doute, elle préfère dire non. C'est donc beaucoup de travail, de challenges, mais aussi beaucoup de plaisir.

Combien de temps faut-il compter pour réaliser un livre de A à Z ?

Rodolphe Lachat : Il y a des éditeurs qui arrivent à penser sur deux ans, nous on déteste ça. On a ce côté start-up et passionné, qui fait, je crois, notre succès, et l'idée que l'on va se réunir en comité pour parler de projets pour 2019, et qu'on va patiemment tous les mois développer le projet, ce n'est pas possible. Là on vient de signer un livre il y a trois semaines, pour octobre, donc ça fera quatre mois, et c'est possible, on l'a fait plein de fois. Mais un temps agréable pour nous, c'est un an environ. 

On fait généralement plusieurs réunions autour de la foire de Francfort, le grand rendez-vous annuel des professionnels. C'est là où l'on rencontre tous nos homologues. On échange beaucoup, ils nous disent leur projet pour l'année prochaine. Après Francfort, on a déjà une vision à 80 % de ce qu'on va acheter, et à partir de là on réfléchit à ce que l'on va créer.

(Foire de Francfort 2012, Ciclic Livre, CC BY-NC 2.0)

Nous sommes aussi un éditeur très saisonnier. Le beau livre se vend principalement en octobre, novembre et décembre. On essaie de sortir de ça, parce que c'est difficile économiquement : vous sortez beaucoup de livres à la fin de l'année, aucun au début de l'année alors même que l'on a les retombées des mois passés. Là on a un beau livre sur La Belle et la Bête, qui reprend l'histoire du conte jusqu'au film, qui vient de sortir et qui a bien marché. On sent aussi qu'on pourrait sortir un livre sur Harry Potter à n'importe quel moment de l'année et que ça fonctionnerait. Mais à part ces exceptions, on a essayé de sortir d'autres livres moins « faciles » dans les 6 premiers mois de l'année et ça n'a jamais marché ou très peu. 

C'est aussi une question de place. Le libraire, même s'il nous soutient, et il y a une vraie fidélité des librairies pour notre maison, a un certain nombre de mètres carrés. Ce n'est vraiment qu'à la fin de l'année qu'il va trouver de la place pour exposer du beau livre et être capable d'en commander davantage. Le reste de l'année, il peut par exemple commander un seul exemplaire d'un ouvrage.

Comment se distingue le secteur du beau livre en France ?

Rodolphe Lachat : Je ne peux pas parler à la place des éditeurs qui font des beaux livres généralistes. Huginn & Muninn, elle, est une maison qui s'adresse à des niches de passionnés, de collectionneurs : Star Wars, Harry Potter, Games of Thrones, et un peu de métal... ce sont les communautés auxquelles on sait le mieux parler. Ils ne vont peut-être pas tout acheter, mais ils vont acheter beaucoup parce que ce sont des collectionneurs, qu'ils ont besoin d'avoir ces livres, et puis ce sont des livres intéressants qui vont les renseigner sur leur passion.

Ensuite, ce qu'on propose nous, c'est l'anti livre numérique. En fait, je préfère le terme américain pour les beaux livres : « coffee table books », c'est exactement ça. C'est le livre que l'on pose sur sa table basse, qu'on est fier de montrer, qu'on veut regarder tous les jours, qui fait partie de votre décoration, qu'on a besoin de posséder et d'afficher. Je pense que c'est comme cela que les livres de Huginn & Muninn, et plus généralement en France, sont conçus. En plus, beaucoup de nos ouvrages contiennent des plus-produits, des fac-similés, des choses détachables ; il y a un coté livre-objet, livre ludique, petit musée miniature qui fonctionne très bien, qui fait qu'on est capable de mettre entre 35 et 40 € pour l'acquérir, parce que c'est plus qu'un livre.

Nous allions justement aborder le sujet du livre numérique...

Rodolphe Lachat : Donc non, je ne ferai jamais de livre numérique. Je n'en fais pas, je n'en lis pas, je ne sais même pas comment ça fonctionne. C'est surtout pour être sûr qu'aucun patron ne me demanderait de faire du livre numérique que j'ai choisi les beaux livres (rires). On en fera peut-être, parce que ne faut jamais dire jamais, pour les essais et les romans.

On n'est pas radicaux à ce point, mais l'idée du beau livre collector qui serait plus qu'un livre, c'est vraiment ça qui fait la création de Huginn & Muninn.

Votre lectorat est à la fois assez restreint mais il est composé de fans, de passionnés. Comment satisfaire leur exigence ?

Rodolphe Lachat : C'est peut-être un peu cloisonnant de les délimiter de la sorte, mais on a environ trois publics. Le tout public d'abord : du jour au lendemain, on peut se prendre de passion pour une série. Ça pourra durer quelques saisons, on ne sera pas forcément passionné, mais parce qu'on l'aime bien, on peut être capable d'acheter un livre dessus. Ensuite il y a le fan, qui va acheter tout ou presque, parce que ça fait partie de sa vie, c'est pratiquement sa vie. Et enfin, il y a le geek et le multi-fan, qui se passionne pour plusieurs univers : Game of Thrones, How I Met Your Mother, Star Trek, il lit des comics, des mangas, il va au cinéma regarder tous les films de super héros, il aime les jeux vidéos... Donc à tous ces gens-là on doit parler différemment, ou du moins on essaie de le faire.

La communication digitale a été très importante aussi, dès le début. Je me fiche d'un article dans Le Point sur Dark Vador. Je serais tout à fait ravi d'avoir un article dans Le Point sur plein d'autres choses bien sûr, mais le fan de Dark Vador n'en a pas besoin. Quand il y a des communautés bien délimitées comme ça, à partir du moment où j'ai renseigné les bons sites, qui vont relayer l'information sur leurs forums et leurs réseaux sociaux, on n'a pas besoin de plus. En contrepartie, ces fans-là qui relaient nos informations, qui sont nos plus fidèles émissaires, sont exigeants. Ils nous posent des questions, on reçoit un message par heure ou plus sur notre messagerie Facebook. Ils sont toujours très sympathiques. Soit ils nous font remarquer qu'il a des erreurs, soit ils nous interrogent ce qui va sortir. Surtout Harry Potter.

La communauté la plus présente en ce moment c'est Harry Potter, et de loin. Moi je les aime beaucoup, je les trouve très sympathiques. Le fan de Star Wars, qui a vu l'un des premiers films de la trilogie au cinéma, a entre 40 et 50 ans : il a son livre Star Wars régulièrement, depuis 20 ans, donc il est très exigeant. Le fan de Harry Potter, lui, n'a pas grand-chose : uniquement les romans et les films, souvent, il a commencé à lire les romans entre 5 et 10 ans, il a attendu la sortie des romans et des films comme un compte à rebours, si bien qu'Harry Potter a été une part prépondérante de sa vie pendant 10 ans, à une époque où on se forme mentalement. Maintenant qu'il n'y plus de roman à attendre, chacun de nos livres est bien accueilli, avec beaucoup d'intérêt et de gentillesse.

Il y a enfin une communauté renouvelée : les jeunes fans de Disney. Il y avait une communauté de spécialistes de Disney qui ont connu les films du vivant de Walt Disney, qui ont aujourd'hui entre 40 et 60 ans. Et puis il y a toute une génération qui a vu ses premiers films Disney au cinéma, La Belle et la Bête, La Petite Sirène, etc., et enfin celle qui est arrivée avec La Reine des Neiges et autres. C'est une nouvelle communauté très gentille. On avait un peu peur là-dessus parce que Disney, c'est un peu généraliste. Mais nous on savait que c'était un univers de la culture pop important, donc on a signé un deal avec Disney pour être éditeur officiel pour les beaux livres.

Si on se concentre sur les beaux livres sur les séries TV par exemple, comment faire face à l'aspect périssable d'un livre qui parle d'une série qui n'est pas encore terminée ?

Rodolphe Lachat : On en fait très peu, justement pour le problème que vous venez de soulever. Quand on l'a fait, ça ne s'est pas toujours bien passé. Soit on l'a fait de façon très voulue, par exemple avec les Games of Thrones saisons 1 et 2, puis Game of Thrones saisons 3 et 4, et ça a fonctionné. Mais le livre sur les 4 premières saisons de Homeland au contraire, n'a pas marché. Donc maintenant on essaie d'attendre que la série soit terminée. Là par exemple on va sortir un livre sur Vampire Diaries. Mais par contre, même s'il y a une grosse fanbase en France, on ne peut pas sortir maintenant un livre sur Supernatural, ça n'aurait pas de sens. 

C'est aussi d'autant plus difficile aujourd'hui, car l'offre en séries est délirante. Il y a quelques années, les fans de séries pouvaient quasiment tout regarder, aujourd'hui ce n'est pas possible. Même si quelqu'un a été fan d'une série, le risque est grand qu'il passe à autre chose quand elle se termine. On essaie donc de se focaliser sur les séries qui sont cultes ou qui vont le devenir : Buffy, Lost, Twin Peaks, X-Files.

Vous êtes personnellement installé aux

Rodolphe Lachat : On a beaucoup de chance d'avoir un marché français. C'est un marché merveilleux, rempli de plein de petites librairies. Elles sont sauvées grâce à la loi sur le prix unique, qui fait qu'un petit commerçant de la banlieue de Marseille va vendre son livre au même prix qu'Amazon. Ce n'est pas du tout le cas aux États-Unis. Amazon est devenu le premier libraire et de loin, les grandes chaines Barnes & Nobles sont en train de fermer les unes après les autres. Un petit réseau de librairies survit, mais elles deviennent des sortes de showrooms dans lesquels les gens viennent prendre des photos des livres puis rentrent chez eux et vont les commander sur Amazon.

Après, quand un livre a du succès, il peut fonctionner de manière quantitative impressionnante, car la population est très grande. Un immense best-seller va nourrir une maison pendant plusieurs années. Mais à part ces exceptions, faire un livre est très difficile : ça nécessite beaucoup plus de travail, notamment du côté de la diffusion et distribution, du marketing. Tout devient compliqué quand il n'y a plus de libraires. Ce qui n'est heureusement pas le cas en France. Et puis en France, tous les médias sont intéressés par le livre, on a des pages culture, des revues spécialisées, dans la BD par exemple. Ce sont aussi des relais primordiaux que je n'ai pas toujours aux États-Unis.

Comment expliquez-vous que les maisons d'éditions se passionnent de plus en plus pour la culture populaire ?

Rodolphe Lachat : Il n'y a pas une maison d'édition aujourd'hui en France qui ne veuille pas faire de livre sur la pop culture. Alors qu'il y a 6 ou 7 ans, quand j'allais à Francfort, que je voyais mes amis de Chronicle Books et que je leur disais que j'étais intéressé par un de leurs livres sur Superman, ils me disaient « Tu es sûr? ». Aujourd'hui, le même vendeur me court après, en me disant : « J'ai un super livre sur Shazam, j'ai déjà trois offres françaises. » Tout cela s'explique par l'opportuniste, la geek exploitation. Les gens font des livres en fonction de ce qui marche. Comme on a montré que de tels livres pouvaient exister et fonctionner en France, ils veulent faire pareil.

Donc on est un peu gênés par la concurrence, mais pas trop, parce qu'entre-temps on a réussi à acquérir notre légitimité, notamment grâce au lien que l'on entretient avec les libraires. Le problème, quand on est arrivés, c'était le positionnement en librairie. Comme personne ne s'intéressait à ça, les librairies se demandaient où ranger nos livres. Souvent, ils finissaient dans le rayon « cinéma ». Depuis, on a travaillé beaucoup avec notre distribution et les librairies pour qu'ils créent un rayon pop culture. C'est le cas maintenant : la Fnac a commencé à mettre en place une nouvelle signalétique en magasin. Le rayon « beaux arts » s'appelle maintenant « beaux arts et pop culture ». Cultura a également créé un rayon pop culture. Forcément pour nous, c'est plus simple. 

Enfin, il faut parler des créations, d'abord parce qu'on en a besoin. Les traductions, c'est compliqué : on ne peut pas changer la maquette, et pourtant le français est plus long que l'anglais. Donc il y a tout un travail d'adaptation, parce que quand il s'agit d'un roman, on peut ajouter des pages sans problème, mais pas pour un beau livre. On prend donc beaucoup de plaisir à faire nos propres créations. Ça nous aide a assoir notre légitimité, parce qu'on a réussi à réunir tous les spécialistes français de la culture pop, par exemple David Fakrikian qui a signé une biographie de James Cameron, Thomas Olivri, patron du blog Geek Art, qui connait un immense succès avec ses volumes Geek Art, ou encore Alain Carrazé, spécialisé en séries, et Pierre Lambert pour Disney.

On a voulu faire venir cette famille de spécialistes, qui n'était pas orpheline, car elle publiait de temps à autre, mais qui n'avait pas de maison. Tous ces gens-là qui écrivent dans les journaux, qui parlent à la télé depuis des années, maintenant ils travaillent chez nous. Sans prétention de ma part, mais plutôt avec beaucoup de fierté, nous réunissons donc à la fois les spécialistes français, et les plus grands univers de franchises.

Quels sont vos différents projets en ce moment ?

Rodolphe Lachat : On a fait plusieurs expériences, certaines marchent, d'autres non. On aimerait bien développer la papeterie. On a fait un peu de carnets, de calendriers des boîtiers de cartes postales, avec un succès mitigé, contrairement aux États-Unis. Là-bas, les produits de papeterie, le « craft », c'est quelque chose d'immense. Il n'y a pas un magasin où il n'y a pas un rayon papeterie. En France, Moleskine a changé pas mal de choses, mais ça reste très timide par rapport aux gammes incroyables des éditeurs américains. Et pourtant c'est un vrai plaisir d'éditeur de faire des choses de ce type-là.

Après on a Fantask, notre collection d'essais, donc uniquement du livre en noir. Un beau livre c'est bien, mais il n'y a pas beaucoup de texte, c'est beaucoup d'images, et parfois on avait envie d'aller plus loin et il y a des sujets comme Twin Peaks pour lesquelles il y a de longues choses à dire. On a notamment publié des biographies de Pharrell Williams, James Cameron ou Stan Lee.

On a aussi créé nos romans, d'abord avec Marvel, puis avec Aliens. On reste dans les franchises, mais ce sont des histoires inédites, pas des novélisations. Demain on se lancera aussi sûrement dans les jouets et les DVD, le cinéma, « Huginn & Muninn Home Vidéo », mais je n'en dis pas plus... On est au tout début de ça, mais il y a plein de films à redécouvrir, plein de coffrets à inventer, de réalisateurs à mettre en avant. Et puis les jouets, c'est autre chose, mais on y tient beaucoup. La base de la religiosité, c'est un livre sacré et des statues. La religion pop culture, c'est des beaux livres et des action figures.

Par Laurène Bertelle
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26/03/2026, 13:15

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Laure Darcos, l'IA et les ayants droit : “On veut siffler la fin de la récré“

Après un avis du Conseil d’État salué comme une avancée, mais loin d’être une victoire totale pour les ayants droit, la sénatrice Laure Darcos détaille la stratégie derrière sa proposition de loi. Entre rééquilibrage juridique, pression politique et volonté de forcer les acteurs de l’IA à négocier, elle défend un texte « pesé à la virgule près », et conçu comme le premier étage d’une réforme plus large.

25/03/2026, 12:16

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Financer, imprimer, publier : le défi des éditions étudiantes L’Apprentie

À Bordeaux, les éditions étudiantes L’Apprentie ont ouvert une campagne de financement participatif pour finaliser l’impression de sept ouvrages. Porté par des étudiants en master et en BUT, le projet repose sur une organisation collective qui permet aux étudiants de pratiquer en conditions réelles les métiers de l’édition. Face à une collecte en ralentissement, l’équipe a décidé de prolonger la cagnotte et de renforcer sa communication pour atteindre ses objectifs financiers.

23/03/2026, 15:32

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“Un livre visionnaire parle avant tout de notre époque“

Médiathécaire engagée dans le prix littéraire des Visionnaires, Nathalie Pascal participe à la sélection des romans proposés aux lecteurs. Pour elle, un texte visionnaire ne se contente pas d’imaginer l’avenir : il éclaire le présent et invite à réfléchir. À condition, insiste-t-elle, que la force du sujet s’accompagne d’une véritable écriture.

17/03/2026, 18:06

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Entre Montaigne, Nerval et Pascal Quignard : le voyage littéraire d’Éric Poindron

Passionné par les auteurs mineurs, les petites éditions, le tout jeune sexagénaire Éric Poindron nous parle de livres, de voyages et d’amitié à travers un récit autobiographique qu’on pourrait qualifier d’hybride. Propos recueillis par Étienne Ruhaud.

 

13/03/2026, 15:37

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La Peuplade a 20 ans : “Plus la maison va bien, plus on peut prendre des risques”

Fondateur de La Peuplade en 2006 aux côtés de Mylène Bouchard, Simon Philippe Turcot dirige aujourd’hui une maison québécoise solidement implantée au Canada et désormais installée dans le paysage français. À l’heure des 20 ans, il revendique moins la taille que le mouvement, moins la posture que l’élan. Portrait d’un éditeur qui traverse l’Atlantique comme il défend ses livres : sans relâche.

12/03/2026, 12:34

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“Internet, l’eldorado utopiste qui a fini en LIDL”

Il y a environ vingt-cinq ans Thierry Théolier faisait la couverture de Technikart. Avec son look original, branché, sa casquette Paris enflammée et son style unique, l’homme était coutumier des soirées mondaines, où il venait délibérément jouer les pique-assiettes et les provocateurs. Influencé par le concept de happening, Thierry, polyvalent, s’illustre à la fois sur le web, sur scène en tant que DJ, poète-performer, mais aussi en tant qu’auteur, et en tant que théoricien, volontairement « crevard », de la dude attitude, telle qu’exposée dans le Dude manifesto, essai publié en 2015. Propos recueillis par Etienne Ruhaud.

10/03/2026, 12:08

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Un chef-d’œuvre oublié d’une survivante d’Auschwitz enfin publié en France

Le 6 mars paraîtra aux éditions des Syrtes La Promenade de Mária Földes, « une véritable découverte littéraire », traduit du hongrois (Transylvanie) par Catherine Fay. Un roman autobiographique publié en 1974, écrit par une autrice de langue hongroise en Roumanie, survivante de la Shoah, oubliée ensuite par les vagues de l’histoire. 

02/03/2026, 12:04

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L'édition, “enjeu stratégique pour ces milliardaires en quête d’influence”

En octobre 2025, la députée Sophie Taillé-Polian (Écologiste et Social, Val-de-Marne), vice-présidente de la Commission des affaires culturelles et de l'éducation de l'Assemblée nationale, déposait une proposition de loi cherchant à empêcher « la constitution de monopoles économiques dans les secteurs des médias et de l'édition ». Elle revient pour nous, à l'occasion d'un entretien, sur les motivations derrière ce texte, pensé en réponse à un phénomène qui « représente un danger pour notre démocratie ».

25/02/2026, 10:10

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Science et âme : sommes-nous seulement notre cerveau ?

À un mois du rendez-vous parisien, La Conscience & l’Invisible, qui se tiendra au Grand Rex, voit son programme et ses intervenants susciter curiosité et intérêt. Dans la continuité des précédentes éditions conçues de concert, les éditions Guy Trédaniel s’associent à l’essayiste et conférencier Jean Staune. Cette rencontre rassemblera un large auditoire autour d’une interrogation qui résiste aux certitudes — ce que “nous” sommes, et ce qui, peut-être, subsiste lorsque le cerveau s’éteint.

23/02/2026, 15:31

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Prix Les Visionnaires 2026 : des romans pour éclairer le présent et interroger l’avenir

Bibliothécaire à la médiathèque Jean Rousselot, à Guyancourt (Yvelines), Grégory Launay est membre du jury du Prix Les Visionnaires 2026. À travers ce prix littéraire et territorial, il défend une vision de la lecture comme outil de médiation, de réflexion sur le monde contemporain et de dialogue avec les différents publics.

17/02/2026, 15:54

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Luciana Peker : “Aimer mieux, c’est aimer sans hiérarchie ni soumission”

La Saint-Valentin déborde de cœurs rouges, mais sous le vernis sucré, Luciana Peker tranche dans la chair du mythe romantique. Son enquête dissèque l’amour comme un champ de bataille intime, saturé d’héritages politiques, de domination feutrée et de déséquilibres affectifs. Entre désir sincère et architecture sociale, elle dévoile une cartographie du sentiment où le pouvoir circule, s’infiltre et modèle les corps, les choix et les silences, loin du conte amoureux vendu comme universel.

17/02/2026, 09:35

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Agents littéraires : la mutation silencieuse qui transforme la carrière des écrivains

C’est un petit séisme auquel a assisté l’édition voilà une semaine : après la publication d’une quinzaine d’ouvrages et près d’un million de livres vendus, Patricia Darré décidait de collaborer avec Mickaël Palvin fondateur de l’agence littéraire Héraklès. Pourquoi ce choix, quand la notoriété et la réussite sont avérées ? Et que dit cette relation nouvelle de l’époque ?

13/02/2026, 17:01

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Les Passantes : des vies effacées qui éclairent l’Histoire

Comme les éditions Anacharsis misent sur les vies effacées, l’historien Philippe Braunstein ouvre le bal de cette collection si brassensienne. Et l’intéressé (Philippe, pas Georges) d’attaquer d’emblée un détail éditorial : « Donc je peux dire tout de suite que je suis furieux de la couverture qui a été faite, parce que ça n’a aucun rapport avec Venise, ni avec un noble vénitien, ni avec un ambassadeur, et ils ont inventé un portrait qui n’existe pas. »

09/02/2026, 17:19

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Bernard Werber : “L'imagination est un artisanat qui réclame une certaine rigueur”

Depuis quelques semaines, Bernard Werber s’installe comme un horloger mystique prêt à disséquer l’imaginaire humain et la littérature, à travers un podcast qu'il a monté. Ici, pas de nostalgie confortable : place au moteur brut, à l’idée nue, au monde qui naît sous le scalpel narratif. Entre méthode d’atelier et pulsion de création, il démonte la fiction pièce par pièce, puis la relance comme une machine vivante prête à happer l’auditeur.

06/02/2026, 14:11

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Beyrouth Paradise de David Hury : “Tout le monde a quelque chose à cacher à Beyrouth“

Beyrouth s’accroche aux branches du cèdre du Liban comme par miracle, ce pays reste un mystère pour Marwan Khalil, désormais à la retraite. Sa pension de flic n’étant pas suffisante, il a ouvert dans son quartier, un cabinet de détective privé. Pas de quoi vivre dans le luxe, mais bien assez pour s’acheter de quoi fumer et mettre de l’essence dans sa bonne vieille Alfa dans laquelle, dans ce nouvel opus, il écoute les cassettes de Chris de Burgh en boucle. 

02/02/2026, 10:53

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“Proposer des livres à petit prix, c’est une belle mission”

Un livre à petit prix posé entre des chargeurs de téléphone, des timbres et des chariots de supermarché : la scène a quelque chose de trivial et de politique à la fois. Avec le rachat d’Expodif et de Temps Livre, Maxilivres revendique une vision industrielle de la lecture : faire circuler des millions d’ouvrages hors des circuits consacrés, capter l’achat d’impulsion, épouser les contraintes budgétaires et transformer l’économie circulaire en moteur culturel.

29/01/2026, 10:00

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Radiographie du Brésil : “On vit encore aujourd’hui les résultats de chaque mauvais choix”

Plonger dans Eldorado, c’est embarquer à l’arrière d’un camion brinquebalant, quelque part entre une saga familiale, une radiographie politique et un western tropical sans héros. Marcello Quintanilha raconte le Brésil comme on raconte une cicatrice : sans pathos, avec précision, en laissant affleurer la colère, la tendresse et les regrets. Un roman graphique comme une confession à ciel ouvert, où l’histoire intime devient un procès-verbal du siècle.

23/01/2026, 16:00

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Lire les images : le pari du livre de photographie en bibliothèque

Bibliothécaire à la médiathèque L’Odyssée de Lomme, Mario Alonso retrace, dans cet entretien, la création d’un rayon consacré au livre de photographie, les choix de médiation qui l’accompagnent et l’évolution du regard du public sur ce type d’ouvrages. Il revient sur sa manière d’aborder la photographie comme un langage narratif, sur l’importance de l’éducation à l’image et les raisons qui le conduisent à intervenir lors de la prochaine journée professionnelle dédiée au livre photo, organisée à Amiens.

22/01/2026, 10:14

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Toujours vient la nuit : l'art poétique de Robert E. Howard, créateur de Conan le Barbare

Ce 22 janvier parait la première édition intégrale bilingue des poèmes de Robert E. Howard (1906-1936), intitulée Toujours vient la nuit/Always Comes Evening. Imaginée par Mecanic Books, cette publication jette une nouvelle lumière — assez noire — sur l'œuvre du créateur de Conan le Barbare et de Solomon Kane, en présentant ses poèmes traduits par François Truchaud et Patrice Louinet. Les éditeurs reviennent sur cet ouvrage insolite, au façonnage audacieux, sublimé par les illustrations d'Antoine Leisure.

22/01/2026, 09:57

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Format, papier, rythme : le travail invisible derrière les livres photo

Dans l’édition photographique, le livre n’est jamais un simple contenant. Format, papier, rythme des pages, respiration des images : tout concourt à transformer une série de photographies en un objet lisible, manipulable, partageable. Ce travail de mise en forme, souvent invisible pour le lecteur, est pourtant au cœur de la création éditoriale. Designer graphique spécialisée en identité visuelle et typographie, autrice et enseignante, Lucie Baratte en a fait son terrain de pratique et de réflexion, notamment à travers sa collaboration de longue date avec les éditions Light Motiv.

22/01/2026, 07:16

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Congo-Brazzaville : “Nos histoires méritent d’être imprimées, lues et transmises”

Au Congo, Jevic Josué Otiléon, fondateur de Centrale Comics, est le lauréat du Prix Lili 2025, mais c’est aussi un auteur, dessinateur, entrepreneur, acteur engagé, rêveur, passeur et bâtisseur. Une belle personnalité, calme et attentive aux autres, qui construit un catalogue ambitieux en accompagnant patiemment ses auteurs de BD. Propos recueillis par Agnès Debiage (ADCF Africa).

19/01/2026, 12:34

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Feryane, 34 ans de grands caractères : “Une belle aventure“ qui s’achève

Créée en 1991 et basée à Viroflay dans les Yvelines, la maison d’édition Feryane, spécialiste des rééditions en grands caractères, a annoncé sur son site sa cessation d’activité au 31 décembre 2025. L’entreprise familiale laisse derrière elle plusieurs centaines de titres, et une histoire de lecture partagée, portée dès l’origine par une femme convaincue qu’un lecteur malvoyant devait pouvoir lire « la même chose que sa cousine ».

15/01/2026, 17:10

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Ô Mères d’Iran de Massoumeh Raouf : le cri d’une mère courage

« L’Histoire ne se répète pas, elle bégaie » avait déclaré Mendès-France à la tribune de l’Assemblée Nationale. L’Iran, pour son grand malheur, se prête parfaitement à cette maxime. Massoumeh Raouf, journaliste iranienne, a fui son pays à la suite de sa condamnation à 20 ans de réclusion. Elle réussit à s’évader de prison et a raconté sa détention ainsi que son évasion en 2022 aux éditions Balland dans Évasion de la prison d’Iran

15/01/2026, 16:46

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Et si le webtoon sauvait la BD sur smartphone ? L’expérience inattendue de Bang !!

À l’origine de Bang!, il n’y a ni pitch de start-up calibré ni fascination naïve pour la technologie. Il y a d’abord un constat, presque évident que pose Clément Cousin : l'offre de BD numérique actuelle, ne fonctionne pas. Ou plutôt, « la façon de consommer de la BD en digital est cassée », résume-t-il sans détour. Trop souvent, l’adaptation numérique se contente de transposer la page papier sur un écran qui n’a jamais été pensé pour elle (ni peut-être à elle). Résultat : une expérience inconfortable, peu fluide, parfois décourageante.

15/01/2026, 16:09

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TikTok, enfance et attention : qui raconte encore l’adolescence ?

Le signalement de TikTok au parquet de Paris par le ministère de l’Éducation, dans un contexte mondial de restrictions d’accès aux réseaux sociaux pour les mineurs, pose une question plus ancienne que l’algorithme : qui raconte encore l’adolescence ? Face à l’écran infini, les romans réinstallent la chambre, l’ennui, la honte, le désir, le regard des autres et le temps long, fragile, de la formation de soi, loin des réponses administratives. 

07/05/2026, 14:38

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“Pas de liberté de création sans indépendance éditoriale”

La fronde des auteurs et autrices des éditions Grasset choqués par le limogeage du PDG Olivier Nora, ordonné par l'actionnaire Vincent Bolloré, a ouvert tout un champ de réflexion et d'interrogations quant au manque de protections des écrivains face aux maisons d'édition et leurs propriétaires. Les membres de la Scam et les lauréats et lauréates du Prix Albert Londres affirment leur solidarité, dans un texte reproduit ci-dessous.

07/05/2026, 13:13

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Affaire Grasset : pourquoi 617 artistes-auteurs réclament une “nouvelle loi Jean Zay” ?

ENQUÊTE — La crise qui secoue Grasset a déclenché un mouvement inédit d’auteurs. Mais elle révèle surtout une histoire plus longue : celle d’un rendez-vous manqué pour les auteurs, depuis 1936, avec des droits sociaux et professionnels que les éditeurs ont contribué à empêcher.

07/05/2026, 11:41

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Écrire un roman ? Je n'attendais que ça

9 Octobre 2018 : Un brin soûl de quelques mignonnettes de whisky enchaînées dans l’avion — bien loin tout de même des outrances d’Ange Delagrive, je rissole sur le tarmac de l’aéroport international de Fa’a'ā en attendant mes bagages. Par Arnaud Garnier.

06/05/2026, 11:07

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Éditeur “référent”, cession de 10 ans maximum... Comment éviter une nouvelle affaire Grasset

Le limogeage d'Olivier Nora, ex-PDG de Grasset, par Vincent Bolloré a mis en lumière la puissance de l'actionnaire, mais aussi la faiblesse de l'auteur dans la relation contractuelle avec une maison ou un groupe d'édition. Dans un texte reproduit ci-dessous, le Conseil Permanent des Écrivains (CPE) appelle les pouvoirs publics à agir pour renforcer le droit d'auteur, via plusieurs mesures.

05/05/2026, 12:14

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IA : “Un secteur économique se construit sur le pillage généralisé” des oeuvres

Après l’adoption unanime, le 8 avril, d’une proposition de loi instaurant une présomption d’utilisation des contenus culturels par les fournisseurs d’IA, 81 organisations de la culture, de la presse et de la création interpellent les députés. Elles défendent un marché de licences volontaires, fondé sur l’autorisation, la transparence et la rémunération, face à ce qu’elles décrivent comme un pillage généralisé des œuvres protégées.

05/05/2026, 10:38

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Du sanglier au surimi : Astérix passe à table chez Fleury Michon

Contrairement à une idée reçue, Hachette ne fait pas bouillir la marmite en vendant l’image d’Asterix à l’industrie agroalimentaire : elle était déjà sur le feu. En héritant d’un personnage compatible avec la consommation de masse, le groupe l’a simplement inscrit dans une exploitation plus systématique. Le banquet est devenu une stratégie de licensing qui cette année sert les intérêts d'une société spécialisée en préparations charcutières...

04/05/2026, 16:53

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Pourquoi le Tarot de Wirth fascine-t-il encore ?

Réduit à la divination, le tarot de Wirth perd sa singularité. Redessiné il y a un siècle par l’occultiste Oswald Wirth, ce jeu puise dans l’Égypte ancienne, la kabbale, le pythagorisme et l’alchimie. Autrice du livre Lire le tarot avec l'Oswald Wirth (éditions Trajectoire) Régine Brzesc-Colonges en éclaire chaque arcane, entre traditions initiatiques, mythes et symboles, pour rappeler la portée spirituelle d’un tarot pensé comme science de l’âme.

04/05/2026, 16:34

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Les algorithmes et l'IA réduisent les horizons de nos bibliothèques

La Commission européenne s'est intéressée à la découvrabilité des œuvres au sein de l'environnement numérique, concept qu'elle explore dans un épais rapport de 300 pages. Une partie dédiée au livre pointe le risque que font courir réseaux sociaux, plateformes de vente et autres algorithmes pour la diversité linguistique et la variété des œuvres et artistes mis en avant.

04/05/2026, 16:01

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Quand les milliardaires commercialisent leur futur, la SF en dévoile les pièges

Elon Musk, Sam Altman, Mark Zuckerberg et Jeff Bezos ne vendent plus seulement des technologies. Ils imposent des infrastructures qui redessinent l’espace, l’attention, les corps et la mémoire. Face à cette privatisation du futur, la science-fiction et l’anticipation offrent une contre-enquête : leurs romans montrent ce que l’innovation masque lorsqu’elle devient pouvoir, marché et langage commun, jusque dans l’industrie du livre.

04/05/2026, 15:36

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Comment l’édition jeunesse endure les campagnes de censure de livres

Aux États-Unis, les interdictions de livres ne relèvent plus d’incidents locaux isolés. Voilà des années que l’American Library Association et de PEN America décrivent une censure structurée, portée par des groupes de pression, des élus et des décisions administratives. Ses effets touchent les bibliothèques, les écoles, les auteurs et l’édition jeunesse, désormais confrontée à un risque économique direct.

02/05/2026, 14:51

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Ce que les guerres de Poutine, Trump et Netanyahu laissent aux vivants

Trump, Poutine, Netanyahu, Macron, Merz, Kagame, von der Leyen. Vous qui faites la guerre, la prolongez, la financez, ou en préparez de nouvelles. Vous qui lisez des projections de pertes acceptables. Certains d'entre vous, du moins. Il existe des hommes et des femmes qui ont regardé en face ce que vous produisez. Pas depuis un bureau. Ce sont des romanciers.

02/05/2026, 09:52

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La maison de Kenneth White déchire ses héritiers à Trébeurden

À Trébeurden, l’avenir de la maison de Kenneth White oppose deux visions de son héritage. D’un côté, le légataire, la mairie et Stéphane Bigeard défendent un projet culturel à redéfinir, porté par une nouvelle structure. De l’autre, l’Institut international de géopoétique, par la voix de Régis Poulet, exige le respect strict des volontés de l’écrivain et la création d’une maison d’artistes à Gwenved. Entre enjeux patrimoniaux, querelles associatives et incertitudes juridiques, le dossier reste loin d’être tranché.

30/04/2026, 16:02

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IA : la présomption d’utilisation des oeuvres attendue à l’Assemblée nationale

Une proposition de loi visant à instaurer une présomption d’utilisation des œuvres par les systèmes d’intelligence artificielle, dans un contexte de débats sur l’entraînement des IA à partir de contenus culturels protégés, doit encore être inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale. Le Syndicat national de l’édition (SNE) souscrit à une tribune collective appelant les députés à examiner sans délai ce texte, déjà adopté par le Sénat. 

28/04/2026, 10:27

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Témoignage : le démantèlement d'une librairie, vu de l'intérieur

Au cœur d'une époque particulièrement anxiogène, la fermeture d'une librairie pourrait passer inaperçue. L'événement n'est toutefois pas anodin, parce que la librairie n'est pas un commerce comme les autres. À l'heure où les difficultés s'accumulent pour le secteur, le témoignage publié ci-dessous vient rappeler ce que ces commerces ont de si spécial, et ce que l'on perd, collectivement, avec l'abaissement définitif du rideau.

28/04/2026, 09:39

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La coopérative éditoriale, réponse à la déferlante Bolloré

La crise ouverte chez Éditions Grasset, après l’éviction d’Olivier Nora dans un contexte de reprise par Vincent Bolloré, suscite une riposte politique et intellectuelle. Trois acteurs liés aux Éditions Syllepse et au Réseau Bastille avancent une hypothèse radicale : transformer l’éditeur en coopérative pour préserver le pluralisme.

27/04/2026, 16:41

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Le manque d'envie, principal obstacle à la lecture ?

La question taraude de plus en plus de professionnels du livre, dans le monde entier : comment expliquer la baisse de l'intérêt pour lecture, souvent observée à travers l'ensemble de la population ? Une enquête de l'Ifop, consacrée aux pratiques culturelles des Français, suggère une absence d'envie pour la lecture, plus qu'un manque de temps ou d'argent.

27/04/2026, 16:05

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La crise chez Grasset “révèle des déséquilibres structurels anciens”

Le licenciement d'Olivier Nora par Vincent Bolloré et le mouvement de départ de plusieurs centaines d'auteurs de la maison d'édition Grasset, en guise de protestation, a jeté la lumière sur la fragilité de l'indépendance éditoriale. La Ligue des auteurs professionnels et la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse rappellent, dans un texte publié ci-dessous, que les créateurs restent bien peu protégés face à la puissance des groupes éditoriaux.

27/04/2026, 16:02

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10 idées reçues sur l’édition qui sabordent votre projet de livre

Publier un livre reste entouré d’illusions tenaces, entre promesses de succès fulgurant et doutes paralysants. À rebours de ces représentations, Nathalie Philippe démonte, avec précision et sans complaisance, les principaux mythes qui freinent ou déforment le passage à l’écriture. De la légitimité à l’autoédition, l'éditrice et fondatrice de La Sirène aux Yeux Verts éditions remet l'église au centre du village. 

26/04/2026, 19:03

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“Défendre le livre c’est défendre la liberté de penser et de créer”

L'industrie du livre deviendra-t-elle enfin un échosystème ? Un espace collectif, commun, en mesure de faire corps pour assurer sa pérennité. Jérôme Sion, président de L'Agence Unique, Occitanie Culture adresse à ActuaLitté une tribune exhortant les professionnels à « garantir leur liberté collective ». Une adresse autant qu'un espoir.

24/04/2026, 20:32

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Le 23 avril, journée mondiale du livre : il faut célébrer “le droit d’y accéder”

Ce 23 avril marque la journée mondiale du livre, l'occasion d'en ouvrir un et de profiter des bienfaits de la lecture. Mais cette activité reste très limitée pour les personnes atteintes d'une déficience visuelle, qui ne peuvent pas lire des ouvrages imprimés d'une manière standardisée. La Fédération des Aveugles et Amblyopes de France rappelle, dans un texte reproduit ci-dessous, les obstacles auxquels ils font face, ainsi que le manque de volonté politique pour lever ces barrières.

23/04/2026, 15:56

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Après Grasset, où aller ? 4000 éditeurs indépendants prêts à accueillir les auteurs

Partir, oui, mais où ? La Fédération interrégionale du livre et de la lecture (Fill) annonce son soutien aux nombreux auteurs et autrices souhaitant quitter leur maison pour rejoindre les « 4000 maisons d’édition indépendantes » et faire vivre autrement le livre et la création. Quitter les grandes maisons pour une édition plus indépendante : tel est le pari de la Fill.

22/04/2026, 12:08

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Artistes-auteurs : le ministère de la Culture “dénature le sens” du vote de l’Assemblée nationale

En janvier, l’intersyndicale réunissant une trentaine d’organisations réagissait déjà à un courrier de l’URSSAF : « Artistes-auteurs : ce qui change pour votre protection sociale en 2026 ! ». Quelques mois plus tard, le ministère de la Culture présente un projet de décret d’application de la réforme, vivement contesté par les organisations, qui y voient un détournement du vote des députés. Le texte de l'organisation est reproduit en intégralité ci-dessous.

22/04/2026, 11:06

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Esthétique du dévoilement : faire politiquement de la littérature

Le travail de Michael Roch s’inscrit dans celui d'une génération d’auteurs cherchant à renouveler les formes narratives pour mieux rendre compte des réalités politiques et culturelles du monde contemporain. Dans ce texte, il défend une « esthétique du dévoilement » qui rompt avec les formes héritées et revendique une littérature qui nomme, explicite et engage le lecteur face aux mécanismes de domination.

21/04/2026, 16:22

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Contrats d’auteur : les écrivains réclament une réforme face à la concentration

Le Conseil permanent des écrivains (CPE) alerte sur les effets de la concentration croissante dans l’édition, relancée par l’éviction d’Olivier Nora chez Grasset. Dans une tribune reproduite ci-dessous, l’organisation appelle à adapter le cadre légal et à rouvrir les discussions avec les éditeurs, notamment sur les contrats d’auteur, la durée des cessions de droits et le respect du droit moral.

21/04/2026, 16:03

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“L’enfance est précieuse et fragile, la littérature essentielle” : les auteurs Grasset Jeunesse inquiets

Un collectif d'auteurs des éditions Grasset Jeunesses se mobilise à travers une tribune pour soutenir « la liberté de création [qui] est indispensable aux bons livres ». Alors que la maison fait l'objet d'une attention médiatique à la hauteur de ce qu'elle traverse, ActuaLitté publie leur texte en intégralité.

21/04/2026, 15:31

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Clause de conscience : “Il s’avère impératif que le gouvernement s'engage”

Exclusif – Vice-présidente du Sénat, membre de la commission culture, éducation et communication, la sénatrice Sylvie Robert (Ille-et-Vilaine, groupe Socialiste, Écologiste et Républicain) appelle aussi de ses vœux, après les événements au sein du groupe Hachette, à la création d'une clause de conscience pour les auteurs. Mais cet ajout au contrat d'édition ne pourra se faire rapidement qu'avec le soutien du gouvernement, qu'elle interpelle par un courrier à Catherine Pégard, ministre de la Culture. Il est reproduit ci-dessous, en intégralité.

21/04/2026, 08:35

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Les festivals littéraires montent au créneau après le départ d’Olivier Nora

Les responsables de festivals et manifestations littéraires réunis au sein du réseau RELIEF prennent la parole après l’éviction d’Olivier Nora. Dans un texte collectif, ils expriment leur attachement au rôle des éditeurs dans la chaîne du livre et leur inquiétude face aux conséquences pour les équipes. Ils rappellent l’importance du lien construit avec les auteurs et le public, dans un contexte de fragilisation de la lecture. Une prise de position qui souligne aussi les équilibres du monde éditorial contemporain.

20/04/2026, 16:12

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Grasset : face à “la mise au pas”, la CFDT réclame des “garanties d'indépendance éditoriale”

L'interventionnisme de Vincent Bolloré dans les entreprises dont il est le propriétaire n'est pas une nouveauté. Mais, en limogeant le PDG des éditions Grasset, le milliardaire réactionnaire a rendu plus visibles les risques que fait courir la financiarisation de l'édition sur l'organisation des maisons et leur production. Dans un texte reproduit ci-dessous, la CFDT Livre-Édition appelle le Syndicat national de l'Édition et les pouvoirs publics à agir, sans tarder.

20/04/2026, 11:52

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“Entendre le peuple ? Mais à quoi bon : nous savions très bien ce qu’il lui fallait”

Sous couvert de réforme administrative, la transformation annoncée de la Sécurité sociale des artistes-auteurs ravive un vieux soupçon : celui d’un pouvoir qui consulte sans jamais infléchir ses décisions. Entre continuité assumée des pratiques, marginalisation des représentants élus et contournement du cadre législatif, le récit d’une modernisation tourne à la critique d’un système fermé sur lui-même. Lady En Passant quelque chose à nous en dire.

19/04/2026, 14:34

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Grasset à l'ère Bolloré : “Ce n’est pas une coïncidence, c’est une méthode”

ANALYSE – La séquence ouverte par la reprise en main de Grasset, au sein d’un groupe lui-même intégré à l’écosystème constitué par Vincent Bolloré, s’inscrit dans une logique désormais identifiée au-delà du seul cas français. Le rapport Right to Write de la Fédération des scénaristes d’Europe décrit précisément ces configurations, où concentration des médias, recomposition des directions culturelles et transformation des conditions éditoriales convergent vers un même objectif : encadrer les récits en circulation dans l’espace public.

19/04/2026, 12:26

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“Le livre ne produit plus de la pensée, il produit un message”

Concentration capitalistique, soupçons d’alignement idéologique et rupture avec une tradition éditoriale pluraliste : la mise à l’écart d’Olivier Nora après vingt-six ans à la tête de Grasset agit comme un révélateur. Thibault Leonard, fondateur de Primento, analyse cette recomposition du paysage du livre interrogeant l’indépendance des catalogues et, au-delà, le rôle démocratique de l’édition. 

19/04/2026, 12:02

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“Ce que l’affaire Olivier Nora m’inspire en tant qu’éditrice indépendante”

« Après Grasset, à qui le tour ? » La question que pose Sophie Caillat, présidente des éditions du Faubourg, maison indépendante, a quelque chose de piquant. Mais elle donne surtout l’occasion de partager quelques remarques, formulées dans un post et que nous reproduisons ici avec son autorisation. 

18/04/2026, 10:51

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Grasset, ou la “prédation” des actionnaires

Après l’éviction d’Olivier Nora de la tête de Grasset, la Société des Gens de Lettres dénonce une emprise croissante des actionnaires sur les orientations éditoriales. Dans un communiqué offensif, l’organisation alerte sur un risque systémique pour la liberté de création et appelle à des mesures d’urgence, de la clause de conscience à une régulation accrue du secteur.

18/04/2026, 10:26

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Roland Topor : derrière l’humour noir, l’exil

Avec la réédition de La Plus Belle Paire de seins du monde, publiée par L’Arbre vengeur, l’occasion est donnée de redécouvrir, derrière le farceur génial, un écrivain de l’exil, du masque et de l’inquiétude. Par Charles Garatynski.

17/04/2026, 18:04

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Fayard, Grasset : les libraires dénoncent la “mise au pas” d'Hachette par Vincent Bolloré

Après Fayard, Grasset : le limogeage d’Olivier Nora cristallise les inquiétudes d’une profession confrontée à une transformation brutale du groupe Hachette. Dans cette tribune, le syndicat des libraires dénoncent une reprise en main idéologique et ses effets sur l’équilibre du secteur. Au-delà d’un départ, c’est toute la chaîne du livre qui se dit fragilisée.

16/04/2026, 18:13